CHAPITRE 4 :
Int´ egrales doubles et triples
19 janvier 2017
4.0 Introduction
Dans ce chapitre, nous n’allons pas d´evelopper la th´eorie g´en´erale de l’int´egrale d’une fonction den variables sur une partie born´ee deRn, n≥1. Nous nous contenterons de donner des m´ethodes de calcul des int´egrales doubles et triples (c`ad n=2,n=3)sur des compacts particuliers, ceux dont on peut d´elimiter leur fronti`ere par des fonctions continues.
4.1 Int´ egrales doubles
4.1.1 Th´eor`eme et d´efinition.
Th´eor`eme 1.1 (Th´eor`eme et d´efinition.) Soit ∆ le compact deR2 d´efini par :
∆=(x,y)∈R2/x∈[a,b], α(x)≤y≤β(x) , (1)
•a, bsont des r´eels (a<b),
•αet βdes fonctions num´eriques continues sur [a,b]et v´erifiant α(x)≤ β(x) pour toutx∈[a,b].
Soit f une fonction continue sur ∆. On appelle int´egrale doubledef sur
∆,le nombre, I=
Z
∆f(x,y)dxdy=
Z b
a
Z β(x)
(x) f(x,y)dy
dx.
Figure :Compact deR2d´elimit´e verticalement par deux fonctions continues
4.1.2 Remarques
1 Le th´eor`eme transforme l’int´egrale double en deux int´egrales simples emboit´ees.
2 Si ∆= [a,b]×[c,d], c`ad ∆ est un rectangle de R2, alors Z
∆f(x,y)dxdy=
Z b
a
Z d
c f(x,y)dy
dx.
3 En ´echangeant les rˆoles dex ety, on peut calculer l’int´egrale double def sur le compact ∆deR2 d´efini par :
∆=(x,y)∈R2/y∈[c,d], γ(y)≤x≤ δ(y) , (2) o`u c,d sont des r´eels (c<d),γet δ sont deux fonctions continues sur [c,d]et v´erifiant γ(y)≤δ(y) ∀y∈ [c,d]. On aura dans ce cas,
Z
∆f(x,y)dxdy=
Z d
c
Z δ(y)
(y))f(x,y)dx
dy.
Figure: Compact deR2d´elimit´e horizontalement par deux fonctions continues
4.1.3 Exemples
1 Calcul de R
∆xydxdyo`u
∆= (x,y)∈R2/x≥0, y≥0 etx+y≤1 .
Cherchons d’abord une description hi´erarchique du compact ∆.On peut repr´esenter ∆de deux mani`eres diff´erentes
∆=(x,y)∈R2/x∈[0, 1], 0 ≤y≤1−x , (3)
∆=(x,y)∈R2/y∈[0, 1], 0 ≤x≤1−y . (4) X Si∆ est de la forme (3), on obtient,
Z
∆xydxdy =
Z x=1
x=0
Z y=1−x
y=0 xydy
dx
=
Z x=1
x=0 x
Z y=1−x
y=0 ydy
dx
=
Z 1
0 x(1−x)2
2 dx= 1
24.
Exemples [suite]
X Si∆ est de la forme (4), on obtient, Z
∆xydxdy =
Z y=1
y=0
Z x=1−y
x=0 xydx
dy
=
Z y=1
y=0 y
Z x=1−y
x=0 xdx
dy
=
Z 1
0 y(1−y)2
2 dy= 1
24. Notons que
Z 1
0
Z 1−x
0 xydy
dx=
Z 1
0
Z 1−y
0 xydx
dy.
Exemples [suite]
2 Calcul de I=R
∆y2dxdy o`u ∆=(x,y)∈R2/x2+y2 ≤r2,r>0 .
Une description hi´erarchique de ∆ est donn´e par :
∆=
(x,y)∈R2/y∈[−r,r], x∈
−qr2−y2, q
r2−y2
. D’o`u,
I =
Z
∆y2dxdy
=
Z y=r
y=−ry2 Z x=
√
r2−y2 x=−√
r2−y2dx
! dy
=
Z r
−r2y2 q
r2−y2dy
= 4 Z r
0 y2 q
r2−y2dy.
Exemples [suite]
En faisant le changement de variable y=rsinθ, on obtient
I = 4 Z π
2
0 r4sin2θcos2θdθ=r4 Z π
2
0 sin22θdθ
= r4 Z π
2
0
1−cos 4θ 2
dθ = πr
4
4 . Notons qu’on peut repr´esenter le compact ∆ sous la forme
∆=n(x,y)∈R2/x∈[−r,r], y∈h−pr2−x2,p
r2−x2io .
Exemples [suite]
3 Calcul de I=R
∆ 2
(1+x+y)3dxdy o`u ∆= [0, 1]×[0, 1]. Ici, ∆ est un rectangle deR2.
Donc,
I =
Z
∆
2
(1+x+y)3dxdy
=
Z y=1 y=0
Z x=1 x=0
2
(1+x+y)3dx
! dy
=
Z y=1 y=0
"
−1 (1+x+y)2
#x=1
x=0
dy
=
Z 1
0
1
(1+y)2 − 1 (2+y)2
!
dy= 1 3.
4.1.4 Th´ eor` eme de Fubini : Inversion des bornes
Proposition 1.1
Soit ∆ un compact deR2 admettant deux repr´esentations de la forme (1) et (2). Soitf une fonction continue sur∆.Alors,
Z
∆f(x,y)dxdy=
Z b
a
Z β(x)
α(x) f(x,y)dy
dx=
Z d
c
Z δ(y)
γ(y) f(x,y)dx
dy.
Remarque 1.1
Le th´eor`eme signifie qu’on peut changer l’ordre d’int´egration sans changer la valeur de l’int´egrale.
Corollaire 1.1
Soit ∆= [a,b]×[c,d]un rectangle de R2 etf une fonction continue sur
∆.Alors, Z
∆f(x,y)dxdy=
Z b
a
Z d
c f(x,y)dy
dx=
Z d
c
Z b
a f(x,y)dx
dy.
En particulier, sif(x) =g(x)h(y)sur ∆,alors, Z
∆f(x,y)dxdy =
Z b
a
Z d
c g(x)h(y)dxdy
=
Z d
c
Z b
a g(x)h(y)dxdy
= Z b
a g(x)dx Z d
c h(y)dy
.
Exemple 1 Calculer R
[0,1]×[0,2] 2yex
1+y2dxdy.D’apr`es le corollaire 1.1, nous avons, Z
[0,1]×[0,2]
2yex
1+y2dxdy =
Z x=1
x=0 exdx
Z y=2
y=0
2y 1+y2dy
= [ex]xx==10ln 1+y2y=2 y=0
= (e−1)ln 5.
4.2 Int´ egrales triples
Soit ∆un compact deR3 admettant la repr´esentation hi´erarchique suivante :
∆=(x,y,z)∈R3/x∈[a,b], u(x)≤y≤v(x),α(x,y)≤z≤ β(x,y) , (5)
• aet bsont des r´eels (a<b),
• uet vdes fonctions continues sur [a,b] et v´erifiant u(x)≤v(x) ∀x∈ [a,b],
• αet β des fonctions num´eriques continues sur le compact K= (x,y)∈R2/x∈[a,b], u(x)≤y≤v(x) ,
α(x,y)≤β(x,y)∀(x,y)∈K.
Figure: Compact deR2d´elimit´e horizontalement par deux fonctions continues
4.2.1 Th´ eor` eme et d´ efinition.
Th´eor`eme 2.1 (Th´eor`eme et d´efinition)
Soit f une fonction continue sur le compact ∆ d´efini par (5).
On appelle int´egrale triple def sur∆,le nombre I=
Z
∆f(x,y,z)dxdydz=
Z b
a
Z v(x)
u(x)
Z β(x,y)
α(x,y) f(x,y,z)dz
dy
dx.
4.2.2 Exemples
1 CalculerI =R
[0,π]3cos(x+y−z)dxdydz. On a I =
Z x=π x=0
Z y=π
y=0
Z z=π
z=0 cos(x+y−z)dz
dy
dx
=
Z x=π x=0
Z y=π
y=0
[−sin(x+y−z)]zz==0πdy
dx
=
Z x=π
x=0
Z y=π
y=0
[sin(x+y)−sin(x+y−π)]dy
dx
=
Z x=π
x=0
[cos(x+y−π)−cos(x+y)]yy==0πdx
=
Z π
0
[2 cosx−cos(x+π)−cos(x−π)]dx
= [2 sinx−sin(x+π)−sin(x−π)]0π =0.
Exemples [suite]
2 CalculerI =R
∆ 1
(1+x+y+z)3dxdydz o`u
∆=(x,y,z)∈R3/x≥0,y≥0,z≥0 etx+y+z≤1 . Une description hi´erarchique du compact ∆ est donn´e par :
∆=(x,y,z)∈R3/x∈[0, 1],y∈ [0, 1−x], et z∈[0, 1−x−y] . D’o`u,
I =
Z x=1
x=0
"
Z y=1−x
y=0
Z z=1−x−y
z=0
1
(1+x+y+z)3dz
! dy
# dx
= 1 2
Z x=1
x=0
Z y=1−x
y=0
"
−1 (1+x+y+z)2
#z=1−x−y
z=0
dy
dx
= 1 2
Z x=1
x=0
Z y=1−x
y=0
1
(1+x+y)2 − 1 4
! dy
! dx
Exemples [suite]
I = 1 2
Z x=1 x=0
−1
(1+x+y)− y 4
y=1−x y=0
dx
= 1 2
Z 1
0
−1
2− 1−x
4 + 1
1+x
dx= ln 2
2 − 5
16.
3 CalculerI =R
∆ydxdydz o`u
∆=(x,y,z)∈R3/x≥0,y≥0,x2+y2 ≤z≤1 . Une description hi´erarchique du compact ∆ est donn´e par :
∆= n(x,y,z)∈R3/0≤x≤1, 0≤y≤p1−x2,x2+y2≤z≤1o .
Donc, I =
Z x=1 x=0
"
Z y=√ 1−x2
y=0 y
Z z=1
z=x2+y2dz
dy
# dx
=
Z x=1 x=0
"
Z y=√ 1−x2
y=0 y
[z]zz==1x2+y2
dy
# dx
=
Z x=1 x=0
"
Z y=√ 1−x2
y=0 y 1−x2−y2 dy
# dx
=
Z x=1 x=0
"
Z y=√ 1−x2 y=0
1−x2
y−y3 dy
# dx
=
Z x=1 x=0
1−x2y2 2 −y
4
4 y=√
1−x2
y=0
dx
=
Z 1
0
"
1−x22
2 − 1−x22
4
#
dx= 2 15.
Propri´ et´ es des int´ egrales multiples
Soit ∆ un compact deRn, n=2ou n=3, f etg deux fonctions num´eriques continues sur ∆.Par la suite, pour simplifier les notations, on note x= (x1,x2, . . . ,xn) etdx=dx1dx2. . .dxn.
4.3.1 Lin´earit´e Proposition 3.1
Pour tous r´eelsλ et µ, on a Z
∆[λf(x) +µg(x)]dx=λ Z
∆f(x)dx+µ Z
∆g(x)dx.
4.3.2 Positivit´e Proposition 3.2
Si pour tout y∈ ∆,f(x)≥0, alors R
∆f(x)dx≥0.
4.3.3 Monotonie Proposition 3.3
Si pour tout x∈ ∆,f(x)≤g(x),alors R
∆f(x)dx≤R
∆g(x)dx.
En particulier, R
∆f(x)dx ≤R
∆|f(x)|dx.
4.3.4 In´egalit´e de Cauchy-Schwarz Proposition 3.4
Z
∆f(x)g(x)dx 2
≤ Z
∆[f(x)]2dx Z
∆[g(x)]2dx
.
4.3.5 Aires et volumes Proposition 3.5
Si f est une constante ´egale `a 1 sur ∆,alors
• Pourn=2, Z
∆dxdy=Aire(∆).
• Pourn=3, Z
∆dxdydz=Volume(∆).
4.3.6 Additivit´e selon les domaines Proposition 3.6
Soit ∆1 et∆2 deux compacts deR2 tel que :
Aire(∆1∩∆2) =0 et f une fonction continue sur ∆1∪∆2. Alors, Z
∆1∪∆2f(x,y)dxdy=
Z
∆1
f(x,y)dxdy+
Z
∆2
f(x,y)dxdy.
Exemple 2
Calculer Z
∆xy2dxdy
o`u ∆est la partie born´ee par l’axe des x positifs et les droites d’´equations y=2x,y= −2x et x=1.
Exemple (suite)
• Si on repr´esente le compact∆sous la forme
∆={(x,y)∈R2/x∈ [0, 1],−2x≤y≤2x},
Exemple (suite)
alors, Z
∆xy2dxdy =
Z x=1 x=0 x
Z y=2x
y=−2xy2dy
dx
=
Z 1
0 x y3
3 y=2x
y=−2x
dx
= 16 3
Z 1
0 x4dx= 16 15.
• Si l’on consid`ere ∆ comme r´eunion de deux compacts,
∆=∆1∪∆2 avec
∆1 = n(x,y)∈ R2/y∈[0, 2], y
2 ≤x≤1o ,
∆2 =
(x,y)∈R2/y∈[−2, 0],−y
2 ≤x≤1
,
Exemple (suite) alors,
Z
∆xy2dxdy =
Z
∆1
xy2dxdy+
Z
∆2
xy2dxdy
=
Z 2
0 y2 Z 1
y 2
xdx
dy+
Z 0
−2y2 Z 1
−y2 xdx
dy.
Dans ce cas, on a deux int´egrales `a calculer au lieu d’une seule int´egrale.
4.4 Changement de variables
4.4.1 Th´eor`eme de changement de variables et exemples
D´efinition 4.1
Soit Uet V deux ouverts deRn et ϕ:U−→V une application diff´erentiable sur Utelle que
∀x= (x1,x2, . . . ,xn)∈ U, ϕ(x) = (ϕ1(x),ϕ2(x), . . . ,ϕn(x)). On appelle matrice jacobienne de ϕsur U, la matrice carr´ee d’ordren d´efinie par :
Jϕ(x) =
∂ϕ1
∂x1 (x) · · · ∂ϕ∂x1
n (x) ... . .. ...
∂ϕn
∂x1 (x) · · · ∂ϕ∂xn
n (x)
, x∈U.
On appelle jacobien de ϕsur U, le d´eterminant de la matrice jacobienne de ϕ et on le notedet
Jϕ(x).
D´efinition 4.2
Soit Uet V deux ouvertsde Rn et ϕ:U−→V une application. On dit que ϕest un diff´eomorphismede Usur V si ϕ v´erifie les trois conditions suivantes :
(i) ϕest bijective; (ii) ϕest de classeC1; (iii) ϕ−1 est de classeC1. Proposition 4.1
Soit Uet V deux ouvertsde Rn et ϕ:U−→V une application. Pour que ϕsoit un diff´eomorphismedeU sur V, il faut et il suffit que ϕsoit bijective, de classe C1 et que son jacobien ne s’annule pas sur U.
Exemple 3
Soit U= (r,θ)∈R2/r∈]0, 1[, θ∈ ]0, 2π[ et ϕl’application d´efinie sur U par :
ϕ(r,θ) = (ϕ1(r,θ),ϕ2(r,θ)) = (rcosθ,rsinθ). Montrons que ϕest un diff´eomorphisme de U sur ϕ(U).
• Montrons que ϕest de classe C1.
Les fonctions, ϕ1 et ϕ2 sont de classe C∞ sur U.
Donc ϕest une fonction de classe C∞ surU.
D’o`u ϕest de classe C1.
Exemple (suite)
• Montrons que ϕest bijective.
Soit(x,y)∈ ϕ(U).
(x,y) = ϕ(r,θ) = (rcosθ,rsinθ) ⇔
x=rcosθ y=rsinθ.
D’o`u, x2+y2 =r2.
Commer∈]0, 1[, on d´eduit que r=
q
x2+y2; cosθ= p x
x2+y2; sinθ= p y x2+y2. Connaissantcosθ etsinθ, l’angle θ est d´efini `a 2π pr`es.
Or, dansU,θ ∈]0, 2π[.
Donc, ∀(x,y)∈ ϕ(U), ∃!(r,θ)∈Utel que
(x,y) = ϕ(r,θ) = (rcosθ,rsinθ). Donc, l’application ϕest une bijection deUdans ϕ(U).
Exemple (suite)
• Montrons que le jacobien de ϕne s’annule pas sur U. La matrice jacobienne de ϕest donn´ee par :
Jϕ(r,θ) =
∂ϕ1
∂r ∂ϕ1
∂θ
∂ϕ2
∂r
∂ϕ2
∂θ
=
∂x
∂r ∂x
∂θ
∂y
∂r
∂y
∂θ
=
cosθ −rsinθ sinθ rcosθ
.
Donc, det
Jϕ(r,θ)=
cosθ −rsinθ sinθ rcosθ
=r.
Ce jacobien ne s’annule pas surU.En vertu de la proposition (4.1), ϕ est un diff´eomorphisme deU sur ϕ(U).
Th´eor`eme 4.1 (th´eor`eme de changement de variables)
Soient :
X Kun compact deRn,
X ϕun diff´eomorphisme deKo sur ϕ o
K
(Ko d´esigne l’int´erieur de K),
X f une fonction continue sur ϕ(K) =∆.
Alors, on a Z
∆f(x)dx=
Z
K
(foϕ) (y)det
Jϕ(y)dy. (6)
Remarque 4.1
1 On utilise le changement de variables soit pour s’implifier les compacts, soit pour s’implifier les calculs.
2 Si n=1 (c.`a.d on se place dansR), la formule de changement de variables pour les int´egrales simples est un cas particulier de la formule ´enonc´ee dans le th´eor`eme 4.1.
Remarque 4.2
En effet, soit ϕ:[α,β]−→ϕ([α,β])une fonction bijective de classeC1 sur [α,β].
Cette notion correspond `a celle de ϕdiff´eomorphisme de ]α,β[sur ϕ(]α,β[).
Soit f une fonction continue sur ϕ([α,β]) et posons a= ϕ(α),b= ϕ(β).
Consid´erons le changement de variablex= ϕ(t). On a Z b
a f(x)dx =
Z ϕ(β)
ϕ(α) f(x)dx
=
Z ϕ(β)
ϕ(α) f[ϕ(t)]ϕ0(t)dt
=
Z ϕ(β)
ϕ(α) f[ϕ(t)]det
Jϕ(t)dt,
car pour une fonction ϕde R−→R,Jϕ(t) = ϕ0(t)
Exemple 4
1 CalculerR
∆(x+y)dxdyo`u ∆ est le compact d´elimit´e par deux paraboles et deux hyperboles.
∆=
(x,y)∈R2/x2
2 ≤y≤x2, 1
2x ≤y≤ 1 x
. Faisons le changement de variables suivant :
(u,v) =φ(x,y) = y
x2,xy .
Exemple (suite)
Pour pouvoir appliquer la formule de changement de variables, nous devons calculer ϕ=φ−1, K= φ(∆)et le jacobien de ϕ.
Calcul de ϕ=φ−1. Pour cela, on r´esoud le syst`eme
u= y
x2
v=xy
⇔
x=u−1/3v1/3 y=u1/3v2/3. D’o`u,
(x,y) = ϕ(u,v) = (ϕ1(u,v),ϕ2(u,v)) =
u−1/3v1/3,u1/3v2/3
. Calcul de K= ϕ−1(∆) =φ(∆). Pour cela, on remplacex ety par leur expression en fonction de uet vdans les in´egalit´es qui d´efinissent le compact∆.
Exemple (suite)
D’o`u, K = (
(u,v)∈R2/ u−1/3v1/32
2 ≤u1/3v2/3 ≤u−1/3v1/32
, 1
2u−1/3v1/3 ≤u1/3v2/3 ≤ 1 u−1/3v1/3
=
(u,v)∈R2/1
2 ≤u≤1,1
2 ≤v≤1
= 1
2, 1
× 1
2, 1
.
Calcul du jacobien de ϕ. On a
det
Jϕ(u,v)=
∂x
∂u ∂x
∂y ∂v
∂u
∂y
∂v
!
=
−u−433v13 u−13v
−2 3
3 u−23v23
3 2u13v−31 3
= − 1 3u 6=0.
ϕ est bijective, de classeC1 sur 1
2, 1
×12, 1
et det
Jϕ(u,v)6=0.
Exemple (suite)
Donc, d’apr`es la proposition 4.1, ϕ est un diff´eomorphisme de 1
2, 1
×12, 1
sur ϕ 1
2, 1
×12, 1 . Calculons maintenant la valeur de R
∆(x+y)dxdy.
Z
∆(x+y)dxdy =
Z
K
u−13v13 +u13v23 det
Jϕ(u,v)dudv
=
Z
K
u−13v13 +u13v23 1 3ududv
= 1 3
Z 1
12
Z 1
12
u−43v13 +u−32v23 du
dv
= 1 3
Z 1
1 2
u−43du Z 1
1 2
v13dv
+1 3
Z 1
1 2
u−23du Z 1
1 2
v23dv
= 3 4
−1+213 1−2−43 +3
5
1−2−13 1−2−53 .
Exemple (suite)
2 Calculer le volume int´erieur `a l’ellipso¨ıde d’´equation x2
a2 +y
2
b2 + z
2
c2 =1,
Figure:Ellipso¨ide avec a=4, b=2 et c=1
Exemple (suite)
o`ua,betcsont des r´eels strictement positifs. NotonsE cette ellipso¨ıde.
On a
E=
(x,y,z)∈R3/x2 a2 + y
2
b2 +z
2
c2 =1
. Effectuons le changement de variables suivant :
(x,y,z) = ϕ(u,v,w) = (ϕ1(u,v,w),ϕ2(u,v,w),ϕ3(u,v,w)), avec
ϕ1(u,v,w) =au, ϕ2(u,v,w) =bv, ϕ3(u,v,w) =cw,
(x,y,z)∈E ⇔ (u,v,w)∈B=(u,v,w)∈R3/u2+v2+w2=1 . On v´erifie que ϕest une bijection de classeC1 sur B. Commeo
det
Jϕ(u,v,w)=
∂x
∂u ∂x
∂v ∂x
∂y ∂w
∂u
∂y
∂v
∂y
∂w
=
a 0 0
0 b 0
=abc6=0,
Exemple (suite)
alors, ϕd´efinit un diff´eomorphisme deBo vers ϕ o
B
=E. La formule (6)o de changement de variables donne
Z
Edxdydz = abc Z
Bdudvdw=abc×volume de la boule unit´e
= 4abcπ
3 .
Exemple (suite)
3 CalculerR
∆ z3
(y+z)(x+y+z)dxdydz o`u,
∆={(x,y,z)∈R3/x≥0,y≥0,z≥0,x+y+z≤1}. Posons
x+y+z=u,v=y+z,z=w
⇔
(x,y,z) = ϕ(u,v,w) = (u−v,v−w,w). Le jacobien de ϕest donn´e par :
∂x
∂u ∂x
∂v ∂x
∂y ∂w
∂u
∂y
∂v
∂y
∂z ∂w
∂u ∂z
∂v ∂z
∂w
=
1 −1 0
0 1 −1
0 0 1
=1.
On v´erifie facilement que est une bijection de classeC1
Exemple (suite)
Donc, d’apr`es la proposition 4.1, ϕest un diff´eomorphisme de Ko sur ϕ
o K
=∆o o`u K={(u,v,w)∈R3/ u∈[0, 1],v∈[0,u],w∈ [0,v]}. Par application de la formule (6) de changement de variables, on d´eduit que
Z
∆
z3
(y+z) (x+y+z)dxdydz =
Z
K
w3
uvdudvdw
= Z 1
0
1 u
Z u
0
1 v
Z v
0 w3dw
dv
du
= 1 4
Z 1
0
1 u
Z u
0 v3 dv
du
= 1 16
Z 1
0 u3du
= 1 64.
4.4.2 Changement de variables en coordonn´ ees polaires (int´ egrale double)
Soit K le compact deR2 d´efini par :
K= [r1,r2]×[0, 2π], 0≤r1 <r2. Posons
(x,y) =ϕ(r,θ) = (ϕ1(r,θ),ϕ2(r,θ)) = (rcosθ,rsinθ). Nous avons,
(r,θ)∈[r1,r2]×[0, 2π]
⇔
(x,y)∈∆=(x,y)∈R2/ r21 ≤x2+y2≤r22 .
En vertu de l’exemple 3, ϕest un diff´eomorphisme deKo = ]r1,r2[×]0, 2π[ sur la couronne
o K
=∆o = (x,y)∈R2/r2 <x2+y2<r2 .
La formule (6) de changement de variables s’´ecrit dans ce cas, Z
∆f(x,y)dxdy=
Z
Kf(rcosθ,rsinθ)rdrdθ.
La figure ci-dessous explicite les coordonn´ees polaires.
Remarque 4.3
Le changement de variables en coordonn´ees polaires s’impose lorsque le compact ∆R est un disque de centre 0 et de rayon R.
∆R =(x,y)∈R2/x2+y2 ≤R2 .
Le changement de variables en coordonn´ees polaires envoie le compact ∆ sur le compact rectangulaire
KR =(r,θ)∈R2/0≤r≤R, 0≤θ ≤2π . (x,y) = ϕ(r,θ)
(r,θ) =ϕ−1(x,y)
Exemple 5
1 Calcul de R
∆Rxydxdyo`u
∆R=n(x,y)∈ R+2/x2+y2 ≤R2o .
Exemple (suite)
Posons le changement de variables
(x,y) = ϕ(r,θ) = (rcosθ,rsinθ), Nous avons,
(x,y)∈∆R ⇔(r,θ)∈ K=n(r,θ)∈R2/r ∈[0,R], θ ∈h0,π 2
io .
ϕ est bijective, de classeC1 sur Ko = ]0,R[×0,π2 et det
Jϕ(r,θ)=r6=0 sur K.o Donc, d’apr`es la proposition 4.4.1.3, ϕest un diff´eomorphisme deKo = ]0,R[×0,π2
sur
∆o =n(x,y)∈(R+)2/x2+y2<R2o .
Exemple (suite)
La formule (6) de changement de variable donne
Z
∆xydxdy =
Z
Kr3cosθsinθdrdθ=
Z π
2
0
cosθsinθ Z R
0 r3
dr
dθ
=
Z π 2
0 cosθsinθdθ
× Z R
0 r3dr
=
−cos 2θ 4
π2
0
r4 4
R 0
= R
4
8 .
2 Calcul de R
∆Re−(x2+y2)dxdyo`u
∆R= (x,y)∈R2/x2+y2≤R2 . Posons le changement de variables
(x,y) = ϕ(r,θ) = (rcosθ,rsinθ),
Exemple (suite)
ϕ est une bijection de classeC1 sur Ko = ]0,R[×]0, 2π[ et det
Jϕ(r,θ)=r6=0 sur K. Donc, d’apr`o es la proposition 4.4.1.3, ϕest un diff´eomorphisme deKo = ]0,R[×]0, 2π[sur
∆o =n(x,y)∈(R+)2/x2+y2<R2o
. Par application de la formule (6) de changement de variables, nous d´eduisons
Z
∆e−(x2+y2)dxdy =
Z
K
re−r2drdθ =
Z 2π
0
Z R
0
re−r2dr
dθ
=
Z 2π
0
dθ
× Z R
0
re−r2dr
= π
1−e−R2 .
4.4.3 Changement de variables en coordonn´ ees cylindriques (int´ egrale triple)
Consid´erons l’application
ϕ: R3 −→ R3
(r,θ,z) ϕ(r,θ,z) = (rcosθ,rsinθ,z). ϕ est de classeC1 sur R3 et le jacobien de ϕest donn´e par :
det
Jϕ(r,θ,z)=
cosθ −rsinθ 0
sinθ rcosθ 0
0 0 1
=r.
Soit K le compact deR3 d´efini par :
K= (r,θ,z)∈R3/θ ∈[0, 2π]; 0≤r ≤g(z); z∈[z1,z2] , o`ug est une fonction num´erique continue sur [z1,z2].
On v´erifie facilement que ϕest un diff´eomorphisme deKo sur ϕ o
K
=∆.o (r,θ,z)∈K
⇔
(x,y,z) =ϕ(r,θ,z) = (ϕ1(r,θ,z),ϕ2(r,θ,z),ϕ3(r,θ,z))∈∆= ϕ(K). avec,
ϕ1(r,θ,z) =rcosθ, ϕ2(r,θ,z) =rsinθ, ϕ3(r,θ,z) =z.
La formule (6) de changement de variables s’´ecrit dans ce cas, Z
∆f(x,y)dxdydz =
Z
Kf(rcosθ,rsinθ,z)rdrdθdz
=
Z 2π
0
Z g(z) 0
Z z2
z1
f(rcosθ,rsinθ,z)rdrdθdz (7)
La figure ci-dessous explicite les coordonn´ees cylindriques.
les coordonn´ees cylindriques sont d´efinies par :
r =
−→OH
=px2+y2, r∈[0,+∞[, θ= \
ex,−→
OH
=arctan yx
, θ ∈[0, 2π],
z=z z∈R,
et d´efinissent de mani`ere unique la position du point M(x,y,z).
4.4.3.1. Exemples
1 CalculerR
∆ x2+y2+z
dxdydz o`u,
∆={(x,y,z)∈R3/x2+y2≤9,−5≤z≤5}. Posons le changement de variables
(x,y,z) = ϕ(r,θ,z) = (rcosθ,rsinθ,z). Nous avons,
(x,y,z)∈∆
⇔
(r,θ,z)∈K=(r,θ,z)∈ R2/r∈[0, 3],θ ∈[0, 2π],z∈[−5, 5] . On v´erifie que ϕest un diff´eomorphisme de
Ko = ]0, 3[×]0, 2π[×]−5, 5[sur
∆o = {(x,y,z)∈R3/x2+y2<9,−5<z<5}.
La formule (7) donne Z
∆ x2+y2+z
dxdydz =
Z
K r2+z
rdrdθdz
=
Z θ=2π
θ=0 dθ
Z z=5 z=−5
Z r=3
r=0 r3+rzdr
dz
= 2π Z 5
−5
r4 4 +zr
2
2 3
0
dz
= 2π Z 5
−5
9z 2 + 81
4
dz
= 2π 9z2
4 +81 4 z
5
−5
=405π.
2 Calculer le volume du cylindre
∆={(x,y,z)∈R3/x2+y2≤R2,z∈[0,h]}. Le volume du cylindre ∆ est donn´e par : V(∆) =R
∆dxdydz.
En passant aux coordonn´ees cylindriques, on obtient V(∆) =
Z 2π
0 dθ
Z R
0 rdr Z h
0 dz
=πhR2, ce qui correspond bien `a la formule
4.4.4 Changement de variables en coordonn´ ees sph´ eriques , (int´ egrale triple)
Consid´erons l’application ϕ: R3 −→ R3
(r,θ,φ) ϕ(r,θ,φ) = (rsinθcosφ,rsinθsinφ,rcosθ). ϕ est de classeC1 sur R3 et le jacobien de ϕest donn´e par :
det
Jϕ(r,θ,φ)=
sinθcosφ rcosθcosφ −rsinθsinφ sinθsinφ rcosθsinφ rsinθcosφ
cosθ −rsinθ 0
=r2sinθ.
Soit K le compact deR3 d´efini par :
K=(r,θ,φ)∈ R3/r∈[0,R];θ ∈[0,π];φ∈ [0, 2π] . L’image du compact K par l’application ϕest la boule ferm´ee de R3 de centre (0, 0, 0)et de rayonR, c`ad,
ϕ(K) =∆= (x,y,z)∈R3/x2+y2+z2≤R2 . On v´erifie facilement que ϕest un diff´eomorphisme de
Ko = ]0,R[×]0,π[×]0, 2π[ sur ϕ
o K
=∆o =(x,y,z)∈R3/x2+y2+z2<R2 . Nous avons,
(r,θ,φ)∈K ⇔ (x,y,z)∈∆, o`u,
(x,y,z) = ϕ(r,θ,φ) = (ϕ1(r,θ,φ),ϕ2(r,θ,φ),ϕ3(r,θ,φ)),
avec,
ϕ1(r,θ,φ) =rsinθcosφ; ϕ2(r,θ,φ) =rsinθsinφ; ϕ3(r,θ,z) =rcosθ.
Notons aussi que
(r,θ,φ)∈K⇔
r =px2+y2+z2, θ=arccos
√ z
x2+y2+z2
, φ=arccos
√ x x2+y2
.
La formule (6) de changement de variables s’´ecrit dans ce cas, Z
∆f(x,y,z)dxdydz=
Z
Kf(rsinθcosφ,rsinθsinφ,rcosθ)r2sinθdrdθdφ.
(8) La figure ci-dessous explicite les coordonn´ees sph´eriques.
Sur la figure, les coordonn´ees sph´eriques sont d´efinies par :
r=
−→OM
, avecr∈ [0,+∞[,
θ =\ ez,−→
OM
, avecθ ∈[0,π],
φ=\ ex,−→
OH
, avecφ∈[0, 2π], et d´efinissent de mani`ere unique la position du point M(x,y,z) Exemples 6
1 Caculer R
∆ √ 1
x2+y2+z2dxdydzo`u
∆=(x,y,z)∈R3/R21 ≤x2+y2+z2≤R22, 0≤R1<R2 . Posons le changement de variables
(x,y,z) = ϕ(r,θ,φ) = (rsinθcosφ,rsinθsinφ,rcosθ)
Exemples (suite)
(x,y,z)∈ ∆
⇔(r,θ,φ)∈K=(r,θ,φ)∈R2/r∈ [R1,R2],θ∈ [0,π],φ∈[0, 2π] . Par application de la formule (8), on obtient
Z
∆
1
px2+y2+z2dxdydz =
Z
K
r2
r sinθdθdrdφ
=
Z R2
R1
Z π
0
Z 2π
0
r2
r sinθdθdrdφ
= 2π R22−R21 .
Exemples (suite)
2 Caculer R
∆ x2+y2
dxdydz o`u
∆=(x,y,z)∈R3/x2+y2+z2 ≤1 . Posons le changement de variables
(x,y,z) = ϕ(r,θ,φ) = (rsinθcosφ,rsinθsinφ,rcosθ) (x,y,z)∈∆
⇔
⇔(r,θ,φ)∈K=(r,θ,φ)∈R2/r∈[0, 1],θ ∈[0,π],φ∈ [0, 2π] .