• Aucun résultat trouvé

Sur quelques nouvelles applications de la télégraphie sans fil

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Sur quelques nouvelles applications de la télégraphie sans fil"

Copied!
13
0
0

Texte intégral

(1)

HAL Id: jpa-00241658

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241658

Submitted on 1 Jan 1911

HAL is a multi-disciplinary open access archive for the deposit and dissemination of sci- entific research documents, whether they are pub- lished or not. The documents may come from teaching and research institutions in France or abroad, or from public or private research centers.

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des établissements d’enseignement et de recherche français ou étrangers, des laboratoires publics ou privés.

Sur quelques nouvelles applications de la télégraphie sans fil

Ferrié

To cite this version:

Ferrié. Sur quelques nouvelles applications de la télégraphie sans fil. J. Phys. Theor. Appl., 1911, 1

(1), pp.178-189. �10.1051/jphystap:0191100103017801�. �jpa-00241658�

(2)

178

celles de certains boudins de fils en spirale, employés parfois pour

les connexions électriques.

Ajoutons que pour se construire rapidement une self-induction

capable de faire disparaitre, dans la partie visible, les spectres du soufre, du sélénium et du phôsphore, et de simplifier notablement les spectres des métaux, avec une condensation de deux jarres de Leyde (0,006 à 0,008 1nicrofarad), on peut refaire avec soin l’enroulement d’une bobine de 100 mètres de fil de sonnette, généralement livré dans

le commerce sur des noyaux de 3 centimètres de diamètre et de de longueur utile, avec treize couches de fil de de dia- mètre isolé, et 49 tours par couche. La self mesurée d’une pareille

bobine a une valeur voisine de 0,0044 henry.

On voudra bien m’excuser d’avoir réuni ici, en les résumant, des recherches, pour une partie déjà anciennes, mais qui doivent être

considérées comme une introduction à d’autres travaux dont elles ont été l’antécédent nécessaire.

SUR QUELQUES NOUVELLES APPLICATIONS DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL (1) : Par M. le Commandant FERRIÉ.

I .

-

On a songé, dès les débuts de la télégraphie sans fil, à l’em- ployer pour aider à la détermination du point des navires en mer, en

transmettant périodiquement à ceux-ci l’heure du méridien origine,

de manière à permettre de régler fréquemment les chronomètres

chargés de garder cette heure nécessaire à la détermination de la

longitude. De nombreux essais ont été faits dans ce but en France,

en Allemagne, aux États-Unis, etc. La première grande application présentant toutes les garanties d’exactitude de l’heure transmise, a

été réalisée à la station radiotélégraphique militaire de la tour

Eiffel sous les auspices du Bureau des Longitudes. L’installation est faite de la manière suivante :

Deux horloges spéciales ont été placées à l’Observatoire de Paris,

et sont réglées chaque jour avec grand soin. Elles sont mises alter- nativement en service et chacune d’elles comporte des contacts élec- (1) Communication faite à la Société française de Physique, séance du 20 jan-

vier 1911.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:0191100103017801

(3)

179

triques disposés de telle sorte qu’un circuit est fermé automatique-

1

ment pendant une durée de i ls de seconde environ, à des heurtes

(4)

180

déterminées. Dans ce circuit sont intercalés : une ligne souterraine

Li (fin. 1) à double fil reliant l’observatoire à la station radiotélé-

graphique du Champ-de-lB1ars, une pile P et un relais R.

Le contact et de ce relais ferme un autre circuit comprenant

une petite batterie d’accumulateurs A et un électro-aimant b. Celui-ci fait partie d’un manipulateur à relais construit sur nos indications par M. Gaiffe et constitué de la manière suivante : Dans un vase en

fonte U est placée une certaine quantité de mercure F recouvert

d’alcool à 9:)°. Une pompe centrifuge à mercureD plonge dans le mer-

cure, elle est commandée par un axe vertical d séparé en deux parties

par une partie isolante e et mis en mouvement par un petit moteur électrique E, par l’intermédiaire de deux poulies p, p’ et d’une cour-

roie 1. Le mercure est refoulé dans un tuyau vertical y et dans un

ajutage r, mobile autour d’un axe o, puis est projeté en un jet j.

Quand le courant des accus passe dans l’électro b, le noyau m de celui-ci est attiré vers le bas et son prolongement z venant appuyer

sur l’arrière de l’ajutage r, en fait relever l’avant. Le jet de mercurey

vient alors rencontrer une couronne en cuivre B calée sur l’axe d et reliée à une extrémité du circuit d’émission par une couronne n et un

balai s, tandis que l’autre extrémité du circuit est en communication

avec le mercure en X. Le circuit d’émission est donc fermé et des étin- celles jaillissent à l’éclateur S. Au contraire, quand le relais R n’est pas actionné, le noyau m remonte sous l’action du ressort w, et, le circuit d’émission restant ouvert, les étincelles ne jaillissent pas.

Ce circuit comprend : l’alimentation T, une self de réglage G et

le primaire 1 d’un transformateur, convenablement calculé. De plus

un rhéostat H est mis en dérivation aux bornes du manipulateur U

pour faciliter l’établissement et la rupture du courant. Enfin des condensateurs et résistances non inductives sont placées en shunt

sur tous les électros ; ils ne sont pas indiqués sur la figure pour ne

pas compliquer le schéma.

L’excitation de l’antenne est faite par la décharge d’un condensa-

teur K, monté aux bornes du secondaire N du transformateur, à

travers un circuit comportant une ou plusieurs spires d’un résonna-

teur Oudin W et l’éclateur S. L’antenne est reliée au sommet du résonnateur Oudin, le bas de celui-ci étant connecté à la terre.

L’envoi des signaux horaires s’opère alors, pratiquement, de la

manière suivante :

Chaque jour vers 10b 50 matin, l’astronome de service à l’observa-

(5)

181 toire téléphone à l’opérateur de la tour Eiffel par une ligne télépho- nique souterraine spéciale L, (qui peut remplacer L, en cas d’ava- ries), pour demander l’essai des appareils. L’opérateur prépare

ceux-ci de manière à les mettre en position de fonctionnement,

comme il est indiqué sur la 1. L’astronorne appuie alors sur la

clef Morse 1B1, en faisant divers signaux qui sont reproduits par des étincelles jaillissant à l’éclateur S, et contrôle que ces signaux sont

bien exactement reproduits en les écoutant lui-méme dans un télé-

phone faisant partie d’un petit poste récepteur de télégraphie sans fil, installé à l’Observatoire.

Puis, à 11 heures moins ~i minute, l’astronome transmet au moyen de la clef Morse M une longue série de traits destinés à prévenir les

observateurs qui veulent prendre le signal horaire et qu’il inter- rompt à Il heures moins 5 secondes. A il heures précises, l’horloge

ferme le circuit et un signal hertzien de 1/5 de seconde est lancé dans l’espace, c’est le signal horaire. Ail heures plus 1 minute, on

transmet de même des signaux préparatoires consistant en une

longue série de traits séparés par deux points, et cessant 5 secondes

avant 11 heures 2 minutes. A 11 heures 2 minutes exactement,

l’horloge ferme encore le circuit et envoie un sig nal horaire semblable

au précédent. Les mêmes opérations sont encore reproduites pour le signal horaire de 1 i heures 4 minutes, mais les signaux prépara-

toires consistent alors en une série de traits séparés par quatre

, points.

Les mêmes signaux sont ainsi transmis, dans des conditions sem-

blables, toutes les nuits à minuit, minuit 2 minutes, minuit 4 minutes.

Le nombre d’installations de postes récepteurs de télégraphie

sans fil créés pour recevoir ces signaux horaires augmente chaque jour, non seulement à bord des navires, mais encore à l’intérieur,

en France et dans les pays avoisinants, chez les horlogers, dans les

établissements d’instruction, pour les chemins de fer, etc. Cette installation est d’ailleurs très facile, il suffit de disposer d’un récep-

teur de télégraphie sans fil, très simplifié, et d’une antenne très

réduite. Nous citerons comme exemple que, dans un ravin près de Philippeville (Algérie), on reçoit jour et nuit les signaux horaires

de la tour Eiffel en employant comme antenne un simple fil de

100 mètres de longueur tendu entre deux maisons à moins de 10 mètres de hauteur.

La précision qu’on peut obtenir ainsi pour le réglage de chrono-

(6)

182

mètres est certainement d’une demi-seconde environ ou d’un quart

de seconde. Elle peut atteindre un dixième de seconde pour un observateur exercé.

II.

-

Au moyen de ces signaux horaires, il est déjà possible de

déterminer la position géographique d’un point avec une assez grande approximation, en supposant que toutes les autres opéra-

tions astronomiques nécessaires à la détermination de la latitude et

.

de l’heure aient été faites avec la plus grande précision.

Cette approximation n’est pas suffisante pour des opérations géo- désiques, aussi le Bureau des Longitudes a-t-il décidé de faire expé-

rimenter pour ce cas une autre méthode dite des coïncidences ima-

ginée par A. Claude et Driencourt, et appliquée par eux en 1906, en utilisant une ligne téléphonique pour transmettre à Brest ,

l’heure de Paris. Par cette méthode, les auteurs avaient obtenu une

approximation de l’ordre de un demi-centième de seconde de temps; r

elle a reçu depuis de très nombreuses applications en utilisant des

lignes télégraphiques et téléphoniques, en particulier aux colonies.

Le schéma de la méthode adaptée à la télégraphie sans fil est le

suivant : soient B et C, deux points entre lesquels on veut mesurer

la différence de longitude. On installe en chacun de ces points une

antenne et un récepteur de télégraphie sans fil comportant l’emploi

de téléphones. De plus ceux-ci sont shuntés par le secondaire d’une

petite bobine d’induction, dont la résistance est convenablement choisie. Le primaire de cette bobine est fermé sur une pile, un mi- crophone et un rhéostat. Le microphone est posé sur un chronomètre dont l’état sur l’heure du lieu et la marche sont déterminés avec la

plus grande exactitude possible par des observations astronomiques,

l’aites par exemple avec l’astrolabe à prisme portatif de MM. A. Claude

et Driencourt.

En un point quelconque A, qui peut être confondu si l’on veut avec B ou C, on installe une station d’émission radiotélégraphique

munie des appareils nécessaires pour produire des séries de points

très courts et très rég-uliers,espacés les uns des autres d’un peu plus

ou moins de 1 seconde, de 1 seconde 1 ) 100 par exemple.

L’observateur placé en B entendra dans ses téléphones deux séries de sons : la série hertzienne de points espacés de 1 seconde 1/100

et la série de sons dus au tic-tac du chronomètre espacés d’une

demi-seconde les uns des autres et transmis aux téléphones par

l’intermédiaire du microphone et de la petite bobine d’induction. On

(7)

183 a soin d’égaliser l’intensité des deux séries de sons en agissant sur

le rhéostat du circuit du microphone. Les sons des deux séries étant

inégalement espacés dans chacun e d’elles, il se produira périodi- quement des coïncidences, c’est-à-dire qu’on observera à certains

moments que deux sons appartenant à chacune des séries sont

perçus simultanément. Ces coïncidences se reproduisent évidem-

ment avec une période régulière. Chacun des observateurs de B

et C compte les signaux transmis par A de manière à pouvoir

numéroter le signal qui se produira en coïncidence avec un tic-tac de chronomètre. De plus, il a les yeux fixés sur le chronomètre pour lire le numéro de la seconde correspondant à la même coïncidence des sons.

Supposons : 1.0 que l’observateur de B note une coïncidence au

3’7e point hertzien d’une série et que l’heure lue sur le chronomètre local à ce moment soit ~.~’ ~Om~.6s ; que l’observateur de C note une coïncidence au ~3e point hertzien et que l’heure lue à son chrono- mètre soit 1.h 37m 495. Il est facile de déterminer l’heure de C au

moment du 3’le point hertzien, elle est égale à :

En retranchant cette heure de celle de B au même instant, qui est

161, on a la différence des heures des chronomètres qui, ajou-

tée à la différence des états, donne ia différence de longitude.

Les premiers essais de cette méthode ont été faits en prenant pour point d’émission des signaux hertziens, la station radiotélégraphique

militaire de la tour Eiffel, qui fut organisée dans ce but de la manière suivante (fig. 2) :

Le groupement des appareils d’émission et des relais est sem-

blable à celui de la 1, toutefois les lignes souterraines ne sont pas utilisées et l’horloge de l’observatoire est remplacée par le dis-

positif suivant établi par M. A. Claude (fig. 2).

Un pendule L’, à période réglable aux environs d’une seconde,

au moyen d’un poids mobile est suspendu en C’, il est muni des

organes nécessaires pour son entretien électrique d’après les prin- cipes donnéset appliqués par M. G. Lippmann (’) et par M. A. Guil- let. A cet effet, le pendule porte deux aimants A’ qui, pendant les

(1) G. l’entretien du lnouvenenl dit pendule

sans

pe}’llll’balions (C. R. A. S., 13 janvier 189b ; et J. de Phys., 3e série, t. Y. p. 429 ; 1896’.

(C. R..4. S., 13 janvier 1896 ; et J. de P/., 3’ série, t. Y. p. 429 ; 1896B

(8)

184

mouvements du pendule passent de part et d’autre d’une bobine carrée B’. La tige du pendule porte de plus deux pièces métal- liques t~

t

et t~" cette dernière étant isolée de la tige, tandis que la

première lui est reliée électriquement. De part et d’autre sont dis- posés quatre cercles en fil d’argenta’, b’,’c’, d’, formant ressort doux qu’on peut rapprocher ou écarter au moyen de vis micrométriques

fixées sur le support de l’ensemble par des tiges 1, 2,3, 4.

A chaque oscillation complète du pendule, la tige t vient rencon-

trer le cercle flexible c’, le cercle d’ a été placé symétriquement pour

conserver l’isochronisme des oscillations, et fermer un circuit élec- trique comprenant une pile q~’, une résistance de réglage R’ et les primaires de deux petits transformateurs J’ I’. Le secondaire de I’

est fermé sur la bobine B’, celui de J’ est fermé sur les bobines Z’

d’un relais. Le contact de celui-ci peut fermer un circuit contenant

une pile et un compteur électrique H’. Quand la tige t1 du pen- dule vient fermer le circuit, l’extra-courant de fermeture induit dans les secondaires de l’ et J’ des courants. Celui de I’, parcourant B’, agit sur les aimants A, et leur donne une impulsion. Celui de J’, parcourant les bobines du relais, produit un contact en S’, et le compteur de temps avance d’une division. Quand le pendule revient

en arrière, au moment où t1 quitte le contact de c’, il se produit un

extra-courant de rupture qui induit encore dans les secondaires de I’ et J’, des courants, mais de sens contraire de ceux qui avaient été produits au moment de la fermeture du circuit. L’action de la bo- bine B’ sur les aimants A’ sera donc de sens contraire de l’action

produite au passage précédent, et une nouvelle impulsion sera

donnée au pendule, puisqu’il se déplace en sens contraire (~). Le

compteur, d’autre part, avance encore d’une division.

La tige 1, ferme à chaque demi-oscillation le circuit du relais R,

et tous les organes de transmission fonctionnent comme dans le cas

des signaux horaires. La durée de fermeture du circuit par t2 étant convenablement réduite à l’aide des vis micrométriques de 1 et 2 et

tous les organes bien réglés, on obtient facilement qu’il ne se pro- duise qu’une étincelle à chaque passage du pendule par la verticale ;

on peut faciliter l’obtention d’une seule étincelle en réglant les

organes du circuit d’alimentation, et en particulier la self G, de

manière à raréfier autant que possible les étincelles. Il est néces-

(1) A. GCILLET, Enb’etien du pendule pcco induction (C. R. A. S., juillet 1898).

(9)

185 saire de faire ce réglage avec soin pour faciliter l’observation des coïncidences à la réception. Cette observation serait en effet moins facile et surtout moins précise, si les signaux comportaient plus

d’une étincelle. On pouvait craindre que, le courant employé pour l’alimentation des appareils d’émission étant à quarante-deux périodes, il n’y ait entre les intervalles des étincelles une différence variable pouvant atteindre 1;’84 de seconde (une demi-période),

l’étincelle ne jaillissant qu’après plusieurs périodes du courant, puisque les appareils utilisent les phénomènes de résonance. L’expé-

rience a montré qu’il n’en était rien et que les étincelles uniques qui

forment chacun des signaux étaient séparées par des intervalles de

temps exactement égaux.

Il importe aussi de régler avec beaucoup de soin la position des

deux cercles cc’ et b’, de manière que les intervalles de temps qui sé-

parent les deux étincelles consécutives correspondant à l’aller et au

retour du pendule soient bien égaux, sans quoi il résulterait des

erreurs dans l’observation des coïncidences.

Pour éviter d’avoir à faire ce réglage assez délicat, A. Claude a

établi un nouveau modèle de pendule battant la demi-seconde, mais n’agissant sur les divers organes qu’à chaque oscillation complète ;

il est ainsi beaucoup plus facile d’obtenir de bons réglages.

Pour faciliter le numérotage des points hertziens ainsi transmis,

on peut employer plusieurs méthodes : la plus simple consiste à sup-

primer une émission sur 60, c’est-à-dire à couper un des circuits de manière à éviter le jaillissement des étincelles à 60, 120, etc.

Les observateurs retrouveront aisément le numéro correspondant

à une coïncidence, car ils ne peuvent pas faire une erreur de 60.

Pour la réception de ces signaux hertziens, on peut utiliser un type quelconque de récepteur, plus ou moins simplifié, suivant que la distance à laquelle devront être faites les observations sera moins

ou plus considérable et que l’on aura à se protéger ou non contre les

troubles produits par des émissions étrangères.

Les premiers essais de la méthode furent faits tout d’abord, en 1909, entre la tour Eiffel et l’observatoire de Montsouris, puis entre

ce dernier et l’observatoire de Paris.

Enfin, en juillet dernier, une série spéciale d’expériences fut en- treprise entre Montsouris et Brest pour comparer les résultats ob- tenus en faisant usage de la télégraphie sans fil d’une part, et d’une ligne téléphonique directe d’autre part (suivant le procédé employé

J. de Phys., 51 série, t. I. (Nlars 1911.) 14

(10)

186

par MINI. A. Claude et Driencourt en 1906). Les observateurs à Paris

(Montsouris) étaient Claude et Driencourt, à Brest MM. les lieutenants de vaisseau Tissot et Perret. Les détails en sont indiqués

au C. R. A. ~5~. du 21 novembre 1910.

Ces expériences permirent de constater que la précision obtenue

était sensiblement la même dans les deux cas, et de l’ordre de 1/~00 de

seconde de temps, ce qui est largement suffisant. Ces résultats montrent que les erreurs auxquelles on doit s’attendre et qui sont

dues à la propagation et aux inerties mécaniques et électriques des

divers appareils, sont pratiquement négligeables.

De nouvelles expériences vont être entreprises à bref délai par le Bureau des Longitudes entre Paris et Bizerte. Elles seront plus

concluantes encore que les précédentes, car elles comporteront

l’envoi des signaux hertziens de Paris et de Bizerte successivement

pendant les mêmes séances, de manière à juger de l’influence des retards dus aux divers appareils et à vérifier ainsi définitivement la méthode. 1)e plus la détermination de la différence de longitude

entre Paris et Bizerte sera faite par deux séries distinctes d’opéra- tions, pendant les unes les observations astronomiques seront faites

au moyen d’astrolabes à prisme portatifs, et pendant les autres au

moyen de lunettes méridiennes associées à des chronographes.

On projette d’appliquer ensuite la 111méthode, qui permet d’opérer

simultanément dans un nombre quelconque de points, pour faciliter les opérations géodésiques à l’intérieur de l’Afrique, au moyen des

stations radiotélégraphiques fixes qui seront ou sont déjà établies

en Algérie, à Tombouctou, à Dakar, Konakry, etc., et de petites

stations réceptrices mobiles emportées par les explorateurs. Celfes-

ci pourront être très simples et très légères :

un

récepteur contenu

dans une seule boîte et une antenne soutenue soit par un cerf-volant,

soit par un petit ballonnet en baudruche del ou ~ mètres cubes gonflé

à l’hydrogène. Celui-ci sera facilement obtenu avec de l’hydrolithe.

La portée de la station de la tour Eiffel étant de 4 à 5 000 kilo- mètres (les signaux horaires actuels sont reçus, par tenapsfavorables,

à Port-Etienne de Mauritanie à 4 000 kilomètres),

osa

voit qu’elle pour- rait servir à déterminer avec précision les différences de longitude ,

entre tous les points importants de l’Europe, d’une partie de l’Afrique

et même d’une partie de l’Asie. Peut-être même pourra-t-elle servir

à relier les opérations géodésiques de l’Amérique à celles de l’Eu-

rope.

(11)

187 III. -Nous citerons encore, parmi les récentes applications nou-

velles de la télégraphie sans fil, l’emploi qui en a été fait pour établi les communications entre la terre et les ballons dirigeables ou aéro- planes, ou entre ces aéronats. Cette application présente un certain

intérèt théorique, car le rayonnement des ondes engendrées à bord

d’un aéronat est produit par

un

oscillateur de Hertz complet, tandis qu’à terre une moitié de l’oscillateur est remplacée par la mise à la terre.

Il résulte des expériences que nous avons pu faire en 1910 que la transmission des ondes engendrées à bord se produit avec une grande facilité, et qu’elles sont reçues à de grandes distances par les stations à terre. C’est ainsi que les télégrammes transmis par le Clément-Bayard aux manoeuvres de Picardie étaient reçus par la tour Eiffel à 110 kilomètres, bien que l’énergqie dépensée ne fût que de 40 à 50 watts et que les antennes des deux stations aient des

périodes propres très différentes. En revanche, la réception à bord

des signaux venant de terre s’opère plus difficilement. De plus, le

bruit et les trépidations des moteurs mécaniques de l’aéronat gênent

considérablement l’audition des signaux. Toutefois la gêne est gran- dement diminuée quand on fait usage à terre d’émissions à étincelles musicales.

Cette différence de facilité de transmission des ondes dans les deux sens s’explique aisément en remarquant que le rayonnement des ondes produites à bord peut s’opérer régulièrement, sans obstacles, tandis que les ondes engendrées par une station à terre

tendent à suivre la surface du sol, et leur propagation se trouve gênée par tous les mouvements de terrain, etc. La théorie de Blon-

del, que nous avons vérifiée qualitativement en 1901 au cours d’as-

censions en ballon libre, montre en effet que l’énergie que l’on peut

recueillir en un point décroit rapidement avec la hauteur de ce point

au-dessus du sol.

Les appareils et montages employés à bord sont analogues, bien qu’aussi allégés qu--, possible, à ceux des stations à terre, l’ct)éte)2iie étant constitué par un ou plusieurs lils suspendus au-dessous de la nacelle et bien isolés et le contrepoids étant formé par la reunion de

toutes les parties métalliques de l’aéronat, convenablement connec-

tées entre elles. Toutefois il est indispensable, à bord des dirigeables,

’ de prendre des précautions spéciales pour éviter l’inflammation de

l’hydrogène.

(12)

188

Les expériences que nous avons faites en 1907 nous ont montré,

en effet, que l’hydrogène s’enflamme non seulement par le contact de très petites étincelles, mais encore par les effluves qui se produisent

aux extrémités de conducteurs métalliques soumis à de hautes ten-

sions. Comme de l’hydrogène s’échappe par les soupapes du ballon

ou par les petits trous existant dans l’enveloppe, il importe d’éviter

avec soin de placer à proximité de celle-ci des conducteurs métal-

liques qui peuvent être le siège de courants de haute fréquence, soit directement, soit par induction, car les ondes stationnaires qui se produisent entraînEntla formation de ventres de tension aux extrémités libres et par suite d’effluves. De plus, il faut également s’assurer

que des contacts accidentels ne peuvent pas se produire entre deux

conducteurs métalliques quelconques. Les points de ceux-ci qui

peuvent venir en contact sont, en effet, à des potentiels élevés et diffé-

rents, par suite de l’existence d’une onde stationnaire dans tous les

conducteurs, et des étincelles se produiraient avant la mise en con-

tact.

Les effluves et par suite les dangers qu’elles présentent sont évi-

demment diminués d’une manière considérable quand le nombre des étincelles à la seconde est beaucoup augmenté, toutes choses égales

d’ailleurs. Aussi a-t-on un sérieux intérêt à faire usage aussi d’émis- sions à étincelles musicales à bord.

,

Pour augmenter encore la sécurité, on s’astreint à constituer les liaisons de la nacelle à l’enveloppe du ballon par des cordes isolantes

sur une longueur de i"B50 à 2 mètres à partir de l’enveloppe. Ces

cordes sont ensuite prolongées par des câbles d’acier qui supportent

la carcasse métallique et la nacelle. Partout où les contacts métal-

liques sont incertains, on les assure au moyen de petits fils de cuivre.

Quant aux étincelles produites aux balais et collecteurs des ma-

chines, à l’éclateur, etc., on évite le danger qu’elles présentent en

entourant ces organes de grilles métalliques analogues à celles des lampes de mineurs.

Indépendamment des dangers que présente la transmission elle- mêmes, la présence d’une antenne de grande longueur suspendue au-

dessous de la nacelle présente dans certains cas de graves inconvé- nients. Si le ballon passe entre deux couches de nuages électrisés

différemment, l’antenne se met au potentiel des nuages inférieurs, et

un éclair peut jaillir entre sa partie supérieure et la couche de nuage

la plus élevée, si celle-ci est assez voisine. Alors même que l’éclair

(13)

189

ne jaillirait pas, il pourrait se produire des aigrettes très puissantes

et très dangereuses, si le potentiel des nuages inférieurs en contact

avec l’antenne est très élevé. Aussi convient-il de s’abstenir absolu- ment de développer l’antenne quand le ballon passe dans des nuages.

Peut-être même ce danger existe-t-il pour un ballon quelconque,

sans antenne, quand il passe entre deux couches de nuages. On sait

en effet que, si on porte les deux boules d’un éclateur à des poten- tiels élevés et de signes contraires, de manière toutefois que l’étin- celle ne puisse pas tout à fait jaillir, et qu’on approche un bâton iso-

lant, en ébonite par exemple, l’étincelle jaillit aussitôt. Le ballon peut jouer le rôle du bâton d’ébonite entre deux couches de nuages

représentant les deux pôles de l’éclateur. Si le ballon est enduit de

peinture métallisée (aluminite), le danger est encore plus considé-

rable.

C’est à cette cause que l’on pourrait peut-être attribuer certaines

catastrophes restées inexpliquées et en particulier celle survenue à

un ballon militaire italien, il y a quelques années.

SUR LA COMPARAISON DES ÉCARTS DES DOUBLETS MAGNÉTIQUES OBSERVÉS PARALLÈLEMENT OU PERPENDICULAIREMENT AU CHAMP MAGNÉTIQUE ;

Par M. A. DUFOUR.

Les résultats obtenus jusqu’à ces derniers temps, dans l’étude du

phénomène de Zeeman, étaient d’accord avec la loi de Cornu, expri-

mant la correspondance entre les décompositions magnétiques cons-

tatées dans les deux sens principaux d’observation, et sur la géné-

ralité de laquelle Cotton a appelé récemment l’attention (~). Quelques raies, étudiées dernièrement par Tenani, Nagaoka, etc., semblent pourtant faire exception à cette loi.

Tenani (2) étudie, à l’aide d’un réseau, les changements magné- tiques de quelques raies des deuxièmes séries secondaires des spectres des éléments du second groupe de Mendéléeff, les raies

~

5167,41 du magnésium, À

_

4678,37 du cadmium et

(1) Société française de Physique, séance du 7 mai 1909; le t. VI ! 1909),

p. 188.

(2) TENB:XI, Rendiconli Ace. dei Lincei, 5e série, t. XVII (1908, 2e semestre), p. 11.4;

t. XVIII (1909, 1@r semestre), p. 6’H; t. XIX ’1910, Ier semestre), p. 198.

Références

Documents relatifs

Vous êtes un laboratoire de recherche en biologie moléculaire ou en génétique. Vous devez travailler sur les différents génomes séquencés à l’heure

régime et ça me rend malade… je suis sur les nerfs tout le temps… j’arrive pas à retenir mes émotions… Ha, ha, ha, ha, ha… J’ai du mal avec les gros… les gros, y me

Chaque semaine, 80% des rats infect´ es ´ eliminent le virus de leur syst` eme alors que 10 % des rats non infect´ es contractent le virus.. Initialement, la moiti´ e des rats

A chaque lieu de l’établissement son identité, sa spécificité, ses activités en relation avec le contexte, (présence du professeur-documentaliste, capacité d'accueil du

Séance 1 : Les élèves sèmeront 32 plantes de chaque lignée mutante et du type sauvage comme expliqué dans la section 9.5 (en laissant 4 individus par pot)..

L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est destinée au dépôt et à la diffusion de documents scientifiques de niveau recherche, publiés ou non, émanant des

Le fonctionnement d’un pareil dispositif peut alors s’expliquer de la manière suivante : les oscillations de l’antenne APT induisent, par l’intermédiaire de P, d’autres

Mais son explication n’offrirait aucune difficulté si l’on avait le droit de faire cette hypothèse, tuut à fait générale pour les ondes acoustiques stationnaires,