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II. L’anneau Z/nZ

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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II. L’anneau Z/nZ

Question 1. Quel jour ´etait le 14 juillet 1789 ? Indice 1 : Le 14 juillet 2013 sera un dimanche.

Indice 2 : Combien de jours s´eparent le 14 juillet 1789 du 14 juillet 2013 ?

Indice 3 : Les ann´ees bisextiles sont les ann´een divible par 4mais pas par 100 ou celles divisibles par400.

Solution :Il y a2013−1789 = 224ann´ees entre les deux 14 juillet. Soit224×365 = 81760 jours sans prendre en compte les ann´ees bisextiles. La premi`ere ann´ee multiple de 4est1792, la derni`ere2012. Entre1792et2012il ya exactement

20121792

4 + 1 = 56

ann´ees divibles par 4. Les ann´ees1800, 1900 et2000 sont divibles par 100. L’ann´ee 2000est disible par400. Il y a donc563 + 1 = 54 ann´ees bisextiles entre1792et2013. Il s’en suit qu’il y a exactement81760 + 54 = 81814jours entre le 14 juillet 1789 et le 14 juillet 2013.

Ces 81814 repr´esentent 81814

7 = 11687 semaines et 5 jours. Le 5 `eme jour avant di- manche est un mardi. Le 14 juillet 1789 ´etait donc un mardi.

1 Congruences

Bien des probl`eme de divisibilit´e se r´esolvent par la connaissance des restes. Ainsi, par exemple, savoir siadiviseb revient `a savoir si le reste de la division euclidienne deb apraest nul. D’o`u la notion de congruence.

D´efinition 2.1. On dit que deux entieraet bson congrus modulo n, lorsqu’il donne le mˆeme reste par la division euclidienne parn. On note alorsab modn.

Ou de mani`ere ´equivalente, deux entiersaetbsont congrus modulonlorsqueab est un multiple den, c’est-`a-dire, lorsqu’il existek Ztel queab=nk.

Exercice 2.2. Montrer que ces deux d´efinitions sont ´equivalentes.

Solution: Supposons que deux entiersaetbaient le mˆeme reste pour la division euclidienne parn, que l’on noter. Il existe alorsqetq v´erifianta =qn+retb=qn+r. On a alors

ab= (qn+r)(qn+r) = qn+rqnr= (qq)n, ce qui implique queabest divible parn.

R´eciproquement, suposons que a b soit divisible par n. Il existe alors k Z tel que ab = kn. La division euclidienne de a et b par n donne l’existence d’entiers q, q, r et r v´erifianta=qn+retb=qn+r ainsi que06r, r < n. On a donc la relation

kn=ab= (qn+r)(qn+r) = (qq)n+rr

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8 II. L’anneauZ/nZ

et donc l’´egalit´e(q−q−k)n=r−r. Des in´egalit´es06r, r < n, on obtient−n < r−r < n.

Commerr doit ˆetre un multiple den, la seule possibilit´e estrr = 0, `a savoirr=r. Exemple. Quels que soientaZetnN, on a

aa mod n

ar mod nsirest le reste de la division euclidienne deaparn.

142 mod 6,−25 mod 7,9≡ −1 mod 10.

Exercice 2.3.

3.Comment ´ecrire par une congruence queaest un multiple den? 4.Compl´eter les congruences suivantes :

17 mod 5, −3 mod 8, 21 mod 3 5.Les congruences suivantes sont-elles vraies ?

2737 mod 3, 1451315 mod 5, −5≡ −4 mod 2 Proposition 2.4. Soeinta, b, c, dZetn N, on a

– siab mod netbc modnalorsa c mod n.

– siab modnetcd mod nalorsa+cb+d mod n,acbd mod net accd mod n.

Exercice 2.5. Montrer que le nombreaNdont l’´ecriture en base10estan...a1a0est divisible par9si et seulement sian+...+a1+a0l’est.

2 AnneauZ/nZ

D´efinition 2.6. SoientGun ensemble et·: G×GGune application. On dit que(G,·)est un groupe si

– Associativit´e :∀a, b, cG, a·(b·c) = (a·b)·c; – Neutre :∃eG∀aG e·a =a·e =a;

– Inverse :∀a G, ∃bG a·b=b·a=e.

L’application·est laloidu groupe. L’´elementeest leneutredu groupe,best l’inversedea dans e groupe.

Exemple. (Z,+),(Q,+),(R,+),(C,+),(Q\ {0},×),(R\ {0},×),(C\ {0},×).

Exercice 2.7. Dire pourqoui les couples (ensembl,loi) suivant ne sont pas des groupes :(N,+), (Z− {0},+),(Q,×).

D´efinition 2.8. On dit qu’un groupe(G,·)est commutatif si pour toutaetbdeG, on aa·b = b·a.

Exemple. (Z,+)est commutatif mais pas(Mn(R),+)ne l’est pas.

D´efinition 2.9. SoientAun ensemble et+ :A×AA,×:A×AAdeux lois deA. On dit que(A,+,×)est un anneau si

(A,+)est un groupe commutatif

– Associativit´e :∀a, b, cG, a×(b×c) = (a×b)×c; – Neutre :∃1A A∀aA,1A×A=A×1A=A;

– Distributivit´e :∀a, bA a×(b+c) = a×b+a×c, (b+c)×a=b×a+c×a.

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3. El´ements inversibles deZ/nZ 9 D´efinition 2.10. On dit qu’un anneau (A,+,×) est comlutatif si pour tout a, b A, on a a×b =b×a.

Exemple. (Z,+,×),(Q,+,×),(R,+,×),(C,+,×),(Mn(R),+,×)sont des anneaux. A part (Mn(R),+,×)pourn>2ils sont tous commutatifs.

D´efinition 2.11. Soitmun entier> 2. PourxZ, on pose [x]n ={yZ|yx mod n}.

On noteZ/nZl’ensemble{[x]n | x= 0, ..., n1}.

Exemple.

[0]2 ={...,−6,−4,−2,0,2,4,6, ...}

[1]2 ={...,−5,−3,−1,1,3,5,7, ...}.

Siab mod nalors[a]n = [b]n.

D´efinition 2.12. Soientn>2etx, y des ´el´ements deZ, on pose [x]n+ [y]n= [x+y]n;

[x]n×[y]n= [x×y]n.

Exemple. [0]5+ [3]5 = [3]5,[3]5+ [3]5 = [6]5 = [1]5.

Proposition 2.13. Pour toutn>2,(Z/nZ,+,×)est iun anneau.

Exercice 2.14. Ecrire les tables d’additions et de multiplications deZ/5ZetZ/6Z.

3 El´ements inversibles de Z/nZ

D´efinition 2.15. Soit(A,+,×)un anneau. On dit qu’un ´el´ementxdeAest inversible s’il existe ydansAtel qu’on aitx×y=y×x= 1A. L’ensemble des ´el´ements inversibles deAest not´eA. Exemple. (Z,+,×) ={−1,1},(Q,+,×) =Q\ {0}.

Proposition 2.16. Soit(A,+,×)un anneau, alors(A,×)est un groupe.

Exercice 2.17. A l’aide du th´eor`eme I.1.23 montrer que[x]n (pourx ∈ {0, ..., n1}) est un

´el´ement inversibles deZ/nZsi et seuelement sipgcd(x, n) = 1.

Solution: Sipgcd(x, n)vaut1, alors il existeuetv deZtel qu’on aitux+vn = 1, d’o`u ux = 1vn, puis[ux]n = [1]n. Comme par definition, on a [ux]n = [u]n×[x]n, on obtient [u]n×[x]n= [1]n, ce qui implique que[x]nest inversible.

R´eciproquement si [x]n est inversible, il existe[y]ntel que[x]n×[y]n soit ´egal `a[1]n. De [x]n×[y]n= [xy]n, on obtientxy 1 mod n. Il existe alorsk Ztel qu’on aitxy = 1 +kn et doncxykn= 1. Le th´eor`eme I.1.23 garantit que cette relation est possible si et seulement sipgcd(x, n) = 1.

Exercice 2.18. Trouver les ´el´ements inversibles deZ/5Z,Z/6Z,Z/7Z.

D´efinition 2.19. On dit qu’un anneau (A,+,×) est un corps si A = A − {0A} o`u 0A est l’´el´ement neutre de+.

Exemple. (Q,+,×),(R,+,×)et(C,+,×)sont des corps mais pas(Z,+,×).

Exercice 2.20. Parmi les anneauxZ/nZde l’exrecice pr´ec´edent lesquels sont des corps ? Exercice 2.21. Montrer que(Z/nZ,+,×)est un corps si et seulement sinest premier.

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10 II. L’anneauZ/nZ

4 Indicatrice d’Euler

D´efinition 2.22. Pourn>2, on noteφ(n)le nombre d’´el´ement inversible deZ/nZ.

Exemple. φ(4) = 2,φ(5) = 4,φ(6) = 2,φ(7) = 6. De mani`ere g´en´erale, sipest un nombre premier alorsφ(p)vautp1.

Proposition 2.23. Soientpetqdeux nombres premiers distincts. On aφ(pq) = (p1)(q1).

Exercice 2.24. D´emontre la proposition pr´ec´edente.

Solution: Soitxun entier de l’intervale[0, pq1]. Le pgcd de xetpqest diff´erent de1si et seulementpdivisexouqdivisexcarpetqsont des nombres premiers. Les multiples depdans [0, pq1]sont

0, p,2p, ...,(q1)p, il y en a exactementq. Les multiples deqdans[0, pq1]sont

0, q,2q, ...,(p1)q,

il y en a exactementp. Dans[0, pq1]seul0est multiple depet deq`a la fois. Ainsi[0, pq1]

contientp+q1entiers mulitple depou deq. Comme[0, pq1]est de cardinalpq, il y a pq(p+q1) = (p1)(q1)

´el´ements inversibles dansZ/pqZ. On a donc montr´eφ(pq) = (p1)(q1).

Exercice 2.25. Calculerφ(35).

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