HAL Id: jpa-00208808
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00208808
Submitted on 1 Jan 1978
HAL
is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire
HAL, estdestinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.
Les premiers termes de l’énergie libre dans le modèle de Feynman pour la transition λ
M. Gaudin
To cite this version:
M. Gaudin. Les premiers termes de l’énergie libre dans le modèle de Feynman pour la transition
λ.Journal de Physique, 1978, 39 (7), pp.737-739. �10.1051/jphys:01978003907073700�. �jpa-00208808�
737
LES PREMIERS TERMES DE L’ÉNERGIE LIBRE
DANS LE MODÈLE DE FEYNMAN POUR LA TRANSITION 03BB
M. GAUDIN
CEN
Saclay,
B.P. n°2,
91190 Gif surYvette,
France(Reçu
le 6 mars1978, accepté
le 28 mars1978)
Résumé. 2014 Les
cinq
premiers termes dudéveloppement
de l’énergie libre dans le modèle deFeynman pour la transition 03BB de l’hélium 4 sont calculés exactement.
Abstract. 2014 The first five terms of the free-energy expansion in Feynman’s model for the 03BB-transi- tion in helium 4 are given exactly.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE . . TOME 39, JUILLET 1978,
Classification Physics Abstracts
67.40 - 64.70S - 05.30
1. La fonction de
partition
d’unsystème
de Natomes d’hélium
4,
de masse m, à latempérature
inverse
fi,
peut êtrereprésentée
parl’intégrale
fonc-tionnelle suivante :
Dans le but de
comprendre
la nature de la transi- tionÂ, Feynman [1] procède
à unetriple simplifica-
tion de la somme sur les
trajectoires (1) :
a)
Pour tenir compte de l’effet dupotentiel
mutuel’entre atomes, la
position
de ceux-ci est restreinte auxsites d’un réseau
périodique cubique
de forme et devolume donnés
(par exemple
un cube N =L 3).
En effet. le coeur dur a pour effet de maintenir les distances
entre
atomes voisins dans des limites étroites.La densité détermine d’ailleurs la
longueur a
de laI
maille du
réseau a3
=p-l, puisque
l’on a un atomepar site.
b)
Le propagateur dechaque particule
entre 0et fl
estapproché
defaçon
naturelle par.où m’
désigne
une masse effective.Les deux
hypothèses
ci-dessus donnent uneapproxi-
mation de
Qexact
sous forme de la sommesymétrique
suivante :
Définissons la matrice N x N d’éléments
Après
la sommation sur les x, nécessairement dis-tincts, qui
a pour effet demultiplier
par N !, on recon-naît dans
le
permanent de la matricef
c)
Si l’on note quef
décroît très vite avec ladistance,
une troisièmesimplification
consiste à neretenir dans la matrice
(4)
que les éléments domi-nants : la
diagonale f(0)
= 1 et les éléments para-diagonaux correspondant
à lapropagation
dechaque
atome d’un site au site voisin. On
appelle Â
la valeurcorrespondante
def
D’où
l’approximation
deFeynman,
donnant unefonction de
partition
modèle+ 4 +
dépendant
du seulparamètre Â,-
les éléments de la matrice A sontsi x et y ne sont pas voisins
(8)
si x et y sont voisins .
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01978003907073700
738
Si l’on
développe
le permanent(7)
par la méthode deLaplace
etqu’on
utilise l’écriturecyclique
despermutations
de nN, on obtientpour Q
lepolynôme
de
degré
N enoù
Cn
est le nombred’applications
distinctes des sys- tèmes depolygones
orientés fermés - oucycles
- ayant un nombre total de côtéségal
à n, sur les arêtesdu réseau
cubique
donné,chaque
site étantemprunté
au
plus
une fois. A noter que lespolygones
de lon-gueur 2 n’ont
qu’une
orientation et que lescycles
onttoujours
unelongueur paire.
2. Ce
rappel
deshypothèses
deFeynman
étant fait(on
trouvera leur motivation trèsétayée
dans sesarticles
[3]
et ceux de Kikuchi[2])
on s’intéresse à la limitethermodynamique
del’énergie
libre par par- ticuleOn notera la
majoration qui
découle immédiatement de(7)
où l’on a
appelé d
la dimension del’espace (nombre
decoordination q
= 2 d pour le réseaucubique).
Laconjecture
de Van der Warden[4]
pour le permanent des matricesbistochastiques
nous donne deplus
laborne inférieure
Nous avons construit sans difficulté une théorie
diagrammatique
pour ledéveloppement perturbatif
d’un permanent et l’avons
appliqué
au calcul despremiers
termes de0(î)
Les an
sont des entiers. Voici la valeur despremiers
coefficients de la série
(13) jusqu’à
l’ordreÂ",
enfonction de la dimension d =
q/2.
ce
qui
donne pour les troispremières
dimensionsLe
problème
à unedimension,
facile à résoudre, fournit un test très sûr de lajustesse
du calcul despoids
et d’une énumération correcte. Par
exemple
l’éva-luation du terme en
À. 10
nécessiteplus
de 200 dia-grammes connexes. Pour d = 3, la contribution d’un
diagramme
est couramment de l’ordre de103-104.
La somme des 205 contributions est de l’ordre de
103,
ce
qui
donne une idée des effets decompensation.
On remarque que la fonction 0 admet une forme limite
lorsque
la dimension devient infinie, leproduit À.2
d = x restant constantDonnons enfin une borne inférieure du rayon de convergence de la série
(13)
pourod(Â). D’après
uneformule connue on a :
pourvu que
On a la
majoration
739
où
( ) signifie
valeur moyenne sur lesangles
9.,tPd(À)
converge donc pour 2 Àd 1 .(22)
La borne
(19)
donne lieu à une somme sur lespoly-
gones où la condition’ de non-intersection est levée.
La
majorante (21)
del’énergie
libre manifeste unetransition essentiellement la même que celle d’un
système
de Bose sans interaction et ne nousapprend
pas
grand
chose sur celle de 0.Bien que ce soit
probablement
lepoids
despoly-
gones de
longueur macroscopique qui
soitprépon-
dérant au
voisinage
de latransition,
l’information contenue dans lespremiers
coefficients de4>(À), qui
ne font intervenir
que’des polygones
d’ordre 10 toutau
plus,
a au moins le mérite d’être sûre. Il serait utile del’exploiter
au mieux en construisant les diversapproximants
de Padé, mais ceci reste entièrement à faire. Onpourrait
utiliser aussi le comportement àl’infini,
sûrement enlog  d’après (11)
et(12),
enétudiant les
approximants [N,
N -1] ]
de eCb. Pourd = 2, le résultat de Fisher
[5]
pour lesystème
dedimères sur réseau
quadratique
permet de calculer+ +
avec
On a donc :
Comparer 0,58
avec la borne inférieurelog 4/e
= 0,386et la borne
supérieure 1,38
données par(11)
et(12).
On aura noté que les séries
(15)
et(16)
pour les dimensionsphysiques
commencent alternées et ontune allure
géométrique,
cequi
n’entraîne pas forcé-ment l’absence de
singularité physique.
Par contre, ledéveloppement
dans la variable x = Â’ d, auvoisinage
de d = oo, fait intervenir des coefficients de mêmesigne (sauf
le second!),
mais on ne peutplus
rien dire sur le rayon de convergence de la série
Remerciements. - Je remercie M. L. Mehta qui s’est intéressé à ce calcul et a vérifié les résultats.
Bibliographie
[1] FEYNMAN, R. P., Phys. Rev. 90 (1953) 1116; 91 (1953) 1291.[2] KIKUCHI, R., Phys. Rev. 96 (1954) 563.
[3] FEYNMAN, R. P., Statistical Mechanics. A set of lectures (Benja- min) 1972, Chap. 11.10.
[4] MARCUS, M. & MINC, H., A survey of matrix theory and matrix inequalities (P.W.S.) 1964 (§ 2.11. 6 et 5.11.6).
[5] FISHER, M. E., Phys. Rev. 124 (1961) 1664.