HAL Id: jpa-00242819
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Submitted on 1 Jan 1968
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Source d’électrons lents monocinétiques
Yves Ballu
To cite this version:
Yves Ballu. Source d’électrons lents monocinétiques. Revue de Physique Appliquée, Société française
de physique / EDP, 1968, 3 (1), pp.46-52. �10.1051/rphysap:019680030104600�. �jpa-00242819�
Section d’Études des Interactions Gaz-Solides, B.P. n° 2, 91-Gif-sur-Yvette.
(Reçu le 26 juillet 1967.)
Résumé. 2014 L’étude théorique d’une source d’électrons lents quasi monocinétiques est développée rigoureusement dans le cas d’un sélecteur électrostatique à 127°.
En négligeant la charge d’espace
2014perturbante seulement pour des densités de courant
supérieures à 5 10-5 A.cm-2 environ
2014on peut tracer a priori le spectre en énergie du
faisceau d’électrons.
Enfin, une étude de l’injection montre qu’il est possible d’améliorer les performances
usuelles de ce type d’appareil dont une récente réalisation
aconfirmé nos évaluations théoriques.
Abstract.
2014A 127° electrostatic selector, used as
amono-energetic electron source, is
discussed on
arigorous theoretical basis.
The electron energy spectrum can be predicted when the space charge is neglected. Such
an hypothesis is valid for current density values less than 5 10-5 A.cm-2.
Finally, it is shown that the usual characteristics of such selectors can be improved by
electron injection optimization. Our theoretical conclusions are consistent with the observed characteristics of a recent experimental design.
1. Introduction.
-Les sources d’électrons lents à haute définition présentent un grand intérêt pour la détermination des états excités d’atomes, de molécules
et d’ions, ainsi que pour l’étude des sections efficaces à basse énergie. Nous avons pensé utiliser ces sources
pour l’étude des états de vibration des molécules adsorbées à la surface d’un solide : cette idée a été entre-temps illustrée dans un travail récent de Propst
et Piper [1].
Les impératifs de définition en énergie du faisceau
électronique nous ont donc amené à envisager l’utili-
sation d’un sélecteur électrostatique à 1270 et par
conséquent, dans un premier stade, son étude théorique
et expérimentale. En effet, les électrons émis par une cathode chaude présentent une dispersion en énergie
de l’ordre de :
DE
=2,54 T/11 600 en eV
T étant la température absolue de la cathode émet- trice. Même avec des cathodes à oxydes
-qui tra-
vaillent à plus basse température
-on peut diffici- lement descendre au-dessous de 0,25 eV en dispersion.
Le dispositif dont nous proposons l’étude permet à la fois le filtrage et l’analyse des faisceaux élec-
troniques.
Nous établissons, dans l’hypothèse d’une charge d’espace nulle, l’équation rigoureuse du mouvement
d’un seul électron. L’étude de sa trajectoire, compte
tenu des conditions initiales, nous permet de définir les caractéristiques théoriques de l’appareil. Intro-
duisant ensuite les phénomènes de charge d’espace,
nous examinons comment peut se modifier un faisceau d’électrons. Avec et sans charge d’espace, la méthode
utilisée pour l’injection du faisceau est un facteur
important pour la résolution du sélecteur. Nous décri-
vons finalement l’appareil réalisé et confrontons les
performances actuelles avec les prévisions du calcul.
II. Équation du mouvement.
-Les notations
utilisées, correspondant à celles de la figure 1, sont
les suivantes :
cp : angle azimutal (sens trigonométrique inverse),
r
: rayon de la trajectoire,
ro . rayon moyen,
ri rayon à l’entrée du prisme,
vo : vitesse nominale,
VI : vitesse initiale : v1 = v0 (1 + 03B2) cos a,
E : champ électrique radial : E = Eo r0/r et Eo
=mv2ler,,,
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/rphysap:019680030104600
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1
Fie. 1.
-Schéma de principe.
en partant de l’équation de la dynamique projetée
suivant r :
M d2r dt2 = mr (d )2 1eE | en posant y
=r/ro
et en prenant comme variable l’angle azimutal, les
calculs conduisent à l’équation suivante :
L’étude de cette équation (1) permet de tracer les
trajectoires pour diverses conditions initiales et de déterminer les caractéristiques de fonctionnement opti-
males de l’appareil (ouverture utile du faisceau, des fentes, etc.), il est également possible d’en prévoir le
spectre et les caractéristiques de résolution [2].
III. Les trajectoires.
-Les différentes méthodes
analytiques utilisées pour l’itération des trajectoires à
l’ordinateur sont en excellent accord [3].
La figure 2 intitulée « dispersion chromatique »
donne l’allure d’un faisceau théorique rigoureusement parallèle mais non monocinétique; les points d’impact
sont bien visibles sur la face de sortie.
Nous avons adopté le système de coordonnées carté- sien pour des raisons de commodité, la valeur des
angles est portée en abscisse et celle du rayon en ordonnée. Ce mode de représentation développée per- met de bien mettre en évidence l’image A’ B’ de la
fente AB ainsi que sa position sur la face de sortie.
(1) Cette équation est mathématiquement plus rigou-
reuse que celle proposée antérieurement [2J, mais les
résultats ne diffèrent pas sensiblement : nous remercions à ce propos M. Barat pour de fructueux entretiens.
FIG. 2.
-Dispersion chromatique
pour ro
=12,5 mm et 03B3’0
=0,15.
FIG. 3.
-Dispersion angulaire
pour ro = 12,5 mm et 03B2
=0.
La figure 3 met en évidence un léger défaut de
focalisation : la source ponctuelle et monochromatique
donne sur la face de sortie non pas un point mais une
tache. On remarque aussi le décalage de cette tache image vers le bas de la face de sortie, ceci explique
la dissymétrie de la courbe de réponse de l’appareil (cf. § IV).
Enfin, la figure 4 reproduit l’image de la fente d’entrée pour des faisceaux monocinétiques et met en
évidence la trace des surfaces focales.
FiG. 4.
-Dispersion angulaire pour fi = - 5 x 10-2.
FIG. 5.
-Diagramme d’aberrations chromatiques.
FIG. 6.
-Diagramme de résolution théorique (fente 4 X 0,5 mm).
plus raide faibles énergies.
FIG. 7.
Diagramme de résolution expérimental (Clarke).
dissymétrie que prévoit notre étude (cf. § III) peut
être rapprochée des tracés expérimentaux obtenus
avec des analyseurs comparables [4] comme le montre
la figure 7.
V. Étude de la charge d’espace.
-La charge d’espace globale qui provient des électrons perdus et
réfléchis sur les parois provoque une densité de charge
en dehors du faisceau dont l’effet principal est d’en
réduire l’intensité.
La charge d’espace à l’intérieur du faisceau dépend
directement de l’intensité transportée par ce dernier
et tend à en accroître les dimensions.
Un calcul simplifié permet d’évaluer grossièrement
la modification des trajectoires extrêmes : on suppose
FIG. 8.
-Faisceau en charge d’espace.
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que la densité de charge du faisceau est homogène
dans une section droite; on néglige l’existence des
charges extérieures au faisceau; et la section du fais-
ceau est supposée circulaire ( fig. 8) ; il vient alors pour les rayons limites du faisceau :
A partir de cette équation et par des méthodes d’itération analogues à celles du § III, il est possible
de tracer les trajectoires correspondantes ( fig. 9 et 10).
FIG. 9.
-Faisceau en charge d’espace r’0 == ib 0,05.
FIG. 10.
-Faisceau en charge d’espace : limite inférieure du faisceau pour différents angles d’entrée : 03B2
=0,
I
=10-3 A, fentes 0,5 x 4 mm.
L’examen de ces graphiques suggère les remarques suivantes :
-
Les perturbations ne sont sensibles qu’au-delà de
10-6 A, compte tenu, évidemment, des dimen- sions du faisceau qui fixent, pour un courant
donné, la densité de charge dans celui-ci;
-
Les effets de charge d’espace sont d’autant plus importants que les rayons incidents sont conver-
gents : la trajectoire n° 1 est la moins perturbée,
elle est également la plus divergente.
Dès lors, comme il faut s’y attendre, il apparaît
que, pour les fortes intensités, c’est la charge d’espace
dans le faisceau qui prédomine, alors que la charge d’espace dite « globale », définie au début de ce para-
graphe, est seule à considérer dans le cas des faibles
intensités (I 10-6 A).
Le problème de l’injection se pose donc différem-
ment selon l’intensité.
VI. Étude de l’injection.
-Les faisceaux de faible intensité ont surtout retenu notre attention, car on peut alors négliger par exemple l’effet thermique dû à
leur impact sur les particules adsorbées. Notons sim-
plement que, dans le cas des fortes intensités, il faut envisager la suppression des rayons peu inclinés sur
la normale.
L’étude de l’injection nous a amené à considérer le
problème des fentes d’entrée et de sortie car c’est évidemment à leur niveau que la charge d’espace sévit
le plus. Pour la réduire, deux modifications ont été
apportées à la conception classique de ce type d’ap- pareil :
a) La forme des fentes est telle que les particules ne
viennent pas se réfléchir sur les faces du dièdre mais sortent soit par l’ouverture, soit à travers l’espace ménagé entre les parois de l’analyseur et le bord des fentes (fig. 11);
FIG. 11.
-Système de fentes de sortie.
b) Les figures 12 et 13 montrent de plus que la
perturbation sur les équipotentiels est plus faible dans
le cas des fentes obliques;
FIG. 12.
-Tracé à la cuve rhéographique
des équipotentielles dans le cas des fentes classiques.
c) L’optique d’injection qui se compose en général
d’un simple filament a ici été spécialement étudiée :
un véritable canon électronique est disposé en amont
de la fente d’entrée, ceci permet de réduire :
-
La dispersion en énergie à l’entrée de l’analyseur,
limitant de ce fait la dispersion angulaire à la sortie
et par conséquent la charge d’espace « globale »
sur la face de sortie;
-
Les dimensions du faisceau à l’entrée de l’analy-
seur, donc la dispersion « globale » en amont de
la face d’entrée ( fig. 14) ;
-