CHAPITRE 1
PRESENTATION DE LA REGION D’ETUDE
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1.1. PRESENTATIONS GEOGRAPHIQUE ET SOCIOCULTURELLE
Le bassin sédimentaire de Mamfé est situé au Cameroun, province du Sud- Ouest, département de la Manyu. Il est géographiquement délimité par les parallèles 5° 30’ et 6° de latitude Nord, et les méridiens 8° 45’ et 9° 40’ de longitude Est. Il couvre une superficie de 80 km de long sur 20 à 40 km de large et est orienté WNW- ESE, à partir de sa jonction avec le fossé de la Bénoué au Nigeria, dont il constitue un diverticule (fig.1). Il est situé au cœur d’une dépression comprise entre 30 et 300 mètres d’altitude (Dumort, 1968).
Trois axes routiers principaux desservent cette région : Il s’agit des axes Mamfé-Kumba, Mamfé-Bamenda, Mamfé-Ekok. La Cross-River est une voie d’accès fluviale. On note également la présence d’un héliport dans la localité de Besongabang. Le relief est en creux, dû à l’érosion conséquente au léger relèvement qu’aurait subi la région. On peut citer les gorges de la Cross, les vallées affluentes de la Cross etc (Dumort, 1968).
La Cross-River constitue l’essentiel du réseau hydrographique. Elle draine toute la région et a atteint son profil d’équilibre. Les petits affluents sont installés dans les vallées suspendues, et la rejoignent par les chutes. Les gros venant des revers des Rumpis, et des revers des Bamboutos et du plateau de Bamenda montrent tous des rapides à moins de 25 Km de leurs confluents avec la Cross- River.
Le climat est équatorial, de type guinéen, modifié par la déviation de la mousson, par le relief du mont Cameroun. On distingue deux saisons :
• Une saison de pluie allant de mars à octobre avec une rémission en mai,
• Une saison sèche le reste de temps.
Les précipitations sont abondantes. Le maximum de pluies se situe de juin à septembre, avec une hauteur de précipitation annuelle de 2971 millimètres.
L’humidité reste forte toute l’année.
Fig.1 Localisation du Bassin de Mamfé. En rayure, on a les sédiments de la cuvette de la Bénoué, les roches de la ligne volcanique du Cameroun sont représentées en noir.
(Adaptée d’après Halliday et al., 1989 et la carte géologique du Cameroun, 1979 )
La végétation est de type équatorial humide. On note la présence de plusieurs réserves forestières telles que, Ejaghem, Korup, Rumpi Hill.
La population autochtone est essentiellement constituée de Banyangué. Elle vit principalement du commerce et de l’agriculture. On note d’ailleurs un important trafic commercial dans la région d’Ekok, frontalière avec le Nigeria. Les principales cultures de rente sont le cacao et le café. Les cultures vivrières telles que macabos, bananes plantains, ignames, maniocs, patates y sont abondantes.
1.2. PRESENTATION GEOLOGIQUE.
Certains types de roches affleurent au sein du bassin (Fig.3) Il s’agit :
• Des roches magmatiques ;
• Des roches métamorphiques qui constituent les formations du socle ;
• Des roches sédimentaires qui composent les formations de couverture.
1.2.1. Les roches sédimentaires.
Elles forment un golfe large de 20 à 40 km, long de 80 km. Elles sont entourées de formations du socle, traversées d’intrusions de syénites, de diorites et recouvertes par endroits de basaltes fissuraux et de trachytes.
Selon les études géologiques antérieures (Dumort, 1968 ; Hell et al., 2000), on distingue quatre types de roches à savoir : les conglomérats, les grès, les argilites, et les siltites.
- Les conglomérats
On a deux types de conglomérats :
• Un premier type constitué de blocs du socle, de plus grand diamètre pouvant atteindre 60 cm et pris dans une matrice gréseuse. Il a été observé à la bordure sud-est du bassin.
• Un deuxième type, constitué de galets de roches diverses plus ou moins arrondis, de dimensions variant entre 1 et 16 cm. Ce type affleure surtout dans la partie occidentale du bassin.
- Les grès
C’est la variété la plus répandue dans le bassin. Ils couvrent environ 2/3 de la surface et s’étendent aussi bien du nord au sud, que de l’est à l’ouest. On distingue les grès très fins localisés dans les parties orientale et centrale du bassin, les grès
moyens, grossiers, s’étalant du sud-est du bassin au nord-ouest, en passant par le centre-nord.
- Les siltites
Ce sont des roches détritiques très fines, bien indurées, essentiellement constitués de quartz, pris dans un ciment soit argileux, soit carbonaté. Selon la quantité de ciment qui les constitue, on parlera de siltites, de siltites argileuses ou de siltites carbonatées. Les siltites affleurent généralement dans la partie centrale et orientale.
- Les argilites
Ce sont les roches sédimentaires les plus fines rencontrées dans le bassin. Il s’agit d’argiles plus ou moins indurées. Comme les siltites, elles affleurent essentiellement dans les parties centrale et orientale du bassin où elles forment des séquences argilo-silteuses à silto-argileuses et argilo-gréseuses.
1.2.2. Les roches plutoniques D’après Hell et al. (2000), on peut citer :
• Les granites syntectoniques, présents au nord-est du bassin. Elles sont à biotite, hornblende et quartz.
• Les formations syntectoniques qui sont plus achevées,
• Les granites d’anatexie ou anatexites.
1.2.3. Les roches métamorphiques
Elles sont constituées de gneiss calco-alcalins, de micaschistes, de migmatites associées aux granites orientés d’anatexie. On les appelle « complexe de base » (Hell et al., 2000).
1.2.4. Les roches magmatiques
Les roches magmatiques recouvrent la partie sud-est du bassin. Il s’agit des basaltes porphyriques et aphyriques de la LVC*. On ne connaît pas précisément l’âge des émissions de la LVC*, cependant selon Dunlop (1983) et Nnange (2001), les volcans centraux de cette ligne datent du tertiaire.
Les roches de la LVC*, principalement constituées de schistes et de gneiss, avec des intrusions de granites et de diorites, sont traversées par des failles au niveau desquelles la croûte a une faible épaisseur (zone cisaillée de Foumban). Ces failles auraient facilité les coulées magmatiques à la surface (Nnange, 2001).
1.2.5. Géologie appliquée
• Des travaux entrepris par le BRGM** à proximité d’un indice de galène dans des grès ont conduit à la découverte de nombreux indices de plomb et de zinc dans les séries argilo-gréseuses de la Manyu et de la Cross à l’est de Mamfé.
• Il existe des traces de lignite associées à la série argilo-gréseuse de la Cross.
• Une dizaine de sources salées sont connues dans le bassin. Certaines d’entre elles sont exploitées par les villageois qui en tirent une petite quantité de sel.
1.3. STRUCTURE TECTONIQUE DU BASSIN.
Le bassin de Mamfé daterait du crétacé. Il serait la résultante de la tectonique ayant eu cours pendant cette période géologique, entraînant la déformation et le plissement des bordures côtières de l’Afrique (Dumort, 1968).
La pile sédimentaire y présente une structure anticlinale et synclinale dont les axes sont respectivement NW-SE et E-W.
L’histoire tectonique du bassin mise en évidence par les structures syn et post sédimentaires comprend deux phases principales :
• Une phase d’extension et de sédimentation ;
• Une phase de compression et de fermeture du bassin ;
La phase de compression correspond à la formation des structures anticlinales et synclinales, et à la formation de horst et grabens obliques orientés NW-SE.
La phase de sédimentation et d’extension est caractérisée par des failles et des plissements syn-sédimentaires.