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313 TribuneDiesel, 60 ans d’incurie

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Academic year: 2022

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(1)

Bulletin des

médecins suisses

BMS – SÄZ Schweizerische Ärztezeitung – Bollettino dei medici svizzeri – Gasetta dals medis svizzers

Offizielles Organ der FMH und der FMH Services www.saez.ch

9 2 7. 2 . 2 01 9

282 Editorial

L’avenir est là 283 FMH

Des échanges intenses sur des sujets d’actualité

320 «Et encore…»

par Erhard Taverna Se soigner soi-même

313 Tribune

Diesel, 60 ans d’incurie

(2)

SOMMAIRE 279

Rédaction

Dr méd. et lic. phil. Bruno Kesseli, membre de la FMH (Rédacteur en chef); biol. dipl. Tanja Kühnle (Managing Editor);

Dr méd. vét. Matthias Scholer (Rédacteur Print et Online);

Dr méd. Werner Bauer, membre de la FMH; Prof. Dr oec. Urs Brügger;

Prof. Dr méd. Samia Hurst; Dr méd. Jean Martin, membre de la FMH;

Dr méd. Jürg Schlup, président de la FMH;

Charlotte Schweizer, cheffe de la communication de la FMH;

Prof. Dr méd. Hans Stalder, membre de la FMH;

Dr méd. Erhard Taverna, membre de la FMH

Rédaction Ethique

Prof. Dr théol. Christina Aus der Au, p.-d.;

Dr phil., biol. dipl. Rouven Porz, p.-d.

Rédaction Histoire de la médecine

Prof. Dr méd. et lic. phil. Iris Ritzmann; Prof. Dr ès sc. soc. Eberhard Wolff Rédaction Santé publique, épidémiologie, biostatistique Prof. Dr méd. Milo Puhan

Rédaction Droit

Dr iur. Ursina Pally, cheffe du Service juridique de la FMH

FMH

ÉDITORIAL: Michel Matter 282 L’avenir est là

COMPTE RENDU DE CONFÉRENCE: Bruno Kesseli

283 Des échanges intenses sur des sujets d’actualité La FMH a accueilli la Conférence consulta- tive des sociétés médicales germanophones de 2018, qui s’est tenue du 5 au 7 juillet à Horn, au bord du lac de Constance. Malgré ses 64 ans d’existence, cet événement devenu une tradition n’a pas pris une ride. Les défis auxquels les systèmes de santé des différents pays sont confrontés ont donné matière à discussion, comme le montre le compte rendu de la deuxième journée.

QUALITÉ: Guido Becker, Lukas Mundorff, Angelika Senst, Thomas Reichenstein 288 Assurance qualité au cabinet médical 

ACTUEL: Hans Kurt

291 Le savoir du patient en matière de santé le rend plus fort  293 Nouvelles du corps médical 

Organisations du corps médical

FMCH: Josef E. Brandenberg 294 Halbgötter in Schwarz

Courrier / Communications

297 Courrier au BMS 299 Examens de spécialiste

FMH Services

300 Seminare / Séminaires / Seminari

305 Emplois et cabinets médicaux (version imprimée uniquement)

(3)

SOMMAIRE 280

Impressum

Bulletin des médecins suisses Organe officiel de la FMH et de FMH Services

Adresse de la rédaction: Elisa Jaun, Assistante de rédaction BMS, EMH Editions médicales suisses SA, Farnsburgerstrasse 8, 4132 Muttenz, tél. +41 (0)61 467 85 72,

fax +41 (0)61 467 85 56,

[email protected], www.saez.ch Editeur: EMH Editions médicales suisses SA, Farnsburgerstrasse 8, 4132 Muttenz, tél. +41 (0)61 467 85 55, fax +41 (0)61 467 85 56, www.emh.ch Marketing EMH / Annonces:

Dr phil. II Karin Würz, responsable marketing et communication, tél. +41 (0)61 467 85 49, fax +41 (0)61 467 85 56, [email protected]

tél. +41 (0)61 467 86 08, fax +41 (0)61 467 85 56, [email protected]

«Office de placement»: FMH Consul- ting Services, Office de placement, Case postale 246, 6208 Oberkirch, tél. +41 (0)41 925 00 77,

fax +41 (0)41 921 05 86, [email protected], www.fmhjob.ch Abonnements membres de la FMH:

FMH Fédération des médecins suisses, Elfenstrasse 18, 3000 Berne 15, tél. +41 (0)31 359 11 11,

fax +41 (0)31 359 11 12, [email protected] Autres abonnements: EMH Editions médicales suisses SA, Abonnements, Farnsburgerstrasse 8, 4132 Muttenz, tél. +41 (0)61 467 85 75, fax +41

ISSN: version imprimée: 0036-7486 / version en ligne: 1424-4004 Paraît le mercredi

© FMH

Le Bulletin des médecins suisses est actuellement une publication en libre accès (open access). Jusqu’à révoca- tion, la FMH habilite donc EMH à ac- corder à tous les utilisateurs, sur la base de la licence Creative Commons

«Attribution – Pas d’utilisation com- merciale – Pas de modification 4.0 International», le droit, non limité dans le temps, de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public.

Le nom de l’auteur doit dans tous les cas être indiqué de manière claire et transparente. L’utilisation à des fins commerciales peut être possible

Note: Toutes les données publiées dans ce journal ont été vérifiées avec le plus grand soin. Les publications signées du nom des auteurs reflètent avant tout l’opinion de ces derniers, pas forcément celle de la rédaction du [BMS]. Les doses, indications et formes d’application mentionnées doivent en tous les cas être comparées aux notices des médicaments utilisés, en particulier pour les médicaments récemment autorisés.

Production: Die Medienmacher AG, Muttenz, www.medienmacher.com

Tribune

POINT DE VUE: Xavier Martin

313 Diesel, 60 ans d’incurie Les particules fines et autres agents toxiques tel le dioxyde d’azote émis par les moteurs diesel sont une cause de morbi-mortalité très importante en Suisse. Bien que la sonnette d’alarme ait été tirée depuis des décennies, notre pays reste un leader de la pollution automobile en Europe. Les Suisses sont également leaders de la pollution engendrée par les voyages en avion. Ces errements ont ainsi conduit au sacrifice de plus d’une centaine de milliers de vies durant les 60 dernières années en Suisse.

316 Spectrum

Horizons

PORTRAIT: Ronald D. Gerste 317 «Schielen ist auch ein Stigma»

SOUS UN AUTRE ANGLE: Jean Martin 319 Enjeux des mutations technologiques

Et encore…

Erhard Taverna 320 Se soigner soi-même

BENDIMERAD

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64

e

 Conférence consultative des sociétés médicales germanophones, juillet 2018, Horn

Des échanges intenses sur des sujets d’actualité

Bruno Kesseli

Dr méd. et lic. phil., rédacteur en chef

La FMH a accueilli la Conférence consultative des sociétés médicales germano- phones de 2018, qui s’est tenue du 5 au 7 juillet à Horn, au bord du lac de Constance.

Malgré ses 64 ans d’existence, cet événement devenu une tradition n’a pas pris une ride. Les défis auxquels les systèmes de santé des différents pays sont confrontés ont donné matière à discussion, comme le montre ci-après le compte rendu de la deuxième journée.

Inspiré par le ciel nuageux plombant le lac de Constance, le président de la FMH, Jürg Schlup, a ouvert la deuxième journée du symposium en comparant les conditions météorologiques ambiantes avec les scéna- rios parfois sombres de la politique de la santé aux- quels sont confrontés les représentants des diverses sociétés médicales dans leurs pays. Jürg Schlup, qui a animé le programme de la matinée, s’est tout de même montré optimiste en évoquant les éclaircies annon- cées pour l’après-midi…

La médecine, un processus basé sur la répartition des tâches sous responsabilité médicale

Après s’être consacrés la veille à la formation prégra- duée, postgraduée et continue, les représentants des sociétés nationales se sont penchés sur le «perfection- nement des structures de soins» en mettant l’accent sur l’innovation, la concurrence et la sécurisation de la prise en charge. Quelques brèves présentations de pro- La Conférence consultative des sociétés médicales germanophones de 2018 a réuni des délégations d’Allemagne, d’Autriche, du Liechtenstein,

du Luxembourg, de Belgique, de la Suisse et de la province italienne de Bolzano.

FMH Compte rendu de conférence 283

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jets de grande envergure en cours de réalisation ont révélé que l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse font face à des défis comparables, bien que leurs systèmes de santé respectifs soient organisés de manière diffé- rente. La nécessité de rendre les soins plus efficaces s’impose cependant dans les trois pays, les facteurs économiques jouant un rôle central.

Harald Mayer, vice-président de la Fédération autri- chienne des médecins salariés (Bundeskurie angestell- ter Ärzte), a présenté le programme «Médecin hospita- lier 2025» mis sur pied par son association pour contribuer à améliorer les structures de soins dans le secteur hospitalier. Plaçant la relation médecin-patient

et la sécurité des patients au cœur des préoccupations, ce programme conçoit la médecine comme un proces- sus basé sur la répartition des tâches sous responsabi- lité médicale. Il prévoit une prise en charge échelonnée depuis le cabinet de groupe jusqu’à l’hôpital de réfé- rence, dont le personnel est disponible 24 h sur 24, en passant par les unités de lits pour malades hospitalisés et les hôpitaux régionaux. Un système de rotation doit permettre aux médecins en formation de passer par les différentes étapes et un pool de spécialistes garan- tir des soins suffisants à tous les échelons. Différentes équipes d’experts sont regroupées pour former des unités médicales assurant la collaboration et la com- munication entre les spécialistes. Selon la fédération, le corps médical devrait en retirer un bénéfice au ni- veau des horaires, de la qualité des emplois, de l’équi- libre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que des perspectives professionnelles.

Davantage de centres de soins primaires dirigés par des médecins de famille

Johannes Zahrl, directeur de la Chambre médicale au- trichienne (l’homologue de la FMH), a traité de la réor- ganisation des soins primaires dans son pays. Le «Pro- gramme pour des soins primaires multiprofessionnels et interdisciplinaires en Autriche», adopté par la Com- mission fédérale de contrôle des objectifs en 2014, pré- voit tout particulièrement une bonne coordination de la prise en charge, notamment pour les malades chro- niques, les enfants, les adolescents et les personnes âgées. Les heures d’ouverture des cabinets, de 7 à 19 h, devraient limiter les temps d’attente et augmenter le temps à disposition pour les discussions avec les pa- tients, ce qui se traduirait par «un traitement médical et des conseils en santé globaux». Les principaux points positifs attendus pour le corps médical sont la collaboration entre les médecins et les autres pro- fessionnels de la santé, la réglementation des heures de travail pour un meilleur équilibre entre carrière et fa- mille ainsi qu’une meilleure adéquation entre forma- tion, recherche et pratique. Concrètement, les «nou- veaux soins primaires» doivent être réalisés par la création d’«unités de soins primaires», c’est-à-dire de centres ambulatoires dans lesquels des généralistes assu ment la prise en charge de base des patients d’une région en collaborant avec des infirmiers, des physio- thérapeutes, des assistants sociaux, des diététiciens, des ergothérapeutes et d’autres professionnels de la santé. Johannes Zahrl a cependant déploré que les four- nisseurs de prestations n’aient pas été intégrés à la conception des projets. Selon lui, si les centres inter- professionnels de soins primaires sont une bonne idée Le président de la FMH, Jürg Schlup, en conversation avec Frank Ulrich Montgomery,

président de la Chambre médicale fédérale allemande.

Johannes Zahrl, directeur de la Chambre médicale autrichienne, lors de sa présentation.

FMH Compte rendu de conférence 284

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à la base, le processus politique a créé trop de «mots vides de sens». Il ne reste plus qu’à attendre pour voir ce qu’il en sera réellement.

L’Allemagne suit les mêmes pistes, comme l’a montré la présentation de Max Kaplan, vice-président de la Chambre médicale fédérale allemande. La structure imaginée par le groupe de travail Médecine générale prévoit une «prise en charge collaborative» par des

«équipes interprofessionnelles dirigées par un méde- cin de famille», garantissant des soins primaires inté- grés intersectoriels et interprofessionnels. Il faut aussi revaloriser la profession d’employée médicale spé- cialisée (Medizinische Fachangestellte), l’équivalent de celle d’assistante médicale en Suisse. Tout comme en Autriche, on s’attend à ce que ce nouveau modèle ap- porte des avantages tant aux patients qu’aux fournis- seurs de prestations. Grâce aux «centres dirigés par un médecin de famille», les patients devraient bénéficier de soins plus efficaces puisque mieux coordonnés, d’heures d’ouverture qui leur conviennent, de struc- tures claires et d’un large éventail de services en un seul et même lieu. Les fournisseurs de prestations obtien draient pour leur part des conditions plus attrayan tes grâce à des horaires flexibles leur permet- tant de mieux concilier travail et vie privée, la possibi- lité de se décharger de certaines tâches et de meilleures opportunités d’échanges intra- et interprofessionnels.

La réponse de Max Kaplan à la question de Jürg Schlup («Ces centres seront-ils réellement dirigés par des mé- decins et non par des gestionnaires?») ne pouvait pas

être plus claire: «par des médecins, uniquement par des médecins», même si, il ne faut pas le cacher, les di- recteurs médicaux passeront une grande partie de leur temps de travail (env. 80% selon les estima tions) à ac- complir des tâches administratives. D’après Max Ruth Kranz-Candrian, présidente de la Chambre médicale liechtensteinoise, en compagnie de son directeur Stefan Rüdisser et du directeur général de la Chambre médicale fédérale allemande, Tobias Nowoczyn.

64

e

 Conférence consultative des sociétés médicales germanophones

La conférence de 2018 a réuni des délégations d’Allemagne, d’Autriche, du Liechtenstein, du Luxembourg, de Belgique, de la Suisse et de la province italienne de Bolzano. Cet événement ac- cueilli par la FMH s’est tenu du 5 au 7 juillet à Horn, au bord du lac de Constance.

La première journée, dirigée par Werner Bauer, président de l’Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et conti- nue (ISFM), a été consacrée à la formation. Le lendemain, les présentations et discussions conduites par Jürg Schlup, pré- sident de la FMH, et Frank Ulrich Montgomery, président de la Chambre médicale fédérale allemande, se sont concentrées sur les sujets «Développement des structures de soins et innova- tion» et «Evolution de l’image du médecin». Que fera le médecin à l’avenir ou que fera le médecin de demain? La troisième jour- née a commencé par l’exposé d’une intervenante externe, Agnes Bäker, qui a tenté de répondre à la question «Pourquoi les meil- leurs hôpitaux sont-ils dirigés par des médecins?» [1]. Les pré- sidents et délégués des organisations faîtières ont ensuite parlé de la situation dans leurs pays en abordant des sujets d’actualité importants pour la profession médicale en Allemagne (Frank Ulrich Montgomery), en Autriche (Thomas Szekeres), au Liech- tenstein (Ruth Kranz-Candrian), au Luxembourg (Alain Schmit), à Bolzano (Monica Oberrauch), en Belgique (Michael Heinen) et en Suisse (Jürg Schlup).

FMH Compte rendu de conférence 285

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Kaplan, ce type de centres amélioreront également les soins dans les régions rurales et celles aux structures peu développées.

Importance incontestée de la collabora- tion interprofessionnelle

Barbara Weil, cheffe de la division Santé publique et professions de la santé à la FMH, a montré comment la collaboration interprofessionnelle, une démarche sou- vent qualifiée de prometteuse, se concrétise dans le doma ine de la prévention. Selon Barbara Weil, si tout le monde reconnaît l’importance de la prévention dans les soins de santé d’une population, les médecins en exercice se voient confrontés à différentes activités et attentes. Dans ce contexte, la coordination, un sens de la qualité partagé et des conditions-cadres communes s’avèrent cruciaux. En Suisse, la collaboration interpro- fessionnelle et coordonnée a déjà permis le développe- ment d’un certain nombre d’outils favorisant une prévention et une promotion de la santé globales, sys- tématiques et dont l’efficacité a pu être démontrée. La base de données générique «EviPrev» (www.eviprev.ch), l’entretien motivationnel en tant que forme de com- munication générique, des modules sur les facteurs de risque, le coaching santé ou encore des outils pour la prise de décision et la planification partagées n’en sont que quelques exemples.

Choisir le changement au lieu de le subir

Le fait que la coopération interprofessionnelle devien- dra de plus en plus importante – et à juste titre – a été

souligné par plusieurs intervenants lors de la discus- sion qui a suivi les exposés du matin. Günther Jonitz l’a qualifiée de principe de base et a assuré que les méde- cins indépendants sont les plus efficaces en ce qui concerne l’organisation des soins primaires. D’autres participants ont objecté que les médecins de la généra- tion actuelle ne sont plus prêts à prendre des risques (financiers) et préfèrent être employés. Le président de la Chambre médicale fédérale allemande, Frank Ulrich Montgomery, a précisé que des modèles à risque mo- déré sont également prévus. Les médecins pourraient acquérir une expérience sans risque dans un «cabinet de stage» pendant trois à cinq ans, puis reprendre le ca- binet si cette forme de soins primaires leur convient.

En fin de matinée, Günther Jonitz, président de la Chambre médicale de Berlin, a abordé les «défis pour la profession médicale». A l’aide de nombreux exemples frappants et avec beaucoup d’humour, il a montré comment les médecins ont vu leur rôle évoluer au cours des dernières années, passant du statut de «seuls responsables» à celui de «responsables ultimes», alors que l’«autodétermination» était remplacée progressi- vement par l’«hétéronomie». Mais loin de se plaindre de dysfonctionnements et de regretter le passé, Gün- ther Jonitz estime qu’une professionnalisation accrue du corps médical constitue la meilleure solution. Il en- courage les médecins à prendre leur responsabilité et à conduire eux-mêmes le changement. Les compétences médicales devraient être renforcées et les qualifica- tions étendues. En fin de compte, c’est aux médecins de décider s’ils préfèrent choisir ou subir le changement.

Son exposé s’est terminé sur ces mots: «Ce sont ceux qui défendent les soins aux patients de façon convain- cante qui ont le dernier mot dans la discussion sur la politique de santé.»

L’image du médecin en mutation

Les intervenants de l’après-midi ont repris plusieurs des défis abordés par Günther Jonitz. Intitulé «Bureau- cratisation, codage, administration et gestion de la qualité: reste-t-il du temps pour l’activité médicale?», l’exposé de Jörg Hutter, vice-président de la Chambre médicale de Salzbourg, a traité d’un sujet également bien débattu en Suisse et en Allemagne. Si les systèmes de dossiers médicaux électroniques promettent des gains d’efficacité et une amélioration de la qualité et de la sécurité du traitement pour les patients, ils n’en- traînent aucune réduction de la charge administrative pour le personnel médical. Selon Jörg Hutter, il ne suffit pas de déléguer des tâches administratives à d’autres groupes professionnels, dont certains sont même spé- cialisés dans la documentation médicale, il faut aussi Lors de sa présentation, le Dr Carlos Quinto, membre du Comité central de la FMH,

s’est concentré sur la relation d’égal à égal avec le patient.

FMH Compte rendu de conférence 286

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adapter la formation des médecins-assistants aux nou- velles possibilités numériques. Il est encore difficile d’évaluer à quel point les différentes mesures actuelle- ment à l’étude permettront réellement d’améliorer la situa tion.

Correspondance:

bkesseli[at]emh.ch

Carlos Quinto, membre du Comité central de la FMH, s’est concentré sur la relation d’égal à égal avec le pa- tient. Si selon lui la prise de décision partagée et l’auto- nomisation sont des éléments importants de soins médi caux centrés sur le patient au sens de la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé, il est impos- sible d’éluder une certaine asymétrie dans la relation médecin-patient surtout, paradoxalement, si les pa- tients sont pris au sérieux. Les décisions responsables prises conjointement par le patient et le médecin doivent en tenir compte.

Le smartphone est-il le stéthoscope du XXI

e

 siècle?

La fin de l’après-midi a été consacrée à l’influence de la numérisation sur le rôle des médecins et sur la relation médecin-patient. Yvonne Gilli, membre du Comité cen- tral de la FMH, Josef Mischo, président de la Chambre médicale de la Sarre, et Franz Joseph Bartmann, pré- sident de la Chambre médicale du Schleswig-Holstein, ont convenu que le problème n’était pas la numérisa- tion, mais sa mise en œuvre. Yvonne Gilli a souligné, par exemple, que la numérisation ne comble pas l’écart entre les régions riches et pauvres du monde et qu’en soi elle n’augmente pas la productivité. Franz Joseph Bartmann a observé que la médecine était en retard par rapport à d’autres domaines – comme l’industrie musicale  – en termes d’exploitation des possibilités numériques, tout en restant convaincu que le smart- phone deviendra le «stéthoscope du XXIe siècle» grâce aux progrès de la télémédecine. La majorité des partici- pants ont approuvé sa conclusion: les applications ne remplaceront pas les médecins, mais la numérisation changera fondamentalement le rôle des médecins.

Crédit photos Photos: Bruno Kesseli

Référence

1 Voir aussi à ce sujet l’entretien publié dans le Bulletin des méde- cins suisses du 8 novembre 2017 (disponible en ligne): Kesseli B.

«L’évidence plaide pour des médecins aux postes de direction.»

Entretien avec Agnes Bäker, professeure assistante en manage- ment des organisations à but non lucratif à l’Université de Zurich.

Bulletin des médecins suisses. 2017;98(45):1487–9.

DOI: https://doi.org/10.4414/saez.2017.06129 Franz Joseph Bartmann, président de la Chambre médicale du Schleswig-Holstein,

a parlé avec ferveur des nouvelles structures de soins résultant de la numérisation.

Yvonne Gilli, membre du Comité central de la FMH, s’est exprimée sur la numérisation.

* EMR = Electronic Medical Record.

FMH Compte rendu de conférence 287

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Résultats d’une enquête auprès des membres de la société de médecine du canton de Bâle-Campagne

Assurance qualité au cabinet médical

Guido Beckera, Lukas Mundorffb, Angelika Senstc, Thomas Reichensteinc

a Dr méd., délégué BL Forum-Q ASQM; b Dr méd., délégué remplaçant BL Forum-Q ASQM; c Dr méd., membre du conseil d’administration AeG BL

Après une formation pré- et postgraduée excellente et une formation continue documentée, le débat autour de l’assurance qualité est vécu de façon très ambivalente:

au meilleur des cas, l’assurance de la qualité incite à une optimisation de la prestation. Mais elle est trop facile- ment abusée au profit de la régulation et du contrôle sous la primauté de l’économie. Nous sommes motivés de nous engager pour ce sujet parce que nous sommes convaincus qu’il vaut mieux prendre soi-même le cou- teau en main avec délicatesse que de le laisser sous la directive désagréable d’un tiers.

Par la signature de la charte qualité de l’ASQM – comme la plupart des sociétés de discipline médicale et une bonne moitié des sociétés cantonales de médecine  – nous sommes obligés d’élaborer une stratégie de qua- lité. Ceci nous confronte à la question fondamentale quel doit être le but des activités contribuant à la pro- motion de la qualité au niveau d’une société cantonale de médecine. Nous interprétons la tâche imposée par la charte en premier lieu comme possibilité d’élaborer les conditions générales politiques et économiques afin de pouvoir continuer d’exercer notre métier non seulement avec succès, mais aussi avec satisfaction.

La  devise est d’empêcher des directives tracassières sous  l’étiquette de la qualité. Nous aspirons à des mesures permettant le développement, l’implémenta- tion et la documentation d’une qualité réelle, sans contrainte, sans bureaucratie ou sanctions, mais plutôt en sensibilisant, convaincant et exhortant.

Pour établir une stratégie qualité, il nous a semblé incontournable de collecter des dates sur l’état actuel

concernant les mesures de qualité de nos membres déjà en place. Voilà les résultats de cette enquête.

Design de l’enquête

L’enquête a eu lieu en septembre 2018 par voie électro- nique. Tous les membres de la société de médecine du canton de Bâle-Campagne en cabinet ont été contactés.

Un bref exposé des tenants et aboutissants était ac- compagné du lien et du code QR permettant l’accès di- rect au questionnaire anonyme et garantissant la pro- tection des données par la plateforme surveymonkey, sur laquelle les données ont été collectées et évaluées.

Le questionnaire contenait 23 questions ainsi que la possibilité d’ajouter des réflexions, des suggestions ou des commentaires critiques personnels. Le temps né- cessaire pour remplir le questionnaire était de 5–7 mi- nutes et le délai des réponses était fixé à trois semaines après l’envoi.

Age, spécialisation et type de cabinet des participants

Des 650 membres de la société de médecine du canton de Bâle-Campagne en cabinet contactés, 161 – soit près de 25% – ont répondu. Ceci représente un taux de ré- ponse réjouissant. 43% étaient seuls en cabinet, 24%

dans un cabinet double et 33% en cabinet de groupe ou en centre ambulatoire.

La majeure partie, soit 42%, avaient entre 51 et 60 ans, 25% respectivement entre 41 et 50 et entre 61 et 70 ans.

L’Académie suisse pour la qualité en médecine (ASQM) de la FMH s’est donné pour mission de soutenir le développement d’une culture de la qualité en s’engageant pour un standard élevé des données et projets relatifs à la qualité. Pour cela, elle collabore étroitement avec de nombreux médecins et organisations médicales afin de coordonner les nombreux travaux qui existent déjà dans le domaine de l’assu- rance et du développement de la qualité.

A l’occasion de la mise en application de la charte qualité, l’ASQM aimerait inciter les organisations médicales à diffuser activement leurs activités dans ce domaine en rédigeant une stratégie et un rapport qualité. Leur rédaction permet de mener une réflexion structurée et consciente sur cette démarche et de s’en inspirer pour exploiter les synergies et construire sur ce qui existe déjà, mais aussi pour rendre possible les nouveaux développements et faire émerger une culture de la qualité. Forts de cette transparence, nous apprenons les uns des autres et vivons pleinement cette culture de la qualité.

Je profite de ces quelques lignes pour adresser mes plus vifs remerciements aux 71 organisations médicales signataires de la charte qua- lité de l’ASQM et à toutes celles qui ont déjà rédigé une stratégie et un rapport qualité. Sur le site www.asqm.ch → Charte qualité, vous trouverez de plus amples informations concernant la charte qualité de l’ASQM, mais aussi des modèles de rédaction.

Dr méd. Christoph Bosshard vice-président de la FMH responsable du département DDQ/ASQM

Traduction: Société de médecine de canton de Bâle-Campagne

FMH Qualité 288

(10)

72 étaient spécialistes, dont 60 nous ont fait part de leur spécialisation. 19 étaient spécialistes en psychia- trie et psychothérapie pour enfants et adolescents ou pour adultes, 15 en gynécologie et obstétrique, 5 en chirurgie/orthopédie, 4 en ophtalmologie et 1–2 en neurologie, urologie, radiologie, ORL et en médecine du sport respectivement. 68 (42%) répondants étaient associés à un réseau médical. De ces 68 membres, 66%

appartenaient au Hausärzteverein Angenstein (HVA), 22% au  Ärztenetz Nordwest SA et 12% à d’autres ré- seaux.

Application d’un système d’assurance qualité

D’abord nous avons voulu savoir si le cabinet disposait d’un système d’assurance qualité. 36% ont répondu par oui. Ceux-ci pouvaient indiquer six systèmes d’assu- rance qualité et avaient la possibilité d’ajouter des don- nées complémentaires. A l’exception de MFA d’Agro- med, tous les systèmes proposés ont été indiqués;

Opti-Q par 22 répondants et Equam par 14, représen- tant à eux deux la plus grande partie. Sachant que Opti-Q a été développé par un membre du HVA, Daniel Schädeli, et que le certificat Equam est une obligation afin de pouvoir être membre du Ärztenetz Nord- westschweiz, ce résultat n’étonne pas. Cinq collègues appliquent le système Q-SS de la société de médecine du canton de Bâle-Campagne, un système simple et clair, développé par la société elle-même, permettant de répertorier et améliorer les structures et les proces- sus au cabinet. Quatre autres ont indiqué le système

QMN (Qualimed-net) et trois autres le système QBM (Qualitäts-Basis-Modul) de VEDAG. Les autres systèmes qualité nommés étaient CSCQ, DKG, Q-LABEL, SCQM, PROMS, ISO 17025. Trois systémes qualité cités n’étaient pas utilisables.

Activités d’assurance qualité avec engage- ment personnel

48% des répondants participent à un réseau de qualité, 23% participent à un groupe Balint ou à des super- ou intervisions.

Observation de directives de qualité spécifiques

99% connaissent et appliquent les directives médicales spécifiques à leurs spécialisation; 55% indiquent être influencés fortement et 37% indiquent être quelque peu influencés dans leur pratique journalière par celles-ci. 133 parmi les 157 répondants emploient d’autres registres/aide-mémoires/listes, dont 21% très souvent, 43% régulièrement, 26% occasionnellement et seulement 10% très rarement ou pas du tout.

31 (20%) membres connaissent et utilisent des registres médicaux (www.fmh.ch/saqm/_service/forum_medi zinische_register.cfm), dont 65% sont des registres cli- niques, 40% des registres épidémiologiques et le reste d’autres registres (plusieurs réponses possibles). Dans la plupart des cas, il est marqué «quelque fois» ou «ra- rement». Cinq personnes uniquement indiquent tra- vailler «souvent» avec ces registres.

Figure 1

FMH Qualité 289

(11)

14% des 148 répondants connaissent une recommanda- tion de leur section à participer à des registres spéci- fiques.

Gestion des évènements critiques

67% des participants gèrent les évènements critiques de façon définie. 118 des 158 répondants font des indica- tions plus précises; 24 (20%) approuvent le système de déclaration officiel CIRS (Critical Incidence Reporting System), 36 (31%) agissent selon des directives internes au cabinet et 51 (43%) annoncent des effets indésirables supposés de médicaments à swissmedic. 7 participants (6%) le font d’une autre façon.

Contrôle de la qualité de la pharmacie de cabinet médical

84% des participants à l’enquête disposent d’une phar- macie de cabinet médical. Comme le canton de Bâle-Campagne a l’obligation légale de contrôler la qualité des pharmacies de cabinet médical, il y a des inspections périodiques exécutées par la pharmacie cantonale. Le résultat de ces inspections par le Regio- nales Heilmittelinspektorat der Nordwestschweiz (RHI) a aussi intéressé. Sur les 135 répondants, 20% consi- dèrent le temps investi pour les inspections comme étant «adéquat», 33% le trouvent «élevé» et 39% le trouvent «trop élevé». Les coûts de l’inspection sont jugés de façon plus critique; seulement 9% les trouvent

«adéquats», 37% les trouvent «élevés» et 50% «trop élevés».

Mise en pratique de l’art. 19 de l’ordon- nance sur les dispositifs médicaux

La société de médecine du canton de Bâle-Campagne a instauré le projet MEP-MPA. Celui-ci est un outil in- novatif réalisé depuis deux ans permettant de mettre en pratique les obligations imposées par l’ordonnance sur les dispositifs médicaux concernant le retraite- ment et la stérilisation des instruments médicaux. Il a été réalisé sous l’égide d’un généraliste, d’une experte en hygiène et du pharmacien cantonal. Une assistante médicale spécialement formée visite les assistantes médicales responsables sur place et – à l’aide d’une check-list peu à peu fortement réduite – elle les forme à l’usage et la mise en pratique correcte. D’une part, ceci doit garantir que les mesures imposées par les autori- tés publiques deviennent effectivement des mesures servant à l’assurance qualité et qu’elles ne deviennent

pas un acte bureaucratique uniquement. D’autre part, cette façon de faire résulte de la conclusion que le tra- vail de stérilisation repose entre les mains de ces colla- boratrices! Les résultats de l’inspection sont transmis au pharmacien cantonal, qui exerce un contrôle irré- gulier.

A la question si des dispositifs médicaux étaient re- traités au cabinet et contrôlés par le projet MEP-MPA, 27 (18%) membres nous ont répondu de façon positive.

Il fait plaisir de constater que 25 membres ont été «satisfaits» ou «très satisfaits» par l’offre. Par contre, il faut tout de même noter que deux membres ont été

«très insatisfaits».

Un échantillon de commentaires spontanés

Pour conclure, voici trois exemples des 28 commen- taires spontanés reçus:

– «J’espère que nous ne serons pas contraints à un

‘contrôle qualité’ qui nous coûtera encore plus de temps et d’efforts et qui finalement sera au détri- ment (!) de la qualité des soins et de la prise en charge de nos patients... Merci pour vos efforts dans ce sens.»

– «Une assurance qualité optimale devrait avoir une meilleure médecine pour but. Je crains par contre que nous aurons tout à coups besoin de plus de temps et de personnel afin de faire des protocoles plutôt que de viser à une meilleure médecine.»

– «Ce ballonnement de l’administration et cette hys- térie de la qualité continuels rendent le travail au- près du patient de plus en plus difficile et peu attrac- tif  – ceci est en plus accompagné d’une réduction monétaire. Travail supplémentaire, sans producti- vité et sans valeur ajoutée, associé à un moindre revenu...»

Conclusion

Comme mentionné dans l’introduction, le but de l’en- quête était d’évaluer l’état actuel afin d’en faire la base d’un concept pour implémenter l’assurance qualité au  niveau de la société de médecine du canton de Bâle-Campagne. Il est réjouissant de constater qu’une grande partie des membres interrogés pratiquent une forme d’assurance qualité dans leur cabinet et qu’ils sont conscients de son utilité. Un bon tiers utilise des systèmes qualité et la moitié entretient un échange entre collègues sous forme de participation à un réseau de qualité ou à des super- ou intervisions.

Correspondance:

Dr méd. Guido Becker Leiter Ressort Q AeG BL becker[at]hin.ch

FMH Qualité 290

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Journée des malades 2019

Le savoir du patient en matière de santé le rend plus fort

Hans Kurt

Dr, délégué de la FMH et vice-président de la Journée des malades

Aujourd’hui, il est difficile de se plaindre d’un manque d’informations médicales.

Les questions et les informations concernant notre santé sont omniprésentes: sites internet, blogs, brochures d’information, revues, télévision, YouTube, forums et autres plateformes de conseils. En revanche, il devient de plus en plus difficile de distinguer les informations crédibles et fondées de la publicité cachée, de filtrer les bonnes informations parmi cette masse de données afin d’accroître véritablement notre savoir et ne pas être victimes de désinformation ou de désorientation.

Savoir d’expert et expériences pratiques

Nos patients ont besoin d’informations fondées, qui leur sont transmises de manière compétente et respec- tueuse et leur permettent de renforcer leur savoir en matière de maladie et de processus de guérison. Il est avéré que cela contribue à une meilleure santé. Malgré la multitude de sources d’informations, la majorité des patients s’adressent en premier lieu à leur médecin traitant pour lui demander conseil, même s’ils suivent parallèlement d’autres canaux pour s’informer. Pour nous médecins, c’est souvent un véritable défi d’ac- compagner les patients dans leur quête d’informations et de savoir; en effet, nous ne sommes plus les conseil- lers, mais uniquement l’une des sources d’informa- tions qu’utilisent les patients pour accéder au savoir. Le médecin n’est plus, non plus, le partenaire omniscient, mais il doit de plus en plus s’efforcer d’apprendre du sa- voir de son patient. Les patients et leurs proches dis- posent souvent d’un large savoir, d’expériences per- sonnelles et d’idées qui nous font défaut, à nous les experts médicaux. Cet échange entre savoir d’expert et expériences pratiques permet une mise à niveau des connaissances et sert finalement à la prise en charge personnelle de la maladie et du traitement.

De patient à patient

Plusieurs études montrent que les patients n’assi- milent que 40 à 45% des informations qui leur sont

fournies lors d’entretiens avec des professionnels.

D’autres enquêtes consacrées à la charge pesant sur les proches, notamment de personnes atteintes de mala- dies psychiques, révèlent que 84% d’entre eux citent comme principale préoccupation les craintes et les soucis provenant d’un manque d’information. Par conséquent, l’un des souhaits les plus urgents consiste à se voir proposer davantage d’informations et de dia- logue. Ceci est d’autant plus important que plus de 70%

des proches aidants tombent eux-mêmes malades, le plus souvent de dépression ou de troubles psycho- somatiques. Les personnes atteintes de maladies chro- niques ou d’un handicap et leurs proches acquièrent de nombreuses connaissances et expériences sur l’évolu- tion de leur cas, et deviennent ainsi des experts de la maladie. Nombre d’entre eux tiennent à partager ce sa- voir. Cette forme de transfert des connaissances est au- jourd’hui partie intégrante des nombreuses offres. Elle est appelée Peer-to-Peer, Peer Counselling ou accompa- gnement à la guérison. Elle se fonde sur l’idée que les patients sont compétents pour s’aider mutuellement.

Les pairs sont crédibles car ils ont traversé, ou tra- versent, la même expérience. On estime qu’au- jourd’hui un patient sur cinq cherche un soutien dans les communautés en ligne. Par ailleurs, il est plus aisé de dévoiler ouvertement ses problèmes dans des groupes d’entraide lorsque l’on parle avec des per- sonnes partageant les mêmes difficultés et lorsque l’on observe un exemple positif qui transmet assurance et espoir.

FMH Actuel 291

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Le dilemme du médecin «communicateur»

Les patients souhaitent participer activement à cer- tains aspects de leur maladie et aux décisions concer- nant leur santé, ce qui peut être un véritable défi compte tenu du flot d’informations actuel. Lorsqu’un patient ou une patiente ne pose plus de questions, nous partons souvent du principe que tout est clair. Or, il est fréquent que les patients n’aient pas le courage de poser certaines questions ou qu’ils aient l’impression que nous, médecins, n’avons pas le temps de les écou-

ter. Pour nous, la question se pose aussi de savoir quand transmettre une information ou un savoir ainsi que la manière de le transmettre dans un langage ap- proprié pour les patients. Pensons par exemple à la no- tice explicative des médicaments ou aux déclarations de consentement pour une opération qui s’étendent souvent sur plusieurs pages et qui doivent être signées justement au moment où le patient se trouve déjà en si- tuation de stress lié à l’intervention imminente. De quelle manière pouvons-nous informer des personnes âgées souffrant de troubles cognitifs afin qu’elles com- prennent leur état, le traitement qui leur serait béné- fique et celui qu’il serait plus sage d’éviter? Comment pouvons-nous accompagner les migrants compte tenu des difficultés linguistiques souvent considérables?

Lorsque des différences culturelles s’ajoutent aux pro- blèmes de langue, les risques d’incompréhension et de malentendu sont grands alors que c’est la compréhen- sion qui est recherchée. Quelles sont les possibilités de traduction, que ce soit à l’aide d’interprètes ou de bro- chures d’informations existantes dans différentes lan- gues? Comment devons-nous informer lorsque tous les examens possibles ont été effectués et que rien n’a été détecté? Peut-on juste dire: «Vous n’avez rien, ce ne sont que les nerfs?» Et enfin: quelle attitude adopter lorsque nous, médecins, ne sommes pas en mesure de répondre à une question, ce qui est assez fréquent mal- gré les progrès de la médecine?

Le transfert de connaissances est bien souvent difficile;

pour nous, médecins, il est parfois aussi désagréable et pénible. Nous connaissons tous la situation dans la- quelle nous devenons des messagers du «malheur». In-

former un patient d’une suspicion de cancer et impli- quer ses proches est une épreuve lourde qui nécessite du temps pour déterminer le moment, la manière et le contenu de la communication afin que cette dernière soit véritablement utile pour le patient et ses proches.

Avec des personnes souffrant de troubles psychiques (psychoses ou trouble borderline), de maladies chro- niques graves comme le diabète, ou de maladies ac- compagnées de douleurs, le transfert de connaissances s’avère également délicat, car il ne se limite pas à un seul entretien, mais exige beaucoup de patience. En particulier dans le cas de maladies difficiles, une bonne information et un bon transfert du savoir permettent de garantir l’adhérence au traitement. Et qu’en est-il de l’affront personnel que nous ressentons lorsqu’un pa- tient demande un second avis médical auprès d’un col- lègue sans oser nous l’avouer? Et comment suppor- tons-nous les patients et les pro ches qui savent toujours mieux que les autres?

Respect et rencontre d’égal à égal

Si, comme l’indique le titre, le savoir de nos patients les rend plus fort dans leur santé, nous pouvons ajouter que l’échange de savoir entre le patient et son médecin les renforce tous les deux dans leurs compétences. Le transfert n’est pas à sens unique; le patient lui-même peut nous enrichir de ses propres connaissances. Il ne s’agit plus d’un simple transfert de connaissances, mais d’un échange respectueux de savoir. Cela im- plique une écoute attentive, du temps et des proposi- tions régulières d’échange. La mise en place d’un tel processus exige de la confiance et du respect. A ces conditions, les médecins ne sont plus les seuls experts des maladies et de la santé; les patients et leurs proches sont également les experts de leur souffrance et de leur processus de guérison.

La mise en place d’un échange de connaissances d’égal à égal exige de la confiance et du respect.

«La Journée des malades» est une association d’intérêt général fondée en 1939. Elle se compose de différents membres dont la FMH qui assume la vice-présidence au sein du comité de l’asso- ciation. La Journée des malades a lieu tous les ans début mars (3.3.2019). En 2018, Madame Doris Fischer Deschler a succédé à la présidence à Veio Zanolini de Minusio qui avait assumé cette fonction pendant de longues années.

www.journeedesmalades.ch Correspondance:

Dr Hans Kurt

Spécialiste en psychiatrie et psychothérapie Bielstrasse 109 CH-4500 Soleure kurt[at]solnet.ch

FMH Actuel 292

(14)

Todesfälle / Décès / Decessi Robert Schobinger (1923), † 21.01.19, Facharzt für Chirurgie und Facharzt für Herz- und thorakale Gefässchirurgie, 6030 Ebikon

Guido Locher (1934), † 01.02.19, Facharzt für Gastroenterologie und Facharzt für Allgemeine Innere Medizin, 6214 Schenkon

Hannes Kappeler (1933), † 03.02.19, Facharzt für Endokrinologie/Diabetologie und Facharzt für Allgemeine Innere Medizin, 8400 Winterthur

Francesco Conti (1951), † 08.02.19, Spécialiste en cardiologie et Spécialiste en médecine interne générale, 1218 Le  Grand-Saconnex

Ärztegesellschaft des Kantons Bern Ärztlicher Bezirksverein Bern Regio Zur Aufnahme als ordentliches Mitglied haben sich angemeldet:

Beata Falkenberg, Fachärztin für

Ophthalmologie, Kramgasse 66, 3011 Bern

Boris Alexander Hörold, Praktischer Arzt, Heimstrasse 25, 3018 Bern

Sebastian Oesch, Facharzt für Oto-Rhino- Laryngologie, FMH, Grünaustrasse 6, 3084 Wabern

Susanna Stronski Huwiler, Fachärztin für Kinder- und Jugendmedizin, Gesundheitsdienst der Stadt Bern, Monbijoustrasse 11, 3011 Bern

Einsprachen gegen diese Vorhaben müssen innerhalb 14 Tagen seit der Veröffentlichung schriftlich und begründet beim Präsidenten des Ärztlichen Bezirksvereins Bern Regio eingereicht werden. Nach Ablauf der Frist entscheidet der Vorstand über die Aufnahme der Gesuche und über die allfälligen Einsprachen.

Ärztegesellschaft des Kantons Schwyz Zur Aufnahme in die Ärztegesellschaft des Kantons Schwyz hat sich angemeldet:

Harald Meden, Facharzt für Gynäkologie und Geburtshilfe, FMH, plant gynäkologische Praxis im Ärztehaus Brunnen.

Einsprachen gegen diese Aufnahme richten Sie schriftlich innert 20 Tagen an Dr. med. Uta Kliesch, Maria-Hilf-Strasse 9, 6430 Schwyz oder per Mail an

uta.kliesch[at]hin.ch

Unterwaldner Ärztegesellschaft Zur Aufnahme in die Unterwaldner Ärztegesellschaft haben sich angemeldet:

Cristina Lussi, Fachärztin für Allgemeine Innere Medizin, FMH, ab 1.3.2019:

CuraMed Ärztezentrum, Seestrasse 49, 6052 Hergiswil am See

Jaber Mohammad, Facharzt für Allgemeine Innere Medizin, FMH, ab 1.5.2019:

Hausarzt-Praxis-Beckenried, Seestrasse 6, 6375 Beckenried.

Einsprachen gegen diese Aufnahmen sind mit Begründung innert 20 Tagen an die  Präsidentin der Unterwaldner Ärzte- gesellschaft, Dagmar Becker, Mondmattli 3, 6375 Beckenried, zu richten.

FMH Nouvelles du corps médical 293

Nouvelles du corps médical

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(15)

Halbgötter in Schwarz

Josef E. Brandenberg

Dr. med., Präsident der FMCH

Résumé

Depuis des années, notre médecine est régie par les demi-dieux en noir. Le traitement curatif est devenu une infraction pénale, à moins que le patient n’accepte la «blessure physique». Les tribunaux administratifs et les cours des assurances sociales rendent eux aussi régulièrement des décisions dans des affaires médicales. Le Tribunal fédéral a ainsi récemment statué que «tout être humain doit être présumé en bonne santé». Le 14 septembre 2018, le Tribunal administratif fédéral a défini la qualité des chirurgiens de la manière suivante: «l’exercice fait le maître.» Fixer un nombre minimum de cas dans le canton de Zurich est de ce fait justifié, même si les motifs relèvent plus de la planification et de la rentabilité que de la qualité. Dans son arrêt du 29 mars 2018 sur l’intervention tarifaire du Conseil fédéral en 2014, le Tribunal fédéral a déclaré que le Conseil fédéral peut également te- nir compte d’enjeux politiques lors de l’ajustement du tarif. Il contrevient ainsi au principe de l’adéquation d’un tarif et se fait le complice de la sphère politique.

Il est inutile de critiquer les tribunaux, parce que les demi-dieux en noir ont toujours raison. Evitons autant que possible de saisir la justice, parce qu’on ne peut pas négocier avec les tribunaux. Le monde juridique des normes est inconciliable avec le monde médical des probabilités et des expé- riences. Soyons de bons médecins, documentons la qualité et parlons aux patientes et patients.

Wie auf Nadeln sass ich im ersten Zug von Luzern Rich- tung Genf. Bei den letzten beiden Bahnfahrten in die Westschweiz strandete ich wegen Betriebsstörungen einmal in Romont, einmal in Fribourg. Jetzt durfte das nicht passieren. Unter Strafandrohung musste ich um 9.15 Uhr vor dem Polizeigericht in Nyon als Zeuge er- scheinen. Einen späteren Termin gestattet man nicht.

In der Eingangshalle huschten Gestalten in schwarzen Talaren mit Seidenrevers, weiten Ärmeln, teilweise mit Pelz bestückten Säumen vorbei. Vom Podium herab befragte der Richter in schwarzer Robe den Zeugen.

Aus dem Off stellten die Anwälte – auch sie in Schwarz – ihre Fragen. Zentrales Thema: Patientenaufklärung.

Auf die Frage des Vorsitzenden, warum die Ärztinnen und Ärzte ein schriftliches Aufklärungsprotokoll ver- fassten, antwortete ich «weil es die Richter so wollen».

Nach einer Stunde war das Kreuzverhör vorbei, das Protokoll unterschrieben, der Zeuge ohne Entschädi- gung und spesenfrei entlassen.

In der Tat verändern seit Jahren die Halbgötter in Schwarz unsere Medizin. Die Heilbehandlung ist zur Straftat geworden – ausser der Patient stimmt der

«Körperverletzung» zu. Jeder Patient ein Masochist?

Zwar nicht in schwarzen Talaren und fast ausschliess-

ORGANISATIONS DU CORPS MÉDICAL fmCh 294

(16)

lich nach Aktenlage urteilen auch die Gerichte im Bereich der Sozialversicherungen immer wieder über medizinische Belange. Das Bundesgericht beschränkte sich im Urteil vom 21. März 2018 nicht auf die Beurtei- lung von IV-Leistungen [1], sondern entschied, jeder Mensch sei primär als gesund zu betrachten [2].

Auch Verwaltungsgerichte halten sich nicht zurück und machen zunehmend Medizin, wie das Urteil vom 14. September 2018 dokumentiert [3]. Beim Begriff

«Qualität» handle es sich um eine «offene und unbe- stimmte Umschreibung einer Anforderung an einen Leis- tungsauftrag, die einer wertenden Konkretisierung be- dürfe. Der unbestimmte Rechtsbegriff sei daher der Auslegung durch das Gericht zugänglich.» Mit anderen Worten: Das Gericht sieht sich befugt und berufen, die medizinische Qualität zu definieren. Hintergrund ist eine Beschwerde eines Zürcher Spitals beim Bundes- verwaltungsgericht gegen die Einführung von Min- destfallzahlen für Operateure [4]. Und wie definieren die Richter die medizinische Qualität? Es sei «grund- sätzlich unumstritten, dass hoch qualifizierte Tätigkei- ten, wie die infrage stehenden chirurgischen Eingriffe, ein hohes Mass an kontinuierlicher Übung verlangen».

Der allgemein bekannte Grundsatz «Übung macht den Meister» gelte hier ganz besonders, da sich

«operative Fehler auf die betroffenen Patientinnen und Patienten tödlich auswirken können». Dieser simplen Plattitüde kann man nur mit einem anderen Sprichwort entgegnen: «Schuster bleib bei deinem Leisten!» Immerhin wird bestätigt: Operieren ist eine hochqualifizierte und gefährliche Tätigkeit. Die Bei- behaltung der quantitativen Dignitäten im Tarif wäre damit höchstrichterlich begründet. Aber eigentlich geht es dem Gericht ebenso wenig um Qualität wie der Zürcher Gesundheitsbehörde [5]. Auf den 65 Seiten des Urteils kommt der Begriff 145 Mal vor, 32 Mal in Verbin- dung mit «Wirtschaftlichkeit, Preis und Effizienz» und 94 Mal mit «Planung, Kontrolle, Anforderung, Nach- weis». Es geht um Planung und Wirtschaftlichkeit, um Planwirtschaft.

Wie die Gerichte die Übergriffe der Politik auf die Medizin stützen und schützen, zeigt auch das jüngste Urteil aus dem Kanton Aargau [6]. Das Verwaltungs- gericht setzte die kantonale Liste «ambulant vor statio- när» ausser Kraft. Das Urteil wurde ans Bundesgericht weitergezogen. Wie dieses auch immer entscheiden wird, nicht die Rechtmässigkeit der Liste an sich steht zur Diskussion, sondern einzig die Zuständigkeit, ob

das BAG oder die Kantonsbehörden über die medizini- sche Indikation für einen stationären Aufenthalt zu entscheiden befugt sind.

Mit dem Urteil vom 29. März 2018 ist das Bundes gericht definitiv zum Erfüllungsgehilfen der Politik gewor- den [7]. Es bejaht die Rechtmässigkeit des Tarifeingriffs von 2014 in der Medienmitteilung vom 13. April 2018 und begründet seine Missachtung der gesetzlich vor- gesehenen Sachgerechtigkeit eines Tarifs wie folgt:

«Der Bundesrat darf bei der Anpassung von Taxpunkten der TARMED-Tarifstruktur lineare Kürzungen bei ver- schiedenen Positionen vornehmen und dabei auch poli- tischen Anliegen Rechnung tragen» [8].

Kollege Urbaniok fragte kürzlich, ob man Gerichte kri- tisieren dürfe [9]. Die Frage erübrigt sich. Besser fragt man: Was bringt Kritik an Gerichtsurteilen? Antwort:

nichts. Denn mit Gerichten kann man nicht diskutie- ren und schon gar nicht verhandeln. Die Halbgötter in Schwarz haben immer Recht. Und kommt es zum Re- kurs, urteilen die Halbgötter der letzten Instanz ab- schliessend [3, 7].

Hören wir auf, Gerichte anzurufen. Sparen wir uns die vielen Rechtsgutachten. Die juristische Welt der Nor- men steht in unvereinbarem Gegensatz zur medizi- nischen Welt der Wahrscheinlichkeiten und Erfah- rungen. Verhandeln wir, wo wir verhandeln können.

Festigen wir die Einigkeit innerhalb der Ärzteschaft.

Vor allem aber: Machen wir gute Medizin, dokumen- tieren wir die Qualität und – ganz entscheidend – re- den wir mit den Patientinnen und Patienten. Kurz:

Besinnen wir uns wieder auf die Stärken des «weissen Kittels», ohne in den überheblichen Rausch zu ver- fallen, Halbgötter zu sein.

Bildnachweis

© Andrey Popov | Dreamstime.com

Literatur

1 BGE 144 V 50 vom 21.3.2018.

2 Jeger J. «Der Mensch ist gesund». Jusletter 8. Oktober 2018.

3 Urteil C-5603/2017 BVerGer, Abteilung III vom 14.9.2018.

4 Beschwerde der Spital Bülach AG vom 29. September 2017 ans Bundesverwaltungsgericht.

5 Brandenberg JE. Mindestfallzahlen – Qualität oder Surrogat?

Schweiz Ärzteztg. 2018;99(47):1647–8.

6 Aargauer Zeitung vom 13.12.2018.

7 BGE 144 V 138 vom 29.3.2018.

8 Medienmitteilung des Bundesgerichtes vom 13.4.2018.

9 F. Urbaniok. Darf man das? Psychiater Frank Urbaniok reagiert auf die Empörung über seine Gutachten-Kritik. Schweiz am Wochenende. 22.12.2018.

Korrespondenz:

Dr. med.

Josef E.  Brandenberg Präsident der FMCH Rebstockhalde 18 CH-6006 Luzern josef.brandenberg[at]hin.ch

Die Heilbehandlung ist zur Straftat geworden – ausser der Patient stimmt der «Körperver­

letzung» zu.

Die juristische Welt der Normen steht in unver­

einbarem Gegensatz zur medizinischen Welt der Wahrscheinlichkeiten und Erfahrungen.

ORGANISATIONS DU CORPS MÉDICAL fmCh 296

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Vorauseilender Gehorsam ist nicht  gerechtfertigt

Brief zu: Weiss M. Psychische Beschwerden – Neues aus der Rechtsprechung. Schweiz Ärzteztg. 2019;100(6):179–81.

Das Bundesgericht hat in den letzten Jahren seine eigene Praxis in mehreren Urteilen grundlegend revidiert, was aus psychiatri­

scher Sicht mehr als zu begrüssen ist. Das zeigt auch, dass wir uns in der Begutachtung auf die Frage der Diagnose und deren Auswir­

kungen in Bezug auf die Arbeitsfähigkeit zu konzentrieren haben und nicht schon im vor­

auseilenden Gehorsam mit Formulierungen, dass etwas aus versicherungsmedizinischer Sicht so oder so sei, uns selber zensieren. Was soll man all den Patienten sagen, denen Gut­

achter bei einer mittelgradigen Depression per se max. 50% AF attestiert haben, entgegen jedes klinischen Wissens, dass die Diagnose noch gar nichts über allfällige Einschränkun­

gen oder Auswirkungen sagt, genauso wie die Gutachter, die es sich immer schon einfach gemacht haben und bei Schmerzstörungen gar nicht weiter gedacht haben und der Ein­

fachheit halber eine volle AF angenommen haben. Genau gleich verhält es sich mit den psychosozialen Faktoren. Nur weil das im Ge­

Plädoyer für den «Umgang mit Sterben und Tod» der SAMW

Autonome Patienten, die durch Krankheit oder Handicap Lebensqualität verloren ha­

ben, wollen sich entscheiden, damit weiter­

zuleben oder ihr Leben zu beenden. Und wenn sie es beenden wollen, sagen sie, wie sie es tun möchten. – Autonome Ärzte leisten Lebens­

und Sterbehilfe, unter Umständen auch Sui­

zidbeihilfe. Sie wollen aber bestimmen, bei wem, welche Hilfe in Frage komme. – Auto- nome staatliche und ärztliche Instanzen und autonome Juristen wollen ihrerseits bestim­

men, nach welchen Regelungen Lebens­ und Sterbehilfe zu leisten sei. Die FMH lehnte 2018 setz nicht vorgesehen ist, heisst es nicht, dass

sie klinisch nicht relevant sein können. Wenn der Rechtsanwender das dann herausdefi­

niert, ist es seine Sache und nicht Sache der Ärzte. Nur indem auf diese Dinge weiter hin­

gewiesen wird, kann es auch zu einer Praxis­

änderung beim Bundesgericht kommen. Wir sind als Sachverständige gefordert, das heisst, der fachärztliche Sachverstand muss darge­

legt werden und nicht was wir denken, die Ju­

risten brauchen es. Das ist deren Sachver­

stand. Aktuell heisst das z.B., dass die Frage nach Therapieoptionen differenziert disku­

tiert werden sollte. Ein stationärer Aufenthalt kann auch schädigen. Mittelschwere Depres­

sionen können genauso gut auch ohne Medi­

kation behandelt werden. Ich bin der Mei­

nung, dass alle, die gutachterlich tätig sind, auch mindestens 40–50% klinisch tätig sein sollten, um den Kontakt zu den Patienten und dem, was realistisch machbar ist, nicht zu ver­

lieren. Auch im gutachterlichen Prozess gilt die Maxime: nihil nocere, was nicht bedeutet, dass die Patienten immer Recht haben.

Dr. med. Christoph Burz, Summaprada

COURRIER 297

Courrier au BMS

Sujets d’actualité en ligne

www.bullmed.ch → tour d’horizon

Interview de David Bosshart, directeur de l’Institut Gottlieb Duttweiler

«Nous avons besoin de gens capables que des je-sais-tout»

Seul un changement culturel profond peut mettre un terme à l’explosion des coûts de santé.

Entretien avec Bernhard Keller, médecin de famille retraité et exploitant de la plateforme Rent-A-Senior-Doc

«Arrêtons de geindre»

L’évolution du marché du travail, comme la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, n’épargne pas non plus la médecine. Au lieu de critiquer ces tendances, on peut aussi y répondre par des concepts innovants.

Lettres de lecteurs

Envoyez vos lettres de lecteur de manière simple et rapide. Sur notre site Internet, vous trouverez un ou- til spécifique pour le faire. Votre lettre de lecteur pourra ainsi être traitée et publiée rapidement. Vous trouverez toutes les informations sous:

www.bullmed.ch/publier/remettre- un-courrier-des-lecteurs-remettre/

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Eine notwendige Erwiderung

Brief zu: Scholer M. Was wir brauchen, sind Besserkönner, nicht Besserwisser. Schweiz Ärzteztg. 2019;100(6):182–3.

Gibt es nebst der Ärzteschaft eine andere Pro­

fession, die sich regelmässig von professions­

fremden, oftmals selbsternannten Experten ins Handwerk pfuschen lässt? Zahntechniker, Juristen, Chauffeure, Ingenieure, Kaminfeger, Bäcker etc.? Was will uns Bosshart sagen mit

«… Daten ohne ökonomischen Wert werden spekulativ eingesetzt …», «Transparenz ist im­

mer ambivalent» usw.? Er nennt sich Trend­

forscher. Trends in der Medizin werden durch neue diagnostische und therapeutische Möglichkeiten skizziert, welche laufend in die ärztliche Weiterbildung integriert werden.

Scholer stellt die falschen Fragen und be­

schwört gleich eingangs den notwendigen Wandel im Gesundheitswesen. Der tatsächli­

che Wandel ist kontinuierlich, unvermeidlich und kaum revolutionär. Scholer spricht jenen Gesundheitsökonomen und ­politikern das Wort, das in Bossharts Erwiderung nicht auf sich warten lässt: Reizwort Kostenexplosion.

Damit will man uns und der Bevölkerung unablässig weismachen, was es mit den stei­

genden Gesundheitsausgaben auf sich habe.

Da ist nichts Explosives, ausser dem politi­

schen Schwarzpulver, das daraus gemacht wird. Dieses dient dann der Wiederwahl des Politikers, der unablässigen Anschwärzung der Ärzteschaft sowie der Beschwörung einer Anspruchshaltung unserer PatientInnen.

Scholer verpasst deshalb wie die meisten zuständigen Politiker ebenfalls die Chance, wirklich ökonomisch zu denken: Nämlich auch an die Gesundheitsnutzen. Er würde feststellen, dass es volkswirtschaftlich abso­

lut rentiert, in unsere Gesundheitsversor­

gung, die bekanntermassen immer noch sehr gut ist, zu investieren. Für jeden Franken erhielte er ca. 1.30 zurück. Schade, dass sich damit keine Politik machen und auch keine Wahl gewinnen lässt, wo es doch gar nicht so die neu formulierten Richtlinien der SAMW

mehrheitlich ab. Insbesondere dürfe ärztliche Suizidbeihilfe nur in Betracht kommen, wenn ein Leiden objektiv unzumutbar sei, nicht bloss subjektiv unerträglich. – So viele Auto­

nomien führen zu Kollisionen. Zu einem Kon­

sens kann man nur bei Kompromissbereit­

schaft von allen Beteiligten gelangen.

Wenn Entscheidungen zum Leben und Ster­

ben anstehen, macht es Sinn, dass ein Pati­

ent, ein bio­psycho­sozial Leidender, nicht im Alleingang handelt, sondern sich an ei­

nen Arzt seines Vertrauens wendet. Ärzte, besonders Hausärzte und Psychiater, sind nicht nur Diagnostiker und Therapeuten.

Sie sind auch Gesprächspartner in kriti­

schen Lebenssituationen. Ihre Angebote:

Zuhören und Anteilnahme, Ermutigung, ge­

meinsame Suche nach Ressourcen beim Patienten und in dessen Umfeld, Beiziehung anderer Therapeuten und Helfer, Optimie­

rung von Behandlung und Betreuung, für­

sorgerische Unterbringung, das Gespräch zum Sterben und zum letzten Willen, indi­

rekt aktive und passive Sterbehilfe, Suizid­

beihilfe. Letztlich kann nur der Patient sa­

gen, wie viel Leiden er erträgt und welche Hilfe er akzeptiert.

Sterbehilfe ist bekanntlich nicht verboten, aber an Bedingungen geknüpft. Der Sterbe­

willige muss bezüglich seines Sterbewun­

sches überprüft urteilsfähig sein; solange er urteilsfähig ist, kann er seine Wünsche in einer Patientenverfügung festhalten oder einen Interessenvertreter bestimmen. Der Wunsch für Suizidbeihilfe muss explizit sein, wohlerwogen, ohne Druck entstanden und dauerhaft. Der angesprochene Arzt muss herausfinden, ob er bei seiner persön­

lichen ethischen Haltung im konkreten Fall Suizidbeihilfe leisten kann.

Verstösst er dabei als Mitglied der FMH gege n deren Standesordnung, muss er mit Konsequenzen rechnen.

Die neuen Richtlinien der SAMW zum «Um­

gang mit Sterben und Tod» sind gut überlegt und zeitgemäss. M. E. sollten sie unverän­

dert in die Standesordnung übernommen werden.

Dr. med. et phil. Hermann Nüesch, St. Gallen

kompliziert ist! In welchem anderen Bereich kann um die 30–40% Gewinn erzielt werden?

Warum spricht niemand von der Explosion der Bildungs­, der Entsorgungs­, der Verwal­

tungs­ oder der Transportkosten?

Wozu will uns Bosshart einen «tiefgreifenden Kulturwandel» im Gesundheitswesen verkau­

fen? Was hat das Wort Kultur hier zu suchen?

Was meint er mit folgendem: «Erst wenn wir Transparenz ins Gesundheitssystem bringen, werden wir feststellen, wie viel Unvernunft sich darin angesammelt hat»? Danach die Bin­

senwahrheit, dass «… den Kantonen als Binde­

glied zwischen Bund und Gemeinden eine entscheidende Rolle zukommt». Bosshart stigmatisiert zu Recht die drohende Einfüh­

rung des Globalbudgets als populistische Keule und aus Ausdruck davon, dass die Ge­

sundheitspolitik versagt und auch Bundesrat Berset betrifft.

Es folgt die Frage, wie der Kulturwandel im Gesundheitswesen eingeläutet werden könne.

Was meint er genau mit Kulturwandel, oder wie würde er die «Kultur im Gesundheits­

wesen» definieren? Lässt sich ein solcher Wandel a) voraussehen, b) beeinflussen, c) steuern oder messen? Kurz: Kultur ist keine Commodity, kann nicht gekauft werden, kann nicht beschlossen oder direkt gesteuert wer­

den ausser vielleicht in totalitären Systemen.

Die Quintessenz von Bossharts Antwort:

«Wir  müssen das Gesundheitswesen um­

krempeln» – warum? Und dann folgt der Satz, der dem Interview den Titel gegeben hat.

Damit outet sich Bosshart definitiv: Er scheint von Medizin und dem schweizerischen Ge­

sundheitswesen nicht mehr zu verstehen als mein Freund von nebenan, doch Bosshart formuliert es besser (der besserkönnende Bes­

serwisser). Schade ist Scholer nicht ebenso kritisch wie mein Freund, sonst wäre er Boss­

hart vielleicht nicht auf den Leim gegangen.

Dr. med. Stefan Zlot, Bern

COURRIER 298

(19)

Examens de spécialiste Examen de spécialiste en vue de l’obtention du titre de spécialiste en  Radiologie

2e partie

Date: 28–30 août 2019 Lieu: Zurich

Délai d’inscription: 1er mai 2019

Vous trouverez de plus amples informations sur le site web de l’ISFM www.siwf.ch

→ Domaines spécialisés → Titres de spécia- liste et formations approfondies (formation postgraduée) → Radiologie

Examen en vue de l’obtention de la formation approfondie en radiologie pédiatrique à adjoindre au titre de spécialiste en radiologie

Date: 28 août 2019 Lieu: Zurich

Délai d’inscription: 1er mai 2019

Vous trouverez de plus amples informations sur le site web de l’ISFM www.siwf.ch

→ Domaines spécialisés → Titres de spécia- liste et formations approfondies (formation postgraduée) → Radiologie

Examen en vue de l’obtention de la  formation approfondie en neuroradio­

logie diagnostique à adjoindre au titre de spécialiste en radiologie

Date: 26 et 27 août 2019 Lieu: Aarau

Délai d’inscription: 1er mai 2019

Vous trouverez de plus amples informations sur le site web de l’ISFM www.siwf.ch

→ Domaines spécialisés → Titres de spécia- liste et formations approfondies (formation postgraduée) → Radiologie

Examen en vue de l’obtention de la formation approfondie en neuroradio­

logie invasive à adjoindre au titre de spécialiste en radiologie Date: 26 et 27 août 2019 Lieu: Aarau

Délai d’inscription: 1er mai 2019

Vous trouverez de plus amples informations sur le site web de l’ISFM www.siwf.ch

→ Domaines spécialisés → Titres de spécia- liste et formations approfondies (formation postgraduée) → Radiologie

COMMUNICATIONS 299

Communications

Références

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