Master CFP – Parcours de Physique Quantique : de l’atome au solide 10 mars 2013 Int´ egrales de chemin
TD n o 1 : Prol´ egom` enes 1 Moments et Cumulants
Soit une variable al´ eatoire x ∈ R distribu´ ee par une loi p(x). Les moments de cette loi sont d´ efinis comme : hx k i = R
dx p(x) x k . 1/ Comment la fonction g´ en´ eratrice
g(b)
def= h e bx i (1)
est elle reli´ ee aux moments ?
2/ On introduit la fonction g´ en´ eratrice des cumulants w(b) = ln g(b) =
∞
X
n=1
b n
n! hx n i c (2)
Montrer en particulier que
hxi c = hxi (3)
hx 2 i c = hx 2 i − hxi 2 = h(x − hxi) 2 i (variance) (4)
hx 3 i c = h(x − hxi) 3 i (skewness) (5)
hx 4 i c = h(x − hxi) 4 i − 3h(x − hxi) 2 i 2 (kurtosis) (6) 3/ Quels sont les moments et les cumulants de la distribution gaussienne : p(x) = √ 1
2π e −x
2/2 ? 4/ Mˆ eme question pour la distribution de Poisson : p(x) = e −x pour x ∈ R + .
5/ Cumulants de l’´ energie.– Montrer que hE n m i c = (− ∂β ∂ ) m ln Z β o` u Z β = P
n e −βE
nest la fonction de partition canonique.
6/ On consid` ere un mod` ele classique dont l’´ energie est H = H 0 + U . Montrer que l’´ energie libre se d´ eveloppe en fonction de U comme :
F = F 0 + hU i 0 − β
2 hU 2 i 0 − hU i 2 0
+ · · · (7)
o` u h· · ·i 0
def= P
C · · · Z 1
0
e −βH
0(C) (la somme porte sur les diff´ erentes configurations C du syst` eme).
7/ Appliquer la formule pr´ ec´ edente au cas de l’oscillateur anharmonique : H 0 = 1 2 (p 2 + ω 2 x 2 ) et U = λ x 4 .
2 Quelques int´ egrales gaussiennes
1/ Calculer R +∞
−∞ dx e −
a2x
2+bx
2/ Pour int´ egrer dans R 2 on introduit la notation complexe dzd¯ z
def= dxdy.
Calculer R
dzd¯ z e −¯ zaz+¯ bz+¯ zb o` u a, b et c sont trois nombres complexes (Re a > 0).
3/ Soit X un vecteur colonne de R N dont les composantes sont x 1 , · · · , x N . On note dX
def= dx 1 · · · dx N la mesure d’int´ egration dans R N . Calculer R
R
NdX e −
12X
TAX+B
TX o` u A est une matrice N × N r´ eelle sym´ etrique dont toutes les valeurs propres sont strictement positives.
4/ Soit Z un vecteur de C N . On note dZdZ † la mesure d’int´ egration dans C N (i.e. si Z = X +iY avec X, Y ∈ R N alors dZ dZ †
def= dx 1 dy 1 · · · dx N dy N ). Calculer R
C
NdZdZ † e −Z
†AZ+B
†Z+Z
†B o` u A est une matrice N × N hermitique dont toutes les valeurs propres sont strictement positives.
B est un vecteur de C N .
3 Mesure gaussienne, fonction g´ en´ eratrice et th´ eor` eme de Wick
Le vecteur colonne X ∈ R N regroupe N variables al´ eatoires (x 1 , · · · , x N ) distribu´ ees selon une mesure gaussienne :
d N X P (X) = d N X N exp − 1
2 X T AX (8)
o` u A est une matrice N × N r´ eelle sym´ etrique dont toutes les valeurs propres sont strictement positives.
0/ Donner un exemple de situation physique o` u une telle mesure apparaˆıt.
1/ Que vaut la constante de normalisation N ?
2/ Fonction g´ en´ eratrice.– On introduit la fonction du vecteur B ∈ R N :
G(B)
def= h e B
TX i (9)
o` u h· · ·i d´ esigne la moyenne sur une mesure d N X P (X).
a/ Comment les fonctions de corr´ elation hx i
1· · · x i
ni peuvent-elles se d´ eduire de G(B ) ?
b/ Calculer explicitement G(B) pour la mesure (8). En d´ eduire la fonction de corr´ elation ` a deux points hx i x j i, puis celle ` a quatre points hx i x j x k x l i.
3/ Th´ eor` eme de Wick.– Pour une mesure gaussienne, la fonction de corr´ elation ` a 2n points est obtenue en “contractant” de toutes les mani` eres possibles les variables deux ` a deux :
hx i
1x i
2x i
3x i
4· · · x i
2n−1x i
2ni = hx i
1x i
2i hx i
3x i
4i × · · · × hx i
2n−1x i
2ni + (autres contractions) (10) Quel est le nombre de contractions ?
4/ On consid` ere deux variables gaussiennes x et y telles que hxi = hyi = 0 et hx 2 i = 5, hy 2 i = 2 et hxyi = 3.
a/ Calculer hx 4 i, hx 3 yi, hx 2 y 2 i et hxy 5 i.
b/ Quelle est la mesure P (x, y) ?
4 Mesure gaussienne P (X ) ∝ exp − 1 2 X T AX avec det A = 0
Dans certains probl` emes on peut ˆ etre amen´ e ` a consid´ erer une mesure P(X) ∝ exp − 1 2 X T AX
dans R N pour une matrice r´ eelle sym´ etrique A telle que det A = 0. Dans ce cas P (X) n’est
une mesure acceptable (normalisable) que dans le sous espace de R N compl´ ementaire de KerA.
Consid´ erons une telle situation :
X T AX =
N
X
n=2
(x n − x n−1 ) 2 (11)
1/ Exprimer A. Donner le vecteur propre V (0) associ´ e ` a la valeur propre 0.
2/ On note λ m et V (m) , m = 0, · · · , N − 1 les valeurs propres et les vecteurs propres. Montrer que :
λ m = 4 sin 2 mπ 2N
(12) et
V n (0) = 1
√
N (13)
V n (m) = r 2
N cos mπ
N (n − 1/2)
pour m > 0 (14)
Orthonormalisation : On pourra v´ erifier l’orthonormalisation des vecteurs propres en utilisant P N
n=1 z n m = N δ m,0 o` u z n = exp 2iπn N sont les racines N i` emes de l’unit´ e.
3/ On introduit la matrice orthogonale O = (V (0) · · · V (N −1) ) qui relie le vecteur X ` a Q par : X = OQ. Une mesure satisfaisante peut ˆ etre exprim´ ee en fonction des nouvelles variables comme :
dq 1 dq 2 · · · dq N−1 N exp − 1 2
N −1
X
n=1
λ m q m 2 (15)
On note h· · ·i la moyenne par rapport ` a cette mesure. Si on choisit q 0 = 0, donner l’expression de la fonction de corr´ elation ` a deux points C n,n
0= hx n x n
0i.
4/ Si on choisit maintenant q 0 = cste 6= 0, montrer que l’on obtient une autre fonction de corr´ elation C e n,n
0= hx n x n
0i.
5/ Application : chaˆ ıne de ressorts classique ` a l’´ equilibre thermodynamique.– Une chaˆıne de ressorts est d´ ecrite par son hamiltonien :
H({x n , p n }) = 1 2
N
X
n=1
p 2 n + 1 2 ω 2
N
X
n=2
(x n − x n−1 ) 2 (16)
o` u x n , p n d´ esignent les positions et les impulsions de N masses reli´ ees par des ressorts.
a/ ´ Ecrire la mesure de Gibbs de la chaˆıne. Montrer que la fonction de partition peut s’´ ecrire Z β = Z β cin Z β pot . Par la suite on ne s’int´ eressera qu’` a la partie potentielle de l’´ energie.
b/ Quelle est l’origine physique de la valeur propre nulle de la matrice A ? c/ ´ Ecrire la mesure associ´ ee ` a l’´ energie de vibration.
d/ Donner l’expression des corr´ elations hq m q m
0i entre coordonn´ ees normales.
e/ En d´ eduire les corr´ elations entre les positions des masses hx n x n
0i.
f/ Fluctuations.– Nous ´ etudions ce r´ esultat dans la limite de grande ´ echelle (limite contiue N → ∞, a → 0 avec L = N a fix´ ee). Analyser hx 2 n i en fonction de n dans la limite continue.
Th´ eor` eme de Mermin-Wagner.– En n´ egligeant l’effet des bords, ´ etudier h(x n − x m ) 2 i. Dis- cuter la stabilit´ e de la phase “cristalline” 1D sous l’effet des fluctuations thermiques.
Indication : Dans la limite continue on peut remplacer la somme finie sur les modes par une somme infinie. On utilise : P ∞
m=1 1
(mπ)
2cos(mπx) cos(mπx 0 ) = 1 4 [x 2 < + (1 − x > ) 2 ] o` u x < = min (x, x 0 ) et x > = max (x, x 0 ).
5 D´ erivation et int´ egration fonctionnelles
Soit f (t) une fonction r´ eelle d’un espace de fonctions L( R ) et F [f (t)] une fonctionnelle (on rappelle qu’une fonctionnelle est une application de L( R ) → R ). On d´ efinit les d´ eriv´ ees fonc- tionnelles par le d´ eveloppement 1 :
F [f ] = F[0] + Z
dt f(t) δF
δf (t) [0] + 1 2!
Z
dtdt 0 f (t)f (t 0 ) δ 2 F
δf (t)δf(t 0 ) [0] + · · · (17) Remarques :
• La d´ eriv´ ee fonctionnelle δf δF (t) est une fonction de t.
• Une fa¸ con commode de la calculer est d’utiliser : δF
δf (t) [f ] = lim
→0
F [f (t 0 ) + δ(t 0 − t)] − F[f (t 0 )]
(18)
A. D´ erivation fonctionnelle
Calculer les d´ eriv´ ees fonctionnelles premi` eres de F 1 [f ] = R
dt f(t), F 2 [f ] = R
dt f(t) n , F 3 [f ] = R
dt e f (t) , F 4 [f ] = exp R
dt e f (t) , G t
0[f ] = f (t 0 )
et la d´ eriv´ ee fonctionnelle seconde de F 4 [f ].
B. Fonctionnelle g´ en´ eratrice
De mˆ eme qu’on a ´ etendu le concept de d´ eriv´ ee partielle ` a celui de d´ eriv´ ee fonctionnelle, on extrapole la notion d’int´ egration sur N variables R
d N X · · · ` a celle d’int´ egration sur des espaces de fonctions, not´ ee R
Df (t) · · ·
En particulier, ce nouvel outil est n´ ecessaire si l’on souhaite consid´ erer une fonction al´ eatoire distribu´ ee avec une certaine mesure Df (t) P [f ]. On d´ efinit la fonctionnelle g´ en´ eratrice des fonc- tions de corr´ elation comme :
G[b(t)]
def= h e R dt b(t)f (t) i (19) o` u la moyenne est d´ efinie par
h· · ·i
def= Z
Df(t) · · · P[f ] (20)
1
Notez l’analogie avec le d´ eveloppement d’une fonction F(X) de N variables : F (X) = F (0) + P
i
X
i∂F∂Xi
(0) +
1 2
P
i,j
X
iX
j ∂2F∂Xi∂Xj
(0) + · · ·
1/ Bruit blanc gaussien.– On consid` ere la mesure gaussienne Df (t) exp − 2w 1 R
dt f (t) 2 (on admet que la constante de normalisation est rentr´ ee dans la d´ efinition de Df ). Calculer la fonctionnelle g´ en´ eratrice G[b] et d´ eduire les fonctions de corr´ elation de f (t).
2/ Un bruit blanc non gaussien.– On consid` ere la fonction al´ eatoire f (t) = w
N
X
n=1
δ(t − t n ) sur [0, T ]. (21)
Le nombre N le pics est al´ eatoire et les t n sont des variables d´ ecorr´ el´ ees et uniform´ ement dis- tribu´ ees sur [0, T ]. La mesure est (Poisson) :
dt 1 · · · dt N P N (t 1 , · · · , t N ) = (λT ) N
N ! e −λT dt 1
T · · · dt N
T (22)
o` u λ est la densit´ e de pics δ.
a/ Montrer que la fonction g´ en´ eratrice des moments de f (t) est : G[b] = exp λ
Z T 0
dt( e wb(t) − 1) (23)
D´ eduire les fonctions de corr´ elation connexes (cumulants).
b/ Application : th´ eorie classique du bruit de grenaille.
Dans un conducteur ´ electrique, la nature discr` ete des porteurs de charge (les ´ electrons) conduit
`
a l’apparition de fluctuations du courant ´ electrique I . Lorsque le conducteur est ` a l’´ equilibre (hIi = 0), les fluctuations thermiques sont responsables de fluctuations dite de Johnson-Nyquist : hI 2 i = 2k B T /R o` u R est la r´ esistance.
Si le conduteur est soumis ` a une diff´ erence de potentiel, une mod´ elisation simple consiste
`
a ´ ecrire le courant comme une succession d’impulsions I (t) = q P
n f (t − t n ) arrivant ` a des temps suppos´ es d´ ecorr´ el´ es (o` u f (t) est une fonction tr` es ´ etroite t.q. R
dt f (t) = 1). La mise hors ´ equilibre du syst` eme produit des fluctuations du courant appel´ ees bruit de grenaille (ou de Shottky). En supposant que f (t) = δ(t) calculer le courant moyen hI(t)i ainsi que le spectre de bruit S(ω)
def= R
d(t − t 0 ) e iω(t−t
0) hI(t)I(t 0 )i c . Montrer que le spectre de bruit est proportionnel au courant moyen : S(ω = 0) = q hI i.
Remarque : Ce r´ esultat a permis r´ ecemment de mettre en ´ evidence l’existence de charges frac- tionnaires dans le r´ egime de l’effet Hall quantique fractionnaire.
L. Saminadayar, D. C. Glattli, Y. Jin & B. Etienne, Observation of the e/3 Fractionally Charged Laughlin Quasiparticle, Phys. Rev. Lett. 79 (1997) 2526.
M. Reznikov, R. de Picciotto, T. G. Griffiths, M. Heiblum & V. Umansky, Observation of qua- siparticles with 1/5 of an electron’s charge, Nature 399 (May 1999) 238.
c/ (question facultative) G´ en´ eraliser le calcul de la question a/ des fonctions de corr´ elations (1) au cas o` u les pics ont une largeur finie (δ(t) → h(t) o` u cette derni` ere fonction a une largeur ) ; discuter l’allure de S(ω).
(2) Au cas o` u les poids des pics δ sont al´ eatoires : f (t) = P N
n=1 w n δ(t − t n ). Les poids w n sont
d´ ecorr´ el´ es et distribu´ es par la mˆ eme loi. On exprimera les fonctions de corr´ elation connexes de
f (t) en fonction des moments des w n .
6 Mesure gaussienne g´ en´ erale – Chaˆıne de ressorts dans la li- mite continue
Soit f(t) une fonction r´ eelle distribu´ ee selon une mesure gaussienne (forme la plus g´ en´ erale) : P [f] ∝ exp − 1
2 Z
dt 0 dt f(t 0 )A(t 0 , t)f(t) (24) 1/ Comment d´ efinir l’inverse C(t, t 0 ) du noyau int´ egral A(t, t 0 ) ?
2/ Calculer la fonctionnelle g´ en´ eratrice des moments (19) et en d´ eduire les fonctions de corr´ elation
`
a n points.
3/ Exemple 1 : On consid` ere A(t 0 , t) = w 1 δ(t 0 − t). Donner C(t 0 , t) et G[b].
4/ Exemple 2 : On s’int´ eresse maintenant ` a A(t 0 , t) = −δ(t 0 − t) dt d
22. a/ Exprimer P[f ].
b/ On est maintenant confront´ e au mˆ eme probl` eme que dans l’exercice 4. Il faut donc sp´ ecifier plus pr´ ecis´ ement l’espace des fonctions f(t) sur lequel la mesure est d´ efinie. Par exemple on choisit de consid´ erer les fonctions f (t) sur [0, T ] telles que f (0) = f (T) = 0. En d´ eduire C(t, t 0 ).
5/ Limite continue de la chaˆ ıne de ressorts.– On reprend l’´ etude de la chaˆıne de ressorts de l’exercice 4, dans la limite continue. Nous ´ ecrivons la mesure de Gibbs sous la forme :
dx 1 · · · dx N e −βE
p[{x
n}] = dx 1 · · · dx N e −
β2ω
2P
Nn=2(x
n−x
n−1)
2−→
N →∞ Dx(n) e −
β 2
ω
2R
N0
dn
dx(n)dn
2(25) o` u n sera trait´ e comme une variable continue et x n → x(n) comme un
champ
(on ne consid` ere pas la partie cin´ etique de l’´ energie qui n’induit aucune corr´ elation entre les particules). ` A quelle situation physique correspondrait les conditions aux limites x(0) = x(N ) = 0 ? Donner la valeur de la fonction de corr´ elation hx(n)x(n 0 )i dans ce cas. Discuter physiquement ce r´ esultat (en particulier qu’implique le comportement des fluctuations hx(n) 2 i).
7 Changement de variables dans une int´ egrale de chemin
On consid` ere l’int´ egrale de chemin K(x, t|0, 0) =
Z x(t)=x x(0)=0
Dx e − R
0tdt
0( ˙ x
2+V (x)) (26) solution de l’´ equation :
∂
∂t − 1 4
∂ 2
∂x 2 + V (x)
K(x, t|0, 0) = δ(x) δ(t) (27) On proc` ede au changement de variables :
x = λy
t = ητ (28)
Montrer que :
Z x(t=ητ )=λy x(0)=0
Dx e − R
0tdt
0( ˙ x
2+V (x)) = 1 λ
Z y(τ)=y y(0)=0
Dy e −
R
τ0