Université de Marseille
Licence de Mathématiques, 3ème année, analyse numérique et optimisation Partiel du 22 mars 2019
La partiel contient 3 exercices. Le barème est sur 28 points, il n’est donc pas demandé de tout faire pour avoir 20. . . Les documents (polycopié du cours, notes de TD, notes personnelles) sont autorisés.
Notation : pourx, y ∈IRn(n≥1),x·ydésigne le produit scalaire usuel dexavecy. La notation “s.d.p.” signifie
“symétrique définie positive”. Pour une matriceA,ci(A)désigne la i-ième colonne deAetli(A)désigne la i-ième ligne deA.
Exercice 1(Diagonalisation du produit d’une matrice s.d.p. et d’une matrice symétrique, barème 8 points). On rappelle le théorème suivant, vu en cours :
Théorème 1. Soit B ∈ Mn(IR)(n ≥ 1) une matrice symétrique. Alors, il existe {f1, . . . , fn} base deIRn et λ1. . . λn ∈IRtels queAfi=λifipour touti∈ {1, . . . , n}etfi·fj =δi,jpour tout(i, j)∈ {1, . . . , n}2.
SoitA∈Mn(IR)(n≥1) une matrice s.d.p.. On note{e1, . . . , en}la base canonique deIRnet{f1, . . . , fn}une base deIRndonnée par le théorème 1. On définit la matriceP dansMn(IR)parci(P) =P ei=fipouri∈ {1, . . . , n}.
1. Montrer queP est inversible,Pt =P−1. On poseD =P−1AP. Montrer queDest diagonale à coefficients diagonaux strictements positifs.
2. On note√
D la matrice diagonale dont les coefficients diagonaux sont les racines positives des coefficients diagonaux de la matriceD(donnée à la question 1). On poseC=P√
DP−1, montrer queC2=Aet queC est s.d.p.
SoitB∈Mn(IR)une matrice symétrique.
3. En donnant un exemple pourn= 2, montrer queA−1Bn’est pas nécessairement symétrique.
4. Montrer que les valeurs propres deA−1Bsont les mêmes que les valeurs propres deC−1BC−1(la matriceC étant donnée à la question 2) et que les sous espaces correspondants sont de même dimension. En déduire que la matriceA−1Best diagonalisable dansIR.
Exercice 2(Matrice tridiagonale périodique et factorisation périodique, barème 10 points).
Soient d, u, ℓ ∈ R tels qued > |u|+|ℓ|. Soit A ∈ Mn(IR) tridiagonale périodique :Ai,i = d, 1 ≤ i ≤ n, Ai,i+1=u, Ai+1,i=ℓ, 1≤i≤(n−1),A1,n=ℓ, An,1=uetAi,j= 0sinon.
1. Montrer qu’il existe des réelsα, βetγtels queA=αLˆUˆ avec
• Lˆ ∈Mn(IR)telle queLˆi,i = 1, 1 ≤i≤n,Lˆi+1,i =−β, 1 ≤i ≤(n−1),Lˆ1,n =−βetLˆi,j = 0 sinon.
• Uˆ ∈ Mn(IR)telle queUˆi,i = 1, 1 ≤i ≤n,Uˆi,i+1 =−γ, 1 ≤i ≤(n−1),Uˆn,1 =−γetUˆi,j = 0 sinon.
• |β|<1, |γ|<1.
Trouverα, βetγen fonction deℓ, detu.
Indication : On pourra commencer par remarquer queli( ˆL)cj( ˆU) =
1 +βγsi(i, j) = (i, i),
−γsi(i, j) = (i, i+ 1)ou(n,1),
−βsi(i, j) = (i, i−1)ou(1, n), 0sinon.
2. Pour résoudreAx = b, on posec = α−1b et on résout successivement les deux systèmes suivants (avec les matricesLˆ etUˆ de la question 1),
Lyˆ =c U xˆ =y.
1
(a) (Calcul dey) Poury∈IRn, on notey1, . . . , ynles composantes dey. Montrer queLyˆ =csi et seulement si
yi=
i
X
k=1
ckβi−k+βiynpour tout1≤i≤n.
[Utiliser une récurrence suri,iallant de1àn.]
En déduire queLˆest inversible etyn = (Pn
k=1ckβn−k)/(1−βn).
(b) On suppose, dans cette question seulement, queβ = 1. Montrer queLˆ n’est pas inversible et donner un élément non nul deKer ˆL.
(c) (Calcul dex) Par une technique analogue à celle de la question 2a, montrer queUˆ est inversible et calculer xen fonction dey. [On pourra calculer lesxi,iallant denà1en fonction dex1.]
3. Pour résoudre effectivement le systèmeAx=bavec la méthode donnée par les questions 1-2, pour calculery (question 2a) on calcule d’abord lesβi (1 ≤ i ≤n) etyn, puis on utilise plutôt la formuleyi =ci+βyi−1
pouri < n(en posanty0 =yn). On calcule ensuitex(question 2c) de manière analogue. Compter le nombre d’opérations (on ne demande pas le décompte exact, mais un ordre de grandeur) pour résoudreAx= bavec cette méthode.
Exercice 3(Vitesse de convergence pour la méthode de Jacobi, barème 10 points).
SoientA ∈Mn(IR)une matrice symétrique inversible etb ∈IRn,n > 1. On posex¯=A−1b. On noteDla partie diagonale deA,−Ela partie triangulaire inférieure stricte deAet−Fla partie triangulaire supérieure stricte deA.
On suppose que les coefficients diagonaux deDsont strictement positifs et on noteBJ la matrice des itérations de la méthode de Jacobi, c’est-à-direBJ=D−1(E+F). Noter que, grâce à l’exercice 1, la matriceBJest diagonalisable dansIR. On rappelle que la méthode de Jacobi s’écrit
Initialisation :x(0) ∈IRn,
Itérations :pour toutk≥0,Dx(k+1)= (E+F)x(k)+b.
On munitIRnd’une norme notéek · k. On noteρle rayon spectral deBJet supposeρ <1(de sorte que la méthode de Jacobi est convergente).
On noteai,jle coefficient deAde la lignei, colonnej. On suppose queAest tridiagonale, c’est-à-direai,j = 0si
|i−j|>1.
1. (Un exemple) On suppose dans cette question queA=
2 −1 0
−1 2 −1 0 −1 2
. (a) Calculer les valeurs propres deBJ.
(b) Montrer qu’il existe une infinité dex(0)pour lesquelsx(1) = ¯x.
2. Soitλune valeur deBJ. Montrer que−λest aussi valeur propre deBJet que les sous espaces propres associés àλet−λsont de même dimension. [Utiliser le fait queA est tridiagonale et remarquer queBJx = λxest équivalent à(E+F)x=λDx. Considérer le vecteuryde composantesyi= (−1)ixi.]
3. Montrer que sinest impair,0est valeur propre deBJ.
Question plus difficile, hors barème : dans le cas où il existe un réel a tel queai+1,i = a pour tout i ∈ {1, . . . , n−1}, donner un vecteur propre associé à la valeur propre0(chercher un vecteur dont les composantes appartiennent à l’ensemble{1,−1,0}).
4. On suppose, dans cette question, quex¯−x(0) =P
i∈Iαifi, où{f1, . . . , fn}est une base deIRn, formée de vecteurs propres de BJ,BJfi = λifi, etI = {i;|λi| < ρ}. Montrer qu’il existeC > 0etµ < ρtels que kx¯−x(k)k ≤Cµkpour toutk∈IN⋆.
5. On suppose, dans cette question, quenest impair.
Montrer qu’il existe une infinité dex(0)pour lesquelsx(1) = ¯x.
2