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Camille Mével
To cite this version:
Camille Mével. Exemples et applications des groupoïdes quantiques finis. Mathématiques [math].
Université de Caen, 2010. Français. �tel-00498884�
U.F.R. de Sciences Ecole doctorale SIMEM ´
T H ` E S E
pr´esent´ee par
Mlle Camille M´EVEL
et soutenue le 23 juin 2010 en vue de l’obtention du
DOCTORAT de l’UNIVERSIT ´E de CAEN Sp´ecialit´e : math´ematiques et leurs interactions
(Arrˆet´e du 7 aoˆut 2006)
Exemples et applications
des groupo¨ıdes quantiques finis
MEMBRES du JURY
Mme Marie-ClaudeDavid, maˆıtre de conf´erences `a l’Universit´e de Paris-Sud M. MichelEnock, directeur de recherche CNRS `a l’Universit´e de Paris VI M. BernardLeclerc, professeur `a l’Universit´e de Caen
M. VladimirTuraev, professeur `a l’Universit´e de l’Indiana ( ´Etats-Unis)(rapporteur) M. LeonidVainerman, professeur `a l’Universit´e de Caen(directeur)
M. Jean-MichelVallin, maˆıtre de conf´erences HDR `a l’Universit´e d’Orl´eans(rapporteur)
Table des mati` eres
Remerciements i
Introduction iii
1 Pr´eliminaires 1
1.1 Alg`ebres de Hopf faibles. . . . 1
1.1.1 D´efinition. . . . 1
1.1.2 Alg`ebre de Hopf faible duale. . . . 2
1.1.3 Sous-alg`ebres co-unitales. . . . 2
1.1.4 Les exemples issus des groupo¨ıdes. . . . 3
1.1.5 Connexit´e et r´egularit´e. . . . 4
1.1.6 Co¨ıdalg`ebres. . . . 4
1.2 Cat´egories de fusion. . . . 5
1.2.1 G´en´eralit´es sur les cat´egories. . . . 5
1.2.2 Cat´egories semi-simples. . . . 6
1.2.3 Cat´egorie mono¨ıdale, cat´egorie rigide. . . . 9
1.2.4 D´efinition des cat´egories de fusion. . . . 11
1.2.5 Cat´egories de Tambara-Yamagami. . . . 12
1.3 Alg`ebres de Hopf faibles et cat´egories de fusion . . . . 13
1.3.1 La cat´egorie des repr´esentations d’une alg`ebre de Hopf faible. . . . 13
1.3.2 Th´eor`eme de reconstruction. . . . . 14
1.3.3 Cat´egories de module. . . . 15
1.4 C∗-alg`ebres de Hopf faibles. . . . 19
1.4.1 D´efinition, premi`eres propri´et´es dues `a l’involution. . . . 19
1.4.2 Projection de Haar, mesure de Haar, esp´erances conditionnelles de Haar. . . 19
1.4.3 El´´ement de type groupe canonique, automorphisme modulaire. . . . 20
1.5 Action d’une C∗-alg`ebre de Hopf faible. . . . 20
1.5.1 Action sur une alg`ebre involutive. . . . . 20
1.5.2 Produit crois´e. . . . 21
1.6 Co¨ıdalg`ebres involutives. . . . 21
1.7 Inclusions d’alg`ebres semi-simples de dimension finie. . . . 22
1.8 Inclusion de facteurs de type II1. . . . 24
1.8.1 Propri´et´es de l’indice, tour de Jones. . . . 24
1.8.2 Tour d´eriv´ee et graphe principal. . . . 25
1.8.3 Correspondance de Galois. . . . 26 3
2 Alg`ebres de Hopf faibles 29
2.1 Reconstruction . . . . 29
2.1.1 Structure d’alg`ebre de B et inclusionBt⊂B. . . . 29
2.1.2 Calcul du coproduit. . . . 33
2.1.3 Counit´e, applications co-unit´es but et source, antipode. . . . 35
2.1.4 El´´ement de type groupe canonique, projection de Haar, mesure de Haar, esp´erances conditionnelles de Haar et automorphisme modulaire. . . . 36
2.1.5 Projecteur de Jones de l’inclusionBt⊂B. . . . 38
2.1.6 Autodualit´e deB. . . . 39
2.2 Deux familles de co¨ıdalg`ebres involutives. . . . 42
2.2.1 Les co¨ıdalg`ebres involutivesIH. . . . 42
2.2.2 Les co¨ıdalg`ebres involutivesJH. . . . 45
2.2.3 Le treillis des co¨ıdalg`ebres involutivesIH etJH. . . . . 55
2.3 Conclusion. . . . 57
3 Application des cat´egories aux sous-facteurs. 59 3.1 Alg`ebres de comodule et cat´egories de module. . . . 59
3.1.1 Alg`ebre de comodule. . . . . 59
3.1.2 La cat´egorie des repr´esentations d’une alg`ebre de comodule. . . . 61
3.1.3 Ind´ecomposabilit´e de Rep(I). . . . 63
3.1.4 D´eformations d’alg`ebres de comodule . . . . 64
3.2 Modules sur les cat´egories de Tambara-Yamagami . . . . 65
3.2.1 Th´eorie de Clifford. . . . . 65
3.2.2 Cat´egories de module de multiplicit´e 1 sur les cat´egories de Tambara-Yamagami . . . . 67
3.3 Applications. . . . 76
3.3.1 Structure des co¨ıdalg`ebres connexes. . . . 76
3.3.2 Facteurs interm´ediaires . . . . 79
A Les cat´egories de module Rep(IH)et Rep(JH). 83 A.1 La cat´egorie de module Rep(IH). . . . 83
A.2 La cat´egorie de module Rep(JH). . . . 89
B D´eformations d’alg`ebres de Hopf faibles 91
Remerciements
Mes premiers remerciements vont ´evidemment `a mon directeur de th`ese Leonid Vainerman pour m’avoir propos´e ce sujet et encadr´ee pendant ces quatre ann´ees. Sans lui, ce travail n’aurait ni vu le jour, ni abouti. Je lui suis tr`es reconnaissante de m’avoir motiv´ee tout ce temps.
Je remercie sinc`erement mes rapporteurs Vladimir Turaev et Jean-Michel Vallin pour leur lecture attentive de ma th`ese et leur patience quant aux multiples versions. Leurs remarques ont largement am´elior´e mon travail.
Je remercie Marie-Claude David, Michel Enock et Bernard Leclerc d’avoir accept´e de faire partie de mon jury de th`ese.
Je remercie encore Marie-Claude David pour son aide pr´ecieuse lors de la r´edaction de ma th`ese. Je ne sais pas si cette derni`ere serait lisible sinon...
Je tiens aussi `a remercier tous les enseignants de l’universit´e de Caen dont j’ai suivi les cours depuis la premi`ere ann´ee de DEUG et qui m’ont permis d’arriver jusqu’au doctorat.
Place maintenant aux remerciements plus personnels. D’abord merci `a Benjamin, Corentin, Erwan, Manu, Marc, Nicolas, Philippe, Pierre, Pierre, Sophie pour tous les bons moments pass´es au labo ou ailleurs, et surtout ailleurs !
Merci aussi `a Lucie, Matthieu et Romain qui ont le courage de venir `a ma soutenance (j’ose croire que ce n’est pas que pour le champagne...).
Maintenant un paragraphe sp´ecial pour deux personnes sp´eciales. Un ´enorme merci `a Marc et Pierre. Et je ne parle pas seulement de mes innombrables questions en informatique pour Marc et en math´ematiques pour Pierre ! Votre amiti´e et vos conseils en tout genre m’ont ´et´e (et me sont encore) indispensables.
Il me reste `a remercier mon cercle le plus proche, mes parents, mon fr`ere et ´Emilien, qui me supportent, dans tous les sens du terme, certains depuis quelques ann´ees maintenant ! Votre pr´esence `a mes cˆot´es est pour beaucoup dans mon ´equilibre.
i
Introduction
Ce travail est motiv´e par le probl`eme de l’´etude de la structure des sous-facteurs du facteur hyperfini de type II1 selon la classification de Murray-von Neumann. Rappelons qu’un facteur est une alg`ebre de von Neumann dont le centre est trivial. Les r´ef´erences de base sur la th´eorie des sous-facteurs, d´evelopp´ee par V. Jones, sont l’article [J] et le livre [GHJ]. Parmi les invariants classiques d’un sous-facteurM0 du facteur hyperfiniM1, se trouvent deux invariants num´eriques, l’indice et la profondeur, et le graphe principal. Un th´eor`eme fondamental de V. Jones affirme que les valeurs possibles pour l’indice [M1:M0] appartiennent `a l’ensemble
{4cos2(π
n), n≥3} ∪[4,+∞].
La classification des sous-facteurs de M1 a ´et´e donn´ee par S. Popa pour les valeurs d’indice inf´erieures ou ´egales `a 4 et dans une s´erie de travaux plus r´ecents pour les valeurs d’indices dans l’in- tervalle ]4,3 +√
3[. En revanche, ce probl`eme reste largement ouvert pour d’autres valeurs d’indice.
Beaucoup de travaux ont consist´e `a d´ecrire les inclusions `a l’aide d’actions de structures alg´ebriques sur M1. Si M0 ⊂ M1 est une inclusion de facteurs de type II1 la construction de base permet de fabriquer une tour de facteurs
M0⊂M1⊂M2⊂M3⊂...
appel´ee tour de Jones. Lorsque l’inclusion est irr´eductible (c’est-`a-dire M00 ∩M1 = C), l’indice [M1 :M0] fini et la profondeur ´egale `a 2, le travail de W. Szymanski ([Szy]) a montr´e l’existence d’uneC∗-alg`ebre de Hopf de dimension finie (ou groupe quantique fini)Bagissant surM1 et telle qu’on ait M0 = M1B, l’alg`ebre des points fixes de M1 sous l’action de B, et M2 ' M1oB, le produit crois´e deM1 parB. Lorsque l’indice est infini, M. Enock et R. Nest ont montr´e ([EnNe]) que l’inclusion provenait de l’action d’un groupe quantique localement compact dans le sens de J. Kustermans et S. Vaes ([KV]). Lorsque l’inclusion est r´eductible, l’indice fini et la profondeur toujours ´egale `a 2, D. Nikshych et L. Vainerman ont montr´e dans l’article [NV] que l’inclusion ´etait cette fois-ci d´ecrite par l’action d’uneC∗-alg`ebre de Hopf faible de dimension finie ou groupo¨ıde quantique fini ([BNSz]). Plus pr´ecis´ement, ils ont muni les commutants relatifsA =M00∩M2 et B=M10∩M3de structures deC∗-alg`ebres de Hopf faibles duales l’une de l’autre agissant respecti- vement surM1 etM2 telles queM0'M1A,M2'M1oA,M1'M2B etM3'M2oB. M. Enock et J-M. Vallin ont trait´e le cas d’indice infini `a l’aide des groupo¨ıdes quantiques infinis ([EV]).
Nous revenons maintenant au probl`eme de la classification des sous-facteurs par le biais de l’´etude des facteurs interm´ediaires d’une inclusion. Lorsque l’inclusionM0⊂M1 est irr´eductible,
iii
Y. Watatani a montr´e dans [W] que ses facteurs interm´ediaires formaient un treillis fini. Dans le cas r´eductible en revanche, on peut seulement affirmer que les alg`ebres de von Neumann in- term´ediaires forment un treillis, infini en g´en´eral. Cependant, supposons que nous ayons une in- clusionM1B ⊂M1⊂M1oB d’indice fini et de profondeur 2 o`u B est C∗-alg`ebre de Hopf faible, D. Nikshych et L. Vainerman ont d´emontr´e dans [NV1] l’existence d’une correspondance de Galois entre les facteurs interm´ediaires de l’inclusion M1 ⊂ M1oB et certains sous-objets de B, les co¨ıdalg`ebres involutives connexes (la terminologie«co¨ıdalg`ebre»a ´et´e introduite par M-C. David et N. Thi´ery dans l’article [DT], `a ceci pr`es qu’une co¨ıdalg`ebre ´etait toujours suppos´ee involutive).
Plus pr´ecis´ement, siM est un facteur interm´ediaireM1⊂M ⊂M1oB, alors (M1B)0∩M est une co¨ıdalg`ebre involutive connexe deB et, r´eciproquement, siI est co¨ıdalg`ebre involutive connexe de B, alorsM1oI est un facteur interm´ediaire de M1⊂M1oB. De plus, le graphe principal d’un facteur interm´ediaire peut-ˆetre obtenu `a partir du diagramme de Bratteli d’une inclusion d’alg`ebres de dimension finie.
Les alg`ebres de Hopf faibles sont li´ees `a un autre domaine de recherche, les cat´egories de fusion ([ENO]). Comme les alg`ebres de Hopf, leur coproduit permet de mettre une structure mono¨ıdale sur la cat´egorie de leurs repr´esentations ([BSz],[NTV]), et sous certaines hypoth`eses suppl´ementaires, notamment de semi-simplicit´e, la cat´egorie de leurs repr´esentations est une cat´egorie de fusion.
R´eciproquement, T. Hayashi et K. Szlachanyi ont, ind´ependamment, d´emontr´e que toute cat´egorie de fusion ´etait ´equivalente `a la cat´egorie des repr´esentations d’une alg`ebre de Hopf faible semi- simple ([H],[Sz]). Ce th´eor`eme de reconstruction poss`ede la qualit´e d’ˆetre explicite et donc de per- mettre, `a partir d’une cat´egorie de fusion donn´ee, de d´ecrire l’alg`ebre de Hopf faible la r´ealisant.
C’est ce lien avec les cat´egories qui nous permettra `a la fois de construire desC∗-alg`ebres de Hopf faibles, mais aussi d’´etudier leurs co¨ıdalg`ebres grˆace `a la th´eorie des cat´egories de module ([O1]).
Le but de ce travail est donc de mettre en pratique la correspondance de Galois de D. Nik- shych et L. Vainerman. Nous parviendrons ainsi, grˆace `a des m´ethodes alg´ebriques, `a d´ecrire une famille concr`ete d’inclusions de facteurs de type II1d’indice de la forme (n+√
n)2 avecn≥1 en- tier. De plus, nous serons en mesure de d´ecrire des graphes principaux de facteurs interm´ediaires et de montrer l’existence d’une sous-famille d’inclusions pour laquelle cette description est exhaustive.
Le premier chapitre pr´esente les objets math´ematiques et les r´esultats que nous utiliserons au cours de ce travail. En particulier, ce chapitre comporte la d´efinition des cat´egories de Tambara- Yamagami ([TY]), l’´enonc´e du th´eor`eme de reconstruction ([H], [Sz]) et de la correspondance de Galois. Une cat´egorie de Tambara-Yamagami C(G, χ, β) est une cat´egorie de fusion param´etr´ee par un groupe ab´elien finiG, un bicaract`ere sym´etrique non d´eg´en´er´eχ sur G et une constante β li´ee `a l’ordre n deG. Ses objets simples sont les ´el´ements du groupe Get un ´el´ement m et les morphismes d’associativit´e sont donn´es `a l’aide de χ et β. Ce sont `a partir de ces cat´egories que nous construirons une famille deC∗-alg`ebres de Hopf faibles.
Le second chapitre comporte deux parties. La premi`ere est consacr´ee `a la construction des alg`ebres de Hopf faibles associ´ees aux cat´egories de Tambara-Yamagami, en utilisant le th´eor`eme de reconstruction. Nous en d´ecrivons toute la structure (structure d’alg`ebre, coproduit, antipode, co-unit´e) ainsi que la structure des sous-alg`ebres co-unitalesBtetBset le diagramme de Bratteli de l’inclusionBt⊂B. Ce qui nous permet de montrer le th´eor`eme suivant :
Th´eor`eme. Soit B l’alg`ebre de Hopf faible semi-simple associ´ee `a la cat´egorie de Tambara-
YamagamiC(G, χ, β),n=|G|. Alors :
(i) La d´ecomposition deB en somme directe d’alg`ebres simples est B'M
g∈G
Mn+1(C)⊕M2n(C).
(ii) B est une C∗-alg`ebre de Hopf faible biconnexe, r´eguli`ere et autoduale, et l’indice de l’in- clusionBt⊂B est ´egal `a (n+√
n)2.
Grˆace `a ce th´eor`eme, nous pourrons construire, dans le chapitre suivant, une inclusion M ⊂ MoB de facteurs hyperfinis de type II1 d’indice (n+√
n)2 pour toutnsup´erieur `a 1.
Dans la deuxi`eme partie de ce chapitre nous calculons deux familles de co¨ıdalg`ebres involutives connexes de B, IH et JH, param´etr´ees par les sous-groupes H de G pour toute C∗-alg`ebre de Hopf faible associ´ee `a une cat´egorie de Tambara-YamagamiC(G, χ, β). Nous donnons notamment la d´ecomposition en somme directe d’alg`ebres simples, le diagramme de Bratteli de l’inclusion Bt ⊂I et le projecteur de Jones pI pour toute co¨ıdalg`ebre I appartenant `a une de ces familles.
Ces r´esultats nous permettront dans le chapitre trois de construire des facteurs interm´ediaires de l’inclusionM ⊂M oB et de calculer leur indice et leur graphe principal. Finalement, nous mon- trons que l’ensemble {IH|H < G} ∪ {JH|H < G} forme un treillis et donnons l’exemple concret de ce treillis lorsqueG= Y
p∈P
Z/pZavecPun ensemble de nombres premiers deux `a deux distincts.
Le troisi`eme chapitre est scind´e en trois parties. La premi`ere partie est th´eorique. Nous ´eta- blissons le lien entre les cat´egories de module sur une cat´egorie de fusion et les alg`ebres de comodule sur une alg`ebre de Hopf faible. Dans la deuxi`eme partie, nous adaptons la th´eorie de Clifford pour les cat´egories de module d´evelopp´ee par C. Galindo dans [G] pour calculer une famille de cat´egories de module sur les cat´egories de Tambara-Yamagami. Lorsque l’ordre du groupeGparam´etrant la cat´egorie de Tambara-Yamagami est sans facteur carr´e, nous obtenons une classification compl`ete des cat´egories de module simples sur C(G, χ, β) :
Th´eor`eme. SoitMune cat´egorie de module simple sur la cat´egorieC=C(G, χ, β) avec|G|sans facteur carr´e. Il existe un sous-groupeHdeGtel queMsoit ´equivalente `a la cat´egorieM(H) dont les objets simples sont les classes deG/H et deG/H⊥ (o`u H⊥={g∈H|χ(g, h) = 1,∀h∈H}) avec la structure de cat´egorie de module surC :
g⊗M =g+M, m⊗M = M
Ne∈G/H⊥
N ,e
g⊗Mf=g+M ,f m⊗Mf= M
N∈G/H
N.
et les morphismes structurels µg,g0,M = idg+g0+M
µg,g0,fM = idg+g0+Mf,
µg,m,M = M
Mf∈G/H⊥
χ(u(M), g)id
Mf,
µm,g,M = M
Mf∈G/H⊥
χ(u(Mf), κg,M)id
Mf, µg,m,fM = M
M∈G/H
χ(u(Mf), g)idM, µm,g,fM = M
M∈G/H
χ(u(M), κg,fM))idM,
µm,m,M = M
N∈G/H
χ(u(Mf),−g−u(M))idN
M∈G/Hf ⊥,g∈G,g+M=N
, µm,m,
Mf = M
Ne∈G/H⊥
β|H|χ(u(M),−g−u(fM))id
Ne
M∈G/H,g∈G,g+fM=Ne
,
pour tousg, g0 dansG,M dansG/H,MfdansG/H⊥.
De plus, les cat´egories de moduleM(H) etM(H0) sont ´equivalentes si et seulement siH =H0 ouH =H0⊥.
Dans la troisi`eme partie, nous commen¸cons par d´eduire de la classification pr´ec´edente que, si B est associ´ee `a C(G, χ, β), |G| sans facteur carr´e, pour toute co¨ıdalg`ebre involutive connexe I de B, le diagramme de Bratteli de Bt ⊂I est un de ceux calcul´es dans le chapitre deux. Nous appliquons ensuite les diff´erents th´eor`emes de la correspondance de Galois pour construire une inclusionM ⊂MoB de facteurs hyperfinis de type II1 d’indice (n+√
n)2, pour toutnsup´erieur ou ´egal `a 1, et, dans le cas o`u n est sans facteur carr´e, nous obtenons la description exhaustive des graphes principaux des facteurs interm´ediaires de l’inclusionM ⊂MoB. Il s’agit des graphes suivants, o`udparcourt l’ensemble des diviseurs den:
* 1 1
n
d n
n+1 Figure b
1
* 2
d Figure a
Cette description permet alors de prouver le th´eor`eme suivant :
Th´eor`eme. SoitB laC∗-alg`ebre de Hopf faible biconnexe et r´eguli`ere associ´ee `a la cat´egorie de Tambara-YamagamiC(Y
p∈P
Z/pZ, χ, β). Soit
M0⊂M1⊂M2⊂M3
la tour de Jones de profondeur 2 de facteurs hyperfinis de type II1 telle que M1=M2B et M3=M2oB.
On d´efinit sur les facteurs interm´ediaires de l’inclusionM2⊂M2oB la relation d’´equivalenceR suivante : deux facteurs interm´ediairesM etN sont ´equivalents s’ils ont le mˆeme graphe principal.
Alors les classes d’´equivalence pourRforment un treillis isomorphe au treillis des sous-ensembles d’un ensemble `a card(P) + 1 ´el´ements.
Dans l’appendice, nous d´ecrivons les structures de cat´egorie de module des cat´egories des repr´esentations des co¨ıdalg`ebres du chapitre deux et nous donnons des conditions d’´equivalence de Morita pour des alg`ebres de Hopf faibles poss´edant la mˆeme structure d’alg`ebre.
Chapitre 1
Pr´ eliminaires
1.1 Alg` ebres de Hopf faibles.
1.1.1 D´efinition.
La notion de groupo¨ıde quantique fini sur C co¨ıncide avec la notion de C∗-alg`ebre de Hopf faible (de dimension finie). Nous utiliserons cette derni`ere terminologie. On suppose pour l’instant quek est un corps alg´ebriquement clos de caract´eristique nulle.
D´efinition 1.1.1. Une cog`ebre B (sur k) est un k-espace vectoriel B muni d’une application k- lin´eaire ∆ : B −→ B⊗kB coassociative, c’est-`a-dire v´erifiant (∆⊗id)∆ = (id⊗∆)∆, appel´ee coproduit, et d’une applicationk-lin´eaireε:B−→k v´erifiant(ε⊗id)∆ = (id⊗ε)∆ =id, appel´ee co-unit´e.
Soient (A,∆A, εA) et (B,∆B, εB) deux cog`ebres. Un morphisme de cog`ebres ϕ:A −→B est une applicationk-lin´eaire telle que∆B◦ϕ= (ϕ⊗ϕ)◦∆A etεB◦ϕ=εA.
Soit τ :B⊗kB −→ B⊗k B l’application k-lin´eaire d´efinie par τ(b⊗c) = (c⊗b) pour tous b, cdans B. Un anti-morphisme de cog`ebres ψ: A−→ B est une application k-lin´eaire telle que
∆B◦ψ= (ψ⊗ψ)◦τ◦∆A etεB◦ψ=εA.
On utilise la notation de Sweedler ∆(b) = b(1)⊗b(2) pour tout ´el´ement b appartenant `a une cog`ebre B.
D´efinition 1.1.2 ([BNSz], 2.1). Une alg`ebre de Hopf faible (sur k) est un k-espace vectoriel B de dimension finie muni d’une structure d’alg`ebre(B, m,1)et d’une structure de cog`ebre(B,∆, ε) telles que :
(i)∆(ab) = ∆(a)∆(b),∀a, b∈B,
(ii) (∆⊗id)∆(1) = (1⊗∆(1))(∆(1)⊗1) = (∆(1)⊗1)(1⊗∆(1)), (iii)ε(abc) =ε(ab(1))ε(b(2)c) =ε(ab(2))ε(b(1)c),∀a, b, c∈B,
(iv) il existe un anti-isomorphisme d’alg`ebres et de cog`ebres S : B −→ B appel´e antipode v´erifiant pour tout b dansB :
m(id⊗S)∆(b) =ε(1(1)b)1(2), m(S⊗id)∆(b) = 1(1)ε(b1(2)),
1
S(b(1))b(2)S(b(3)) =S(b).
SiAetB sont deux alg`ebres de Hopf faibles,ϕ:A−→B est un morphisme d’alg`ebres de Hopf faibles siϕest un morphisme d’alg`ebres et de cog`ebres v´erifiant que SB◦ϕ=ϕ◦SA o`uSA etSB
sont les antipodes respectives deA etB.
Une alg`ebre de Hopf faible est une alg`ebre de Hopf si et seulement si on a ∆(1) = 1⊗1 ou la co-unit´e est un morphisme d’alg`ebre.
1.1.2 Alg`ebre de Hopf faible duale.
D´efinition et proposition 1.1.3 ([BNSz], 2.1). Soit B une alg`ebre de Hopf faible. L’espace vectoriel dualBb=Homk(B, k)muni du produit, du coproduit et de l’antipode d´efinis par :
hϕψ, bi=hϕ⊗ψ,∆(b)i, h∆(ϕ), bb ⊗ai=hϕ, abi, hS(ϕ), bib =hϕ, S(b)i,
de l’unit´e b1 = εet de la co-unit´e bε:ϕ7→ϕ(1) est une alg`ebre de Hopf faible, appel´ee alg`ebre de Hopf faible duale deB.
L’isomorphismek-lin´eaire canonique deB dans b
Bb qui `axassocie l’applicationϕ7−→ϕ(x)est un isomorphisme d’alg`ebres de Hopf faibles.
1.1.3 Sous-alg`ebres co-unitales.
D´efinition et proposition 1.1.4 ([BNSz], 2.2). SoitB une alg`ebre de Hopf faible.
On appelle application co-unit´e but de B l’application εt d´efinie par εt(b) =ε(1(1)b)1(2) pour toutb dansB. L’image Bt=εt(B)est une sous-alg`ebre de B appel´ee sous-alg`ebre co-unitale but.
On appelle application co-unit´e source de B l’application εs d´efinie par εs(b) = 1(1)ε(b1(2)) pour toutbdansB. L’imageBs=εs(B)est une sous-alg`ebre deB appel´ee sous-alg`ebre co-unitale source.
Proposition 1.1.5 ([BNSz], 2.2). Soit B une alg`ebre de Hopf faible, εt et εs les applications co-unit´es but et source, Bt et Bs les sous-alg`ebres co-unitales but et source. On a les propri´et´es suivantes :
(i)εt◦εt=εt,εs◦εs=εs,
(ii) Bt={b∈B|∆(b) = ∆(1)(b⊗1)},Bs={b∈B|∆(b) = (1⊗b)∆(1)}, (iii)Bt={(ϕ⊗id)∆(1), ϕ∈B},b Bs={(id⊗ϕ)∆(1), ϕ∈B},b
(iv)∆(1)∈Bs⊗Bt, (v)εs◦εt=S◦εt=εs◦S, (vi)S(Bt) =Bs,S(Bs) =Bt, (vi)zt=tz,∀z∈Bt,∀t∈Bs
Si B est une alg`ebre de Hopf, alors la repr´esentation triviale de B est la repr´esentation de dimension 1 donn´ee par la co-unit´e. LorsqueB est une alg`ebre de Hopf faible, la co-unit´e n’est pas un morphisme d’alg`ebres et ne d´efinit donc pas une repr´esentation deB.
D´efinition et proposition 1.1.6 ([BNSz], 2.4). Soit B une alg`ebre de Hopf faible. L’alg`ebre co-unitale butBt est unB-module via b.z=εt(bz)pour tousb dans B etz dans Bt. On l’appelle la repr´esentation triviale deB.
De plus, l’application de Bt vers Bbs qui `a z associe b1(1)hb1(2), zi est un isomorphisme de B- modules.
Remarque. L’application z 7−→b1(1)hb1(2), zi est aussi un isomorphisme d’alg`ebres de Bt vers Bcs.
Nous rappelons maintenant la notion d’alg`ebre s´eparable et d’´el´ement de s´eparabilit´e, sym´etrique ou non. Cette notion interviendra dans le th´eor`eme de reconstruction.
D´efinition et proposition 1.1.7 ([P], [A]). Une k-alg`ebre (A, m,1) est s´eparable si la multi- plication m: A⊗kA −→A poss`ede un inverse `a droite en tant que morphisme de A-bimodules.
Cette condition est ´equivalente `a l’existence d’un ´el´ement dit de s´eparabilit´e e ∈ A⊗kA tel que m(e) = 1, (a⊗1)e = e(1⊗a) et (1⊗a)e = e(a⊗1) pour tout a dans A. Si e est un ´el´ement de s´eparabilit´e pour A v´erifiantτ(e) = e (la volte est d´efinie dans la d´efinition 1.1.1), on dit que e est sym´etrique. Toute k-alg`ebre semi-simple de dimension finie poss`ede un unique ´el´ement de s´eparabilit´e sym´etrique.
Proposition 1.1.8([BNSz], proposition 2.11). SoitBune alg`ebre de Hopf faible. Les sous-alg`ebres co-unitalesBt et Bs sont s´eparables. L’´el´ement S(1(1))⊗1(2) est un ´el´ement de s´eparabilit´e pour Bt et l’´el´ement1(1)⊗S(1(2))est un ´el´ement de s´eparabilit´e pourBs.
Nous donnons quelques ´egalit´es qui nous serviront pour les futurs calculs.
Lemme 1.1.9([BNSz]). Pour tous bdansB,t dansBset zdans Bt, on a : (i)1(1)1(10)⊗1(2)⊗1(20)= 1(1)⊗εt(1(2))⊗1(3),
(ii) b(1)⊗b(2)S(t) =b(1)t⊗b(2), (iii)S(z)b(1)⊗b(2)=b(1)⊗zb(2),
(iv)εt(1(1))⊗1(2)z=S(1(1))⊗1(2)z=εt(1(1)z)⊗1(2).
Les trois premi`eres ´egalit´es sont les ´egalit´es (2.11a), (2.31a) et (2.31b) de [BNSz] tandis que la quatri`eme est obtenue en combinant les ´egalit´es (2.24a) et (2.30d) de [BNSz].
1.1.4 Les exemples issus des groupo¨ıdes.
Pour tout groupe finiG, l’alg`ebre du groupe kGet l’alg`ebre des fonctions sur le groupe k(G) sont des alg`ebres de Hopf. Un rˆole analogue est jou´e par les groupo¨ıdes finis pour les alg`ebres de Hopf faibles. Nous rappelons ici la notion de cat´egorie.
D´efinition 1.1.10. Une cat´egorie C est la donn´ee :
(i) d’une classe d’objets Ob(C), nous noteronsX ∈ C pour X∈Ob(C),
(ii) d’un ensemble Hom(X, Y) pour tous objets X, Y de C dont les ´el´ements ϕ sont appel´es morphismes deX vers Y et not´esϕ:X−→Y,
(iii) d’un morphisme ϕ◦ψ : X −→ Z pour tous morphismes ψ : X −→ Y et ϕ : Y −→ Z appel´e compos´ee deψ etϕv´erifiant la condition d’associativit´e ϕ◦(ψ◦η) = (ϕ◦ψ)◦η pour tous morphismesϕ,ψ etη composables,
(iv) d’un morphisme idX : X −→ X pour tout objet X de C appel´e identit´e de X v´erifiant idX◦ϕ=ϕpour tout morphismeϕd’un objetY deCversX etψ◦idX =ψpour tout morphisme ψdeX vers un objetZ deC.
Lorsque les objets deC forment un ensemble, on appelleC une petite cat´egorie.
D´efinition 1.1.11. Un groupo¨ıde est une petite cat´egorie dans laquelle tous les morphismes sont inversibles. Un groupo¨ıde est dit fini s’il poss`ede un nombre fini de morphismes. Si G est un groupo¨ıde, on noteG0={gg−1|g∈ G} l’ensemble des unit´es de G.
D´efinition et proposition 1.1.12([NTV]). SoitG un groupo¨ıde. L’alg`ebre du groupo¨ıdekG est lek-espace vectoriel kG =Vect{g|g ∈ G} muni du produit d´efini sur les ´el´ements de la base par gh=g◦h sig eth sont composables, 0 sinon, et ´etendu par lin´earit´e. Munie du coproduit, de la co-unit´e et de l’antipode d´efinis respectivement par∆(g) =g⊗g,ε(g) = 1etS(g) =g−1 pour tout g dansG,kG est une alg`ebre de Hopf faible. Les applications co-unit´es but et source sont d´efinies parεt(g) =gg−1 etεs(g) =g−1g pour toutg dansG et correspondent respectivement `a prendre le but et la source du morphisme. Les alg`ebres co-unitales but et source, kGtetkGs, sont confondues et ´egales `akG0=Vect{gg−1|g∈ G}.
L’alg`ebre des fonctions sur le groupo¨ıde Fon(G, k) est le k-espace vectoriel Vect{pg|g ∈ G}
muni du produit d´efini par pgph = δg,hpg pour tous g, h dans G et ´etendu par lin´earit´e. Munie du coproduit, de la co-unit´e et de l’antipode d´efinis respectivement par ∆(pg) = X
h∈G
ph⊗pgh−1, ε(pg) =δg,gg−1,S(pg) =pg−1 pour toutgdansG, l’alg`ebre Fon(G, k)est une alg`ebre de Hopf faible isomorphe `a l’alg`ebre de Hopf faible duale de kG.
Le coproduit sur les ´el´ements de la base de l’alg`ebre du groupo¨ıde kG a la forme tr`es simple
∆(g) = g⊗g pour toutg dans G. On dit que ces ´el´ements sont de type groupe. On va d´efinir ce type d’´el´ement pour une alg`ebre de Hopf faible quelconque.
D´efinition 1.1.13([BNSz], d´efinition 4.11). SoitB une alg`ebre de Hopf faible.
Un ´el´ementb deB est dit de type groupe s’il v´erifie
∆(b) = ∆(1)(b⊗b) = (b⊗b)∆(1) et bS(b) = 1.
1.1.5 Connexit´e et r´egularit´e.
D´efinition 1.1.14. SoitB une alg`ebre de Hopf faible.
On dit que B est connexe siBs∩Z(B) =k et coconnexe siBb est connexe. LosrqueB est `a la fois connexe et coconnexe, on dit qu’elle est biconnexe.
On dit queB est r´eguli`ere si S2 est ´egale `a l’identit´e surBt etBs.
Proposition 1.1.15([BNSz], 2.4). SoitB une alg`ebre de Hopf faible semi-simple. On a : (i)Bs∩Z(B) =k⇔Bt∩Z(B) =k,
(i)B est connexe si et seulement siBtest unB-module simple, (ii) B est coconnexe si et seulement si Bt∩Bs=k.
1.1.6 Co¨ıdalg`ebres.
D´efinition 1.1.16. SoitB une alg`ebre de Hopf faible. Une co¨ıdalg`ebre (`a gauche) deB est une sous-alg`ebre unif`ere de B v´erifiant ∆(I)⊂B⊗I (on dit queI est un co¨ıd´eal).
Une co¨ıdalg`ebre I est dite connexe siZ(I)∩Bs=k.