Mathématiques
Composition n o 1
27 septembre 2010
de 9h15 à 11h15
Nombres complexes
Ï L’usage de la calculatrice est interdit durant l’épreuve.
Ï Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Ï Si le candidat découvre en cours d’épreuve ce qu’il croît être une erreur d’énoncé, il le préci- sera dans sa copie.
Ï L’épreuve comporte sept exercices sur les nombres complexes.
Paris XVIe 2010-2011
Exercice 1 — Pour commencer en douceur On considère le nombre complexez=¡
1−p 3¢
−i·¡ 1+p
3¢ . 1. Déterminer le module et un argument dez2.
2. En déduirezsous forme polaire.
3. En déduire les valeurs exactes de cos¡17π 12
¢et sin¡17π 12
¢.
4. En utilisant ces résultats, résoudre dansRl’équation suivante d’inconnuex: (E) : ³
1−p 3´
·cos(x)−³ 1+p
3´
·sin(x)=2
Exercice 2 — Module
Soientn∈Nstrictement supérieur à 1 etz1,... ,zndes nombres complexes non nuls de même module. Montrer que le nombre
(z1+z2)·(z2+z3)···(zn−1+zn)·(zn+z1) z1·z2···zn
est un réel.
Exercice 3 — Forme polaire d’une somme géométrique Soientα∈Retz=eiα. Ecrire 1+z+z2sous forme polaire.
Exercice 4 — Une équation Résoudre l’équation
27·(z−i)6=(z+1)6
Exercice 5 — Paramétrage deU
On noteU, l’ensemble des nombres complexes de module 1. On rappelle quez∈Usi, et seulement si, il existe un réelθtel quez=eiθ.
1. Soitz, un élément deU, différent de 1. Démontrer que le quotient z+1
z−1 est un imaginaire pur.
1+λi 1−λi appartient àU. Étudier la réciproque.
3. Soitz∈C. Démontrer que, pour toutu∈U\ {1}, le quotient z−uz
1−u est réel. Étudier la réciproque.
Exercice 6 — Une factorisation Pour toutréel x, on pose :
P(x)=(x2−4x+5)2+(x+1)2 1. Résoudre dansCl’équation
z2−4z+5+i(z+1)=0 2. Résoudre dansCl’équation
(z2−4z+5)2+(z+1)2=0 3. En déduire quatre nombres réelsA,B,CetDtels que
∀x∈R, P(x)=(x2+Ax+B)·(x2+C x+D)
Exercice 7 — Une équation atypique Résoudre dansCl’équation
z2−2i z+1=0
Corrigé de l’exercice 1 — Pour commencer en douceur
1. On a
z2=4·
³
−p 3+i´
=8·e5iπ/6 ainsi¯
¯z2¯
¯=8 et56πest un argument dez2.
2. On déduit de la question précédente quez= ±2p
2·e5iπ/12et comme Re(z)<0, on a z= −2p
2·e5iπ/12=2p
2·e17iπ/12 3. On en déduit que
cos
µ17π 12
¶
=Re µ z
2p 2
¶
= − p3−1
2p 2 sin
µ17π 12
¶
=Im µ z
2p 2
¶
= − p3+1
2p 2 4. Après division par 2p
26=0, l’équation (E) : ³
1−p 3´
·cos(x)−
³1+p 3´
·sin(x)=2 est équivalente à
Ã1−p 3 2p
2
!
·cos(x)−
Ã1+p 3 2p
2
!
·sin(x)= 2 2p
2= 1 p2 et l’on déduit de la question précèdente que cette équation est équivalente à
cos µ17π
12
¶
·cos(x)+sin µ17π
12
¶
·sin(x)=cos³π 4
´
c’est-à-dire
cos µ
x−17π 12
¶
=cos³π 4
´
Les solutions de cette dernière équations sont les réelsxvérifiant x−17π
12 = ± π 4[2π] On trouve finalement que l’ensemble des solutions est
S = µ7π
6 +2π·Z
¶
∪ µ5π
3 +2π·Z
¶
Corrigé de l’exercice 2 — Module
Soitr>0 le module des nombresz1,...,zn. Ecrivonszk=r·eiθk avecθk∈Rpour tout 1ÉkÉn.
On a alors, après passage à l’angle moitié,
Z =(z1+z2)·(z2+z3)···(zn−1+zn)·(zn+z1) z1·z2···zn
=
¡r·eiθ1+r·eiθ2¢
·¡
r·eiθ2+r·eiθ3¢
···¡
r·eiθn−1+r·eiθn¢
·¡
r·eiθn+r·eiθ1¢ r·eiθ1·r·eiθ2···r·eiθn
=
2n·rn·ei(θ1+···+θn)·cos
µθ1−θ2 2
¶
·cos
µθ2−θ3 2
¶
···cos
µθn−θ1 2
¶
rn·ei(θ1+···+θn)
=2n·cos
µθ1−θ2 2
¶
·cos
µθ2−θ3 2
¶
···cos
µθn−θ1 2
¶
Ainsi
(z1+z2)·(z2+z3)···(zn−1+zn)·(zn+z1) z1·z2···zn ∈R
Corrigé de l’exercice 3 — Forme polaire d’une somme géométrique
On a 1+z+z2=1+eiα+e2iα=1+e2iα+eiα
=2 cos(θ)eiα+eiα
=[2 cos(α)+1]eiα
Corrigé de l’exercice 4 — Une équation
NotonsE l’éqauation de l’énoncé. Puisquez= −1 n’est pas solution,Eest équivalente à µp
3·z−i z+1
¶6
=1
Le nombrezest donc solution deE si et seulement siil existe 0ÉkÉ5 tel que p3·z−i
z+1=ei kπ/3 i.e.
z=ei kπ/3+ip p 3
3−ei kπ/3 Après tout calcul, on trouve les solutions suivantes :
1 2+
p3 2 +i·
Ã3 2+
p3 2
! , 1
2− p3
2 +i· Ã3
2− p3
2
! , −17
26− p3
26+i· Ã33
26+5p 3 26
! , −17
26+ p3
26+i· Ã33
26−5p 3 26
!
+ 7 26−5p
3 26 ±i·
à 9 26−
p3 26
! , 7
26+5p 3 26 ±i·
à 9 26+
p3 26
!
REMARQUE–On a obtenu ces expressions au moyen de Maple par la ligne suivante :
> for k from 0 to 5 do
expand(rationalize(evalc((I*sqrt(3)+exp(I*k*Pi*1/3))/(sqrt(3)-exp(I*k*Pi*1/3))))) do;
Corrigé de l’exercice 5 — Paramétrage deU
1. Commez∈U\{1}, il existe un réelθtel que z+1
z−1=eiθ+1 eiθ−1
=eiθ/2
eiθ/2· 2 cosθ/2 2isinθ/2
∈iR.
2. Quel que soit λ ∈ R, les nombres 1+λi et 1−λi sont conjugués, donc leurs modules sont égaux et leur quotient est de module 1.
Réciproquement, s’il existe un réelθtel que 1+λi
1−λi =eiθ,
alorseiθ6= −1 (puisque le numérateur et le dé- nominateur ne peuvent être opposés), et donc
λi=eiθ−1
eiθ+1=isin(θ/2) cos(θ/2), doncλ∈R.
3. Commeu∈U\ {1}, on sait queu=1/u(on sait aussi quez=z) et par conséquent,
z−uz
1−u =z−z/u
1−1/u =uz−z
u−1 =z−uz 1−u . Ainsi, le nombre complexe (z−uz)/(1−u) est égal à son conjugué, c’est donc un nombre réel.
Réciproquement, supposons que le rapport z−uz
1−u
soit un réelλ. Alors, siλ6=z, c’est-à-dire siz n’est pas réel,
u= λ−z λ−z
est le quotient de deux nombres complexes conjugués, doncu∈U.
En revanche, sizest réel, alors z−uz
1−u =z∈R
quel que soitu∈C\ {1}. La conditionz∉Rest donc une condition nécessaire et suffisante pour que la réciproque soit vraie.
Corrigé de l’exercice 6 — Une factorisation
1. Le discriminant de l’équation vaut
∆= −5−12i=(2−3i)2 d’où les solutions
{1+i,3−2i}.
2. On a, pour toutzdansC
(z2−4z+5)2+(z+1)2=(z2−4z+5+i(z+1))(z2−4z+5−i(z+1))
Or,zvérifie
z2−4z+5+i(z+1)=0 si et seulement si zest solution de
z2−4z+5−i(z+1)=0.
On en déduit les solutions de cette dernière équation :
{1−i,3+2i}.
3. On a, d’après les questions précédentes, pour tout nombre réelx
P(x)=(x−1−i)(x−3+2i)(x−1+i)(x−3−2i)
=(x−1−i)(x−1+i)(x−3+2i)(x−3−2i)
=(x2−2x+2)(x2−6x+13)
Corrigé de l’exercice 7 — Une équation atypique
Posons z = x+i y avec x et y dans R. Le nombrezest solution de l’équationsi et seule- ment si
x2−y2+2i x y−2i(x−i y)+1=0, c’est-à-dire
[x2−y2−2y+1]+2i[x y−x]=0, ce qui équivaut au système
½x2−y2−2y+1= 0 x(y−1) = 0 . Ce système est équivalent à
½x2−y2−2y+1= 0
y = 1 ou
½x2−y2−2y+1= 0
x = 0
ie
½x2 = 2 y = 1 ou
½y2+2y−1 =0
x =0 ,
soit encore, après résolution des équations du second degré :
½x = ±p 2
y = 1 ou
½y = −1±p 2
x = 0 .
Il y a donc quatre solutions : i(−1+p
2), −i(1+p 2), p
2+i et −p 2+i