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Remarques sur la théorie du rayonnement

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(1)

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Remarques sur la théorie du rayonnement

J. Solomon

To cite this version:

(2)

REMARQUES

SUR LA

THÉORIE

DU RAYONNEMENT

Par J. SOLOMON.

Sommaire. 2014 On a cherché de façon générale à raccorder les expressions classiques et

quantique pour l’énergie émise par un système accéléré, par exemple au cours d’un choc. On sait qu’en mécanique quantique intervient la constante de la stucture fine. Après

avoir rappelé (§ 2) les différents problèmes qui amènent à son introduction, on rappelle

les bases de la théorie du rayonnement des particules accélérées en mécanique classique en particulier sous forme relativiste 3). Ceci amène à discuter la notion d’accélération

en mécanique quantique. On indique une démonstration particulièrement simple du théo-rème d’Ehrenfest (§ 4). Un exemple simple (choc d’un électron et d’un neutron) montre la nécessité de faire intervenir le quantum élémentaire d’action 5). Ceci amène à discuter les limites d’applicabilité de la théorie classique au cours des chocs (§ 6). La longueur déterminante se trouve être non la longueur d’onde de de

Broglie $$ 0127/mv

mais bien

0127/2 mv sin 03B8/2

03B8 étant l’angle de choc. La discussion d’une mesure du rayonnement au cours d’un choc amène alors à l’introduction cherchée de la constante de Planck 7). L’expression trouvée,

relativement indépendante de la loi de choc, permet de suivre le passage entre théorie

classique et théorie quantique. Une

première

application des résultats précédents est faite à la loi de Coulomb dans le domaine des faibles vitesses (§ 8). Des difficultés inhérentes

aux propriétés du champ de Coulomb s’y présentent qu’on discute On retrouve la formule de Kramers, à un facteur numérique près. On discute ensuite le cas des chocs à grande

vitesse, tels qu’ils se présentent dans les questions relatives au rayonnement cosmique

(§ 9). On montre que le rayonnement devient fort important lorsque l’énergie des particules incidentes est de l’ordre de (137)2 m0 c2. On insiste sur le fait que des passages vers les états d’énergie négative sont alors possibles, ce qui peut avoir certaines vérifications expérimentales. Une application d’ordre très différent est faite à la mesure des champs

électrique et magnétique (§ 10). On y discute de manière approfondie les possibilités de

mesure au moyen d’un corps d’épreuve dont on mesure l’impulsion. On montre que,

con-trairement à ce qu’ont prétendu Landau et Peierls, une telle expérience donne une erreur

supérieure à celle qu’exige la théorie électromagnétique quantique de Heisenberg et Pauli. On discute les raisons de ce désaccord. On discute enfin (§ 11) la possibilité de suivre d’encore plus près la théorie classique, en particulier d’introduire la notion de force de

rayonnement en mécanique quantique.

1. Introduction. - Le but du

présent

travail est

d’apporter

une contribution à la

question

des

rapports

de la théorie

électromagnétique classique

et de la

mécanique

quan-tique.

Si,

en

effet,

les travaux fondamentaux de Bohr et

Heisenberg (1)

ont clairement mis

en évidence la

façon

dont se

développe

la

mécanique quantique

à

partir

de la

mécanique

classique,

liaison résumée sous le nom de «

Principe

de

Correspondance » ,

il n’en appa-raît pas moins.intéressant de

poursuivre

cette

analyse

dans ses détails. C’est là une

ques-tion

qui

se pose de manière

particulièremeni frappante

en ce

qui

concerne la théorie de

la réaction de

rayonnement

en

mécanique quantique.

Il suffit en effet de comparer les

méthodes

qu’empruntent

la théorie

classique

et la théorie

quantique

pour traiter un

problème

tel que celui de la

largeur

des raies

spectrales.

Dans le

premier

cas, en

effet,

il

suffit

(2)

d’introduire dans les

équations

du mouvement d’un oscillateur

harmonique

un

terme

correspondant

à une force

dissipatrice, répondant

au fait que l’oscillateur rayonne

de

l’énergie électromagnétique,

pour obtenir en

quelques

lignes

la théorie de la

largeur

de la raie

spectrale

émise.

(l) Voir p. ex. le livre de Heisenberg. (2) Cf. p. ex. H. A. LOREIfTZ, The théorie

of

eleclrons (1916), p. 259.

(3)

Dans la théorie

quantique

(’),

au

contraire,

il est nécessaire de considérer le

rayonne-ment comme un ensemble d’oscillateurs

harmoniques

avec

lesquels

l’oscillateur

électro-nique

considéré

peut

entrer en interaction. De la sommation sur toutes les transitions

possibles,

on

déduit,

après

des calculs fort

compliqués,

les formules

classiques

pour l’amortissement de l’oscillateur matériel.

Remarquons, d’ailleurs,,

que ceci n’est pas à l’abri de toute

objection.

On sait en effet que

si,

dans ces

conditions,

l’on calcule

l’énergie (2)

de l’oscillateur

harmonique,

on trouve

qu’elle

est infinie. Ceci tient à ce que l’on n’a pas le

droit de considérer comme

séparés

le

système électronique

et le

rayonnement, qui

sont

toujours couplés.

Une mesure de

l’énergie

de l’oscillateur nécessite une interaction

(3~

avec un troisième

système

(oscillateur)

qui

trouble

complètement

l’interaction avec le

rayonne-ment considéré. A vrai

dire,

une

analyse

des

phénomènes qui

suivrait de

plus près

la

théorie

classique

ne

peut guèrp

nous donner mieux. Cette théorie

classique

repose en effet essentiellement sur la distinction entre

système

électronique

et forces

électromagnétiques

appliquées

et c’est

justement

cette distinction

qui

est à

l’origine

de la difficulté dont

je

viens de

parier.

D’ailleurs,

comme nous le verrons, une telle

analyse

nécessiterait une

généralisation (~1) importante

de la

mécanique quantique

actuelle. Celle-ci en

effet,

consis-tant

simplement

en l’introduction de la non-commutabilité des

grandeurs

canoniquement

conjuguées

dans les

équations

de

Hamilton,

n’est pas

plus générale

que le domaine

d’appli-cabilité de celles-ci en théorie

classique

et en

particulier

ne

peut

s’appliquer qu’à

des

systèmes

conservatifs

(en englobant,

bien

entendu,

sous cette

dénomination,

les

systèmes

non conservatifs que l’on

peut

transformer en

systèmes

conservatifs par

adjonction

simple

d’un autre

système

convenablement

choisi).

Comme il n’en est évidemment pas ainsi pour

un

système électronique qui

rayonne

(sauf appel

à un

système

d’oscillateurs

harmoniques

de

rayonnement,

comme dans les travaux usuels que nous avons

déjà

citésl,

il n’est pas

possible

actuellement de suivre

complètement

dans ce cas la théorie

classique.

Toutefois il est

possible

de traiter nombre de

problèmes

par cette

méthode,

et c’est ce

qui

nous occupera dans ce

qui

va suivre.

2. La constante de la structure fine. - On sait

t

l’importance qu’attache Bohr (5)

à la constante de la structure fine.

C’est en effet la

petitesse

de x

qui

fait que, les dimensions de l’atome

d’hydrogène

étant m

grandes

vis-à-vis des dimensions

classiques

de l’éleciron

(dans

le

rapport

de 1

à 22

soit

«

environ

(1:7)1,

il est

possible

d’introduire sans modifications le formalisme de la théorie

électromagnétique

classique

dans la théorie

quantique

de l’atome. D’autre

part,

et c’est là la

question

que nous allons

discuter,

la

petitesse

de x conditionne la

petitesse

des réactions de

rayonnement

dans le

système

atomique (les

deux

questions

éfant d’ailleurs

liées).

C’est cela en effet

qui

permet

de

parler

d’états

stationnaires,

c’est pour cela que les raies

spectrales

sont fines. De

façon

plus précife,

dans un

système

atomique,

seul le niveau

fondamental ne rayonne absolument pas ; les autres niveaux ont une «

largeur "

propre,

la

combinàison

des deux

largeurs

conditionnant la

largeur

des raies

spectrales.

Le

rapport

de la

largeur

d’un niveau à

l’énergie

de ce niveau est en

général

de l’ordre de z3

~la

struc-ture

-fine,

d’ordre

relativiste,

est

proportionnelle

à

x2).

°

(I) v. WBISSKOPF et E. wtGNEti, Z Fhysik, 63 (1930), 54; 65 (1930), lg; v. WEISSKOPF, Ann. der Phys., 9,

(1931), 23; L. ROSSNFELD, Z. Phy.q’k, 71 (1931), 2î3.

(2) I. WALLER, Z. phySik , 62 (1930), 6-13; L. RosENFELD, Z. 70 (1931), 454.

(~) Cf. un cas analogue dans la théorie des fluctuations du rayonnement noir : BV. HEtSENBERGy Berichte

de Leipzig, 83 (1931), 3. °

(~)

Cf.

P. A. M. DIRAC, 2. Sow. 3 (1933), 64.

(4)

370

Considérons un autre

problème : d’après

une formule due à Kramers

(1),

l’énergie-moyenne

rayonnée

par un électron

passant

à l’unité de distance d’un noyau de

charge

Ze-est :

d’autre

part,

la

probabilité

pour

qu’un

électron soit diffusé sous un

angle supérieur

à 6 a

pour

valeur,

d’après

la formule de Rutherford :

Comme la

plus grande part

de

l’énergie rayonnée provient

des chocs à

grande

varia-tion de

vitesse,

donc

ayant

lieu sous un

angle

considérable,

on voit

qu’à

un facteur

numé-rique près, l’énergie rayonnée

en moyenne est

On retrouve la

proportionnalité

déjà indiquée

pour la

largeur

des raies

spectrale.-lorsqu’on

remarque que dans un atome

d’hydrogène

la vitesse de l’électron sur son orbite ca

fondamental

est

°

On arrive encore à un résultat

analogue lorsqu’on

considère le passage d’une

particule

électrisée à travers une

barrière]

de

potentiel.

Ces transitions vers des états de même

énergie

rendent

compte

de la

désintégration

a

(théorie

de

Gamow-G-rn.rney-Condon),

comme

de l’extraction des électrons

métalliques

par les

champs

électriques

élevés. D’autre

part,

de telles transitions

peuvent

s’accompagner

de

rayonnement

d’énergie électromagnétique.

La

probabilité

de telles transitions a été calculée pour la

première

fois par

Heisenberg

et

Pauli

(’)

à

partir

de

l’électrodynamique quantique

et

est,

relativement à la

probabilité

des

v’ passages ordinaires

(sans rayonnement) plus

faible

dans un

rapporta. 2013.

.

ci

En

résumé,

les

phénomènes

de

rayonnement

électromagnétique

se traduisent en

méca-nique quantique

par l’intervention de la constante de la structure a. Ce que nous nous

proposerons de rechercher

ici,

c’est la

façon

dont les

expressions précédentes

de

l’énergie

rayonnée

se rattachent à la théorie

classique.

Ceci nous

permettra

de nous rendre

compte

du rôle de la constante de Planck dans les formules en

question.

3. Le

rayonnement

dans la théorie

électromagnétique classique.

--- A

partir

de la théorie de

Maxwell,

des raisonnements

classiques

(3)

montrent que

l’énergie

et la

quantité

de mouvement

rayonnées

pendant

l’intervallle de

temps (ii , ts)

sont

données

part

(’) H. A. KRAMERS, Phil. Mag., 46 (1923), 836.

(2) W. HEISEBBERG et W. PAULI, Z.

Physik,

56 (1929), 4 ; J. R.

OPPENIIEINER, Phys.

Rev., 35 (1930), 939.

(5)

Il est

important

de noter que ce résultat est

indépendant

de toute

hypothèse

sur la

répartition

des

charges

de l’électron.

Lorsque

la vitesse v est faible devant la vitesse de la

lumière,

(4)

se réduit à

Dans le cas

général,

les

équations

(4)

et

(5)

se mettent sous une forme

quadridimenr

sionnelle

élégante

(1)

de la

façon

suivante :

+

où bi

représente

l’accélération d’univers

ds étant l’élément d’univers

avec

et en notant la relation

En théorie

classique,

ces résultats sont valables sous les restrictions suivantes

(2).

Pour les

obtenir,

on a

développé

les coordonnées x du mobile en fonction du

temps :

Il

et

supposé v

suffisamment

petit

pour que,

pendant

le

temps

que met une

perturbation

e

électromagnétique

à

parcourir

un espace

ayant

les dimensions

classiques del’électron

me

le

système

ne se soit

déplacé

que de

façon

insensible. On

peut

dire si l’on veut que

l’élec-tron doit

transporter

son

champ

de manière

adiabatique pendant

son mouvement. On voit facilement que ceci est

équivalent

à la condition que les forces

agissant

sur l’électron

... ,... M2 C4

soient sensiblement inférieures

à e3

e

Si nous passons maintenant à la

mécanique

quantique,

on est de suite tenté de mettre en doute les résultats

précédents.

Un

développement

tel que

(11)

semble faire directement.

appel

à la notion de

trajectoire

et n’est

plus

licite dans le domaine

envisagé.

Tout au moins

un tel

développement

n’a

plus

une

signification

aussi

simple

qu’en

mécanique

clas-sique.

De

plus,

la notion d’accélération semble nécessiter

quelques

éclaircissement~

pour

justifier

son

emploi

en

mécanique quantique.

C’est ce que nous allons faire tout

d’abord.

(’) G. BECK, Z. Physik, 75 (f932), 4’16.

(6)

4.

L’accélération

en

mécanique

quantique. -En

mécanique

classique,

la vitesse

et l’accélération sont définies

simplement

comme les coefficients différentiels

dt’

d t2.

dt’ d t2

*

En

mécanique quantique,

nous passerons donc par la définition

générale

de la dérivée

temporelle

d’une

grandeur

A :

- ~ n "- .--.

où est

l’opérateur

hamiltonien relatif au

problème,

désignant

le crochet de

Pois-son des

opérateurs A

et B

n - -.

Nous ne considérerons tout d’abord que le cas non

relativiste,

en

présence

d’un

champ

électrique.

On a dans ces conditions :

On en

tire,

en

appliquant (12)

à

l’opérateur

x

relation

identique

à celle

qui

unit en

mécanique classique

la vitesse et la

quantité

de

.

mouvement.

Appliquons

à nouveau

(f2)

à x, on trouve immédiatement :

c’est-à-dire la relation

classique

entre la force et l’accélération. C’est là évidemment la

démonstration la

plus

simple

du théorème bien connu d’Ehrenfest

(1) :

A

partir

de

(15),

il est facile de trouver les relations de commutation de l’accélération

avec les coordonnées de la vitesse :

Nous n’insisterons pas sur le cas où à côté du

champ électrique

existe un

champ

magnétique.

Il nous suffira de mentionner que dans ce cas les différentes

composantes

de

la vitesse ne sont pas

commutables,

ce

qui

peut

compliquer quelque

peu les calculs.

Si,

par

exemple,

le

champ

magnétique

est

constant,

et

dirigé

suivant l’axe

des z,

on a

(2) :

où X est l’intensité du

champ magnétique.

Les choses se

présentent

de

façon

un peu

plus compliquée lorsqu’on remplace

l’hamil-tonien de

Schrôdinger

H par

l’hamiltonien de Dirac D :

(1) P. EHRENFEST, Z.

Physik,

45 (1927), 455.

(7)

soit,

lorsque

le

champ

est

purement

électrique

Par

application

de

(12),

on trouve :

C’est là le fait sur

lequel

on a

déjà

souvent

insisté,

de la division du

concept

de

vitesse en vitesse

électrodynamique

et en vitesse

cinématique,

et

qui

a donné lieu aux

beaux travaux de

Schrôdinger (1).

Par nouvelle

dérivation,

on trouverait

c’est-à-dire

quelque

chose de très différent de

(15).

Il faudrait sans aucun doute y

appliquer

les

procédés

de

Schrôdinger

de

décomposition

en

opérateurs pairs

et

impairs

pour retrouver

(1~).

Si par

contre,

on

part

directement de la définition

(14),

on retrouve pour vx la

propriété

(15).

Nous n’insisterons pas

plus

sur ces

difficultés,

comptant

y revenir

prochainement.

En

résumé,

au moins dans le domaine non

relativiste,

le

concept

d’accélération est

parfaitement

défini par les relations

(15), (16)

et

(1 ?).

Revenons maintenant à la démonstration en

mécanique

quantique

de la formule

(6).

A tout

instant,

le

champ

émis

peut

être considéré comme résultant de la

superposition

des

rayonnements

d’un

dipôle,

d’un

quadrupôle,

etc... Notre

supposition

essentielle sera dans

ces conditions que seul le

rayonnement

du

dipôle joue

un rôle sensible. On s’assure sans

peine

de ce que cette condition est sûrement réalisée si la vitesse de l’électron ne varie pas

trop

rapidement (condition analogue

de celle

qui

est à la base du calcul en théorie

classique).

Décomposons

dans ces conditions le mouvement accéléré de l’électron en une série de sauts discrets.

(On

peut

par

exemple

supposer l’électron dans une

boîte,

ce

qui

assure la

+

quantification

discrète de ses états

d’énergie

totale

positive).

Soit alors r,, la

matrice-coor-donnée d’un de ces

sauts,

liée à l’émission d’un

rayonnement

de

fréquence

v. Les

champs

électrique

et

magnétique qui

y

correspondent

sont

(2) :

+

n

représentant

le vecteur normal. On en déduit pour

l’énergie rayonnée

pour toutes les

fréquences.

-Or à la

limite, r,,

devient le coefficient de Fourier de la coordonnée r°

(t)

et

ce

qui

démontre

(6). (6)

étant

démontrée,

les relations

(4)

et

(5)

s’en déduisent

simplement

par une transformation de Lorentz.

(1) E. SCHRODIIYGER, Ann. Inst. H. Poincaré, 2, 269 (193").

(8)

5.

L’introduction

du

quantum

élémentaire d’action. - En théorie

classique,

pour

parvenir

à une évaluation

approximative

de

l’énergie rayonnée (6),

on

peut procéder

de la manière suivante. Soient vi et v2 les vitesses du

corpuscule

électrisé aux

instants

et

t2. Posons

1 1 1 .

L’énergie

rayonnée

est évidemment la

plus

faible

possible

lorsque

l’accélération est

uniforme. On a alors

Par

suite,

l’énergie rayonnée

est au moins

égale

à

et en sera d’autant

plus

voisine que le

segment

considéré de

trajectoire

sera

plus petit.

Considérons alors le

rayonnement

d’un électron

pendant

son choc avec un neutron en

sup-posant

que l’interaction de ces deux

particules puisse

être décrite par une fonction

poten-tielle

appropriée, quelle

que soit sa

forme,

le fait essentiel étant que toute

interaction

cesse

e2

lorsque

les deux

particules

sont à une distance

supérieure

à c étant un coefficient.

’ril 0 C

numérique

que

l’expérience

(1)

montre être peu différent de l’unité. Le

temps

de choc t

est,

en théorie

classique

de l’ordre

de lii,, CI vsoit

pour

Yho

el v

Comme v

peut

aller pour de tels chocs

jusqu’à ,

on voit

qu’une partie

très

impor-c 5

tante de

l’énergie

incidente de l’électron

pourrait

être

rayonnée

au cours du choc. Ceci est en contradiction

complète

avec les résultats résumés au début de notre

travail,

résultats

qui

montrent que

l’énergie rayonnée

au cours d’un choc est en

géneral

bien

plus

faible,

la

petitesse

de cette

énergie

étant conditionnée par la

petitesse

de la constante a. Celle-ci

n’intervient pas dans le calcul

précédent.

Si nous revoyons alors les différentes

étapes

de ce

calcul,

nous nous apercevons

qu’une

des

étapes

est absolument liée à la théorie

classique

et ne

peut

être

transposée

en théorie

quantique.

C’est

lorsqu’e

nous avons dit que le

temps

du choc

est ~.

Ceci

signifie,

en

nic v

effet,

un

appel

direct à la notion de

trajectoire qui

n’est pas

possible

ici,

la

longueur

d’onde

h e2

des électrons

incidents -

étant en

général

très

supérieure

à e)

(ce

qui

d’autre

part

mv nao c

conditionne,

comme l’a montré Bohr

(’),

la très faible

probabilité

de leur diffusion par le

neutron).

D’autre

part

la relation

(1~)

doit être

sujette

à

suspicion,

car, nous l’avons vu, l’accélération et la vitesse ne sont pas commutables.

Voyons

tout d’abord cette seconde

question.

Pour que l’erreur liée à la non commutation de y et de u,

puisse

être

négligée,

il faut

évidemment que ., ,... TY

(1) Cf. J. SOLOtfON, J. Phys., 4 (1933), 210.

(9)

Soit p l’extension linéaire du domaine dans

lequel

a lieu le

choc, V est

de l’ordre de

e

- , donc

p ,

D’autre

part,

nous le verrons

plus

loin

(relation

(22), p

a pour valeur dans le domaine

quantique -2 h

.

Par

suite,

on doit avoir

Or,

nous le verrons

plus

loin

(relation (24) ), ’t

a

justement

pour

valeur,

dans le domaine

uanti ue h

q . Par

suite,

nous

avons:le

droit de ne pas tenir p

compte

p de la non

com-mutabilité de y et de w dans les calculs

qui

vont suivre.

6. Domaine

d’applicabilité

de la

mécanique

classique. -

Nous considérons

donc un

champ

électrostatique

d’extension linéaire p, et nous faisons tomber sur lui des

particules

électrisées. A l’instant

t1,

nous mesurons leur vitesse vi, à l’instant t2 leur vitesse v,. Dans

(20),

r

désigne

le

temps

de

choc,

c’est-à-dire l’intervalle de

temps

le

plus

court à

partir duquel

la vitesse de la

particule

a

pris

sa valeur finale v2. Pour

pouvoir

appliquer

(~O),

il faut donc être sûr que f1 - t2 == 1" est cet intervalle de

temps

minimum.

On est donc amené à penser

qu’il

suffira de constater que la distance parcourue

pendant

l’intervalle de

temps

est

précisément égale

à l’extension du

champ

p. Nous sommes donc ici en

présence

d’une mesure simultanée de vitesse et de

position

d’un

corpuscule

et la

relation fondamentale de

Heisenberg.

A

nous montre

qu’il

est

impossible

de mesurer à la fois avec une

précision

infinie ces deux

grandeurs.

La mesure de la

position

du

corpuscule

à l’instant ti entraîne une indétermina-tion sur sa vitesse

après

la mesure. On serait tenté de croire que ces

phénomènes

n’entrent

en

jeu

que

lorsque

la

longueur

d’onde de la

particule

incidente est du même ordre de gran-deur que l’extension du

champ p.

Il n’en est rien en réalité : cette condition n’est pas suffi-sante

(1)

~ )

et c’est la

longueur

~

qu’il importe

de comparer avec

p à

ce

point

de vue. En

1r.mw

p P

effet,

il nous faut encore tenu

compte

de la diffusion naturelle du

paquet

d’ondes.

Suppo-sons que le

paquet

d’ondes se meuve le

long

de l’axe z avec la vitesse vz.

Soit 8 v.

l’incerti-tude sur la

composante

perpendiculaire

de la vitesse. Il s’ensuit que, même

avant

le choc

étudié,

le

paquet

d’ondes a un

angle

de diffusion Toute déviation inférieure à

Vz

cet

angle

n’est pas observable. Soit 0

l’angle

de

déviations,

on doit avoir :

Si l’on tient

compte

de

(21)

ceci n’est

possible

que si

(10)

soit encore

En

remarquant

encore

que 1.z

doit être inférieur à p pour que la mesure en

question

ait un sens, nous obtenons finalement

On arrive au même

point

de vue

quand

on tient

compte

du

temps

nécessaire à la

mesure des vitesses. Soit ot l’intervalle de

temps

que dure la mesure de v. On sait que cette

durée finie de la mesure entraîne une

imprécision

p de

l’ordre

de h

entre

l’énergie

avant et 1 t

l’énergie après

la mesure. Si Õ v est l’incertitude

correspondante

sur la vitesse.

D’autre

part,

pour que la mesure ait un sens, il faut que

d’où,

en combinant avec

(23)

la condition

relation

qui

semble à

première

vue

équivalente

à

(2fl).

7. La formule du

rayonnement

en

mécanique

quantique. -Après

les

dévelop-pements

précédents,

il nous sera facile d’en arriver à ia formule un

rayonnement

en

méca-nique quantique. D’après

l’inter w’le de

temps

est affecté d’une erreur

(nous

supposons que l’on fasse les mesures de manière à réaliser la

plus grande précision

possible,

ce

qui

transforme des

inégalités

telles que

(23)

en

égalités).

Comme,

pour que la mesure ait un sens, on a forcément ~v U1, la limite inférieure de l’erreur sur r est

On arrive au même

résultat,

en

remarquant

que le domaine

spatial

de choc ne

peut

être déterminé avec une

précision supérieure

à la

longueur

d’onde de la

particule qui

s’en

va J..’

_

; le

temps

de choc

correspondant

est -

l _ L

soit

(24),

mais ceci

naturelle-rnw v

ment ne

s’applique

qu’au

cas

quantique

extrême. De

façon

générale,

on pourra dire que la

durée de la mesure ne

peut

être inférieure à

Portons maintenant cette valeur de ’t’ dans

l’expression

de

l’énergie rayonnée.

On

(11)

en

posant

Le

premier

terme

(entre

croéhets)

correspond

bien à

l’expression quantique

(3).

Le second terme

correspond

tout d’abord aux différentes

possibilités

de choc

(suivant

la valeur de

w)

et

d’autre

part

aux dimensions du

champ

considéré par

rapport

à la

longueur

wiv

Remarquons

en

particulier

que pour les fortes déviations

grande

variation de

vitesse),

c’est-à-dire les seules

qui

contribuent sensiblement à l’émission du

rayonnement, w

est de

l’ordre

de v,

et le coefficient

(28)

est de l’ordre

de 20132013.

.

p

+

On voit que,

lorsque -

est très inférieur

à p,

r’ est

approximativement égal

à r et

m ICI

l’on retombe sur le résultat

classique

Au

contraire,

lorsque X

est très

supérieur

à p, le coefficient

(28)

est de l’ordre de

3

9- (-) ,

soit

pour les fortes déviations

(w -

v) :

On voit donc

qu’elle

est

l’origine

de la formule

(3 bis),

par

conséquent

de la constante de la structure fine. et comment on passe de

façon

continue de

l’expression

classique

(29)

à

l’expression

quantique (3

bis).

Les calculs

précédents

montrent de

plus pourquoi

on n’a pas

le droit de faire sans

plus

h

égal

à zéro dans

(3

bis).

Dans ce cas en

effet,

est

négligeable

devant p et l’on retombe sur

( ~9).

Des raisonnements

analogues

peuvent

rendre

compte

de ce

qui

se passe

lorqu’une

par-ticule électrisée traverse en

rayonnant

une barrière de

potentiel.

Si la

particule

traverse cette barrière

quoique

son

énergie

soit inférieure au maximum de

celle-ci,

cela

tient,

comme

il est bien

connu, à

l’existence du

quantum

élémentaire

d’action,

qui

se manifeste par

l’existence d’un 3

longueur

d’onde de L. de

Broglie.

Si la

largeur

de la barrière est du même ordre de

grandeur

que cette

longueur

d’onde,

il y a une

probabilité

assez sensible de trouver

la

particule

en dehors de la barrière

(le

facteur de transmission est une

exponentielle

de

- "f forme e

_ a

,,

où a est une

grandeur dépendant

de la forme de la courbe de

potentiel).

On

peut

dire en gros que l’indétermination

qui

existe sur la

position

de la

particule

est de l’ordre de

À,

soit de l’ordre de

grandeur

des dimensions de la barrière. On

peut

donc dire si l’on veut que la

pénétration

de la

particule provient

de l’indétermination sur sa

position

et que le

rayonnement

d’énergie électromagnétique qui l’accompagne

est un

phénomène

d’ordre

supérieur,

lié à l’indétermination consécutive sur la vitesse

pendant

la transition.

8.

Application

au

champ

de Coulomb. - On

pourrait

naturellement être tenté

(12)

dit pour retrouver la formule de Kramers

(2).

La

question

est malheureusement assez

diffi-cile,

à cause des caractères

particuliers

du

champ

de Coulomb. On sait en effet que dans ce

champ

l’onde incidente est

perturbée,

même à l’infini de

façon

sensible

(on

connaît

l’impor-tance de ce fait lors de

rapplicatioll

de la méthode de Born pour le calcul des

chocs),

de sorte que si nous mesurons dans un intervalle de

temps

les vitesse initiale et

finale,

nous ne connaîtrons

qu’une partie,

d’ailleurs fort

importante,

de

l’énergie électromagnétique

émise. Pour être sûr de tout connaître de

l’énergie

émise,

il faudrait

augmenter

indéfiniment Il est toutefois intéressant de se rendre

compte

dans

quelle

mesure les formules

(20)

et

(26)

s’approchent

du résultat correct. ,

Soit 0

l’angle

de

choc, w est

donné par

l’énergie

électromagnétique

rayonnée pendant

un choc sous

l’angle

0 est donc

p est la

longueur caractéristique

du

champ

considéré. Comme nous l’ayons

dit,

c’est un trait

particulier

du

champ

coulombien que son action s’étende

jusqu’à

l’infini de

façon

très

sensible. Dans la théorie

classique,

c’est-à-dire pour h

égal

à

zéro,

il

n’y

a donc pas de

longueur caractéristique

p. Ceci est en

rapport

immédiat avec le fait que dans la théorie

classique

les dimensions des atomes ne sont pas

déterminées,

que c’est seulement dans la

théorie

quantique

(h

petit,

mais différent de

zéro),

que les atomes ont des dimensions déterminées. Ceci nous amène sans

plus

de

justification,

à poser

le coefficient

numérique

a devant être déterminé par

comparaison

avec

l’expérience.

Pour calculer

l’énergie

moyenne

rayonnée

au cours d’un

choc,

il faut

intégrer

(30)

sur toutes les directions

8, après

l’avoir

multiplié

par la section efficace

correspondante,

donnée par la

loi

5

de Rutherford

où Ze est la

charge

du noyau diffusant. On trouve sans

peine

que

l’énergie

moyenne

rayonnée

est .

On sait d’autre

part

que la formule de Kramers n’est autre que

(13)

soit

Comme nous l’avons vu

plus

haut

(

7) ~

est l’extension linéaire du domaine de choc

"

mw

en

mécanique

quantique.

Le facteur

1,4.2 7r

qui apparaît

dans

(33)

tire son

origine

dans le fait que nous devons faire une observation très

longue

pour être sûr d’avoir toute

l’énergie

rayonnée

pendant

le choc.

On

peut

encore à ce

sujet

faire l’observation

suivante.

Pour

comprendre

que la théorie

classique

soit si peu

applicable

dans le cas du

champ

de

Coulomb,

il suffit de remarquer

qu’il

ne

peut

y avoir

rayonnement

sensible que

lorsqu’il

y a

échange important

de

quan-tité de mouvement, donc

d’énergie.

Or

l’énergie

transmise au cours d’un choc à la

distancé p

n’est autre que

donc tous les chocs

accompagnés

de

rayonnement

sensible ont lieu à une distance de

l’ordre de la distance minima des deux

particules

a. Or la

lonoueur h

a pour valeur MW .. h .. . minimum

2 in v ’

soit

mv 2 G v

et est par suite très notablement

supérieure

à la distance

classique

20132013

(tant

0,03).

et est par suite très notablement

supérieure

à la distance

nav2

tant

que -

>

0,03 .

mv c

/

Par

suite,

dans les conditions où il y a

rayonnement sensible,

la

mécanique

classique

n’est pas

applicable.

Rosseland

(1)

a été le

premier

à

appliquer

la relation

(4)

au cas d’un électron

quittant

le noyau

(désintégration ~).

La vitesse de l’électron étant

considérable,

on pose

La conservation de

l’énergie

s’écrit

d où l’on tire

et l’on obtient ainsi

ro étant la distance du noyau à

laquelle

l’électron commence à rayonner. En

prenant

1’0 = cm, on obtient W = 2.105 volts

correspondant

à une

énergie

de -

~

0,7.

~

c ’

(14)

Malgré

les recherches les

plus soigneuses,

le

spectre

y en

question

n’a pu être mis en évi-dence. Nous en voyons maintenant la cause, elle tient à

l’application

abusive de la notion de

trajectoire

1

( dt =

Naturellement,

ce que nous venons de dire

n’explique

en rien

c q pq

pourquoi

lesrayons

en

question

ont un

spectre

diffus

d’énergie

sans

rayonnement y

con-comitant. C’est là une difficulté autrement

profonda

sur

laquelle

les raisonnements

précé-dents ne

permettent

aucune conclusion.

En

résumé,

les considérations

précédentes

nous

permettent

de

comprendre

pourquoi

l’énergie

rayonnée

au cours d’un choc est dans une

large

mesure

indépendante

de la loi

d’interaction

qui

y intervient.

Sitôt que les dimensions du

champ

« actif » deviennent très

petites,

l’existence d’une

longueur

d’onde des électrons se fait

sentir,

de sorte

qu’une

diminution continuelle des dimensions du

champ

finit par être sans action sensible sur

l’importance

de

l’énergie

rayonnée

au cours du choc.

9. Cas des chocs à

grande

vitesse. -

Le fait que des considérations aussi

simples

nous

permettent

de retrouver à un facteur

numérique près (et

par ailleurs peu différent de

l’unité)

la formule de Kramers nous a

encouragé

à

appliquer

cette méthode à un cas

qui

n’avait pas encore été

étudié,

le cas du

rayonnement

au cours du choc de deux

parti-cules extrêmement

rapides,

telles

qu’elles

se

présentent

dans le

rayonnement

cos-mique.

En théorie

classique,

la distance minima

d’approche

des deux

particules

est donnée

par

soit encore

Pour les

particules cosmiques,

y

peut

être de l’ordre de 100

(énergie

de 5.10’

électrons-volts),

la distance minima

d’approche

est donc très inférieure au rayon

classique

de l’élec-tron. On

peut

donc se demander si dans ces conditions

l’électrodynamique classique

reste

valable,

en d’autres termes si la loi - inconnue et arbitraire - de distribution des

charges

électriques

dans l’électron ne doit pas

jouer

dans l’interaction des deux

particules

un rôle essentiel. En

réalité,

si l’on tient

compte

de la contraction de

Lorentz, un

électron

apparaît

à

l’autre,

pour de telles vitesses comme une feuille très

mince,

de sorte que la limite

d’applicabilité

de la

mécanique

relativiste

(abstraction

faite des

phénomènes

de

rayonnement

qui

sont évidemment extrêmement

importants

dans ce cas

limite)

en est reculée d’autant. Nous reviendrons un peu

plus

loin sur les limites

d’applicabilité

de la théorie

quantique

relativiste.

Les calculs ont lieu de la manière la

plus simple possible

lorsqu’on part

de la forme relativiste invariante.

- +

Comme

bi

bi

est invariant vis-à-vis du groupe de

Lorentz,

on

peut

l’évaluer dans

n’importe quel système

et nous choisirons pour ce faire le

système S’

dans

lequel

l’électron

est au repos au début du choc.

D’autre

part,

il nous sera

également

commode de considérer un

système

de référence S*

par

rapport

auquel,

avant le

choc,

les deux

particules

ont des

quantités

de mouvement

(15)

C’est par

rapport

à ce

système

de référence que, comme l’a noté Bohr

(1),

l’application

de

l’argument

de

correspondance prend

son

aspect

le

plus simple.

Soit v la vitesse relative

des deux

particules

dans le

système

d’observation S

(celui

dans

lequel

une des

particules

est au repos au début du

choc),

et soit u la vitesse de S~ par

rapport

à S. On voit sans

peine

que

-- _

Les

grandeurs

mesurées dans le

système

’S* seront affectées dans ce

qui

suivra d’une

astérique.

Après

un choc sous

l’angle

0*,

le carré de la

quantité

de mouvement transférée est

On en déduit pour le

temps

de choc «

quantique

» dans le

système 8*

On

peut

en effet

simplifier

beaucoup

les calculs en utilisant une remarque de Bohr

(~);

on obtient la force dans le domaine relativiste en

remplaçant partout

la vitesse u

par y*u

et,

lorsqu’on

calcule le

composante

de la force

perpendiculaire

à la

trajectoire

en

remplaçant

la

charge

e par pour la

composante

parallèle

à la

trajectoire

au

contraire,

il faut laisser

la

charge

non modifiée.

D’autre

part,

on s’assure sans

difficulté,

que si e est

l’énergie

transmise au cours du

choc,

l’angle

0 suivant

laquelle

la

particule,

d’abord au repos, est mise en mouvement est donné

par la

relation (3)

/--Dans le cas du

rayonnement

cosmique qui

nous occupe, pour les chocs

pouvant

donner

lieu à

rayonnement, 2

est très

supérieur

à

moc2,

de sorte que

l’angle

0 est très

petit :

l’élec-tron est donc mis en mouvement

parallèlement

à la

trajectoire

de l’électron

cosmique,

de sorte que nous sommes essentiellement en

présence

du deuxième cas. En

appliquant

la substitution de u par

,~~u,

on obtient immédiatement

(37). L’énergie

émise dans le

système

~S*

est donc .

Pour les

particules envisagées,

il

se confond avec c, d’autre

part

8~ est très

grand.

Par

suite,

l’énergie

maxima

rayonnée

est de l’ordre de

D’autre

part,

moc2

y*

est

l’énergie

de la

particule

dans le

système

S~. Dans le

système

d’observation

S, l’énergie rayonnée

sera

(1) N. BOHR, Convegno di Fisica ivueleare (’1931), p. 125.

(1) N. BOHR, Phil. Mag. 30 (1915), p. 593.

(:3) W. HE(SBBBEftG, Ann. d. Phys., 13 (1932), 430.

(16)

On voit

qu’elle

n’est sensible que

lorsque

"(’/If

n’est

plus

très

petit

devant

137,

soit en

revenant au

système S,

lorsque y

n’est pas très

petit

devant 2.

~~.37)2.

A cette valeur

de y

correspond

une

énergie

énorme mais

qui

semble bien réalisée pour certains constituants. très durs du

rayonnement

cosmique.

Pour ces constituants

donc,

mais

probablement

seule-ment pour

cela,

il n’est

plus permis

de considérer le choc des deux

particules

comme un

problème mécanique,

le

rayonnement

émis au cours du choc

joue

un rôle essentiel

pour

l’application

des

principes

de conservation de

l’énergie

et de la

quantité

de mouvement.

La condition

.--

~

est

susceptible

d’une

interprétation physique simple.

Dans le

système S~,

la

longueur

d’onde

-t*

n’est autre en effet que

~-

Par suite la

longueur

d’onde de la

particule

est

égale

au rayon

classique

de l’électron.

Telle est donc la restriction

(1)

à

laquelle

est soumis notre calcul et

qui remplace

les restrictions du calcul que nous avons énoncées au début de ce

paragraphe.

,

On

peut

naturellement utiliser les calculs

précédents

pour trouver une formule

qui

généralise

la formule de Kramers pour les électrons très

rapides.

Pour ce

faire,

il faut

remplacer

la formule de Rutherford par la formule de Moller

(2),

seule

applicable

dans ce

domaine.

D’après

cette dernière

formule,

le nombre de chocs dans

lesquels

un électron est

diffusé sous un

angle

compris

entre e et 0

-~- d

0 est

la relation entre les

angles 6

et Q* étant donnée par

Pour le cas

qui

nous

intéresse,

celui des

particules

cosmiques

(y

très

grand),

lès formules

précédentes

se réduisent à :

. , ..r’B...u...r-B.

d’où pour la

généralisation

de la formule de Kramers :

soit environ

(17)

et dans le

système S

En

résumé,

l’énergie électromagnétique

diffusée en moyenne décroît assez

rapidement

quand

l’énergie

de la

particule

incidente

augmente.

Il n’est pas nécessaire de

répéter

ici que ces résultats ne sont valables

qu’à

un

coeffi-cient

numérique

près,

mais

l’exemple

du cas non

relativiste,

où ce facteur est assez peu différent de l’unité nous engage à supposer que les résultats

précédents

ne

peuvent

être

multipliés

que par un facteur inférieur à dix par

exemple.

La conclusion des calculs

précédents

est donc que le

rayonnement

au cours des chocs entre électrons

cosmiques

et électrons est en

général

assez faible. Ce n’est que pour des

énergies

tout à fait considérables de l’ordre de

(137)2.

nioc2

que ces

phénomènes

entrent en

jeu

de

façon

marquée.

La théorie

quantique,

sous sa forme

actuelle,

ne

peut

guère

nous faire

prévoir l’aspect

des

phénomènes

au-delà de cette limite. Une observation

pourtant

nous

parait

être de nature à

indiquer

les difficultés

théoriques qui

se

présentent

alors. On sait

qu’au

cours d’un

choc,

la conservation de la

quantité

de mouvement et de

l’énergie empêchent

que l’un des

électrons ne passe à un état

d’énergie

négative.

Au

contraire,

lorsqu’une

troisième

particule,

un

photon

par

exemple,

est en

présence,

le passage de l’une des

particules

vers un état d

énergie négative

devient

parfaitement possible

C’est évidemment ce

qui

se passe lors d’un

choc avec

rayonnement.

Ceci nous amène donc à penser que dans les chocs de

particules

d’énergie

de l’ordre de

(1 J7)~

des transitions en

question

doivent

jouer

un rôle

essen-tiel. Peut-être est-il

permis

de

rapprocher

de ce

qui précède les

belles

expériences

de Blackett

et Occhialini

(1),

qui

mettent en évidence la

production

par les rayons

cosmiques

de

parti-cules de

charge positive

et de masse du mème ordre que la masse de l’électron. Ces auteurs émettent

l’hypothèse qu’il s’agisse

d’un choc avec un « trou » de distribution de l’électricité

négative,

suivant

l’hypothèse

bien connue de Dirac

(~),

mais

peut-être s’agirait-il

de la trans-formation de l’électron incident ou d’un autre électron

participant

au choc en un électron

d’énergie négative.

Il faut

espérer

que des

expériences prochaines permettront

de

préciser

le

signe

de

l’énergie

des

particules

en

question.

10. Sur la mesure des

champs

électrique

et

magnétique. -

Dans un mémoire

bien connu

(1)

Landau et Peierls ont discuté en détail la

question

de la mesure par choc de

l’impulsion

d’une

particule

pour en déduire les

possibilités

de mesure du

champ électrique

et du

champ

magnétique.

Rappelons

brièvement leur calcul.

De la relation d’indétermination sur

l’énergie

et

le

temps

qui indique

que, si la mesure dure le

tealps à t,

il existe une

incertitude2013

sur

la différence

entre les valeurs de

l’énergie

avant et

après

la mesure, se déduit pour le cas

particulier

du choc de deux

particules

la relation

v et v’ étant les vitesses de la

particule

étudiée avant et

après

le choc. En théorie non

rela-tiviste,

ceci

n’apporte

aucune restriction à la mesure de la

quantité

de mouvement,

puisque

(i) P. M. S. BLKCKETT et G. P. S. OccHiALiNi, Proc. Roy. Soc., A 139 (1933), 699.

( ~ ) P. A. M. DIRAC, Proc. Hoy. Soc., A, 133 (1931), 60.

(18)

v 2013 ~

peut

être rendu aussi

grand

que l’on veut. Mais si l’on tient

compte

de la théorie de

la

relativité,

les choses

changent

car v - v’ ne

peut

être rendu

supérieur

à la vitesse de la lumière c; on a donc dans le cas le

plus

favorable :

De

plus,

d’après

Landau et

Peierls,

au choc est liée une variation indéterminée

d’énergie

par suite du

rayonnement

d’énergie électromagnétique qui

résulte de la variation

de vitesse

pendant

le choc.

Si nous nous bornons au cas des faibles

vitesses,

d’après

(20),

l’énergie

rayonnée

est

au moins

égale

à

- - , . ,

-d’où une détermination

supplémentaire

l’p

sur la

qualité

de mouvement :

Landau et Peierls combinent alors les relations

(46)

et

(48)

en les

multipliant,

trouvant

ainsi pour l’erreur totale sur la

quantité

de mouvement :

On est tout de suite

frappé

par le fait que la limite donnée par

(49)

est inférieure à la

2

1

limite

donnée par

(47),

et ceci

d’un

facteur - 3

/ 13 .

La relation

(49)

est donc moins p

(

)

3 V

1 7

( )

restrictive que

(47).

Ceci tient au

procédé qu’ont

utilisé les auteurs sus-mentionnés pour combiner les erreurs

op

et

8p.

Ils

posent

en effet

Or les deux indéterminations

op

et

~’p

sont

indépendantes.

L’indétermination résul-tante est donc donnée par ~ ...

car les erreurs

figurant

dans les relations telles que

(46)

et

(48)

sont les erreurs

quadra-tiques

moyennes. L’identité

nous montre que

ce

qui explique

le résultat

(49).

L’égalité

ne

peut

d’ailleurs avoir

lieu,

car elle

équivaut

à

Par

suite,

l’inégalité (49)

est

toujours

trop

faible et c’est

l’inégalité

(19)

qu’il

convient de lui substituer. Si maintenant nous tenons

compte

de la formule

(26)

pour

l’énergie

émise,

il vient :

d’où pour

où K est une fonction de

(v

-

v’)

et des dimensions du

champ

considéré. Dans le cas

habituel des mesures

microscopiques,

K est de l’ordre de l’unité.

On

peut

en

rapprocher

le résultat suivant de Mott

(’) :

-.

lorsqu’on

tient

compte

du

rayonnement,

le nombre total d’électrons diffusés sous

l’angle 6

par un noyau de

charge

Ze est : -.

°

formule

qui remplace

celle de Rutherford. A y est une fonction de 8 dont la

valeur,

d’après

Mott,

ne

peut

guère dépasser

3 ou 4. Il en est donc de même du coefficient K de la formule

(5)

lorsque

la loi du choc est la loi de Coulomb.

L’application

à la mesure du

champ électromagnétique

est immédiate. Soit

3p

l’incer-titude sur la

quantité

de mouvement du corps

d’épreuve ;

l’incertitude

correspondante

sur

le

champ électrique

àE est donnée par

En tenant

compte

de

(~~),

on a : -.

Il en est de même de l’incertitude âH sur le

champ magnétique :

Par

multiplication

de

(54)

et

(55),

on obtient :

Nous avons pour cela

remplacé partiellement

le

produit

càt par l’extension àl du domaine étudié pour faciliter la

comparaison

avec les formules

qui

suivent. Si nous nous

plaçons

dans des conditions de vitesse telles que le terme de

rayonnement

soit

négligeable,

il vient :

1. :1- .1

alors que Landau et

Peierls,

à partir

de

(49)

arrivent à la relation

.1

en conformité avec les relations d’incertitude

d’Heisenberg

et Pauli

(2).

Le résultat

(~f~)

(1) N. F. MOTT, Proc Camb. Soc., 27 (1931), 255.

(a) w. HEISEKBER& et W. PAULI, Z. Physik, 56 (1929), 1; W. HEISB,-iBERG, Die Physikalischen Prinzipien de

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