Suites r´ ecurrentes, approximations
1 Suites r´ ecurrentes
1.1 Visualisons un premier exemple
# u04
un 1 thu2n@nP N
1.2 D´efinitions, rappels
D´efinition. Unesuite r´ecurrente est une suite d´efinie par une relation du type (o`uf est une fonction r´eelle) :
# u0 P R
@nP N, un 1fpunq
D´efinition. Soit I un intervalle etf : R Ñ R. On dit queI estun intervalle stable par f si et seulement si fpIq I
D´efinition. Soitf : I Ñ R. On dit quef estcontractantesurI si et seulement sif estk-lipschitzienne, avec kP r0,1r, c’est-`a-dire :
D0¤k 1 t.q.@px, yq PI2, |fpyq fpxq| ¤k|yx|
Rappel.
D´efinition. Soit f : I Ñ R. On dit queαPI est unpoint fixe def si et seulement si : fpαq α Rappel.
Remarque.
M´ethode – 1`ere ´etape (commune `a toutes les m´ethodes). On montre que la suite est bien d´efinie et on cherche un intervalle stable par f o`u sont tous les termes de la suite.
On r´esout dans cet intervalle l’´equation fpxq x pour chercher les «limites-candidates ». Remarque.
1.3 Cas o`u f est contractante.
M´ethode 1 (cas o`u f contractante). Dans le cas o`u : ãÑ I est un intervalle ferm´e stable par f etu0 PI ãÑ f est k-contractante surI
ãÑ f admet un point fixe `PI Alors
ãÑ Une premi`ere r´ecurrence [imm´ediate] permet d’affirmer que la suite punqnPN est bien d´efinie, et que ses termes restent dansI.
ãÑ Une seconde r´ecurrence [facile] permet d’affirmer que : @nP N, |un`| ¤kn|u0`| ãÑ On peut donc conclure par le th´eor`eme de convergence par encadrement que unÝÝÝÝÑ
nÑ 8 `.
Remarque.
Remarque.
1.4 Cas o`u f est croissante
M´ethode 2 (cas o`u f est croissante). Dans le cas o`u : ãÑ I est un intervalle stable par f etu0 PI
ãÑ f est croissante sur I ãÑ f admet un point fixe `PI Alors
ãÑ On montre que punqn est bien d´efinie, et que unPI @n.
ãÑ On montre que punqn est monotone (en utilisant le signe de fpxq x ou en comparantu0 et u1 et en faisant une r´ecurrence)
ãÑ On regarde si punqn est major´ee (ou minor´ee) donc convergente.
ãÑ On sait donc l’existence de la limite que l’on d´etermine parmi les limites-candidates (quitte `a pr´eciser un peu. . . )
1.5 Cas o`u f est d´ecroissante
M´ethode 3 (cas o`u f est d´ecroissante). Dans le cas o`u : ãÑ I est un intervalle stable par f etu0 PI
ãÑ f est d´ecroissante sur I ãÑ f admet un point fixe `PI Alors
ãÑ On montre que punqn est bien d´efinie, et que unPI pour toutn.
ãÑ On montre que les suites extraites pu2pqpPN etpu2p 1qpPN sont monotones de monotonies oppos´ees ãÑ On ´etudie ces deux suites simultan´ement comme au §1.4
Remarque.
1.6 Exemples
1.6.1 Exemple avec f contractante
Exemple.
#u0 P R
@nP N, un 1 3?π3cosun
1.6.2 Exemple avec f croissante
Exemple.
# u0 P R
@nP N, un 1 16pu2n 8q
Remarque.
1.6.3 Exemple avec f d´ecroissante
Exemple.
#u0 12
@nP N, un 1 1 2u2 n
1.6.4 Exemple o`u tout n’est pas toujours tr`es simple.
Exemple. Observer graphiquement le comportement de la suite d´efinie par :
#
u0 0,95
@nP N, un 1 1 u2
n
1.6.5 Exemple o`u tout peut ˆetre tr`es compliqu´e.
Exemple. Pour la suite d´efinie par la relation un 1 runp1unq, le nombres de «valeurs d’adh´erences » de la suite d´epend der, selon le diagramme suivant :
1.7 Utilisation de Maple
Calcul des termes successifs de punqnPN. Si l’on connaˆıt n et que l’on veut calculer un, on peut utiliser un proc´ed´e it´eratif.
> f := x -> f(x);
> u := u0;
> for k from 1 to n do
u := f(u):
od:
u;
Calcul des termes successifs de punqnPN. On peut utiliser@@qui permet de composer une fonctionnfois avec elle-mˆeme. Ainsi on obtiendra un avec l’instruction suivante :
> f := x-> f(x);
> (f @@ n)(u0);
Repr´esentation d’une suite r´ecurrente. On aura int´erˆet `a utiliser l’instruction display de la biblioth`eque plots. L’id´ee est de repr´esenter sur un mˆeme graphe la courbe def, la premi`ere bissectrice, et la ligne bris´ee joignant les points de coordonn´eespun, un 1q,pun 1, un 1q.
Repr´esentation d’une suite r´ecurrente.
> f := x -> f(x);
> with (plots):
> A := plot(f, a..b, c..d, scaling=constrained):
> B := plot(x -> x, a..b, color=black):
> u := u0: L := [u,0]:
> for k from 1 to n do
L := L, [u,f(u)], [f(u),f(u)];
u := f(u):
od:
> C := plot([L], color=green):
> display([A,B,C]);
2 M´ ethodes d’approximations
2.1 Approximation de racine carr´ee
Probl`eme. Donner une valeur approch´ee de ?
aen n’utilisant que des calculs fractionnaires.
M´ethode de H´eron. On consid`ere la suite d´efinie par :
u0 ¡0 et @nP N, un 1 1 2
un
a un
Alors punqn converge vers ? a.
Majoration de l’erreur.
Exemple. Approximer?
2 aveca2 et u0 32. Algorithme.
2.2 M´ethodes de dichotomie
Probl`eme. Etant donn´´ ee une fonction continue strictement monotone f sur ra, bs, telle que fpaqfpbq 0, il existe un unique z´ero def, c’est-`a-dire une uniqueαP ra, bstel quefpαq 0. On cherche une valeur approch´ee de α.
M´ethode de dichotomie. On pose m a b2 . L’´etude du signe defpmq permet de situerα par rapport `a m, donc dans ra, ms ou dansrm, bs.
On recommence en rempla¸cant pa, bq parpa, mq oupm, bq selon le cas.
A chaque ´` etape, αP ra, bs. Remarque.
Majoration de l’erreur.
Algorithme.
> dichotomie1 := proc (f, a0, b0, epsilon) local a, c, b;
b := max (b0, a0);
a := min (a0, b0);
while (b-a) > epsilon do c := (b+a)/2;
if f(a)*f(c)<0 then b := c
else a := c fi;
od;
a;
end:
Remarque.
Algorithme.
> dichotomie := proc (f::procedure, a0::realcons, b0::realcons, epsilon::realcons) local a, c, b, i;
Digits := floor (-log(epsilon)+3);
b := evalf (max (b0,a0));
a := evalf (min(a0,b0));
if f(a)*f(b)>0 then
"Y a-t-il vraiment un z´ero entre a et b ?"
else
for i while (b-a) > epsilon do c := (b+a)/2;
if f(a)*f(c)<0 then
b := c else
a:=c fi;
od;
[a,i];
fi;
end:
> dichotomie (x -> tan (x) + x - 2 , 0.4, 1.5, 10^(-10));
[0.85353011387051083147525789, 35]
2.3 M´ethode de Newton-Raphson
Probl`eme. Mˆeme probl`eme que pr´ec´edemment, dans le cas o`u f est d´erivable, etf1 ne s’annule pas.
M´ethode de Newton-Raphson. On donnex0.
On construit par r´ecurrence la suitepxnqn en posant :xn 1 xn ff1ppxxnnqq. Si
ãÑ f est C2 sur ra, bs ãÑ f s’annule sur ra, bs
ãÑ f1 ne s’annule pas surra, bs ãÑ f2 ne s’annule pas surra, bs ãÑ fpx0qf2px0q ¡0
alors pxnqn converge vers `satisfaisant fp`q 0.
Estimation de l’erreur. Avec les notations pr´ec´edentes,
@nP N, |xn 1α| ¤ M2
2m1|xnα|2 o`uM2 etm1 satisfont :
Algorithme.
> newton := proc (f::procedure, a::realcons, b::realcons, epsilon::realcons) local u, v, f1, f2, i;
Digits := floor (-log(epsilon)+3);
f1 := D(f);
f2 := D(f1);
u := evalf((a+b)/2);
v := u - f(u)/f1(u);
if f(u)*f2(u) < 0 then
"N'entre pas dans le cadre de cette procedure"
else
for i to 10000 while abs(v-u) > epsilon do
u := v;
v := u - f(u)/f1(u);
od;
if i >= 10000 then
"D´esol´e, l'algorithme ne converge pas"
else [v,i]
fi;
fi;
end:
> newton(x-> tan (x) + x - 2, 0.4, 1.6, 10^(-10));
[0.85353011389459284349244213, 5]
Remarque.
3 Suites r´ ecurrentes lin´ eaires du second ordre ` a coefficients constants
D´efinition. On appellesuites r´ecurrentes lin´eaires du second ordre `a coefficients constantsles suites punqnPN telles qu’il existepa, bq P K2 tel que :
#
u0, u1 donn´es dans K
@nP N, un 2aun 1 bun pEq D´efinition. On appelle´equation caract´eristiquel’´equation r2arb0
R´esultat – 2 racines distinctes. Si l’´equation caract´eristique admet deux racines distinctes r1 et r2 dans K alors toute suite satisfaisant pEq a un terme g´en´eral de la forme :
unλpr1qn µpr2qn
On d´etermineλetµ`a partir de u0 etu1
R´esultat – 1 racine double. Si l’´equation caract´eristique admet une racine double r dansK, alors toute suite satisfaisant pEq a un terme g´en´eral de la forme :
unλrn µ nrn
On d´etermineλetµ`a partir de u0 etu1
R´esultat – K R, racines complexes conjugu´ees. SiK R et ∆ 0, on note r ρeiθ une racine complexe de l’´equation caract´eristique. L’autre est r ρeiθ. Alors toute suite satisfaisant pEq a un terme g´en´eral de la forme :
unρnpλcosnθ µsinnθq On d´etermineλetµ`a partir de u0 etu1
Preuve.
Remarque. Dans le troisi`eme cas, on peut transformer cette ´ecriture en unρn Acospnθ Bq .
Preuve.
Exemple.
#
u0 0, u1 1
@nP N, un 2 un 1 un Exemple.
#
u0 1, u1 9
@nP N, un 2 un 114un
Exemple.
#
u0 0, u1 1
@nP N, un 2 2un 14un
4 Compl´ ement : Cas des suites r´ ecurrentes affines du premier ordre ` a coefficients constants
D´efinition. Il s’agit des suites punqnPN telles qu’il existepa, bq P K2 tel que :
@nP N, un 1aun b R´esultat.
(a) Sia1, c’est une suite arithm´etique de raisonb.
(b) Si a 1, on se ram`ene `a une suite g´eom´etrique en prenant λP K (`a choisir ult´erieurement) et pvnqnPN
d´efinie par :
@nP N, vnun λ On a alors@nP N :
vn 1 un 1 λ
aun b λ
apvnλq b λ avn p1aqλ b
En posant λ b
a1, on voit quepvnqnPNest une suite g´eom´etrique de raison a. On a donc@nP N, vn anv0 et donc :
@nP N, unan
u0 b
a1
b
a1
5 Compl´ ement : Cas des suites homographiques.
D´efinition. On appellesuite homographiqueune suite d´efinie par la relation de r´ecurrence :
@nP N, un 1 aun b
cun d
o`uc0 et adbc0.
Remarque.
• Il est difficile en g´en´eral de montrer qu’une telle suite est bien d´efinie. Il faudrait s’assurer que pour tout
n,un d
c.
• L’´equation x ax bcx d permettant de rechercher les seules candidats-limites est ´equivalente `a cx2 pd aqxb0, qui poss`ede z´ero, une ou deux racines r´eelles.
Etude.´
• S’il n’y a pas de racine r´eelle, alors la suite ne peut pas converger.
• S’il y a une racine r´eelle double`, c’est l’unique candidat-limite. Si un prend la valeur` pour un certain n, on montrer par r´ecurrence imm´ediate qu’elle est constante ´egale `a ``a partir de ce rang.
Sinon, on remarque alors que la suite d´efinie par :
vn 1
un`
est une suite arithm´etique de raison a d2c 0 (faire le calcul), qui diverge donc vers 8. Il suit que la suitepunqnPN, si elle est d´efinie, converge vers `.
• S’il y a deux racines r´eelles α et β. Si un prend la valeur α ou β pour un certain n, on montre par r´ecurrence imm´ediate qu’elle est constante ´egale `a cette valeur `a partir de ce rang.
Sinon, on remarque que la suite d´efinie par :
vn unα unβ
est une suite g´eom´etrique de raison cα dcβ d (faire le calcul). L’´etude de la convergence de pvnqnPN permet alors de d´eduire celle depunqnPN.
Remarque. L’article http: // www. dma. ens. fr/ culturemath/ maths/ pdf/ analyse/ homographies. pdf ex- plique pourquoi cette m´ethode permet d’´etudier les suites homographiques.
Suitesr´ecurrentesd’ordre1 21.1 132´ Etudierlasuited´efiniepar:uet@nPNuu0n1n 216 suitesrecurrentes_1.tex 21.2
´ Etudierlasuited´efiniepar: b 12uPs1,8ret@nPNupu7uq1suitesrecurrentes_3.tex0n1nn2 21.3Discuterselonuet´etudierlasuited´efiniepar:uet@nP00 Nulnp12uqsuitesrecurrentes_4.texn1n 21.4
´ Etudierlasuited´efiniepar:@nPNulnpu3qdansn1n lecaso`uu0,puisdanslecaso`uu5.Illustrergraphiquement.00 suitesrecurrentes_8.tex 21.5
´ Etudierlasuited´efiniepar:u¡0et@nPNu0n1 1 u1suitesrecurrentes_16.texn un 21.6
3 ´ Etudierlasuited´efiniepar:uPRet@nPNu0n122u1n suitesrecurrentes_5.tex 21.7 6 ´ Etudierlasuited´efiniepar:u¥0et@nPNu0n122un suitesrecurrentes_15.tex 21.8
´ Etudierlasuited´efiniepar:u eet@nPNu0n1 lnpeuqsuitesrecurrentes_9.texn un121.9Soitlasuited´efiniepar:uPRet@nPNue0n
´ Etudierlaconvergencedecettesuiteenutilisantunaccroissementfini. suitesrecurrentes_11.tex 21.10Soitlasuited´efiniepar: b 2 uPr0,2set@nPNuu2u40nn1n1 ? (a)Montrerquepourtoutn¥1,uPr3,2s.n (b)Montrerquepourtoutn¥2: 1 ?|u2|¤|u2|nn1 3 (c)End´eduirelaconvergencedepunqnPN. suitesrecurrentes_10.tex 21.11
6 ´ Etudierlasuited´efiniepar:u¥0et@nPNu0n122un suitesrecurrentes_15.tex 21.12
´ Etudierlasuited´efiniepar:uPr0,1set@nPNu0n1 sin2usuitesrecurrentes_14.texn 21.13
´ Etudierlasuited´efiniepar:u¡0et@nPNu0n1 2 u3n 2pu1qn
suitesrecurrentes_17.tex 21.14Soitlasuited´efiniepar:u1¡0et@nPN un1un 1nu2 n
´ Etudierlamonotoniedecettesuite,puissaconvergence.suitesrecur- rentes_12.tex ´ E21.15SoitaPC.tudierlasuitecomplexed´efiniepar: zn zPCet@nPNz0n1 azn suitesrecurrentes_2.tex 21.16
2´ Etudierlasuited´efinieparuaPRet@nPN,uu.0n1n suitesrecurrentes_25.tex Suitesr´ecurrenteslin´eairesd’ordre2 21.17SoitaPR.Exprimerletermeg´en´eraldelasuited´efiniepar: u,uPRet@nPNup2aqupa1qusuitesrecurrentes_6.tex01n2n1n 21.18
´ Etudierlasuited´efiniepar:0 u uet@nPNu01n2 ? uusuitesrecurrentes_7.texn1n 21.19SoitθPs0,πrfix´e.Exprimerletermeg´en´eraldessuitespuqnn satisfaisantlarelationder´ecurrence: 1 @nPN,upcosθquu1n2n1n 4 suitesrecurrentes_22.tex
21.20D´eterminerlessuitesr´eellespunqnsatisfaisant: # u01,u11 @nPN,un2un11 2un suitesrecurrentes_30.tex 21.21D´eterminerlessuitesr´eellespunqnsatisfaisant: # u02,u11 @nPN,un2un11 4un suitesrecurrentes_31.tex Approximations 21.22 (a)Montrerquesinπ 18estl’uniquesolutiondans 0,1 3 dex 4 3x31 6. (b)Onconsid`erelasuited´efiniepar: u00et@nPN,un14 3u3 n1 6 Montrerquepunqnconvergeverssinπ 18. (c)End´eduireunevaleurapproch´eedesinπ 18`a106 pr`es. suitesrecurrentes_21.tex 21.23Onconsid`erel’´equationlnxx0d’inconnuex¡0. (a)Montrerquel’´equationposs`edeuneuniquesolutionα. (b)Former,parl’algorithmedeNewton,unesuiter´ecurrenter´eelle punqnconvergeantversα. suitesrecurrentes_23.tex