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Chapitre 5: Estimation

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Chapitre 5 : Population, échantillon, statistiques, estimation

5.1 Population ... 1

5.2 Échantillon et statistique ... 1

5.3 Sources d’incertitudes... 2

5.4 Estimateurs ... 3

5.4.1 Propriétés des estimateurs... 3

5.4.2 Estimation ponctuelle... 3

5.5 Estimation par intervalles de confiance... 5

5.5.1 Divers intervalles de confiance pour des cas courants... 6

5.5.2 Détermination de la taille d’un échantillon... 7

Les chapitres 3 et 4 ont montré différents modèles probabilistes (loi de distribution) définies par quelques paramètres. Ces modèles sont sensés représenter le phénomène étudié (la population dans le jargon statistique).

Souvent, les paramètres du modèle sont inconnus et doivent être estimés à l’aide de données. Les données recueillies constituent l’échantillon. L’échantillon sert à deux buts principaux : estimer les paramètres du modèle et valider le modèle lui-même. En effet, les probabilités prédites par le modèle ne devraient pas normalement trop s’écarter des fréquences correspondantes observées dans l’échantillon.

5.1 Population

La population est l’ensemble de tous les éléments identiques dont le modèle probabiliste est sensé décrire le comportement. La population est un concept plus ou moins abstrait, ayant une existence réelle ou virtuelle, de nature finie ou non. Par exemple, la population pourrait être l’ensemble des étudiants de Polytechnique, ou l’ensemble des blocs de 1m3 dans une digue, ou l’ensemble des éprouvettes de béton que l’on pourrait former en suivant la recette A. La population résulte souvent d’un choix délibéré de l’ingénieur (par conséquent non réfutable). Par exemple si l’on étudie la distribution d’un contaminant dans un sol donné, il faudra fixer selon un certain critère (ex. droit de propriété, limites naturelles, nature des sols rencontrés, etc.) les limites de la région d’étude. La population sera constituée de l’ensemble des unités de sol que l’on retrouve à l’intérieur de ces limites.

5.2 Échantillon et statistique

Définition : Un échantillon aléatoire de taille « n » d’une v.a. X est un ensemble X1,...Xn de v.a. indépendantes dont la distribution est identique à celle de X. X est la population et chaque Xi est une observation de X.

L’échantillon est un sous-ensemble de la population. On s’en sert normalement pour estimer les paramètres du modèle probabiliste s’appliquant à la population et pour effectuer la vérification du modèle.

Comme on l’a vu précédemment, plusieurs lois de distribution d’usage courant sont entièrement spécifiées par un ou deux paramètres. Aux paramètres du modèle devant s’appliquer à la population, on peut faire correspondre des quantités analogues calculées sur l’échantillon que l’on nomme statistiques. Concernant les statistiques, il faut distinguer la définition théorique qui est celle d’une fonction de l’échantillon, de la valeur particulière réalisée par un échantillon aléatoire donné.

(2)

Définition : Une statistique est une fonction des observations d’un échantillon aléatoire ne dépendant d’aucun paramètre inconnu. Par définition, une statistique est donc aussi une v.a. La distribution d’une statistique est appelée la distribution échantillonnale (ou d’échantillonnage).

Note : Les lois

χ

2, Student, et Fisher sont des exemples courants de distribution de statistiques.

Paramètre ou statistique

Population (cas continu) Échantillon aléatoire Échantillon particulier Espérance

mathématique ou moyenne

= xf(x)dx

µ

=

=

n

i

Xi

X n

1

1

=

=

n

i

xi

x n

1

1

Variance σ2 =

(xµ)2 f(x)dx

=

− −

=

n

i

i X

n X S

1

2

2 ( )

1

1

=

− −

=

n

i

i x

n x s

1

2

2 ( )

1 1

Écart-type 2

σ

σ

= S = S2 s = s2

Médiane Méd = F1(0.5) Valeur « milieu » de l’échantillon Valeur « milieu » de l’échantillon

Covariance

σ

XY

=

− −

=

n

i

i i

xy X X Y Y

S n

1

) )(

1 (

1

=

− −

=

n

i

i i

xy x x y y

s n

1

) )(

1 ( 1

Corrélation

Y X

XY

XY

σ σ

ρ

=

σ

y x

xy

xy S S

R = S

y x

xy

xy s s

r = s Description

de la distribution

Fonction de densité ou fonction de répartition

Histogramme ou courbe des fréquences cumulées

5.3 Sources d’incertitudes

On reconnaît trois grandes sources d’incertitude :

1- L’incertitude naturelle, intrinsèque, irréductible ou fondamentale. C’est l’incertitude liée au caractère probabiliste du modèle. C’est l’incertitude qui subsiste quand on a le bon modèle et les bons paramètres du modèle.

2- L’incertitude de nature statistique. Les paramètres du modèle étant estimés, il y a certainement une différence entre ceux-ci et les « vrais » paramètres du modèle.

3- L’incertitude sur le modèle lui-même. Par exemple, on suppose dans un certain contexte que la population suit une loi normale alors qu’en réalité une loi gamma pourrait être la « bonne » loi à appliquer.

Note : En génie civil, géologique et des mines, la plupart des données s’inscrivent dans le temps ou dans l’espace. Le modèle probabiliste doit pouvoir s’appliquer à la période observée ou au domaine observé. Il faut donc que le phénomène présente une certaine « homogénéité » statistique pour que le modèle décrive bien l’ensemble du phénomène (on parle alors de stationnarité du phénomène). Si les paramètres du modèle semblent bouger de façon notable dans le temps ou l’espace, il y a fort à parier que le modèle probabiliste sera relativement peu efficace partout. Dans ces cas là, il faut soit découper le domaine ou le temps en tranches plus homogènes (c’est rarement simple à réaliser) soit recourir à des modèles moins exigeants en terme de stationnarité (nous en verrons quelques exemples dans le chapitre sur les statistiques spatiales).

Exemple : On s’intéresse à prédire la fréquence de précipitations d’une certaine amplitude. On dispose des données du dernier siècle pour estimer les paramètres de la population. Si l’hypothèse du réchauffement climatique et des bouleversements sur le climat est réaliste, il y a danger à prédire

(3)

la fréquence des précipitations très fortes en utilisant l’ensemble des données historiques. Le modèle devrait pouvoir refléter l’évolution récente touchant cette fréquence.

5.4 Estimateurs

Certaines statistiques peuvent servir à estimer des paramètres d’une population. On dit alors que ce sont des estimateurs. Les estimateurs présentent un certain nombre de propriétés. Un même paramètre peut être estimé par deux estimateurs (statistiques) présentant des propriétés différentes. Le choix de l’un ou l’autre dépend des propriétés que l’on veut favoriser.

5.4.1 Propriétés des estimateurs

Biais : Un estimateur T d’un paramètre

θ

est sans biais si E[T]=

θ

. Le biais est E[T]-

θ

. Un estimateur est asymptotiquement sans biais si lim(n→∞) E[T]=θ .

Ex. X est sans biais pour µ.

Définition : On définit l’erreur quadratique moyenne de l’estimateur T d’un paramètre inconnu

θ

: E.Q.M.(T) = E[(T

θ

)2]

Note : E.Q.M.(T)= E[({T –E[T]}+{E[T]-θ})2] = Var(T)+Biais(T)2

Efficacité : Soit T1 et T2, deux estimateurs de

θ

. T1 est plus efficace (ou meilleur) que T2 si : E.Q.M.(T1) < E.Q.M.(T2)

Convergence : Un estimateur est convergent si lim(n→∞) P[|T −θ |<ε]=1 ∀ε >0.

5.4.2 Estimation ponctuelle

Dans cette section, on s’intéresse à l’estimation des paramètres d’un modèle probabiliste (loi de distribution).

Deux méthodes sont examinées: la méthode des moments et la méthode du maximum de vraisemblance.

5.4.2.1 Méthode des moments

Plusieurs des lois vues aux chapitres 3 et 4 sont entièrement définies par un ou deux paramètres. Ces paramètres peuvent correspondre aux deux premiers moments de la v.a. ou du moins y être reliés directement. Ainsi :

Loi Paramètres

Bernouilli 1er moment

normale deux premiers moments

lognormale deux premiers moments du logarithme exponentielle inverse du 1er moment

beta 2 paramètres fonction des 2 premiers moments extrême Type 1 2 paramètres fonction des 2 premiers moments

(4)

Dans ce contexte, il semble logique que les paramètres de la population puissent être estimés en utilisant les statistiques analogues, i.e. les moments calculés sur l’échantillon. C’est la méthode des moments.

La méthode des moments consiste donc à poser E[Xk]=1/n

Xik. Ainsi, on estimera µ parX, E[X2] par

2

1 Xi

n et donc σ2=E[X2]- µ2 par (1

Xi2

n ) - X2=1

(X X)2

n i =(n-1)/n S2. 5.4.2.2 Méthode du maximum de vraisemblance

Plutôt que de considérer l’échantillon comme « n » observations d’une même v.a., on peut aussi le considérer comme une seule réalisation d’une loi conjointe comprenant « n » v.a.. La vraisemblance n’est rien d’autre que la valeur de la fonction de densité conjointe évaluée aux valeurs prises par les « n » observations. Comme les observations sont considérées comme indépendantes, la loi conjointe s’obtient simplement du produit de « n » lois marginales. On a donc :

Vraisemblance =L

(

θ|x1,...xn

)

=

=

=

n

i

p i

p

n f x

x x x f

1

1 1

2

1, ,... | ... ) ( | ... )

( θ θ θ θ

θ1...θp rappelle la dépendance de la valeur de la fonction de densité sur les paramètres inconnus de la loi.

On note la vraisemblance : L

(

θ|x1,...xn

)

. À une constante près, la vraisemblance peut être interprétée comme une fonction de densité pour les paramètres θ étant données les observations dont nous disposons.

Il semble naturel de prendre comme estimé pour θ1...θples valeurs

θ

ˆ...

θ

ˆp

1 qui maximisent la valeur de la fonction de vraisemblance. Dans la plupart des cas, plutôt que maximiser la vraisemblance, on simplifie le problème et les manipulations en maximisant, de façon totalement équivalente,

( )

=

=

n

i

p

xi

f L

1

1... )

| ( ln )

ln( θ θ .

Exemple : Considérons un échantillon de « n » observations tirées d’une loi normale.

( )

 

 −µ

− σ





 σ

= π θ θ

=

∏ ∑

=

=

n i

i n n

i

p i

n f x x

x x L

1

2

1 1 2

1 2

exp 1 2

) 1 ...

| ( ) ,...,

| (θ

On trouve le maximum de cette fonction en dérivant par rapport à µ et

σ

. Cependant, il est plus simple ici de maximiser ln(L) plutôt que L (comme la transformation « ln » est monotone, le maximum demeure le même).

( ) ∑ ( )

=

− −

=

n

i

xi

n n L

1

2

2 2

) 1 ln(

) 2 2 ln(

ln µ

σ σ π

Dérivant et posant les dérivées partielles égales à 0, on trouve :

( ) ( )

( ) ∑ ( )

=

=

=

− +

∂ =

=

∂ =

n

i i n

i i

n x L

L x

1

2 3

2 1

1 0 ln

1 0 ln

σ µ σ σ

σ µ µ

d’où

(5)

( )

=

=

=

=

=

n

i i n

i i

x n x

x n x

1 2 2

1

ˆ 1 ˆ 1

σ µ

Note : Pour la loi normale, la méthode des moments et la vraisemblance maximale fournissent le même estimateur pour µ et σ2, soit Xet σˆ2 = n−n1S2. On peut montrer que S2 est sans biais (et donc σˆ2est biaisé) mais S2 est toujours moins efficace que σˆ2 dans le cas normal. En effet, on pour une loi normale :

) .(

. 1 . 2 )

1 2 ) ( .(ˆ .

. 2 2 4 4 EQM S2

n n M n

Q

E =

<

= σ σ

σ

Exemple : Considérons l’échantillon suivant supposé provenir d’une loi normale : Observation Valeur

1 60

2 70

3 65

4 80

5 74

On calcule : x = 69.8, s2 =60.2 et σˆ2 = 48.2

5.5 Estimation par intervalles de confiance

Un estimateur est une statistique. Si l’on connaît la distribution de la statistique, on peut fournir une estimation du paramètre inconnu sous la forme d’un intervalle plutôt que d’une valeur unique.

Exemple : Supposons que Xi soit N(µ,σ2). On a alors X ~ N(µ,σ2 /n) (une somme de v.a. normales indépendantes est aussi normale. Il ne reste qu’à calculer la moyenne et la variance de X et le résultat suit). Conséquemment :

σ α σ µ

σ α µ σ

µ

α α

α α

=

 

 − > > +

=

 

 − <

<

⇒ −

1 / 1

) 1 , 0 ( / ~

2 / 2

/

2 / 2

/

n Z X n

Z X P

Z n Z X

P N

n X

Interprétation : Cette équation signifie que si l’on construisait un grand nombre d’intervalles à partir d’échantillons différents de la manière indiquée, 95% de ces intervalles devraient contenir la vraie valeur inconnue µ.

Note : 1-

α

est appelé le niveau de confiance de l’intervalle (ou coefficient de confiance).

Exemple : Pour fournir l’intervalle précédent, il faut connaître

σ

. Qu’arrive-t-il si

σ

2n’est pas connu et qu’on l’estime par s2?

(6)

On a vu au chapitre 4 qu’une loi de Student à « n » degrés de liberté est le ratio entre une N(0,1) et la racine d’une

n

n

χ2

indépendantes. On a ~ (0,1)

/ N

n X σ

µ

− et 2

1

1 2

2 2

2

) ~ (

) 1 (

=

=

n n

i

i X

X s

n χ

σ σ

. On peut démontrer que

n X σ/

µ

est indépendant de

2

) 2

1 (

σ s

n . Donc,

~ 1

/

tn

n S

X µ .

L’intervalle de confiance est donc tel que :

α µ µ

α

α = −

 

 − > > +

− ⇒

1

/ ~ 1 1, /2 1, /2 n

t S X n

t S X P t

n S X

n n

n

Note : Si l’on avait estimé,

σ

2 par

σ ˆ

2, alors on peut déduire du résultat précédent que :

~ 1

ˆ/ ) 1

(

tn

n X n

n σ

µ (et non pas

tn

n

X ~

/ σˆ

µ

comme on pourrait être porté à le croire). La raison est que X et

σ ˆ

2ne sont pas indépendants.

5.5.1 Divers intervalles de confiance pour des cas courants

On peut construire des intervalles de confiance pour plusieurs statistiques courantes lorsque la distribution de X est normale ou lorsque « n » est assez grand pour que le théorème central limite entre en jeu.

Intervalle pour Expression utilisée Distribution utilisée pour construire l’intervalle

2

µ connu

n X

/ σ

µ

N(0,1)

2

µ inconnu

n S X

/ µ

tn-1

Y

X

µ

µ

; σX2Y2 connus XY N( , 2 2)

Y Y X x

n Y n X

σ σ + µ

− µ

Y

X

µ

µ

; σX2Y2 inconnus

mais σX2Y2

(

1 1

)

1/2

) (

Y

X n

p n

Y X

S Y X

+ µ

µ

tnx+ny-2, nX : nombre d’observations de X

2

* ) 1 ( ) 1

( 2 2

2

− +

− +

= −

Y X

Y Y

x X

p n n

S n

S S n

Y

X

µ

µ

; σX2Y2 inconnus

mais nX et nY sont grands 2 2 1/2 ) (



 

 +

µ

− µ

Y Y X X

n S n S

Y

Y X

X

tv avec

1 1

2 2 2

2 2 2 2



 

− +



 



 

 +

=

Y n S

X n S

n S n S

n n

v

Y y X

X Y Y X X

σ2, µconnu

2

ˆ2

σ σ

n 2

χn avec

∑ ( )

=

µ

= σ

n i

n Xi

1 1 2

ˆ2

σ2, µinconnu

2

) 2

1 (

σ

S

n χn21

2 2XY σ

2 2

2 2

/ /

X X

Y Y

S S

σ

σ FnY1,nX1

(7)

p (loi binomiale) pˆ N(p,p(1−p)/n)

Note : on utilise pˆau lieu de p dans le calcul de la variance de pˆ.

pX-pY (2 lois binomiales)

Y

X p

pˆ − ˆ

)) 1 ( ) 1 , ( (

Y Y Y X

X X

Y

X n

p p

n p p p

p

N

− +

Note : on remplace les paramètres inconnus par leurs valeurs estimées pour le calcul de la variance depˆXpˆY.

Paramètre estimé par vraisemblance maximale

Intervalle approximatif lu directement sur la fonction de vraisemblance L

(

θ|x1,...xn

)

1.

5.5.2 Détermination de la taille d’un échantillon

Les résultats précédents peuvent être utilisés pour évaluer à l’avance la taille de l’échantillon qui fournira un intervalle d’une certaine largeur.

Ex. La demi-largeur de l’intervalle de confiance pour µ;σ2connu, est

n

Z σ

α/2 . Si l’on désire un intervalle de

±1 pour µ, on choisira n = Zα2/2σ 2.

Ex. La demi-largeur de l’intervalle de confiance pour µ;σ2inconnu, est

n

tn, /2 S . Si l’on désire un intervalle de ±1 pour µ, on choisira 2 2

2 / ,

1 S

t

n= n α . Ici, il faudrait avoir une valeur préliminaire de S2 (par exemple avec un pré-échantillon ou par expérience) pour pouvoir estimer « n ».

Des résultats similaires s’obtiennent pour les autres intervalles de confiance.

1 Basé sur le test du rapport des vraisemblances. [θ1,θ2] tel que 2 [ln (L(θ*)-ln(L(θ1)] = 2 [ln (L(θ*) - ln(L(θ2)] =χ12,α

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