Le questionnement continu de la recherche

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2. Démarche conceptuelle et méthodologique de recherche

2.1. Le questionnement continu de la recherche

Le fil conducteur de notre thèse correspond à la fois à notre ancrage épistémologique qui guide nos choix à tous les niveaux de la recherche, et à la formulation d’une problématique que nous posons à un phénomène du monde qui nous entoure.

Nous commençons donc par exposer notre problématique pour donner rapidement un repère au lecteur, puis nous spécifions notre positionnement de chercheur en SIC à travers des approches qui nous paraissent fondamentales.

2.1.1.Notre problématique

D’abord nous nous intéressons depuis plusieurs années au domaine artistique et culturel en développant un goût particulier pour l’art contemporain. Les technologies numériques et les réseaux se développant au cours des années 1990 dans tous les domaines de nos sociétés occidentales, l’art a aussi été touché.

À peine quelques années plus tard, nous nous trouvions en situation de construire un travail de recherche en SIC, jeunes disciplines qui portent à ce moment-là un intérêt particulier aux technologies s’immisçant dans notre société. Notre champ d’étude s’offrait à nous : la rencontre de la technologie numérique avec le domaine artistique. Parmi la multitude de possibilités d’approches, nous avons opté pour identifier l’art numérique d’après les usages des artistes. Cette première recherche en DEA76 (Méliani, 2002), nous conduit aujourd’hui à nous intéresser aux publics de l’art numérique : les rencontrer,

76Se reporter à l’introduction pour voir le cheminement qui nous a conduit du DEA à la thèse.

comprendre comment ils appréhendent l’art numérique, ce qu’ils font avec et dans quelles circonstances.

Notre problématique est donc la suivante :

Quelles sont les interactions des publics avec les œuvres numériques médiatisées par l’exposition ou par le réseau Internet et comment participent-elles à la relation circulaire permise par le dispositif artistique entre l’artiste et les publics ?

Le choix des termes clés de la formulation de notre problématique est traité un peu plus loin dans ce chapitre77. Ainsi, nous définirons précisément ce que nous entendons par interaction, notamment par rapport à l’interactivité, par dispositif et surtout en quoi le dispositif permet une relation circulaire entre l’artiste et les publics. Et nous reviendrons sur la médiatisation des œuvres, déjà esquissée précédemment78, mais que nous appliquerons aussi à l’exposition.

Nous explicitons comment cette problématique de recherche s’exprime à travers notre positionnement épistémologique et quels sont les résultats attendus.

La première partie de la problématique veut repérer les interactions des publics avec les œuvres numériques, c'est-à-dire comprendre comment les publics co-construisent du sens avec l’œuvre. Cette construction de sens s’opère inévitablement dans la situation d’interaction entre l’œuvre et les publics, que l’œuvre soit médiatisée par l’exposition ou le réseau Internet. Autrement dit, dans une situation où des publics de l’art numérique sont visiteurs d’une exposition et rencontrent des installations numériques, et dans une situation où ils sont internautes en train de consulter des œuvres net art. Précisons ici que les publics ayant participé à l’étude ne sont pas les mêmes pour l’étude de leurs interactions avec les installations numériques et celle avec les œuvres net art79. Deux questions de type constructionniste sont enchevêtrées dans la première partie de notre problématique :

- Comment les publics en situation construisent du sens avec l’œuvre ?

77Cf. 2.2. Les concepts fondamentaux convoqués.

78Cf. 1.1.3.1. La médiatisation numérique des arts.

79Cf. 2.3.1.1. Les terrains de recherche, pour le détail des contraintes.

- Comment cette interprétation de la situation les oriente dans leurs actions avec l’œuvre (que font-ils avec ?) et comment ces actions qui modifient la situation leur en donnent peut-être une autre interprétation, et ainsi de suite.

La première concerne un « processus de contextualisation primaire » qui « est consubstantiel au fonctionnement permanent de mon intelligence des faits » ; et la seconde un « processus communicationnel de contextualisation » qui « est consubstantiel au fonctionnement permanent de mes activités d’expression (conduites, attitudes, manières d’être, verbalisations…) » (Mucchielli, 2005, pp.30-31).

Nous ne pouvons comprendre les interactions des publics que si nous déconstruisons comment l’œuvre fait sens pour eux. Cette problématique de la construction du sens s’inscrit dans « une des problématiques fortes des sciences humaines toutes entières et c’est une des problématiques majeures des sciences de l’information et de la communication car il est bien évident que la communication des acteurs sociaux dépend de la façon dont ils définissent la situation » (Ibid, pp. 32-33).

Pour dégager les interactions des publics avec les œuvres, nous mettons en place une méthodologie de recueil de données de type ethnographique80 adaptée aux deux type de situations pré-citées.

La deuxième partie de la problématique cherche à savoir comment les interactions des publics avec les œuvres numériques participent à la relation circulaire permise par le dispositif entre l’artiste et les publics. Précisons tout de suite qu’il ne s’agit pas de savoir si les interactions des publics participent ou non au dispositif, puisque le terme de relation circulaire affirme notre position sur la question. Nous développons cette position, annoncée dès l’introduction, tout au long de la thèse, en considérant les installations numériques et les œuvres net art comme possibles qui se révèlent dans l’actualisation effective des publics en situation. Ainsi, le dispositif est considéré comme le lieu de la récursivité, des publics vers l’artiste et de l’artiste vers les publics.

Il s’agit alors de qualifier les interactions des publics avec les œuvres, de dire de quelles manières les visiteurs participent aux installations numériques et les

80Cf. 2.3.1.3. Les méthodes de recueil.

internautes aux œuvres net art. Le concept de dispositif prend alors toute sa place pour rendre compte de la façon dont les visiteurs participent au dispositif de l’œuvre, c'est-à-dire dans les possibilités techniques et les représentations sociales qu’il leur propose.

Nous analysons alors de manière qualitative, c'est-à-dire par induction, les interactions des publics avec les œuvres. En rassemblant ces interactions par récurrences, nos méthodes d’analyse81 nous permettent de construire des catégories qui explicitent plus clairement la façon dont les publics participent au dispositif de l’œuvre, sans toutefois réduire la richesse de leurs interactions à des types simplificateurs ou qui auraient pu être pensé en amont de ce travail.

Notre problématique de recherche questionne ainsi à travers notre posture théorique les pratiques des publics de l’art numérique sous l’angle bien spécifique de l’interaction. Nos résultats permettront de les comprendre en les explicitant et en les qualifiant pour ainsi, dans une démarche réflexive, en tenir compte lors de la conception du dispositif des œuvres et dans leur médiatisation.

2.1.2.Une approche en sciences de l’information et de la communication

Dans de nombreux ouvrages, Alex Mucchielli définit l’approche communicationnelle comme s’inscrivant dans les paradigmes systémique et constructiviste, et également dans le paradigme de la complexité, entendu peut-être comme plus englobant encore que les deux précédents.

Très modestement, nous souhaitons en quelques lignes dire en quoi ces paradigmes fondateurs nous « parlent » dans notre humanité toute entière, au delà de notre posture de chercheur ; et souligner également en quoi notre thèse s’inscrit dans ces paradigmes.

2.1.2.1. Le paradigme de la complexité

La pensée complexe est d’abord une proposition d’Edgar Morin pour répondre à la complexité du monde qui nous entoure. Ce paradigme s’articule autour de deux grandes idées : il faut accéder à la compréhension en conservant la richesse des phénomènes humains, sociaux, naturels imbriqués dans de

81Cf. 2.3.2. Les méthodes d’analyse.

multiples relations ; et nous ne pouvons réaliser ce projet sans nous ouvrir à l’interdisciplinarité, qualifiée avec humour et référence de braconnage scientifique.

Complexité et sciences de l’information et de la communication se rencontrent d’abord sur la pleinement dans la démarche interdisciplinaire. « En investissant des objets peu coutumiers, irréductibles à une discipline, tels que les cultures, les genres, les sociabilités, les manières d’être qui s’y rattachent, c'est-à-dire des objets qui recoupent des structures et des expériences de communication, les SIC se positionnent comme une interdiscipline capable de traiter de problématiques que les autres disciplines propres au SHS délaissent ou ne traitent que partiellement. Elles montrent dans ce cas toute la fécondité d’un dépassement des cloisonnements disciplinaires dans le cadre de démarches qui englobent leur objet pour ne pas perdre de vue le caractère "total", insécable, de la réalité humaine, renouant ainsi avec une des intuitions fondatrices de l’anthropologie moderne. » (Olivesi, 2006, p.194).

L’interdisciplinarité des SIC est également un atout pour aborder dans leurs recherches des objets scientifiques dits techniques82 autrement que par leur technicité. Ainsi, pour Davallon (2004, p.35), construire un objet de recherche en SIC, c’est « partir de la complexité de la réalité technique et sociale » de l’objet technique. D’une part, ces objets « sont composés d’objets principaux et d’objets auxiliaires », ce que l’auteur appelle un système d’objets techniques auxiliaires, et d’autre part « les complexes auxquels ces objets appartiennent allient des composants et des processus de nature hétérogène », définis par l’auteur comme

« complexes hétérogènes de pratiques, de savoirs, d’organisations, de machines, etc. » (Ibid, p.34). Pour qualifier ces objets de recherche, il renvoie alors au concept d’objet composite défini par Joëlle Le Marec : « Les "composites"

caractérisent des situations au sein desquelles des individus mobilisent à la fois la signification d’objets matériels et des représentations, réalisent des actions et mettent en œuvre des systèmes de normes ou de règles opératoires. » (Le Marec

& Babou, 2003, p.246).

82Nous renvoyons à J. Davallon (2004, p. 32) pour la distinction entre objet de recherche et objet scientifique.

Dans un article intitulé Pour une épistémologie complexe des SIC, Laurence Monnoyer-Smith (2008) propose trois axes fondateurs de cette épistémologie.

D’abord, en s’appuyant sur les travaux des auteurs précités, un des projets des SIC serait alors de « rendre intelligible l’intrication des relations qu’entretiennent entre eux tous les acteurs (objets compris) d’une pratique communicationnelle.

[…] Dans cette perspective, l’originalité des SIC réside dans leur aptitude à tisser des liens dans la complexité et l’hétérogénéité des technologies et des pratiques sociales afin de fournir un cadre d’analyse aux rapports de médiation qui structure cette complexité. » (Ibid, 2008, p.7).

Elle précise ensuite les exigences d’une telle épistémologie sur trois plans : la nécessité pragmatique, la considération de la matérialité des supports qui permet « de construire des concepts permettant de penser les formes de l’individuation technique, de l’enchevêtrement des pratiques et des dispositifs, et de construire avec d’autres disciplines scientifiques une vision du social comme inscrite dans les dispositifs techniques qu’ils sont amenés à développer » (Ibid, p. 8), et la construction collective d’un vocabulaire commun.

Enfin, « cette épistémologie des SIC trace les contours d’une discipline non bornée par essence, interdisciplinaire par exigence normative et heuristique et non surplombante du fait de son ancrage sur le terrain. » (Ibid, p.8). Elle souligne que ces recherches doivent toutefois s’inscrire dans la longue durée, maîtriser le corpus de connaissances SIC pour l’enrichir, et, veiller dans le cadre de commandes à prendre la distance nécessaire pour appréhender un objet de recherche et non l’objet technique.

Edgard Morin (1986) propose de passer de la métaphore architecturale à la métaphore musicale pour comprendre les fondements épistémologiques : « Une métaphore musicale de construction en mouvement qui transformerait dans son mouvement même les constituants qui la forment […]. »

En ce sens, notre recherche fredonne quelques gammes épistémologiques et selon la musique écoutée, nous irons peut-être chercher deux ou trois notes pour enrichir nos gammes. Autrement dit, nous élaborons un appareillage théorique et méthodologique pour mener à bien notre recherche, mais, d’une part, cet appareillage n’est pas pré-existant, nous le construisons selon notre sensibilité théorique, notre objectif de recherche et la confrontation au terrain ; et d’autre

part, nos outils conceptuels et méthodologiques, nos façons de faire s’élaborent et se définissent en même temps que s’opère la recherche.

Comme Laurence Monnoyer-Smith nous défendons « une conception pragmatique de la recherche, ancrée dans son environnement avec lequel, dans un mouvement très bien décrit par Dewey en son temps, elle souhaite construire les outils de réflexivité nécessaire à une prise de décision éclairée. »(2008, p. 9).

Nous vivons dans un monde complexe et nous ne pouvons réduire notre réalité partagée à un modèle linéaire et mécanique qui a peut être l’avantage d’être très accessible, mais qui restreint tellement le sens de nos communications (au sens d’être au monde) qu’il nous fait passer à côté de son essence. C'est en mobilisant des approches ouvertes et intersubjectives que nous pouvons accéder à une compréhension possible de nos communications dans notre monde partagé. Nous nous inscrivons donc dans cette épistémologie ouverte qui « […]

n’est pas pontificale ni judiciaire ; elle [l’épistémologie] est le lieu à la fois de l’incertitude et de la dialogique. En effet, toutes les incertitudes que nous avons révélées doivent se confronter, se corriger, les unes aux autres, entre-dialoguer sans toutefois qu’on puisse espérer boucher avec du sparadrap idéologique la brèche ultime. » (Morin, 1990, p. 64).

2.1.2.2. Le paradigme systémique-constructiviste

Il faut avant tout distinguer le constructionnisme du constructivisme. Le constructionnisme est La construction sociale de la réalité de Berger et Luckman en autres, que nous avons illustré à propos de notre problématique83, en distinguant la contextualisation primaire et la contextualisation communicationnelle, toutes deux constructionnistes.

Exposons maintenant comment notre recherche est guidée par le constructivisme scientifique. Alex Mucchielli explique (2005, pp. 97-98) que le paradigme constructiviste émet huit postulats sur la connaissance et les conditions de production de cette connaissance : 1/ construite, 2/ inachevée, 3/ plausible, convenante, 4/ contingente, 5/ orientée par des finalités, 6/ dépendante des actions et expériences faites par les sujets connaissants, 7/ structurée par le

83Cf. 2.1.1. Notre problématique.

processus de connaissance tout en le structurant aussi, 8/ forgée dans et à travers l’interaction du sujet connaissant avec le monde.

L’auteur précise ensuite que les quatre premiers principes sont « faibles », c'est-à-dire qu’ils ont en commun le rejet de la notion de « vérité » que l’on retrouve dans toutes les recherches scientifiques.

Nous mettons donc notre recherche au regard des quatre principes « forts » qui fondent le constructivisme scientifique (Ibid, pp. 97-120) :

- Principe téléologique : « On ne peut pas séparer la connaissance construite des finalités attachées à l’action de connaître ».

La recherche doit être orientée par une finalité plus importante que la consonance et la reliance, et doit être précisée. Notre problématique sur la construction du sens pour l’acteur s’intègre dans les grandes problématiques des sciences humaines, et abordant les pratiques des publics par l’angle de l’interaction avec des dispositifs sociotechniques, elle s’inscrit pleinement dans les problématiques notre monde contemporain. Aussi, comme notre finalité est clairement énoncée et commentée dans le point dédié à la problématique, nous pourrons de fait en conclusion évaluer le chemin qui a été parcouru.

- Principe de l’expérimentation de la connaissance : « La connaissance est totalement liée à l’activité expérimentée et donc vécue du sujet ».

Le chercheur doit être au contact des phénomènes qu’il explore. Nous nous sommes immergée dans l’art numérique pour devenir membre de la communauté, nous donnons les détails dans la méthode d’enquête84.

- Principe de la connaissance par l’interaction : « La connaissance est le fruit d’une interaction du sujet connaissant et de l’objet de connaissance ».

Nous retrouvons ce principe dans les recherches de types phénoménologiques ou sémiologiques. Nous faisons références à des principes phénoménologiques et appliquons des analyses sémiotiques ; par ailleurs, l’interaction est au centre de notre thèse : nous sommes en interaction avec les acteurs que nous observons, et avec les dispositifs que nous étudions, dispositifs avec lesquels les acteurs sont eux-mêmes en interaction. Autrement dit, nous construisons du sens avec

84Cf. 2.3.1.2. L’immersion.

l’acteur, lequel construit du sens avec les dispositifs, et nous construisons également du sens avec les dispositifs.

- Principe de la récursivité de la connaissance : « La connaissance établie et le processus de connaissance qui s’établit se structurent réciproquement ».

Ce principe privilégie les méthodologies itératives et modulables. Nous avons adapté notre protocole d’enquête à deux terrains différents85. De plus nous utilisons la théorie sémiotique situationnelle, théorie ouverte, que nous adaptons à l’analyse des œuvres net art. Enfin, l’application de la théorisation ancrée, méthode d’analyse indéniablement constructiviste.

Suite à cet examen, nous pouvons dire que notre travail de thèse est bien constructiviste, et qu’à l’intérieur de cette recherche scientifique nous nous préoccupons d’une question d’ordre constructionniste. À présent, comment intégrons-nous les principes du paradigme systémique à notre recherche en SIC ?

Parmi les cinq axiomes proposés par Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin et Don D. Jackson au deuxième chapitre « Proposition pour une axiomatique de la communication » de leur célèbre ouvrage Une logique de la communication (1967), nous retiendrons surtout pour notre recherche les points suivants :

- « On ne peut pas ne pas communiquer » : tout comportement est une communication, la communication étant considérée comme la matrice dans laquelle sont enchâssées toutes les activités humaines.

- « Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tels que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication .» Notre intérêt se porte alors davantage sur la relation qui nous indique comment comprendre le contenu.

- « La nature d’une relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires. » Il est ici question de contextualiser la communication au sein des règles qui régissent les échanges.

85Cf. Chapitre V. Spécificités des sites web : nécessité d’adapter nos méthodes.

Situé au cœur de notre recherche, nous retiendrons également la distinction faite par ces auteurs entre communication et interaction. « Nous continuerons à désigner l’aspect pragmatique de la communication humaine en parlant simplement de "la communication". Pour désigner les différentes unités de communication (ou de comportement), nous nous sommes efforcés de choisir des termes appartenant à l’usage courant. Une unité de communication sera appelée message ou bien, là ou la confusion n’est pas possible, une communication. Une série de messages échangés entre des individus sera appelée interaction (nous dirons seulement aux fanatiques d’une quantification précise que la séquence appelée "interaction" est plus grande qu’un seul message mais n’est pas infinie). » (Ibid). Ainsi, nous n’analyserons pas dans cette recherche le "message envoyé" ou le "message répondu", mais l’interaction entre les acteurs.

Nous considérons la pensée systémique comme incontournable pour appréhender toute situation à laquelle des acteurs participent. Pour Watzlawick (Ibid) : « un phénomène demeure incompréhensible tant que le champ d’observation n’est pas suffisamment large pour qu’y soit inclus le contexte dans lequel le dit phénomène s’y produit. Ne pas pouvoir saisir la complexité des relations entre un fait et un cadre dans lequel il s’insère, entre un organisme et son milieu, fait que l’observateur de quelque chose de mystérieux se trouve à lui attribuer des propriétés que peut-être il ne possède pas. » En tant que chercheur, nous attachons une importance particulière à ce fort concept de cadrage comme opération intellectuelle qui délimite un certain niveau d’observation. Nous prenons soin tout au long de notre thèse d’expliciter au mieux les différents cadrages opérés tant sur la plan scientifique : cadrage empirique, théorique et méthodologique, que sur le plan pragmatique de notre recherche concernant l’étude des interactions des publics de l’art numérique qui seront toujours contextualisées dans un environnement plus large.

Pour les fondateurs de Palo Alto, tout phénomène n’existe qu’en lien avec d’autres phénomènes : « la communication [est définie] comme une relation (c'est-à-dire un message porteur de signification), nécessairement intégrée dans un ensemble de relations entre des acteurs, le tout formant un système qui a des propriétés propres. » (Mucchielli, 2004, p.24). Le sens est une totalité supérieure

Pour les fondateurs de Palo Alto, tout phénomène n’existe qu’en lien avec d’autres phénomènes : « la communication [est définie] comme une relation (c'est-à-dire un message porteur de signification), nécessairement intégrée dans un ensemble de relations entre des acteurs, le tout formant un système qui a des propriétés propres. » (Mucchielli, 2004, p.24). Le sens est une totalité supérieure

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