Int´egration et probabilit´es
ENS Paris, 2013-2014TD — Fon ions mesurables – Corrig´e
0 – Exercice du TD 2 `a pr´eparer
E
xercice 0. Soit (Ω,F, µ) un espace mesur´e tel queµ(Ω) =. Soient A,B ⊂ P(Ω) deux sous-ensembles deP(Ω) conitu´e d’ensembles mesurables. On suppose queAetBsontables par interseions finies et que pour tousA∈ A, B∈ B:µ(A∩B) =µ(A)·µ(B).Montrer que pour tousU ∈σ(A) etV ∈σ(B) on a : µ(U∩V) =µ(U)·µ(V).Corrig´e :
Premi`ere ´etape. On introduit
G={U ∈ F;∀B∈ B, µ(U∩B) =µ(U)·µ(B)}.
G e une classe monotone contenant A, qui e able par interseions finies. Donc, d’apr`es le th´eor`eme de la classe monotone,σ(A)⊂G.
Deuxi`eme ´etape.On introduit
G={V ∈ F; ∀U ∈σ(A), µ(U∩V) =µ(U)·µ(V)}.
Geune classe monotone contenantB (d’apr`es la premi`ere ´etape), qui e able par interseions finies. Donc, d’apr`es le th´eor`eme de la classe monotone,σ(B)⊂G, ce qui conclut.
1 – Petites questions
) Soient (X, d) un espace m´etrique (par exempleR), etf :X→Rune fonion continue. Pourquoif e-elle mesurable ?
) Soient (X, d) un espace m´etrique (par exempleR), et (fn)n≥une suite de fonionsX→Rmesu- rables. Pourquoi la fonion lim supn→∞fne-elle mesurable ?
) Soitf : ],[→Rune fonion d´erivable. Pourquoi la fonion d´eriv´eef0 e-elle mesurable ? Corrig´e :
) Pour tout ouvertOdeR,f−(O) eouvert (carf continue), donc mesurable. Comme l’ensemble des ouverts deRengendre la tribue bor´elienne,f−econtinue.
Remarque.Plus g´en´eralement, pour montrer quef : (X,A)→(Y ,B) emesurable, il suffit de mon- trer quef−(C) emesurable pour toutCappartenant `a une ensemble de parties mesurables engendrant B. En effet,{B∈ B;f−(B)∈ A}eune tribu. Ainsi, si elle contient une partieC, elle contient alorsσ(C).
Pour des queions, demande de pr´ecisions ou explications, n’h´esitez pas `a m’envoyer un mail `a [email protected] , ou bien `a venir me voir au bureau V.
) Comme lim supn→∞fn= infn≥supk≥nfn , il suffit de montrer que supn≥fn et infn≥fn sont me- surables. Faisons le pour supn≥fn (l’autre cas ´etant similaire, ou bien se fait en consid´erant −fn) en appliquant la remarque pr´ec´edente (rappelons que {]a,∞[;a∈R} engendre B(R)) : il suffit de montrer que pour touta >,{x; supn≥fn(x)> a}emesurable. Ceci d´ecoule de l’´ecriture :
( x; sup
n≥fn(x)> a )
=[
n≥
{x;fn(x)> a}.
C’eun ensemble mesurable, ´etant une union d´enombrable d’ensembles mesurables (car{x;fn(x)> a}= fn−(]a,∞[) emesurable,fn ´etant mesurable).
Remarque.En toute rigueur, comme lim supn→∞fne`a valeurs dansR, il faut montrer que lim supn→∞fn: X→(R,B(R)) emesurable. Pour cela, on fait la mˆeme chose en se rappelant que les bor´eliens deRsont les bor´eliens deRauquels on ajoute ´eventuellement +∞et/ou−∞, et que{]a,∞];a∈R}engendreB(R).
) Pourx∈],[,
f0(x) = lim
n→∞
f(x+/n)−f(x)
/n ,
ainsif0 emesurable comme une limite simple de fonions mesurables.
2 – Fonctions mesurables
E
xercice 1. (Tribus image et r´eciproque) Soitf :X→Y une application. SoientF une tribu surXetG une tribu surY.. Montrer que{B⊂Y;f−(B)∈ F }eune tribu surY. Elle eappel´eetribu image parf.
. (a) Montrer quef−(G) :={f−(B), B∈ G}eune tribu surX. On l’appelletribu engendr´ee parf outribu r´eciproque parf et on la note parfoisσ(f).
(b) Montrer que c’ela plus petite tribu surXqui rendef :X→(Y ,G) mesurable.
(c) SoitB ⊂ P(Y). Alexandra dit : alors n´ecessairement,σ(f−(B)) =f−(σ(B)). A-t-elle raison ?
. On supppose quef :X→(R,B(R)). Montrer que toute foniong : (X, σ(f))−→(R,B(R)) mesu- rable s’´ecritg=h◦f avech: (R,B(R))−→(R,B(R)) mesurable.
Indication :commencer par le cas o `ug e´etag´ee.
. (Exemple.) Soitf :R−→(R,B(R)) d´efinie parf(x) =x.
(a) Montrer que la tribu r´eciproque parf eσ(f) :={A∈ B(R), A=−A}.
(b) D´eterminer l’ensemble des fonions mesurables de (R, σ(f)) dans (R,B(R)).
. Soient (Yi,Bi)i∈I une famille d’espaces mesurables,Y un ensemble, des fonionsfi:Y →Yi etB la tribu engendr´ee par la famille de fonions (fi)i∈I, i.e. la plus petite tribu sur Y rendant lesfi mesurables. On la notera aussiσ(fi, i∈I).
(a) Prouver queσ(fi, i∈I) =σ
[
i∈I
fi−(Bi)
.
(b) Montrer que f : (X,A) → (Y ,B) e mesurable si, et seulement si, pour tout i ∈ I, fi ◦f : (X,A)→(Yi,Bi) emesurable.
Corrig´e :
. Il s’agit d’une simple v´erification des trois points de la d´efinition d’une tribu.
. (a) Il s’agit d’une simple v´erification des trois points de la d´efinition d’une tribu.
(b) Il eclair queσ(f) rendf mesurable (car pour toutB∈ G, on a bienf−(B)∈σ(f)). D’autre part, toute tribu rendantf mesurable contientσ(f), car elle doit contenir les ensembles de la formef−(B) pourB∈ G. Le r´esultat s’ensuit.
(c) Alexandra a raison. Montrons la double inclusion. Tout d’abord, il e clair que f−(A) ⊂ f−(σ(A)), ce qui implique queσ(f−(A))⊂f−(σ(A)). Ensuite, notons
B={B⊂Y;f−(B)⊂σ(f−(A))}.
CommeA ⊂ B, on en d´eduit queσ(A)⊂σ(B) =BcarBeune tribu. Il s’ensuit quef−(σ(A))⊂ σ(f−(A)), ce qui clˆot la preuve.
. Soitg: (X, σ(f))−→(R,B(R)) mesurable et ´etag´ee,g=Pn
i=λiAi,avecλi∈RetAi∈σ(f). Comme Aiappartient `a la tribu r´eciproque def, il exieBi∈ B(R) tel queAi=f−(Bi). Et donc
g=
Xn i=
λiBi
| {z }
mesurable(R,B(R))−→(R,B(R))
◦f .
Traitons maintenant le cas g´en´eral :gs’´ecrit comme limite simple de fonions ´etag´eesg = limen. Donc si l’on ´ecriten=hn◦f on obtientg = limhn◦f avechn: (R,B(R))−→(R,B(R)) mesurable.
Si l’on pose
h(x) =
( limhn(x) quand la limite exie,
sinon.
Maish=1|lim supn→∞hn|<∞lim supn→∞hn emesurable comme produit de fonions mesurables, et de plusg=h◦f.
. (a) Ceci provient ais´ement du fait quef−(A) =
√
A∩R+∪(−
√
A∩R+) pourA∈ B(R).
(b) D’apr`es la queion. ce sont les fonions de la forme f(x) avecf : (R,B(R))→(R,B(R)) mesurable.
. (a) La plus petite tribu surY rendant lesfimesurables contient forc´ementS
i∈Ifi−(Bi), de sorte que
σ(fi;i∈I)⊃σ
[
i∈I
fi−(Bi)
.
Pour l’autre inclusion, il suffit de remarquer queσS
i∈Ifi−(Bi)
rend mesurables lesfi. (b) Tout d’abord, sif : (X,A)→(Y ,B) emesurable, alorsfi◦f emesurable comme compos´ee
de fonions mesurables.
R´eciproquement, supposons que toutes les fonionsfi◦f soient mesurables. D’apr`es la ques- tion pr´ec´edente, pour montrer quef emesurable, il suffit de montrer que siB∈S
i∈Ifi−(Bi) alorsf−(B)∈ A. Soit doncB∈S
i∈Ifi−(Bi). Il exie donci∈I etBi∈ Bi tels queB=fi−(Bi).
Mais alorsf−(B) =f−(fi−(Bi)) = (f ◦fi)−(Bi)∈ A, ce qui conclut.
E
xercice 2. (Tribus produits) Soient (X,A) et (Y ,B) deux espaces mesurables. On appelle tribu produit de AetB la tribu not´eeA ⊗ B d´efinie parA ⊗ B=σ({A×B, A∈ A, B∈ B}).On note πX :X×Y →Xet πY :X×Y →Y les projeions canoniques surXetY.
. Prouver queA ⊗ B=σ(πX, πY), autrement dit queA ⊗ B ela plus petite tribu rendantπX etπY mesurables.
. Soitf : (Z,C)→(X×Y ,A ⊗ B) une application. On ´ecritf(z) = (fX(z), fY(z)). Prouver que f e (C,A ⊗ B) mesurable si et seulementfX etfY sont respeivement (C,A) et (C,B) mesurables.
. Prouver queB(R) =B(R)⊗ B(R). On pourra admettre que siO(R) d´esigne l’ensemble des ou- verts deR, on a :
O(R) =
[
i∈I
Ui×Vi;Ui, Vi ouverts deR, Id´enombrable.
Corrig´e :
. D’apr`es la queion(a) de l’exercice,A ⊗ B=σ({A×Y , X×B}, A∈ A, B∈ B). Il eclair que σ({A×Y , X×B}, A∈ A, B∈ B)⊂σ({A×B, A∈ A, B∈ B}).
Pour l’autre inclusion, il suffit de remarquer que pourA∈ AetB∈ Bon aA×B= (A×Y)∩(X×B).
. C’eune cons´equence de la queion(b) de l’exercice.
. On ´etablit la double inclusion. Montrons tout d’abord queB(R)⊗ B(R)⊂ B(R). Pour tous ouverts O, O0 deR,O×O0 eun ouvert deR. Ensuite, consid´erons la classeGd´efinie par :
G={A∈ B(R);A×B∈ B(R) pour tout ouvertBdeR}.
Il efacile de voir queGeune tribu. CommeGcontient les ouverts deR,G=B(R). Ensuite, on consid`ere la classeGd´efinie par :
G={B∈ B(R);A×B∈ B(R) pour toutA∈ B(R)}.
Il efacile de voir queG eune tribu. D’apr`es ce qu’on a fait pr´ec´edemment,G contient les ouverts deR, et donc G=B(R). Ainsi,F × G ∈ B(R) pourF,G ∈ B(R), et doncB(R)⊗ B(R)⊂ B(R). En effet, rappelons que par d´efinitionB(R)⊗ B(R) =σ(F × G;F,G ∈ B(R)).
R´eciproquement, montrons queB(R)⊂ B(R)⊗ B(R). D’apr`es le r´esultat admis, commeB(R) = σ(O(R)), il suffit de montrer que siI ed´enombrable et Ui, Vi (i ∈ R) sont des ouverts deR, alors
[
i∈I
Ui×Vi∈ B(R)⊗ B(R).
Ceci eclairement le cas, carUi, Vi∈ B(R) etIed´enombrable.
Remarque. Cette preuve montre que B(X×Y) =B(X)⊗ B(Y) lorsque X et Y sont deux espaces m´etriques `a base d´enombrable d’ouverts (ou, de mani`ere ´equivalente, s’ils sont s´eparables).
E
xercice 3.. Soit (E,A) un espace mesurable et (fn:E −→R)n≥ une suite de fonions mesurables. Montrer que l’ensemble desxtels que (fn(x))n≥admette une limite finie emesurable.
Indication :Pensez au crit`ere de ——.
. (a) On munitRde la diance discr`ete d´efinie pard(x, y) =1x,y.Quelle ealors la tribu bor´elienne ? E-ce que les tribus engendr´ees par les boules ouvertes et les boules ferm´ees sont la tribu bor´elienne ?
(b) (?) Soient (E,A) un espace mesurable, (X, d) un espace m´etrique et (fn: (E,A)→(X,B(X))n≥
une suite de fonions mesurables. On suppose que (fn)n≥ converge simplement vers une fonionf :E→X(c’e-`a-dire que pour toutx∈E,fn(x) converge versf(x) lorsquen→ ∞.
Montrer quef : (E,A)→(X,B(X)) emesurable.
Corrig´e :
. ´Ecrivons le crit`ere de Cauchy :
(fn(x)) converge ⇐⇒ ∀ε >∃N ∈N∀n, m≥N ,|fn(x)−fm(x)|< ε (fn(x)) converge ⇐⇒ x∈\
ε>
[
N∈N
\
n,m≥N
{x∈E,|fn(x)−fm(x)|< ε}
L’ensemble{x∈E,|fn(x)−fm(x)|< ε}ebien mesurable puisquefnetfmsont mesurables. Il ree encore un probl`eme, on a seulement le droit de faire des unions et interseions d´enombrables d’ensemble mesurables : on ne peut pas faire l’interseion pour tous les ε >, mais on peut prendre une suiteεk qui converge vers. Plus pr´ecis´ement :
(fn(x)) converge ⇐⇒ x∈\
k>
[
N∈N
\
n,m≥N
(
x∈E,|fn(x)−fm(x)|<
k )
.
. (a) La tribu bor´elienne ela discr`ete de toutes les parties deR. En revanche, les tribus engendr´ees par les boules ouvertes ou ferm´ees sont la tribu{A⊂R;AouAced´enombrable}, qui eainsi diff´erente de la tribu bor´elienne.
(b) Il suffit de montrer que f−(F) emesurable pour tout ferm´eF (cf la remarque des petites queions). On rappelle que la diance `a un ferm´e eune application-lipschitzienne (c’e-
`a-dire quex→d(x, F) e-lipschitzienne) et quex∈F ssid(x, F) =. On ´ecrit alors : f−(F) = {x∈X;d(f(x), F) =}=
x∈X; lim
n→∞d(fn(x), F) =
= \
p≥
[
N∈N
\
n≥N
(
x∈X;d(fn(x), F)≤ p )
,
qui emesurable comme unions et interseions d´enombrables d’ensembles mesurables. En effet,x→d(fn(x), F) em´esurable, ´etant la compos´ee de la fonion mesurablefnpar la fonc- tion-lipschitzienney→d(y, F) (donc continue, donc mesurable).
ATTENTION :Il ne suffit pas de montrer que les images r´eciproques des boules (ouvertes ou ferm´ees) sont mesurables. En effet, ce n’eque dans un espace m´etriques´eparablequ’on peut affirmer que la tribu engendr´ee par les boules ela tribu bor´elienne (cf queion a)).
E
xercice 4. Soient (X,A, µ) un espace mesur´e etf : (X,A)→(R,B(R)) une fonion mesurable.a) Montrer que siµ(X),, il exieA∈ Atel queµ(A)>etf soit born´ee surA.
b) Montrer que si µ({f ,}),, alors il exieA∈ Atel que µ(A)>et|f| soit minor´ee surApar une conanteriement positive.
Corrig´e :
a) SoitAn={|f| ≤n} (de mani`ere plus formelle,An ={x;|f(x)| ≤n}), qui emesurable. Il eclair queAneune suite croissante d’ensembles et que∪n≥An=X. Ainsi,
nlim→∞µ(An) =µ
[
n≥
An
=µ(X)>.
Il exie doncn≥tel queµ(An)>, ce qui conclut.
b) SoitAn ={|f| ≥/n} (de mani`ere plus formelle, An ={x;|f(x)| ≥/n}), qui emesurable. Il e clair queAneune suite croissante d’ensembles et que∪n≥An={f ,}. Ainsi,
nlim→∞µ(An) =µ
[
n≥
An
=µ({f ,})>.
Il exie doncn≥tel queµ(An)>, ce qui conclut.
E
xercice 5. (Th´eor`eme d’Egoroff) Soit (E,A, µ) un espace mesur´e tel que µ(E) < ∞. On consid`ere une suite (fn)n≥ de fonions r´eelles mesurables sur E etf une fonion r´eelle mesurable surE telles que fn→f µ-p.p. quandn→ ∞.. Montrer que pour toutk≥et pour toutη >il exien≥tel queµ
[
j≥n
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
≤
η.
. En d´eduire que pour toutε >, il exieA∈ Ade mesureµ(A)≤εtel quefn→f uniform´ement surE\A.
. Donner un contre-exemple `a ce r´esultat si l’on suppose queµ(E) =∞. Corrig´e :
. La suite de fonions (fn)n≥convergeµ-p.p. versf ce qui implique que pour toutk≥, µ
\
n≥
[
j≥n
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
=.
Pour tout k ≥ , la suite (S
j≥n
nx∈E:|fj(x)−f(x)|> ko
)n≥ e d´ecroissante pour l’inclusion et µ(E)<∞donc
µ
\
n≥
[
j≥n
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
= lim
n→∞µ
[
j≥n
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
.
Ainsi
nlim→∞µ
[
j≥n
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
=, et l’on obtient le r´esultat.
. Fixonsε >. D’apr`es la queion (), pour toutk≥, on peut trouvernk≥tel que µ
[
j≥nk
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
≤−kε.
Posons A=[
k≥
[
j≥nk
x∈E:|fj(x)−f(x)|> k
. Alors µ(A)≤ εet sur E\A, fn →f uniform´ement quandn→ ∞.
. On se place sur (R,R, λ). Consid´erons la suite de fonions (fn)n≥ = (1[−n,n])n≥. Alors (fn)n≥
converge simplement vers1R. SoitB∈ B(R) de mesure finie tel que (fn)n≥converge surB uni- form´ement vers1R. Alorsλ(R\B) = +∞, ce qui implique queR\Bcontient des r´eels arbitraire- ment grands en valeur absolue et donc qu’on ne peut pas avoir convergence uniforme surR\B. Le th´eor`eme d’Egoroffne peut donc pas ˆetre d´emontr´e si l’on ne suppose pasµ(E)<∞.
E
xercice 6. Soient (E,A, µ) un espace mesur´e avec µ non nulle etf : (E,A) →(R,B(R)) une fonion mesurable. Montrer que pour tout ε >il exie un ensemble A∈ A de mesureµ(A)>tel que pour tousx, y∈Aon ait|f(x)−f(y)|< ε.Corrig´e :
Pour tout r∈R, on noteAr =f−(]r−ε/, r+ε/[). La fonionf ´etant mesurable, chaque ensemble Ar e mesurable. De plus, S
r∈QAr = f−(R) = E. Supposons que µ(Ar) = pour tout r ∈ Q. Alors µ(E) =P
r∈Qµ(Ar) =.Orµ(E)>. Donc il exier∈Qtel queµ(Ar)>. De plus|f(x)−f(y)|< εpour
tousx, y∈Ar.
E
xercice 7. SoitC=C([,],R) l’espace des fonions continues sur [,] `a valeurs dans (R,B(R)), muni de la topologie de la convergence uniforme. On noteCla tribu bor´elienne deCetCla plus petite tribu deC rendant les applications de “projeion”f 7→f(x) mesurables pour toutx. Comparer les tribusC etC.Corrig´e :
L’ensemble C emuni de la topologie de la convergence uniforme. Ainsi, pour tout x∈[,], l’ap- plication f ∈ C 7→ f(x) ∈ R e continue et donc mesurable par rapport `a la tribu C. On en d´eduit l’inclusion C ⊂ C. Montrons r´eciproquement que C ⊂ C. Soit une fonion f ∈ C fix´ee. Pour tout x∈[,]∩Q, l’applicationf ∈C 7→ |f(x)−f(x)|emesurable par rapport `a la tribuC. Donc l’applica- tionf ∈C 7→supx∈Q|f(x)−f(x)|emesurable par rapport `a la tribuCcar c’eun sup d´enombrable de fonions mesurables. Orkf −fk∞ = supx∈Q|f(x)−f(x)|. Ainsi la fonion f ∈ C 7→ kf −fk∞ e mesurable par rapport `a la tribuCce qui implique que toutes les boules ouvertes deCsont mesurables par rapport `aC. L’espaceC ´etant s´eparable, tous les ouverts deC sont donc mesurables par rapport `a
C.
– Compl´ements (hors TD)
E
xercice 9. (Exemples et contre-exemples) R´epondre aux queions suivantes, si la r´eponse epositive donner une d´emonration, si la r´eponse e n´egative donner un contre-exemple. On munit R de la mesure de Lebesgue :. Un ouvert deRde mesure finie e-il born´e ?
. Un bor´elien de mesureriement positive e-il d’int´erieur non vide ?
. Un ouvert dense de [,] a-t-il une mesure?
. Deux compas hom´eomorphes ont-ils mˆeme mesure ? L’un peut-il ˆetre de mesure nulle et l’autre de mesure positive ?
. (?) Exie-t-il un bor´elienAdeRtel que pour tout intervalle ouvert born´e non videI, on ait les in´egalit´esries< λ(A∩I)< λ(I) ?
Corrig´e :
. Non, par exempleO=S
n∈N]n−/n, n+/n[.
. Non, l’ensemble [,]\Qede mesureet ed’int´erieur vide.
. Non, cf TD pr´ec´edent : si on num´erote (qn)n≥ tous les rationnels de [,], et qu’on conruit Aε=S
n]qn− ε
n, qn+εn[ on obtient un ouvert de mesure inf´erieure `aεet dense (puisqu’il contient tous les rationnels).
. Non (facile). Oui, les espaces de Cantor sont tous hom´eomorphes, et certains sont de mesure nulle, d’autres non (voir TD).
. Oui, mais il n’epas facile `a conruire : il faut prendre un ensemble de Cantor de mesure non nulle, puis dans chaque trou glisser un ensemble de Cantor plus petit, etc.
E
xercice 10. Soitf : [,]−→Rune fonion continue. Pour touty∈R, on noteN(y)∈Rle nombre de solutions de l’´equationf(x) =y. Montrer queN eune fonion mesurable.Corrig´e :
L’´equationf(x) =yposs`ede une solution dans [k−n,(k+)−n[ siy∈f([k−n,(k+)−n[).Puisquef econtinue, le th´eor`eme des valeurs interm´ediaires implique quef([k−n,(k + )−n[) eun intervalle et edonc mesurable. Ainsi la suite de fonions
Nn=
n−
X
k=
y∈f([k−n,(k+)−n[)+y=f(),
emesurable etend en croissant versN qui edonc mesurable.
E
xercice 11. (?) Soitf : (R,B(R))→(R,B(R)) une fonion mesurable telle quef(x+y) =f(x)+f(y) pour toutx, y∈R. Montrer quef elin´eaire.On pourra admettre le r ´esultat suivant (th´eor`eme de Lusin, prouv´e ult´erieurement) : si une foniong: ([a, b],B([a, b])→(R,B(R)) emesurable, pour tout >, il exie un compaK⊂[a, b] tel queµ([a, b]∩Kc)≤et la reriion deg `aK econtinue.
Corrig´e :
Il eclair quef() =. Il suffit de prouver quef econtinue en(f sera alors continue sur toutRet donc lin´eaire). Soit >. D’apr`es le th´eor`eme de Lusin, il exie un compaK⊂[,] tel queµ(K)>/
et sur lequelf econtinue. Puisquef ealors uniform´ement continue surK, il exieδ∈(,/) tel que|f(x)−f(y)|< d`es que|x−y| ≤δ. Soith∈(, δ). Alors les ensemblesKetK−h={x−h;x∈K}ne sont pas disjoints. En effet, dans le cas contraire, on aurait :
+h=µ([−h,])≥µ(K∪(K−h)) =µ(K) +µ(K−h)>/,
ce qui contredit le fait queh < δ </. Il exie doncx∈K∩(K−h), ce qui implique que|f(x)−f(x+h)|<
, et donc|f(h)|< .
Fin