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Borne de Bézout

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Borne de Bézout

Leçons : 142, 144, 152 Théorème 1

Soit kun corps infini etA,Bk[X,Y] de degrés totaux respectifsm etn. Alors si Z(A) désigne l’ensemble des zéros deA, on aCard(Z(A)∩Z(B))¶mn.

Démonstration. Étape 1 : majoration du degré d’un résultant

On sait que si(x,y)∈Z(A)∩Z(B), on a ResX(A,B)(y) =ResY(A,B)(x) =0, donc Card(Z(A)∩Z(B))¶deg ResX(A,B)×deg ResY(A,B)).

Écrivons A = Pp

i=0

ai(X)Yi, B = Pq

j=0

bj(X)Yj où pour tout i, degaimi, pour tout j, degbjnj.

Le résultant ResY(A,B)est le déterminant de la matrice de Sylvester

C = (ci,j)1¶i,j¶p+q=

a0 (0) b0 (0)

... ...

... a0 ... b0

ap ... bq

... ... ...

(0) ap (0) bq

où si 1¶ jq,

ci,j=

§ aij si 0¶ijp

0 sinon ,

et siq+1¶jp+q,

ci,j

ai−j+q) si 0¶ij+qp 0 sinon

1.

Donc ResY(A,B) = P

σ∈Sp+q

"(σ)p+qQ

j=1

cσ(j),j. Or, siσ∈Sp+q,

deg

‚p+q Y

j=1

cσ(j),j

Œ

= Xp+q

j=1

deg(cσ(j),j

q

X

j=1

m−(σ(j)−j) + Xp+q

j=q+1

n−(σ(j)−j+q)

¶(mp)(qn) +mnmn,

puisque qnet pm. Ainsi, deg ResY(A,Bmn, et symétriquement, il en va de même de ResX(A,B). D’où Card(Z(A)∩Z(B))¶(mn)2.

Étape 2 : changement de variable astucieux

Notons Z(A)∩Z(B) = {(xi,yi),iI}, I fini. SoitE =

xixj

yjyi,i6= j,yj6= yi

qui est également fini.

1. pour s’en souvenir, examiner les éléments en bas à droite des deux moitiés de la matrice correspondant àAetB.

Gabriel LEPETIT 1 ENS Rennes - Université Rennes 1

(2)

Soituk\ E (kest infini). Sii6= jI,

xi+u yi=xj+u yjxixj =u(yjyi)⇔u= xixj

yjyi ou (xi,yi) = (xj,yj) ce qui est faux caru6∈ E. Doncϕ:(x,y)∈Z(A)∩Z(B)7→ x+u y est injective.

Posons ˜A(X,Y) = A(XuY,Y) et ˜B(X,Y) = B(XuY,Y). Si (x,y) ∈ Z(A)∩Z(B), A˜(x+u y,y) =A(x,y) =0 et ˜B(x,y) =0, d’où ResY(A, ˜˜ B)(x+u y) =0.

Ainsi,ϕ est à valeurs dans l’ensemble des racines de ResY(A, ˜˜ B). Selon l’étape 1, comme A˜et ˜B sont de degrés totaux inférieurs à ceux deAetB, on a Card(Z(A)∩Z(B))¶mn.

Remarque.Le « vrai » théorème de Bézout affirme que le nombre de points d’intersections des courbes algébriques définies par AetB est égal à mn, à condition de les compter avec une notion de « multiplicité » à définir.

Références: bricolé (merci à Adrien Laurent) à partir de :

• Jean-Yves MÉRINDOL(2006). Nombres et algèbre. EDP Sciences

• Aviva SZPIRGLAS (2009).Mathématiques L3. Pearson Education

Gabriel LEPETIT 2 ENS Rennes - Université Rennes 1

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