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Démonstration du théorème de M. Steiner sur les coniques inscrites à un triangle

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(1)

N OUVELLES ANNALES DE MATHÉMATIQUES

P AUL S ERRET

Démonstration du théorème de M. Steiner sur les coniques inscrites à un triangle

Nouvelles annales de mathématiques 1re série, tome 8 (1849), p. 453-458

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(2)

DÉMONSTRATION DU THÉORÈME DE M. STEiNER SUR LES CONIQUES INSCRITES il UN TRIANGLE;

PAR M. PAUL SERRET, Élève de l'École Normale.

1. Lernme. Le lieu des centres des coniques tangentes à trois droites données, et dont la somme (algébrique) des carrés des axes est constante, est un cercle ayant pour centre le point de rencontre des hauteurs du triangle formé par les trois tangentes.

Démonstration. Prenons pour axe des y l'une des hau- teurs BO du triangle ABC formé par les trois tangentes, et pour axe des x le côté opposé AC \ posons

OA=a, OC = a', OB = b ,

<;t que la conique soit représentée par l'équation ordi- naire à six termes. Adoptant la notation des identités de M. Terquem, on aura, pour exprimer que la droite dy -f- ex -f- / ' = o, est tangente à la conique , la relation suivante :

(T) ï d' — den -f- le2 -f-/» ƒ ' 4 - idfk'-\-2.cf.k = o.

(D) dy -h ex -h/= o.

Exprimons que la relation fondamentale a lieu pour chacun des côtés du triangle ABC,

(1) AC, y = o; (d= i , c = o, / = o ) ; (2) AB, ay -\- bx — ab — o; (d = a , e =z b , ƒ = — ab);

(3) BC, a'y+bx — a'b — o; (d = a', e = b , f— — a'b).

L'équation de condition (T) appliquée à AC, donne tout d'abord la condition

( I ) / ' = O.

(3)

( 454 )

Introduisant immédiatement ce résultat dans (T), on peut écrire cette équation sous cette forme :

(T') 2de.~-e*-L = 2df---hzef.-+f7. m m " m m

Appliquant à AB et BC cette nouvelle forme de Téqua- tion de condition, nous arrivons aux équations suivantes :

2ab b7—=—ia2b lab7 \-a2b7y

mm mm et

%a'b - -—b7-—— ia'7b • - — 'Aci'b7 - + a!7b\

mm mm

ou bien

(II) 2 Û • b'~ = a [ab — ia ib— ]->

m m \ m m j

et

(m)

m

Les équations (I), (II) et (III) que nous venons d'ob- tenir, expriment que la conique proposée est tangente aux trois côtés du triangle, représentés par les équations (i),

Wet

(3).

Exprimons maintenant la deuxième condition, à savoir que la somme des carrés des axes de la conique est égale à une quantité connue H2; il vient

4-NL , ¥ , _

+

V (M, p. 493).

Or ici les axes étant rectangulaires , on a N = A + C;

d'ailleurs, on sait que

A X 4L = ** — ml">

(4)

que

C V / T IJi nt]f / . ' ;

à cause de / ' = o.

Donc, la deuxième condition est exprimée par cette équation :

H'rr-j-*'4"*""

m2

ou

(iv) (iy

+

(^y_i

(

_

) H

'=o.

\m J \m j m '

Des équations (I) et (II) tirant la valeur du rapport —, pour la substituer ensuite dans l'équation (IV), on ob- tient successivement

/ / ? n

aa b — 2 — l \ m

--ŒH.-) 1 -.-

m et

(IV

ou bien, remplaçant enfin — -, — par x, y coordonnéesk k' du centre de la courbe, il viendra , pour le lieu cherché des centres,

aa'

( V ) x2 H- Y2 -+• 2 - y - • r — H2 — aa' = o ;

équation d'un cercle ayant son centre situé sur Taxe des y, Fune des hauteurs du triangle considéré. Donc , ce centre est le point de rencontre des trois hauteurs, comme on peut d'ailleurs le vérifier facilement-, car on a pour l'or- donnée ê du centre,

(5)

( 456 ) et, pour son rayon ,

(b) R = ç -4- na' 4- H2.

On peut mettre la valeur du carré du rayon sous une autre forme équivalente plus simple. Soit I le point de rencontre des hauteurs, et BIO l'une des hauteurs. On aura, d'après l'équation (&),

R; — ÎÔ -f-OA.OC-f- H2,

OA, OC étant d'ailleurs de mêmes signes ou de signes contraires, suivant que, etc. ; mais on voit facilement que OA OC = — OB . 0 1 ; donc

R ~ H -f-OI(OI — OBj= H 4-OI.IB;

ainsi donc,

'b') R' = H 4- 01.IB,

le produit 0 1 . IB étant d'ailleurs positif ou négatif, sui- vant que le triangle ABC est obtusangle ou non.

On pourrait tirer de la formule {b') plusieurs consé- quences, que je passe sous silence.

2. THÉORÈME de M. Steiner. On peut inscrire ou ex-inscrire à un triangle six coniques égales à une co- nique donnée ,• leurs centres appartiennent à une même circonférence de cercle ayant pour centre le point de rencontre des hauteurs du triangle.

Démonstration. La même que ci-dessus, page 4^3.

Observation. On pourrait peut-être démontrer direc- tement et géométriquement la formule (b1).

3. THÉORÈME Par le centre! d'une ellipse y menons un diamètre indéfini quelconque BIO ; menons à la courbe une tangente COA perpendiculaire à ce dia- mètre, et le rencontrant en O 5 puis, sur le prolonge- ment de 0 1 , prenons le point B tel, que l'on ait en valew absolue 10 . IB = ti* -A- b~ (a et b étant les demi-

(6)

axes de la courbe) -, du point B ainsi déterminé> menons deux tangentes BA, BC à la courbe. Le point de ren- contre des hauteurs du triangle circonscrit à la courbe, et formé par les trois tangentes AC, BC, BA , sera le centre même I de la courbe.

N.B. Le cas où l'ellipse devient un cercle, se vérifie im- médiatement. Le triangle circonscrit est alors le triangle équilatéral.

Démonstration. Si le point de rencontre des hauteurs du triangle ABC n'est pas le point I , ce sera un autre point tel que I' situé sur le diamètre BIO, et l'on aura alors, d'après la formule (&'), et en prenant les produits de lignes en valeur absolue :

ÎP2 —r- — a'-hb" — 01'. BI' ; mais déjà, par construction, on a

IO.IB = a*-{-b>, il viendra donc

ÎT' \ = r*= IO.IB —I'O.I'B.

Posons

10 — a, IB = ê;

d'où, à cause de

i r = r , r O = a + r, I'B = 6 — r , il viendrait donc

r = a ê - ( a H- r) (6 — r ) = r2 -f- (a — 6)r, ou, enfin,

(a) (a — 6 ) r ~ o

Or, on a toujours, d'après notre construction.

(7)

( 458 ) Car,

10 < a ou 10 < sja2 -+- b';

et comme 1 0 . IB = a2 -+- Z>2, IB > y/*2 4- & ;

donc on a toujours IB ^> 10 ; et la relation (a) devient [a') r = r H ' = o .

Ainsi le point V coïncide avec le centre I de l'ellipse, qui est bien le point de rencontre des hauteurs. C. Q. F . D.

4. La formule (br) permet de résoudre ce problème : Circonscrire à une ellipse donnée un triangle dont le point de rencontre des trois hauteurs soit donné.

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