L
ouis Schweitzer vient de faire paraître sous forme d’entretiens accordés aux responsables de la revue Le Débat, Pierre Nora et Marcel Gauchet son témoignage sur la transformation de Renault1entre 1986 et 2005, et notamment entre 1992 et 2005, période durant laquelle il a été le patron du constructeur automo- bile.Il ne s’agit pas d’un livre de management, l’auteur souli- gnant même à un moment qu’il se garderait bien de don- ner des leçons en cette matière. Toutefois, les managers ont beaucoup à apprendre de ce livre, notamment dans le domaine de la gestion du changement.
Comment passer d’une entreprise cogérée avec un syn- dicat, en l’occurrence la CGT selon le modèle cher à Pierre Dreyfus à l’internationalisation avec l’alliance avec Nissan ? Cette politique a connu des obstacles.
C’est un des mérites du livre de Louis Schweitzer d’ana- lyser en profondeur les causes et les effets de deux échecs : la fermeture de l’usine de Vilvorde en Belgique en 1997 et le rapprochement manqué avec Volvo. Il est intéressant de pouvoir expliquer comment des opérations pensées avec soin n’ont pas donné les effets escomptés.
Cela nous change des « sucess stories », habituelles. Il est vrai que ce livre est le contraire de ce type de récit.
Autre point traité : les différences culturelles. L’amateur de management culturel devra faire un passage obligé
Démystification
du management
1. Mes années Renault. Entre Billancourt et le marché mondial, Éditions Gallimard, coll. « Le Débat », janvier 2007.
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par la partie du livre consacrée aux diffé- rences que présentent les automobiles euro- péennes. Vu de l’intérieur, une automobile allemande, voire bavaroise n’a rien à voir avec une automobile française. Il y a la même différence entre elles qu’un vin rhé- nan et un vin bordelais.
Par ailleurs, La Revue française de gestion a suffisamment dans son histoire, critiqué les modes du management pour ne pas se réjouir de déclarations comme celle-ci :
« Depuis une vingtaine d’années… les techniques de gestion et d’organisation des entreprises ont été soumises à plusieurs modes qui ont prétendu être mieux adaptées à la nouvelle réalité du monde du travail…
Habituellement, une nouvelle vague appa- raît tous les trois ou quatre ans, et elle prend ensuite huit ou dix ans pour monter et des- cendre… Curieusement, malgré le passage
de toutes ces modes, je ne suis pas sûr qu’entre les techniques managériales de quelqu’un comme Pierre Dreyfus qui a dirigé Renault entre 1955 et 1975 et les miennes il y ait une différence de nature. » Aux historiens et aux gestionnaires de juger.
Allons plus loin dans la démystification. On nous a toujours dit, on nous a longtemps fait croire, que la création d’un nouveau modèle d’automobile supposait de longues années de travail et une mobilisation de bureaux de recherche riches en matière grise. Et là on apprend que le patron de Renault a dans un atelier russe plus ou moins désaffecté l’idée d’une voiture fiable et bon marché : la Logan. L’aventure com- mence : elle consistera surtout dans une longue première phase à convaincre un appareil plus que réticent.
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7 Éditorial – Jean-Marie Doublet 11 Ont contribué à ce numéro
15 Management : les constructeurs
Thorstein Bunde Veblen : précurseur de la Business - Society Hervé Mesure
31 Une lecture éthique de la loi relative à la négociation collective Françoise Pierson
45 Le consensus aux Pays-Bas. Autonomie individuelle et coopération Jacqueline de Bony
59 Les dangers d’une approche financière des options réelles Thierry Burger-Helmchen
75 Tertiarisation des filières et reconstruction du sens à travers des récits collectifs
Philippe Lorino, Jacques Nefussi
Dossier – Le pilotage des réseaux Sous la direction de Emmanuel Josserand
95 Le pilotage des réseaux. Fondements des capacités dynamiques de l’entreprise
Emmanuel Josserand
103 Contrôler les réseaux d’entreprises avec les technologies de l’information
Jacques Boulay, Henri Isaac
117 Relations externes et innovation. Le cas du secteur des biotechnologies Cécile Fonrouge
135 Piloter les communautés de pratique avec succès Gilbert Probst, Stefano Borzillo
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155 Quelle gouvernance pour les réseaux territorialisés d’organisations ? Sylvie Ehlinger, Véronique Perret, Didier Chabaud
173 Savoir-voir collectif et développement de capacités réseau Pierre-Jean Barlatier, Catherine Thomas
191 Actualité des livres
197 Summary
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Pierre-Jean BARLATIERest doctorant en Sciences de gestion au laboratoire GREDEG (Groupe de recherche en droit, économie et gestion), équipe RODIGE- DCC. Il a été Marie Curie Fellow à la Copenhagen Business School (Danemark) et est membre de l’AIMS, d’EGOS, de l’IAS et du réseau d’excellence européen DIME. Ses travaux de recherche actuels portent sur la dynamique des connaissances au sein des réseaux localisés et sur les com- munautés de pratique.
Jacqueline de BONY, chargée de recherche au CNRS, conduit son activité au sein du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE). Ses recherches ethnographique au sein de la société néerlandaise portent sur la construc- tion de l’accord et sur le mode d’insertion de l’individu dans la collectivité. Actuelle- ment, elle étudie le rapport entre logiques consensuelles et pratiques gestionnaires à l’aide d’une approche culturaliste de la sociologie de la gestion. Elle est l’auteur de plusieurs articles à paraître en 2007 (j@jde- bony.com).
Stefano BORZILLO est assistant de recherche et d’enseignement à l’université de Genève. Ses recherches s’inscrivent dans le domaine de la gestion du savoir.
Plus particulièrement, sa thèse de doctorat traite de la dynamique des communautés de pratique. Il a été admis à Stern Business School de New York University comme chercheur post-doc.
Jacques BOULAY, professeur au pôle d’enseignement et de recherche en marke- ting de l’ESSCA, membre du Centre de recherche et d’études de l’Ouest en gestion des entreprises (CREDO). Ses recherches portent sur l’efficacité des mécanismes de management du canal de distribution. Il s’intéresse en particulier à la place des technologies et systèmes d’information dans les stratégies de contrôle des acteurs du canal.
Thierry BURGER-HELMCHEN est maître de conférences à l’université Louis Pasteur-Strasbourg. Membre du laboratoire BETA, ses travaux portent sur le manage- ment du changement, l’évaluation des outils de management (notamment les options réelles) et l’entrepreneuriat. Il est également coordinateur de l’ORMA (Observatoire régional du management en Alsace).
Didier CHABAUD est directeur acadé- mique de l’École de management de Nor- mandie, où il anime le pôle d’expertise
« Organisation, projet, entrepreneuriat » du METIS. Ses recherches portent sur les pro- cessus entrepreneuriaux et sur l’articulation entre les choix organisationnels et les dimensions institutionnelles. Il est membre du conseil d’administration de l’Académie de l’entrepreneuriat.
Sylvie EHLINGER est maître de confé- rences à l’université de Cergy-Pontoise et chercheur au Thema dans le domaine du
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management stratégique. Ses travaux por- tent sur les processus de formation de la stratégie, dans les réseaux organisationnels en particulier.
Cécile FONROUGE est maître de conférences à l’université de Marne-la- Vallée et membre du laboratoire PRISM- OEP. Ses travaux de recherches portent sur l’entrepreneuriat, les réseaux et l’inno- vation
Henri ISAAC, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, membre du laboratoire Dauphine recherches en mana- gement (CREPA), secrétaire général de l’Association information & management, responsable scientifique de l’Observatoire Dauphine-Cegos du e-management. Spé- cialiste des systèmes d’informations mobiles, ses recherches à la frontière du champ des systèmes d’information et du management portent sur les effets des tech- nologies sur le management. Il enseigne les systèmes d’information dans le programme Executive MBA de l’université Paris- Dauphine et dans le mastère recherche e-management et SI.
Emmanuel JOSSERAND est profes- seur à HEC Genève et chercheur associé au CREPA, université Paris-Dauphine. Il a enseigné le management stratégique et l’or- ganisation dans de nombreuses universités et écoles en Europe, Asie, Australie et Afrique. Ses recherches portent sur les réseaux intra et interorganisationnels et plus particulièrement sur les communautés de pratique
Philippe LORINO est professeur à l’Essec en contrôle de gestion et enseigne également dans le master « Gestion et dynamique des organisations » de l’uni- versité Paris X. Diplômé de l’École poly- technique, ingénieur en chef des Mines et docteur en Sciences de gestion. Parmi ses principaux domaines de recherche figurent les approches du contrôle de gestion et de la gestion des compétences fondées sur l’analyse de l’activité collective et sur les dynamiques organisationnelles d’appren- tissage. Il a publié ou coordonné de nom- breux ouvrages et articles sur ces sujets, avec des études de cas dans divers domaines : sécurité dans l’industrie de la construction, effets organisationnels des systèmes de gestion intégrés (ERP), gestion des activités de conception par coûts-cibles ou gestion stratégique des compétences dans le secteur des télé- communications.
Hervé MESURE est professeur associé au département « Management et stratégie » du groupe ESC Rouen. Il est membre du LIPSOR/CNAM et du LOG.
Ces trois domaines actuels de travaux sont : la stratégie de la PME, les méthodes de management, les mouvements actuels (éthique d’entreprise, responsabilité sociale de l’entreprise, théorie des parties pre- nantes, développement durable) de la Busi- ness & Society. Dans le cadre de cette der- nière, il participe à un programme de recherche dont le but est de valider l’utili- sation de la philosophie politique pour l’étude des institutions majeures (notam- ment les très grandes entreprises) du capita- lisme.
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Jacques NEFUSSIest professeur d’éco- nomie de l’entreprise à Agro Paris Tech.
Diplômé de HEC, docteur en Sciences éco- nomiques, il est responsable de l’UER
« Economie et gestion des entreprises » et membre de l’UMR « Économie publique ».
Ses recherches portent sur la tertiarisation de l’agriculture, des filières agroalimen- taires, et du commerce interentreprise. Ses interventions en entreprises concernent essentiellement la fonction commerciale et la logistique. Il intervient aussi dans les institutions de régulation des filières agroa- limentaires, en particulier sur la question du développement durable.
Véronique PERRET est professeure agrégée en Sciences de gestion à l’univer- sité François Rabelais de Tours (IAE), où elle enseigne les méthodes qualitatives, le management stratégique et la conduite du changement. Ses recherches portent plus particulièrement sur le changement et l’ap- prentissage organisationnel, le concept de paradoxe et l’épistémologie des sciences de gestion. Elle est membre du comité d’orga- nisation de l’atelier permanent de l’AIMS
« Stratégies, espaces et territoires ».
Françoise PIERSON est maître de conférences en Sciences de gestion à l’uni- versité de Franche-Comté où elle enseigne la gestion des ressources humaines, les rela- tions professionnelles et la théorie des orga- nisations. Docteur ès Sciences de gestion de l’université de Paris I – Panthéon Sorbonne, ses recherches portent sur les relations pro- fessionnelles, l’éthique et les technologies de l’information et de la communication.
Elle est l’auteur de plusieurs articles dans des revues académiques sur les relations
professionnelles et la gestion des ressources humaines.
Gilbert PROBST est professeur ordi- naire d’organisation et management et directeur du programme de MBA à l’université de Genève. Il est le fondateur et partenaire du Geneva Knowledge Forum à l’université de Genève et du Center for Organizational Excellence aux universités de Genève et St. Gall. Parallèlement, il est membre de divers comités éditoriaux et organisations professionnelles. Il est l’au- teur d’ouvrages sur le management global, l’organisation d’entreprise, l’apprentissage organisationnel et la gestion du savoir.
Catherine THOMAS est professeur à l’ESM/IAE de l’université Paul Verlaine de Metz et membre de l’équipe Rodige du GREDEG (Groupe de recherche en droit, économie et gestion). Ses travaux de recherche actuels portent sur la gestion des connaissances, notamment les probléma- tiques de codification, et la conception de solutions TIC dans une perspective orientée usage. Elle a eu en charge la coordination du projet KMP (Knowledge Management Platform), projet pluridisciplinaire (GRE- DEG, INRIA, GET et Telecom Valley) visant à concevoir et implémenter un site web de compétences pour les firmes et organismes de recherche dans le domaine des télécoms. Elle est responsable de l’axe DCC (Dynamique des connaissances et compétences) de l’équipe Rodige qui mobi- lise plusieurs enseignants chercheurs et doctorants sur des projets de conception d’outils de gestion des connaissances et/ou de compétences.
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