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Stabilisation frontière de problèmes de Ventcel

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Academic year: 2022

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(1)

URL:http://www.emath.fr/cocv/

STABILISATION FRONTI `ERE DE PROBL`EMES DE VENTCEL

Amar Heminna

1

Abstract. The problem of boundary stabilization for the isotropic linear elastodynamic system and the wave equation with Ventcel’s conditions are considered (see [12]). The boundary observability and the exact controllability were etablished in [11]. We prove here the enegy decay to zero for the elastodynamic system with stationary Ventcel’s conditions by introducing a nonlinear boundary feedback. We also give a boundary feedback leading to arbitrarily large energy decay rates for the elastodynamic system with evolutive Ventcel’s conditions. A spectral study proves, finally, that the naturalfeedback is not sufficient to assure the exponential decay in the case of the wave equation with Ventcel’s conditions.

R´esum´e. On consid`ere le probl`eme de la stabilisation fronti`ere de probl`emes de Ventcel pour le syst`eme lin´eaire isotrope de l’´elasticit´e et pour l’´equation des ondes (cf.[12]). L’observabilit´e et la contrˆolabilit´e ont ´et´e ´etablies dans [11]. On montre ici la d´ecroissance vers z´ero de l’´energie pour le syst`eme de l’´elasticit´e avec conditions de Ventcel stationnaires par un feedback non lin´eaire ; on montre aussi la d´ecroissance exponentielle arbitrairement grande de l’´energie de la solution du syst`eme de l’´elasticit´e par des feedbacks fronti`eres. On montre enfin, par une ´etude spectrale, que le feedback naturelest insuffisant pour assurer la d´ecroissance exponentielle de l’´energie dans le cas de l’´equation des ondes.

AMS Subject Classification. 93B03, 93B05, 93D15.

Re¸cu le 29 novembre 1999. R´evis´e le 9 juin, le 17 juillet, le 29 aoˆut et le 25 septembre 2000.

1. Introduction

La stabilisation fronti`ere du syst`eme de l’´elasticit´e avec des conditions aux limites de Neumann ou de Dirichlet a ´et´e ´etudi´ee par plusieurs auteurs : Lagnese [18, 19], Komornik [17], Alabau et Komornik [1], Guesmia [8] etc.

Horn d´emontre dans [13], par des techniques d’analyse micro-locale, la stabilisation du syst`eme isotrope de l’´elasticit´e avec des conditions aux limites de Neumann, par le feedbacknaturelet sans conditions g´eom´etriques fortes sur la partie du bord sur laquelle porte le contrˆole : l’auteur n’impose pas au domaine d’ˆetre ´etoil´e. Une autre approche est propos´ee dans [3].

Pour ce qui concerne le cas anisotrope ou le cas d’un feedback non lin´eaire, Guesmia a montr´e dans [8] la stabilisation lorsque la partie du bord sur laquelle porte le contrˆole est une sph`ere.

Dans ce travail on se propose d’´etudier la stabilisation fronti`ere par feedback de probl`emes dits de Ventcel pour l’´equation des ondes et le syst`eme lin´eaire isotrope de l’´elasticit´e.

Mots-cl´es et phrases:Elasticit´´ e, ondes, probl`eme de Ventcel, contrˆolabilit´e, stabilisation.

Ce travail a ´et´e r´ealis´e lors d’un s´ejour au D.M.I. de l’ ´Ecole Centrale de Lyon et au Laboratoire de Calcul Scientifique de l’Universit´e de Besan¸con.

1Institut de Math´ematiques, USTHB, BP. 32, EL-Alia, 16111 Alger, Alg´erie ; e-mail: [email protected]

c EDP Sciences, SMAI 2000

(2)

Les probl`emes de Ventcel sont caract´eris´es par la pr´esence d’op´erateurs diff´erentiels tangentiels de mˆeme ordre que l’op´erateur principal. Ces probl`emes interviennent dans la mod´elisation de nombreux ph´enom`enes : m´ecaniques comme l’´elasticit´e (cf.[23, 24]) ou physiques comme les processus de diffusion (cf.[22, 27, 30]) ou la propagation d’ondes (cf.[2]).

Les conditions de Ventcel sont obtenues par des m´ethodes asymptotiques pour divers probl`emes d’origine physique ou m´ecanique.

Soit Ω un ouvert born´e de R3 de fronti`ere Γ de classe C2 ; on consid`ere {Γ0,Γ1}une partition de Γ telle que Γ0Γ1 = , et mes(Γ1) > 0. On note ν la normale unitaire sortante. Soit u = (u1, u2, u3) un champ vectoreil r´egulier d´efini dans Ω ; on poseij(u) = 12(∂jui+iuj) etσ(u) = 2µ(u) +λ(div(u))i3(λetµsont les coefficents de Lam´e eti3est l’application identit´e deR3). Soitm∈Γ ; on d´esigne parTm(Γ) le plan tangent en m`a Γ,π(m) la projection orthogonale surTm(Γ). Soit v∈C1( ¯Ω,R3) ; on posev(m) =vT(m) +vν(m).ν(m) o`uvT(m) =π(m)v(m). On note∂metν les d´erivations tangentielle et normale (∂mν) l’op´erateur de courbure sur Γ etπ∂mvTπla d´eriv´ee covariante du champvT. On a alors sur Γ (cf.[23, 29]) :

(v) =T(v) +νS(v) +S(v)¯ν+ν(v)νν¯ (1.1) avec

2T(v) =π∂mvTπ+π∂mvTπ+ 2vνmν,

2S(v) =νvT +mvν(∂mν)vT, ν(v) =νvν

(1.2) et

σ(v) =σT(v) +νσS(v) +σS(v)¯ν+σν(v)νν¯ (1.3) avec

σT(v) = 2µT(v) +λ(tr(T(v)) +ν(v))i2, σS(v) = 2µS(v),

σν(v) = 2µν(v) +λ(tr(T(v)) +ν(v)) (1.4)

o`u la barre d´esigne le transpos´e d’un vecteur, d’un endomorphisme etc.,i2est l’identit´e du plan tangent et “tr”

symbolise la trace.

On pose :

σT0(v) = 2µ0T(v) +λtr(0T(v))i2avecλ= (2λµ)(λ+ 2µ)1et0T(v) =T(v).

On d´esignera par ∆T le laplacien tangentiel.

Nous allons examiner chacun des probl`emes ´etudi´es.

Stabilisation forte par un feedback non lin´eaire

On consid`ere deux fonctions non n´egatives a, l C11) avec a > 0 sur Γ1 lorsque mes(Γ0)= 0 et trois fonctions continues non d´ecroissantesg1, g2, g3deRdansRnulles en z´ero ; on poseg(x1, x2, x3) =g1(x1), g2(x2), g3(x3)) et on suppose que|g(x)| ≤1 +α|x|3, pour toutxR3, avecα >0. Le premier probl`eme ´etudi´e est un probl`eme avec conditions de Ventcel stationnaires :











u00divσ(u) = 0 dans Ω×R+,

u= 0 sur Γ0×R+,

σS(u)divTσT0(u) +auT+lgT(u0) = 0 sur Γ1×R+, σν(u) +σT0(u) :mν+auν+lgν(u0) = 0 sur Γ1×R+, u(0) =u0, u0(0) =u1 dans Ω

(1.5)

(3)

o`u divT d´esigne la divergence tangentielle,g(x) =gT(x) +gν(x)ν et les deux points ( : ), symbolisent la trace du produit.

Les conditions de Ventcel stationnaires sont obtenues de la mani`ere suivante : on d´esigne par Ω l’ouvert form´e de la jonction d’un ouvert Ω et d’une coque mince Ω d’´epaisseur pos´ee sur une partie Γ1 du bord de Ω, l’autre partie Γ0 ´etant encastr´ee. Le bord∂Ω de Ω est ´egal `a Γ1ΓΓ o`u Γ est le bord lat´eral de Ω=∂Γ1×]0, [). On suppose que les coefficients de Lam´e sont ´egaux `aλetµdans Ω et `aλ et µ dans la coque Ω avec (λ, µ) (λ, µ) lorsque tend vers 0. On dit que les coefficients de Lam´e sont raides en 1 dans la coque Ω qui s’appelle alors un raidisseur.

On suppose que le domaine Ω a une densit´e homog`ene ´egale `a 1.

Consid´erons le probl`eme de transmission pour le syst`eme isotrope et ´evolutif de l’´elasticit´e suivant :











u00divσ(u) =f dans Ω×(0, T),

u= 0 sur (Γ0Γ)×(0, T),

σ(u).ν= 0 sur Γ×(0, T),

[u] = [σ(u).ν] = 0 sur Γ1×(0, T), u(0) =u0, u0(0) =u1 dans Ω

(P)

([.] d´esigne le saut).

Un passage `a la limite dans (P ) lorsque tend vers 0 conduit, sous des hypoth`eses convenables sur les donn´eesf,u0 et u1, au probl`eme ´evolutif de l’´elasticit´e suivant :











u00divσ(u) =f dans Ω×(0, T),

u= 0 sur Γ0×(0, T),

σS(u)divTσ0T(u) = 0 sur Γ1×(0, T), σν(u) +σ0T(u) :mν = 0 sur Γ1×(0, T), u(0) =u0, u0(0) =u1 dans Ω.

(P)

Les conditions sur Γ1×(0, T) sont les conditions de Ventcelstationnaires. Elles mod´elisent l’effet asymptotique du raidisseur Ω.

SoientL21, T1)) (resp. H11, T1))), l’espace des champs tangentsvT dont les composantes dans une base du plan tangent sont dansL21) (resp. H11)) et

V={vH1(Ω) :v|Γ0 = 0,vT|Γ1∈H11, T1))}

muni de la norme : kvkV=

kvk2H1(Ω)+kvTk2H11,T(Γ1))

12

; cette norme est ´equivalente `a la normek.kd´efinie par (cf. Prop. 2.4) :

kvk= Z

σ(v) :(v)dx+ Z

Γ1

0T(v) :0T(v) +a|v|2)dΓ 12

.

On montre que si (u0,u1) V × L2(Ω), alors le probl`eme (1.5) admet une solution (faible) unique u C(R+,V)∩C1(R+,L2(Ω)) et que si g est globalement lipschitzienne alors pour des donn´ees initiales r´eguli`eres et compatibles la solution est r´eguli`ere. L’´energie de la solutionuest d´efinie par :

E(u, t) =1 2 Z

σ(u) :(u) +|u0|2 dx+1

2 Z

Γ1

σ0T(u) :0T(u) +a|u|2 dΓ.

(4)

Le principe d’invariance de LaSalle [10, 21], et le th´eor`eme d’unicit´e de Holmgren ([15], p. 129, Th. 5.3.3) permettent de montrer le :

Th´eor`eme 1.1. Si l >0sur Γ1, g est globalement lipschitzienne etg(x).x>0 pour x6= 0 alors pour toute solution faible du probl`eme (1.5), l’´energie d´ecroit vers z´ero lorsquet tend vers+∞.

La d´ecroissance exponentielle de l’´energie pour le probl`eme (1.5) reste un probl`eme ouvert.

ecroissance exponentielle de l’´energie

On suppose ici que Γ est de classe C3 (pour donner un sens au tenseur de courbure sur Γ (cf. [14])) et mes(Γ0)>0. On consid`ere le probl`eme avec des conditions de type Ventcel ´evolutives suivant :















y001divσ(y1) = 0 dans Ω×R+,

y1=u1 sur Γ0×R+,

y002T +σS(y1)divTσT0(y2) =u2T sur Γ1×R+, y00+σν(y1) +σT0(y2) :mν−Ty=u sur Γ1×R+, y1(0) =y01, y01(0) =y11 dans Ω, y2(0) =y02, y02(0) =y12 sur Γ1.

(1.6)

On consid`ere le probl`eme de transmission (P) d´efini au point pr´ec´edent avec cette fois un domaine Ω qui a une densit´e non homog`ene ´egale `a 1 dans Ω et `a1 dans Ω. Le passage `a la limite lorsquetend vers 0 conduit

`

a un probl`eme analogue au probl`eme (P) avec les conditions sur Γ1×(0, T) suivantes : u002T +σS(u1)divTσT0(u2) =gT sur Γ1×(0, T),

u00+σν(u1) +σT0(u2) :mν =gν sur Γ1×(0, T)

dites conditions de Ventcel ´evolutives (u1 est le d´eplacement et u2=u1|Γ1). Ces conditions mod´elisent l’effet asymptotique du raidisseur Ω lorsque ce dernier est tr`es dense.

On consid`ere les espaces : H=L2(Ω)×L21;T1))×L21) et

W={v= (v1,v2) : v1H1(Ω), v1|Γ0 = 0, v2H11), v1|Γ1 =v2} muni de la norme : kvkW=

kv1k2H1(Ω)+kv2k2H11)

12

, qui est ´equivalente `a la norme : k|vk|W =

Z

σ(v1) :(v1)dx+ Z

Γ1

T0(v2) :0T(v2) +|∇Tv|2)dΓ 12

. L’´energieE(y, t) associ´ee `a la solutiony= (y1,y2) est d´efinie par :

E(y, t) = 1 2 Z

σ(y1) :(y1) +|y01|2 dx+1

2 Z

Γ1

σT0(y2) :0T(y2) +|∇Ty|2+|y02|2 o`uT est le gradient tangentiel.

La m´ethode g´en´erale de stabilisation d´evelopp´ee dans [17] permet de trouver un feedback fronti`ere qui assure la d´ecroissance exponentielle arbitrairement grande de l’´energie. De fa¸con plus pr´ecise on montre, sous des conditions qui seront pr´ecis´ees plus loin, le r´esultat suivant :

Th´eor`eme 1.2. Soit ω >0. Il existe deux op´erateurs born´es :

P :W0→ W, v(P1v, P2v), Q:H→ W, w(Q1w, Q2w)

(5)

et une constante M >0tels que si on pose :

y= (y1,y2), y0= (y01,y02), y1= (y11,y12), u2= (P2y0+Q2y)|Γ1

u1=µ(∂ν(P1y0+Q1y)T)|Γ0+ (2µ+λ)(∂ν(P1y0+Q1y)ν)|Γ0ν alors le probl`eme (1.6) est bien pos´e dansH× W0 et on a

k(y,y0)kH×W0 ≤Mk(y0,y1)kH×W0eωt, ∀t≥0, (y0,y1)H× W0. (1.7) La forme explicite du feedbacku= (u1, u2) est donn´ee en (4.47). Notons que Bourquinet al. ont d´evelopp´e une approximation num´erique du feedback issu de la m´ethode g´en´erale d´evelopp´ee par Komornik dans [17] (cf.[4]).

Insuffisance du feedback naturel

On montre au paragraphe 5, sur un cas particulier du probl`eme (1.5), que le feedback naturel n’assure pas une dissipation suffisante de l’´energie pour permettre sa d´ecroissance exponentielle.

On se place dansR2avec Ω = (0, π)2, Γ0= ({0(0, π))((0, π)×{0}) et Γ1= ({π}×(0, π))((0, π)×{π}).

On consid`ere le probl`eme suivant :







u00∆u= 0 dans Ω×R+,

u= 0 sur Γ0×R+,

νu−Tu+u0= 0 sur Γ1×R+, u(0) =u0, u0(0) =u1 dans Ω.

(1.8)

On d´esigne par Ω l’ouvert form´e d’un corps Ω de conductibilit´e thermique ´egale `a 1 et d’une fine pellicule Ω d’´epaisseuret de conductibilit´e thermique ´egale `a 1 pos´ee sur son bord Γ. On consid`ere un probl`eme d’´echange thermique entre Ω et la pellicule Ω. Le passage `a la limite lorsque tend vers 0 conduit `a un probl`eme de propagation de la chaleur pos´e dans Ω avec la condition :

νu−Tu=g sur Γ (1.9)

dite condition de Ventcel (cf.[23]). En effet la condition (1.9) a ´et´e introduite par Ventcel pour des processus de diffusion (cf.[30]).

On note parula solution du probl`eme de propagation de la chaleur pos´e dans Ω. On ´ecrit le d´eveloppement asymptotique de u sous la forme u = u0+u1+2u2+... ; on montre que u0 est solution d’un probl`eme de propagation de la chaleur pos´e dans Ω avec la condition de Ventcel (1.9) au bord de Ω (cf. [23]). La condition (1.9) mod´elise ainsi l’´echange de chaleur entre le corps Ω et le milieu ambiant quand la fronti`ere de Ω est recouverte d’une couche fine et tr`es bonne conductrice.

Soit V ={v∈H1(Ω) :v|Γ0 = 0, v|Γ1∈H11)}muni de la norme : kvkV = (R

|∇v|2dx+R

Γ1|∇Tv|2dΓ)12 et ˜Al’op´erateur non born´e de domaine :

D( ˜A) ={(v, z)∈V ×V : ∆v∈L2(Ω), ∂νv−Tv+z= 0 sur Γ1} d´efini surV ×L2(Ω) par ˜A(v, z) = (z,∆v) ; l’´etude du spectre de ˜Aconduit au

Th´eor`eme 1.3. Le sous-groupe engendr´e par A˜surV ×L2(Ω) n’est pas exponentiellement stable.

Dans ce travail on adopte le plan suivant :

Au paragraphe 2 on donne quelques notations et quelques r´esultats pr´eliminaires de g´eom´etrie intrins`eque pour les surfaces. Le paragraphe 3 est consacr´e `a la d´emonstration du th´eor`eme 1.1. Au pragraphe 4 on ´etablit une identit´e qui permet de montrer le th´eor`eme 1.2. Au paragraphe 5 on d´emontre le th´eor`eme 1.3.

Dans toute la suite la lettreC d´esignera une constante positive assez grande.

(6)

2. Notations et r´ esultats pr´ eliminaires

On reprend les d´efinitions et les notations donn´ees en introduction. La convention de l’indice r´ep´et´e est adopt´ee :

tr(τ) =τ11+τ22+...=τii,v.w=viwi, σ(v) :(v) =σij(v)ij(v).

Comme Γ est de classeC2, pour tout point m de Γ on peut trouver unC2-diff´eomorphismeχ d’un ouvert ˆΓ deR2 sur un voisinage ouvert demdans Γ. Les vecteursaα=∂χ/∂ξα1(m)),α∈ {1,2}engendrent le plan Tm(Γ) tangent enm `a Γ. On note par T(Γ) le fibr´e tangent (cf.[23, 29]). SoitG le tenseur m´etrique associ´e `a χ de composantes : gαβ =aα.aβ, (α, β)∈ {1,2}2 et (gαβ)1α,β2 son inverse. La base duale de{aα}α=1,2 est d´efinie par : aα(m).aβ(m) =δβα(symbole de Kreonecker).

A un champ tangent` vT =vαaαon associe, par le produit scalaire deR3, la forme lin´eaire : vT =vαaαavec vα=gαβvβ ; commemvT =∂v∂χTαaαon obtient :

π∂mvTπ= (vβ + Γβαλvλ)aβaα o`u Γλαβest le symbole de Cristoffel d´efini par : Γλαβ=aλπaα,β (, α=∂/∂ξα).

A un champ scalaire r´` egulierv d´efini sur Ω on associe le champ de formes lin´eaires d´efini par : (∂mv)(m) =v(m)aα(m).

Le vecteur transpos´e de la forme (∂mv)(m) est le gradient tangentiel not´e : (Tv)(m).

Au champ normalν(m) on associe le champ d’endomorphismes du plan tangent∂mν d´efini par : mν=νaα. 2.1. D´eformations et contraintes

Siv: ΩR3est un champ assez r´egulier on d´esigne par son gradient ; on a sur Γ (cf.[23, 29]) :

v=π(∂mvT)π+vν(∂mν) + (∂νvTν+ν((∂mvν)vT(∂mν) + (∂νvνν). (2.1) Les relations (1.1–1.4) sont une cons´equente directe de (2.1).

Remarque 2.1. SoitvH1(Ω) ; des formules (1.1–1.4) on obtient : (v) :(v) =T(v) :T(v) + 2|S(v)|2+|ν(v)|2; σ(v) :(v) = 2µ T(v) :T(v) +|ν(v)|2

+ 4µ|S(v)|2+λ(tr(T(v)) +ν(v))2. On aura `a consid´erer les espaces :

LS(Tm(Γ)) est l’espace des endomorphismes sym´etriques deTm(Γ).

LS(T(Γ)) est l’espace des op´erateurs sym´etriques deT(Γ) ; Un champτ : Γ→T(Γ) appartient `aLS(T(Γ)) siτ(m) appartient `aLS(Tm(Γ)) pour toutm∈Γ.

Remarque 2.2. L’endomorphisme (∂mν) est un ´el´ement deLS(Tm(Γ)) ; ses valeurs propres sont les courbures principales de Γ enm.

2.2. Quelques espaces fonctionnels

Soit vT : Γ T(Γ) , vT(m) = vα(m)aα(m) un champ tangent ; on munit L2(Γ, T(Γ)) de la norme : kvTkL2(Γ,T(Γ)) = R

Γ|vT|212

qui est ´equivalente `a la norme : vT

kv1k2L2(Γ)+kv2k2L2(Γ)

12

. On munit

(7)

H1(Γ, T(Γ)) de la norme :

kvTkH1(Γ,T(Γ))=

kv1k2H1(Γ)+kv2k2H1(Γ)

12

. (2.2)

Un champτT : Γ→ LS(T(Γ)) appartient `aL2(Γ,LS(T(Γ))) si (τT :τT)12 : ΓRappartient `aL2(Γ) ; on pose : TkL2(Γ,LS(T(Γ)))=kT :τT)12 kL2(Γ).

Remarque 2.3. Si vT ∈H1(Γ, T(Γ)), alors : T(vT)∈L2(Γ,LS(T(Γ))).

Proposition 2.1. L’expression suivante d´efinit une norme sur H1(Γ, T(Γ)) ´equivalente `a la norme d´efinie en (2.2) :

kvTk1H1(Γ,T(Γ))= Z

Γ

|vT|2+T(vT) :T(vT)

12 . Preuve. Il suffit de prouver l’existence d’une constante C >0 telle que :

kvT kH1(Γ,T(Γ))≤CkvTk1H1(Γ,T(Γ)), vT ∈H1(Γ, T(Γ)).

S’il n’en ´etait pas ainsi, il existerait une suite{vkT} ⊂H1(Γ, T(Γ)) v´erifiant :

kvkT kH1(Γ,T(Γ))= 1, ∀k∈N, vkT −→0 dans L2(Γ, T(Γ)), T(vkT)−→0 dans L2(Γ, LS(T(Γ))).

On pose : vkT =vTk1a1+vTk2a2 ; les expressions de π∂mvTπet du conjugu´e d’un vecteur donn´es au d´ebut de ce paragraphe montrent que : π∂mvTπ=

v+ Γµλrvkr

gλαgµβaαaβ, d’o`u :

v +gλαgβµv

0 dans L2(Γ). En prenantα=β, on obtient : vk1,1 +v,2k20 dans L2(Γ).

On a : gαη

v+gλαgβµv

=gαηv +gβµv0 dansL2(Γ).

En prenant (β, η) = (1,1), (β, η) = (2,2) et (β, η) = (1,2) on obtient les limites suivantes dans L2(Γ) : (g11v,1k1+g21v,1k2), 0, (g22vk2,2 +g21vk1,2)0, (g11v,2k1+g22v,1k2 0. Posons : wkT =GvkT =wk1a1+wk2a2. DevTk 0 dansL2(Γ, T(Γ)) et des limites pr´ec´edentes on d´eduit que les suites wk1

, wk2 , w,1k1

, wk2,2 , w,1k2+wk1,2

tendent vers 0 dans L2(Γ). L’in´egalit´ee de Korn dans l’ouvert ˆΓ montre alors que wk1, wk2

0 dans H1(Γ)×H1(Γ). D’o`u (vk1, vk2)0 dansH1(Γ)×H1(Γ) ce qui contredit la d´efinition de la suite{vTk}. Proposition 2.2. L’application : vT ,→vTdivTσ0T(vT)est un isomorphisme deH11, T1))surH11, T(Γ1)); de plus si vT divTσT0(vT)∈H121, T1))alors vT ∈H321, T1))et :

kvTkH32

1,T(Γ1))≤CkvT divTσT0(vT)kH1

21,T1)). Preuve. La forme bilin´eaire :

B : (vT,wT),→Z

Γ1

vT.wT+σ0T(vT) :0T(wT)

est continue et coercive sur H11, T1)) = (H011, T1))) d’apr`es la proposition 2.1 ; alors pour tout f ∈H11, T1)) il existevT ∈H11, T1)) unique tel que :B(vT,wT) = (f,wT), wT ∈H11, T1)) avec :

C2kfkH11,T(Γ1))≤ kvTkH11,T(Γ1))≤C1kfkH11,T(Γ1))

(8)

ce qui d´emontre la premi`ere partie de la proposition. Pour la seconde partie nous avons : vT ,→vTdivTσ0T(vT) est un isomorphisme de H11, T1)) sur H11, T1)). L’op´erateurvT ,→ divTσ0T(vT) ´etant elliptique, cette application est aussi un isomorphisme deH21, T1)) surL21, T1)) et par interpollation on obtient un isomorphisme deH321, T1)) surH121, T1)).

Remarque 2.4. SoitH1(divσ,Ω) ={vH1(Ω) : divσ(v)∈L2(Ω)}muni de la norme : kvkH1(divσ,Ω)=

kvk2H1(Ω)+kdivσ(v)k2L2(Ω)

12 . On peut d´efinir une application continue :

H1(divσ,Ω)H12(Γ), v(σ(v).ν)|Γ) et pour tout ´el´ementwH1(Ω) et tout ´el´ementvH1(divσ,Ω) on a :

(σ(v).ν,w)

H12(Γ),H12(Γ)= Z

(wdivσ(v) +σ(v) :(w))dx.

SoitL2(divσ,Ω) ={vL2(Ω) : divσ(v)∈L2(Ω)}muni de la norme : kvkL2(divσ,Ω)=

kvk2L2(Ω)+kdivσ(v)k2L2(Ω)

12 . On peut d´efinir une application continue :

L2(divσ,Ω)H12(Γ)×H32(Γ), v(v|Γ,(σ(v).ν)|Γ) et pour tout ´el´ementwH2(Ω) et tout ´el´ementvL2(divσ,Ω) on a

(v, σ(w).ν)

H12(Γ),H12(Γ)(σ(v).ν,w)

H32(Γ),H32(Γ)= Z

(vdivσ(w)wdivσ(v))dx.

Proposition 2.3. L’expression |k.|kV d´efinie par :

|kv|kV= Z

(σ(v) :(v)+|v|2)dx+ Z

Γ1

σ0T(v) :0T(v)dΓ 12

(2.3) est une norme surV´equivalente `ak.kV d´efinie par :

kvkV=

kvk2H1(Ω)+kvT k2H11,T(Γ1))

12 . Preuve. On montre qu’il existeC >0 tel que :

kvkV≤C|kv|kV, vV. Dans le cas contraire on aurait une suite{vk} ⊂Vqui v´erifie :

kvkkH1(Ω)+kvkT kH11,T1))= 1, et |kvk|kV0.

De l’in´egalit´e de Korn il vient : vk 0 dansH1(Ω). AlorsvkT 0 dansL21, T1)) etvνk0 dansL21) ce qui conjugu´e `a :R

Γ1σT0(vk) :0T(vk)dΓ0 donne :0T(vkT)0 dans L21, LS(T(Γ1))). La proposition 2.1 montre que : vTk 0 dansH11, T1)) ce qui joint `a vk0 dansH1(Ω) donne une contradiction.

(9)

Proposition 2.4. L’expression k.kd´efinie par : kvk=

Z

σ(v) :(v)dx+ Z

Γ1

T0(v) :0T(v) +a|v|2)dΓ 12

(2.4) est une norme surV´equivalente `ak.kV.

Preuve. Nous avons σT0(v) = 2µ0T(v) +λtr(0T(v))i2et 0T(v) =0T(vT) +vνmν ; la proposition 2.1 donne : kvk ≤ kvkVpour toutvV.

L’´equivalence se montre par l’absurde en utilisant les in´egalit´es de Korn et de Poincar´e sia≡0.

Sia6≡0 on sait de [25] qu’il existeδ >0 tel que : Z

| ∇v|2dx δ Z

σ(v) :(v)dx+ Z

Γ

|v|2

, vH1(Ω) qui donne dans notre cas

Z

| ∇v|2dx≤δ0 Z

σ(v) :(v)dx+ Z

Γ1

a|v|2

, vV.

Ce qui montre quek.kest bien une norme sur V; l’´equivalence se montre comme dans le casa≡0, en tenant compte de la compacit´e de l’injection de H1(Ω) dans L2(Ω).

Proposition 2.5. SoituH1(Ω)Vavec divσ(u)L2(Ω),uT ∈H321, T1))etσν(u)∈H121).Alors : uH2(Ω)Vet :

kukH2(Ω)≤C

kudivσ(u)kL2(Ω)+kuTkH32

1,T(Γ1))+ν(u)kH12

1)

.

Preuve. Il existe v H2(Ω) V tel que vT = uT, σν(v) = σν(u) et kvkH2(Ω) ≤ kuTkH32

1,T(Γ1))

+ν(u)kH12

1) ; on pose : u= (uv) +v.

Soit w = uv ; on a : wT = 0, σν(w))|Γ1 = 0 et divσ(w) L2(Ω) ; alors : w H2(Ω)V, et kwkH2(Ω)≤Ckwdivσ(w)kL2(Ω)(cf.[28]), ce qui donne :

kukH2(Ω)≤ kvkH2(Ω)+kwkH2(Ω)≤C

kudivσ(u)kL2(Ω)+kuTkH32

1,T(Γ1))+ν(u)kH12

1)

. Proposition 2.6. Soit Z = n

u V : divσ(u) L2(Ω), σS(u)divTσT0(u) H121, T1), σν(u) +σ0T(u) :mν ∈H121)o

. On a : Z ⊂H2(Ω)Vet :

kukH2(Ω)≤C

kudivσ(u)kL2(Ω)+S(u)divTσT0(u)kH12

1,T1))

+Ckσν(u) +σ0T(u) :mνkH12

1), u∈ Z.

Preuve. Soitu∈ Z ; d’apr`es la remarque 2.4, on aσS(u)∈H121, T1)) ; de σT0(u) =σT0(uT) + 2µuνmνuνtr(∂mν)i2 il vient divTσ0T(u)∈H121, T1)) et doncuT ∈H321, T1)) d’apr`es la proposition 2.2 ; on a alorsσν(u)∈H121) et donc uH2(Ω) et (cf. Prop. 2.5) :

kukH2(Ω)≤C

kudivσ(u)kL2(Ω)+kuTkH32

1,T(Γ1))+ν(u)kH12

1)

.

(10)

Pour l’estimation, on suppose qu’elle n’est pas v´erifi´ee ; nous aurons alors une suite{uk} ⊂ Z telle que :





kukkH2(Ω) = 1, ukdivσ(uk)−→0 dans L2(Ω),

σS(uk)divTσ0T(uk)−→0 dans H121, T1)), σν(uk) +σT0(uk) :mν−→0 dans H121).

(2.5)

En posant : fk =ukdivσ(uk),gkT =σS(uk)divTσ0T(uk),gkν=σν(uk) +σT0(uk) :mν et gk =gTk +gνkν on obtient :

(uk,v)L2(Ω)+ Z

σ(uk) :(v)dx+ Z

Γ1

σT0(uk) :0T(v)dΓ = Z

fkvdx+ Z

Γ1

gkvdΓ, vV. (2.6) Comme{uk}est born´ee dansH2(Ω) on a : ukuH2(Ω) dansH2s(Ω) fort, avec 0< s <12. On peut alors passer `a la limite dans (2.6) ; on obtient :

(u,v)L2(Ω)+ Z

σ(u) :(v)dx+ Z

Γ1

σ0T(u) :0T(v)dΓ = 0, vV. (2.7) En prenantv=udans (2.7) on obtientu= 0 ; il vient alors de (2.5) divσ(uk)0 dansL2(Ω). Deuk0 et divσ(uk)0 dansL2(Ω) la remarque 2.4 donne : σ(uk).ν =σS(uk) +σν(uk0 dans H121) ; de (2.5) on obtient alors divTσ0T(uk) 0 dans H121, T1)). Comme uk|Γ

1 0 dans H32s1), (0 < s < 12), et σT0(uk) = σT0(ukT) +σ0T(ukνν) = σT0(ukT) + 2µuνmν +λuνtr(∂mν)i2 on obtient divTσ0T(ukT) 0 dans H121, T1)) d’o`uukT 0 dansH321, T1)) d’apr`es la proposition 2.2.

De la derni`ere limite de (2.5) on obtient alors σν(uk) 0 dans H121). La proposition 2.5 montre que uk 0 dansH2(Ω) ce qui contredit la premi`ere relation de (2.5) et termine la d´emonstration.

3. D´ emonstration du th´ eor` eme 1.1

On montre, par une application du principe de LaSalle (cf.[10, 21]) la stabilisation forte du probl`eme (1.5).

Notre d´emarche suit de pr`es celle de [16]. Le probl`eme (1.5) s´ecrit : (u00,v) + (u,v) +R

Γ1lg(u0).vdΓ = 0, vV

u(0) =u0, u0(0) =u1 (3.1)

o`u (u,v) d´esigne le produit scalaire associ´e `a la norme k.k d´efinie `a la proposition 2.4. Soit A : V V0 l’op´erateur lin´eaire, born´e, d´efini par

(Au,v)V0,V= (u,v), u,vV. On pose :

(Bu,v)V0,V= Z

Γ1

lg(u).vdΓ, u,vV. (3.2)

Les propri´et´es degpermettent de montrer, comme dans [16], le

Lemme 3.1. La relation (3.2) d´efinit un op´erateur continu B: VV0 et il existe une constante positive β telle que :

kBukV0 ≤β(1 +kuk3), uV. (3.3)

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