LA RECHERCHE APICOLE EN U. R. S. S.
BREF APERÇU SUR LES TRAVAUX PUBLIÉS EN
I960
N. M. GLUSHKOV
Institut de Recherches
apicoles,
Rybnoe(U. R. S. S.).
En
19 6 0 ,
comme au cours des annéesprécédentes,
l’activité des chercheurs sovié-tiques
travaillant sur l’Abeille a été orientée vers la solution de deuxgrands problèmes.
-
L / augmentation
de l’efficacité de lapollinisation
par les Abeilles desplantes
cultivées
entomophiles.
-
I,’augmentation
de laproductivité
et du rendement enapiculture.
I. - PROBLÈMES DE POLLINISATION
En ce
qui
concerne lesproblèmes
depollinisation,
des recherches ont été effectuées pour déterminer les moyens propres àaugmenter
la sécrétion nectarifère et à attirer 1er Abeilles vers les cultures dont on veut assurer lapollinisation.
Ainsi,
G. A. BuxFIaR!va et P. I. KuRGUSOV ont étudié les moyens d’accroître laproduction
nectarifère du Sarrasin et du Trèfle rouge parl’emploi
desoligo-éléments
I,a méthode utilisée amène un accroissement du
butinage
et, enconséquence,
uneaugmentation
de la récolte degraines.
Dans les
expériences
de G. A BuxHaR!va(Institut
de Recherchesapicoles),
ila été
prouvé
quel’apport
demolybdène
de zinc et demanganèse,
non pas au niveau desracines,
mais directement sur lesparties
aériennes du Trèfleviolet, augmente
la sécrétion nectarifère et la récolte des
grains
de3 6
p. 100,lorsque
le traitement alieu sur des terres
préalablement
enrichies en bore.Les essais de P. I. KuRGUSOV
(Institut agricole
deRiazan)
ontporté
sur le Sar-rasin. Un traitement à l’acide
borique appliqué
parpulvérisation
au commencement de la floraison aaugmenté
de 28 p. 100la richesse en sucres du nectar, de 33 p. 100 le nombre des Abeilles butineuses et de 12p. 100laquantité
degrains
récoltés.D’autre
part,
on a étudié les moyens dediriger
l’activitépollinisatrice
des Abeillessur un terrain
déterminé,
parl’emploi
derepères
visuels. Ainsi N. G. I,oPaTINa et I. A. NIKITINA(Institut
Pavlov dePhysiologie, Koltushi)
utilisent ledéplacement progressif
d’unrepère
visuel(panneau peint
cloué sur unpiquet)
associé à unnourrisseur, depuis
la ruchejusqu’au champ
verslequel
on veutdiriger
les Abeilles.A une distance de 300-400 m du
repère principal,
onplace
des panneauxcomplé-
mentaires
identiques.
Pendantplusieurs jours,
unsirop
aromatisé est distribué auxAbeilles à côté du
repère principal. Lorsque
les Abeilles ontépuisé
lesirop,
ellescommencent à visiter les fleurs dont on désire
qu’elles
assurent lapollinisation.
Pour provoquer chez les Abeilles l’établissement de reflexes conditionnés
stables,
E. G. PONOMARFVA(Institut
de Recherchesapicoles)
s’est servie de sèves deplantes
mellifères très attractives
qui
ont pour effet de fixer les butineuses sur un terri- toire déterminé. On a pu montrerqu’en
semant àproximité
d’un Trèfle violet d’autresplantes
trèsmellifères,
on fixe les butineuseségalement
sur le Trèfle.Quant
à I,. N. BRAI:Es et à K. P.IsTOmnrrn-Tsv!TKOVa,
ils ont mis en évidence l’action attractive pour les Abeilles de panneaux réfléchissant les rayons ultra-violets émis par le soleil.I. A. KHALIFMAN
(Académie
Lénine des Sciencesagricoles
de l’U. R. S.S.)
apublié
un articleimportant
et trèscomplet
sur la «pollinisation
et lephénomène
d’hétérosis chez les
plantes
cultivéeso ( 1 ).
G. A. MAZOKHINE-PERCHNIAKOV
(Institut
deBiophysique
de l’Académie des Sciences de l’U. R. S.S. )
a montré que les Abeilles nedistinguent
pas les couleursjaune, orangé
et vert. Sur un fond de verdurenaturelle,
les Abeillesdistinguent
sur-tout les corolles des fleurs
bleues,
bleu clair et pourpresqui
réfléchissentbeaucoup
de rayons ultra-violets.
M. F. CHEMETKOV
(Institut
de Recherches horticoles deBiélorussie)
apoursuivi
ses recherches sur l’utilisation des Abeilles en serres comme
agents
depollinisation.
Tenant
compte
du fait que les Abeillesqui
butinent sur les concombres cultivés en serres récoltent lepollen
et le nectardisponibles
dès lespremières
heures de lajournée
il a pu laisser aux butineuses la
possiblité
de sortir librement hors des serres sansqu’il
en résulte une baisse d’activité sur les concombres. L’auteur a
constaté,
d’autrepart, qu’en
serre, les Abeilles ont tendance à butiner les fleurs en suivant une mêmerangée jusqu’à
sonextrémité ; après quoi,
ellespassent
à larangée
suivante. Cetteparticula-
rité
biologique permet
d’utiliser les Abeilles pour obtenir desgraines hybrides
àpartir
des différentes variétés de concombres.M. F. CHEMETKOVa étudié
également
une méthoded’osmo-guidage qui augmente
la récolte de 73 p. ioo ; elle consiste à nourrir les Abeilles avec unsirop
de sucre danslequel
ondépose
des fleurs mâles de Concombres fraîchement cueillies.Des
expériences
àgrande
échelle effectuées sur unesuperficie
de 10 540 haavec utilisation de 8 532 colonies
d’Abeilles,
ont confirmé les résultats obtenus par l’Institut de Recherchesapicoles
et ont montré que l’installation de ruches àproximité
de
champs
ensemencés enTournesol,
en Sarrasin et autrescultures, augmente
la récolte degraines
de 40à 45p. 100(N.
M.G!,usHKOV).
N. M. Gr,usriKOV et M. F. SCREBTSOV
(Institut
de Recherchesapicoles)
ontpoursuivi
leurs études sur l’accroissement du Cotonniergrâce
à lapollinisation
intensive par les Abeilles
(6,6
ruches àl’ha)
et ils ont obtenu les résultats suivants : la fécondation obtenue sur un terrain d’essai de 40 Ha a étésupérieure
de 16 p. 100 à celle dutémoin ;
lesupplément
de récolte a été évalué à c!2okg
de cotonbrut,
soit un
gain
de q.5,5 p. ioo. Les auteurs ont pu calculer quel’application
de lapollini-
sation intensive du Cotonnier
permettait d’obtenir,
rien que sur le territoire de la R. S. S.d’Ouzbekistan,
unsupplément
de 500ooo tonnes de coton brut.( 1
) Les lecteurs français on pu prendre connaissance de cet article dans la Revue française d’Apiculture ig6o, n° 168 et r7o.
A
signaler
encore le travail de N. D. SKREBTSOVA(Institut
de Recherchesapicoles)
sur l’utilisation des Abeilles pour
l’hybridation
desplantes
maraîchères.Il arrive souvent que dans
beaucoup d’exploitations
la flore mellifère soit insuf- fisante pour l’entretien des coloniesindispensables
à lapollinisation
desplantes
cultivées
entomophiles.
En se basant sur lamajorité
desexpériences
réalisées dans les kolkhozes et les sovkhozes dans les différentesrégions
naturelles de l’U. R. S. S.on a montré que des mesures pour améliorer la flore mellifère doivent être
prises
dans les cas suivants :
10
Lorsque
la flore mellifère naturelle est insuffisante pourpermettre
aux colo- nies d’amasser des réserves.2°
Lorsque,
entre les mielléesprovenant
deplantations
d’arbres et debuissons,
des arbresfruitiers,
de lavégétation
després
et descultures,
il y a despériodes importantes
sans récolte de nectar dont l’effet est de réduire la force des colonies oud’entraver leur
développement
normal.3
°
Lorsque manquent
les mielléesprécoces
deprintemps
ou les mielléestardives,
c’est-à-dire
lorsqu’il
est nécessaire de compenser par nourrissement une miellée médiocre pourpouvoir
récolterdavantage
de miel commercialisable et entretenir de fortes coloniescapables
depolliniser
efficacement lesplantes
cultivéesentomophiles.
G. V. KOPEL’KIEVSKII
(Institut
de Recherchesapicoles)
a recherché la solution de cesproblèmes
et il aproposé
de diversifier les cultures deplantes
mellifères dans le butd’organiser
la mielléeininterrompue.
L’auteur recommande pour lesrégions
centrales de la Russie
d’Europe
de semer à côté duSarrasin,
de laPhacélie,
du Mélilot blanc ou de laMoutarde ;
à côté du Trèfleviolet,
il conseille de semer du Trèflehybride,
duSarrasin,
de la Moutarde ou du Mélilot blanc. Dans lesrégions
duSud,
il convient de semer à côté duTournesol,
de laPhacélie,
du Coriandre ou du Mélilotblanc. A. N. MEi<NiCHENKO
(Université
deGorki)
aproposé
un schémad’organisation
d’une chaîne fleurs-nectarqui
a été mis enapplication
dans les kolkhozes deGorki,
Vinnitza et autres
régions
de l’U. R. S. S.Dans le but d’améliorer les ressources alimentaires des Abeilles sans y consacrer des terrains
spéciaux (cultures
de Phacélie ou deMélilot),
V. P. POLICHUX(Académie
des Sciences
agricoles d’Ukraine)
a semé sur 20ha,
dans larégion
deJitomir (Ukraine)
un
mélange
deLupin
et de Phacélie. Il a récolté 57,7kg
de miel en moyenne par ha.Des résultats
analogues
ont été obtenus par d’autresexploitations
de larégion ; ainsi,
le rucher de 200 colonies d’un kolkhoze arécolté, grâce
à 17o ha du mêmemélange,
deux foisplus
de miel par colonie que les ruchers des environs.I. K. SH!rTnr,a
(Institut d’Élevage de Kharkov)
recommande de semer du Méli-
lot blanc en mélange
avec divers Sorghos (So y ghum sorghum
et sovghum sudane J2 se),
ce
qui augmente
de 32 p. 100la récolte de la masse verte et de 21 p. 100la teneur enprotéines
dufourrage.
Cemélange constitue,
parailleurs,
une excellente ressourcemellifère.
Un travail
important
a été effectué par lesapiculteurs professionnels
afin d’étu-dier l’intérêt de la culture des différentes
plantes
mellifères en fonction de la nature des terrains et en fonction des climats de l’U. R. S. S.L’Apiculteur
kolkhozienS. F.
Jouxnv!!, (région
deTcherkask,
R. S. S.d’Ukraine)
a observé que les Abeilles butinaient très activement sur le Mélilot blanc semé enmélange
avec le Maïs. Lekolkhoze a
récolté, grâce
à cemélange,
500quintaux
de masse verte en moyenne parha,
alors que dans les cultures de maïsseul,
la récolte n’était que de 400quintaux.
Dans les
expériences
de V.J.
ANDREEV(Agronome
de la Station de contrôle des variétés de larégion
deKrasnodar),
le Mélilot blanc a fourni aux Abeilles une intéres-sante récolte tardive.
Les
apiculteurs professionnels
de larégion
de Riazan ontexpérimenté
la Phacé-lie,
à la fois comme ressource mellifère et commeengrais
vert. Dans les kolkhozes de larégion,
la Phacélie utilisée commeengrais
vert aaugmenté
de 5,7quintaux
à l’hala récolte de
Seigle.
A noter que de nombreux
apiculteurs professionnels qui
faisaient des essais avecdes
plantes
mellifères ont obtenu par desprocédés spéciaux agrotechniques
de trèsbons coefficients de
reproduction
des meilleuresplantes. Ainsi, l’apiculteur
kolkho-zien P. G. ToKAREVSKii
(région
deKiev), qui
avait reçu en195 6
de l’Institut de Recherchesapicoles
7o g de semences, a obtenu en deux ans i 100kg
degraines,
cequi
apermis
àl’exploitation
d’ensemencer 100 ha deplantes
mellifères.II. - L’AUGMENTATION DE LA PRODUCTIVITÉ ET DU RENDEMENT EN APICULTURE De nombreux chercheurs et
praticiens
ont continué des travaux sur lesquestions
de conduite des ruches et
d’élevage
des Abeilles. Des recherches surl’hivernage
sans
protections spéciales
ont été effectuées dans différentesrégions
de l’U. R. S. SAinsi,
V. N. Vl,assov(Station expérimentale d’Apiculture
deBachkirie)
en se basant.sur les
expériences
réalisées à sa station et sur les résultatspratiques
obtenus dans les kolkhozes et les sovkhozes a montré que les Abeilles de Bachkiriepeuvent
très bienpasser l’hiver sans
protection
extérieure contre le froid. Sous laneige
il se forme toutautour de la ruche une sorte de cheminée d’air d’une
épaisseur
de 16 à 20 cm dontla
température
se maintient à -2° à-6°pour-zoo
à -30° à l’air libre. Lesapiculteurs professionnels
F. G. ZOTINE(Apiculteur
kolkhozien de larégion
deGorki)
et G. GuvT(région
deKoktchetav,
R. S. S. deKazaquie)
sont arrivés aux mêmesconclusions ;
le second d’entre eux, dans les conditions
particulièrement
rudes du nord du Kazak-stan où les froids
atteignent
-q 5°pratique
toutefois laprotection
des ruches au moyen d’une couche de foin.M. F. SH!M!TKOV
(Institut
de Recherches horticoles deBiélorussie)
a étudiél’influence de la
qualité
de la nourriture surl’hivernage
des Abeilles : il a conclu que, dans lesrégions
de Biélorussie où le vol depropreté
des Abeilles en hiver estimpossible,
il faut
remplacer
le miel debruyère
par le sucre, cequi
améliore considérablementl’hivernage
et économise lesprovisions.
K. I. MII!IiaII,ov
(Institut
de Recherchesapicoles)
a réalisé sur 30 colonies desexpériences d’hivernage
des Abeilles sanspollen.
Il en résulte que les Abeilles hiver- nent mieux sanspollen ;
lespertes
hivernales sont moins fortes et il y a unecharge beaucoup
moinsimportante
del’ampoule
rectale.Toutefois,
au moment où l’on visite les ruches en find’hivernage,
on constate que les Abeillesqui
ont hiverné avecdu
pollen
ont élevé deux foisplus
de couvain que les autres ; le retard dans ledévelop- pement
des colonies se fait sentirpendant
tout l’été.Des
expériences
intéressantes sur lacomposition
del’atmosphère
interne des ruchespendant l’hivernage
ont été faites par G. F. TARANOV et K. I. MIxxaII,ov(Institut
de Recherchesapicoles).
Les auteurs sont parvenus à des conclusionsqui
diffèrent nettement de celles habituellement admises
jusqu’ici.
Ils ontconstaté,
eneffet,
que la grappe hibernante s’accommode très bien d’une ventilationréduite,
lapartie supérieure
des ruches étant maintenue au chaud et adroitementfermée ; pendant
l’automne etl’hiver,
il ne faut pas laisserpénétrer
des massesimportantes
d’air froid par le trou de vol.
G. F. ÏARANOV
(Institut
de Recherchesapicoles)
a aussi étudié lecomportement
de la colonie et la ventilation de la ruchependant
lestransports
et il a constaté que les Abeillesqui voyagent
avec desprovisions
peu acqueuses ne souffrent pas, tandis que cellesqui
n’ont à leurdisposition
que desprovisions
riches en eau(nectar frais) périssent
engrand
nombre si la ventilation est insuffisante. Il seproduit
dans ce casle
phénomène
suivant :l’organisme
des Abeilles accumule un excès d’eauqui
nepeut
pas être éliminé normalement par les
trachées,
faute deventilation ;
les trachées seremplissent
d’eau decondensation,
cequi
provoque la mort des Abeilles.N. I. DuBxov!VKO
(Institut
de Recherchesapicoles)
a étudié l’influence de la colonie éleveuse sur les Abeilles ouvrières. Au rucher de l’Institut on apréparé cinq paires
decolonies ;
danschaque paire,
une colonie était constituée d’Abeilles àlangue longue
et l’autre d’Abeilles àlangue
courte. Desfragments
de couvain ont été intervertis à l’intérieur dechaque paire
de ruches et on a montré que les caractères de la colonie éleveuse se retrouvent chez les Abeillesqui
ont subi unetransposition
à l’état de larves.
N. D. BURMISTROVA
(Institut
de Recherchesapicoles)
a étudié l’influence des dimensions et de la forme descupules d’élevage
sur lesqualités
de la reine obtenue.Dans les
cupules
de 10mm dediamètre,
laquantité
degelée royale présente
24heuresaprès
legreffage
était de 74,4 mg contre3 i,6
mg dans les cellules normales. Au bout de4 8
heures lesquantités
étaientrespectivement
de 272et2 6 4
mg. Les reines obte-nues
pesaient
144,75 mg à la naissance contre 137 mg dans les cellules normales. Le nombre des tubes ovariens était de 241 contre 197.Dans les différentes
régions
de l’U. R. S. S. on a continué les essais sur les colonieshybrides.
N. A. Sot,oDKOVe et P. GuB a(Station expérimentale d’Apiculture
de laR. S. S.
d’Ukraine)
ont travaillé sur r2g colonies dans lesrégions
deTchernigov,
Kiev et Poltava où les reines caucasiennes ont été
accouplées
avec des mâles de larace
locale,
le même nombre de colonies ont servi comme témoins. Les colonieshybrides
ont récolté 52,7 et 97 p. 100plus
de miel que les colonies témoins et, dansplusieurs
cas, laproductivité
des colonies a été 2à 3 fois celle des témoins. A. RATNIKOV(zootechnicien, région
deKalouga)
a donné les résultats obtenus dans r5 kolkhozes de larégion
deKalouga
où leshybrides
des Abeilles caucasiennesgrises
des monta-gnes avec la race locale ont récolté 2 à 3 fois
plus
de miel que les colonies de la racelocale pure. Ces
hybrides
butinent mieux sur le Trèfleviolet,
cequi augmente
larécolte de
graines.
Lesapiculteurs
S. I. RAK et I,. P. RYABOVA(région d’Orel)
ontrécolté en moyenne, pour
chaque
coloniehybride,
70kg
demiel,
tandis que la récolte des colonies témoins n’était que de 30kg.
Ils ont constaté aussi que les colonieshybrides
sontbeaucoup plus
actives sur le Trèfleviolet,
que leur travail estplus
intensepar
temps froid, qu’elles
sont d’humeurpacifique
et peu enclines àl’essaimage.
Au cours de l’année
10 6 0
a paru dans la revue « Pchelovodstvo o une résolution du Conseiltechnique
du Ministère del’Agriculture
de la R. S. F. S. R.qui,
se basantsur les
expériences
réalisées par l’Institut de Recherchesapicoles
et par les Stationsexpérimentales d’Apiculture,
constatent que les colonieshybrides
de la iregénération
(9
caucasiennegrise
desmontagnes
X mâles de racelocale)
fournissent une récolte de mielsupérieure
de 25 à 45 p. 100 à celle des Abeilles des races locales pures. LeConseil
technique
recommande cette méthoded’hybridation
pour les ruchers desrégions
du centre et du sud de la R. S. F. S. R. Dans lesrégions
duNord,
del’Oural,
et de la
Sibérie,
les colonieshybrides passent
mal l’hiver et, pour cetteraison,
ellesne sont pas recommandées.
N. M. GLUSHKOV
(Institut
de Recherchesapicoles)
a démontré que l’utilisation de ciregaufrée
à cellules de5 ,8 5
mm assurel’augmentation
dupoids
des Abeilles et de lacharge
utile dujabot,
cequi
élève de 10 à 20p. 100le rendement des coloniescomparativement
aux colonies dont les rayons sont construits sur une ciregaufrée
standard de 5,37 mm. Au
total, pendant
l’année ig5g,8 7 8
colonies d’Abeilles ont été transférées sur ciregaufrée
àgrandes
cellules etl’augmentation
de la récolte demiel a
été,
en moyenne, de8, 3 kg
par colonie.F. A. I,nvx!xxiN
(Université
deMoscou)
a fait des observations sur l’activité de vol des mâles. L’auteur constate que cette activité est maximum entre 14et 16 heu-res chez
Apis Mellifica
et, deux heuresplus tard,
chezApis
indica. Cetterégula-
rité a été observée dans la
région
de Moscou aussi bienqu’en
Extrême-Orient.G. D. BILASH
(Institut
de Recherchesapicoles)
a continué às’occuper
des pro- blèmes de l’amélioration des races locales d’Abeilles.E. D. BOZINA
(Institut pédagogique
deRiazan)
a étudiépendant sept
saisonsla sécrétion de la cire chez les Abeilles des différentes races : race locale du
Nord,
race du
Kouban,
race caucasiennegrise
desmontagnes
et,enfin,
italienneshybrides.
L’auteur constate que pour le
développement
desglandes
cirières et la vitesse deconstruction,
lapremière place
revient aux Abeillesitaliennes,
la seconde aux cauca- siennes.Ensuite,
viennent les Abeilles duKouban,
etenfin,
les Abeilles locales chezlesquelles
on observe un volumeplus grand
des cellules de mâles et uneplus
forteépaisseur
des rayons.Zh. K. MARKOSYAN
(Institut d’Agriculture
de la R. S. S.d’Arménie)
aprécisé
les caractères
morphologiques
des Abeilles arméniennesjaunes
etgrises.
Si l’on sebase sur les neuf caractères utilisés par
l’auteur,
onpeut
affirmer que les Abeillesjaunes l’emportent
sur lesgrises
sur de nombreuxpoints.
Les Abeilles des deux variétés sontpacifiques.
A. L.
DuL’KiN,
N. M. Pàxcxov et T. SYSOLYATINA(Université
del’Oural)
ontprécisé
les caractèresmorphologiques
de l’Abeille de d’Altaï. Ces Abeilles sont d’ungrand rendement, supportent
très bien l’hiverrigoureux
desmontagnes d’Altaï,
résistent bien aumaladies,
mais ont trèsagressives.
Des recherches pour élucider l’influence des
antibiotiques
sur les processusphysio- logiques
des Abeilles ont étéentreprises
par N. N. KuKS!rrxo(Université
deMoscou).
Il résulte des
expériences
sur le nourrissement des Abeilles avec unsirop
de sucreadditionné des différents
antibiotiques,
que cetteopération,
dans les conditions delaboratoire, abrège
invariablement la durée de vie desAbeilles ;
lesantibiotiques
exercent une influence stimulante sur la division des
hémocytes
etprovoquent
la réduction des dimensions des cellules.En étudiant l’état
physiologique
et la durée de vie des Abeilles d’automne et des Abeillesnosémosées,
E . A. POTEIKINA(Laboratoire apicole
de la Stationexpéri-
mentale
agricole
dePerm)
est arrivée à cette conclusion que la durée moyenne de vie des Abeilles infectées etqui
n’ont pas été nourrices est deux foisplus longue
que celle des Abeilles infectées du mêmeâge,
maisqui
ont éténourrices,
et une fois et demiplus longue
que celles des Abeilles saines etqui
ont été nourrices.Comme au cours des années
précédentes,
un certain nombre de chercheurs ont continué a travailler sur les méthodes nouvelles deprophylaxie
et de traitements des maladies des Abeilles.En étudiant le traitement de la Nosémose des
Abeilles,
N. S. Kurixov(Institut
de Recherches
apicoles)
a établi que l’onpeut augmenter
l’efficacité des traitements à lafumagiline
par l’utilisation de solvants convenables et parl’emploi
de sessels solubles dans l’eau. Il
recommande,
pour unecolonie,
50 à 100 mg( 400
00o à8 00 00
o
UI) de fumagiline
à dissoudre dans 5 à 10ml d’alcool et àmélanger
avec r 1de
sirop
de sucre( 1/1 ).
La dose est à administrerquatre
fois à une semaine d’intervalle.Dans la lutte contre la
loque européenne,
N. S. KULIKOVet M. N. AKRAMOVSKI(Institut
de Recherchesapicoles)
ontproposé
depulvériser
les rayons contenant du miel et dupollen
avec de la biovétinequi
contient de labiomycine
et de la vitamineB 12’ La
pulvérisation
doit être faite trois fois à 5jours
d’intervalle à la dose de 5 à iomg par colonie. Dans lesexpériences
réalisées sur 2icolonies,
laguérison
seproduisit
dès le 3e
jour
suivant la dernièrepulvérisation.
N. S. KULIKOV
(Institut
de Recherchesapicoles)
aemployé
en traitement de laloque européenne
des solutions aqueusesd’antibiotiques
et de sulfamides. Avant letraitement,
on enlève pour les refondre les rayons foncéesportant
du couvain conta-miné d’une manière intensive. Les rayons contenant moins de 10larves infectées sont laissés en
place ; après quoi,
onprépare
la solution médicamenteuse que l’on amène à37 °
et que l’onpulvérise
sur les rayons des deuxcôtés,
ycompris
tout le couvain.On
opère
au-dessus de laruche,
sans secouer les Abeilles. Le traitement est fait trois fois à 5 ou 7jours
d’intervallependant
lesjournées
tièdes. Dans desexpériences portant
sur 73colonies,
uneguérison
à 100p. 100fut obtenue dès la3 e pulvérisation.
A. K. BoiKo
(Station expérimentale d’Apiculture d’Ukraine)
a conduit une vasteexpérience
de désinfection des rayons parl’anhydride
sulfureux. Il a montré que le traitementrépété quatre
fois dans despiles
de six corps de ruches enatmosphère
humide détruit la totalité des spores de
Noséma,
sansgêner
l’utilisation ultérieure des rayons par les Abeilles et sans nuire audéveloppement
du couvain.V. S. SAMYCTIKINA
(Institut
de Recherchesapicoles)
acomparé
différentsmédicaments utilisés contre l’Acariose. Elle a constaté que le
produit
leplus
efficaceest le « Folbex » administré huit fois à 6
jours
d’intervalle. D! bons résultats ont été obtenus avec leliquide
de Frow et lemélange
à base denitrobenzène,
mais ces pro- duits sontinflammables, toxiques
pour les Abeilles et lecouvain,
etprovoquent
lepillage.
Le médicamenttchécoslovaque
« BEF» (formiate d’éthyle
enmélange
avecdu
benzène)
utilisé à la dose de 200 ml par colonie est moins efficace avec seulement 55 à 6o p. 100deguérisons.
Leproduit
le moins efficace a été lesalycilate
deméthyle.
Nous terminerons notre brève revue par l’étude des
propriétés
médicinales de lagelée royale.
Comme au cours des années
précédentes,
l’Institut de Recherchesapicoles
acontinué en
10 6 0
laproduction
du médicamentappelé Apilacum
destiné auxrecherches
cliniques.
Les essais de l’activitéthérapeutique
de ce médicament ont été conduites dans z3cliniques
et chaires médicales des instituts de médecine et de l’Aca- démie des Sciences médicales.Une étude
expérimentale
de l’action de lagelée royale
sur lesglobulines
a étéréalisée par la chaire de
Pathophysiologie
de l’Institut de Médecine de Iaroslav et une étudeclinique
par laClinique thérapeutique
de l’Institut de Médecine de Riazan.Ces travaux ont mis en évidence une
parfaite
coordination de la théorie et de la pra-tique.
Il convient de noter tout
particulièrement
une communication de la Chaire deThérapeutique clinique
et dePharmacologie
de l’Institut de Médecine de Riazanqui
a ouvert la voie aux recherches sur l’action de lagelée royale
sur les vaisseauxsanguins.
Il fautégalement
noter une communication de laclinique
du basâge
del’Institut de Pédiatrie de l’Académie des Sciences médicales de l’U. R. S. S. sur l’effi- cacité de
l’Apilacum
dans les cas graves et les formescomplexes
dedérangement
alimentaire chez les enfants. A noter,
enfin,
les communications de l’Institut deCosmétologie
médicalequi
montrent lespossiblités
d’utilisation de lagelée royale
comme stimulateur
biogénique
dans les affectionsépidermiques
de la face.Notre bref aperçu sur les travaux
publiés
eni 9 6o
n’a pas laprétention d’englober
toutes les recherches
scientifiques
réalisées dans le domaineapicole
en U. R. S. S.Un
grand
nombred’expériences
sont en coursqui
demanderont encore des vérifi- cations et descompléments d’expérimentation
avant d’êtrepubliées.
Le Conseil de Coordination des Recherches
scientifiques apicoles,
crééauprès
de l’Académie des Sciences
agricoles
de l’U. R. S.S., dirige
dans une certaine mesureles activités des laboratoires. Ce conseil
organise
des conférences et des réunions de chercheursqui
ont pour but de dresser le bilan des travaux réalisés et de fixer les programmes de travail. C’est en se basant sur les résultats de ces réunions et de cesconférences que le Conseil élabore
périodiquement
leplan général
des travaux derecherches
apicoles
en U. R. S. S.Reçu pour
j!ublication
enjanvier
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