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Sur la largeur propre des raies d'électrons de conversion

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00235214

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235214

Submitted on 1 Jan 1955

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Sur la largeur propre des raies d’électrons de conversion

Manuel Valadares

To cite this version:

Manuel Valadares. Sur la largeur propre des raies d’électrons de conversion. J. Phys. Radium, 1955,

16 (7), pp.542-544. �10.1051/jphysrad:01955001607054200�. �jpa-00235214�

(2)

542.

SUR LA LARGEUR PROPRE DES RAIES D’ÉLECTRONS DE CONVERSION

Par MANUEL VALADARES,

Laboratoire de l’Aimant Permanent, C. N. R. S., Bellevue.

Summary.

-

The relation which exists between the width of conversion lines and the width of X-ray absorption discontinuities is discussed.

The knowledge of the natural width of conversion lines could contribute to the solution of

a

certain number of problems that

are

indicated.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME 16, JUILLET 1955,

L’étude expérimentale des discontinuités d’ab-

sorption des spectres de rayons X a permis de déter-

miner directement, malgré les difficultés de l’expé-

rience, la largeur de certains niveaux d’absorption

d’éléments de numéro atomique élevé. Ainsi Richt- myer, Barnes et Ramberg ont étudié (1934) la lar-

geur des niveaux d’absorption L de l’or, en employant

un spectrographe à double cristal.

Fig.

i.

La figure 1 reproduit les courbes de ces auteurs pour les niveaux LI et L,I ; en abscisses sont indi- quées les longueurs d’onde À et, en ordonnées, les coefficients d’absorption li. correspondant à chaque longueur d’onde. On obtient la largeur 1 du niveau correspondant par l’emploi de la formule

Nous avons représenté sur la même figure une

courbe correspondant à l’absorption dans la couche K

de l’or; mais nous devons ajouter que cette courbe

n’est pas expérimentale; elle est déduite indirec- tement de la largeur des raies du spectre K de l’or,

en admettant, avec Weisskopf et Wigner (1930),

que la largeur d’une raie K est égale à la somme des largeurs du niveau K et du niveau d’ionisation de l’état final de la transition.

Fig. 2.

La figure

i

met en évidence la difficulté que com-

porterait la recherche expérimentale de la largeur

du niveau K si l’on remarque que la discontinuité K de l’or se place dans la région due 150 UX très difficile à explorer.

Cette figure pourrait peut-être induire en erreur

en ce qui concerne les largeurs relatives en énergie

des niveaux K et L; c’est pour cela que nous avons

cru utile de reproduire les mêmes données expéri-

mentales dans la figure 2, en représentant mainte- nant, en abscisses, les énergies des rayonnements X

considérés.

La justification théorique des ordres de grandeur

des rapports des largeurs de niveaux a été donnée

par Margeneau (1935).

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01955001607054200

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543

Étant donné la difficulté d’aborder expérimenta- lement, par diffraction cristalline, l’étude de la discontinuité K, on serait tenté de recourir à l’effet photoélectrique pour effectuer cette déter- mination. En effet, on pouvait concevoir une expé-

rience réalisée avec un faisceau correspondant à

une raie spectrale de rayons X et dans laquelle on

étudierait la largeur des groupes de photoélectrons expulsés. On aurait alors des groupes de photo-

électrons dont la largeur serait une fonction de la

largeur du rayonnement X et des largeurs des

niveaux d’où proviennent les photoélectrons. Dans

ce cas, comme l’énergie des électrons du groupe K

est plus faible que l’énergie des groupes L, il n’y

aurait pas lieu de craindre les difficultés de la spec-

trographie cristalline. Pourtant, une telle expé-

rience n’a jamais été tentée parce que la dispersion

introduite dans le faisceau de photoélectrons, due

à l’épaisseur de la cible, est telle que le phénomène de largeur naturelle serait tout à fait caché. C’est-à-dire, pour que l’expérience puisse réussir, il faudrait avoir une couche extrêmement mince et, à la fois,

un effet photoélectrique suffisant pour que le phé-

nomène puisse être observé. Pour remplir ces condi- tions, il faudrait recourir au phénomène de conversion interne. En effet, on peut alors disposer de sources pratiquement sans matière et

-

avantage supplé-

mentaire

-

la largeur des raies y est pratiquement négligeable vis-à-vis des largeurs des niveaux du

cortège électronique.

Il était, par conséquent, à prévoir que lorsqu’on pourrait perfectionner suffisamment la spectrogra- phie des électrons de conversion on arriverait à

mesurer les largeurs des différents niveaux de conversion.

Pourtant, historiquement, ce n’est pas un raison- nement de ce type qui a conduit à l’observation du

phénomène; celle-ci a été le résultat des perfection-

nements techniques successivement introduits, par l’École Suédoise, dans la spectrographie magné- tique p. Ainsi, Lindstrôm a été le premier (Ig52) à

constater que la largeur de la raie F (conversion

en K) était plus grande que celle de la raie 1 (conver-

sion en LI) du spectre d’électrons de conversion du Th B. Ce résultat a été contrôlé postérieurement

et étendu à d’autres raies du même spectre par Slâtis et Lindstrôm. La figure 3 reproduit l’analyse micro- photométrique de trois raies de ce spectre effectuée

par ces auteurs; on y voit que les raies G et K cor-

respondant à la conversion en K sont plus larges

que la raie Ia correspondant à la conversion en Lu.

C’est à Kaï Siegbahn qu’on doit l’interprétation

de cette différence de largeur considérant qu’elle

est une conséquence de la largeur propre à chaque-

niveau du cortège électronique, comme il ressort des raisonnements ci-dessus.

On peut prévoir d’ores et déjà quelques applica-

tions importantes résultant de la mesure de la largeur

des raies d’électrons de conversion :

10 Pour le classement des raies des spectres

d’électrons de conversion. Un exemple sufl’ira à démontrer l’intérêt d’une pareille étude; bien que le spectre du Th B + C ait été un des plus étudiés parmi les spectres des radioéléments naturels, on

trouve encore dans ces spectre 26 raies (sur un total

de 87) qui n’ont pas pu être interprétées d’une façon sûre. Or, si l’on arrive à mesurer la largeur de

ces raies, on pourra immédiatement les classer

F’ig, 3.

d’après leurs niveaux d’origine. D’autre part, on

pourra contrôler si certaines raies qui ont été inter- prétées comme correspondant à une double conver-

sion présentent, en conséquence, une largeur anor- male ;

20 pour distinguer les raies d’effet Auger des raies

de conversion de rayonnements y. En effet, une raie d’effet Auger correspondant, par exemple, à

la transition K -->- LL fait intervenir la largeur de

trois niveaux du cortège électronique et elle doit présenter, par conséquent, d’une façon générale,

une largeur propre différente de celle d’une raie de conversion y.

Cette étude contribuera non seulement à l’inter-

prétation des spectres d’électrons, mais pourra

encore nous fournir des renseignements importants

sur l’effet Auger, surtout en ce qui concerne la

couche L, couche pour laquelle on possède très peu de données expérimentales;

30 pour mesurer la largeur des différents niveaux du cortège électronique. En effet, si l’on choisit convenablement les transmutations à étudier, on

pourra déterminer les largeurs K, L, M,

...

en employant des raies de faible énergie. Par exemple,

si l’on veut déterminer la largeur du niveau K

de Z = 86 on pourra choisir la transmutation radium

-+

radon; dans cette transmutation il y a

émission d’un rayonnement y de I86 keV, auquel correspond une raie de conversion K de 88 keV

placée dans un domaine d’énergie dont l’étude n’est

pas particulièrement difficile.

Parallèlement il semble qu’on devrait reprendre

l’étude expérimentale des largeurs des discontinuités

d’absorption de rayons X. En effet, l’expérience a

(4)

544

montré, notamment dans les ’cas de l’étude de la forme et de l’intensité des bandes satellites des

spectres L et des largeurs des raies des spectres K, que le spectrographe à transmission du type Cauchois

est un instrument beaucoup plus puissant que le

spectrographe à double cristal. Il est à prévoir, par

conséquent, qu’une nouvelle étude des disconti- nuités d’absorption des éléments de numéro atomique

élevé par spectrographe à transmission puisse

conduire à des résultats intéressants dans un domaine

qu’on peut considérer encore aujourd’hui comme inexploré.

Intervention de Mme Joliot-Curie.

-

Peut-on pré-

voir théoriquement la largeur des raies Auger ? Réponse de M. Valadares.

-

On prévoit que les raies Auger seront plus larges que les raies de conver..

sion du fait .que dans leur émission interviennent trois couches électroniques.

BIBLIOGRAPHIE.

BURHOP. 2014 The Auger Effect., Cambridge University Press., 1952, p. 84.

LINDSTRÖM.

-

Arkiv Fysik, 1952, 4,

1.

MARGENAU. 2014 Phys. Rev., 89, 47, 1935.

RAMBERG et RICHTMYER. 2014 Phys. Rev., 1937, 51, 913.

RICHTMYER et RAMBERG. 2014 Phys. Rev., 1937, 51, 925.

RICHTMYER, BARNES et RAMBERG. 2014 Phys. Rev., 1934, 46, 843.

SLÄTIS et LINDSTRÖM.

-

Phys. Rev., 1952, 88, 1429.

SLÄTIS.

2014

Arkiv Fysik, 1953, 6, 415.

WEISSKOPF et WIGNER. 2014 Z. Physik, 1930, 63, 54.

Références

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