C H . S TURM
Autre démonstration du même théorème
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 14 (1823-1824), p. 286-293
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Autre démonstration du même théorème ;
Par M. CH. STURM.
SOIENT
03B1,03B2,
y les troisangles
dutriangle donné,
et r lerayon
du cercle
circonscrit;
il est aise de voirque les côtés respective-
ment
opposés
à cesangles
serontSi d’un
point P ,
situé comme on voudradans
l’intérieur dutriangle
on abaisse desperpendiculaires
a"b, c
sur les directionsde
ses trois côtés,
cesperpendiculaires
serontles
hauteurs detrois triangles
ayantpour
bases les troiscôtés
dupremier
et leur sommetcommun au
point P ;
les aires de cestriangles seront respectivement
et la somme de ces aires sera l’aire du
triangle
donné. Mais ousait
qu’on obtient
aussi cette dernière -en divisant leproduit
destrois côtés du
triangle
par lequadruple du
rayondu cercle cir- conscrit ;
cequi
donneon aura
donc,
en divisant par r ,RÉSOLUES. 287
Le
triangle qui
a ses sommets auxpieds
des troisperpendiculaires
a, b, c
est lui mêmedécomposé ,
par cesperpendiculaires
eu troisautres ; et , en
remarquant
que lesangles
que forment ces perpen- diculaires deux a deux sont lessupplémens respectifs
des troisangles
du
triangle donné ,
nous aurons, pour les aires de cestriangles partiels,
de
sortequ’en désignant
par kl l’aire dutriangle total,
on auraPour rendre cette dernière
équation appliquable
à toutes les si-tuations du
point P ,
que nous avons d’abordsupposé
intérieur autriangle donné
il faudra avoirégard
auxsignes
dcsperpendicu- laires a , b , c qu’il
faudraprendre positives
ounégatives,
suivantqtl’en partant
de leurspieds
elles sedirigeront
vers l’intérieur ou vers l’extérieur de cetriangle.
Cette circonstance pourraquelque-
fois rendre k2
négatif ,
cequi , géométriquement parlant
ne serad’aucune
conséquence,
attendu que , dans lagéométrie
proprementdite,
toutes lesgrandeurs
sontsupposées absolues ;
maislorsqu’au
contraire on voudra
envisager
les choses sous lepoint
de vue ana-litique , il .
faudra avoirégard
ausigne
de k2.Cela
posé , cherchons quel
doit être le lieu des diverspoints
Pqui
rendent constante l’aire k2 dutriangle qui
a ses sommets auxpieds
des troisperpendiculaires.
Eliminons d’abord c entre leséqua-
tions (i)
et(2),
nous trouverons ainsiou en mettant pour les trois côtés leurs
valeurs 2rSin.03B1, .2rSin.03B2, 2rSin.03B3
et divisant par4r2
En
introduisant
donc cette valeur dansl’équation (3)
elle deviendraRapportons présentement
lepoint
P auxdeux
côtés del’angle
y ,
pris
pour axes descoordonnées , c’est-à-dire ,
aux deux côtés dutriangle
donné sur les directionsdesquels
tombent lesperpendi-
culaires a
et b ,
lepremier
étantpris
pour axe des x et l’autre pouraxe des y. En
représentant
par x et y les deux coordonnées dupoint
Pparrallèles
à ces axes , nous auronsvaleurs
qui ,
substituées dansl’équation (4) donneront,
enréduisant,
équation qui appartient
évidemment à un cercle etqui
peut facilementêtre mise sous cette forme
RÉSOLUES. 289
les coordonnées
du centre de ce cercle sont donclongueurs indépendantes de k ;
cequi
nous montre que , pour les diverses valeurs dek,
lacirconférence ,
lieu despoints P
ne varieque de rayon et conserve
toujours
le même centre.Mais, lorsqu’on
suppose k=o ,l’équation ,
sous sapremière forme, perd
son terme tout connu ; elleexprime
donc alors un cerclepassant
parl’origine, c’est-à-dire ,
par unquelconque
des sommetsdu
triangle donné ,
et parconséquent
par ses trois sommets. Ainsi le lieu de tous lespoints
P est alors le cercle circonscrit autriangle
donné
lui-même ; puis
donc que les lieux dupoint
Prépondant
auxdiverses valeurs de k sont des. cercles
concentriques ,
ils ont touspour centre commun le centre du cercle circonscrit au
triangle
donné. On voit de
plus
que le lieu despoints
P est ce cercle lui-même , lorsque
k=o.Si
présentement
nous nousrappelons que k2 peut
êtrepris
indis-tinctement en
plus
ou enmoins ,
nous en concluronsqu’en repré-
sentant par R le rayon du cercle
qui ,
pour une certaine valeurde k ,
résout leproblème
on doit avoirconcentriques
celle ducercle circonscrit
autriangle
donné. Nous disons en
général ;
car , si k2 excédait une certainelimite ,
l’ulle des deux valeurs de R deviendraitimaginaire ,
desorte que le
problème
nepourrait plus
être résolu que par lespoints
d’une- circonférence
unique.
Si l’on
désigne par R
et RI les rayons des deuxcercles,
on aurace
qui
donneou encore
d’où l’on voit d’abord
que
l’undes
deux cercles e9ttoujours ex..-
térieur au cercle circonscrit au
triangle doneé ,
tandis que Vautre lui estintérieur ,
tellement que la corde du cercle circonscrit tan-gente
à l’intérieur estégale
à la corde de l’extérieurtangente
aucirconscrit.
Pour que le
plus petit
des deux cercles se réduise à unpoint ,
til faut
qu’on
ait -ou bien
or, le numérateur de cette
expressioir
est leproduit
des trdis côtés dutriangle donné, d’où, il
est aisé de-conclure
que cette valeur deRÉSOLUES.
291k2 est le
quart
de l’aire de cetriangle.
Il faut bien en effetqu’il
en soit
ainsi ;
car ,lorsque
ducentre du
cerclecirconscrit à
untriangle
on abaisse des
perpendiculaires
sur les directions de ses troiscôtés,
lespieds
de cesperpendiculaires
sunt les milieux de cesmêmes côtés,
et parconséquent
letriangle qui
a ses sommets à cespieds
est le
quart
dupremier.
On voit
aussi ,
par cequi précède,
I.°que ,
tant que le dia-mètre du cercle extérieur est moindre que la
diagonale
duquarré
circonscrit au cercle circonscrit au
triangle donné ,
il y a uncercle
extérieur et un cercle intérieur
qui
résolvent leproblème ;
2.° que,lorsque
le diamètre ducercle extérieur
estprécisément égal
à cettediagonale,
le cercle intérieur se réduit à unpoint ;
3.°qu’enfin lorsque
lediamètre
du cercleextérieur
estplus grand
que cettediagonale ,
iln’y a plus de cercle intérieur.
Il résulte aussi de
cequi précède
que,lorsque
lecercle extérieur
Se
confond
avec lecercle circonscrit
autriangle donné ,
le cercleintérieur
seconfond aussi avec lui.
L’airedu triangle qui
a sessommets aux
pieds des trois perpendiculaires étant alors nulle ,
cestrois points doivent
ainsiêtre en ligne droite.
C’est le casparti-
culier
déjà démontré ( Annales ,
tom.IV
pag.25I. )
Après
avoir ainsidémontré
de touspoints
le théorèmeénoncé,
nous
allonsgénéraliser
un peu lapropriété qu’il exprime.
Par
lepoint
Psoient menées
auxtrois côtés
dutriangle
donnédes
obliques a’ , b’ , c’
faisantdans
lemême
sensdes angles égaux c
avecles trois perpendiculaires a, b , c. Soient
fait despieds
de ces
obliques les
sommetsd’un triangle
inscrit dont nousrepré-
senterons
l’aire
park’2. ,En raisonnant,
comme nous l’avons fait ci-dessus,
pourparyenir
àl’équation (2) ,
nous auronsMais on a
substituant
donc ,
nous auronsou,
en vertu del’équation (2) ,
Ainsi,
l’aire du nouveautriangle
seraégale
à celle dutriangle
dont les sommets sont les
pieds
mêmes desperpendiculaires ,
di-visée
par lequarré
du cosinus del’angle
que forment lesobliques
avec
elles.Donc,
pour que l’aire de cepremier triangle
soit cons-tante, il
est
nécessaire et il suffit que l’aire de l’autre lesoit,
etconséquemment
le lieu despoints
Pqui rempliront
cette conditionsera encore
ici ,
comme dans lepremier
cas, une circonférenceconcentrique
à celle du cercle circonscrit.On
voit ,
enparticulier ,
que , si de l’unquelconque
despoints
de la circonférence du cercle circonscrit à un
triangle ,
onabaisse,
sur les
directions
de sescôtés,
desobliques également
inclinéesdans le même sens sur ces mêmes
côtés,
lespieds
de cesobliques appartiendront
tous trois à une mêmeligne
droite.Nous terminerons par observer
qu’en général
le lieu despoints
du
plan
d’unpolygone quelconque desquels
abaissant des perpen- diculaires sur les directions de sescôtés, le polygone
inscrit aupremier ,
dont les sommets consécutifs sont lespieds
de ces per-pendiculaires ,
à une aire constante , est uneligne
du secondordre.
En
RÉSOLUES. 293
En
effet,
endésignant toujours
par P Fun despoints
dontil s’agit
et par x et y sescoordonnées ,
sur leplan
dupolygone
dont il
s’agit,
l’aire du secondpolygone
sera la sommealgébrique
des aires d’une suite de
triangles
ayant leur sommet commun enP et dont les côtés
adjacens
à ce sommet sont lesperpendiculaires
dont il
s’agit. Or ,
l’aire de chacun de cestriangles
sera la moitié duproduit
des deux côtésqui
partent de ce sommet commun ,multiplia
par le sinus de
l’angle
que comprennent entre eux ces mêmes côtés.Or,
cetangle
estindépendant
de la situation dupoint P ,
par la nature même de la
question ;
et les côtésqui
le compren-nent sont des fonctions linéaires des coordonnées x et r du
point P ; l’expression
de l’aire de chacun de cestriangles
sera donc unefonction entière du second
degré
de x et de y ; il en sera donc de même del’expression
de l’aire dupolygone
somme des airesde ces
triangles.
Si donc onégale
l’aire de cepolygone à
unesurface constante ,
l’équation
résultante sera celle d’uneligne
dusecond
ordre ,
lieu de tous lespoints
P.Il est aisé de voir que les mêmes choses auraient lieu encore