• Aucun résultat trouvé

Les largeurs des raies de conversion

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Les largeurs des raies de conversion"

Copied!
5
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00235215

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235215

Submitted on 1 Jan 1955

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Les largeurs des raies de conversion

Milorad Mladjenović

To cite this version:

Milorad Mladjenović. Les largeurs des raies de conversion. J. Phys. Radium, 1955, 16 (7), pp.545-548.

�10.1051/jphysrad:01955001607054500�. �jpa-00235215�

(2)

LES LARGEURS DES RAIES DE CONVERSION

Par MILORAD MLADJENOVI0106,

Institut de recherches nucléaires, Belgrade.

Summary.

-

Measurements of the width of the principal lines of the internal conversion spectrum

of Ra B. Examination of the factors which could give the conversion lines widths different than those obtained by X-ray analyses.

16, JUILLET 1955,

C’est en faisant les mesures précises de l’énergie

des raies des conversions F et I de ThB par un

spectromètre semi-circulaire magnétique, que G. Lindstrom [1] a observé une différence de largeur

entre la raie F (conversion en couche 7Q et la raie I (conversion en couche L), la raie F ayant une lar-

geur de 0,14 pour I00 alors que la raie I avait la

largeur de 0,I0 pour I00. La différence de o,04 pour t o0

correspond à 105 eV. Ceci fut confirmé par les

mesures faites par H. Slatis [2] avec un , spectro- mètre g à aimant permanent, qui a trouvé que les autres raies de conversion en couche K, les raies G et H de Th B sont plus larges que la raie Ia convertie dans la couche L,I, de 0,027 et o,o2g pour 100 res-

pectivement. -

Ces résultats furent présentés, par K. Siegbahn

à la Conférence de radioactivité p et y à Amsterdam,

et c’est alors que M. Deutch suggéra que ces diffé-

rences sont de l’ordre de grandeur des largeurs des

niveaux K des atomes. K. Siegbahn [1] a ensuite

trouvé que les largeurs des raies de conversion K sont de même grandeur que les largeurs des raies Kx

des rayons X.

L’auteur a étudié les largeurs des raies de conver-

sion interne de RaB, avec le spectromètre à focali-

sation double de l’Institut Nobel [3].

La figure 1 montre schématiquement le spectro-

mètre avec l’appareillage adjoint. Puisque la période

de RaB est courte, on s’,est servi d’un spectromètre

à cristal de NaI(Tl) comme moniteur. D’autre part,

on a employé un compteur Geiger-Muller double

pour réduire le bruit de fond qui est élevé à cause

de la présence de radon et RaB dans la chambre du

spectromètre. Le moniteur et le compteur Geiger-

Müller ont été connectés à un interrupteur qui permettait la mise en marche simultanée de deux circuits et la coupure automatique du circuit Geiger-

Müller par le moniteur lorsque celui-ci a enregistré

un nombre prédéterminé de coups.

Avec une source de dimensions 0, 2 I X 6 mm et

l’angle solide de 0,007 X 4, on a obtenu la réso- lution de o,043 pour I00.

La figure 2 montre les raies principales du spectre de conversion interne de RaB. Les intensités des raies ont été normalisées à la même hauteur. Les résultats montrent sans aucun doute que les. raies de conversion en couche K sont plus larges que les raies de conversion en couche L, qui ont une énergie

voisine de celle des raies K.

Fige.

Avant de- passer à une estimation quantitative

des différences de largeur.,il faut se rappeler que les

mesures ont été faites avec un spectromètre dont les pièces polaires sont en fer, ce qui a pour conséquence

que la géométrie du champ dépend de son intensité.

Le changement de la géométrie peut provoquer

un changement de la résolution. Il est très difficile de mesurer ce. changement. Pour cette raison, nous

ferons seulement une comparaison entre deux paires

de raies K et L très voisines l’une de l’autre, en réduisant ainsi au minimum l’erreur possible due

au changement de la résolution.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01955001607054500

(3)

546

On trouve alors que la différence des largeurs

des raies observées est pour la paire G-Ga égale

à 0,025 pour 10o et pour la paire H-Ha o,024 pour 100,

ce qui donne respectivement 88 et I04 eV.

Fig. 2.

Évidemment, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les largeurs des distributions observées, mais les largeurs des distributions vraies. Il faut trouver la vraie distribution f(x) à partir d’une distribution instrumentale g(x) et résoudre l’équation

Si les distributions ont la forme d’une courbe de Gauss ou d’une courbe de dispersion, cette équation peut être résolue analytiquement. Les

courbes expérimentales ne correspondent d’habitude

ni à l’une ni à l’autre de ces distributions et la seule

façon de procéder alors est de trouver une solution

par calcul numérique.

Il est important de connaître la distribution instrumentale g(x). Une façon de trouver g(x)

est de mesurer une raie d’énergie suffisamment

grande, pour laquelle les effets de l’ordre de I00 eV seraient négligeables : toute largeur de la raie

serait alors due à la méthode expérimentale. Ceci

est plus commode dans le cas de Ra B + C qui a plusieurs raies de forte intensité entre o,6 et 1,7 MeV,

alors que dans le cas de Th B + C l’intensité des raies de haute énergie est petite. Mais, d’autre part, la courte vie de Ra B conduit à des difficultés de

mesure assez grandes. Pour ces raisons, les vraies valeurs des largeurs des raies .K et L n’ont pas

encore été trouvées. Les différences entre les valeurs des largeurs observées des raies K et L ne donnent qu’une approximation assez grossière des différences

des vraies largeurs. Il suffit, pour s’en rendre compte,

de se rappeler que, dans le cas des courbes de dis-

persion, la largeur observée est égale à la somme des largeurs de la distribution vraie et de la distribution instrumentale, alors que dans le cas des courbes de Gauss, c’est le carré de la largeur observée qui est égal à la somme des carrés de la distribution vraie

et de la distribution instrumentale:

La diff érence des largeurs observées des raies K et L serait égale à la différence des largeurs vraies

dans le cas où la largeur vraie de la raie L est négli- geable, et les distributions ont la forme des courbes de dispersion. Comme les distributions n’ont pas la forme d’une courbe de dispersion, on peut prévoir que les vraies largeurs et différences augmenteront, mais d’autre part la largeur des

raies L pourrait ne pas être négligeable, ce qui

aurait pour effet de diminuer la différence. La conclusion que l’on peut en tirer est qu’il n’est pas déraisonnable de considérer les différences des lar- geurs observées des raies K et L comme une première approximation des différences des largeurs vraies,

en attendant que celles-ci soient déterminées d’une

façon précise.

Nous avons réuni dans le tableau 1 les données

sur les largeurs observées par différents auteurs. Le meilleur instrument pour l’étude des largeurs des

raies est probablement le spectromètre à focalisation double sans fer, employé par K. Siegbahn. Dans

une analyse préliminaire [4], il obtient en retran- chant des largeurs observées les largeurs dues à la

fenêtre et aux dimensions finies de la source, la

(4)

547

valeur de 76 eV pour la différence des largeurs

vraies des raies K et L. Pour compléter l’analyse,

il faudrait aussi retrancher les largeurs dues aux aberrations, ce qui aurait pour effet d’augmenter

un peu la différence de largeur vraie des raies K

et L. Nous prendrons dans ce qui su.itl le chiffre

de 80 eV comme la différence la plus probable des largeurs vraies des raies K et L.

TABLEAU 1.

Différence entre les largeurs observées des raies de conversion interne K et L.

Cette valeur devrait être comparée à la différence

des largeurs des niveaux K et Li des atomes, obtenue par l’analyse des spectres X. Il résulte des travaux

d’ Ingelstam [5] et d’une extrapolation qui étend aux

valeurs inférieures de z les résultats donnés par

Compton et Allison [6] et par Gokhale [7], que la

largeur du niveau K de 83Bi est de 60 ± 5 eV. On

peut déduire des travaux de Williams [8] et de Richtmyer [9] que la largeur du niveau Li est io,6eV. On obtient pour la différence des lar- geurs des niveaux K et LI la valeur de 5o eV.

En comparant cette valeur à la valeur très préli-

minaire de 80 eV obtenue par la conversion interne,

on peut conclure qu’une possibilité existe pour que la différence des largeurs des raies de conversion K et L soit supérieure à la différence des largeurs

des niveaux K et L mise en évidence par l’analyse X.

Il serait donc intéressant de voir s’il y a des raisons

possibles pour un désaccord entre les largeurs obte-

nues par la conversion interne et les largeurs obte-

nues par l’analyse des rayons X. On peut voir que,

d’une manière générale, il existe quelques différences essentielles entre les deux phénomènes.

I ° Tout d’abord, dans la conversion interne il y a

une interaction entre le noyau et le cortège. Il faut

donc voir si le noyau pourrait influencer les largeurs

des raies. Le recul du noyau après la désintégration

est, dans le cas de RaB, très faible. L’énergie de

recul est égale à o,65 eV, ce qui est tout à fait négli- geable. La probabilité de l’excitation de l’atome par la variation brusque de la vitesse du noyau a été calculée par Levinger [10], et l’on trouve qu’elle

est de l’ordre de 10-6 dans le cas de RaB, donc

négligeable. Finalement, nous devons considérer

les largeurs des niveaux nucléaires qui doivent être

ajoutées aux largeurs des niveaux atomiques pour donner les largeurs totales des raies de conversion,.

Dans le cas des transitions M 1 et E 2, les largeurs

des niveaux nucléaires sont inférieures à 1 o--G eV.

Théoriquement, seule la transition EI I avec une

période de 0-1’ s pourrait donner une largeur

de 60 eV. La mesure des largeurs des raies L per- mettrait de mettre en évidence l’existence de ces

transitions rapides que l’on considère comme assez

douteuses..

2o La deuxième différence consiste dans le fait que la conversion interne est précédée par la désin-

tégration ,3, ou par une autre conversion, qui peu-

(5)

548

vent causer l’ionisation de l’atome. L’ionisation,

si elle subsistait encore au moment de la conversion interne, changerait l’énergie de liaison des électrons,

ce qui aurait pour effet d’élargir les raies.

La probabilité d’ionisation des couches K, L

et M pour 83Bi est de l’ordre de Io-4. Par extra-

polation, on obtient que pour les couches extérieure cette, probabilité doit être de l’ordre de 10 pour 100.

Dans une mesure récente, Vexler [11] a trouvé que la charge du noyau de recul de 41A et 41C est égale

à i ± 0,1 e et i ± 0,2 e respectivement.

Dans le cas de conversion interne, la cascade

Auger qui la suit laisse l’atome plusieurs fois ionisé.

Les valeurs expérimentales de 2 à 7 e pour la’charge

de l’atome ont été trouvées, alors que Cooper [12]

a calculé que Io-9s après la conversion dans Br, la charge est égale à 4,7 e.

Nos connaissances de l’état d’ionisation de l’atome

après la désintégration g ou la conversion, ne sont

pas suffisantes pour décider si ces phénomènes pourraient influencer les largeurs des raies.

30 La troisième différence consiste dans le fait que l’interaction âe l’électron avec le cortège élec- tronique est différente de celle des photons. L’élec-

tron qui est expulsé de la couche K, par exemple,

doit passer à travers le cortège électronique du même

atome. La probabilité d’ionisation a été calculée

par Feinberg [13] et l’on trouve que cet effet est

plus faible que l’effet du changement de Z.

Intervention de M. Winther.

-

On pourrait penser aussi à une autre explication de la différence entre les largeurs des raies de conversion K et L : quand

les électrons K ou L sont arrachés rapidement de l’atome celui-ci reste dans un état non stationnaire,

et cela implique une certaine largeur pour la raie de conversion. On s’attendrait à ce que la largeur

de la raie .K soit supérieure à celle de la raie L, et aussi à ce que, pour les faibles énergies, le processus devenant adiabatique, les raies soient fines.

Intervention de M. Deutsch en réponse à M. Win-

ther.

--

Les phénomènes dont vous avez parlé ne

se traduiraient-ils pas par. une série de raies dis- tinctes correspondant à différents états de l’ion

final ?

Intervention de M. Riou.

-

Les transitions y

dipolaires électriques de faible énergie ayant une

vie moyenne de quelques r o-’ s, la largeur corres- pondante ne peut absolument pas expliquer la largeur des raies de conversion interne.

BIBLIOGRAPHIE.

[1] SLATIS H. et LINDSTROM G.

-

Phys. Rev., 1954, 88, 1429 (L).

[2] SLATIS H. - Arkiv f. Fysik, 1953, 6, 41.

[3] MLADJENOVIC’ M.

-

Arkiv f. Fysik, 1954, 8, 3.

[4] Communication privée.

[5] INGELSTAM K. - Nova Acta regiae Soc. S. C. Upsa- liensis, série IV, 10, 5.

[6] COMPTON et ALLISON.

-

X rays in Theory and Experiment.

[7] GOKHALE B. G.

-

Ann. Physique, 1952, 7, 852.

[8] WILLIAMS J.

-

Phys. Rev., 1934, 45, 71.

[9] RAMBERG E. et RYCHTMYER F.

-

Phys. Rev., 1937, 51, 913.

[10] LEVINGER L.

-

Phys. Rev., 1953, 90, II.

[11] VEXLER S.

-

Phys. Rev., 1954, 93, 182.

[12] COOPER E.

-

Phys. Rev., 1942, 61, 1.

[13] FEINBERG E.

-

J. Physics U. R. S. S., 1941, 4, 423.

Références

Documents relatifs

Nous avons utilise leurs résultats pour determiner la largeur des raies de vibration- rotation de la bande v3 de 1’acide cyanhydrique a 3 u.. L’appareillage utilise

L’opinion généralement admise, qui considère les raies de Fraunhofer comme de simples raies d’ab- sorption, et leurs déplacements comme indiquant de. vrais

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des

Anomalies statistiques pour les largeurs partielles de transitions radiatives énergiques dans la capture des neutrons de résonance par des noyaux

Étude des fluctuations des largeurs partielles de transitions radiatives dans les résonances neutroniques.. du

Certaines fluctuations apparaissent, de résonance à résonance, pour les niveaux excités de spin J = 1 de 184W et 196Pt, dans les probabilités de transition radiative

Cependant la probabilité d’ionisation d’un niveau étant fixée, il est possible de calculer les intensités relatives des raies correspondantes; c’est pourquoi..

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des