Déphosphatation de l’eau Corrigé
1 Autour du magnésium
(d’après et Banque PT 1999 et CCP MP 2005) 1.1 L’élément magnésium
1.1 En utilisant les principe d’exclusion de Pauli et règle de Kletchkovski, on obtient la configuration électro- nique du magnésium
Mg : 1s22s22p63s2
Pour tendre vers la configuration électronique du néon, le magnésium perd ses deux électrons 3s Mg2+ : 1s22s22p6
1.2 La couche de valence du magnésium est 3s2. Le magnésium appartient à la3e périodeet2e colonne. C’est unalcalino-terreux.
1.2 Le magnésium en solution aqueuse
1.3 On rappelle que le précipité d’hydroxyde de magnésium, blanc, est depKs1 Mg(OH)2(s)=Mg2(aq)+ +2 HO−(aq) pKs1=10, 6 et le précipité d’hydroxyde de fer II, vert, est depKs2inconnu
Fe(OH)2(s)=Fe2(aq)+ +2 HO−(aq) pKs2=?
Lorsqu’on ajoute goutte à goutte des ions Fe2+, le précipité de d’hydroxyde de magnésium est remplacé par le précipité vert d’hydroxyde de fer II. La réaction suivante est donc favorisée, voire quantitative car le précipité vert apparaît dès les premières gouttes
Mg(OH)2(s)+Fe2+(aq)=Mg2+(aq)+Fe(OH)2(s) KÀ1 1.4 La constante d’équilibre de la réaction précédente est quantitative
K=Ks1
Ks2 À1⇔ Ks2¿Ks1⇔pKs2>pKs1
pKs
KÀ1 +
Fe2+ pKs2 Fe(OH)2(s) accepteur donneur
Mg2+ +pKs1 Mg(OH)2(s)
On en déduit quele précipité d’hydroxyde de magnésium est beaucoup plus soluble que celui d’hydroxyde de fer II.
1.5 Avant les points anguleux, les fractions molaires des ions restent à 100%. La solution n’est pas saturée. À partir des points anguleux, les fractions diminuent, la solution est saturée, les solides précipitent.
Les points anguleux correspondent aux frontières d’existence des précipités.
Lorsqu’on rajoute des ions hydroxydes, le pOH diminue. Dans l’expérience, on se déplace de droite à gauche.
Le premier précipité à apparaître est le moins soluble, c’est-à-dire le précipité d’hydroxyde de fer II. La courbe de droite correspond donc à la courbe de l’ion ferreux Fe2+
Courbe 1 = Mg2+ Courbe 2 = Fe2+
1.6 Au pointA, la solution de Mg2++2 HO−est juste saturée, donc
[Mg2+][HO−]2
C◦3 =Ks1 ⇔ Ks1=C0
C◦10−2pOH A.N. Ks1=10−2×4,8−1=10−10,6
De même, au pointB, la solution de Fe2++2 HO−est juste saturée, donc
[Fe2+][HO−]2
C◦3 =Ks2 ⇔ Ks2=C0
C◦10−2pOH A.N. Ks2=10−15¿Ks1
1.7 D’après la question 1.4
K=Ks1
Ks2=10pKs2−pKs1 =104,4À1 Ce qui confirme les conclusions de la question 1.4.
1.8 On rappelle les équations bilans définissant les constantes utiles ici
Mg(OH)2(s)=Mg2(aq)+ +2 HO−(aq) pKs1=10, 6 Mg2(aq)+ +Y4(aq)− =MgY2(aq)− logβ=8, 8
Le précipité d’hydroxyde de magnésium se dissout en présence d’EDTA selon le bilan Mg(OH)2(s)+Y4−(aq)=MgY2−(aq)+2 HO−(aq) K0
1.9 De constante d’équilibre K0=βKs1 =10−1,6À1. Cette réaction est non quantitative.
La quantité d’EDTA introduit est la somme de la quantité complexée et la quantité restante dans la solution n0=n([MgY]2−)+n(Y4−)
or, si le précipité est totalement dissout, alors
n([MgY]2−)=n(Mg)=10−2mol La quantité d’ionsn(Y4−) s’obtient en écrivant la constante d’équilibre
βKs1=
£[MgY]2−¤ £ HO−¤2
£Y4−¤
C◦2 ⇔ βKs1=
¡n(Mg)/V¢3
£Y4−¤
C◦2 # en négligeant la qté init.nHO−=(Ks1)1/3C◦V =3, 0 · 10−5mol
⇔ £ Y4−¤
=
¡n(Mg)/V¢3
βKs1C◦2
D’où
n0=n(Mg)+ n(Mg)3
βKs1V2C◦2 =1, 6 · 10−2mol
#du même ordre que la quantité de précipité introduit.
1.3 Étude d’un procédé de déphosphatation des eaux
Une teneur élevée en phosphore a des conséquences écologiques néfastes comme l’eutrophisation des lacs. Pour éviter cet inconvénient, différents procédés sont mis en œuvre pour réduire la teneur en phosphore dans les eaux à la sortie des stations d’épuration. Un procédé envisageable consiste à précipiter le phosphore sous forme de struvite de formule MgPO4NH4(s). L’équation bilan de la réaction de précipitation est :
Mg2+(aq)+PO3−4(aq)+NH+4(aq)=MgPO4NH4(s)
1.10 Par définition, le produit de solubilité de la struvite est la constante d’équilibre de sa réaction de dissolution
MgPO4NH4(s)=Mg2+(aq)+PO3−4(aq)+NH+4(aq) Ks3=[Mg2+][PO34−][NH+4] C◦3
1.11 Diagrammes de prédominance
2,1 7,2 12,4 pH
H2SO−4 maj.
HPO24− maj.
H3SO4 maj.
PO34− maj.
pH=9,5
9,25 pH NH+4
maj.
NH3 maj.
1.12 D’après le diagramme de prédominance, à pH=9,5, on est dans le domaine de majorité de l’ion HPO2−4 . Donc CP=[HPO2−4 ]=4 · 10−3mol.L−1
Par définition de la constante d’aciditéKa3 Ka3=[PO34−][H3O+]
[HPO24−]C◦ ⇔ [PO3−4 ]=10p HCP
C◦Ka3 =5, 0 · 10−6mol.L−1¿CP
1.13 On est ici très proche de la frontière de prédominance. On ne peut pas faire d’approximation CN=[NH3]+[NH+4]=15 · 10−3mol.L−1
Par définition de la constante d’aciditéKa4
Ka4=[NH3][H3O+]
[NH+4]C◦ ⇔[NH3]=[NH+4]Ka4
10−p H donc
CN=[NH+4]¡
1+10p HKa4¢
⇔ [NH+4]= CN
1+10p HKa4 =5, 4 · 10−3mol.L−1#CN
2 1.14 La struvite apparaît si la solution arrive à saturation, c’est-à-dire si
Ks3=[Mg2+][PO3−4 ][NH+4]
C◦3 ⇔[Mg2+]= Ks3C◦3 [PO3−4 ][NH+4] Par définition de la concentration en magnésium
[Mg2+]= nMg2+
V =nMgCl2
V Par définition de la masse à introduire
mMgCl
2=M(MgCl2)nMgCl
2
Donc
mMgCl2=M(MgCl2)Ks3V C◦3
[PO34−][NH+4] =1, 75 · 10−1kg
#quantité faible traduisant la faible solubilité de la struvite.
Lorsque la concentration en phosphore de l’effluent égale à 10%, on a consommé une quantitéξ=0, 9CPV de phosphore. Dressons le bilan de matière associée
Mg2+ HPO2−4 +PO3−4 NH+4+NH3 MgPO4NH4
EI nMg→solide CPV CNV 0
EF 0 0, 1CPV (CN−0, 9CP)V 0, 9CPV
On déduit de ce tableau
• qu’une quantiténMg→solide=0, 9CPV de magnésium sera consommé dans le solide ;
• qu’il reste une quantité 0, 1CPV de HPO2−4 , donc que la concentration finale en phosphate vaut [PO3−4 ]f= 10p H0,1CC◦PKa3=5, 0 · 10−7mol.L−1;
• qu’il reste une quantité (CN−0, 9CP)V d’azote, donc que la concentration finale en ion ammonium vaut [NH+4]f =1+10CN−0,9Cp HKa4P =4, 1 · 10−3mol.L−1.
Pour maintenir l’équilibre, il faut rajouter, à la quantiténMg→solided’ion magnésium pris dans le solide, une quantiténMg→solutionvérifiant
Ks3=(nMg→solution/V)[PO34−]f[NH+4]f
C◦3 La quantité totale d’ion magnésium à introduire vaut donc
n0MgCl
2=nMg→solution+nMg→solide= Ks3C◦3V
[PO34−]f[NH+4]f +0, 9CPV Finalement, la masse à introduire vaut
m0MgCl
2=M(MgCl2)
à Ks3C◦3V [PO3−4 ]f[NH+4]f
+0, 9CPV
!
=4, 0 kg
#quantité importante tout de même.
Vérifions s’il y a précipitation de l’hydroxyde de magnésium [Mg2+]f[HO−]2
C◦2 = Ks3C◦3 [PO3−4 ]f[NH+4]f
×102p H−2pKe
= 4, 9 · 10−12
< Ks1
On a Q=[Mg2+]f[HO−]2
C◦2 <Ks1 , il n’y a pas précipitation de l’hydroxyde de magnésium.
2 Ascension d’une montgolfière
(d’après CCP MP 2008)
#Le sujet d’origine n’est pas très clair. Plusieurs questions "cul-de-sac", dont on ne voit pas à quoi elles servent. Le but de l’exo n’est pas bien exposé. J’ai essayé de le réécrire en partie.
Il reste un prétexte à utiliser l’équation d’état des gaz parfaits, à définir un système en thermo, à identifier un équilibre mécanique, à passer de grandeurs extensives à intensives.
mi,V0 Ti,Pi=Pe
m
Pe(z),Te(z) µe(z) 2.1 Rappelons l’équation d’état des gaz parfaits
PV =nRT
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
Pla pression cinétique en Pa ; V le volume du gaz, en m3; nla quantité de matière, en mol ; T la température cinétique, en K ;
R=8, 314 J.K−1.mol−1la constante des gaz parfaits Par définition de la masse volumique
µ=m V =nM
V Donc
P=µRT M
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
¯
Pla pression cinétique en Pa ;
µla masse volumique du gaz, en kg · m−3; Mla masse moalire, en kg · mol−1; T la température cinétique, en K ;
R=8, 314 J.K−1.mol−1la constante des gaz parfaits 2.2 Système :lamassemi de gaz parfaitcontenue dans le volumeV0 de
l’enveloppe (en rouge sur le schéma).
D’après l’équation d’état des gaz parfaits
PiV0=niRTi or, le système est à l’équilibre mécanique avec l’extérieur, donc
Pi=Pe
Par définition de la massemi
mi=niMe donc mi=PeV0Me
RTi
On a montré, à la question 2.1
Pe=µeRTe
Me ⇔PeMe
RTi =µe
Te
Ti
Donc
mi=µeV0
Te Ti
2.3 Système : montgolfière de massem+miet de volumeV0assimilé à un point matériel ; Référentiel :terrestre supposé galiléen ;
Bilan des forces extérieures :
• PoidsP~=(m+mi)~g;
• Poussée d’Archimède~Π= −µeV0~g. À l’équilibre, d’après le principe d’inertie
~P+~Π=~0 En projetant sur~uz
(m+mi)g= −µeV0g⇔ m=mi µTi
Te −1
¶
# d’après la question précédente 2.4 À l’équilibre (à la limite du décollage), enz=0
m=mi
µTd
T0−1
¶
# d’après le principe d’inertie de la question 2.3appliqué enz=0
⇔ m=µ0V0
T0
Td µTd
T0 −1
¶
# d’après la question 2.2
⇔ m=µ0V0 µ
1−T0 Td
¶
⇔ m
µ0V0= µ
1−T0
Td
¶
# qui est une constante au cours de l’ascension
⇔ Td=T0 µ0V0 µ0V0−m
A.N. Td=362 K<Tmax # la montgolfière peut décoller 2.5 À l’équilibre, enz=zm
m=µeV0 # égalité des normes de~Pet~Π
⇔ m=µ0(1−αzm)β−1V0 # d’après l’équilinre polytropique
⇔
µ m
µ0V0
¶β−11
=1−αzm
⇔ zm=1 α Ã
1−
µ m
µ0V0
¶β−11!
A.N. zm=13 km¿z0 # modèle polytropique toujours valable
#À cette altitude, la poussée d’Archimède compense le poids mg du chargement, mais pas celui(m+mi)g de la montgolfière, qui ne pourra donc atteindre cette altitude. Il s’agit de l’altitude maximale si l’enveloppe était vide (et la température Ti→ ∞).
2.6 D’après la question 2.4, la quantitéµm
0V0, constante au cours du vol, vaut m
µ0V0= µ
1−T0
Td
¶
D’après 2.3, à l’équilibre
m=mi
µTi
Te−1
¶
⇔ m
µ0V0= mi
µ0V0 µTi
Te−1
¶
⇔ m
µ0V0=µeV0 µ0V0
µ 1−Te
Ti
¶
# d’après 2.4et 2.1
⇔ m
µ0V0=(1−αz)β−1 µ
1−T0
Ti
(1−αz)β−1
¶
# d’après le modèle polytropique
2.7 On pose les grandeurs réduitesZ=αz,Zm=αzm etθi=Ti/T0et on rappelle que, d’après la question 2.5,
µm0V0 =(1−αzm)β−1
m µ0V0
| {z }
(1−αzm
| {z }
Zm
)β−1
=(1− αz
|{z}
Z
)β−1
1− T0
Ti
|{z}θi
(1− αz
|{z}
Z
)β−1
⇔ (1−Z)β−1=(1−Zm)β−1+(1−Z)β θi
D’où
θi= (1−Z)β
(1−Z)β−1−(1−Zm)β−1
2.8 Siβm/(µ0V0)<1, la courbeθi(Z) est décroissante ;βm/(µ0V0)>1, la courbeθi(Z) est croissante.
La courbeβm/(µ0V0)<1 montre que lorsque l’on chauffe l’air à l’intérieur du ballon, l’état d’équilibre est atteint pour une altitude plus basse ; ainsi, si l’on fait trop chauffer l’air, la valeur d’équilibre est trop basse et la montgolfière s’écrase.
2.9 Calculons la valeur numériqueVmaxdu volume de l’enveloppe permettant de satisfaire la conditionθi0(0)>
0.
θi0(0)=0 ⇔ βm µ0Vmax=1
⇔ Vmax=βm µ0
A.N. Vmax=2, 1 · 103m3 # soit un rayon de l’ordre de la dizaine de mettre, cohérent
Calculons la valeur minimaleVminpermettant de décoller pourTd=Tmax=373 K.
Tmax=T0 µ0Vmin
µ0Vmin−m⇔ Vmin= m µ0
³1−TTmax0 ´ =1, 8 · 103m3<V0<Vmax