Écricome 2017 voie E Correction
Exercice 1
Dans tout l’exercice, on considère la matriceA∈M3(R)définie par A=
0 1 2
−1 2 2
−3 3 1
.
Partie A : Étude de la matriceA
1) On commence par expliciter la matriceA−Iavant de calculer ses puissances :
A−I=
0 1 2
−1 2 2
−3 3 1
−
1 0 0 0 1 0 0 0 1
=
−1 1 2
−1 1 2
−3 3 0
.
Il apparaît alors que
(A−I)2=
−6 6 0
−6 6 0
0 0 0
, et (A−I)3=0.
2) Il découle de la question précédente que le polynôme(X−1)3 annuleA. Les valeurs propres deAsont donc nécessairement les racines de ce polynôme qui n’en admet qu’une : 1.
3) SiAétait diagonalisable, sa matrice dans une base de vecteurs propres serait, d’après la ques- tion précédente, l’identité, mais alors, cette dernière commutant avec la matrice de passage (et avec son inverse), finalementAserait l’identité, ce qui n’est pas le cas. Elle n’est donc pas dia- gonalisable. En revanche, 0 n’étant pas valeur propre, le noyau de l’endomorphisme associé à Aest réduit au vecteur nul ; il est donc bijectif etAest inversible.
Partie B : Recherche d’une solution particulière On note, pour toutx∈]−1; 1[,ϕ(x) =√
1+x.
4) Pour tout x∈]−1; 1[, 1+x>0, or la fonction racine est de classe C∞ (donc en particulier C2) sur cet intervalle. Par composition,ϕ est bien de classe C2sur ]−1; 1[. Pour tout xs’y trouvant, on a
ϕ′(x) = 1 2√
1+x, ϕ′′(x) = −1 4(1+x)√
1+x. En particulier,
ϕ′(0) =1
2, et ϕ′′(0) =−1 4.
5) D’après les formules de Taylor,ϕ étant de classeC2 au voisinage de 0, elle admet un déve- loppement limité d’ordre 2 donné par
ϕ(x) = ϕ(0) +ϕ′(0)x+ϕ′′(0)
2! x2+x2ε(x)
= 1+x 2−x2
8 +x2ε(x).
Il suffit donc de prendreα =−1/8.
6) On considère donc la fonction polynomialePde degré 2 défini par P(x) =1+x
2−x2 8. Un développement trivial donne
(P(x)2) =1+x−x3 8 + x4
64.
7) En notant alorsC=A−I, la toute première question s’exprime commeC3=0 (il en est de même pour toutes les puissances supérieures). Ainsi,
P(C)2=I+C−1
8C3+ 1
64C4=I+C=A.
En posantM=P(C), on a clairementM2=A. Les coefficients explicites deMsont les suivants M = P(C) =I+1
2C−1 8C2
=
1 0 0 0 1 0 0 0 1
+1 2
−1 1 2
−1 1 2
−3 3 0
−1 8
−6 6 0
−6 6 0
0 0 0
= 1 4
5 −1 4
1 3 4
−6 6 4
.
Partie C - Résolution complète de l’équation
Soit f l’endomorphisme dont la matrice dans la base canonique est la matriceA.
9) Soientu,vetwles vecteurs définis par
w = (1,0,1) =e1+e3 v = f(w)−w
u = f(v)−v
. a: On calcule
v = f(w)−w
= Cw
= (1,1,−3) u = f(v)−v
= f(f(w)−w) + f(w)−w= f2(w)−w=C2w
= (−6,−6,0)
b: Pour montrer que la famille B′=
−6
−6 0
,
1 1
−3
,
1 0 1
forme une base deR3, il suffit de montrer que ces trois vecteurs forment une famille libre. Soient alors x,y,z∈R
tels quexu+yv+zw=0. Il suffit de montrer que, nécessairement,x=y=z=0. On résout donc le système, par pivot de Gauss,
xu+yv+zw=0 ⇐⇒
−6x+y+z = 0
−6x+y = 0
−3y+z = 0
⇐⇒
−6x+y+z = 0 z = 0
−3y+z = 0
⇐⇒ x=y=z=0 et la familleB′est bien libre et forme donc une base deR3.
c: Pour connaître la matrice de f dans la base B′, il faut exprimer les images, par f, des vecteurs de B′ en fonction de ces mêmes vecteurs. La définition des vecteurs donne la décomposition souhaitée
u= f(v)−v ⇐⇒ f(v) =u+v v= f(w)−w ⇐⇒ f(w) =v+w
u= (−6,−6,0) =⇒ f(u) =A·u= (−6,−6,0) =u.
Il suit alors que,
Mat(f,B′) =
1 1 0 0 1 1 0 0 1
=T.
d: Si on introduit P la matrice de passage de la base B′ à la base canonique, alors P= Mat(Id,B′,B) est inversible et ses colonnes sont les vecteurs de la base B′ exprimés dans la base canonique
P=
−6 1 1
−6 1 0 0 −3 1
=Id(B′,B),
(qui est bien inversible car les colonnes qui la composent forment une base de R3) on a bien
T =Mat(f,B′) =Id(B,B′)Mat(f,B)Id(B′,B) =P−1AP. 10) SoitN∈M3(R).
a: Si on suppose queN2=T, alorsNT =N2·N=N3=N·N2=NT. En d’autres termes,N etT commutent. En notant
N=
a b c d e f g h i
,
on a
NT =T N⇐⇒
a = a+d a+b = b+e b+c = c+f d = d+g d+e = e+h e+f = f+i
g = g g+h = h h+i = i
⇐⇒
a = e d = 0 b = f g = 0 e = i g = 0 h = 0
,
ce qui donne bien
N=
a b c 0 a b 0 0 a
. b: Il est alors facile de résoudre l’équation cherchée
N2=T ⇐⇒
a2 = 1 2ab = 1 b2+2ac = 0
⇐⇒
a = ±1 b = 1/2a c = −1/8 et on a deux solutions :
N1=
1 1/2 −1/8
0 1 1/2
0 0 1
, et N2=
−1 −1/2 −1/8
0 −1 −1/2
0 0 −1
.
11) On utilise le fait queT =P−1APce qui, étant équivalent àA=PT P−1, donne M2=A ⇐⇒ M2=PT P−1
⇐⇒ P−1M2P=T
⇐⇒ P−1MP2
=T
⇐⇒ P−1MP=N1 ou P−1MP=N2
⇐⇒ M=PN1P−1 ou M=PN2P−1 et on a bien exhibé les deux solutions souhaitées.
12) Il est facile de voir que l’ensemble des solutions n’est pas un sous-espace vectoriel (deM3(R)).
Il existe une multitude de contre-arguments. Le plus simple est de mentionner que la matrice nulle n’en est pas un élément.
Exercice 2
Partie A
1) La limite en 0 n’est pas indéterminée : lim
x→0ϕ(x) =−∞ Au voisinage de+∞,ϕ(x) =x2a
−a+ln(x) x2a
On sait, par comparaison des fonctions, que lim
x→+∞
ln(x)
x2a =0 donc lim
x→+∞ϕ(x) =−∞ 2) x7→ln(x)estC∞surR+∗etx7→x2aestC∞surR+∗doncϕ estC∞surR+∗.
∀x∈R+∗: ϕ′(x) = 1
x−2a2x2a−1=1−2a2x2a x
ϕ′(x)>0 ⇐⇒ 1−2a2x2a>0
⇐⇒ x2a< 1 2a2
⇐⇒ x<
1 2a2
1/2a
=x0 On peut donc dresser le tableau de variations :
x
ϕ′(x)
ϕ
0 x0 +∞
+ 0 −
−∞
M M
−∞
−∞ 3) M=ϕ(x0) =ln(x0)−ax2a0 . Or ln(x0) = 1
2aln 1
2a2
etx2a0 = 1
2a2 donc : M= 1
2aln 1
2a2
− 1 2a = 1
2a
ln 1
2a2
−1
M>0 ⇐⇒ ln 1
2a2
−1>0
⇐⇒ 1 2a2 >e
⇐⇒ 2a2< 1 e
⇐⇒ a<
r1
2e cara>0 Donc :
•sia<
r 1
2e, M>0.
x
ϕ′(x)
ϕ
0 x0 +∞
+ 0 −
−∞
M>0 M>0
−∞
−∞ z1
0
z2
0
L’équationϕ′(x) =0 admet deux solutionsz1etz2vérifiantz1<x0<z2
•sia= r 1
2e, M=0. L’équationϕ′(x) =0 admet une solution qui estx0
•sia>
r 1
2e, M<0. L’équationϕ′(x) =0 n’admet pas de solutions.
Partie B
4) t7→ln(t)estC∞surR+∗,(x,y)7→xyestC2surR2,u7→uaestC∞surR+∗, donc, par compo- sition, produit et addition, f estC2sur(R+∗)2.
5) ∂1(f)(x,y) =1
x ln(y)−ay(xy)a−1 et ∂2(f)(x,y) = 1
yln(x)−ax(xy)a−1 6) (1) (x,y)est un point critique de f ⇐⇒∂1(f)(x,y) =0 et∂2(f)(x,y) =0
(1) ⇐⇒
1
x ln(y)−ay(xy)a−1 =0 1
yln(x)−ax(xy)a−1 =0
⇐⇒
ln(y) =a(xy)a ln(x) =a(xy)a
⇐⇒ x=y et ln(x) =ax2a
⇐⇒ x=y et ϕ(x) =0 C’est le résultat attendu.
7) On discute :
• Si a<
r1
2e, ϕ(x) =0 admet deux solutionsz1 et z2, donc f admet deux points critiques (z1,z1)et(z2,z2)
•Sia= r 1
2e,ϕ(x) =0 admet une seule solutionx0, donc f admet un point critique(x0,x0).
•Sia>e r 1
2e,ϕ(x) =0 n’admet pas de solutions donc f n’admet pas de point critique.
Partie C
On se place dans le cas : a<
r 1 2e 8) ∂1,12 (f)(x,y) =−1
x2ln(y)−ay−(a−1)y(xy)a−2=−1
x2ln(y)−a(a−1)y2(xy)a−2
∂2,22 (f)(x,y) =−1
y2ln(x)−ax−(a−1)x(xy)a−2=−1
y2ln(x)−a(a−1)x2(xy)a−2
∂1,22 (f)(x,y) =∂1,22 (f)(x,y)par le théorème de Schwarz.
∂1,22 (f)(x,y) = 1
xy−a(xy)a−1−a(a−1)xy(xy)a−1= 1
xy−a(xy)a−1−a(a−1)(xy)a
9) Six=y:
∂1,12 (f)(x,x) =−1
x2ln(x)−a(a−1)x2a−2 Si maintenantx=z1:
∂1,12 (f)(z1,z1) =−1
z21×az21−a(a−1)z2a1 −2=−az2a1 −2−a(a−1)z2a1 −2=−a2z2a1 −2
Ayant prouvé notre savoir faire, nous revendiquons le droit de ne pas calculer les deux autres coefficients et de profiter des réponses de l’énoncé.
∇2(f)(z1,z1) =
∂1,12 (f)(z1,z1) ∂1,22 (f)(z1,z1)
∂1,22 (f)(z1,z1) ∂2,22 (f)(z1,z1)
=
−a2z2a1 −2 1
z21−a2z2a1 −2 1
z21−a2z2a1 −2 −a2z2a1 −2
10) M X1=
1
z21−2a2z2a1 −2 1
z21−2a2z2a1 −2
= 1
z21−2a2z2a1 −2
X1
Doncλ1= 1
z21−2a2z2a1 −2est valeur propre deMassocié au vecteur propreX1. M X2=
1 z21
−1 z21
=−1 z21X2 Doncλ2=−1
z21 est valeur propre deMassocié au vecteur propreX2.
CommeX1etX2forment une base deM2,1(R), nous avons bien les deux valeurs propres deM.
Les valeurs propres deMsontλ1= 1
z21−2a2z2a1 −2etλ2=−1 z21 11) Regardons les signes deλ1etλ2. On a immédiatement : λ2<0
λ1>0⇐⇒ 1
z21 >2a2z2a1 −2⇐⇒ 1
2a2 >z2a1 Orz1est tel quez1<x0doncz2a1 <x2a0 =
"
1 2a2
1/2a#2a
= 1 2a2 Doncz2a1 < 1
2a2 et ainsi λ1>0
On aλ1>0 etλ2<0, doncil n’y a pas d’extremum local en(z1,z1).
12) Pour regarder ce qui se passe en (z2,z2), on reprend les calculs en substituant z1 par z2. On obtient les valeurs propres :
λ1= 1
z21−2a2z2a1 −2etλ2=−1 z21 On aλ2<0, mais commez2>x0on aλ2<0.
Doncil y a un maximum local en(z2,z2).
Exercice 3
Partie A
1) Les tirages ayant lieu avec remise, pour tout k∈N∗, il est clair que Xk suit la (même) loi uniforme sur[[1;n]]. On en connait l’espéranceE(Xk) = (n+1)/2.
2) a: Chaque tirage rapportant un nombre entre 1 etn, la somme dentels nombres ne peut être supérieure àndès le premier tirage, et dans le pire des cas atteintnaprès l’obtention den fois la boule numéro 1. On a alorsTn(Ω) = [[1;n]].
b: Tn=1 signifie qu’on obtient la boule numérotéendès le premier tirage, ce qui se produit avec probabilité 1/n. Ainsi,
P(Tn=1) =1 n.
c: P(Tn=n) signifie qu’on a obtenu des 1 au cours des n−1 premiers tirages, le n−ième tirage permettant nécessairement de dépasser un total den(car, pour tout k∈[[1;n]],n− 1+k>n). Chaque tirage étant indépendant des précédents, on a
P(Tn=n) =P
n−1
\
k=1
(Xk=1)
!
=
n−1 k=1
∏
P(Xk=1) = 1
n n−1
.
3) On suppose dans cette question quen=2. D’après ce qu’on a vu précédemment, on aT2(Ω) = {1; 2},P(T2=1) =1/2 etP(T2=2) =1/2. On retrouve la loi uniforme sur[[1; 2]].
4) On prend maintenantn=3. On a alorsT3(Ω) ={1; 2; 3}. Toujours d’après les questions pré- cédentes,
P(T3=1) = 1
3, et P(T3=3) = 1
3 2
=1 9. On en déduit que
P(T3=2) =1−1 3−1
9= 5 9. Il suit que
E(T3) =1
3+2×5
9+3×1 9 =16
9 , ce qui est bien le résultat attendu.
Partie B
5) La somme dek nombres compris entre 1 etndonne un nombre entreketnk. Ainsi,Sk(Ω) = [[k;nk]].
6) Soitk∈[[1;n−1]]fixé.
a: Il est clair queSk+1=Sk+Xk+1.
b: Comme Sk est une variable aléatoire, la famille d’évènements {(Sk = j): j ∈[[k;nk]]} forme un système complet d’évènements. Par la formule des probabilités totales, pour tout
i∈[[k+1;n(k+1)]], P(Sk+1=i) =
nk
∑
j=kP(Sk+1=i|Sk= j)P(Sk= j)
=
nk
∑
j=kP(Xk+1=i− j)P(Sk= j)
=
i−1
∑
j=kP(Xk+1=i− j)P(Sk= j) (carP(Xk+1=i−j) =0 sii−j>n)
= 1 n
i−1
∑
j=k
)P(Sk= j) (carXk+1֒→U[[1;n]]) 7) a: La formule du triangle de Pascal donne
j−1 k−1
+
j−1 k
= j
k
.
b: C’est une récurrence classique sur i>2 et 16k6i−1 mais dont la preuve nécessite d’être rigoureux. Pouri=2 etk=1
1
∑
j=1j−1 k−1
= 0
0
=1 1
1
= i−1
k
,
et la propriété est initialisée. Supposons alors que la propriété est vraie pour un certain i>2 et pour toutkentre 1 eti−1. Montrons qu’elle reste vraie pouri+1 et toutkentre 1 eti. On distingue alors deux cas :
— Sik=i:
i
∑
j=k
j−1 k−1
=
i
∑
j=ij−1 i−1
= i−1
i−1
=1= i
i
, et on a bien la formule attendue ;
— Si 16k6i−1 :
i
∑
j=kj−1 k−1
=
i−1 j=k
∑
j−1 k−1
+
j−1 k−1
=
i−1 k
+
j−1 k−1
(Par HR)
= i
k
(Par le triangle de Pascal) et la récurrence est bien démontrée.
c: Pour k=1, la proposition Hk découle de la loi deS1 qui est la loi de X1 et donc la loi uniforme sur[[1;n]]. Plus précisément,
P(S1=i) =1 n = 1
n1
k−1 0
.
Reste donc à vérifier le caractère héréditaire de la propriété. Supposons donc Hk vraie pour un certaink. D’après la question(6)(b),
P(Sk+1=i) = 1 n
i−1
∑
j=k
P(Sk= j)
= 1 n
i−1 j=k
∑
1 nk
j−1 k−1
(Par HR)
= 1
nk+1
i−1
∑
j=k
j−1 k−1
= 1
nk+1 i−1
k
(Par la Question(7)(b)), ce qui est bienHk+1et termine la récurrence.
8) a: L’évènement [Tn>k] signifie qu’on a besoin d’au moins k+1 tirages pour dépasser la valeur nou, de manière équivalente, qu’après k tirages, le total des nombres obtenus est inférieur ou égal àn−1, ce qui est exactement l’évènement[Sk6n−1]. Ainsi,
[Sk6n−1] = [Tn>k].
b: Soitk∈[[0;n−1]]. Il découle de la question précédente que P(Tn>k) = P(Sk6n−1) =
n−1
∑
i=k
P(Sk=i)
=
n−1 i=k
∑
1 nk
i−1 k−1
= 1 nk
n−1 k
(Par la Question(7)(b)) et on a bien la formule attendue.
9) La première formule est une formule classique, à savoir démontrer. Elle repose sur le fait que P(Tn=k) =P(Tn>k−1)−P(Tn>k)
et sur un décalage d’indice. C’est un peu une "intégration par parties discrètes".
E(Tn) =
n k=1
∑
kP(Tn=k)
=
n k=1
∑
k(P(Tn>k−1)−P(Tn>k))
=
n
∑
k=1
kP(Tn>k−1)−
n
∑
k=1
kP(Tn>k)
=
n−1 k=0
∑
(k+1)P(Tn>k)−
n k=1
∑
kP(Tn>k)
=
n−1 k=0
∑
P(Tn>k) +
n−1 k=0
∑
kP(Tn>k)−
n k=1
∑
kP(Tn>k)
=
n−1 k=0
∑
P(Tn>k)−P(Tn>n)
=
n−1
∑
k=0
P(Tn>k),
ce qu’on voulait (carP(Tn>n) =0). On injecte alors le résultat de la question précédente : E(Tn) =
n−1 k=0
∑
P(Tn>k) =
n−1 k=0
∑
1 nk
n−1 k
=
1+1 n
n−1
, par la formule du binôme.
10) Une fois de plus, cette limite est une question classique, déjà vue en classe :
1+1 n
n−1
= exp
(n−1)ln
1+1 n
= exp
n 1
n+1 nε
1 n
−ln
1+1 n
= exp
1+ε 1
n
−ln
1+1 n
−→ e, n→+∞.
En d’autres termes,
n→lim+∞E(Tn) =e.
Partie C
11) SoitY telle queP(Y =k) =(k−1)
k! (pourk∈N∗).
a: On reconnait bien sûr les manipulations classiques sur la série exponentielle. Plus précisé-
ment,
n
∑
k=1
P(Y =k) =
n
∑
k=1
k−1 k!
=
n k=1
∑
k k!−
n k=1
∑
1 k!
=
n
∑
k=1
1 (k−1)!−
n
∑
k=1
1 k!
=
n−1
∑
k=0
1 k!−
n
∑
k=1
1 k!
= 1− 1 n!
−→ 1, n→+∞
et on a bien convergence de la série de terme généralP(Y =k)dont la somme vaut bien 1.
b: Pour montrer queY admet une espérance, il suffit de vérifier que la série (à termes positifs) kP(Y =k) est convergente, et calculer sa somme. C’est encore des manipulations sur le série exponentielle :
n
∑
k=1
kP(Y =k) =
n
∑
k=1
k(k−1) k! =
n
∑
k=2
k(k−1) k!
=
n
k=2
∑
(k−2)!=
n−1
∑
k=0
1 k!
−→ e, etY admet bien une espérance, avecE(Y) =e.
12) D’après la Question(8)(b), P(Tn>k) = 1
nk
n−1 k
= (n−1)!
nkk!(n−1−k)! = 1 k!
k
∏
j=1n−j n = 1
k!
k
∏
j=11− j
n
Il suffit alors de montrer que
n→lim+∞
k
∏
j=11− j
n
=1,
ce qui est clair car j/n→0,n→+∞et que le produit est fini. On a bien
n→lim+∞P(Tn>k) = 1 k!.
13) (Tn)converge en loi versY si, il y a convergence des fonctions de répartition. Plus précisément, si
∀k∈[[1;n]], lim
n→+∞P(Tn6k) =P(Y 6k).
Ceci est clairement équivalent au fait que
∀k∈[[1;n]], lim
n→+∞P(Tn>k) =P(Y >k).
On connait la valeur de la limite ce-dessus par la question précédente. Reste donc à vérifier que
P(Y >k) = 1 k!. Par définition deY,
P(Y >k) = 1−
k
∑
j=1P(Y =k)
= 1−
k
∑
j=1
(j−1) j!
= 1−
1− 1 k!
(D’après le calcul effectué au(11)(a))
= 1 k!,
ce qu’on voulait et qui montre bien la convergence de loi de(Tn)versY.
14) Le programme à compléter ne présente aucune difficulté. On en présente une version com- mentée ci-dessous :
function y=T(n)
S=0 // on met S à 0 pour commencer y=0 // quand on a fait 0 tirage while S<n
tirage=grand(1,1,’uin’,1,n) S=S+tirage
y=y+1 // on a fait un tirage de plus end
endfunction
15) a: Le vecteur généré par loitheoY() renvoie un vecteur le longueur n correspondant à la loi deY, ses composantes[y(1), ...,y(k)]sont les probabilités théoriquesy(k) =P(Y =k).
Le vecteur généré par freqT() renvoie quant à lui les fréquences observées des valeurs prises par Tn sur 100000 réalisations de la variable. Plus précisément,y(k) correspond à la fréquence du nombre de fois où la fonctionfreqT()a renvoyékau cours des 100000 réalisations.
b: On constate que pournde plus en plus grand, larépartitiondes valeurs empiriques deTn se rapproche de plus en plus des valeurs théoriques (pourkallant de 1 à 5), illustrant donc la convergence en loi de(Tn)versY.