Deuxième terrain : une exposition d’installations numériques

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SENS FINAL

4. L’exposition Zones de confluence dans la biennale Villette Numérique

4.1. Deuxième terrain : une exposition d’installations numériques

Pour aborder ce terrain, nous présentons dans un premier temps le cadre général de l’exposition : où arrive le visiteur ? Nous précisons, dans un deuxième temps, notre place dans Zones de confluence pour pouvoir observer et recueillir les données qualitatives que nous produisons enfin dans un troisième et dernier temps.

4.1.1. Le cadre général de Zones de confluence

Suite à une brève présentation historique et thématique de la biennale Villette Numérique pour introduire Zones de confluence, nous recadrons sur la singularité de l’exposition en 2004 en précisant notamment son dispositif de médiation.

4.1.1.1. Cadre historique et thématique

L’exposition Zones de confluence s’intègre à la manifestation Villette Numérique définit comme une biennale dédiée à l’art numérique qui rassemble la Cité des Sciences et de l’Industrie, le Parc de la Villette et la Cité de la Musique. L’idée de la biennale est de proposer dans ces différents espaces des créations diverses

qui ont comme point commun le numérique : exposition, installation, performance, musique, cinéma, spectacles, ateliers, conférences, rencontres et nouvelles créations.

D’ores et déjà, nous nous centrons sur le Parc de la Villette dans l’espace de la Grande Halle1. Lors de la première édition en 2002, l’accès à la Grande Halle est gratuit, excepté pour les évènements spécifiques, et une thématique forte se dégage sur l’histoire de l’ordinateur et des jeux vidéo. L’accès est devenu payant pour la deuxième édition du 21 septembre au 3 octobre 2004. La Grande Halle a pris l’allure d’un espace d’exposition plus formel. Power est le nom de cette deuxième édition de la biennale Villette Numérique, et Zones de confluence celui de l’exposition de la Grande Halle. Ce titre qualifie la volonté du commissaire d’exposition de faire un point sur l’art numérique tant sur le plan historique que sur les types de créations. À cette occasion, la moitié des pièces exposées sont produites ou coproduites par le Parc de la Villette. Zones de confluence présente des pièces internationales qui ont marqué l’évolution de l’art numérique, et rassemblent aussi des pratiques de conceptions et des thématiques différentes, voir la presse2 à ce sujet.

4.1.1.2. L’exposition et son dispositif de médiation

Parmi les différents lieux et les diverses activités de Villette Numérique, notre étude se centre sur l’exposition d’art numérique Zones de confluence, et plus particulièrement sur les installations artistiques exposées dans ce cadre.

L’exposition présente vingt et une installations numériques réparties sur l’ensemble du hall de la Grande Halle dont une à l’extérieur, devant l’entrée principale.

Cet immense espace demande un certain temps pour le parcourir. Les dispositifs artistiques sont installés de manières symétriques : une succession de dispositifs sur les deux allées du bâtiment se répète au rez-de-chaussée et à l’étage. La majeure partie du hall, au centre, n’a pas de plafond de sorte que nous pouvons voir pratiquement l’ensemble des dispositifs artistiques en déambulant dans l’espace. Enfin, au rez-de-chaussée, une dernière succession de dispositifs artistiques s’enchaîne sur l’axe central, (voir plan page suivante).

1Cf. Annexe 5.

2Cf. Annexe 6.

Plan de l’exposition Zones de Confluence à Villette Numérique 2004

Dans toute la Grande Halle de la Villette, la lumière extérieure est filtrée pour une meilleure visibilité des écrans. La lumière diffusée par les écrans et la dimension de l’espace créent une ambiance sobre et mesurée : le mobilier, les murs, le sol, les tapis, les rideaux… sont principalement noirs ou gris.

Les modes d’exposition des dispositifs artistiques numériques prennent des formes variées : écran d’ordinateur, projection, dispositif immersif, dispositif d’intelligence artificielle, agencements multimédias… Et les médiums qui véhiculent ces formes artistiques sont également diversifiés : cd-rom, site Internet, mail, chat, ordinateur, divers médias. En entrant dans l’exposition, on remarque cette diversité ainsi qu’une forte présence d’écrans de tailles différentes. L’ambiance qui se dégage de la grande halle est définie par la présence systématique d’image et de son. Le visiteur est plongé dans un univers visuel et sonore continu, et même si images et sons changent d’une installation à l’autre, leur emploi constant crée une nouvelle entité composée de leur assemblage. Les visiteurs déambulent sans direction particulière. Le lieu est grand, vaste et il n’y a pas de sens de visite. Espacées, les œuvres proposent chacune un univers particulier aux visiteurs.

Seul le "Médialounge" fait exception. Situé à l’étage, au centre de l’exposition, le

"Médialounge" est très coloré à l’intérieur, mais toujours sobre de l’extérieur.

C’est un lieu de détente où les visiteurs se reposent, affalés sur des poufs au sol.

Ils peuvent également y découvrir une sélection de longs et courts métrages ou de sites Internet en libre accès. Cet accès à Internet fait aussi écho à un élément du dispositif de médiation. Dans l’exposition, à côté de chaque installation, un cartel précise le nom de l’artiste, la date de création et une liste de mots clés.

Ces mots clés ont une double fonction. D’abord aiguiller le visiteur sur le propos de l’installation pendant qu’il la regarde, ensuite, le visiteur peut aller consulter sur les ordinateurs du "Médialounge" les mots clés qu’il a relevés. Ils sont organisés en quatre catégories : personnalités, concepts, techniques et liens. Ces données étant stockées sur le site Internet de la biennale, le visiteur peut également effectuer sa recherche de l’extérieur.

Enfin, Le "Médialounge" est le point de rencontre d’activités, comme les

"parcours numériques" que nous développons un peu plus bas.

Deux éléments distribués gratuitement à l’entrée sont au centre du dispositif de médiation, il s’agit du plan de l’exposition sur une feuille A43 et du programme général (87 pages)4. Le programme reprend toutes les activités de la biennale et fait office de catalogue d’exposition. Pour la partie Zones de confluence (17 pages), nous trouvons une illustration en couleur de chaque dispositif, le nom de l’artiste ou du collectif, leur lieu de travail, un site web référant, l’origine de la création, sa collection et un court descriptif en français et en anglais qui ne figure pas sur les cartels de l’exposition.

Un autre élément est disponible à l’entrée de Zones de Confluence : "Au programme aujourd’hui"5. Il s’agit d’une feuille A4 photocopiée en noir et blanc qui précise d’un côté les évènements spécifiques de Villette Numérique pour la journée : conférences, projections… avec les lieux et les horaires de visite de chaque espace. L’autre côté est conçu comme une couverture de journal composée des rubriques : L’œuvre du jour, Thématique et À chaud. Il est fréquent de trouver dans Thématique, des définitions de mots clés également disponibles sur le site web. De la même manière, il y a parfois dans les deux autres rubriques une présentation ou une critique d’un dispositif exposé dans Zones de Confluence.

Ensuite, une équipe de médiation a été formée pendant plusieurs jours pour se préparer à accueillir les différents visiteurs. Elle se compose de douze médiateurs qui ont chacun un domaine de compétence particulier (histoire de l’art, critique, technologie, médiation culturelle, communication…), deux super-médiateurs, trois journalistes spécialistes de l’art numérique et une personne dédiée à l’accueil-billetterie. Ils sont identifiables par leur tee-shirt rouge au logo du festival. Ces médiateurs ont un rôle assez souple et doivent s’adapter en fonction de leurs rencontres. Ils peuvent juste renseigner les visiteurs, les accompagner un moment dans leur visite, leur donner des clés pour mieux comprendre ou avoir une discussion presque informelle.

L’autre fonction des médiateurs est d’animer les "parcours numériques" ou les

"visites guidées"6. Le premier a été pensé pour que le visiteur découvre

3Cf. Annexe 7.

4Cf. extraits en annexe 5.

5 Cf. Annexe 8.

6 Cf. Annexe 9.

l’exposition en étant à la fois accompagné et libre. Le visiteur participant se voit confié un appareil photo numérique qui lui permet de s’approprier les installations en créant son propre parcours dans l’exposition, comme une sorte de reportage. Deux médiateurs commencent par présenter quelques installations aux visiteurs puis leur laissent le temps d’en aborder d’autres à leur façon. Ils restent proches des participants, à l’écoute de toute question ou réflexion. Le groupe se retrouve au "Médialounge" à la fin du parcours, et s’ils le souhaitent, les médiateurs aident le participant à mettre leur photo sur un blog7 pour exprimer ou confronter leurs points de vue.

Plus classiques, les visites guidées sont de deux types. "À la découverte des arts numériques", le premier, s’adresse au grand public ou aux scolaires. L’objectif est de montrer une sélection d’installations qui illustre la diversité de Zones de confluence : détournement des flux d’information, générativité, implication du visiteur dans l’installation, par exemple. Le deuxième type de visites guidées s’intitule "Pour approfondir". Il touche les écoles d’art, universitaires ou amateurs d’art, et présente des installations plus complexes qui peuvent regrouper plusieurs thématiques. Cette visite insiste aussi sur le côté historique de l’exposition et l’intérêt d’avoir rassemblé, en France, certaines pièces exceptionnelles.

Nous remarquons donc un fort investissement dans la médiation de Zones de Confluence qui se compose : de médiateurs y compris l’accueil, du programme général, du programme du jour, des cartels, des mots clés, du site web, du parcours numérique, des visites guidées et de l’espace détente.

4.1.2. Notre rôle d’observateur impliqué

Notre place dans Villette Numérique ne s’est pas négociée de la même manière que pour le festival @rt outsiders. Après plusieurs prises de contact, nous avons réussi à nous entretenir avec Frédéric Mazelly, responsable de la coordination générale pour le Parc et la Grande Halle de la Villette, qui a accepté notre projet.

Nous expliquons dans les deux points suivants notre rôle à la fois formel dans l’organisation et libre dans la situation de recherche.

7www.parcours-numerique.com

4.1.2.1. Formel dans l’organisation

Notre projet de recherche validé, nous avons directement été présentés à l’équipe de médiation à notre arrivée, une semaine avant le début de la biennale.

Nous avons suivi deux jours de formation avec eux et Benjamin Weil, le commissaire d’exposition, pendant lesquels nous avons visité le montage de l’exposition, récupérer des informations sur l’organisation et les différents dispositifs exposés.

Au niveau de l’organigramme, nous étions directement rattachés à l’équipe de médiation et bénéficions d’un badge similaire au leur pour nous déplacer sans contrainte dans tous les espaces de Villette Numérique. Nous n’avons plus vraiment été en contact avec notre responsable, Frédérique Mazelly, une fois Villette Numérique commencée.

Notre rôle a été clairement défini au sein de l’organisation : nous étions libre de mener notre enquête qualitative.

4.1.2.2. Libre dans la situation de recherche

Satisfaits de notre position, nous nous sommes peu à peu appropriés ce vaste terrain d’enquête. Cette fois-ci, la cafétéria n’a pas été notre lieu de prédilection.

Très éclairée et sommaire, elle contraste trop par rapport à l’ambiance de Zones de Confluence. Aussi, nous ne souhaitons pas sortir les visiteurs du cadre d’exposition pendant l’entretien, c’est un des préalables à notre recherche en situation.

Nous n’avons pas non plus investi le "Médialounge" pour nos activités d’enquête.

L’endroit ne se prête pas aux entretiens. Une partie est animée par les médiateurs, l’autre dédiée aux activités individuelles : ordinateur ou cinéma avec casque. Fermé, cet endroit ne nous offre pas de point de vue sur l’exposition.

Au centre de Zones de Confluence, au rez-de-chaussée, quelques tables et chaises sont disposées devant une installation numérique. Nous remarquons que les visiteurs s’assoient souvent à cet endroit, à partir duquel la plupart des installations de l’exposition sont visibles. Une partie des observations et des entretiens a été réalisée à cet endroit. Certains entretiens ont aussi été conduits à la sortie de l’exposition. À cet emplacement, nous étions sûrs de rencontrer des

personnes qui avaient fait le tour de l’exposition, mais nous n’avons pas privilégié cette position pour les raisons explicitées précédemment.

L’étage était assez propice pour pratiquer une observation globale, à distance, mais aussi pour réaliser les entretiens. Appuyé sur la rambarde le long de la coursive, l’interviewé est au cœur du dispositif tout en ayant sous les yeux la plupart des installations et se remémore ainsi facilement son expérimentation.

Nous venons d’exposer certains lieux stratégiques pour l’enquête, mais, bien entendu, nous avons parcouru tout l’espace d’exposition, en nous arrêtant notamment sur des lieux plus restreints délimitant chaque installation numérique. Nous détaillons notre méthodologie de recueil dans le point suivant.

4.1.3. Le recueil et la sélection des données

Comme dans le chapitre précédent, notre méthodologie de recueil de donnée est centrée sur les visiteurs de l’exposition à travers des entretiens non directifs, de l’observation et de l’observation-participante. Avant de préciser comment nous adaptons ces méthodes à notre terrain, nous essayons, dans un point préliminaire, d’expliciter la nécessité éprouvée à pénétrer dans le terrain d’enquête et les difficultés vécues durant cette immersion.

4.1.3.1. L’immersion

Notre grande liberté d’action, pourtant bien vécue au cours du terrain de recherche précédant, a été ici un peu déstabilisante les premiers jours. Notre terrain d’enquête, la Grande Halle, nous paraissait très grand. Avant même d’aller à la rencontre des dispositifs artistiques, il nous a fallu le temps d’être dans l’espace de Zones de Confluence. Cet espace se définit avant tout comme un espace de déambulation : nous avançons lentement, en s’arrêtant, puis repartant, sans trop savoir où nous allons. Nous nous approprions peu à peu ce vaste terrain : repérer les différents accès aux installations : escaliers, coursives, les points de vue sur l’exposition, les lieux de pause.

Certaines installations numériques sont ouvertes sur l’ensemble de l’espace d’exposition, alors que d’autres dites immersives, sont dans un espace cloisonné.

Nous n’avons pas identifié de point stratégique au départ. Nous observons d’abord, à des endroits différents, les mouvements pour y trouver

progressivement notre place. Nous rencontrons fréquemment des médiateurs qui semblent faire un peu comme nous : ils déambulent, prennent possession du lieu et attendent de croiser un visiteur.

Nous nous arrêtons souvent pour parler aux médiateurs, ce sont nos informateurs clés. Ils nous racontent des anecdotes avec les visiteurs et répondent à nos questions sur les dispositifs, les éléments de médiation, ou autres. Au bout d’un certain temps, la vie dans cet espace d’exposition plongé dans le son et dans la pénombre est assez étrange. Nous avons partagé avec certains médiateurs l’évolution de ce sentiment qui traverse divers stades8. Après avoir exploré le territoire, progressivement nous construisons des repères et en même temps que l’aisance s’installe, nous développons de plus de plus d’intérêt pour les installations, le travail des artistes, la manière dont les visiteurs interagissent… Au bout d’un certain temps, l’émerveillement du départ se transforme progressivement par de l’ennui. Nous sommes en terrain connu, les visiteurs paraissent se ressembler et l’ambiance sonore et visuelle qui se répète inlassablement a parfois tendance à agacer. Ces symptômes nous poussent à prendre du recul. Nous profitons d’une ou deux journées ensoleillées pour relire nos notes à la lumière extérieure, commencer à ordonner nos documents et surtout écrire les premières intuitions de recherche. Nous retournons sur le terrain, plus sereins, pour vérifier des points en suspens, et conduire quelques entretiens supplémentaires. La biennale Villette Numérique se termine, et finalement, nous aurions bien aimé qu’elle dure quelques jours de plus.

4.1.3.2. Les entretiens non directifs-actifs

Nous appliquons la même technique de recueil que sur notre terrain précédent,

@rt outsiders. Nos entretiens non directifs-actifs laissent le visiteur s’exprimer librement. Il aborde de lui-même les thèmes qui lui viennent à l’esprit, mais nous mobilisons nos connaissances de l’exposition et des différents dispositifs pour recadrer son discours, soulever des idées naissantes ou préciser des sentiments qui semblent ambigus. Nous cherchons à comprendre comment se construit le sens pour les visiteurs de Zones de Confluence avec les installations et qu’ont-ils fait avec ?

8 Par exemple, un médiateur nous confiait : « à force de se répéter, la parole devient désincarnée. […] Il y a eu un renversement, j’ai pris de plus en plus de plaisir à rendre intéressante une œuvre a priori rébarbative ». Un autre : « Je me suis enrichi humainement, j’ai fait des rencontres avec les visiteurs. […] Au bout d’un moment, même si ça plaît, on a plus envie d’en parler. Les visiteurs m’ont même énervé ».

La grande différence est que nous étions contraints de nous centrer sur un dispositif artistique à @rt outsiders, alors qu’ici nous avons véritablement une exposition, composée de vingt et une installations. L’entité exposition prend forme sur ce deuxième terrain et nous ne pouvons pas considérer une succession d’installations sans tenir compte de la situation d’exposition dans laquelle elles s’insèrent. Nous l’avons d’ailleurs bien remarqué dans le chapitre précédent au niveau méso-situationnel en analysant cette absence inattendue de situation d’exposition. Notre intérêt se porte plus particulièrement au niveau de l’interaction des visiteurs avec les installations, mais c’est bien dans l’ensemble du dispositif d’exposition que nous étudions ces interactions.

Nous prenons donc en compte le niveau micro-situationnel de l’interaction avec l’installation, et le niveau méso-situationnel de l’interaction dans la situation d’exposition, dans l’ouverture de notre entretien que nous formulons ainsi :

Bonjour, je m’intéresse à l’art numérique et les publics. Je vais sur des expos pour rencontrer les visiteurs, ce n’est pas nécessaire d’être spécialiste. Je fais cela dans le cadre de ma thèse, ce n’est pas pour un artiste, ni pour la structure.

Si vous pouvez m’accorder un peu de temps pour me confier votre ressenti, vos propos seront rendus anonymes, vous pouvez parler librement.

Tous simplement, racontez-moi ce qui s’est passé avec les installations ? Concrètement qu’avez-vous fait, ici ? Et comment vous vous êtes senti ? Qu’est-ce que vous avez vécu ?

Pour rester dans les faits, c'est-à-dire dans le vécu du visiteur et éviter qu’il n’intellectualise trop, nous utilisons les dispositifs de Zones de Confluence comme éléments starters. Nous déclenchons le discours sur ce qui a le plus marqué le visiteur :

Qu’est-ce qui vous a marqué ? Est-ce que quelque chose vous a particulièrement intéressé dans ce que vous avez vu ? Dans toute l’exposition, pouvez-vous me dire ce qui a le plus retenu votre attention ? Et pouvez-vous me décrire, me rapporter, ce moment ?

Rencontrer les visiteurs dans l’exposition nous permet de rester proche de leur vécu en situation. Souvent, les interviewés regardent autour d’eux pour se souvenir et nous montrent du doigt les installations dont ils parlent.

Vingt-six entretiens ont été réalisés sur Zones de Confluence9, la moitié enregistrée et la moitié restante seulement prise en notes. Comme dans l’enquête précédente, il nous semble que le discours est plus léger, voir même incohérent dans le mode de l’entretien enregistré parce que la pensée se forme dans l’oralité et l’interviewé peut donc se contredire. Alors que les propos sont plus denses, plus réfléchis et structurés dans le mode de prise de notes qui impose des pauses dans le débit de l’interviewé. Nous pensons que cette remarque est un biais de notre stratégie d’enquête. Privilégiant les entretiens en situation, le visiteur qui accepte, participe aussitôt à notre enquête. Nous admettons donc deux écueils : la durée et l’anticipation. Sans prise de

Vingt-six entretiens ont été réalisés sur Zones de Confluence9, la moitié enregistrée et la moitié restante seulement prise en notes. Comme dans l’enquête précédente, il nous semble que le discours est plus léger, voir même incohérent dans le mode de l’entretien enregistré parce que la pensée se forme dans l’oralité et l’interviewé peut donc se contredire. Alors que les propos sont plus denses, plus réfléchis et structurés dans le mode de prise de notes qui impose des pauses dans le débit de l’interviewé. Nous pensons que cette remarque est un biais de notre stratégie d’enquête. Privilégiant les entretiens en situation, le visiteur qui accepte, participe aussitôt à notre enquête. Nous admettons donc deux écueils : la durée et l’anticipation. Sans prise de

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