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Le théorème de réalisation de Borel

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

pour le vendredi 27 novembre 2020 PC∗

Le théorème de réalisation de Borel (Centrale PC 2011 - extrait)

Durée : libre

Le but de ce problème est d’étudier l’existence d’une fonction de classeC∞de R dans C, dont on a fixé a priori les valeurs des dérivées successives en 0.

On note W l’ensemble des fonctionsC∞de R dans C nulles en dehors d’un segment (qui dépend de la fonction considérée dans W ).

I

Intervention des séries entières

Soit (un) une suite complexe. On cherche dans cette partie des fonctions f ∈C

(R, C), qui sont somme d’une série entière sur un intervalle ] − δ, δ[ pour au moins un réel δ > 0 et vérifiant ∀n ∈ N, f(n)(0) = un.

I. A – Sif (x) =

+∞ X

n=0

anxnpour tout x ∈] − δ, δ[, avec δ > 0, donner une expression de f(k)(x) sur ] − δ, δ[, et en déduire f(k)(0)

en fonction de akpour tout k > 0.

I. B – Dans les exemples suivants, proposer une solutionf , en précisant une valeur de δ convenable :

I. B. 1) ∀n ∈ N, un= 2n.

I. B. 2) Pour tout n ∈ N pair, un= (−1)n/2n!, et pour tout n impair, un= 0.

I. C – Pour la suite (un) définie par ∀n ∈ N, un= (2n)!, montrer qu’aucune fonction du type considéré dans cette partie

n’est solution du problème.

II

Le théorème de Borel

II. A – Une fonction en cloche

Soit g la fonction de R dans R définie par g(x) =        ex(x−1)1 si x ∈ ]0, 1[ 0 sinon II. A. 1)

a) Montrer que pour tout naturel p il existe un polynôme Qp∈ R[X] tel que

x ∈]0, 1[, g(p)(x) = Qp(x) (x(x − 1))2pe

1 x(x−1)

Pour tout entier p > 1, exprimer Qpen fonction de Qp−1et Q

0

p−1.

b) En déduire que, pour tout entier naturel p non nul, Qpest de degré 3p − 2.

II. A. 2)

a) Montrer que pour tout entier naturel p, lim

x→0+g

(p)(x) = lim

x→1g

(p)(x) = 0. b) En déduire que g ∈ W .

II. B – Une fonction en plateau

Soit h la fonction de R dans R définie, pour tout réel x, par h(x) = R1

x−1g(t) dt

R1 0g(t) dt

.

II. B. 1) Montrer que h est de classeC∞sur R, constante sur ]−∞, 1] et sur [2, ∞[. II. B. 2) Soit ϕ la fonction de R dans R définie par ϕ(x) = h(2x)h(−2x) pour tout réel x.

a) Montrer que ϕ est de classeC∞sur R et que ϕ(p)(0) = 0 pour tout p > 1.

b) Montrer que ϕ est nulle en dehors de [−1, 1] et tracer sommairement l’allure de son graphe. c) Justifier pour tout entier naturel p non nul l’existence du réel λp= max

k∈{0,...,p−1}x∈[−1,1]max ϕ (k)(x) .

(2)

II. C – Le théorème de Borel

Soit (un) une suite complexe. On définit pour tout entier naturel n une fonction gnpar

x ∈ R g0(x) = ϕ(x) et si n > 1 gn(x) =x

n

n!ϕ(βnx)

où βn= max(1, 4n|unn).

II. C. 1)

a) Montrer que pour tout entier naturel n, la fonction gnest de classeC

∞ sur R. b) Montrer que gnest nulle hors du segment

 −1 βn, 1 βn  . II. C. 2) Soit n et j des entiers naturels tels que j < n.

a) Montrer que ∀x ∈ R, gn(x) = j X i=0 j i ! βinϕ(i)nx) x n−j+i (n − j + i)!. b) En déduire que gn(j)(0) = 0.

c) Montrer que, pour tout réel x tel que |x| > 1 βn

, on a gn(j)(x) = 0.

d) Montrer que, pour tout réel x tel que |x| 6 1 βn, on a ung (j) n (x) 62 −(n+1) .

II. C. 3) Déduire des questions précédentes que pour n, j ∈ N, gn(j)(0) =

       0 si j , n 1 si j = n. II. C. 4) En considérant σ = +∞ X n=0

ungn, montrer qu’il existe une fonction f de classeC

sur R telle que ∀j ∈ N, f(j)(0) = uj,

ce qui constitue le théorème de Borel.

Note. Ce théorème met en évidence l’existence de fonctions de classeC∞qui ne coïncident pas avec leur série de Taylor. Il suffit en effet d’appliquer le théorème de Borel à la suite un= (2n)! : il existe une fonction f de classeC

sur R telle que pour tout n ∈ N, f(n)(0) = (2n)!, bien que la série de Taylor de cette fonction ait un rayon de convergence nul.

 



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