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Solutions. Solubilité. III
E. Darmois
To cite this version:
LE
JOURNAL
DE
PHYSIQUE
ETLE
RADIUM
SOLUTIONS.
SOLUBILITÉ.
III.Par E. DARMOIS.
Sommaire. 2014 Dans
l’exposé II de cette série, on a rappelé que la loi de Raoult permet de calculer la solubilité théorique. La recherche des mélanges idéaux suppose l’emploi de critères pratiques et
théoriques. On parle ensuite des travaux déjà anciens utilisant la constante diélectrique, la pression interne, la possibilité des composés d’addition ou de la désassociation d’un des composants. On s’étend ensuite sur les travaux de Hildebrand et son école. Quelques mots sur l’usage de l’azéotropisme terminent l’exposé.
SÉRIE VIII. 2013 TOME V. i~° 2. FÉYHIER 19~~1~,
CHAPITRE I.
Critères d’idéalité.
Puisque
la loi de Raoult caractérise lesmélanges
idéaux,
il est intéressant de chercherquels
critèrespermettent
de reconnaître cesmélanges.
Nousdistinguerons
les critèrespratiques
et les critèresthéoriques.
A. Critères
pratiques.
- Le raisonnementqui
nous a servi pour
prévoir
la loi de Raoult f aitinter-venir la constance des forces intermoléculaires
quand
on passe d’une substance à une substance
analogue.
Au
point
de vue de lasolubilité,
on retrouve ainsi larégle :
« Le semblable dissout le semblable ».Mais
cetterègle
restera très vague tant quel’analogie
ne pourra être définie de
façon
plus précise.
Timmermans
[ 1
1
proposed’appeler
substancesanalogues
« des substances decomposition
diffé-rente, dont le
comportement
chimique
présente
cependant
des ressemblances manifestes ». Dans sonlivre,
il étudieprécisément
desmélanges
binaires dont lescomposants
deviennent de moins en moinsanalogues.
Deux
antipodes
optiques,
comme parexemple
lesdeux limonènes + et -, semblent réaliser le cas
le
plus
simple;
leurmélange
s’effectue sansvaria-tion de volume et sans évolution de chaleur. D’autre
part,
il semble bien démontréqu’ils
ne donnentaucune combinaison à l’état
liquide.
Deux isomères cis-irans comme deux dérivés
bihalogénés
del’acétylène,
fournissent aussi unexemple
un peu moinssimple,
mais très net d’unesolution idéale.
Viennent ensuite les isomères de
position
de lasérie
aromatique,
comme lesxylènes,
lestribro-motoluènes, etc. Puis les « métamères » où il y a
simple
échange
d’un ou deplusieurs
groupements
CH2
de l’une à l’autre des chaînes
hydrocarbonées qui
interviennent dans la constitution de la molécule :
exemple,
mélange
d’acétate depropyle
normal et depropionate
d’éthyle.
Viennentaprès,
les isomèresnormaux et
iso,
comme lespentanes,
hexanes,
octanes. Les
mélanges
depolymères
secomportent
aussi assez souvent comme des solutions
idéales,
exemple :
mélange acétaldéhyde
etparaldéhyde.
Lacourbe de
congélation
d’un telmélange
estgéné-ralement
simple,
avec uneutectique.
Quand
la moléculegrossit,
les différences de structure s’atténuent et l’on voitapparaître
enrefroidissant des cristaux
mixtes;
dansquelques
casenfin,
il se forme des combinaisons d’addition. Onverra, dans Timmermans, comment le
degré
deparenté plus
ou moinséloigné
descomposants
d’unmélange
se traduit par une déf ormationprogressive
de la courbe de
congélation.
Parmi les «
analogues
» de Timmermans, il fautdistinguer
leshomologues
et lespolysubstitués.
Les
homologues
sont les termes d’une même sériehomologue,
exemples : mélange
de bromured’éthyle
et de bromure de
propyle
normal;
mélanges
decarbures
aliphatiques
àpoids
moléculaires assezvoisins,
mélange
benzène-toluène,
etc. Lasolution
peut
aussi êtreidéale,
même si lescomposants
sontanormaux,
exemple :
mélange
méthanol-éthanol.
Les
polysubstitués
donnent desmélanges
destypes
suivants :
toluène +
xylènes;
chloroforme +CCI,,.
Onpeut
même considérer le benzène, lenaphtalène,
le
diphényle,
commeappartenant
à ce groupe. Ils donnent deux à deux desmélanges
idéaux.Il est bien entendu que, pour
juger
de l’idéalité d’unmélange,
il faut un critèrepratique.
Le critériumsûr est la marche des
pressions
de vapeurpartielles
(ou
desfugacités)
en fonction de la concentration. Mais on n’a pas mesuré cespressions
de vapeur pour tous lesmélanges.
On aplutôt
en sapossession
lapression
de vapeur totale dumélange;
elle doitvarier linéairement en fonction de ~ la fraction
molaire. La
réciproque
n’est pas forcément vraie.En
effet,
si les constituants montrent tous deux unedéviation de même sens, la courbe de la
pression
totale est concave ou convexe par
rapport
à ladroite de Raoult. Mais nous avons vu un cas
(pyridine-eau)
où les déviations sont de sensinverse;
elles ne se
compensent
pas dans ce cas et la courbede
pression
totalepossède
un maximum; mais onpeut
imaginer
des cas decompensation
approxi-mative.
On a cherché
cependant
à classer lesmélanges
enidéaux
(ou
presqueidéaux),
enmélanges
à déviation +et déviations - de la
pression
totale. On amis,
enmême
temps
enparallèle,
diversespropriétés
desmélanges :
variation de volumependant
lemélange,
chaleur
dégagée
(ou
température
atteinte),
variationde la chaleur
spécifique
molaire moyenne, etc.Le Tableau I suivant est relatif à divers
mélanges
des troiscatégories;
les nombres serapportent
à laproportion x1=
x2 =o,~ . ~ T
est la variation de Tpendant
lemélange;
Q)1
est la chaleurdégagée
par / _tBj Pi + P2)
mole;
P = I oo . P - p
> de même pourles autres
quantités
notées en pour i oo.TABLEAU I.
On trouve des tableaux de ce genre dans
Young
[2 j,
Eucken
[3],
Hildebrand[4].
Ce tableau donne
l’impression
qu’un
dPpositif
est
généralement accompagné
d’un 9 Vpositif,
d’un
Q négatif,
d’un ~ Cnégatif;
le contraire seproduirait
pour un APnégatif.
Y a-t-il à ces faitsdes raisons
théoriques ?
B. Critères
théoriques.
- cc. CHALEUR DEmélangez La formule
(14,
Exp. 1)
s’applique
àl’activité. On
peut
en effet écrireD’où,
pardifférence,
liquide
pur no 2 estajoutée
à unegrande
quantité
de solution.
Si la loi de Raoult
s’applique
à toutetempérature,
a2 =x2 est
indépendant
de T, doncQ
= o. Iln’y
aaucun
dégagement
de chaleurquand
onmélange
le
composant
n~ 2liquide
avec une solutionquel-conque. S’il
s’agit
d’un solidequi
estajouté
à lasolution,
Q
est la chaleur de fusion(sauf
une faiblecorrection tenant à sa variation avec
T).
On
peut
d’ailleurs avoirQ
= o pour certaines concentrations sans que la solution soit idéale.Par
exemple,
lemélange
chloroforme-alcool[i]
]
possède
une courbe de chaleur demélange
qui
montreun maximum et un minimum
(-~
16o et -120 resp.);
on aQ =
o pour x =0,4
environ en alcool. Laréci-proque de la
proposition soulignée
n’est donc pasforcément exacte. En
fait,
il fautétudier,
non le seulmélange x =
o, 5, mais tout le domaine deconcen-tration.
Si T
augmente,
les déviations de la loi de Raoult diminuent en valeur absolue. Soit une déviationpositive;
a2 > x2; a2 diminuequand
Taugmente;
donc,
d’après
(1)
Q > 0.
Une déviation
positive
est donc, engénéral,
accom-pagnée
d’uneabsorption
de chaleurpendant
lemélange
et inversement. C’est bien le sens desQ
et à T dans le Tableau I.
Kawakami
[5]
a mesuré les chaleurs demélange
de métaux fondus. Il trouve une
absorption
dechaleur avec les
couples
suivants :K-Na,
Hg-Sn,
Sn-Cd, Sn-Pb, Cd-Pb,
Sn-Zn,
Bi-Zn, Cd-Zn,
Pb-Zn;
pour ces
couples,
il n’est pas douteuxqu’il
n’existe pas decomposé
en solution. Aucontraire,
il trouve un fortdégagement
de chaleur avec lescouples Hg-K,
Hg-Na,
Zn-Sb,
Cd-Mg
pourlesquels
il existe de telscomposés.
Pour lescouples
Bi-Cd,
Bi-Sn etsur-tout Bi-Pb il y a aussi
dégagement
de chaleur sansque l’on connaisse de
composé
en solution. Celaprouve
prohablement
que la loi de Raoult nes’applique
pastoujours
dans tous ces cas.b. VARIATION DE VOLUME PENDANT LE MÉLANGE.
- ~ V
peut
être mis en relation avec la variationde l’activité avec la
pression.
La formule(13, Exp. I)
donne,
enactivité,
où v est le volume molaire en solution, v le volume
molaire à l’état pur.
Si la loi de Raoult
s’applique
à toutepression,
v - v = o
puisque a
est constant etindépendant
de p. Comme cette relation
s’applique
aux deuxcomposants,
on atoujours
V =nivi + n2v2,
c’est-à-dire V = o pour tout
mélange.
La
réciproque
de cetteproposition
n’est pasnécessairement vraie.
Pour trouver des résultats
analogues
à ceuxqui
relientQ
aux déviations de la loi de Raoult, il faudrait savoir comment ces déviations varientavec la
pression.
On nepeut
rien dire degénéral
à cesujet.
Nous allons étudier l’effet de lapression
sur la solubilité mutuelle desliquides
dans le but de résoudre cettequestion
dans un casparticulier.
Effet
de lapression
sur la solubilité mutuelle desliquides.
- Deuxphases liquides
sont enprésence,
où le
composant
no 1possède
deuxfugacités f 1
et
f’, ;
àl’équilibre, f 1= f’, .
Quand
pvarie,
le nouveléquilibre
exige
.... à ....ca. "’-..
Dans ce cas, la
composition
des deuxphases
change
avec la
pression.
On auraet une
équation analogue pour 1’1.
La condition
(3)
s’écritet les deux
équations (4)
deviennent alorsL’équation (5)
sesimplifie quand
la courbe desolubilité est
symétrique.
La formule deDuhem-Margules
s’écritSi le
système
estsymétrique,
on a(5)
devient doncSi les valeurs accentuées se
rapportent
à laphase
pauvre en nO 1, on a xi > D’autrepart,
augmente
pardilution,
on aV’l>
VI. Les deuxmembres de
(6)
sont doncpositifs.
MaisDonc
et
XI,
augmente
avecp; la
solubilité mutuelle des’i
liquides
diminuequand. la pression
augmente.
La
première
conditionsoulignée correspond
àun 0 V
positif
dans lemélange
des deuxliquides
purs. Dans le cas où noshypothèses s’appliquent
(symétrie
et à V >o),
onpeut
donc conclure que lemélange
devient de moins en moins idéal au fur et à mesure que paugmente,.
Onpeut
alorscalquer
ce
qui
suit sur la fin duparagraphe
relatif à lachaleur de
mélange.
-Dans la formule
(13, Exp. I ),
v - v > u,donc > o .
Quand
paugmente , a
aug-(
dp )
mente, c’est-à-dire
s’éloigne
de x. Une déviationpositive
de Raoult est donc, dans noshypothèses,
accompagnée
d’uneaugmentation
de volume. Si l’onse
reporte
au TableauI,
on voit que cetterègle
estsuivie,
engénéral.
C’est une des raisonsqui
fontque Hildebrand
[4]
attribue uneimportance
parti-culière aux
prévisions
basées sur le à V. Desexcep-tions à cette
règle
peuvent
seprésenter quand,
soitla
fugacité,
soit le volume molairepartiel,
varientd’une
façon
moins ordinaire.Nous avons
exposé
(Exp.
1~,
à propos dumélange
IG2H5-CH3COOC2H5
le calculdes P,
et des v2;les
courbes "V.1
=f
(x2),
=f
ont une allureparabolique
assezanalogue
à celles des courbesHildebrand trouve, pour le
mélange
que l’on
peut
écrireDans ce cas, il y aurait
’parallélisme
quantitatif
entre le à V et le coefficientsd’activité,
c’est-à-dire la déviation aux lois de Raoult.C. INFLUENCE DES VOLUMES MOLAIRES. - Nous
avons vu
(Exp.
I)
quel’expression
de la loi deRaoult, avec la concentration en volume,
supposait
l’égalité
des volumes molaires descomposants.
Guggenheim l6]
a cherchéquelle
est l’influence desvolumes molaires des deux
composants
sur lecomportement
de leursmélanges.
La variation del’énergie
librependant
lemélange
s’écrit,
engénéral
Dans le cas où A V = o
et Q =
o, (D
estrespecti-vement
indépendant
de p et deT;
deplus, 4D
doitêtre
homogène
et dupremier
degré
en ni et n2.Avec des
hypothèses simples
sur la forme de(n1n2)’
on calcule lespressions partielles
par deséquations
dutype
Ff,.
et,
linalement,
l’auteur obtient lespressions
devapeur
partielles
en fonction des(x)
et des volumes molaires. Il retrouve les formules de Raoult avec un facteur d’activité calculahle. La loi de Raoults’applique
à i pour iooprès quand
les volumesmolaires diffèrent de 2J pour 100.
d. RECHERCHES I)E HILDEBRAND SUH LES SUBS-TANCES QUI SUIVENT LA LOI DE RAOULT A TOUTE
TEMPÉRATURE ET A TOUTE PRESSION
[71-
- Ellesattirent l’attention sur le
quotient
différentield
rt l’ ,>On démontre que si le
mélange
des deux substances suit la loi de Raout à toutetempérature
et à toutepression,
le coefficient est nécessairement le mêmepour les deux
liquides.
On sait que cequotient
n’est autre que le
quotient J
du coefficients dedila-..)
tation par le coeificient de
compressibilité
isotherme. Hildebrand pense que, si des déviationsexistent,
elles sont en relation avec( B )
-(1) .
Laques-,
,J 1
.
1) 1.
tion est, en
réalité,
plus compliquée;
onpeut
démontrer que la différence des volumes molaires
et la
température
interviennent aussi.CHAPITRE Il.
Recherche des raisons de l’écart à l’idéalité.
A.
Quelques
travaux anciens. - Un certainnombre d’auteurs ont
déjà essayé
deprévoir
l’écartà l’idéalité d’un
mélange
àpartir
de l’écart des deux valeurs d’une mêmepropriété
descomposants
purs. La tentative la
plus
ancienne dans ce sens est due à Rothmund[8] qui
utilise,
dans ce but, laconstanle
diélectrique.
Il range les diverses fonctionsde la chimie
organique
par ordre décroissant desC.D. ;
la « série de Ilothmund o va ainsi des acides gras, par les nitriles et
cétones,
auxparaflines.
Enprin-cipe,
deux corps voisins dans la liste donnent unmélange,
idéal,
deux corpséloignés
unmélange
nonidéal. Il est de fait que les corps à faible C. D. sont
généralement
« normaux » etqu’ils
fournissent desmélanges
à peuprés
idéaux;
il en est de même descorps à
grande
C. D.mélangés
entre eux(alcools).
De mêmeCS, (s
_2,65)
fournit desmélanges
non idéaux avec les alcools(E
>30),
avec l’aniline(E
= 7),
avecmembres inférieurs d’une série
homologue,
la C. D.diminuant considérablement
quand
le P. 31. aug-mente : méthanol(s
=35),
alcooloctylique
(s
=3,5)
et
cependant
deux membreséloignés
d’une même sériepeuvent
donner unmélange
idéal. Le critèrede Rothmund est donc
qualitatif
et souvent endéfaut;
nous verrons ce que son idée est devenueavec les molécules
polaires.
D’autres auteurs ont
appelé
l’attention sur lapression
interne. La relation entre les écarts et lapression
interne seprésente qualitativement
de lafaçon
suivante :I ~
Supposons
que les attractions moléculaires(AA),
(BB),
(AB)
soientégales,
Bpeut
remplacer
A dansn’importe quelle proportion;
iln’y
aura nià(1’
niQ;
lespressions partielles
seront dans lesrapports
molaires. C’est le raisonnementqualitatif
déjà
fait pourprévoir
la loi de Raoult.~
Supposons
ensuite les attractions(AB)
supé-rieures à
(AA)
et(BB);
dans lemélange,
il y auradiminution de
l’énergie
potentielle,
doncapparition
de chaleur et diminution de
volume;
en mêmetemps,
lespressions partielles
serontplus-
faibles,
à causedes attractions
plus
fortes dans leliquide.
Quand
onélèvera la
température
dusystème,
il faudra fournirun travail interne
plus
grand
que danschaque
corps pur contrel’attraction,
d’oùle 4 Cp
positif.
Certainsauteurs
remplacent
lasupposition
de forcesattrac-tives
(AB) importantes
par la formation d’unecombinaison instable AB
(voir plus loin).
30
Si,
aucontraire,
soit(AA),
soit(BB)
estsupé-rieure à
(AB), l’énergie
potentielle
augmente
dansla formation du
mélange.
D’où les conclusions.contraires aux
précédentes
pour 11 V, Q,
l1P. Pourle l’un des
composants,
à cause de sa fortepression
interne,possède
une chaleurspécifique
anormale. C’est le cas du nitrobenzène dans son
mélange
avec le benzène. Cette anomalie s’atténuedans le
mélange.
Certains auteurs admettent aussiici une
explication
«chimique
a>, celle d’uneasso-ciation du
composant
à forte attraction.En résumé, les déviations de la loi de Raoult
seraient
explicables
par les différences entre lespressions
internes des deuxcomposants
ou entrecelles-ci et celle de leur
mélange.
C’est Walden
[g]
qui
semble avoir nettement misen
parallèle,
pour lapremière
fois,
les P. I. et la solubilitémutuelle;
plus
les P. I. sontvoisines,
plus
la solubilité mutuelle doit être
grande.
Walden estrevenu
plusieurs
fois sur cettequestion;
il attribuepar
exemple
lessingularités
dupouvoir
rotatoiredes esters
tartriques
en solution à des influencesdes P. I. des solvants.
THÉORIE DE VAN LAAR
[I O].
- Elle dérive de lathéorie
générale
desmélanges
de Van der Waals.On sait que celui-ci considère un
mélange
donnécomme un individu
auquel
sonéquation
estappli-cabale. Pour un
mélange
binaire,
de titre x en no2,
on
peut
poser,d’après
Van der Waals etLorentz,
Lorentz a montré
qu’on pouvait
calculerb12
parl’expression
- . } - ., - l .,1:~Mais a12 n’est pas
calculahle;
onpeut
montrerqu’il
estpositif
etgénéralement
inférieur à la moyennearithmétique
des(a).
Unehypothèse
de D.Ber-thelot
[1?]
admet que Cette relationassez arl7itraire
simplifie beaucoup
lescalculs;
van Laarl’adopte.
Il calcule la chaleur demélange
et trouve
où il pose
A
partir
de(8),
onpeut
calculer les chaleursdifié-. t t. t 1 l ’
rentielles
et ( yV
respectivement égales
à r( I-,xOn trouvera, dans le livre de Kremann
I I ],
laliste des valeurs de a et b utilisées et les vérifications. La concordance est assez bonne avec
l’expérience;
on trouve, non seulement lesigne
deW, nxais
souventla marche des avec x.
Van Laar évalue ensuite les
pressions partielles
descomposants
sous une formequi
dérive del’équa-tion de
Duhem-Margules.
On trouveCes
équations
permettent
de tirer les coefficients d’activité. On remarqueral’analogie
des formules(10)
avec les formules
(7)
deGuggenheim.
Van Laar donne
également
l’équation
de la courbe decongélation;
il trouveLa f ormule
corrige
celle de Schrôder-LeChatelier;
elle rend
compte
parexemple
de la courbeHg-Sn
sur un intervalle de ?6ûO. On ne
peut
nierqu’un
tel succès soitimpressionnant,
malgré
le caractèresemi-empirique
de la théorie. Nousparlerons plus
loin de la théorie de Hildebrandqui
attribueégalement
l’écart à l’idéalité aux différences de
pression
internedes
composants;
elle estplutôt
plus simple
que cellede Van Laar
puisque
les covolumesn’y jouent
30
THÉORIES DE DOLEZALEK introduisent
aussi les intéractions entre molécules A et
B,
maisavec formation ou dissociation de molécules. Elles
supposent,
eneffet,
l’existence ensolution,
à côtédes deux
espèces
pures, d’un troisièmeconstituant,
combinaison ou corps associé. Les lois des solutions idéales sont
supposées
s’appliquer,
compte
tenu dela
présence
du 3e constituant. C’estpourquoi
Timmermans
appelle
« solutionsquasi
idéales » lesmélanges
selon Dolezalek.a.
Explication
des déviationsnégatives.
- On admetqu’elles
sont dues à ce que les deuxcomposants
dela solution se combinent.
Qualitativement,
ildis-Fig. i.
paraît
un certain nombre de molécules des deuxcomposants
dans lacombinaison,
d’où la baisse despressions
de vapeur.Généralement,
la combinaisonsera
incomplète
et lecomposé
sera enéquilibre
avec sescomposants.
Nous traiterons seulement le casoù la combinaison a lieu dans la
proportion
i : iet nous
emploierons
la notation des activités. La réactionéquilibrée
estOn
mélange
n, et n2 molesrespectivement
desdeux
produits; x
moles ducomposé
seforment,
il reste en
présence
n, -x, n2 - x moles des
compo-sants. Si ai, a2’ a3 sont
respectivement
les activitésde
X2
etXIX2, la
loi d’action de masses donneKa, (1.2.
({ 2)
Dolezalek suppose quechaque
espèce
moléculaire pure obéit à la loi de Raoult. Pour écrire cetteloi,
nous évaluons les fractions molaires. Le nombre
total des moles en solution est
En
portant
dans(12),
on obtientEn éliminaiit x entre
(13)
et(14),
on aD’où l’on tire ou
sensillement ’ô
Onpeut
. 1 pi
ainsi calculer pi pour
chaque
valeur durapport
r2.Calcul
analogue
pour a2 et p2.Il faut essayer différentes valeurs de K. La valeur J{ = o
correspond
àc’est-à-dire à la loi de
Raoult,
cequi
est correctpuisque,
dans ce cas, iln’y
a pas combinaison.La valeur
correspond
au contraire à unecombinaison
complète;
dans ce cas, a, -- i -- r2.La
figure
ireprésente
différentes formes de courbes obtenues pour a1 avec différentes valeurs deK;
ces courbes sont bien toutes au-dessous de la droite
de Raoult. Dolezalek a
appliqué
les formules obte-nues aumélange
acétone-chloroforme. Le Tableau II donne lespressions
calculées et lespressions
mesurées,
celles-ci extraites du travail de Zawidski
[14].
L’indice idésigne
l’acétone,
l’indice 2 lechloro-forme. La concordance est
bonne;
elle est obtenuepour K =
1,25.
Des concordances du même ordre ont été obtenues
par Dolezalek et Schulze
[ z ~]
en calculant lespres-sions totales pour le
mélange
chloro-f orme ~
éther à 330.Hildebrand,
Foster et Beebe[ ~ 6]
ontexpliqué
de même l’activité du mercure dans lesamalgames
de Cd à 322° en admettant la formationd’un
composé CdHg.
Dans les
exemples précédents, l’hypothèse
d’uncomposé
i : i cadre avec les faits.Pour
expliquer
l’activité deHg
dans les amal-games de Tl, Hildebrand et Eastman[17]
ont dû admettre la formation d’uncomposé
dutype
On établira facilement la formule(17), qui s’applique
dans ce casles formules
précédentes
sesimplifient
beaucoup,
soit en solution
étendue,
soit si l’on suppose(Timmer-mans)
que la combinaison estcomplète
pour lesfaibles
proportions
d’uncomposant.
TABLEAU 11.
Les concordances
précédentes
sont suffisantes pourqu’on puisse
admettre que, au moins d’unefaçon formelle,
les déviationsnégatives
serepré-sentent bien en admettant la formation de
composés.
Même
quand
la concordance estbonne,
il n’est pas sûr que la réalité ne soit pas un peu différente. Parexemple,
Dolezalek abeaucoup
étudié lemélange
chloroforme-éther;
Smits a montré que cemélange
donne
plusieurs composés,
dont enparticulier
lecomposé
z : T .b.
Explication
des déviationspositives..
- Pourrendre
compte
des déviationspositives,
Dolezalekimagine
que l’un descomposants
est « associé » àl’état pur; le
degré
d’association diminuequand
ondilue ce
composant
avecl’autre,
des moléculesdoubles donnant par
exemple
des moléculessimples,
d’où le relèvement de lapression
de vapeur.Quantitativement,
soit lecomposant
nonassocié
(n, moles);
X2
figure
d’abord à l’état demolécules
simples (n2
-2x)
et ensuite de molécules doubles(x).
On admet que chacune desespèces
suit la loi de Raoult et que la loi d’action de massess’applique
àl’équilibre
~X2 ~
(X2)2.
On a doncd’abord
(t8)
(l’indice "
pour les molécules doubles, l’indice ’ pourles molécules
simples).
Le nombre total de moles est ni -f- n2 - x, d’où
les
équations
Posant de nouveau r2 =
?
1 on a,par
exemple,
n,
D’où l’on tire al =
Q
ou sensiblement’2013’
Onpeut
7i 1 Pl
donc calculer par
(21),
K étantdonné,
pourchaque
valeur de r2, la valeur de pi,pression partielle
du n) 1.
Il
Unepetite
difficulté seprésente pour a’
_‘f , ’°
oua
à peu
près
’’° ;
p 0
n’est pas lapression
de vapeurp,:2 0
P2
de
X2
pur,puisque
celui-ci renferme des molé-culesdoubles,
mais celle d’unliquide qui
seraitcomposé
de moléculessimples X2.
On trouve,pour
a’?,
uneéquation analogue
à(21);
si l’on yfait r2 =
o),
on obtient l’activité des0
molécules
simples
dansX2
pur, c’est-à-direP’"20.
P2
O t ..
73
V lî
t k
4K
On trouve ainsi
= 201320132013!
enposant k
= 1.P2
On
peut
ainsi évaluerp§
en fonction deP~
et calculerla
pression partielle
du deuxièmecomposant.
’
TABLEAU 111.
Il faut
toujours
essayer diverses valeurs de K,de zéro à l’infini. On trouve effectivement des dévia-tions
positives
pour les deuxcomposants.
LeTableau III donne un
exemple
pour lemélange
à 50°; K = 0,2°7.
montré que les valeurs de K doivent être souvent très
grandes
pour rendrecompte
de faibles dévia-tions. Pour lesystème
il estimpos-sible de rendre
compte
de lagrande
déviationpar ce
procédé.
On a évidemmentessayé d’imaginer
une association des deuxcomposants,
d’employer
souvent des molécules
triples
sansgrand
succès.Fig. 2.
Un certain nomhre d’auteurs ont
présenté
descritiques
de cette deuxième théorie de Dolezalek. Nous avonsdéjà signalé plus
haut que la formation de deuxphases liquides
était une indication defortes déviations de la loi de Raoult. Hildebrand
et
Keyes
[ 18]
ont étudié à cepoint
de vue lemélange
aniline-hexane,
qui possède
une T. C. S.supérieure.
Sur la
figure
2, la courbepointillée
estreprise
dansla
figure
8 del’exposé
II de cettesérie;
la droitehorizontale est celle fournie par
l’expérience.
Il est naturel de supposer que l’aniline est seuleassociée sous la forme
(C,H,NH,).
Sil’association,
estcomplète,
pour une moléculed’aniline,
il ya 1
molé-q
cules
complexes
et r2
molécules d’hexane. La frac-tion molaire del’hexane,
donc son activité estdonnée par
Les courbes en trait
plein marquées
q = 1, 2, ...représentent
les valeursde a2
calculées par(22);
on voit
qu’il
faudrait supposer des valeurs de q invraisemblables pour rendrecompte
de l’allure de la courbeexpérimentale,
et encore l’association n’estsûrement pas
complète.
Devant ces difficultés etd’autres du même genre, Dolezalek et Schulze ont été amenés à supposer des
polymérisations
telles quecelle de
Cl4Sn
dans lemélange
CI4Sn-C6H6,
oucelle de
l’argon
dans lemélange
avecl’azote,
suppo-sitions en contradiction manifeste avec ce
qu’on
sait par ailleurs de ces molécules. Les
hypothèses
enquestion
ontbeaucoup
nui à laréputation
des théories deDolezalek;
de là à conclurequ’elles
n’ont pas de valeur, il y a un pas très sérieux.Il sufl’It, pour les réconcilier avec
l’expérience,
d’admettre
qu’il
y a réellement desmélanges
nonidéaux,
auxquels
la loi de Raoult n’est pasappli-cable,
au moins à toute concentration.Rappelons
encore une fois que, dans de telsmélanges,
on nepeut
tirer aucune conclusion de lacryoscopie
ou del’ébullioscopie
aupoint
de vue de lagrandeur
moléculaire descomposants.
Commenous l’avons vu
(Exp.
II),
on obtient ainsi l’activitéet l’activité n’est pas reliée aux mesures
cryosco-piques
par les formulessimplistes
despseudo-physicochimistes.
Il est arrivé souvent que, enemployant
la formule0==K~-?
qui
n’est exactequ’à
lalimite,
on a calculé des P. M. faux. Oùl’erreur
s’aggrave,
c’estquand
on fait la mesurepour
plusieurs
valeurs dep,
enprenant
la moyenne.Si le P. M. obtenu est
plus
grand
que le P.normal,
on conclut froidement que le corps dissous est
associé;
nous venons de voir que l’association dusolvant donnerait le même résultat. L’erreur commise ainsi
provient
de la loi de vant’Hoff,
où le solvant n’intervient pas. Nous renvoyons àl’exposé
récentde Y. Doucet
[ i g]
pour le retour aux saines doctrinesde Raoult. Nous reverrons d’ailleurs
plus
tard les associations dans lesliquides
et nous montreronsque Dolezalek fut réellement un
précurseur.
B. Théorie de Hildebrand. - Hildebrand attribue les déviations de la loi de Raoult à des
différences de
pression
interne entre les deuxcompo-sants, ou entre eux et leur
mélange.
Hildebrand et Wood
[20]
ontdéveloppé
cepoint
de vue en cherchant à obtenir des formules
quan-titatives,
par le calcul del’énergie potentielle
mutuelle de toutes les molécules dumélange.
Lecalcul introduit la fonction de
répartition
W(r)
des molécules d’unliquide
autour d’une moléculecen-trale ;
dans unepellicule
de rayon r etd’épais-seur
dr,
il y a molécules( N
moléculesi
dans le volume molaire
v).
W(r)
se déduit des mesures aux rayons X[21].
Le calcul est d’abordentrepris
pour le cas de deuxcomposants
de volumesCOMPOSANTS DE VOLUMES MOLAIRES IDENTIQUES.
- la Pour un
liquide unique.
- Soient N molécules en tout dans le volume molaire v. Autour d’unemolécule centrale, dans la
pellicule
déjà envisagée,
il y a! T. r2; W
dr molécules : il y aura donc N foisil,
plus
depaires
de molécules dont les deuxcomposants
sont situés à la distance r, soits est
l’énergie potentielle
de deux molécules situées à la distance r et,d’après
London,
onpeut
poseril
vient,
pourl’énergie potentielle
duliquide,
Quand
on fournit cetteénergie
onsépare
entiè-rement les molécules les unes des autres, c’est-à-direqu’on vaporise
leliquide
sous la f orme de gazparfait.
2° Pour un
mélange.
- Soient deuxespèces 1~~
etX2
mélangées
à raison de n, et n2 moles. Lespaires
peuvent
êtreXIX2,
leurspoten-tiels sont
différents,
soient ~22~ Lesproha-bilités
respectives
des trois sortes depaires
sontEn
remarquant
que le nombre total des moléculesest N
~n1-~-
n2),
on trouve, pour lesénergies
pote-
°tielles mutuelles des trois sortes de
paires,
v est par
hypothèse
le même pour les deuxespèces;
les W sont
supposés également identiques.
La somme de ces trois
expressions
donnel’énergie
potentielle
totale E’. Pour avoir lapart qui
revientpar mole au no
1,
il faut effectuerl’opération
En
t
t l variationd’énergie
En
posant
== 20132013 etc.,
la variationd’énergie
correspondant
au passage d’une mole deXi
duliquide
pur aumélange
estE’,
- On trouveOn a souvent
supposé, d’après
D.Berthelot,
que
D’autre
part,
d’après l’équation (23),
pour unliquide
pur,l’énergie
devaporisation
duliquide
n’, 1est
De cette
équation
et desanalogues,
on tire lesintégrales qui peuvent
êtreremplacées,
cequi
donne+’3Eg )
X2 (24)Cette
équation
n’estqu’approchée,
à cause desapproximations
faites;
mais elles’applique
assezconvenablement. Par
exemple,
I~
etCS,
ontsensi-blement les mêmes volumes molaires à 250 :
5g,o
et
~o,~
respectivement.
La solubilité de1.
dansCS2
permet
de calculer ~F = RT ln Y1; on vérifie quecette
expression
est convenablementreprésentée
par bx2 et l’oncalcule,
pourb,
la valeur870
calories..
D’autre
part,
lesénergies
devaporisation
sont respec-tivement I 1 300et 5 g70
calories;
la différence deleurs racines carrées est calories.
CONIPOSANTS DE VOLUMES MOLAIRES DIFFÉRENTS.
- Le calcul est
plus
compliqué.
On a en tout en . solution(n,
+n2)N
molécules dont chacunepeut
jouer
le rôle de molécule centrale.Dans la
pellicule
de volume dV autour d’une molécule no1,
il y amolécules,
soitpaires
(II)
à la distance r dans toute la solution. Leurpotentiel
estPour tout le
liquide,
lespaires (11)
donnentExpression
analogue
pour lespaires (22).
même,
et l’on auraLa somme de ces trois
expressions
donnel’énergie
potentielle
totale E’.On
peut
remarquer d’abord queW11
ne doit pasdifférer
beaucoup
dans lemélange
de sa valeur pourle no 1 pur. La
position
du I er maximum de lacourbe de W
dépend uniquement
de la somme desrayons de deux molécules no
1;
pour le 2emaximum,
il
peut
arriverqu’une
molécule no 2 de taille diffé-rente seglisse
entre deux molécules no 1.Toutefois,
l’airecomprise
sous la courbe de Wdépend
surtout du I er maximum. On supposera donc queW11
etW22
dans ce nouveau calcul sont les mêmes que pour
les corps purs.
On obtiendra ainsi
l’équation
en
posant,
pourabréger,
et les autres
analogues.
La différenciation comme
plus
haut donneComme les éléments des
intégrales
sont malconnus, Hildebrand fait des
approximations :
1 ~ iladmet que s est
composé
du seulpotentiel
d’attrac-tion deLondon,
de laforme -~;
@2~ par
analogie
avec
l’hypothèse
de D.Berthelot,
on poseraHildebrand montre que les deux relations sont exactes à peu
près
en mêmetemps.
D’où la formuleapprochée,
en tenantcompte
de(23),
Cette formule a
déjà
été tirée par van Laar del’équation
de van der Waals[22].
Hildebrand poseensuite
D’après
van derWaals,
l’énergie
devaporisation
est
v
travail de lapression
interne. D est doncégal
1/2
à
‘’ -
. Pour calculer les coefficients d’activitéf’i 1 vc
à
partir
de(25’),
on assimile d’abord la diffé-rence E’ - E° à H’ -H°,
cequi
supposenégli-geable
le travail p(U
- D’autrepart,
pour unmélange
idéal, Q
== o, c’est-à-direHo
= Hi. En serappelant
que lesmélanges
sontsupposés
«régu-liers 7~
(Exp. I),
on aet,
d’après
la définition du coefficientd’activité,
d’où, finalement,
R T I n yi = v i j ) D2
et(26)
Les
(y),
déviations à la loi deRaoult,
font ainsi intervenir les volumesmolaires,
les fractions(ce)
etla différence D des
énergies
devaporisation
par unité de volume. Nous n’insisterons pas sur lecaractère
approximatif
des formules(26).
Remar-quons seulement que les attractionsXiX2
peuvent
devenir très
supérieures
à cellescorrespondant
à la moyenne des(K) ;
il nes’agira plus
alors de forces de van derWaals,
mais de forcesélectriques
ouchimiques;
nous verronsplus
loin l’intervention de ces forces.TABLEAU IV.
e 1
Hildebrand et ses collaborateurs ont cherché à
montrer de diverses
façons
lajustesse
des idéesprécédentes.
Parexemple [~3],
ils ont mesuré, pourcertains
liquides,
les valeurs de(2013)
dutiles,
T ,
comme nous l’avons vu
ci-dessus,
pour laprévision
des déviations de Raoult. En
utilisant,
d’autrepart,
ils ont calculé
( dtE)
et montré que cettequantité
/
(V T
est sensiblement de la forme au moins dans un
domaine limité de
température.
Le « a » déduit decette
régularité
estindiqué
dans le TableauIV,
en même
temps
que a = v ;1E(en
atm/1).
Les
plus
fortes discordances sontsoulignées.
PourTiCl4,
les auteursinvoquent
le hautpoint
d’ébullition, pour
CH40
l’orientation mutuelle des molécules résultant de la structurepolaire
et unegrande
variation de avecT;
pourHg
enfin,
l’intervention des forces
répulsives.
Ces forces ont été évaluées parHildebrand,
Wakeham etBoyd
[2Q]
]
àpartir
de l’étude du métalliquide
aux rayons X.Le
potentiel 2
s’écritle
premier
coefl’lcientnumérique
est relativement moinsimportant
pourHg
que pour les gaz rares.Le mercure serait donc un
liquide
peu « dilaté »,alors que les
liquides
normaux du Tableau IV leseraient assez par
rapport
à la structure «close-packed
». Les valeurs de a pourC6H6
varientd’ail-leurs nettement avec T comme le montre le
Tableau V.
TABLEAU Y.
Valeurs de !1E à mettre dans les
f ormules.
- Lesénergies
devaporisation
doivent êtreempruntées
àl’expérience.
Si elles n’existent pas dans lalitté-rature, on
peut
les calculer suivant larègle
deTrouton
H -
(
const. aupoint
d’ébullition.T
Hildebrand a
indiqué
une modification de cetterègle;
lacomparaison
desénergies
devaporisation
se
fait,
non aupoint
d’ébullition,
mais auxtempé-ratures
d’égal
volume de la vapeur.Le Tableau IV donne
déjà
quelques
valeurs de a;le Tableau VI donne
quelques
valeurs de v et2013;
ç
cette dernière
expression
représente
,
c’est-à-dire
p-la
pression
interne. Les nombres sont de diverses provenances et sont relatifs à latempérature
de 2~~ C(sauf
ceuxmarqués
et relatifs àoo).
On remarquera les grosses variations de la pres-sion interne dans la liste des métaux et sa valeur
considérable.
C.
Quelques
systèmes
et leurpression
devapeur, du
point
de vue de lapression
interne.-HYDROCARBURES ALIPHATIQUES. - On trouvera
la liste des
systèmes
étudiés dans Timmermans(p. 128-129).
Sont,
parexemple, pratiquement
idéaux les
mélanges pentane
n-heptane
n, hexanen-heptane
n,heptane
n-octane n, etc. Si l’on sereporte
au TableauVI,
on voit que les P. I. descarbures,
tout en croissant avec le P.M.,
restentassez semblables. L’idéalité des
mélanges
satisfaitdonc à la fois à la
règle
d’analogie
vague et auxconsidérations sur la P. I.
SOLUTIONS
BENZÉNIQUES.
- OnaB
étudié unnombre considérable de
systèmes
binaires où l’un des constituants est lebenzène,
plus
de 30o à ladate de
1935
d’après
Timmermans. On trouve, dans cessystèmes,
tous lesexemples possibles;
le
mélange benzène-naphtaléne
donne une courhedes P
linéaire,
lemélange
benzène-aniline une fortecourbure
(voisinage
d’un domaine dedémixtion),
etc. Le Tableau VIIreproduit,
d’après
Hildebrand(Solub.,
p. les déviations de P en pour 100à 20-25° : xi = 0,8
pour les deux
premiers
et o,5pour les autres. Les substances sont
rangées
par ordre des P. I. croissantes.TABLEAU VII.
Il est net que les déviations sont faibles
quand
la P. I. du 2ecomposant
est voisine decelle
dubenzéne;
l’acétate
d’éthyle
est malplacé.
Citons une vérification
numérique.
Elle est relativeau
mélange
C6H6-C4H10.n.
A ~5~, on apg
= 1823 mmet p. =
j3j
mmpour x2 = 0,2. D’où
La table des P. I. donne
Le calcul par
l’équation
donne
La concordance est assez
bonne;
la différence estdans le sens
attendu,
les forces étantplus
f aiblesque celles
qui
résultent de la moyennegéométrique.
Le
système
C6H6-CS2
est considéré parHilde-brand comme vérifiant bien ses idées sur le rôle des volumes moléculaires. Il s’assure d’abord que,
d’après
les mesures de Sameshima pour lesdeux
composants, In y
est hienproportionnel
aucarré de cl
(ou ~2)’
etheaucoup
moins nettement à celui de xi(ou
clex2).
La droite~2)
pour
C6H6
estplus
inclinée que pourCS~.
On montre f acilement que cela tient aux deux volumes molairestrès
différents,
en calculant D à l’aidedue
la valeurde
In,,,
pour xi =i (y,
=1);
on trouve, pourC6H6,
1,86 et pourCS2, 1,78.
La moyenne des deux nombres estplus
élevée que la différence des deux~~J i
qui
est i,o. Cequi
prouve de nouveauque cette différence donne, à cause des
suppositions
faites,
une limite inférieure de D.SOLUTIONS DANS
CS.
- Le Tableau VIIIdonne,
toujours d’après
Hildebrand,
les mêmes valeursqu’au
TableauVII,
à ’).0° et pour x =0,:"5.
’
TABLEAU B 11 f .
L’acétone semble
aberrante;
peut-être
à causede sa
polarité;
le toluène se montre souvent meilleur solvant que lebenzène,
sansqu’on
sache aujuste
pourquoi.
Pour l’alcoolméthylique,
dont lapolarité
estcependant
plus
faible que celle del’acétone,
ladéviation est
plus
marquée.
C’est un cas où l’oninvoque
volontiers les liaisons H. Les autres corps obéissent à peuprès
à larègle
des P. I. Il n’est pasdifférence des P.I.
explique
certaines déviationssans
qu’il
soit nécessaire de faire intervenir desassociations douteuses; mais il subsiste encore des
obscurités certaines.
SOLUTIONS 11’IÉTALLIQUES. - ()n
possède
un nombreconsidérable de données sur ces solutions. Nous avons vu comment ont été déterminés les coefficients
d’activité de ces
solutions,
soit àpartir
despressions
de vapeur, soit en utilisant les f. é. m. Grâce à ces
deux
méthodes,
onpossède
actuellement un vastematériel
expérimental,
dont on trouvera la liste dansl’ouvrage
de Hildebrand et que cet auteur autilisé pour
répondre
àquelques-unes
desquestions
qui
seposent
ausujet
del’application
des théories aux solutionsmétalliques.
Les calculs d’Hildebrand
supposent
la solutionrégulière;
ils admettent donc quel’en lropie
demélange
estégale
à celle d’une solution idéale.Est-ce exact ‘? La
réponse
laplus
directe est donnée par l’étude du coefrlcient detempérature
d’unepile.
La formule de Nernst se
généralise
en celledéjà
utiliséeoù al
est l’activité du métalélectrochimiquemcnt
actif dansl’alliage.
Si la solution estidéale,
ai =xl et
La
comparaison
des résultats observés et calculésporte
sur des coefficients de l’ordre de mV pardegré;
la concordance est bonne pour lespiles
Zn-Cd,
approchée
à o pour Ioo pour etCd-Sn,
mauvaise pour Zn-Sn et Tl-Sn. Les solutions nesont donc pas toutes
régulières.
TABLEAU IX.
1 ,
D’autres auteurs ont
comparé
la déviationà La
première
quantité
résulte del’expé-rience ;
la deuxième a été, d’unepart,
calculée par la formule deHelmholtz,
d’autrepart
déterminée par calorimétrie par Kawakami(1927).
Le Tableau IXse
rapporte
à des xi trèsfaibles;
cetteextrapolation
a été faite par Hildebrand en
portant
lesF,
-Fil
en fonction des
(o)
et non des(x);
cettereprésen-tation donne des droites.
L’accord entre les AH obtenus par les deux
procédés
est bon; mais .1F et ANpeuvent
êtreassez
différents;
la conclusion est donc la même que ci-dessus.Usage
desfractions
molaires ou desfractions
envolume. - Voici un
exemple
où les deuxprocédés
donnent des résultats assez différents. Les(v)
de Cdet Pb à
LI320
sontrespectivement
1~,25
et 19,70.Les deux
équations
à comparer sontLe Tableau X donne les valeurs de D et b calculées par ces deux
équations.
TABLEAU X.
D est constant et
égal
en moyenne à II,2; b est, aucontraire,
très variable. Hildebrand a trouvéqu’il
en est ainsiégalement
pour lessystèmes
Cddans
Sn(D=8,22);
Zn dansCd(D=I3,o5);
Zn dansSn (D = l 2,O{~).
Onpeut
considérer queces résultats terminent une
polémique
Hildebrand-Guggenheim.
Il vaut mieuxemployer
les fractionsen volume.
Cela ne veut d’ailleurs pas dire que la différence D
a bien la valeur calculée par
Hildebrand,
soitS’il en était
ainsi,
enprenant
troiscouples
commeCd-Sn,
Zn-Cd etZn-Sn,
on devrait déduire lavaleur de D, pour le troisième des valeurs pour les