Université de Marseille
Licence de Mathématiques, 3ème année, analyse numérique et optimisation Partiel du 25 octobre 2017
La partiel contient 4 exercices. Le barème est sur 27 points, il n’est donc pas demandé de tout faire pour avoir 20. . . Exercice 1(Décompositions LU et de Choleski, barème 6 points).
SoitM =
1 2 1
2 8 10 1 10 18
.
1. Calculer les mineurs principaux deM. En déduire queM admet des décompositionsLUet de Choleski.
2. Donner la décompositionLU deM. 3. Donner la décomposition de Choleski deM.
Exercice 2(Système avec plus d’inconnues que d’équation, barème 3 points).
SoientA∈Mn,p(IR)avecp > n≥1etb∈IRn.
1. On suppose qu’il existe au moins un vecteurxdeIRptel queAx=b. Montrer qu’il existe alors une infinité de vecteursxdeIRptel queAx=b.
2. Donner un exemple avecn= 2etp= 3pour lequel il n’existe pas de vecteurxdeIRptel queAx=b.
Exercice 3(Vitesse de convergence pour la méthode de Jacobi, barème 8 points).
Soient Aune matrice carrée d’ordren, inversible, etb ∈ IRn,n > 1. On posex¯ = A−1b. On noteD la partie diagonale deA,−Ela partie triangulaire inférieure stricte deAet−Fla partie triangulaire supérieure stricte deA.
On suppose queDest inversible et on noteBJla matrice des itérations de la méthode de Jacobi, c’est-à-direBJ = D−1(E+F). On rappelle que la méthode de Jacobi s’écrit
Initialisation :x(0) ∈IRn,
Itérations :pour toutk≥0,Dx(k+1)= (E+F)x(k)+b.
On munitIRnd’une norme notéek · k. On noteρle rayon spectral deBJ.
1. On suppose queBJ est diagonalisable dansIR (c’est-à-dire qu’il existe une base deIRn formée de vecteurs propres de BJ). Montrer qu’il existeC > 0, dépendant deA,b,x(0) et de la norme choisie sur IRn, mais indépendant dek, telle que
kx(k)−xk ≤Cρkpour toutk≥0.
2. On ne suppose plus queBJest diagonalisable. Montrer que pour toutε >0, il existeCε>0, dépendant deA, b,x(0),εet de la norme choisie surIRn, mais indépendant dek, telle que
kx(k)−xk ≤Cε(ρ+ε)kpour toutk≥0.
Dans la suite de cet exercice on prendn= 2etA=
2 −1
−1 2
.
3. Dans cette question, on choisit, pour norme dansIR2, la norme euclidienne, c’est-à-direkxk2 = x21+x22 si x=
x1
x2
. Montrer qu’il existeC(dépendant debetx(0), mais non dek) telle que
kx(k)−xk=Cρkpour toutk≥0. (1)
4. Montrer qu’il existe des normes dansIR2 pour lesquelles la conclusion de la question 3 est fausse (c’est-à- dire pour lesquelles la suite(kx(k)−xk/ρk)k∈IN n’est pas une suite constante sauf éventuellement pour des valeurs particulières dex(0)).
1
Exercice 4(Méthode de la puissance, barème 10 points).
SoitA ∈ Mn(IR)ety(0) ∈ IRn\ {0}. On rappelle que la méthode de la puissance consiste à construire une suite (x(k))k∈INde la manière suivante :
Initialisationx(0)=|yy(0)(0)| ∈IRn\ {0},
Itérationspourk≥0, siAx(k)6= 0,x(k+1)=|AxAx((kk))|
où|x|désigne la norme euclidienne du vecteurx.
En définissant la suite(y(k))k∈INpary(k)=Aky(0)pour toutk∈IN, on remarque que, siy(k)6= 0pour toutk, x(k)= y(k)
|y(k)|, pour toutk∈IN.
On notee1, . . . , enla base canonique deIRn. 1. Dans cette question, on poseA=
λ µ 0 λ
avecλ, µ∈IR,λ >0,µ6= 0.
(a) Montrer queAn’est pas diagonalisable.
On utilise la méthode de la puissance avecy(0)=α1e1+α2e2,α26= 0.
(b) Montrer que la méthode de la puissance définit bien une suite(x(k))k∈INet quex(k)est, pour toutk∈IN, colinéaire au vecteur(α1+kα2µ/λ)e1+α2e2.
(c) Calculerlimk→+∞x(k)etlimk→+∞Ax(k)·x(k).
(d) Peut-on appliquer le théorème vu en cours sur la méthode de la puissance à cette matrice ? 2. Dans cette question, on poseA=
λ 0 0 0 µ γ 0 0 µ
avecλ, µ, γ∈IR,λ >|µ|,γ6= 0.
(a) Montrer queAn’est pas diagonalisable.
On utilise la méthode de la puissance avecy(0)=α1e1+α2e2+α3e3,α16= 0.
(b) Montrer que la méthode de la puissance définit bien une suite(x(k))k∈IN. (c) Calculerlimk→+∞x(k)etlimk→+∞Ax(k)·x(k).
(d) Peut-on appliquer le théorème vu en cours sur la méthode de la puissance à cette matrice ?
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