Jean-Pierre Geslin présente :
En 1675, dans le village de Delft en Hollande, monsieur Anton Van Leeuwenhoeck prélève un peu de liquide dans un vase de terre cuite contenant
de l’eau de pluie. Il observe cette eau sous un microscope de sa fabrication :
« J’y découvris des créatures vivantes… qui me parurent dix mille fois plus petites que les puces d’eau… »
En 1763, monsieur Ledermuller donnera à ces minuscules animalcules le nom d’infusoires… aucun rapport avec les infusions de menthe ou de tilleul que grand-père prend le soir, après son petit digestif, dans l’espoir de bien dormir.
Allons voir page suivante et tu comprendras quel est le sens du mot
« infusoire » (= qui vit dans une infusion).
Ecole Normale du Bourget
IUFM du 93
Prépare une infusion !
1. Prends un grand bocal et verse à l’intérieur de l’eau que tu auras prélevé dans une mare ou dans un vieux tonneau qui sert à récupérer, à la campagne, de l’eau de pluie.
2. Ajoute de la paille ou des feuilles de salade ou du cresson ou n’importe quelle plante aquatique.
3. Place le bocal dans une pièce à 20-25 °C, à l’abri du soleil, sans mettre de couvercle.
4. Au bout d’une semaine, tu verras apparaître à la surface de l’eau une fine pellicule : c’est « le voile». Il est constitué de microbes : ici des bactéries.
5. Attends encore une semaine… Il faut être patient… jusqu’à ce que l’eau sente franchement mauvais.
6. Observe au microscope : des dizaines et des dizaines de petits animaux se déplacent en tous sens, se bousculent, virevoltent… ce sont des
« infusoires». Les « infusoires » ou « ciliés » appartiennent à l’embranchement des protozoaires (de prôtos = premier et zôon = animal). Les protozoaires sont les animaux les plus simples qu’il existe.
Dessin extrait de « Biologie 5ème » de J-P Astolfi, C. Borgel, C.
Faure et Y. Ginsburger. Librairie Belin, 1978…
Tu vois… tu n’es pas le premier…
On appelle « infusion » ou « culture » un é levage de minuscules bestioles que tu peux facilement réaliser chez toi ou en classe.
Si tu es très pressé de voir des protozoaires… trop pour attendre… Prends le vase contenant les fleurs fanées que maman voulait jeter… tu sais, celui
dont l’eau est toute jaune et sent si mauvais… Regarde au microscope cette eau croupie… les protozoaires t’attendent…
I - Les protozoaires nageurs :
Des champions du 100 mètres nage libre !
Ils ne mesurent qu’environ 1 / 10 ème de millimètre et pourtant, ils semblent nager très vite. Ceci est dû au fait que le microscope multiplie les distances sans changer le temps.
La vitesse réelle est de l’ordre de 1 mm par seconde soit 3,6 mètres à l’heure.
C’est comme si toi, qui mesure environ 1 mètre nageait à la vitesse de 36 km à l’heure.
Les dessins de protozoaires sont extraits du livre “Biologie 5ème ” de J-P Astolfi, C. Borgel, C. Faure et Y.
Ginsburger. Librairie Belin 1978.
Regarde parmi les dessins qui précèdent, tu reconnaîtras sûrement certains des petits sportifs qui sont sous le microscope.
II - Les protozoaires marcheurs :
Nous, les stylonichies et les euplotes, utilisons également des cils pour nous déplacer…
mais nos cils se réunissent pour former des sortes de béquilles : les cirres. Au cours
de nos déplacements, l’observateur a l’impression
que nous sautillons ! … Nous sommes donc très
faciles à reconnaître.
Nos cirres ne fonctionnent pas n’importe comment mais
de manière coordonnée.
Euplote très grossi.
Si on sectionne les fibrilles
reliant les cirres au motorium, on
constate que l’euplote ainsi
opéré
« s’emmêle » les pattes.
Qu’en déduis- tu ? Nous, les protozoaires marcheurs, Nous, les protozoaires marcheurs, Nous, les protozoaires marcheurs, Nous, les protozoaires marcheurs,
sommes moins rapides et moins sommes moins rapides et moins sommes moins rapides et moins sommes moins rapides et moins nombreux que les protozoaires nombreux que les protozoaires nombreux que les protozoaires nombreux que les protozoaires
nageurs … mais tellement nageurs … mais tellement nageurs … mais tellement nageurs … mais tellement
sympathiques…
sympathiques…sympathiques…
sympathiques…
III - Les protozoaires rampants :
Les amibes se déplacent sur le support grâce à des déformations de leur corps : elles forment de longs prolongements que l’on nomme les pseudopodes. Le pseudopode se fixe à son extrémité, puis se raccourcit, tirant ainsi l’amibe vers l’avant.
IV – Les protozoaires fixés :
Les protozoaires fixés ne le sont pas en permanence…
* Le podophrya jeune est pourvu de cils qui lui permettent
de nager, mais n’a pas de tentacules.
Lorsqu’il se fixe, en
¼ d’heure, il perd ses cils et forme des
tentacules.
* Le stentor ressemble un peu à une trompette. Il ne vit fixé sur un support que lorsque l’eau est
calme et la nourriture abondante. Le reste du temps, il
nage grâce à ses cils.
* La vorticelle se déplace beaucoup moins souvent que le stentor. Quand elle est fixée, si on la touche, elle enroule son pédoncule comme un ressort. Quand elle se détache, le pédoncule reste accroché sur le support et seule la clochette nage, grâce à ses cils. Avant sa fixation, la clochette reforme un nouveau pédoncule.
Les dessins de protozoaires sont extraits du livre “Biologie 5ème ” de J-P Astolfi, C. Borgel, C.
Faure et Y. Ginsburger. Librairie Belin 1978.