L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB1−2011-2012
D. Blotti`ere Math´ematiques
Devoir surveill´ e n˚2
Dur´ee : 3 heures
L’usage de la calculatrice est interdit.
Le bar`eme prendra significativement en compte :
• la pr´esentation,
• la clart´e des explications,
• le soin port´e `a l’argumentation des r´eponses,
• la justesse du vocabulaire et des symboles employ´es.
Exercice 1 : R´ esolution d’une ´ equation polynomiale de degr´ e 3
Le but de cet exercice est de r´esoudre l’´equation(E), d´efinie par : (E) : x3−5x2−2x+ 24 = 0.
1. Le nombre−2 est-il solution de (E) ?
2. Soitx∈Ret soienta, b, c∈R. D´evelopper, r´eduire et ordonner l’expression : (x+ 2)(ax2+bx+c)
i.e. d´evelopper (x+ 2)(ax2+bx+c), puis ´ecrire le r´esultat du d´eveloppement sous la forme : x3+x2+x+
o`u lesd´esignent des nombres r´eels ind´ependants dexqui sont `a d´eterminer, en fonction dea, b, c.
3. D´emontrer qu’il existea, b, c∈Rtels que pour toutx∈R:
(x+ 2)(ax2+bx+c) =x3−5x2−2x+ 24.
Indication : On pourra introduire un syst`eme lin´eaire.
4. R´esoudre alors l’´equation (E).
Exercice 2 : Trois droites concourantes
Soit (O;−→ i ,−→
j) un rep`ere orthonorm´e du plan. On consid`ere trois droitesD1,D2 etD3 d´efinies comme suit.
• SoitD1la droite du plan passant par les pointsA(1,5) etB(−3,2).
• SoitD2la droite passant par le pointC(−2,6) et dirig´ee par le vecteur−→u(2,−5).
• SoitD3la droite d’´equation cart´esienne : 3x+ 8y−25 = 0.
1. D´eterminer une ´equation cart´esienne de la droiteD1. 2. D´eterminer une ´equation cart´esienne de la droiteD2.
3. D´emontrer que les droites D1, D2 et D3 sont concourantes (i.e. se coupent en un point) et donner les coordonn´ees du point commun `aD1,D2 etD3.
1
Exercice 3 : Aire d’un triangle
Soit (O;−→ i ,−→
j) un rep`ere orthonorm´e du plan. Soient les trois points : A(4,6) ; B(2,3) ; C(8,1).
1. Justifier que les pointsA,B etC ne sont pas align´es.
2. Calculer la longueurBC.
3. Rappeler la d´efinition du projet´e orthogonal A0 du pointAsur la droite (BC).
4. Que repr´esente la droite (AA0) pour le triangleABC? 5. Calculer les coordonn´ees deA0.
6. Calculer l’aire du triangleABC.
Probl` eme : ´ Etude d’une transformation du plan
On munit le plan P d’un rep`ere orthonorm´e(O;−→ i ,−→
j).
• Crit`ere d’´egalit´e de deux points via leurs coordonn´ees.
SoientM1(x1, y1)∈ P etM2(x2, y2)∈ P. On rappelle l’´equivalence suivante.
M1=M2⇐⇒
x1=x2
et
y1=y2
• Notationdetpour le d´eterminant de deux vecteurs dans la base (−→ i ,−→
j) Rappel : Si−→u1(a1, b1)et−→u2(a2, b2) sont deux vecteurs du plan, alors on pose :
det(−u→1,−→u2) =
a1 a2
b1 b2
.
• D´efinition de la transformation ρdu plan
A tout point` M du planP de coordonn´ees(x, y), on associe le point ρ(M)du planP de coordonn´ees : Ç
−1 2x−
√ 3 2 y+3
2 ,
√ 3 2 x−1
2y−
√ 3 2
å .
Dans ce probl`eme, on se propose d’´etudier la transformationρdu planP ainsi d´efinie.
• Structure logique du probl`eme
Ci-dessous, on propose un arbre repr´esentant les connexions entre les diff´erentes parties du probl`eme.
A
@
@@
@@
@@
55
B
~~~~~~~
@
@@
@@
@@ D
@
@@
@@
@@
~~~~~~~~~
C E F
G
Voici par exemple trois informations que l’on peut lire sur cet arbre.
– Les fl`eches reliant A et B `a C signifient que les parties A et B sont utiles pour traiter la partie C.
– Aucune fl`eche n’aboutissant `a la partie D, aucune des parties pr´ec´edentes du probl`eme n’est utile pour traiter cette partie.
– Il n’y a que deux fl`eches qui aboutissent `aG: l’une partant de A, l’autre de D. Seules les parties A et D sont donc utiles pour traiter la partie G.
2
Partie A : La transformation ρest injective
SoientA1(x1, y1)∈ P etA2(x2, y2)∈ P.
1. Montrer que siρ(A1) =ρ(A2) alorsA1=A2. 2. En d´eduire que siA16=A2 alorsρ(A1)6=ρ(A2).
Terminologie : Dans cette partie, on a d´emontr´e la propri´et´e suivante :
∀A1∈ P ∀A2∈ P ρ(A1) =ρ(A2) =⇒A1=A2. Cette propri´et´e porte le nom d’injectivit´e, d’o`u le titre de cette partie.
Partie B : La transformation ρest surjective
SoitA0(xA0, yA0)∈ P. Montrer qu’il existe un pointA(xA, yA)∈ P tel que :ρ(A) =A0. Terminologie : Dans cette partie, on a d´emontr´e la propri´et´e suivante :
∀A0∈ P ∃A∈ P ρ(A) =A0.
Cette propri´et´e porte le nom de surjectivit´e, d’o`u le titre de cette partie.
Partie C : Effet de la transformationρ sur une droite
Soient A(xA, yA)∈ P, B(xB, yB)∈ P et C(xC, yC)∈ P.
1. (a) Exprimer det(−−→ AB,−→
AC) en fonction de (xB−xA), (yB−yA), (xC−xA), (yC−yA),sans d´evelopper les produits de ces termes qui apparaissent.
(b) Exprimer det(−−−−−−→
ρ(A)ρ(B),−−−−−−→
ρ(A)ρ(C)) en fonction de (xB−xA), (yB−yA), (xC−xA), (yC−yA).
On ´ecrira toutes les ´etapes du calcul.
(c) Comparer alors les valeurs de det(−−→ AB,−→
AC) et de det(−−−−−−→
ρ(A)ρ(B),−−−−−−→
ρ(A)ρ(C)).
(d) Montrer que si les pointsA, B, C sont align´es, alors les pointsρ(A), ρ(B), ρ(C) sont align´es.
(e) ´Ecrire la r´eciproque de la propri´et´e pr´ec´edente, puis la d´emontrer.
(f) Quelle ´equivalence a-t-on ainsi d´emontr´ee ? 2. SoitDune droite du plan.
L’objectif de cette question 2. est de d´ecrire l’ensemble image deDparρ, not´eρ(D), qui est par d´efinition l’ensemble de tous les points ρ(M)que l’on obtient lorsque M d´ecrit la droiteD, i.e. :
ρ(D) ={ρ(M) : M ∈ D}.
Soient A1 ∈ Det A2 ∈ D. On suppose que A16=A2. La droite (A1A2) est donc bien d´efinie et l’on a de plus :D= (A1A2).
(a) Pourquoi la droite passant par les pointsρ(A1) etρ(A2) est-elle bien d´efinie ?
On note D0 la droite passant par les points ρ(A1)et ρ(A2). On a doncD0= (ρ(A1)ρ(A2)).
(b) Montrer queρ(D) ⊂ D0, i.e. que si M est un point de la droite D, alors ρ(M) est un point de la droiteD0.
(c) Montrer queD0 ⊂ρ(D), i.e. que siM0 est un point de la droite D0 alors il existe un point M de la droiteDtel que ρ(M) =M0.
(d) Quelle description obtient-on alors pour l’ensemble imageρ(D) de la droiteDparρen rassemblant les r´esultats (b) et (c) ?
3. On se propose ici d’appliquer le r´esultat de la question 2., dans une situation particuli`ere.
SoitDla droite passant par l’origine Odu rep`ere et dirig´ee par le vecteur−→u(1,1).
(a) D´eterminer un pointAde la droiteDdistinct deO.
(b) Donner alors deux points distincts de la droiteρ(D).
(c) Donner une ´equation cart´esienne de la droite ρ(D).
3
Partie D : Effet de la transformation ρ sur une longueur SoientA(xA, yA)∈ P etB(xB, yB)∈ P.
1. ´Enoncer la formule du cours donnant une expression de la longueur AB en fonction de (xB −xA) et (yB−yA),sans d´evelopperles ´eventuelles puissances de ces termes qui apparaissent.
2. Calculer la longueurρ(A)ρ(B) en fonction de (xB−xA) et (yB−yA).
On ´ecrira toutes les ´etapes du calculs.
3. Comparer alors les longueursABet ρ(A)ρ(B).
4. Soient ABC un triangle ´equilat´eral. Que peut-on dire du triangleρ(A)ρ(B)ρ(C) ? Partie E : Effet de la transformationρ sur un cercle
SoitCun cercle, soitAson centre et soitrson rayon.
L’objectif de cette partieEest de d´ecrire l’ensemble image deCparρ, not´eρ(C), qui est par d´efinition l’ensemble de tous les pointsρ(M)que l’on obtient lorsqueM d´ecrit le cercleC, i.e. :
ρ(C) ={ρ(M) : M ∈ C}.
On noteC0 le cercle de centreρ(A)et de rayonr.
1. Montrer queρ(C)⊂ C0, i.e. que siM est un point du cercleC, alorsρ(M) est un point du cercleC0. Indication : On pourra s’int´eresser `a la valeur de la longueur ρ(A)ρ(M), pour un pointM quelconque du cercle C.
2. Montrer que C0⊂ρ(C), i.e. que siM0 est un point du cercleC0 alors il existe un pointM du cercleC tel queρ(M) =M0.
3. Quelle description obtient-on alors pour l’ensemble imageρ(C) du cercleCparρen rassemblant les r´esultats 1. et 2. ?
Partie F : Effet de la transformation ρsur un angle
SoientA(xA, yA)∈ P,B(xB, yB)∈ P etC(xC, yC)∈ P. On suppose ces trois points deux `a deux distincts.
1. Montrer que les produits scalaires −−→ AB.−→
AC et −−−−−−→
ρ(A)ρ(B).−−−−−−→
ρ(A)ρ(C) sont ´egaux.
On ´ecrira toutes les ´etapes des calculs.
2. Montrer que : cosÄ−−→ AB,−→
ACä
= cos−−−−−−→
ρ(A)ρ(B),−−−−−−→
ρ(A)ρ(C) .
Remarque : Les angles BAC’ etρ(B)ρ(A)ρ(C)ˇ sont donc ´egaux.
Partie G : O`u l’on ´emet une conjecture sur la nature de la transformation ρ
1. D´emontrer qu’il existe un unique point Ω(xΩ, yΩ) ∈ P tel que ρ(Ω) = Ω. On pr´ecisera ses coordonn´ees (xΩ, yΩ).
2. SoitA(xA, yA)∈ P tel queA6= Ω.
(a) Pourquoi a-t-onρ(A)6= Ω ?
(b) Calculer la longueur ΩAen fonction dexA et yA. (c) Justifier que ΩA= Ωρ(A), sans faire aucun calcul.
(d) Calculer le produit scalaire−→
ΩA .−−−−→
Ωρ(A) en fonction dexA et yA. (e) Calculer alors cos−→
ΩA,−−−−→
Ωρ(A) .
(f) En d´eduire la valeur de l’angle AΩρ(A) `ÿ a l’aide de la table des valeurs remarquables de cosinus rappel´ee ci-dessous.
θ 0 π6 π4 π3 π2 2π3 3π4 5π6 π
cos(θ) 1
√3 2
√2 2
1
2 0 −12 −
√2
2 −
√3
2 −1
(g) Que peut-on dire du triangleAΩρ(A) ?
3. En utilisant les questions 1. et 2.(f), ´emettre une conjecture sur la nature de la transformationρ.
4. (a) SoitA∈ P. Calculer les coordonn´ees du pointρ(ρ(ρ(A))). Qu’observe-t-on ?
(b) Le r´esultat 4.(a) est-il en accord avec la conjecture faite sur la nature de la transformationρ?
4