M ATHÉMATIQUES ET SCIENCES HUMAINES
C. D ’A DHÉMAR
Quelques classes de groupoïdes non-associatifs
Mathématiques et sciences humaines, tome 31 (1970), p. 17-31
<http://www.numdam.org/item?id=MSH_1970__31__17_0>
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QUELQUES CLASSES DE GROUPOÏDES NON-ASSOCIATIFS*
par
C.
D’ADHÉMAR1
Si une
grande partie
des travauxd’algèbre
sur les structuresdéfinies
par la donnée d’une seuleopération
binaire est consacrée auxsystèmes associatifs (semi-groupes,
monoïdes et divers autresaffaiblis-
sements de la structure de
groupe),
les structures non associatives méritentégalement
l’attention.Une littérature
mathématique déjà
ancienne s’estdéveloppée
autour desquasi-groupes
et desboucles,
à propos notamment de la construction des «
géométries » planes finies,
ou desplans
en blocincomplets équilibrés
de lastatistique;
la revue a consacré, sous lasignature
de B.Monjardet,
une série d’article sur cessujets 18, 19, 21, 23).
L’intérêt pour d’autres classes de
groupoïdes
nonassociatifs,
àl’origine duquel
se trouvent notammentles travaux, dans les années
40, d’Etherington
et dePopova
sur les «Zogarithmétiques » ([7]
et[11])
a étérenforcé
au cours des deux dernières décennies par les recherches sur lesopérations susceptibles
dereprésenter
convenablement le concept de « moyenne », ou de « résumé », d’un ensemble de données.
Sont témoins de cet intérêt des travaux récents d’économétrie
[9], [12], [13],
et enFrance,
des thèsessoutenues ces dernières années, comme celles de Ruedin
[1]
et de Soublin[3].
Il reste néanmoins un
large champ
ouvert à des recherches ultérieures dans cedomaine ;
enparticulier,
les
interprétations
de certaines classes degroupoïdes
en termes deconfigurations géométriques
sont encorepour l’essentiel à élucider.
M. Barbut.
Un
groupoïde (X, 0)
est constitué par un ensemble non vide X et une loi decomposition
interne 0partout
définie
sur X. On notera xy au lieu de xoy, lecomposé
de x et de y.Les lois de
composition
étudiées ici sont desgénéralisations
desopérations
de moyennes pon- dérées dans R ouQ :
avec :
ou des
opérations
de même typequ’on
peut définir dans tout abélien(G, -+-)
ayant deuxautomorphismes
a
et j3
tels que oc+ fi
soitl’application identique :
*. Communication au Séminaire sur les relations d’intermédiaire, Aix-en-Provence, septembre 1969.
1. Centre de Mathématique Sociale, EPHE, VIe section.
Si
(G, +)
estordonné,
onexigera
engénéral,
enplus,
la monotonie de a et de~3.
Le
produit
xypeut
êtreinterprété
comme une « moyenne » de x et y, un « intermédiaire » entre x et y. Eneffet,
surR,
on a :Il en est de même selon la définition
(A)
pour tout abélien ordonné. Il est aisé de montrer que ces moyennespondérées
ne sont pas desopérations
associatives.(Si
parexemple, j
> . est engénéral
différent de -On ne pourra
donc,
sansprécaution,
définir unagrégé
de npoints
de X pour n > 2. Ilfaudra,
comme dans le cas du calcul
barycentrique,
des conventionssupplémentaires.
Après
avoir mis en évidence lespropriétés
des moyennespondérées,
on étudiera lesgroupoïdes qui
vérifient tout oupartie
de cespropriétés
et lespossibilités
de doter cesgroupoïdes
d’ordrescompatibles
avec
l’opération,
c’est-à-dire d’ordres tels que :autrement
dit,
l’ordre sur X doit être tel que les translations àgauche
et à droite soient desmorphismes
d’ordre 1.
Dans le cas d’une moyenne
pondérée
du type(A)
construite àpartir
d’un groupe abélienG,
si G est ordonné et si oc
et g
sont monotones, alors, l’ordre sur G estcompatible
avecl’opération (A) : puisque
ce est monotone et :3
car l’ordre est
compatible
avec + ; de même : zx zy.En outre :
1.
PROPRIÉTÉS
DESOPÉRATIONS
DE MOYENNESPONDÉRÉES
DE TYPE(A)
On vérifie sans
peine
que si(G, +)
est unabélien,
et si xy est défini selon(A), (G, o)
satisfait auxconditions suivantes :
oc)
I- IDEMPOTENCEInterprétation : agréger
un élément avec lui-même leredonne ;
la « moyenne » d’un élémentavec lui-même est cet élément.
~)
R.RÉGULARITÉ
1. La translation à gauche d’opérateur a est l’application de X dans lui-même qui, à tout x, fait correspondre le produit ax,
pour un a élément de X fixé.
Dans un
groupoïde (X, o)
larégularité signifie
que les translations àgauche
et à droite sontinjectives.
Ce
qui
s’écrit encore :si X vérifie la condition
R,
les translations sont bieninjectives,
etréciproquement,
si les translations sontinjectives,
X estrégulier.
y)
D-AUTODISTRIBUTIVITÉ
OUDISTRIBUTIVITÉ
del’opération
par rapport à elle- même.a)
IIngroupoïde (X, 0)
estdistributif
si et seulementsi,
les translations àgauche
et à droite sont desendomorphismes.
La condition est nécessaire :
Supposons (X, 0)
distributif et soit f la translation àgauche
définie parf(x)
--.. ax pour tout x de X.f est donc bien un
endomorphisme.
Même démonstration pour les translations à droite.La condition est suflisante :
Si les translations sont des
endomorphismes
de(X, o),
pour tout a EX,
x --~f(x)
= ax est tel que :et X vérifie la condition D.
b) Interprétation géométrique
de la condition D.Dans le
plan
affine avec :la
propriété
D traduit le théorème de Thalès :Fig. 1
Interprétation
en termed’agrégation :
cettepropriété
n’est pas forcément àexiger.
8) M- ÉCHANGE
DES MOYENSa)
La condition M est un affaiblissement de la commutativité et de l’associativité réunies. Eneffet,
si(X, 0)
est commutatif etassociatif,
on a :b)
Ungroupoïde (X, o) qui possède
un élément neutre e et vérifie la conditionM,
est commutatifet associatif :
donc
(X, a)
est commutatif et :donc
(X, o)
est associatif.a)
etb) impliquent
que dans ungroupoide
ayant un élément neutre, la condition M estéquivalente
à l’associativité et à la commutativité réunies.En l’absence d’élément neutre, on peut avoir M sans associativité ni commutativité
(moyenne pondérée
dansR).
c) Interprétation
de la condition M en terme demorphismes.
Soient
(E, .)
et(X, o)
deuxgroupoides,
f et g deuxapplications
de E dans X. On peut définir uneapplication composée f.g,
de E dans X par :f.gx
=fxogx
pour tout x deE ;
ainsi pour deuxapplications
d’un ensemble E dans
R,
il est courant deparler
de la somme de deuxapplications :
f -E- g, définie par :Si f et g sont deux
homomorphismes
de(E, ,)
dans(X, o),
il n’en est pas forcément de même def.g,
à moins que X ne vérifie M :Un
groupoïde (X, o) vérifie
la condition M si et seulementsi,
pour toutgroupoide (E, ,)
et toutcouple d’homomorphismes f,
g de(E, .)
dans(X, a),
lecomposé f.g
est aussi unhomomorphisme.
En effet :
i)
La condition est nécessaire :--- .
Si
(X, o)
vérifie la conditionM,
soient f et g deuxhomomorphismes
d’ungroupoide (E, ,)
danset la condition M
implique :
et
f.g
est bien unhomomorphisme.
ii)
La condition estSi pour tout
groupoïde (E, .)
et toutcouple d’homomorphismes f,
g de(E, .)
dans(X, o), f.g
estun
homomorphisme,
alors X vérifie la condition M.En
effet,
soit E legroupoïde
libreengendré
par deux éléments a et b(E
est l’ensemble des« mots » avec
parenthèses
construits avec les lettres a etb).
La donnée de deuximages f(a)
etf(b)
dans Xdéfinit un
homomorphisme
de E dans X .f(x)
s’obtient enremplaçant
dans x, a parf(a)
et b parf(b)
et en
gardant
lemême jeu
deparenthèses.
Ainsi parexemple :
Soient x, y, z, t, quatre éléments
quelconques
deX,
on peut par leprocédé indiqué,
définir deuxhomomorphismes
f et g de E dans X par : alors :et
f.g
étant unhomomorphisme :
finalement :
Pour tout
quadruplet
xyzt, on pourra construire deshomomorphismes
f et g et la condition Msera
touj ours
vérifiée.En
fait,
il suffit que lescomposés
deshomomorphismes
de(Xn, o)
dans(X, 0)
pour un entier n > 2 soient deshomomorphismes
pour que X vérifie la condition M.Démonstration pour n = 2 :
(X2, o)
est legroupoïde
dont l’ensemblesous-jacent
est leproduit
cartésien X XX,
etl’opération
ocelle définie par :
Soient x, y, z, t,
quatre
élémentsquelconques
de X et f et g, les «projections
» de X2 dans Xdéfinies par :
puisque f.g
est unhomomorphisme
et :=
f.g (x, z)
f . g(y, t)
_(xz) (yt)
et X vérifie bien la condition M.
Ainsi le
composé,
au sensci-dessus,
de deuxhomomorphismes
d’ungroupoïde
E dans un groupe abélien G est unhomomorphisme
car les groupes abéliens vérifient M. Il en est de même pour lesappli-
cations linéaires
d’espaces
vectoriels. La condition M permet degénéraliser
certains aspects del’algèbre
linéaire ;
parexemple,
le fait que l’ensemble H(W, V)
desapplications
linéaires d’un module W dansun module V
puisse
lui-même être muni d’une structure de module.En
effet,
l’ensemble H(E, X)
deshomomorphismes
de toutgroupoïde (E, .)
dans ungroupoïde (X, o),
vérifiantM,
avecl’opération
définieplus
haut vérifie aussi la condition M car si :f,
g,h, 1
E H(E, X),
pour tout x, donc :
d) Interprétation géométrique
de la condition M.Dans les cas des
oints
p duplan,
plan,ou de l’es ou del’espace
paffine
et del’opération
p x-2 ,la
condition M2
est
équivalente
à lapropriété,
bien connue engéométrie :
lesdroites j oignant
les milieux des côtés d’unquadrilatère,
se coupent en leur milieu.Fig.
2Cette
propriété
segénéralise
au cas où p -~- q = 1 avecp > 0, q >
0 etp ~
q.Ordres et moyennes.
Une
opération qui
vérifie seulement certaines de cespropriétés,
mais non toutes, peut diffici- lement êtreinterprétée
comme une moyenne.Ainsi,
tout groupe abélien(G, -~-)
satisfait à la condition M :par commutativité et
associativité ;
maisl’addition,
ou lamultiplication
dansR, compatibles
avecl’ordre
habituel,
ne sont pasinterprétables
comme desopérations
de moyenne.Par contre, dans un
groupoïde idempotent ordonné,
on a :Soit : x xy y ; le
produit
xy est intermédiaire pourl’ordre,
entre x et y.Si l’ordre n’est pas total mais détermine sur X une structure de
treillis,
on a :xy est dans l’intervalle
[x y]
si onprend
pour définition del’intervalle,
l’ensemble des élémentscompris
entre x V y et x A y, comme il est courant de le faire.
2. COMBINATOIRE DES
PROPRIÉTÉS
I.M.R.D.Les quatre
propriétés indiquées
ne sont pasindépendantes ;
ainsi :On obtient le schéma
d’implication :
Fig. 3
Dans le cas des
groupoïdes ordonnés,
il y a desimplications supplémentaires. Ainsi,
unquasi-
groupe
(cf.
définitionparagraphe suivant) commutatif,
vérifiant la condition D et ayant un ordrecompatible
avec sonopération,
vérifie aussi la condition M(cf. [2]),
et :Un
groupoïde
vérifiant lespropriétés
D et R(donc
aussiI)
et ayant un ordre total archimédien(cf. définition,
p.30) compatible
avec sonopération,
vérifie aussi la condition M(cf. [6]).
2. 2. Cas des groupes et des
quasi-groupes.
Nous allons situer sur le schéma
d’implication,
deux structuresalgébriques
bien connues : lesgroupes et les
quasi-groupes.
1)
Les groupes.- Par
définition,
tous les groupes sontréguliers ;
par contre, iln’y
a pas de groupe distributif endehors du groupe trivial car : si x
(yz) _ (xy) (xz),
l’associativité et larégularité
des groupesimpliquent
que z = xz et x = e pour tout x.
- Il
n’y
a pas nonplus
de groupeidempotent
autre que le groupe trivial car : si xx = x larégu-
larité
implique
que x = e pour tout x.- Les seuls groupes vérifiant la condition M sont les groupes
abéliens,
car :On a d’ailleurs vu que dans un
groupoïde
avec élément neutre, la condition M estéquivalente
àla commutativité et l’associativité réunies.
Les groupes intervenant dans ce schéma sont donc : tous les groupes
(en R),
tous les groupes abéliens(en
MR donc aussi enM,
et ce sont les seulsqu’on
trouve enM).
2)
Lesquasi-groupes.
Un
quasi-groupe
est ungroupoïde
vérifiant lapropriété :
Autrement
dit,
unquasi-groupe
est ungroupoïde
dont les translations àgauche
et à droite sont desbijections.
Les groupes sont donc des
quasi-groupes :
enfait,
ce sont lesquasi-groupes
associatifs.Un
quasi-groupe
fini a pour table dePythagore
un carré latin.Les
quasi-groupes
sont tousréguliers,
par définition.Les
quasi-groupes
distributifs sont donc DR et mêmeDIR, puisque
DRimplique
I.Le schéma relatif aux
quasi-groupes
se réduit donc à :Fig. 4
Les
quasi-groupes
vontjouer
un rôleparticulier
dans l’étude desgroupoides
distributifs etréguliers.
3. LES GROUPOIDES DISTRIBUTIFS Dans un
groupoïde distributif:
- on peut définir la
puissance
xn de tout élément x, pour tout entier n,- et xn == x3 pour tout entier n > 3.
Dans un
groupoïde
nonassociatif,
on ne peut, sansprécaution, parler
depuissance (en général
x(xx)
7~(xx) x)
mais dans ungroupoïde
vérifiant D : x(xx)
=(xx) (xx)
=(xx)
xqu’on
pourranoter
X3;
de même on montre que X2X2 = XX3 = X3Xqu’on
notera x4 ; et pour tout n,quel
que soit lejeu
deparenthèses,
on obtient le mêmerésultat,
noté xn.x3 est
idempotent
pour tout x :(1)
et(2) impliquent
que x4 =x3 ;
de même x5 =x3,
etc.On démontre que les
idempotents
forment unidéal,
et que pour touttriplet (x,
y,z),
lesproduits (xy)
z et x(yz)
sontidempotents.
Soit X3 = X o X o X l’ensemble des éléments de X
qui
peuvent s’écrire sous forme deproduit
de trois éléments de
X ;
alors X o X o X est l’ensemble des éléments de Xqui
sontidempotents.
Si X o X est l’ensemble des éléments de X
qui
peuvent s’écrire sous forme deproduit
de deuxéléments de
X,
alors :est l’ensemble des
idempotents
deX,
etinversement,
si X estidempotent,
pour tout x, x = xx donc X o X = X.3. 2
Groupoïdes distributifs
ayant un seulidempotent
0.Alors, X 0 X 0 X = {O}
et pour tout x : xO = xx3 = x4 = x3= 0 ;
l’élémentidempotent
estabsorbant.
L’opération
est trivialement associative car :d’où :
Un
groupoïde distributif
ayant un seulidempotent
est donc unsemi-groupe
de cube 0 :Inversement,
toutsemi-groupe
de cube 0 est ungroupoïde
distributif ayant un seulidempotent :
l’élément 0.
En
effet,
dans unsemi-groupe
de cube 0 : x(yz)
= 0 =(xy) (xz)
la distributivité est bienvérifiée,
et 0 est le seul
idempotent
car pour tout x ~0,
x2 = x entraînerait x3 = x, or x3 = 0 pour tout x.3. 2. 2. Procédé de construction de tout
groupoïde distributif ayant
un seulidempotent.
Sur tout
groupoïde
X distributifayant
un seulidempotent,
on considère lapartition
suivanteen trois classes :
- Une classe à un élément : l’élément
idempotent 0 ;
- La classe
Xl
des élémentsqui
ne peuvent êtredécomposés
enproduit
de deux éléments deX ;
- La classe
X2
des éléments différents de 0qui
peuvent êtredécomposés
enproduit
de deuxéléments de X.
Un élément de
X2
ne peut êtreproduit
que de deux éléments deXi,
tout autreproduit
étant soitdu type xO ou Ox donc
égal
à0,
soit appartenant à X o X oX,
donc aussiégal
à 0.Le
produit
de deux éléments deXi
peutêtre,
soit0,
soit un élément deX~.
On a donctoujours :
La table d’un
groupoïde distributif
ayant un seulidempotent
est donc du type suivant :Inversement,
àpartir
de tout ensembleX,
on peut construire ungroupoide
Dayant
un seulidempotent,
enpartitionnant
X en trois classes commeprécédemment avec 1 Xl 12
et en dressantune table du type
précédent qui
est bien la table d’un monoide de cube 0.3. 2. 3. Ordre
compatible
avecl’opération
d’ungroupoïde distributif
ayant un seulidempotent.
Sur certains
groupoïdes distributifs,
on peut définir un ordre totalcompatible
avecl’opération ;
en
particulier
sur ceux ayant un seulidempotent,
dont le sous-ensembleXl
peut êtrepartagé
en deuxparties :
et o o
Autrement
dit,
leproduit
de deux éléments deX’,
est différent de 0 et si xi,x’1,
y,,y’1
sontquatre éléments de
X’i
alors :Ces
groupoides
distributifsparticuliers
sont donc ceux dont la table est :Les seuls
produits
différents de 0 sont lesproduits
de deux éléments deX’1.
Tout ordre construit de la
façon
suivante estcompatible
avecl’opération :
Les éléments de
X’1
ordonnés defaçon quelconque,
suivis de ceux deXî, également
dans unordre
quelconque, puis
de ceux deX2
ordonnés de lafaçon
suivante : tout élément deX2
s’écrit defaçon unique
sous forme deproduit
de deux éléments deX’1.
Soient x2 = xlx’1
et y2 = y,y’1
deuxéléments
quelconques
deX2
écrits sous forme deproduits
d’éléments deX’,.
On pose x2 y2 si :ou :
cet ordre
(qui
est l’ordrelexicographique
défini àpartir
de l’ordre surX’1)
est bien total surX2
etcompatible
avec l’ordre deX’1.
On
prend enfin
l’élément 0 commeplus grand
élément de X.On peut schématiser cet ordre de la
façon
suivante :Fig.
5ou
mieux,
sur le schéma suivant où l’ordre doit être lu degauche
à droite et de bas en haut :Fig. 6
On vérifie aisément que pour tout x, tout y et tout a éléments de X ainsi
ordonnés,
on a :Il ne peut y avoir d’ordre strictement
compatible
car si : x >0,
ou : x0,
on atoujours
x3 = 0.Si un ordre total peut être défini avec certains x 0 et d’autres
plus grands
que0,
autrement dit avec des éléments ditspositifs
et d’autres ditsnégatifs,
leproduit
d’unpositif
par unnégatif
doitêtre
égal
à 0.Car :
et
Seuls certains
ordres,
sur certainsgroupoïdes
distributifs ayant un seulidempotent,
ont étéétudiés ici. L’étude
générale
des ordres sur ce type degroupoïde
est un casparticulier
de l’étude dessemi-groupes
ordonnables. Cf.[6].
3. 3.
Décomposition
desgroupoïdes distributifs.
La relation : x ~ y « x3 =
y3,
est une relationd’équivalence
sur ungroupoïde
distributif.Une classe
d’équivalence
est donccomposée
de l’ensemble des éléments dont le cube estégal
à unidempotent
dugroupoïde.
On démontre
(cf. [1])
que cetteéquivalence
estcompatible
avecl’opération.
Tout
groupoïde
distributif est doncdécomposable
enparties
stablesdisjointes
ayant un seulidempotent,
et le cube dechaque
élément estl’idempotent
de sa classe dans lapartition
ainsi définie.Le
groupoïde quotient
est distributif etidempotent puisque chaque
classe est stable.Théorème de structure.
Tout
groupoïde
vérifiant la condition D est soit unsemi-groupe
de cube0,
soit ungroupoïde
DIde
semi-groupes
de cube 0.L’étude des
groupoïdes
distributifs peut donc se ramener à celle :- des
groupoïdes
distributifsn’ayant qu’un
élémentidempotent ;
- des
groupoïdes
distributifs etidempotents.
En
fait, l’opération
d’ungroupoïde
seulement distributif n’est pasinterprétable
comme uneopération
de moyenne et cettedécomposition
en classesn’ayant qu’un idempotent
est triviale dans lecas des
groupoïdes
DI(dont l’opération
peuts’interpréter
comme unemoyenne)
carchaque
classe estréduite à un élément et
l’équivalence
est alorsl’égalité.
Exemples
de DI.- Les
demi-treillis ;
- Les D ayant un élément neutre e.
En effet : x = x
(ee)
=(xe) (xe)
= x2.- Les D tels que pour tout x et pour tout y, il existe au moins un a tel que ya = x.
Car : soit i un
idempotent ;
pour tout x, il existe a tel que ia = x, et lesidempotents
formant unidéal,
x estidempotent.
Les
quasi-groupes
D sont dans ce cas.Pour un
procédé général
de construction degroupoïdes
D àpartir
d’un DI et d’une familleéquipotente
à ce DI desemi-groupe
de cube0,
voir[3].
Ordres sur les
groupoïdes
D.Un
groupoïde
D est ordonnable sichaque semi-groupe
de cube 0qui
le compose l’est ainsi que legroupoïde quotient
DI et si lesproduits
d’éléments de classes différentes respectent ces ordres.4. LES
GROUPOIDES
DR = DIRSur tout
groupoïde D,
on a défini une relationd’équivalence
telle que lequotient
soit un DI.On étudie maintenant certains de ces DI : ceux
qui
sontréguliers (cf. [3]).
Un DR peut être défini comme un
groupoïde
dont les translations àgauche
et à droite sont desendomorphismes injectifs (endomorphisme => D, injectif
«R).
Un
groupoïde
dont les translations sont desbijections
est unquasi-groupe
et enparticulier
les DRfinis sont les
quasi-groupes
D.Théorème d’extension
(cf. [3]).
Si X est un
DR,
il existe unquasi-groupe autodistributif X
et uneinjection
i de X dansX,
telque tout
morphisme
de X dans unquasi-groupe Q
se factorise defaçon unique
à traversX,
Xet À
ontmême cardinal.
On identifie X à son
image
parl’injection
i.Tout
groupoïde
DR est donc unsous-groupoïde
D d’unquasi-groupe
D.Certains
quasi-groupes D,
lesquasi-groupes
MI =DMI,
sont tous construits àpartir
de groupes abéliens(cf.
article de M. Barbut dans cenuméro).
Tout
quasi-groupe (G, o),
vérifiant les conditions MI peut être muni d’une loi additive de groupe abélien(G, -~-)
et il existe deuxautomorphismes,
oc et 1 - oc de(G, -~-)
tels que :On retrouve les moyennes
pondérées
dutype (A)
sur les groupes abéliens.Tout
groupoïde
MDR = MDIR = MIR peut donc être obtenu commesous-groupoïde
d’unquasi-
groupe MI construit à
partir
d’un groupeabélien;
ou : les MDIR sont lessous-groupoides,
desgroupoides
du type
(A).
Les
groupoïdes
DR(qui
ne sont pasMDIR)
ne sont pas obtenus àpartir
des groupesabéliens,
mais d’une classe un peu
plus générale qui
contient les groupes abéliens : les boucles commutatives deMoufang
ouquasi-groupes
commutatifs vérifiant lapropriété :
En
effet,
toutquasi-groupe
DR est construit par uneopération
du type(A)
de moyennepondérée
sur une boucle commutative de
Moufang (cf. [3])
et toutgroupoïde DR, d’après
le théorèmed’extension,
est un sous-espace d’un
quasi-groupe
DR.4. 2. Ordre sur les
groupoïdes
DR et MDIR.Si
(G,
o,> )
est unquasi-groupe
MDI dont l’ordre > estcompatible
avecl’opération
o, le mêmeordre est
compatible
avecl’opération
de groupe deG,
et inversement si(G, -f -, > )
est un abélien ordonnéet si a et 1 - oc sont monotones, le même ordre est
compatible
avecl’opération -
de G. Lesproblèmes
d’ordre pour les
quasi-groupes
MI dérivent donc de ceux des groupes(cf. [6]).
Quant
auxDR,
l’existence d’un ordreimplique,
sous delarges conditions,
lapropriété
M(cf. [3]).
Dans un
quasi-groupe,
un ordre total esttoujours
un ordre strict car si x y, ax ne peut êtreégal
à ay, en raison de larégularité,
et est donc strictementplus petit.
Dans le cas
fini,
unquasi-groupe
ne peut être totalementordonné,
car si a était leplus petit élément,
on devrait avoir ax = a pour tout x. On sait d’ailleursqu’un
groupe fini ne peut être ordonné totalement.4. 3.
Type particulier
degroupoïdes
MDIR.Un type
particulier
degroupoïdes
MDIR a été étudié par Aczel et Fuchs(cf. [9]
et[6]) :
lesMDIR avec un ordre
total, strict,
et archimédien en ce sens que pour touttriplet
x y z, il existeun entier n tel que, en
multipliant
x par z n fois àgauche
et àdroite,
on ait :et dualement.
Pour tout
groupoide
commutatif de ce type, il existe uneinjection
f : X -R,
telle que :et f est un
morphisme
d’ordre.Cette
injection
estunique
à une transformation linéaireprès.
On peut vérifier que l’ordre archimédien défini
plus
haut pour lesgroupoïdes
MDIRcorrespond
au transfert par f-1 de l’ordre archimédien du groupe
(R, +).
Si l’on
n’exige
pas lacommutativité,
mais lapropriété
suivante : que leproduit
de deux coupures soit une coupure1, l’injection
f : X 2013~ R est du type :Autrement
dit,
X est alorsisomorphe (isomorphisme
pour 0 et> )
à un sous-ensemble convexe de Ravec une
opération
de moyennepondérée.
Ceci
rejoint
les résultats trouvés pour lesquasi-groupes I.M.R.D.,
totalement ordonnés : sil’ordreest
archimédien,
celui du groupe abélien àpartir duquel
est construit lequasi-groupe
l’est aussi et onsait
(cf. [6])
que tout groupe archimédien estisomorphe
à un sous-groupe de(R, +).
Si l’on
supprime l’hypothèse d’idempotence (cf. [6]), l’injection
f : X - R est strictement isotoneet du type :
avec : réels >
0,
y réel.BIBLIOGRAPHIE
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1. C’est-à-dire si (A, B) est une coupure de X avec A B et (A’, B’) une autre coupure de X, alors (A o A’, B o B’) est une
coupure de X. (Dans R avec la moyenne pondérée, il en est bien ainsi.)