A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
J ÔYÔ K ANITANI
Sur l’hypersurface dont la forme de Darboux est un cube parfait
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 21 (1929), p. 27-42
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1929_3_21__27_0>
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SUR L’HYPERSURFACE
DONT LA FORME DE DARBOUX EST UN CUBE PARFAIT
Par JÔYÔ KANITANI.
~ Dans
l’espace
à trois dimensions la surfacegauche
est celle en tous lespoints
delaquelle
les troistangentes
de Darboux coïncident avec laligne génératrice.
C’est la
généralisation
de ce fait pourl’hypersurface,
dansl’espace
de dimensionsquelconques, qu’on
vaentreprendre
dans ceMémoire,
le résultat leplus
intéressantpeut-être
étant le suivant : : ~ ,L’hyper surface
dont la’forme
de Darboux est un cubeparfait
uneenveloppe
de oc 1
hyperquadriques satisfaisant
à la condition quechacune
touche sortenveloppe
suivant un cône. La
réciproque
est aussi vraie.L’auteur tient à
exprimer
sessincères
remerciements à Ni.Élie
Cartan pour sa direction si autorisée et les si bienveillants conseils reçus.[1]
Disonsquelques
mots sur la forme deDarboux,
et sur le calculpfaffien
absolu. ’ .
Considérons n formes de Pfafi
linéairement distinctes. Les
peuvent
êtreexprimés
par lesdw’
sous la formeLa différentielle d’une fonction
f
des variables tzpeut
s’écrire28
si l’on pose
et le covariant bilinéaire de
peut
être mis sous la formeMaintenant,
nous allons définir la différenciation tensorielle relative à une formequadratique
Pour
simplifier,
considérons un tenseurX:j
dn troisièmeordre,
deux fois cova-riant et une fois
contravariant:
Nous définirons la différenciation tensorielle par leséquations(’)
où
Alors,
on aet les
règles
relatives au calcul différentiel absolu pour une somme ou pour un pro- duit de tenseurs restent vraies. Le tenseur de Riemann-Christonel est défini parConsidérons une
hypersurface
dansl’espace projectifà
n + i dimensions définie. par les
équations
(I) .J. K,;1;A;i. Absolutc differential calculus, etc. Kiolo, Japon, .
tome IX, pp. 253-283.
et
posons
6
- où le
premier
membredésigne
le déterminant dont lai-ième ligne
est formée parNous supposerons que le
déterminant ~
formé par lesh;j
n’est pasidentique-
ment nul. Cela veut dire que nous considérons une
hypersurface qui
a oeilpoints
et ~n
hyperplans tangents.
Si l’on pose ..
la forme
est un invariant
quant
auchangement
des formes de Pfaff de base.Désormais,
nousprendrons
cette forme comme forme fondamentale de calculpfaffien
absolu. ~La forme définie par
où
est aussi un invariant
quant
auchangement
des formes de Pfaff de base. C’est cette forme que nousappelons
laforme
de Darboux.‘
Les
propriétés
des courbes définiespar §
= o sur la surface dansl’espace
à troisdimensions sont
exposées
parDarboux C).
Quand
les coordonnées ~ dupoint
surl’hypersurface
sontmultipliées
par un même facteur A, lesformes, 9 et ’f
sont transformées en),~~~
et),2~! respective-
ment.
(’)
Bull. des Sciences sér. 2, tome I~j(1880),
p. 385.En
géométrie
différentielleclassique,
une surface est déterminée(à
une trans-lation et une rotation
près)
par deux formes : la forme et la formeasympto- tique, qui
sont liées parl’équation
de Gauss et par leséquations
deCodazzi;
demême une
hypersurface
dansl’espace projectif peut
êtredéterminée,
à undéplace-
ment
projectif près,
par la formeasymptotique
et par celle de Darboux. Ce Mémoire est consacré à l’étude del’hypersurface
dont la forme de Darboux est un cubeparfait.
Désignons
par lepoint
dont les coordonnéesxil(i
= o, ..., n +1)
sont don--nées par les
équations
que nous écrirons
désormais,
poursimplifier,
Les
points (xJ,
..., se trouvent surl’hyperplan tangent
anpoint (x)
àl’hy- persurface,
tandis que lepoint (y),
donné parse trouve hors de
l’hyperplan tangent,
parce queDonc,
onpeut prendre
lespoints (x), (x1),
...,(x",)
et(y)
comme sommets durepère local,
et lespoints (dx), (dxz), (dy) s’expriment
sous la formeOn a, de
même, pour les
coordonnéestangientielles (B",
..., ’"’),
où
Si
(i, j, l = I, a, ..., n),
lesystème
deséquations (2)
coïncide avec(i),
et, parconséquent,
on ac’est dire que
l’hypersurface
est unequadrique.
Nous pouvons vérifier facilement que
l’équation
de cettequadrique
parrapport
au
repère
local formé par les n + 2points (x), (x1),
...,(x?t), (y)
estRéciproquement, l’équation
de laquadrique peut
être mise sous la formeet
ainsi,
onpeut
vérifier facilement queKi,il
== o.Il résulte de là que = o est la condition nécessaire et
suffisante
pour quel’hypersurface
soit unequadrique.
[2]
Celaposé,
si la forme de Darboux est un cubeparfait,
onpeut
choisir lesformes de PfafF de base de manière que la forme de
Darboux soit
réduite,àSupposons
que les formes de PfafT de basesoient
choisies de cette manière. Alors.on a
grâce à
la relationComme condition
d’intégrabilité de (1),
on aqui
donnent maintenantOn déduit de là
qui
montrent que = o estcomplètement intégrable
et, parconséquent, qu’on peut
choisir lesparamètres ui
de manièrequ’on
ait .Supposons
que lescoordonnées xi
soientmultipliées
par un même facteur convenablement déterminépour
avoiret posons
Faisons une transformation des
paramètres
telleque
reste inaltéré et que . les nouveaux ..., U" forment avec u1 unsystème d’intégrales indépendantes
des .équations
différentielles simultanéesAlors pour les nouveaux et les nouveaux on a
Nous avons vu
déjà
que, sauf si L et mégalent
ï en mêmetemps,
lesrapports
ont
toujours
la mêmevaleur,
mais maintenant onpeut
direqu’il
en est ainsi dans . le cas où l == m = 1aussi, grâce
auxéquations
Comme les
équations
donnent
on
peut
réduire lesHt}’
par la transformationde manière à satisfaire à
On a,
d’ailleurs,
qui
résulte deséquations
Il résulte de
(3), (4)
et(5),
(, j
et nin’égalent
pas J en mêmetemps)
(Il
= a et 111 == t n’ont pas lieu en mêmetemps)
Les
équations
qui
sont aussi des conditionsd’in tégrabilité
de(i), deviennent
maintenant tLes
équations (6)
et(g)
montrent quele point (x)
se trouvetoujours
dans unhyperplan
à n dimensionsqui
est déterminé par lespoints (x), (x~), .
...,(xn)
et(y), quand ul
est constant. -En vertu des
équations (7)
et(10),
on aqui
donneC’est dire que,
quand u’
est constant, lepoint (x)
décrit un cône à n -~ ~ t dimen- sions dans unhyperplan.
Nous allons démontrer que ce cône est du second
degré.
Au moins une des fonctions
fi
n’est pasidentiquement
nulle.Supposons
quef s ~
o, et prenons comme nouvel u2Évidemment,
cette transformation n’a aucune influence sur(3), .(4)
et(5),
et,après
cettetransformation,
lepoint (.r)
décrit une variété dansl’hyperplan x2 =
o,quand
u00FF = o .Prenons,
commehyperplan
ce’ = o,l’hyperplan
danslequel
le cônequi
corres-pond
à la valeur ~ = se trouve, et soitQ
la variétéqui
est décrite par lepoint (x), quand u1
=(ci’)a
et o. .Désignons
parK~.~~ (~, j,
1 =3,
...,n)
lesquantités
formées parrapport
àQ.
Alors,
on a .oÙ À est une constante différente de zéro. Donc
Q
est unequadrique.
Donc, l’hypersurface
dont laforme
de Darboux est un cubeparfait
e,ç1engendrée par
ledéplacement dans l’espace projectif
d’un cônequadratique
dont le nombre de dimensionségale
celui del’espace
moins.2 ;
les courbes de Darboux s°e trouvent .çur le cônegénérateur.
’
[3] Comme conditions d’intégrabilité
de (i ),
on a
°
’
qui
donnentmaintenant, grâce
aux(6)
et( ~),
.Mais, grâce aux équations (g), (10)
et(i i),
on aDonc,
si l’on poseon a
En
remplaçant
les valeurs de et deNij
déterminéesjusqu’ici
dans lesystème
des
équations (1),
etremarquant
que a~ = est une de sessolutions,
onpeut
’
réduire
(t) à
la formei
dx2
_-__[03C1
x +(-
u2 03C1 + v) x2 +zl
du1,on
(z)
est unpoint
déterminé parQuant
àw - et
v(u’),
ce sont des fonctions telles que_ Il résulte de là que, par
rapport
aurepère
local formé par les n + 2points (x) ,
.{xt),
...,(z),
le cônegénérateur Q qui
passe par lepoint (x)
est donné par .‘~
Ce cônepeut
êtreregardé
comme section del’hyperquadrique
Rfaite par
l’byperplan
,
Nous allons démontrer
qu’on peu
déterminer les coemcientsC,
de manière quel’hyperquadrique
Renveloppe l’hypersurface
donnéequand ut
varie.:- ’
L’hyperquadrique
R’àttachée
aupoint (~c
+ est donnée par’
où P est linéaire en
~’ , , , ,, _’t ;~’ .
Donc,
pour que l’intersection de R avec tV soitQ,
il faut queCette condition est aussi
suffisante,
parcequ’en remplaçant
ces valeurs deCi
dansl’expression P,
on aIl résulte de là que
l’hypersurface
dontla forme
de Darboux est un cubeparfait
est une
enveloppe
de ~1hyperquadriques satisfaisant
à la condition que chacune loucheson
enveloppe
suivant un cône.[4] Considérons l’hypersurface générale (c’est-à-dire l’hypersurface
dont laforme de Darboux est
quelconque)
et supposonsqu’on
ait attaché àchaque point
Psur
l’hypersurface
uneligne
droite(L) qui
passe par lepoint P,
etqui
ne se trouve .pas dans
l’hyperplan tangent
en P.Soit
(1)
une variété linéaireréciproque(1)
à(L)
et supposons que(1)
soit déter- ’ minée par les npoints P/(r/
+«;x), (i
= 1,2,..., n).
, Alors
(L)
est déterminée par lepoint (x)
et par lepoint (y
+x’’x?).
Lorsque
lepoint
P sedéplace,
suivant unecourbe,
surl’hypersurface, (1)
en-gendre
unehypersurface (S). L’hyperplan tangent
à(S)
en unpoint
+~. qui se
trouve dans(1),
est déterminé par lespoints Pt,
...,P",
et lepoint
Pour que
(S)
soit unehypersurface développable,
il faut et il suffit que le der- nierpoint
soit le même pour tous lespoints
dans(1).
Cette condition s’écrit(1)
Une variété linéaireconjuguée
à L par rapport àl’hyperquadrique qui
est déterminéepar
quant au
repère
local, et qui estappelée l’hyperquadrique
semi-canonique osculatrice en P.Voir J. Kanitani, Abs.
diff.
cal., p. 2 jo. .Il existe n valeurs ..., ~"
de ? qui
rendent ceséquations compatibles. Ainsi,
par
(1) passent n hypersurfaces développables
dont chacune est décrite par(l),
.lorsque
P sedéplace
suivan une des courbes déterminées par( I ~ ).
Les n
hyperplans tangents passant
par(l)
à ces nhypersurfaces développables
s’intersectent avec
(L)
en npoints
+ +(i
= 1,...,. n).
Lepoint
Tconjugué harmoniquement(’)
à P parrapport
à ces npoints,
est donné parD’autre
part (L)
décrit une surfacelorsque
P sedéplace
suivant une courbe surl’hypersurface
donnée. Par(L) passent n
surfacesdéveloppables
dont chacune estdécrite par
(L) lorsque
P sedéplace
suivant une des courbes déterminées parSoit
U,, ..., Il,,
lespoints
où(L)
touche les n arêtes de rebroussement des ndéveloppables passant
par(L).
Lepoint
Uconjugué harmoniquement
à P par rap-port
aux npoints U,,
...,Un
estdonné
par’
-
Enfin,
lepoint V conjugué harmoniquement
à P parrapport
aux U et T est- donné par .. .
Lorsqu’on
fait tourner laligne
droite(L)
autour dupoint
P enchangeant
la .règle
pour attacher(L)
àP,
V décrit unehyperquadrique qui
est définie parsi
on larapporte
aurepère
local formé par n + 2points (x), (q;J,
...,(xtJ
et(y).
(1)
Prenons deux pointsHt
et RY, sur L etdésignons
par vet vi
les rapports anhar-moniques (PR~;
R2T) et(PR,;
respectivement.. Le
point
T est déterminé de manière à avoir la relation ’°
. ... -~-v~~,
,
qui
estindépendante
des positions de Blet Voir J. Kanitani, Coll. Sei. Univ.Kioto, Japon. TomelX p. 1!,8.
’
Cette
hyperquadrique
étant une deshyperquadriques semi-canoniques
oscula-trices, sera
appelé l’hyperquadrique canonique
osculatrice àl’hypersurface
donnée en P..Pour
l’hypersnrface
dont la forme de Darboux est un cubeparfait, l’hyperqua-
drique canonique
osculatrice est donnée par .si on la
rapporte
aurepère
formé par 11 + 2points (x), (x,),
... ,(xn)
et(z).
Donc, les courbes de Darboux sui
l’hypersurface
dont laforme
de Darboux esl .uncube
parfait, forment
~1cônes,
chacun étant la section del’hyperquadrique canonique
osculatrice
faite
pa; un de seshyperplans tangents.
[5] Enfin,
nous allons démontrer quel’enveloppe
de ~1hyperquadriques
,atis-.-faisant
à la condition que chacune touche sonenveloppe
suivant uncône,
est unehyper-
surface
dont laforme
de Darboux esi un cubeparfait.
En considérant la dite
enveloppe,
soitles
équations qui
définissent la courbe(C)
décrite par le sommet du cône de contact.B
chaque point
P sur(C),
sont attachés le cône de contact(Q)
avec sommetP,
etl’hyperplan (p)
de(Q).
Soit(p’)
la variété linéaired’intersection
de(p)
avecl’hy- perplan attaché
aupoint ( f + df).
Supposons
que(C)
n’est pasdégénéré
en unpoint.
Alors, au moins une desfonctions
/,
parexemple /’,
u-est pasidentiquement
nulle.Désignons
par(Q.), (p )
et(p’ )
les sections de(Q), ( p), (p’)
faites parl’hyperplan x2
= o.Nous supposerons
que(p’)
n’est pastangent
àQ,
etdésignerons
partB
lepôle
de
(p’,)
parrapport
à(Q.). Mais,
dans le cas où(p’)
esttangent
àQ,
onpeut
aussidémontrer de même en
prenant
commeP.
unpoint qui
se trouve sur(QJ
et horsde
(p’1).
prenons (n-I) points P,, ,.., P,, ,
sur(p’J
de manière que, parrapport
au
repère
formépar les n points P...P...P.., l’équation de (Q.)
devienneet supposons que les
points POl’ P..., ~ .
, soient définis par~
Puisque
lespoints Pg,
..., se trouvent sur(pB),
lespoints
se trouvent sur p, et, par
suite,
on aPar
hypothèse,
lepoint (£)
est hors del’hyperplan ( p,),
et lepoint P,
, 11
.
peut
êtreexprimé
sous la formeLe cône
(Q) , est
la section del’hyperqnadrique enveloppante (S) qui
touchel’hypersurface enveloppée
suivant(Q),
faite parl’hyperplan (p) qui
esttangent
à(S)
enP;
la courbe(C)
touche(S)
en P. Parconséquent,
laligne tangente
à(C)
en P se trouve dans
(p).
..Ainsi,
on aPar
rapport
aurepère
formé par n + ipoints Po,
... ,l’hyper- quadrique (S)
est donnée parl’équation
’
. Pour que
(S)
intersecte suivant(Q)
avecl’hyperquadrique enveloppante (S) qui
est consécutive à
(S),
il faut que ~ .42
Par
conséquent, î~,2
n’est pasnul,
parce que, parsupposition,
la courbe nedégé-
nère pas en
point.
Comme laposition
de P nechange
pas enmultipliant
ses coor- ’données par un même
facteur,
nous supposerons ce facteurpréalablement
déterminéde manière
qu’on
aitet, pour
simplifier,
nousécrirons /
et v au lieu deî,2
et?,2 respectivement.
Alors,
on a, comme condition nécessaire et suffisante pour que(S)
intersecteavec
(S’)
suivant(Q),
.D’autre
’part, l’hypersurface enveloppée peut
être définie par leséquations
les u. étant reliés entre eux par
l’équation
et, comme nous pouvons le vérifier
facilement,
lesKijp excepté KUI’
s’annulentcomme
conséquence
deséquations (12).
Le théorème est ainsi démontré.