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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Le langage de la logique

propositionnelle

Nousavonsvu quelalogiqueapourbutdereherherlesmoyensdebienraisonner.

Lalogiquepropositionnelleestunepremièrepartiedelalogique,quis'oupedelaombinai-

sondespropositions.

L'objetdeehapitreestd'exhiberlelangagedelalogiquepropositionnelle,avantdel'utiliser

pouranalyserdesraisonnements

(2)

1.1 Notion de proposition

1.1.1 Proposition et valeurs de vérité

Observation1.-Onappelleourammentpropositiontouténonéd'unfait,d'unévénement,d'un

jugement,d'unepensée. Parexemple:

Napoléonestnéen1769,

Napoléonestmorten1815,

2+2=4,

ilnefaitpashaud(sous-entenduàetinstant),

etteeurest rouge(endésignantuneeur).

Observation2.- Ces énonés sont soit vrai (par exemple le premier et le troisième énoné i-

dessus),soitfaux (parexempleledeuxièmeénoné i-dessus).Pourertainsnousnesavonspas

s'ils sont vrais ou faux, pour des raisons diverses (par exemple pour le quatrième énoné i-

dessus,puisqueeladépenddel'instantauquelonparleetdulieudanslequelonsetrouve;pour

le inquième, pare quenous ne voyonspas laeur en question), mais nous savonsqu'ilssont

soitvrai,soitfaux.

Lavéritéoulafaussetéd'unepropositionest appeléesavaleur de vérité ouvaleur logique.

Observation3.-Nousn'avonspasdénirigoureusementequ'estunepropositionouequ'estla

valeur de vérité.Celaparequenousnesavonspaslefaire(essayez!).Nousonsidèreronsdon

que e sontdes notions primitiveset nous ne donnerons seulement que l'approhe heuristique

suivante.

Une proposition est une phrase suseptible de reevoir l'une ou l'autre des deux valeurs

logiquessuivantes:levrai oulefaux.

Exemples.-Voirlesexemplesi-dessus.

Contre-exemples.- 1

o

)

hh

Truest blond

ii

,oùTrun'estpasautrementexpliité, n'estpasune proposition,arettephraseestvraieoufaussesuivantqueTrudésignePierre,PaulouJaques,

maisellen'apasdevaleurdevéritéxe.

2

o

)Un hienn'estpasuneproposition,e n'estmême pasune phrase.

Commentaires.-1

o

)Bienquel'approheheuristique préédentedee qu'estunepropositionne

donnelieuàauuneambiguïté,ilfautbienvoirqueen'estpasunedénitionrigoureuse,etei

pourdeux raisons:

-nousn'avonspasdéniequ'estunephrasedefaçonpréise;

-ilenestdemêmepourlevraietlefaux(bienqu'onpuissedirepourlefauxqu'uneproposition

estfausse siellen'estpasvraie,et donnoussommesramenésauseulproblèmepourlevrai).

Malheureusementnousnesavonspasommentfaireautrement,etilest mêmetrèsprobable

qu'ilnesoitpaspossibledefaireautrement.

2

o

)Nousavonsonsidéréqu'iln'yaquedeuxvaleurslogiquespossibles,levrai

et le faux. Il peut ependant quelquefois être intéressant d'en faire intervenir d'autrestel que

l'inertain.Cei onduitàdeslogiques nonlassiques,pluspartiulièrementàdeslogiques

(3)

1.1.2 Propositions omposées

Observation1.-Considéronslapropositionsuivante :

Napoléon estné en1769 etmort en1815.

Si on onnaît un tant soit peu l'histoire de Frane, on s'exlamera en général que ette

proposition estfausse puisqueNapoléonn'estpasmorten1815maisen1821. Approfondissons

ei.Enfaitonpeutdéomposerettepropositionendeuxpropositionsplussimplesliéesparle

motet:

Napoléon estné en1769

et:

(Napoléon est)mort en1815.

Ondit alorsquelapropositionest unepropositionomposée,lesdeux propositions liées

parlemotetétantappeléespropositionsomposantesetlemotetunonneteur.

Dans l'analyse du langage, on renontre ainsi denombreux onneteurs : et,ou, don, ar,

puisque...

Observation2.-La signiation d'une proposition omposée dépend toujoursdes signiations

des propositions omposantes. Mais, par ontre, lavaleur logique d'une proposition omposée

peutsouventsedéduireenfaisantabstrationdetoutontenudepenséeetseulementdesvaleurs

devéritédespropositionsomposantes.

Parexemplesoientdeuxpropositions,quenousnoteronssymboliquementrespetivementpar

P et parQ. Ilest lair que,dans lelangage ourant,la proposition

hh

P et Q

ii

est vraie si, et seulementsi, lesdeuxpropositionsPetQsontvraiesàlafois,et faussesinon.

Un onneteur est dit onneteur logique si, et seulement si, la valeur de vérité de la

propositionomposée ne dépendquedesvaleurslogiques despropositionsomposantes.

Remarque.- Il existe desonneteursqui nesontpas des onneteurslogiques. Parexemplele

onneteurpareque,qui sous-entendune relationdeauseàeet.Toutlemonde estd'aord

pourdirequelapropositionsuivanteest vraie:

Louis XVIestmort parequ'ileutla têtetranhée

etelle-iest delaformePpare que Q,oùPetQsontvraies.

Parontre toutlemondes'aorderaàdirequelaproposition suivante estfausse:

Louis XVIestmort pareque2+2=4

etpourtantelleest biendelaformeP parequeQ,avePetQvraies.

Ainsileonneteur

hh

pareque

ii

n'estpasunonneteurlogique.

Conlusion.- Onpeutdistinguerdeuxsortesdevérité:

- lavérité matérielleomme,parexemple,elle quiest attahéeaufaitqueNapoléon est

néen1769et quiestappriseparlasienehistorique(danseas),etpardiversesmatièresen

général;

- lavérité ombinatoire (ouformelle): parexemplelaproposition

hh

P et Q

ii

est vraie

si,et seulementsi,Pet Qsontvraiesàlafois, faussesinon.

L'objetde lalogique propositionnelleest d'étudierlavéritéombinatoire, 'est-à-direde

déterminerdansquels asunepropositionomposéeestvraie, onnaissantlesvaleursdevérité

(4)

Commentaire.-Commentreonnaissons-nouslavéritématérielled'uneproposition?

Toutlemonde estd'aord surlefait que

hh

Napoléon est néen 1769

ii

est une proposition

vraie.Pourquoi?Ceiestunsujetdéliatquin'appartientpasàlalogique,maisenl'ourrene

àlaméthodehistorique.Ladisiplinephilosophiqueappeléethéoriedelaonnaissaneapour

butderitiquerlesméthodes,tellequelaméthodehistorique,pourdéterminersiellesonduisent

àdesvéritésmatérielles(ounon).

Convention.- Dans la suite nous dirons toujours

hh

onneteur

ii

pour

hh

onneteur logique

ii

, puisquenous nenousintéresseronsiiqu'àeux-là.

(5)

1.2 Les onneteurs naturels

Nous venonsde voirlanotion de onneteur (logique).Nous allonsmaintenantreherher,

defaçonexhaustive,lesonneteursutilisésàtraverslelangage,qui reètentlalogiquepropo-

sitionnelleinonsientedenotreivilisation.

1.2.1 La négation

Dénition .-Danslesoursdegrammaireonapprendànierlespropositions.Àhaqueproposition

Ponassoie uneautreproposition,appeléelanégationdeP,quenousdésigneronsparnon-P.

LepassagedePànon-Pest régiparunensemblederèglesgrammatialesqui dépendentdela

langueutiliséeetdelaformedeP.Maisl'intentiondeetteopérationrésideenequenon-Pest

faussequandPestvraie, etvraiequandPest fausse.

Nouspouvonsrésumerettesituationparletableausuivant:

P non-P

vrai faux

faux vrai

appelé table de véritédelanégation.

Exemple.-ParexemplesiPest :

Napoléon estné en1769

sanégation,non-P,est :

Napoléon n'estpas néen 1769.

Danse as,Pestvraie,non-P estfausse.

1.2.2 La onjontion

Dénition .- Nous avons déjà vu que le mot

hh

et

ii

peut servir de onneteur logique reliant

deux propositions, disonsP et Q,pourformerune proposition notée

hh

P et Q

ii

,et appeléela

onjontiondePet deQ.

La proposition P et Q est vraie si,et seulement si, lespropositions P et Q sont vraiesàla

fois,faussesinon.Ceipeutserésumerparletableau suivant:

P Q PetQ

vrai vrai vrai

vrai faux faux

faux vrai faux

faux faux faux

appelé tablede vérité de la onjontion.

Remarque.- Le mot

hh

et

ii

sert souvent deonneteur logique dans le langageourant mais il

sertaussiquelquefois,etelamontretoutel'ambiguïtédeslanguesnaturelles,deonneteurnon

logiqueensous-entendantunenotiondeséquene,ommeparexemple,danslaphrase:

Ilmourut ettomba

diérente,dupointdevuedelavérité,delaphrase:

Iltombaetmourut

alorsquepourleonneteurlogique

hh

et

ii

, lesdeuxpropositionsomposées

hh

Pet Q

ii

et

hh

Q

ii

(6)

1.2.3 La disjontion

Observation.-L'usagedumot

hh

ou

ii

estambiguenfrançais.Leplussouvent

hh

PouQ

ii

signie

qu'aumoinsunedespropositionsPouQestvraie,bienquePetQpeuventêtrevraiesàlafois,

ommedanslaphrase:

À la fêtevouspouvez monter danslesauto-tamponneuses oujouer àla loterie

(vouspouvezfairelesdeux).Onparlealorsdel'usageinlusifdumot

hh

ou

ii

,ouduouinlusif.

Onrenontreaussiependantunusageexlusifdumot

hh

ou

ii

, ommelorsquesurlemenu d'unrestaurantonvoit érit:

fromage oudessert

(abréviationde

hh

vousavezdroitàdufromageouàundessert,maispasauxdeux

ii

).

Dans ertaines langues il existe deux mots diérents pour es deux usages diérents. Par

exemple, enlatin

hh

vel

ii

est utilisé dansle sensinlusif tandis que

hh

aut

ii

est utilisé dansle sensexlusif.Maise n'estpasleasenfrançais.

Lesmathématiiens, parsouide préision,ontprisl'habitudeden'employerlemot

hh

ou

ii

quedanssonsensinlusif.Dansuntexteordinaire,leontextesutengénéralpourqu'onsahe

siun

hh

ou

ii

estinlusifouexlusif.Dansuntextemathématique,lesobjetsseronttropabstraits

pourela,d'où ettepréaution.

Dénition.-LadisjontiondedeuxpropositionsPetQestlapropositionomposée,notée

hh

P

ouQ

ii

,quiestfaussesi,etseulementsi,lespropositionsPetQsontfaussesàlafois,etquiest

vraiesinon.Ceipeutserésumerparletableausuivant:

P Q PouQ

vrai vrai vrai

vrai faux vrai

faux vrai vrai

faux faux faux

appelétable devérité de la disjontion.

Remarque.-Leouexlusifestégalementunonneteurlogique,notéex,quenousemploierons

peupourdesraisonsquenousverronsplustard,et dontlatabledevéritéestlasuivante :

P Q PexQ

vrai vrai faux

vrai faux vrai

faux vrai vrai

(7)

1.2.4 L'impliation

Introdution.- Des propositions de la forme

hh

Si P alors Q

ii

apparaissentsi souventqu'il est

néessairedeonsidérer

hh

si...alors...

ii

ommeunonneteurlogique.Ilestévidentque,lorsque

Pestvraieet Qestfausse,alors

hh

SiPalorsQ

ii

doitêtrefausse.Mais'estàpeuprèstout e

qu'onpeutdiredefaçonnaturelle.

Conneteurouonneteurlogique?-Enfaitdansleslanguesnaturellestellesquelefrançais,une

expressiondugenre

hh

SiPalorsQ

ii

n'estaeptéequesiQaunrapport,quantàlasigniation, aveP.Parexempleuneexpressiontelleque:

Si leprixdulitre delait estde 1euroalors Londresest laapitale de la Frane

nousapparaît ommen'ayantpasbeauoup desens,sinon une plaisanterie. Cependant sinous

voulonsonsidérer

hh

Si...alors...

ii

ommeunonneteurlogique,nousdevonsluidonnersinon unsensaumoinsunevaleurlogique.

Dénition .-Onappelleimpliationleonneteurlogique

hh

si PalorsQ

ii

qui prend lavaleur fauxsi,etseulementsi,PestvraieetQestfausse.Ceipeutserésumerparletableausuivant:

P Q siPalorsQ

vrai vrai vrai

vrai faux faux

faux vrai vrai

faux faux vrai

appelé tablede vérité de l'impliation.

Problèmedeladéterminationdelatabledevéritédel'impliation.- La dénition est une dé-

nitionetdon,ommepourtoutedénition,nousn'avonsrienàyredire,arellepeutêtreaussi

arbitrairequel'onveut.Maisenfait,ommeladeuxièmelignedelatabledevérité estjustiée

parequenousavonsditenintrodution,onpeutégalementjustier lesautreslignes.

Nousallonsvoirquesinousvoulonsqueesoitunonneteurlogiquealorsnousn'avonspas

vraimentlehoix.

Considéronslaproposition

hh

Si (Pet Q) alorsP

ii

.Elle noussembleintuitivementtoujours vraie,quellesquesoientlesvaleursdevéritédePetdeQ.

ConsidéronsleasoùPetQsonttouteslesdeuxvraies.Alors

hh

PetQ

ii

etPsonttoutes lesdeuxdespropositionsvraies.Ceiimpliquequelavaleurdevéritédelapremièreligne

delatable devéritédoitêtrelevrai.

QuandPestvraieetQestfaussealors

hh

PetQ

ii

estfausseetPestvraie.Ainsilavaleur

devéritédelatroisièmelignedelatabledevéritédoitêtrelevrai.

Quand P est fausse et Q est vraie alors

hh

P et Q

ii

est fausse et P est fausse. Ainsila

valeurdevéritédelaquatrièmelignedelatable devéritédoitêtrelevrai.

Synonymesdanslelangageourant.-Le

hh

siP alorsQ

ii

adessynonymesdans lelangageou- rant,parexemple

hh

PimpliqueQ

ii

,

hh

QestonséquenedeP

ii

,

hh

QestimpliquéparP

ii

...

Voabulaire.- Dans une proposition omposéede la forme

hh

P implique Q

ii

, laproposition P

(8)

1.2.5 L'équivalene

Observation.-Ledernieronneteurquenousonsidèreronsesteluiquiorrespondàlaliaison

si, etseulementsiomme,parexemple,danslapropositionomposéesuivante:

C'est monsieurMartin (quiarrive) si,et seulementsi, il porte unostume lair.

Toutle monde sera d'aord pour dire qu'uneproposition omposée dela forme

hh

P si, et seulement si Q

ii

est vraie si, et seulementsi, les propositions P et Q sont vraies àla fois ou faussesàlafois.

Dénition.-Onappelleéquivaleneleonneteurlogique

hh

Psi,etseulementsi,Q

ii

quiprend lavaleurvraie si,et seulementsi, Pet Qsontvraiesàlafois oufaussesàlafois. Cei peut se

résumerparletableausuivant:

P Q Psi,et seulementsi,Q

vrai vrai vrai

vrai faux faux

faux vrai faux

faux faux vrai

appelétable devérité de l'équivalene.

Conneteurouonneteurlogique?-Enfaitdansleslangues naturellestellesquelefrançais,et

ommepourl'impliation, une expressiondu genre

hh

P si, et seulementsi, Q

ii

n'estaeptée

quesiQaunrapport,quantàlasigniation,aveP.Nousonsidèrerons,danslasuite,quela

signiationn'intervientpas.

Synonymesdanslelangageourant.- Le

hh

P si, et seulement si, Q

ii

ades synonymesdans le langageourant,parexemple

hh

PestéquivalentàQ

ii

.

1.2.6 Autres onneteurs?

Problème.-Nousavonsétudiéinqonneteurs(lanégation,laonjontion,ladisjontion,l'im-

pliationet l'équivalene),etmême sixaveladisjontionexlusive.Enexiste-t-ild'autres?

Laréponse dépenddee quenousentendonsparlà:

-Sinousvoulonsdired'autresonneteursapparaissantdanslelangageourant,oudonton

abesoindanslapratique,alorsilsemblebienqu'iln'en existepasd'autres.

-Sinousvoulonsdired'autresonneteursthéoriques(dénisparleurtabledevérité),alorsil

enexistebeauoupd'autres.Parexemple,rienquepourlesonneteursreliantdeuxpropositions

(nousavonsvuqu'ilspeuventnerelierqu'uneseuleproposition,ommedansleasdelanégation,

et onpeutenimaginerquirelienttroispropositionsoumêmeplus),nousn'avonspasdonnéde

nomauonneteurorrespondantàlatabledevéritésuivante:

P Q

vrai vrai faux

vrai faux faux

faux vrai faux

faux faux vrai

Nous verrons ependant plustardqu'ilest inutile deluidonner unnom, aron leretrouve

omme

hh

ombinaison

ii

desonneteurspréédents.Nousverronsenfaitqu'ilenestainsipour

(9)

1.2.7 Conlusion : le renversement logique

Ainsi desfaits ourantsnousontonduit àdégagerles notionsde proposition, devaleur de

vérité, de onneteur (logique) et inq onneteurs partiuliers. Nous avons vu aussi que es

notionsrestentassezvagues danslavie ouranteet que quelquefoisil y aquelquesambiguïtés

à hoisir latable de vérité d'un onneteur natureldonné. Dans lasuite nous ne travaillerons

plussur es notionsvagues. La logique reherhedes loismais est aussi normative: ondéide

que, désormais, lorsque nous nous servirons des notions vues préédemment, e sera toujours

ausensdesdénitions nonambiguësdonnéesi-dessus.Lavieouranteaseulementinspiréun

voabulairequi estmaintenantutilisédansunsenspréis.

Cela neposerapasdeproblèmepouranalyserundisourssientique,puisque tout sienti-

quedoitavoirreçuuneformationenlogique.Maiselapourrapeut-êtreenposerpouranalyser

(10)

1.3 Expression logique

1.3.1 Notion

Proposition omposéeomplexe.- Nous avonsvu queertainespropositionspeuventêtre onsi-

déréesommeomposées,etnousavonsétudiélesonneteursourants.Ilpeutarriverque,dans

unepropositionomposée,ilintervienneplusd'unonneteur.

Considérons,parexemple,lapropositionsuivante:

Si Pierreason ba etPaulestlibre, alors nouspartironsen vaanesen juillet.

Visiblementtrois propositions simplesinterviennentdans ette proposition omposée, àsa-

voir:

PPierre asonba

QPaulestlibre

Rnouspartironsenvaanesenjuillet.

Formed'unetelleproposition.-Laformedeette propositionest :

si(Pet Q)alorsR.

Intérêtdesparenthèses.- Desparenthèsesontétéplaées pouréviter touteambiguïtéave,par

exemple,laforme:

Pet (siQalorsR),

orrespondant,parexemple,àlaproposition :

Pierre asonbaet,siPaulest libre,alorsnouspartironsenvaanesenjuillet,

quiestnettementdiérente,àlafoisdupointdevuelogiqueetdupointdevuedelasigniation,

delapremièreproposition onsidérée.

1.3.2 Évaluation d'une proposition omposée omplexe

Dénition.-Évaluerunepropositionomposée,'estdonnersavaleurdevéritéonnaissant

lesvaleursdevéritédesespropositionsomposantes(engénéralatomiques).

Méthode.- Laméthodepourévaluerune propositionomposéeomplexe estsimpleetsystéma-

tique:

-1

o

)Onherhelaformedeettepropositionomposée;

- 2

o

)On détermine les valeursde vérité des propositions omposantes, e qui n'est pasun

problèmedelogique,ommenousl'avonsdéjàvu;

-3

o

)Onsesertdestables devéritédesonneteurset,enprogressantpasàpas,onobtient

lavaleurdevéritédelaproposition.

Exemple.- Considérons la première proposition i-dessus. Supposons que P soit vraie, Q soit

fausseet queR soit vraie.Alors(P et Q)est faussedonsi (Pet Q) alorsR est vraie.Iln'est

donpasnéessairequePierre aitsonbapourpartirenvaanes.

Utilitédelaforme.- En logique propositionnelle la seule hose que l'on veuille savoir sur une

proposition est savaleur de vérité, et don seule la forme a un intérêt. On s'intéressera don

(11)

1.4 Le raisonnement propositionnel

Nousavonsvuquelameilleureméthodepouronvainrequelqu'unqu'uneassertionestvraie

estdefaireunraisonnement,'est-à-diredepartird'unertainnombredepropositionsaeptées

omme vraies et de montrer alors que la proposition que l'on veut faire admettre s'en déduit

logiquement,'est-à-direqu'ilesttoutàfaitlairqu'ondoitalorsaepteretteproposition.

Quefaut-ilentendrepar

hh

s'endéduitlogiquement

ii

?

Bien souvent ela paraît lair. Nous allons ependant l'expliiter à partir de notre notion

intuitiveàl'égarddesobjetsdelalogiquepropositionnellequenousvenonsdedégager,etdon

voiren quoi onsiste un bon raisonnement, ou tout au moins ertains types de raisonnement,

euxqui orrespondentàlalogiquepropositionnelle.

1.4.1 Argumentation propositionnelle

Commençonspardonnerquelquesexemplesderaisonnement.

Exemples.-1

o

)Pierreest lefrèredePaul.

Si PierreestlefrèredePaulalorsPierreest plusâgéquePaul.

DonPierreest plusâgéquePaul.

2

o

)Si Marieest àRomealorsil enestdemêmedePierre.

Si PierreestàRomealorsJaquesn'y estpas.

DonSiMarieest àRomealorsJaquesn'yestpas.

Formed'unraisonnement.- On sent bien que, dans e genre de raisonnement, e n'est pas le

ontenu despropositionsqui ompte, maisleur forme.Lesformes attahéesauxraisonnements

i-dessussont:

-1

o

)P

siPalorsQ

DonQ

-2

o

)siPalorsQ

siQalorsR

DonsiPalorsR

Le

hh

don

ii

annonelaonlusiondenotreraisonnement.Onnesaitpasparquoileremplaer

jusqu'ii.Ilorresponddonàunenotionnouvelle.

Dénition .-Si A,A',...,A

,Bsontdesexpressionslogiques,onappelleargumentationtoute phrasedugenre:

A, A , . . . , A”

don

B,

noté:

A, A , . . . , A” ∴ B.

Remarque.-Nousappelonsargumentationlaformed'unraisonnement(bonoumauvais),forma-

lisabledans lealul propositionnel.Remarquonsependantqu'ilexiste desraisonnementsqui

nesontpasformalisablesdanslealulpropositionnel,telquelesuivant:

Sorateestunhomme.

Touthomme estmortel.

(12)

1.4.2 Argumentation valide

À tout raisonnement nous avonsassoié une forme de raisonnement, appelée ii argumen-

tation. Cependantil existedesraisonnementsvalables etdesraisonnementsfallaieux.Nousne

nous ouperons que desraisonnementsvalables, évidemment; laforme d'un telraisonnement

estappeléeuneargumentationvalide.

Exemplederaisonnementfallaieux.-Considérons leraisonnementsuivant:

Si Pierreasonbaalorsnouspartironsenvaanesenjuillet.

Pierre n'apassonba.

Donnousnepartironspasenvaanesenjuillet.

Ilressembleàunraisonnementorret.Saformeest lasuivante :

siP alorsQ

nonP

DonnonQ

Cependante raisonnementn'estpasorretommeonpeuts'enrendreompte enremplaçant

Pet Qrespetivementparlespropositionssuivantes:

1+1=3

et

2+2=4.

Notation.-Pourindiquerqu'uneargumentation:

A, A , ..., A” ∴ B

estvalideonnote:

A, A , ..., A” ⊢ B

Problèmefondamentaldelalogiqueélémentaire.-Quellessont lesargumentationsvalides?

Nous avonsune notionintuitive dee qu'estune argumentationvalide, maispouvons-nous

endonnerune dénitionformelle?Pouvons-nousdonnerunmoyenpourlesreonnaître àoup

sûr?

Remarque.- Ainsilalogique propositionnellenepréède pastout raisonnement,maisodieles

(13)

1.5 Dénition formelle du langagede la logique proposition-

nelle

Nous avonsdit qu'uneexpression logique est la formede proposition omposée(omplexe).

Mais, pourl'instant, noussommes restés surune notion intuitive dees onepts. Nous allons

êtrepluslairendonnantunedénition formelle.

1.5.1 Dénitions

Variablespropositionnelles.-Jusqu'ii,lorsqu'onutilisaitunelettremajusuletelle queP,Q,R,

S par exemple, 'était en tant qu'abréviation (ou nom) d'une proposition donnée. En fait on

peutallerplusloindansl'abstrationlorsqu'onnes'intéressequ'àlaformedespropositions.La

notation P peut désigner une proposition a priori indéterminée. On dira alors que P est une

variable propositionnelle.

Signespourlesonneteurslogiques.-Pourl'instant,pourdésignerunonneteurlogique(natu-

rel),nousavonshoisiundesmotsdulangageourantquiledésigne.Commepourlesopérations

arithmétiques(onutiliselesigne

hh

+

ii

aulieude

hh

plus

ii

)onutilisedessignespourlesonne-

teursnaturelssuivantletableaui-dessous:

-signedenégation:

¬

;alors

¬ P

selitnon-P.

-signededisjontion:

;alors

P ∨ Q

selitPouQ.

-signedeonjontion:

;alors

P ∧ Q

selitPetQ.

-signed'impliation:

;alors

P → Q

selitPimpliqueQ.

-signed'équivalene:

; alors

P ↔ Q

selitPéquivalentàQ.

Introdution.-Quelquesexemplesd'expressionslogiquessontalors:

(P ∨ Q) ∧ R

¬ P → Q.

Uneexpressionlogiqueestdonunmotsurl'alphabetformédesvariablespropositionnelles,des

signesdeonneteurslogiqueset desparenthèsesouvranteet fermante.Cependanttouttelmot

n'est pasune expression logique. Par exemple

P Q

ou

(P ∧ Q ∨ R

ne sont pasdes expressions logiques:pourlepremiermotauunonneteurnerelielesvariablespropositionnelles;pourle

seond,d'unepart,uneparenthèseestouvertesansêtreferméeet,d'autrepart,ilyaambiguïté

sur le onneteur qui doit être onsidéré en premier, autrement veut-on dire

(P ∧ Q) ∨ R

ou

(P ∧ (Q ∨ R))

?

Onpeutependantdénirl'ensembledesexpressions logiquesdefaçonlaireenutilisantla

dénitionsuivante.

Dénition .- L'ensemble desexpressions logiques(propositionnelles)est déni de la façon

suivante :

-1

o

)Lesvariables propositionnellesP,Q,R,... sontdesexpressionslogiques;

-2

o

)Si

A

est uneexpressionlogique alorsil en estde mêmede

¬ A

;

-3

o

)Si

A

et

B

sont desexpressionslogiquesalors il enestde mêmede

(A ∨ B)

,de

(A ∧ B)

,

de

(A → B)

etde

(A ↔ B )

;

o

(14)

Remarques.- 1

o

)La ondition1

o

)peutposer problème.Quesignientles pointsde suspension

hh

...

ii

?Onpeutonsidérerqueesontleslettresindiquéesmaislorsqu'onabesoind'êtrepréis

oulorsqu'iln'y enapasassez,onpeutonsidérerqueesontP,P',P, P', P,... aveautant

deprimequel'onveut.

2

o

) Les symboles

A

et

B

utilisés dans les onditions 2

o

) et 3

o

) ne sont pas des

variables propositionnelles : onpeutles remplaer parn'importe quelle expressionlogique. On

parledemétavariables propositionnelles.

3

o

)Ilnes'agitpasd'unedénitionausenshabituel:dansunetelledénition,Blaise

Pasalainsitésurlefaitquelemotquel'onveutdénirnedoitpasintervenirdanslapartiede

laphraseservantàledénir;oriilemot`expression'apparaîtdanslespartiesgauhesdu2

o

)

et du3

o

).Onparlededénition indutiveouréursive.

4

o

) On dénit bien ainsi toutes les formes possibles de propositions omposées.

Réiproquement,toutepropositionorrespondbienàuneformedeproposition,neserait-equ'à

laformeP.

5

o

) Toute proposition aura une forme donnée (à quelques variations non essen-

tielles près) si on oblige les variables propositionnelles P, Q, R, ... àreprésenter des proposi-

tions atomiques,'est-à-direquel'on nepeutplusdéomposer dupointdevue delalogique

propositionnelle.

Parexemplelaformedelapropositiondéjàonsidérée:

Si Pierreason ba etPaulestlibre, alors nouspartironsen vaanesen juillet.

apourformefondamentale:

(P ∧ Q) → R

maisaussi:

S → R.

1.5.2 Élimination des parenthèses

Introdution.- Nous avonsvu l'intérêtd'utiliser les parenthèses pourl'ériture des expressions

logiques,and'éviterlesambiguïtés.Lanéessitédedonnerunedénitionsimpledel'ensemble

des expressions logiques nous a obligé à exiger qu'une expression omporte beauoup plus de

parenthèsesquenéessaire.Parexemple:

(((A ∨ ¬ B) ∧ (C ∨ ¬ A)) ∧ A)

estbeauoupmoinslisible que:

(A ∨ ¬ B) ∧ (C ∨ ¬ A) ∧ A

maise derniermotn'estpasuneexpressionlogique ausensde ladénitiondonnée(bienqu'il

lesoitausensintuitif).

On dira que la première expression est omplètement parenthésée et on aeptera des

expressionssimplementparenthéséesenutilisant,parexemple,lesrèglessuivantes.

Conventionsd'omissionsdesparenthèses.- 1

o

) On peut omettre la paire extérieure de paren-

thèses,lorsqu'elleexiste.

Nousérironsainsi,parexemple,

(A ∨ B) ∧ ¬ C

aulieude

((A ∨ B) ∧ ¬ C)

.

Remarquonsependantque

¬ ((A ∨ B) ∧ ¬ C)

n'apasdepaireextérieuredeparenthèsesdès l'origine.

2

o

)Onnotera

U ∨ V ∨ ... ∨ T

aulieude

((U ∨ V ) ∨ ...) ∨ T

.

Onnotera

U ∧ V ∧ ... ∧ T

aulieu de

((U ∧ V ) ∧ ...) ∧ T

.

(15)

1.5.3 Loi d'indution pour les expressions logiques

Il résulte intuitivement de la dénition des expressions logiques (propositionnelles), et en

partiulierdu 4

o

), que l'on ala loisuivante, appelée loi d'indution pour les expressions

logiques.

Loi.-Soit

A

unensembled'expressionslogiques telque: -1

o

)Touteslesvariables propositionnellesappartiennentà

A

;

-2

o

)Si

A

appartientà

A

alors il en estde mêmede

¬ A

;

-3

o

)Si

A

et

B

appartiennentà

A

alorsilenestdemêmede

(A ∨ B)

,de

(A ∧ B)

,de

(A −→ B)

etde

(A ←→ B )

.

Alors

A

est l'ensemble detouteslesexpressions logiques.

(16)

1.6 Exeries

Exerie1.- Éliminez le maximum de parenthèses possibles des expressions logiques suivantes

omplètement parenthéséespour obtenirdesexpressions logiques simplementparenthésées:

a.

((B → ( ¬ A)) ∧ C)

b.

(A ∨ (B ∨ C))

.

(((A ∧ ( ¬ B)) ∧ C) ∨ D)

d.

((B ∨ ( ¬ C)) ∨ (A ∧ B))

e.

((A ↔ B) ↔ ( ¬ (C ∨ D)))

f.

(( ¬ ( ¬ ( ¬ (B ∨ C)))) ↔ (B ↔ C))

g.

( ¬ ( ¬ ( ¬ (B ∨ C))) ↔ (B ↔ C)))

h.

((((A → B) → (C → D)) ∧ ( ¬ A)) ∨ C)

Exerie2.- L'imprimante a malenontreusement supprimé les paires de parenthèses d'expres-

sions logiques, e qui donne les pseudo-expressions suivantes. Restaurer les parenthèses pour

obtenir des expressions logiques parenthésées (il peut y avoir plusieurs résultats dans haque

as) :

a.

C ∨ ¬ A ∧ B

b.

B → ¬¬¬ A ∧ C

.

C → ¬ (A ∧ B → C) ∧ A ↔ B

d.

C → A → A ↔ ¬ A ∨ B

Exerie3.- Déterminez si les pseudo-expressions suivantes sont des expressions logiques, sim-

plementouomplètement parenthésées, et, s'ilen estainsi,restaurertoutesles parenthèses:

a.

¬¬ A ↔ A ↔ B ∨ C

b.

¬ ( ¬ A ↔ A) ↔ B ∨ C

.

¬ (A ↔ B) ∨ C ∨ D → B

d.

A ↔ ( ¬ A ∨ B) → (A ∧ (B ∨ C)))

e.

¬ A ∨ B ∨ C ∧ D → A ∧ ¬ A

f.

((A → B ∧ (C ∨ D) ∧ (A ∨ D))

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