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Feuille d’exercises 5 : Algèbre tensorielle

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Academic year: 2023

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(1)

Université Lille I Année 2013-2014

M2.SMI Outils mathématiques pour la mécanique

Feuille d’exercises 5 : Algèbre tensorielle

Exercise 1. Les coordonnées cylindriques dans R3 sont données par Φ : (r, ϕ, z)7−→(x, y, z),

avec

x=rcosϕ y=rsinϕ.

— Calculer la matrice jacobienne.

— Interpréter les vecteurs colonnes de la matrice jacobienne en fonction d’un repère mobile.

— Calculer le jacobien, c.a.d. le déterminant de la matrice jacobienne.

— Déterminer les points où le jacobien s’annule.

— Décrire les variables r, ϕ, z comme fonctions des variables x, y, z.

Exercise 2. Les coordonnées cylindriques dans R3, réstreintes à r = c > 0 (constant) four- nissent une nappe cylindrique de rayon r. Déterminer une nappe maximale. Est-ce qu’on peut décrire le cylindre de rayon r tout entier à l’aide d’une seule nappe ?

Exercise 3. Les coordonnées sphériques dans R3 sont données par Φ : (r, ϑ, ϕ)7−→(x, y, z),

avec

x=rcosϑcosϕ y=rcosϑsinϕ z =rsinϑ.

— Interpréter les variables ϑ et ϕgéographiquement.

— Calculer la matrice jacobienne.

— Interpréter les vecteurs colonnes de la matrice jacobienne en fonction d’un repère mobile.

— Calculer le jacobien, c.a.d. le déterminant de la matrice jacobienne.

— Déterminer les points où le jacobien s’annule. Décrire les variablesr, ϕ, ϑcomme fonc- tions des variables x, y, z.

Exercise 4. Les coordonnées sphériques dansR3, réstreintes àr=c >0(constant) fournissent une nappe sphérique de rayonr. Déterminer une nappe maximale. Est-ce qu’on peut décrire la sphère de rayonr toute entière à l’aide d’une seule nappe ?

Exercise 5. Soit e1, e2, e3 une base de R3 et f le tenseur covariant de degré 1 défini par f(e1) = 1, f(e2) = −1, f(e3) = 2.

(i) Soitv =e1−e2+ 4e3; calculer f(v).

(ii) Quelles sont les composantes de f dans la base duale associée à la base donnée ?

(2)

(iii) Soient b1 =−e1, b2 =−e2, b3 =e3. Justifier que c’est une base. Écrire les matrices de passage, trouver les nouvelles composantes de v et de f, et calculer f(v) dans les nouvelles bases.

Exercise 6. À partir de la définition du produit vectoriel, établir les propriétés du produit vectoriel rappelées en cours :

1. v∧w+w∧v = 0.

2. v∧w= 0⇐⇒ v etw linéairement dépendants.

3. hv∧w, vi=hv∧w, wi= 0

4. Lorsqu’on inverse l’orientation de X, le signe du produit vectoriel change.

5. La longueur |v ∧w|de v∧w est l’aire du parallélogramme engendré parv et w.

6. hu∧v, wi=|uvw|=hu, v∧wi :produit triple 7.

 v1 v2 v3

∧

 w1 w2 w3

=

v1 w1 e1 v2 w2 e2 v3 w3 e3 8. hv1∧w1, v2∧w2i=

hv1, v2i hv1, w2i hw1, v2i hw1, w2i 9. (u∧v)∧w=hu, wiv− hv, wiu

10. (v1∧w1)∧(v2∧w2) = |v1, v2, w2|w1− |w1, v2, w2|v1

Exercise 7. Soit Ai,j (16 j, k 6n) un système de n2 nombres réels et soit A: Rn×Rn →R défini par

A(x, y) = Ai,jxiyj.

(i) Est-ce un tenseur ? Si oui, quelle est sa variance et quel est son degré ?

(ii) Supposons Ai,j =Aj,i (16j, k 6n). Est-ce que cette propriété est conservée par les changements de base ?

(iii) Même question lorsque Ai,j +Aj,i = 0 (16j, k 6n).

Correction. (i) C’est la forme bilinéaire sur Rn dont la matrice [A(ei, ej)] dans la base canonique e1, . . . , en coïncide avec la matrice [Ai,j]. C’est donc un tenseur covariant de degré 2.

(ii) La condition de symétrie Ai,j =Aj,i (16j, k 6n) dit que la matrice [Ai,j]est symé- trique d’où A est une forme bilinéaire symétrique sur Rn. Cette condition est conservée par les changements de base. En effet, soitf1, . . . , fn une autre base, et soit P = [πi,j]la matrice de passage de telle sorte que

fj =X πi,jei.

Alors la matrice de la forme bilinéaire symétriqueAdans la basef1, . . . , fnest la matrice

tP AP

qui est bien symétrique.

(iii) De même, la condition d’antisymétrie Ai,j =−Aj,i (16j, k 6n) dit que la matrice [Ai,j] est antisymétrique d’où A est une forme bilinéaire antisymétrique sur Rn. Cette condition est également conservée par les changements de base.

Exercise 8. Calculer le volume du parallélépipède engendré par(2,1,0), (1,3,1), (5,2,1).

(3)

Exercise 9. Calculer le centre de gravité d’un secteur circulaire de rayonaet d’angle au centre 2α.

Exercise 10. Calculer le centre de gravité d’un corps homogène limité par le paraboloïde x2+ 2z2 = 4y

et le plan y= 2.

Correction. La forme normale de l’ellipse x2+ 2z2 = 4y0 dans le plan y=y0 >0 est x2

4y0 + z2 2y0 = 1, et l’aire de cette ellipse vaut 2√

2πy0. Ainsi la forme volume du corps homogène en discussion s’écrit 2√

2πydy. Par conséquent, son volume vaut 2√

2π Z 2

0

ydy= 4√ 2π.

Pour des raisons de symétrie, le centre de gravité se trouve sur l’axe des y, et la valeur de sa y-composante est

2√ 2πR2

0 y2dy 4√

2π = 12 Z 2

0

y2dy= 86 = 43.

Exercise 11. Soit a un nombre réel non nul. Calculer le moment d’inertie par rapport à la droite y=xde la figure limitée par l’hyperbole xy = 4 et les droites x=a et y=a.

Correction. Effectuons le changement de repère

s=x−y, t=x+y.

Alors l’hyperbole xy= 4 s’écrit

4xy= (x+y)2 −(x−y)2 = 16 d’où

t2−s2 = 16.

De même, la droite x=a resp. la droite y=a s’écrit sous la formes+t= 2a resp. t−s= 2a.

Dans le plan des s, t, l’axe focal est l’axe des t, et les deux sommets de l’hyperbole sur l’axe focal sont les points (0,±4). Les deux droites s+t = 0 et t−s = 0 sont les deux asymptotes de l’hyperbole. Le point (0,4) appartient aux droites s+t = 4 et t−s = 4, et le point (0,−4) appartient aux droites s+t =−4 et t−s =−4. Dans ces cas, c.a.d. lorsque a=±2, la figure en discussion dégénère en un point. De même, lorsque a = 0, la figure en discussion n’est pas bornée.

Supposonsa 6= 0. Alors la droites+t= 2a rejoint l’hyperbolet2 =s2+16au point

a2−4

a ,a2a+4 , et la droite t−s= 2a rejoint l’hyperbole t2 =s2+ 16 au point

4−a2 a ,a2a+4

. L’intégrale à calculer :

— 0 < a < 2 : La droite t = s+ 2a rejoint l’hyperbole au point 4−a2

a ,a2a+4

, entre les abscisses 0 et 4−aa2, la densité ρ est donnée par l’expression ρ(s) = √

s2+ 16−s−2a, et, par symétrie, le moment d’inertie cherché vaut

2 Z 4−a

2

a 0

√s2+ 16−s−2a

s2ds. (1)

(4)

— −2< a < 0: La droitet =−s+ 2a rejoint l’hyperbole au point

a2−4

a ,a2a+4

, entre les abscisses 0 et a2a−4, la densité ρ est donnée par l’expression ρ(s) =−s+ 2a+√

s2+ 16, et, par symétrie, le moment d’inertie cherché vaut

2 Z a

2−4 a 0

s2+ 16−s+ 2a

s2ds. (2)

— a > 2 : La droite t = −s+ 2a rejoint l’hyperbole au point

a2−4

a ,a2a+4

, entre les abscisses 0 et a2a−4, la densité ρ est donnée par l’expression ρ(s) =−s+ 2a−√

s2+ 16, et, par symétrie, le moment d’inertie cherché vaut

2 Z a

2−4 a 0

−s+ 2a−√

s2+ 16

s2ds. (3)

— a < −2 : La droite t = s+ 2a rejoint l’hyperbole au point

4−a2

a ,a2a+4

, entre les abscisses 0 et 4−aa2, la densité ρ est donnée par l’expression ρ(s) =−√

s2+ 16−s−2a, et, par symétrie, le moment d’inertie cherché vaut

2 Z 4−a

2

a 0

−√

s2+ 16−s−2a

s2ds. (4)

Nous constatons que l’intégrale (1), avec −a substitué à a et a2a−4 à 4−aa2, donne l’intégrale (2), ce qui doit évidemment être le cas, pour des raisons de symétrie ; de même, l’intégrale (3), avec

−a substitué à a et 4−aa2 à a2a−4, donne l’intégrale (4).

Pour calculer ces intégrales, nous constatons :

d ds

s

3(s2+ 16)32 − 2

15(s2+ 16)52

=s2

s2+ 16

Exercise 12. Montrer qu’une matrice réelle quelconque s’écrit comme somme d’une matrice symétrique et d’une matrice antisymétrique.

Exercise 13. Calculer : dtd(aibjck); dtd(ai,jbj +ci,jdj);

∂xj (Ai,jxixj); ∂xk(Ai,jxixj); ∂xj∂x2 k(Ai,jxixj); ∂xj∂x3k∂x`(Ai,jxixj).

Correction. On applique systématiquement la loi de dérivation d’un produit de deux fonctions.

(5)

Cela donne :

d

dt(aibjck) = dtd(ai)

bjck+ai dtd(bj)

ck+aibj dtd(ck)

d

dt(ai,jbj+ci,jdj) = dtd(ai,j)

bj +ai,j dtd(bj)

+ dtd(ci,j)

dj +ci,j dtd(dj)

∂xj Ai,jxixj

= ∂xj(Ai,j)

xixj+Ai,jδi,jxj +Ai,jxi

∂xk Ai,jxixj

= ∂xk(Ai,j)

xixj+Ai,jδi,kxj +Ai,jxiδj,k

2

∂xj∂xk Ai,jxixj

= ∂xj

∂xk Ai,jxixj

= ∂xj

∂xk(Ai,j)

xixj +Ai,jδi,kxj+Ai,jxiδj,k

= ∂xj

∂xk(Ai,j) xixj

+∂xj Ai,jδi,kxj

+∂xj Ai,jxiδj,k

=

2

∂xj∂xk(Ai,j)

xixj + ∂xk(Ai,j)

δi,jxj+ ∂xk(Ai,j) xi + ∂xj(Ai,j)

δi,kxj+Ai,jδi,k + ∂xj(Ai,j)

xiδj,k+Ai,jδi,jδj,k

= 2

∂xj∂xk(Ai,j)

xixj + ∂xk(Ai,j)

δi,jxj+xi + ∂xj(Ai,j)

δi,kxj+xiδj,k +Ai,j δi,ki,jδj,k

3

∂xj∂xk∂x` Ai,jxixj

= ∂xj

∂xk

∂x` Ai,jxixj

= ∂xj

∂xk

∂x`(Ai,j)

xixj+Ai,jδ`,ixj+Ai,jxiδ`,j

etc.

Exercise 14. (i) Soit y ∈ R3. Montrer que Jy(v) = y∧(v ∧y) (v ∈ R3) définit un tenseur symétriqueJy: R3 →R3; ici “symétrique” signifie que, relativement au produit scalaire ordinare h ·, · i, l’application linéaireJy vérifie l’identité

hJy(v), wi=hv, Jy(w)i,

quels que soientv, w∈R3.

(ii) SoitBun “solide” constitué d’un nombre fini de pointsyν de massesmν. Le tenseur d’inertie deB est défini parP

mνJyν. Dans quels repères ce tenseur est-il symétrique ?

Correction. (i) En utilisant les lois que vérifie le produit vectoriel, voir ex. 6 ci-dessus, on trouve :

hJy(v), wi=hy∧(v∧y), wi

=hhy, viy− hy, yiv, wi

=hy, vihy, wi − hy, yihv, wi

=hv, Jy(w)i

(ii) D’après ex. 7 (ii), la symétrie est conservée par les changements de repère. Le tenseur d’inertie de B est donc symétrique dans un repère quelconque.

Exercise 15. SoitX un espace vectoriel réel de dimension n <∞, et notonsX l’espace dual, c.a.d. X = Hom(X,R), muni de la structure d’espace vectoriel réel évidente. Par rapport à une base deX, un élément quelconque f deHom(X, X)est caractérisé par n2 nombres réels.

(6)

Quelle est la loi de transformation de ces nombres relativement à un changement de base ? Quelle est la variance du tenseur

Tf: Iso(Rn, X)−→Rn

2

qui en résulte ?

Correction. C’est un tenseur qui est contravariant de degré 2. En effet, soit b1, . . . , bn une base de X et b1, . . . , bn la base de X qui est duale à la base b1, . . . , bn. Soit ϕ: Rn → X le repère linéaire (c.a.d. isomorphisme linéaire) associé à cette base par les identités

ϕ(ei) =bi (16i6n).

Le tenseur Tf associe à ce repère linéaire la matrice Tf(ϕ) =ϕZ =ϕ

zi,j

caractérisée par les identités

f(bj) = ϕzi,jbi (16j 6n). (5) Soit c1, . . . , cn une autre base de X, et soit ψ: Rn →X le repère linéaire associé à cette base ; c’est caractérisé par les identités

ψ(ek) =ck, 16k6n.

Notons c1, . . . , cn la base de X qui est duale à la base c1, . . . , cn. Soit Tf(ψ) =ψZ =ψ

zi,j ,

de telle sorte que

f(cj) =ψzi,jci, 16j 6n. (6) La matrice

ψ−1◦ϕ=A=

a11 . . . a1n

· . . . ·

· . . . · an1 . . . ann

est la matrice de passage de la base c1, . . . , cn à la base b1, . . . , bn, soit

bk =ajkcj (16k6n) cj =ajkbk (16j 6n).

Alors, quel que soit j2, 16j2 6n,

ψzj1,j2cj1 =f(cj2) = f(ajk2

2bk2) =ajk2

2f(bk2) =ajk2

2

ϕzk1,k2bk1 =ajk2

2

ϕzk1,k2ajk1

1cj1. Par conséquent, la loi de transformation cherchée s’écrit sous la forme

ψzj1,j2 =ajk11ajk22ϕzk1,k2, 16j1, j2 6n.

D’après la définition générale d’un tenseur, il s’ensuit que le tenseur Tf qui en résulte est contravariant de degré 2.

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