Contrˆole de g´eom´etrie diff´erentielle du 15 d´ecembre 2006
Exercice 1 (Question de cours). Donner la d´efinition d’un champ de vec- teurs.
Exercice 2 (Autour de la fibration de Hopf ). On note S3, S2 et S1 les sph`eres unit´e de R4,R3 etR2 respectivement. On identifiera R4 avec C2 et R3 avec C×Rde sorte que
S3={(u, v)∈C2/|u|2+|v|2 = 1}
S2 ={(w, t)∈C×R/|w|2+t2 = 1}.
Except´e pour les questions de regularit´e o`u il est pr´ef´erable d’uiliser des co- ordonn´ees r´eelles, on recommande de travailler au maximum en coordonn´ees complexes.
a) Montrer que l’application deC2 dans C×R
(u, v)∈C2 →(2uv, |u|2− |v|2)∈C×R
se restreint en une application π de S3 dans S2. Montrer que pour tous couples (u, v) et (u0, v0) de S3, l’on a
π(u, v) =π(u0, v0)⇔ ∃θ∈R, (u0, v0) =eiθ(u, v) (1) Montrer queπ est surjective et de classeC∞.
b) On note U la sph`ereS2 priv´ee du pˆole nord (0,1)∈C×R. Montrer que l’application
ϕ:π−1(U)→U×S1, (u, v)→(π(u, v), v/|v|)
est bien d´efinie, bijective, envoie la fibre π−1({b}) sur {b} ×S1 pour tout b ∈ U et que c’est un diff´eomorphisme. Formuler sans le d´emontrer un
´enonc´e similaire lorsqueU est la sph`ere priv´ee du pˆole sud.
c) On note (∂xu, ∂yu, ∂xv, ∂yv) le rep`ere du fibr´e tangent de R4 associ´e aux coordonn´ees (xu, yu, xv, yv). Donner les courbes int´egrales maximales de
X=−yu∂xu+xu∂yu−yv∂xv+xv∂yv.
d) Soit une fonction f de R4 dans R telle que DXf soit identiquement nulle. Montrer qu’il existeg∈C∞(S2) telle que g◦π soit la restriction def
`
a la sph`ere.
1
Corrections
a) Soient (u, v) ∈ C2. Supposons que (u, v) ∈ S3 et posons w = 2uv, t=|u|2− |v|2. Alors
|w|2+t2 = 4|u|2|v|2+ (|u|2− |v|2)2 = (|u|2+|v|2)2 = 1
autrement dit (w, t) ∈S2.π est donc bien d´efinie comme application deS3 dansS2. Notons pour la suite que
(|u|2+|v|2 = 1
|u|2− |v|2 =t ⇒ |u|= r1
2(1 +t) et |v|= r1
2(1−t).
Supposons π(u0, v0) = π(u, v). Les deux ´equations pr´ec´edentes donnent imm´ediatement |u0|=|u|et|v0|=|v|, et donc
u0=eiαu, v0 =eiβv
avecαetβdansR. Discutons selon les valeurs det=|u|2−|v|2. Sit= 1, alors v= 0 et donc (u0, v0) =eiα(u, v). Sit=−1, alorsu= 0 et (u0, v0) =eiβ(u, v).
Si|t|<1, alors u et v sont diff´erents de 0 et u0v0 = uv implique eiα =eiβ, d’o`u (u0, v0) =eiα(u, v). Dans tous les cas, il existe θ∈Rtel que
(u0, v0) =eiθ(u, v)
Reciproquement, cette condition implique imm´ediatement que π(u0, v0) = π(u, v).
Sib= (w, t)∈S2 est diff´erent du pˆole nord et du pˆole sud, alors w6= 0 et un ant´ec´edent de bpar π est
r1
2(1 +t), w
|w|
r1 2(1−t)
!
D’autre part, les pˆoles nord et sud admettent pour ant´ec´edents (1,0) et (0,1) respectivement. Par cons´equentπ est surjective.
Enfin S3 et S2 ´etant des sous-vari´et´es de R4 et R3 respectivement et l’application deR4 dans R3,
(xu, yu, xv, yv)→(2(xuxv+yuyv),2(yuxv−xuyv),(xux2u+y2u−x2v−yv2))
´etant polynomiale doncC∞, sa restrictionπ est aussi de classeC∞.
b) π−1(U) ´etant l’ensemble des (u, v) de S3 tels que v 6= 0, ϕ est bien d´efinie.
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On d´eduit ensuite de (1) que pour tout b ∈ U, ϕ se restreint en une bijection deπ−1({b}) sur{b} ×S1. En effet si deux couples (u, v) et (u0, v0) deπ−1({b}) ont mˆeme image parϕ, alors
(u0, v0) =eiθ(u, v)
d’apr`es (1) et v0/|v|= v/|v| implique que eiθ = 1 et donc (u, v) = (u0, v0), ce qui montre l’injectivit´e. Montrons `a pr´esent que pour tout z ∈S1, (b, z) admet un ant´ec´edent par ϕ. π ´etant surjective, il existe (u, v) ∈S3 tel que π(u, v) =b. Alors
(u0, v0) = z¯v
|v|(u, v)
appartient aussi `a π−1({b}) et de plusϕ(u0, v0) = (b, z).
Il est alors imm´ediat de v´erifier queϕest elle-mˆeme une bijection. Enfin ϕest de classe C∞ car ses deux applications coordonn´ees π :π−1(U)→ U et
π−1(U)→S, (u, v)→v/|v|
le sont. On v´erifie que l’inverse de ϕest ((w, t), z)∈U×S1 → wz
p2(1−t),z√ 1−t
√ 2
et l’on en d´eduit qu’il estC∞.
On peut trivialiser au dessus de V =S\ {(0,−1)}par π−1(V)→V ×S1, (u, v)→(π(u, v), u/|u|).
Et l’on v´erifie comme pr´ec´edemment que cette application est un diff´eomor- phisme qui envoie la fibreπ−1({b}) sur {b} ×S1.
c)Les courbes int´egrales deXsont les solutions du syst`eme d’´equations diff´erentielles :
x0u(t) =−yu(t) yu0(t) =xu(t) x0v(t) =−yv(t) yv0(t) =xv(t)
Pour tout (u0, v0) ∈ C2, on v´erifie imm´ediatement que l’application de R dansR4'C2
(xu(t) +iyu(t), xv(t) +iyv(t)) =eit(u0, v0) 3
est l’arc int´egral maximal (car d´efini surR) d’origine (u0, v0).
d)Pour que la restriction def `aS3se factorise eng◦π, il faut et il suffit que f soit constante sur les fibres de π. D’apr`es l’´equation (1), ces fibres sont des trajectoires (images des courbes int´egrales maximales) de X. Or la conditionDXf = 0 implique quef est constante sur les trajectoires. En effet, si (R, ξ) est une courbe int´egrale de X et donc ξ0(t) =X(ξ(t)), nous avons
d
dtf(ξ(t)) =dfξ(t)(ξ0(t)) =dfξ(t)(X(ξ(t))) = (DXf)(ξ(t)) = 0.
Il reste `a v´erifier que la fonctiongobtenue est bien de classeC∞. On montre que sa restriction `a l’ouvert U de S2 l’est en remarquant que
g(b) =f◦ϕ−1(b,1), ∀b∈U
En raisonnant de mˆeme avec une trivialisation de π au dessus de la sph`ere priv´ee du pˆole sud, on conclut queg est aussi C∞ en le pˆole nord.
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