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Article pp.156-183 du Vol.112 n°3 (2019)

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RÉSUMÉS DE SÉANCES ET DE CONGRÈS /CONGRESS REVIEWS

Deuxièmes Journées scientifiques sida au Sénégal (JSSS 2018) organisées par le CNLS du Sénégal, Diamniadio, Centre international de conférence Abdou Diouf, 3 au 5 décembre 2018

Second AIDS Scientific Day in Senegal (JSSS 2018) organized by the CNLS in Senegal, Diamniadio, Abdou Diouf International Conference Center, 3 to 5 December 2018

C.B. Dieye · G. Laborde-Balen · S. Sow · B. Taverne

© Société de pathologie exotique et Lavoisier SAS 2019

Introduction

Les Journées scientifiques sida du Sénégal (JSSS) organi- sées tous les deux ans par le Conseil national de lutte contre le sida rassemblent les principaux acteurs de la lutte contre le VIH. La deuxième édition s’est déroulée du 3 au 5 décembre 2018 sous le thème :« Quelles innovations pour atteindre les 90-90-90 ?»(Fig. 1)

Cette conférence a offert un cadre de partage des résultats de recherches, des stratégies et expériences sur le VIH par des chercheurs, des professionnels de la santé, des acteurs communautaires et des partenaires. Plus de 500 participants venus de toutes les régions du pays appartenant à diverses structures y ont participé.

Cette édition 2018 a favorisé la vulgarisation des initiatives innovantes, des évaluations des stratégies et le partage d’ex- périences pertinentes sur les enjeux actuels : population clés, autotests, démédicalisation, engagement communautaire, TATARSEN, eTME, comorbidités etc. Ce cadre d’échange a permis également de renforcer le plaidoyer pour l’engage- ment des leaders et des décideurs des secteurs publics et pri- vés dans la réponse à l’épidémie du sida au Sénégal.

LeCentre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann(CRCF) a appuyé l’organisation des JSSS à travers la coordination du comité scientifique et

des ateliers de renforcement de capacités sur l’écriture scien- tifique des communications auprès des acteurs du ministère de la Santé, du CNLS des Organisations de la Société Civiles et des secteurs ministériels impliqués dans des activités de lutte contre le sida.

Ce cahier spécial sur les JSSS 2018 est le fruit de la col- laboration avec le CNLS, le groupe d’aide à la rédaction sous l’appui du CRCF et le Comité de rédaction duBulletin de la Société de pathologie exotique(BSPE). Les résumés présen- tés dans ce cahier ont été sélectionnés par le Comité de rédaction du BSPE.

Virologie, bactériologie

Probable résistance au VIH chez les partenaires séronégatifs des couples sérodiscordants, induite par les protéines CD107a en présence d’une charge virale élevée et en l’absence de l’utilisation

de préservatifs

A. Padane1, M. Camara1,4, M. Mbow1,4, M. Seydi4, W. Jennes3, P.S. Sow4, S. Mboup1, L. Kestens3, T.N. Dieye Dieye1,4

1. Institut de recherche en santé de surveillance épidémio- logique et de formations (IRESSEF), Diamniadio, Sénégal ; 2. Service des maladies infectieuses, CHNU de Fann, Dakar, Sénégal, Dakar, Sénégal ; 3. Laboratoire d’immunologie, département de microbiologie, Institut de médecine tropicale d’Anvers, Belgique, Anvers, Belgique ; 4. Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Dakar, Sénégal

Certains individus demeurent séronégatifs malgré de nombreuses expositions au VIH (« exposés séronégatifs » ou ESN) et en l’absence d’utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels avec des partenaires VIH séropositifs.

Différents mécanismes participent à la résistance à

C.B. Dieye

Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS), CHU Fann, av. Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal G. Laborde-Balen · S. Sow

Centre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann (CRCF), av. Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal B. Taverne (*)

UMI 233 de l’IRD / Inserm 1175, Université de Montpellier, IRD, BP 1386 Dakar, Sénégal

e-mail : [email protected] DOI 10.3166/bspe-2019-0085

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l’infection du VIH. Dans la réponse spécifique au VIH, les CTL (lymphocytes T cyto-toxiques) jouent un rôle primordial.

Trente patients de couples sérodiscordants au VIH-1 (10 individus non infectés des couples sérodiscordants et 20 indi- vidus infectés par le VIH-1 des couples sérodiscordants) et 10 individus séronégatifs servant de contrôles ont été enrôlés dans l’étude pendant une durée de 5 ans.

Les prélèvements ont été faits au CHNU de Fann à Dakar au Sénégal.

L’activité des CD107a+IFN-γ+ des CD8+ a été mesurée par cytométrie en flux multiparamétrique en présence ou en absence d’une stimulation avec le SEB.

Au cours de leurs visites semestrielles, les patients ont bénéficié de préservatifs et de conseils sur les comporte- ments sexuels à risque.

Nous avons évalué le risque de contamination du parte- naire séronégatif en rapport avec la fréquence d’utilisation du préservatif et la charge virale du partenaire séropositif.

Une fréquence très faible d’utilisation du préservatif chez les couples sérodifférents, combinée à une forte expression des marqueurs CD107a+ sur les LT CD8+ a été retrouvée, comparés aux contrôles non exposés non infectés (2,9 %vs 11,6 % ; P = 0,016). Chez les ESN, les fréquences de non utilisation du préservatif étaient de 83, 33 et 90,62 chez les partenaires séropositifs. Des conclusions similaires ont été retrouvées s’agissant de l’expression des CD107a+IFN-γ+.

Fait intéressant, les ESN au VIH-1 exprimaient très forte- ment les marqueurs CD107a et l’IFN- γ comparés aux contrôles séronégatifs (11,6 %vs1 ,3 % P = 0,018) malgré une moyenne de charge virale de 2,42 chez les partenaires séropositifs des couples sérodiscordants.

Globalement, nos résultats suggèrent que la résistance au VIH-1 chez les partenaires ESN dans les couples sérodiscor- dants pourrait être associée à des réponses CTL spécifiques du VIH en l’absence d’utilisation de préservatifs et ceci mal- gré l’existence de comportements à risque.

Caractérisation moléculaire de l’infection à VHB chez des enfants infectés par le VIH au Sénégal

R.M. Toyé1,2, G. Lô1, H. Diop-Ndiaye1,2, A. Magib Cissé3, A.J.S Ndiaye1,2, K. Kébé-Fall2, S. Mboup1, C.S. Bouh Boye2, B. Taverne4, C. Touré-Kane1,2

1. Institut de recherche en santé, de surveillance Epidémio- logique et de formation (IRESSEF), Dakar, Sénégal ; 2. Laboratoire de bactériologie-virologie, CHU Aristide Le Dantec, Dakar, Sénégal ; 3. EPS de Mbour, UFR Sciences de la santé de Thiès, Dakar, Sénégal ; 4. Centre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique de Fann (CRCF), Dakar, Sénégal

Dans les pays où le virus de l’hépatite B (VHB) est endé- mique, la co-infection VIH/VHB peut atteindre jusqu’à 49 % chez les patients VIH adultes. Cette observation est particu- lièrement préoccupante car chez les enfants, le risque d’évo- lution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire est accru. En outre, les traitements antirétroviraux (TARV) incluant la lamivudine entrainent un risque de développer des mutations de résistance au VHB chez ces enfants. C’est dans ce cadre que ce travail a été entrepris, dont l’objectif était de documenter la co-infection VIH/VHB et les géno- types du VHB en cause.

Une étude rétrospective sur des échantillons collectés de février à juin 2015 a été réalisée au laboratoire de bactériologie-virologie du CHU Aristide Le Dantec. Les pré- lèvements de 612 enfants infectés par le VIH recrutés dans le cadre du Projet EnPrise ont été testés. Ces prélèvements ont été réalisés sur DBS et les résultats utilisés pour la recherche de l’AgHBs à l’aide du TDR Determine® AgHBs (Alere) et de la plateforme Architect®i1000SR (Abbott). La recherche de l’AgHBe a aussi été faite chez les enfants porteurs de l’AgHBs. L’ADN viral du VHB a été quantifié et la région S du génome a été génotypée, par PCR en temps réel en utilisant la plateforme Amplix® (Biosynex) et par PCR nichée suivi de séquençage sur l’analyseur génétique ABI 3130 (Applied Biosystems), respectivement.

Les enfants avaient un âge moyen de 8,58 ans et le sex ratio était de 1,04. La prévalence de la co-infection VIH/

VHB était de 4,1 % (n = 25) et 18 enfants portaient l’AgHBe. La médiane de la charge virale était de 6,20 log UI/ml. Sur 16 échantillons éligibles pour les analyses de génotypage, 15 ont pu être amplifiés et séquencés et tous étaient positifs pour l’AgHBe. Les génotypes A (n = 8) et E (n = 7) ont été retrouvés. Les analyses préliminaires de mutation ont montré que 4 échantillons présentaient au moins une mutation de résistance dont 3 pour le génotype A et 1 pour le génotype E, ces patients étant tous sous tri- thérapie de première ligne incluant la lamivudine.

Cette étude a montré que la co-infection VIH/VHB reste un problème majeur de santé pédiatrique. De nouvelles stra- tégies, plus innovantes, s’avèrent nécessaires pour une cou- verture vaccinale anti-VHB complète et des recherches moléculaires de prédiction de l’évolution de l’infection.

Evaluation de la prévalence de la résistance primaire du VIH-1 aux inhibiteurs de l’intégrase au Sénégal : résultats préliminaires

M. Fall1, S. Diallo1, N. Leye2, H. Diop1, C. Kane1, D. Diagne1, N.D Diaw1, C.S. Bouh Boye2, H. Diop1 1. Laboratoire bactériologie virologie, Dakar, Sénégal ; 2. IRESSEF, Dakar, Sénégal

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La prévention des phénomènes de résistance du VIH aux ARV est essentielle pour l’atteinte d’ici l’an 2020, de la cible

« 90-90-90 ». Les anti-intégrases comptent parmi les molécu- les les plus attendues depuis plus de quinze ans. Ils représen- tent une classe d’antirétroviraux dont le développement a transformé non seulement le pronostic des patients en multi- échec, mais ils sont désormais dans les directives de l’OMS pour les traitements ARV (TAR) de première ligne. L’objectif de cette étude était d’évaluer la prévalence de la résistance primaire des souches de VIH-1 aux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) et aux inhibiteurs d’inté- grase (INI) dans le cadre de la surveillance de la résistance aux antirétroviraux en vue de leur introduction au Sénégal.

Dans le cadre de la surveillance de la résistance aux ARV en 2017, des patients VIH-1 naïfs de TAR ont été recrutés au niveau des 14 régions du Sénégal. À partir d’un prélèvement de 5 ml de sang veineux, des spots de sang séché (DBS) ont été confectionnés à partir du papier filtre Whatman 903® à raison de 50μl de sang par spot. Les spots de sang ont été séchés à la température ambiante toute une nuit, puis conser- vés avec des dessicants entre 20 et 37 °C avant leur envoi dans un délai de 10 jours vers le laboratoire de bactériologie- virologie du CHU Aristide Le Dantec. Les DBS sont à leur réception conservés à une température d’au moins -80°C jusqu’à leur analyse. Les prélèvements ont fait l’objet d’un génotypage de résistance avec une amplification par RT- PCR, suivie d’un séquençage nucléotidique des gènes de l’intégrase (int) et la reverse transcriptase (rt). L’interpréta- tion des mutations de résistance a été faite avec la base de données de l’université de Stanford (HIVDBV8.1.1). Les séquences ont fait l’objet d’une inférence à l’aide du logiciel Seaview pour établir les relations phylogénétiques avec les souches de VIH-1 du Sénégal.

Sur un total de 250 patients naïfs de traitement, la médiane d’âge était de 41 ans et le sex-ratio de 0,58. Des séquences ont été obtenues pour 27 patients en int et 25 en rt. Aucune séquence ne présentait de mutation majeure de résistance aux anti-intégrases. Trois patients présentaient des mutations de résistance aux inhibiteurs non nucléosidiques de la transcrip- tase inverse à savoir la K103N (n = 1), V108I (n = 1) et V108I et E138A (n = 1). Le variant CRF02_AG demeure la souche prédominante avec 84 % des souches, mais on note aussi la présence des sous-types C (8 %) et G (4 %) au niveau du gène de l’intégrase et 82,6 % CRF02_AG, 13 % de C, 4,3 % de G au niveau de la RT.

Evaluation moléculaire de la résistance à la rifampicine et à l’isoniazide chez les patients tuberculeux par le test génotype ®MTBDRplus au Sénégal

B. Faye1,2,3, E.A. Ciss1, J. Issa1, M.C. Seck1,4, C.T. Ndour5, P.A.L. Gueye6, F. Ba6, M. Sarr6, M. Grillo7, S. Reed8, A. Dieye3

1. Laboratoire de biologie moléculaire, Hôpital militaire de Ouakam (HMO), Dakar, Sénégal ; 2. Aids Programme des forces de l’armée du Sénégal, Dakar, Sénégal ; 3. Service de l’immunologie, département de pharmacie, Faculté de méde- cine, pharmacie et odonto-stomatologie de l’université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal ; 4. Unité de la parasitologie, département de pharmacie, Faculté de médecine, pharmacie et odonto-stomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Dakar, Sénégal ; 5. Service des maladies infectieuses, Centre national hospitalier de Fann Dakar Sénégal ; 6. Pro- gramme national de lutte contre la tuberculose (PNT), Dakar, Sénégal ; 7. Département de la défense HIV/AIDS programme de prévention (DHAPP), San Diego, États-Unis ; 8 Labora- toire de microbiologie et de virologie, université de California, Centre San Diego, United States, San Diego, États-Unis

La tuberculose multi-résistante (TB-MDR) est un problème majeur de santé publique au Sénégal. En 2015, 208 cas de TB- MDR ont été recensés dans 31 sites de traitement dans le cadre du Programme national de lutte contre la tuberculose.

L’objet de notre étude est d’évaluer la prévalence de la résistance des isolats de Mycobacterium tuberculosis à la rifampicine et à l’isoniazide et les mutations qui s’associent à leur résistance chez les patients sénégalais.

La TB-MDR a été diagnostiquée par un test moléculaire (Genotype MTBDRplus Hain life science) sur des échantil- lons d’expectorations provenant de 185 patients tuberculeux sénégalais.

Le sex-ratio H/F était 2,2. L’âge moyen était 33,5 (8- 72 ans). Sur 185 échantillons TB positifs à la microscopie, 95 % (174/185) étaient du complexeM. tuberculosispar le GenoType MTBDRplus. Le taux de TB-MDR+ dans la population totale étudiée, naïve de traitement, et précédem- ment traitée étaient 64,94 %, 46,25 %, et 80,85 % ; la mono résistance à la RIF était 10,92 %, 7,50 %, et 13,83 % et la mono résistance INH était 6,32 %, 8,75 %, et 4,26 %. Nos souches deM. tuberculosisont des mutations conférant une résistance dans les gènes rpoB, katG, et inhA respectivement dans 75,86 %, 68,68 %, 13,21 %.

Nos résultats démontrent un haut degré de résistance à la rifampicine et/ou isoniazide parmi les isolats deM. tubercu- losischez les patients avec des antécédents de traitement ou contact avec un patient avec MDR-TB.

Validation du Point of Care (POC) GeneXpert dans la quantification de la charge virale du VIH-1 dans l’atteinte des 90-90-90 au Sénégal : résultats préliminaires

P.Y. Sene1, H. Diop-Ndiaye1, A. Sow-Gaye1, O. Ndiaye1, K. Coulibaly2, N.F. Ngom-Faye3, A. Raymond4, S. Diallo1, B. Kiernan4, C.T. Ndour2, C. Lejeune4, C. Toure-Kane1, C.S.B. Boye1

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1. Laboratoire de bactériologie et de virologie Hôpital Aris- tide le Dantec, Dakar, Sénégal ; 2. Division de lutte contre le sida, Dakar, Sénégal ; 3. UNICEF, Dakar, Sénégal ; 4. Clin- ton Health Access Initiative, Dakar, Sénégal

Dans la perspective de l’atteinte des 3 X 90 d’ici 2020, l’utilisation des Point of Care (POC) dans la quantification de la charge virale (CV) du VIH apparaît comme une straté- gie complémentaire au système laboratoire conventionnel existant. Dans le cadre de l’intégration des programmes TB-VIH, il est possible d’utiliser la plateforme GeneXpert déjà disponible au Sénégal pour le diagnostic de la tubercu- lose pour la quantification de la CV du VIH-1. Cependant l’évaluation de ce nouveau test s’impose afin de garantir la qualité des résultats et pouvoir se baser sur cette technologie pour la prise de décision clinique.

L’objectif de cette étude était d’évaluer les performances du test Xpert®HIV-1 Viral Load (Cepheid) pour la quantifi- cation de la CV du VIH-1 en comparaison avec le test Abbott HIV-1 Real Time®Assay (Abbott laboratories) pris comme référence.

Il s’agit d’une étude rétrospective comparative qui s’est déroulée au courant du mois d’octobre 2018 et qui a porté sur un panel de 100 échantillons de plasma dont 40 % pré- sentait une CV supérieure à 1 000 copies/ml mesurée par la technologie de Abbott HIV-1. Tous les échantillons de plasma ont été testés sur le système GeneXpert pour une comparaison. L’analyse des performances a été faite après une conversion logarithmique (log10) des valeurs de CV et le calcul de la différence de log (D-log) entre ces deux tech- niques. Une valeur de D-log supérieure à 0,5 a été considérée comme significative. La concordance et la corrélation entre les techniques ont été déterminées avec le logiciel Methval par le diagramme de Bland Altman et la droite de régression.

Sur 100 échantillons, le Xpert® HIV-1 Viral Load a donné 5 résultats invalides. Parmi les 95 résultats obtenus, 90 étaient concordants avec la technique m2000 avec des D- log compris entre -0,5 et 0,28. Au total, parmi les 90 échan- tillons concordants, 42 échantillons étaient surestimés par le Xpert® HIV-1 Viral Load (valeur de CV Xpert®HIV-1 Viral Load supérieure à celle de Abbott) et 9 échantillons sures- timés par la technique m2000. Parmi les 5 résultats discor- dants, 4 surestimés par le Xpert® HIV-1 Viral Load (dont 2 avec une Dlog˃1) et 1 surestimé par le m2000. Quatre échantillons indétectables par m2000 ont été quantifiés par Xpert®HIV-1 Viral Load avec des CV

Contribution du GeneXpert dans le diagnostic de la tuberculose en milieu décentralisé : exemple de l’Etablissement publique de santé (EPS) de la Paix de Ziguinchor (Sénégal)

E.H.A.M. Gaye, K. Diallo, A. Diatta Hopital de la Paix, Ziguinchor, Sénégal

Le Genexpert MTB/RIF (Xpert) a permis un diagnostic précis et rapide de la tuberculose active. Trente-deux mois après sa mise en place dans notre structure, nous avons réa- lisé ce travail pour apprécier sa rentabilité sur les prélève- ments provenant de toute la zone sud du Sénégal.

Nous avons mené une étude rétrospective sur les résultats du GeneXpert réalisés sur les prélèvements pulmonaires et extra pulmonaires soumis au laboratoire de mycobactériolo- gie du service d’avril 2015 au 30 novembre 2017.

Durant cette période, 1 206 GeneXpert ont été réalisés. La majeure partie des prélèvements reçus par le laboratoire étaient d’origine pulmonaire avec un total de 883, contre 256 pour les prélèvements extrapulmonaires. Le Genexpert était positif dans 34,31 % (n = 303) des prélèvements pulmo- naires et dans 18,36 % (n = 47) des prélèvements extra pul- monaires. Le test était positif pour 17/104 liquides de ponc- tion pleurale, pour 21/41 prélèvements de pus, 1/23 LCR, 4/4 liquides de ponction ganglionnaires, 0/3 liquides de ponction péricardique et 6/78 liquides de ponction d’ascite.

Le taux de résistance à la rifampicine était de 6,6 % (n = 20).

Une co-infection TB/VIH était retrouvée chez 125 patients.

Pour ces malades, le GeneXpert était revenu positif 38 fois sur 94 dans les expectorations, 11 fois sur 21 dans les aspi- rations gastriques, 1 fois sur 8 dans les liquides séreux, 1 fois sur 6 dans le LCR, 2 fois sur 4 dans le pus. Le sex ratio est de 1,43 et la moyenne d’âge était de 44.13 ± 17.43 ans avec des extrêmes allant de 15 à 96 ans. Les principaux motifs de prescrition étaient : toux chronique 72,2 % (n = 870), cas de rechute 5,8 % (n = 70), contrôle de traitement 3,3 % (n = 40).

Le geneXpert reste un outil particulièrement rentable dans le diagnostic de la tuberculose pulmonaire et du dépistage précoce de la résistance à la rifampicine.

Epidémiogie

Co-infection VHB /VIH au Centre hospitalier national d’enfants A. Royer

F.K. Ndiaye1, A. Ba2, T. Siby3, D.B. Diop1, A. Diagne1, M.A. Sonko1, M. Touré1, H. Dior Mbodj1, N.F. Diallo1, A. Diack1

1. Centre hospitalier national d’enfants A. Royer (CHNEAR), Dakar, Sénégal ; 2. Centre hospitalier Dalal Jamm, Dakar, Sénégal ; 3. Laboratoire Bio 24, Dakar, Sénégal

Au Sénégal, le portage chronique de l’Ag HBs reste élevé, estimé à 11 % dans la population générale malgré l’introduction du vaccin dans le programme élargi de vacci- nation depuis 2004. Entre 5 et 20 % des personnes vivant avec le VIH sont porteurs du virus de l’hépatite B. Il existe

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très peu de données sur la co-infection VHB/VIH chez l’en- fant en Afrique.

Ce travail a pour but d’étudier la prévalence de la co- infection VHB/VIH chez les enfants suivis au Centre hospi- talier national d’enfants A. Royer (CHNEAR) et de décrire le profil évolutif chez ces patients.

Nous avons recherché systématiquement l’Ag HBs chez tous les enfants infectés par le VIH et suivis du 2 avril 2013 au 31 mars 2015. Tous les patients porteurs de l’Ag HBs ont été inclus. Les marqueurs du virus de l’hépatite B (Ag HBs, Ac anti HBs, AgHBe, Ac anti HBe, Ac anti HBc, charge virale plasmatique) et les transaminases ont été mesurés chez ces patients.

Au total, 264 enfants vivant avec le VIH étaient suivis au CHNEAR, durant la période. Douze patients ont été exclus, l’Ag HBs n’avait pas été mesuré. Cette recherche effectuée chez 252 patients, était positive chez 7, soit une prévalence égale à 2,77 %. Après le diagnostic de la co-infection, 5 ado- lescents avaient bénéficié d’une bithérapie efficace sur le VHB (TDF+3TC/FTC). Nous avons observé la perte de l’AgHBs chez l’un après 40 mois de traitement. La charge virale plasmatique mesurée chez les 7 patients était forte- ment élevée chez les 2 enfants restés sous monothérapie active sur le VHB (3TC).

La prévalence de la co-infection VHB/VIH est faible chez l’enfant sans doute en rapport à la couverture vaccinale de 90 % au Sénégal. Ces résultats plaident en faveur de la dis- ponibilité des formes pédiatriques de ténofovir et lamivu- dine/emtricitabine pour le traitement de la co-infection VHB/VIH chez l’enfant.

L’hépatite B chez les patients infectés par le VIH au Sénégal : prévalence et prise en charge thérapeutique

P.M. Niang Diallo1, C.B. Dieye Gueye1, A.M. Dione1, M.N. Diop1, M. Coulibaly2, F. Niasse1, F.N. Mbaye1, S. Thiam1

1. Conseil national de lutte contre le sida, Dakar, Sénégal ; 2. Division de lutte contre le sida et les IST, Dakar, Sénégal Les cibles et les modes de contamination du VIH et du VHB (voie sanguine, voie sexuelle et transmission de la mère à l’enfant) étant proches, la prévalence de la co- infection par le VHB est fréquente chez les personnes infec- tées par le VIH, surtout dans les pays de forte endémicité.

L’hépatite B chez les patients vivant avec le VIH peut aggra- ver le pronostic vital de ces derniers. Dans le contexte actuel de la stratégie de « tester et traiter », le traitement des per- sonnes vivant avec le VIH doit prendre en compte le traite- ment spécifique de l’hépatite B avec l’association ténofovir et lamivudine/emtricitabine pour stopper la réplication du virus de l’hépatite B.

Notre étude avait pour objectif de déterminer la préva- lence nationale de l’hépatite B chez les personnes vivant avec le VIH suivies dans les sites de prise en charge et d’ap- précier la prise en compte de l’hépatite B dans le choix du traitement antirétroviral qui agirait sur les deux virus.

Il s’agit d’une étude transversale rétrospective portant sur la cohorte nationale des pvVIH suivies dans 122 sites de prise en charge couvrant toutes les régions du Sénégal. Les données sont extraites à partir des dossiers des patients sur une maquette Excel par une équipe du niveau central accom- pagné du niveau régional et appuyée par le personnel du site de PEC. L’analyse a porté sur les données de patients enre- gistrés de 1996 à 2016 et a été faite sur SPSS version 23.

Au total, 54 029 patients ont été enrôlés avec 2 fois plus de femmes (67 %) que de d’hommes depuis le début de la prise en charge. L’âge moyen était de 42 ans (1 mois à 99 ans). Les enfants représentaient 6,5 % de la population.

La recherche de l’AgHBs a été effectuée chez 27 % des patients dont 4 948 étaient positifs, soit une prévalence de la coinfection VIH/VHB de 33 % qui est 3 fois supérieure à la prévalence dans la population générale (11 %). Par rapport aux patients régulièrement suivis (21 288), seuls 38 % ont bénéficié d’une recherche de l’AgHBs et la prévalence de l’hépatite B est de 21 %. La coinfection était plus fréquente chez les hommes (24 %) que chez les femmes (19 %) p = 0,05. La plupart des patients (98 %) coinfectés étaient sous traitement antirétroviral. Toutefois les patients traités avec l’association TDF+3TC/FTC ne représentent que 76 %.

Ainsi 24 % des patients coinfectés étaient sous un régime thérapeutique qui ne stoppe pas la réplication de l’hépatite B.

Malgré la forte prévalence de l’hépatite B chez les per- sonnes vivant avec le VIH, deux patients sur trois n’ont pas bénéficié de la recherche de l’AgHBs et un patient coinfecté sur trois ne reçoit pas la bonne combinaison thérapeutique qui agirait et sur la réplication du VIH et celle du VHB. Dans le contexte d’un pays de forte endémicité de l’hépatite B, il est important de systématiser la recherche de l’AgHBs et d’intégrer dans le traitement de première intention le TDF dans les combinaisons thérapeutiques.

Marqueurs immuno-virologiques de l’hépatite B chez les consommateurs de drogues injectables de Thiès (ECODITH) : degré de protection et de susceptibilité.

O. Ndiaye1, L. Drame2, P.A. Diall2, A.M. Mendy2, O. Ba2, F. Seck2, F. Niasse3, A. Diouf1, A.G. Dione1, S.A. Diop- Nyafouna1, N.C.T. Kane4, M. Seydi1

1. SMIT/CRCF - Fann, Dakar, Sénégal ; 2. UTA - EPS Mbour, Dakar, Sénégal ; 3. CNLS (Comité national de lutte contre le sida), Dakar, Sénégal ; 4. Dalal JAM, Dakar, Sénégal

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La consommation de drogues injectables semble de plus en plus importante en Afrique de l’Ouest. Une première étude menée à Dakar a mis en lumière l’existence de consommateurs de drogue injectables (CDI) avec des préva- lences relativement élevées pour les infections à VIH et aux hépatites virales. En dehors de Dakar, il a été rapporté l’exis- tence de CDI dans d’autres régions, dont le département de Mbour (région de Thiès) qui semble abriter une population relativement importante de CDI. C’est en ce sens que le pro- jet ECODITH a été mis en place, dont l’un des objectifs était de documenter la prévalence du VHB. L’objectif princi- pal de cette communication est d’étudier les marqueurs immuno-virologiques de l’hépatite B chez les CDI de Thiès.

Les usagers d’héroïne et/ou de cocaïne/crack vivant dans la région Thiès ont été inclus dans l’étude entre le 13 septem- bre 2017 et le 15 février 2018. La méthode RDS (Respon- dent Driven Sampling) a été utilisé pour le recrutement des participants pour lesquels, 3 tubes de sang (2 tubes EDTA et 1 tube sec) ont été prélevés, puis centrifugés et aliquotés sur des cryotubes pour la réalisation des tests sérologiques (VIH, VHB, VHC et syphilis) et moléculaires. Pour les participants avec les AgHBs négatifs, les Ac anti-HBc ont été recherchés et si ces derniers étaient positifs, les Ac anti-HBs ont été recherchés. Mais pour ceux avec des AgHBs positifs, la charge virale VHB a été effectuée.

Au total, 442 CDI ont été inclus dans l’étude avec une moyenne d’âge de 38 ans [20 ans ; 69 ans] dont 422 (95,5 %) hommes et 20 (4,5 %) femmes. Parmi les 442 CDI testés dans l’étude 78 (17,7 %) ont des sérologies VHB positives. La charge virale VHB a été réalisée sur 51 des 72 participants et 45 ont des charges virales détecta- bles (dont 16 avec des charge virales > 2 000 UI/ml). Parmi les CDI, 113 (26,8 %) étaient porteurs d’Ac anti Hbc parmi lesquels 78 (69,0 %) étaient porteurs de l’AgHbs et 35 (31 %) n’étaient pas porteurs de l’Ag HBs. Parmi ces der- niers, seuls 6 (17,1 %) CDI présentaient des Ac anti Hbs> 10 UI/ml.

Ces résultats montrent qu’une faible proportion les CDI de Thiès, ont une immunité vis-à-vis du VHB avec seule- ment 7 % participants qui ont bénéficié d’une vaccination.

Une prévalence élevée du VHB a été également notée chez les CDI de Thiès, comparée à ceux de Dakar (7,9 %), mais également à la population générale.

Prévalence et facteurs associés à la co-infection VIH et hépatites virales B et C chez les PVVIH hospitalisées au Service des maladies infectieuses et tropicales du CHNU de Fann à Dakar de 2008 à 2014

S.A. Diop Nyafouna1, L. Fortes Deguenovo1, N.M. Manga2, K. Diallo Mbaye1, N. A. Lakhe1, V.M.P. Cisse Diallo1, D. Ka1, N.M. Dia Badiane3, C.T. Ndour1, M. Seydi1

1. Service des maladies infectieuses et tropicales du CHNU de Fann, Dakar, Sénégal ; 2. UFR Ziguinchor, Ziguinchor, Sénégal ; 3. UFR Saint Louis, Saint Louis, Sénégal

L’infection à VIH à elle seule pose un problème majeur de prise en charge : lorsqu’elle est associée aux virus de l’hépa- tite B et/ou C, cela devient un véritable problème de santé publique.

Etude rétrospective, descriptive et analytique sur les pvVIH hospitalisés dans le service des maladies infectieuses de Fann du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2014. Cette étude avait pour but de déterminer la séroprévalence de l’AgHBs et de l’Ac anti-VHC chez les pvVIH, de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques et évolutifs des patients VIH co-infectés par le VHB et le VHC, de décrire les facteurs associés à une co-infection aux VHB et VHC chez les pvVIH et de décrire les facteurs associés au décès des patients co-infectés par le VHB-VIH et VHC-VIH. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux, saisies et analysées avec Epi info 7.1.5.0.

Mille cinquante-sept cas de patients vivant avec le VIH enregistrés sur 7235 admissions, soit une prévalence hospi- talière du VIH de 14,60 %. Sur les 1 057 pvVIH, la recher- che de l’Ag HBs avait été réalisée chez 495 patients. Parmi eux, 141 avaient un AgHBS positif, soit 28,48 %. La recher- che de l’anticorps anti VHC avait été réalisée chez 81patients et 12 patients avaient une sérologie VHC posi- tive, soit 14,81 %. Chez les co-infectés VIH-VHB, il y avait plus d’homme 58, 15 % avec un sexe ratio (H/F) de 1,38.

Chez les co-infectés VIH-VHC, il y avait plus de femme 58,33 % avec un sexe ratio (F/H) de 1,4. Chez les co- infectés VIH-VHB, la moyenne d’âge était de 42,05 ± 11,38 [10-70 ans]. Chez les VIH-VHC, la moyenne d’âge était de 41,61 ± 16,53 [17-63 ans]. Les patients étaient surtout symp- tomatiques (stade III et IV de l’OMS) au moment de leur prise en charge aussi bien chez les VHB-VIH (49,64 %) que chez les VHC-VIH (58,33 %). Plusieurs infections opportunistes étaient actives au moment de la découverte des co-infections VHB-VIH et VHC-VIH. Elles étaient domi- nées par la tuberculose et la candidose. Sur le plan épidémio- logique, clinique, paraclinique aucun facteur statistiquement significatif n’a été retrouvé associé à la présence d’une co- infection à l’hépatite B ou à l’hépatite C chez les pvVIH. Les facteurs qui étaient statistiquement liés au décès chez les co- infectés VHB-VIH étaient une immunodépression sévère et chez les co-infectés VHC-VIH, le sexe, la tuberculose pul- monaire et extra-pulmonaire. La létalité était de 29,07 % chez les VHB-VIH et de 41,67 % chez les VHC-VIH.

La morbidité et la mortalité attribuables aux co-infections VHB-VIH et VHC-VIH demeurent une préoccupation majeure pour les praticiens impliqués dans la prise en charge de cette population. Malgré le fardeau important de ces trois pathologies, la majorité des personnes co-infectées avec le

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VHB ou le VHC restent non diagnostiquées et ignorent leur infection. L’identification précoce de ces personnes co- infectées leur permet de recevoir les soins et les traitements nécessaires pour prévenir ou retarder la progression de la maladie du foie.

Profil et survie des patients infectés par le VIH-1 en seconde de ligne de traitement antirétroviral suivis en milieu hospitalier à Dakar (Sénégal)

L. Fortes Déguénonvo1, K. Diallo Mbaye1, V.M.P. Cisse Diallo1, N.A. Lakhe1, D. Ka1, A. Massaly1, A. Dieye5, C.T. Diop2, S.A. Diop Nyafouna3, N.M. Manga4, N.M. Dia Badiane5, C.T. Ndour1, M. Seydi1

1. Service des maladies infectieuses et tropicales du CHNU de Fann, Dakar, Sénégal ; 2. Université A. Diop de Bambey et CHNU Fann, Bambey, Sénégal ; 3. UFR santé, Thies, Sénégal ; 4. FR santé, Ziguinchor, Sénégal ; 5. UFR santé, Saint Louis, Sénégal

Dans les pays à ressources limitées, peu d’études de cohortes observationnelles ont été réalisées sur l’efficacité du traitement ARV de seconde ligne. Ces données sont d’au- tant plus importantes dans notre contexte où le diagnostic de l’échec thérapeutique est tardif et l’arsenal thérapeutique limité.

Cette étude se fixait pour objectifs de décrire les caracté- ristiques épidémiologiques, cliniques et paracliniques et évolutives des patients infectés par le VIH-1 sous traitement ARV de seconde ligne suivis au service des maladies infec- tieuses du CHNU de FANN à Dakar au Sénégal.

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective chez les patients infectés par le VIH-1 mis sous traitement ARV de seconde ligne entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2016. Les données ont été collectées à partir des dossiers médicaux et analysées avec le logiciel Info version 7.

Cent trente-cinq patients ont été inclus. L’âge moyen des patients était de 41,7 ± 10,4 ans à l’initiation de la seconde ligne de traitement ARV. Le sex-ratio (F/H) était de 1,4. Un tiers (34,2 %) des patients avait des infections opportunistes et seuls 12 % des cas avaient été hospitalisés lors du chan- gement de traitement. Le taux médian de lymphocytes T CD4+ était de 122/mm3. L’augmentation du taux de CD4+ était en moyenne de 208 cellules/mm3sous seconde ligne. La charge virale était indétectable (< 50 copies/ml) chez dans 70,8 % des cas à M12 de traitement. Le délai médian de changement de ligne était de 3 ans [2,5 - 5,5].

Le protocole de seconde ligne le plus utilisé était le TDF +3TC+LPV/r (35,6 %) suivi du régime ABC+DDI+LPV/r (18,5 %). Sur les 135 patients, 13 (9,6 %) sont décédés après un délai moyen de mise sous seconde ligne de 1,7 ± 1,5 ans et 23,0 % ont été perdus de vue. La durée médiane de suivi sous seconde ligne était de 4 ans [1,5 - 6].

En milieu hospitalier à Dakar, à l’instauration de la seconde ligne, peu de patients présentaient un échec clinique ; par contre, le taux de CD4+ reste faible. Le traitement ARV de seconde ligne est efficace. Toutefois, il convient de renfor- cer la recherche active des patients perdus de vue afin d’amé- liorer le suivi des patients sous seconde ligne.

Evaluation de l’efficacité virologique du traitement antirétroviral en milieu décentralisé : à propos de 624 cas dans la région de Ziguinchor

N.M. Manga1,2, K. Diallo2, S. Ndoye2, A. Diatta1,2 1. UFR Sciences de la sante/Université A. Seck, Ziguinchor, Sénégal ; 2. Hôpital de la Paix, Ziguinchor, Sénégal

La région de Ziguinchor est l’une des zones choisies pour lancer la phase pilote de la stratégie des 3-90 au Sénégal.

C’est ainsi que depuis 2015, la mesure de la charge virale plasmatique du VIH y a été rendue disponible. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’efficacité de la trithérapie chez les patients suivis dans différents districts de cette région.

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analy- tique portant sur les données du registre du laboratoire de l’Hôpital de la Paix de Ziguinchor. Les prélévements prove- naient des cohortes des centres de santé de Bignona, de Ziguinchor, d’Oussouye, de Thionck-Essyl et de l’Hôpital de la Paix. Les patients avaient au moins six mois de trithé- rapie. Le dosage de la charge virale a été réalisé grâce à une machine AmpliPrep Taqman Roche. Les données ont été saisies et analysées grâce au logiciel Epi info.

Cette étude a porté sur 983 prélèvements réalisés entre décembre 2015 et novembre 2016. Parmi ces patients, 624 ont été inclus. La majorité provenait des centres de santé de Bignona et de Ziguinchor. Le sex ratio était de 2,8 et la moyenne d’âge de 41,64+/-14,3 ans. Les protocoles de trai- tement antirétroviral prédominants étaient le TDF/3TC/EFV (41 %) et AZT/3TC+EFV (43 %). La charge virale était indétectable chez 49,7 % des patients et comprise entre 20- 1 000 copies chez 28,52 % des cas. Les autres patients avaient une charge virale modérée comprise entre 1 000 et 10 000 copies (6 %) ou élevée, supérieure à 10 000 copies 15,7 %. Les facteurs associés au succès virologique sont le sexe féminin et l’âge adulte.

Bien que le taux de succés virologique soit important dans la région de Ziguinchor, il reste inférieur à l’objectif de 90 %.

Des efforts doivent être réalisés pour améliorer cet indicateur en vue de l’atteinte des objectifs fixés pour 2020.

Pratiques à risque chez les consommateurs de drogues injectables dans la région de Thies, Sénégal

C.A.B. Gueye6, P.A. Diallo2, F. Seck2, A.G. Ndione1, A. Diouf1,3, S.A. Diop-Nyafouna4, S. Thiam5, M. Seydi1,3

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1. Centre régional de recherche et de formation (CRCF), Dakar, Sénégal ; 2. Hôpital départemental de Mbour, Mbour, Sénégal ; 3. Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT), Dakar, Sénégal ; 4. Université de Thiès, Thiès, Sénégal ; 5. Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), Dakar, Sénégal ; 6. Hôpital régional de Kaolack, Kaolack, Sénégal

L’usage de drogues est associé à des risques infectieux en particulier liés aux infections virales transmissibles par le sang, parmi lesquelles les virus de l’immunodéficience humaine (VIH), de l’hépatite B (VHB) et de l’hépatite C (VHC). Au Sénégal, une étude sur la consommation de dro- gues dans la région de Thiès (ECODITH) a permis de décrire les pratiques d’usage et d’identifier les facteurs associés aux infections virales (VIH, VHB et VHC) chez les consomma- teurs de drogues injectables (CDI). L’objet de cette commu- nication est de décrire les pratiques à risque observées chez les CDI dans le cadre d’ECODITH.

Une étude transversale à visée descriptive et analytique portant sur la population de CDI de la région de Thiès a été menée grâce à une enquête de type RDS (Respondent Driven Sampling) du 13 septembre 2017 au 15 février 2018. Les données ont été recueillies à travers un question- naire assisté par ordinateur. Elles ont été analysées par le logiciel RDS Analyst.

Un effectif total de 442 CDI inclus dans l’étude a permis d’estimer la taille de cette population à 1074 (IC95 % = 521–4 269) dans la région de Thiès. Une proportion de 14 % de la population avait partagé du matériel lors de la dernière utilisation de drogues. Les usagers de drogues par voie injectable (UDI) représentaient 11,5 % de cette popula- tion (la population fait référence à l’ensemble des CDI dans la région de Thiès. Elle est estimée à 1074 CDI et parmi eux 11,5 % ont utilisé de la drogue par voie injectable. Il s’agit de la population d’étude précedemment citée), mais seulement 3,6 % (IC95 % = 2,0–5,1) ont utilisé des drogues par voie injectable au cours des 6 derniers mois. Parmi ces UDI, 41,6 % ont partagé une seringue avec un autre usager, 53 % l’eau de préparation et la cuillère, 38,1 % le coton/

filtre, 44,1 % l’eau de rinçage, 19,6 % la pipe et 5 % la paille.

54,2 % ont admis avoir réutilisé leur propre matériel d’injec- tion et 19,4 % désinfectaient leur seringue. La quasi-totalité de la population d’étude (99 %) entretenait des rapports sexuels et parmi eux, 75,2 % au cours des 6 derniers mois dont la plupart avec plus d’un partenaire. Lors du dernier rapport sexuel, 41,5 % des CDI avaient utilisé un préservatif ; 7,1 % ont rapporté avoir déjà échangé du sexe contre de la drogue et 5,2 % ont déclaré avoir des partenaires payants ; 91,6 % des CDI de Thiès n’avaient aucune connaissance globale sur les hépatites et 85,3 % avaient un niveau de connaissance faible sur le VIH ou n’en avaient pas. Seuls 0,6 % des CDI avaient entendu parler de la prophylaxie

pré-exposition (PREP) et aucun n’en avait pris. Quant à la prophylaxie post-exposition (PPE), 27,7 % en avaient entendu parler et parmi eux, 0,6 % en avaient déjà pris.

Les risques infectieux chez les CDI peuvent être liés directement à la consommation de drogues, à leur sexualité et à l’absence d’information sur les dangers et les moyens de protection. La promotion des politiques de réduction des ris- ques peut permettre de réduire la transmission du VIH et des hépatites au sein de cette population.

Epidémiologie de l’infection à VIH au Sénégal en 2017 : résultats de l’enquête EDS

A. Dramé, H. Diop-Ndiaye, S. Ndiaye, P.A. Niang-Diallo, A.J. Ndiaye, A. Dieng, A.A Diallo, S. Bousso Gueye, P. Mabeye Diop, Y. Ly, P.I.S. Sene, A. Gaye-Diallo, C. Touré-Kane, C.S. Bouh Boye

Laboratoire bactériologie-virologie CHNU Aristide le Dan- tec, Dakar, Sénégal

Le contrôle de l’infection à VIH/sida a toujours constitué une priorité pour le ministère de la Santé. C’est ainsi que des activités de surveillance de la prévalence sont menées régu- lièrement, soit par la surveillance sentinelle, soit à travers les enquêtes démographiques et de santé (EDS). Les dernières estimations faisaient état d’une prévalence du VIH de 0,7 %.

L’objectif de ce travail était d’estimer à partir des données de l’EDS 2017, la prévalence actuelle du VIH au Sénégal.

La prévalence a été estimée dans la tranche d’âge 15- 49 ans recrutée dans les ménages. La sélection des ménages a été réalisée par un système de sondage aléatoire de façon à disposer d’un échantillonnage représentatif au plan national.

Les personnes consentantes ont fait l’objet d’une interview et d’un prélèvement sanguin capillaire sur papier buvard.

Les prélèvements ont été séchés pendant 24 heures sur site avant d’être acheminés dans les 15 jours, au laboratoire de bactériologie-virologie du CHNU Aristide le Dantec (LBV) où ils ont été stockés à -80 °C jusqu’à la réalisation des tests sérologiques. L’algorithme utilisé consistait à tester tous les échantillons avec Bioelisa HIV1/2. Tous les échantillons positifs ont été testés avec INNO-LIA™ HIVI/II (Abbott) pour confirmation. De plus, tous les échantillons discordants (Bioelisa positif et INNO-LIA négatif ou indéterminé) ont été testés à nouveau sur INNO-LIA avant le rendu du résultat.

Sur les 15 828 personnes éligibles âgées de 15-49, 87 % (n = 13 755) ont été interviewées et prélevées pour le test de VIH. La sérologie VIH était positive pour 69 personnes, soit une prévalence de 0,5 %. Les prévalences régionales variaient de 0,1 % à Thiès à 1,5 % à Kolda et Ziguinchor avec des prévalences intermédiaires (> 0,5 %) retrouvées à Kédougou (0,6 %), Tambacounda (0,8 %) et Kaffrine (0,9 %). Selon le type de virus, la prévalence du VIH1 était

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de 0,53 %, celle du VIH-2 de 0,01 % et du VIH-1/2 de 0,13 %. La prévalence du VIH augmente avec l’âge allant de 0 % entre 15-19 ans à 1,1 % chez les 45-49 ans. Selon le sexe, la prévalence est de 0,5 % chez les femmes et de 0,4 % chez les hommes. Elle est plus élevée chez les personnes en couple (n = 7197) que chez les célibataires (n = 6 076) avec respectivement 0,6 % et 0,2 %. La prévalence dans les unions polygames (n = 1 828) était de 0,8 % contre 0,5 % dans les unions monogames (n = 5 366). Cette prévalence est plus élevée chez les personnes ayant eu leur premier rapport sexuel avant 16 ans (n = 1 666) avec 0,7 % alors qu’au-delà de 20 ans (n = 3 817) le pourcentage est de 0,3 %.

Ces résultats confirment la faible prévalence de l’infec- tion à VIH au Sénégal avec une tendance à la baisse. Cepen- dant, des efforts restent à faire dans les zones de prévalence supérieure à la moyenne nationale.

Etudes bio-comportementales sur la vulnérabilité des personnes handicapées face au VIH et aux violences basées sur le genre réalisées dans quatre pays

de l’Afrique de l’Ouest : Sénégal, Guinée Bissau, Cap Vert et Burkina Faso

M. Niome

Humanité & inclusion (ex Handicap International), Dakar, Sénégal

Les études bio-comportementales réalisées au Sénégal, en Guinée Bissau, au Cap Vert et au Burkina Faso ont montré que la prévalence du VIH chez les personnes handicapées est en moyenne deux à trois fois plus élevée que dans la popula- tion générale. L’objectif de cette étude est de soutenir la mise enœuvre des plans stratégiques nationaux de lutte contre le VIH en contribuant à une meilleure connaissance de la préva- lence, des facteurs de vulnérabilité et des comportements à risque chez les personnes handicapées face au VIH.

C’est la méthode probabiliste qui a été choisie afin de garantir la fiabilité et la représentativité des données. Ainsi des zones géographiques représentatives de l’échelle natio- nale ont été choisies et les personnes handicapées incluses dans l’étude ont été identifiées dans des ménages sélection- nés de façon aléatoire. Pour leur identification, c’est l’outil du Washington Group qui a été utilisé par l’administration de 6 questions évaluant des incapacités (physiques/motrices, visuelles, auditives de communication, mentales, intellec- tuelles). Le volet quantitatif a consisté en l’administration d’un questionnaire comportemental, combinée à une opéra- tion de dépistage volontaire du VIH. Quant au volet qualita- tif, il a donné lieu à l’organisation defocus group, d’entre- tiens individuels approfondis et de récits de vie.

Les résultats obtenus ont montré que la prévalence du VIH chez les personnes handicapées comparée à la moyenne nationale est plus élevée avec un taux de prévalence de 1,9 %

contre 0,5 % pour le Sénégal, 4,6 % contre 0,9 % pour le Burkina Faso, 7,2 % contre 3,3 % pour la Guinée Bissau, et de 2,3 % contre 0,8 % pour le Cap Vert. Excepté le Cap Vert, le taux de prévalence est plus fort chez les femmes que chez les hommes : 2,5 % contre 1,3 % (Sénégal) ; 5,4 contre 3,3 % (Burkina Faso) ; 8,9 % contre 5,4 (Guinée Bissau) et pour le Cap Vert, 3 % chez les hommes contre 1,9 %. Les personnes handicapées et particulièrement les femmes subissent sou- vent des violences. Plus du tiers des répondants ont reconnu avoir été victimes de violences, toutes catégories confon- dues, y compris sexuelle) : 31 % pour la Guinée Bissau, 36,8 % pour le Sénégal et 65 % pour le Burkina Faso.

De nombreux problèmes d’accessibilité ne sont pas encore perçus par les prestataires des structures de santé.

D’où le pourcentage de fréquentation des structures de soins, de soutien et de prévention du VIH par les personnes handi- capées qui reste encore faible, soit 2,6 % (Sénégal) ; 19,7 % (Burkina Faso) et 26 % (Guinée Bissau).

Les personnes handicapées sont plus vulnérables au VIH que la population générale. Elles ont des besoins spécifiques qui ne sont pas pris en compte dans les stratégies ; et cette population cible nécessite d’être considérée comme une popu- lation vulnérable à cibler en priorité. L’inclusion des person- nes handicapées dans la prévention, la protection et la promo- tion de la santé est essentielle en vue d’arriver à des politiques, des interventions et des services adaptés à leurs besoins.

Infection à VIH en milieu carcéral au Sénégal : prévalence et facteurs associés

S. Ba1, M. Koita2, I.L. Diop2, F.A. Diaw6, A. Gueye4, P.A. Niang Diallo3, S. Thiam3, C.T. Ndour5

1. USAID/Neema Intrahealth International, Dakar, Sénégal ; 2. Agence pour la promotion des activités de la population (APAPS), Dakar, Sénégal ; 3. Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), Dakar, Sénégal ; 4. Laboratoire de bactériologie virologie HALD, Dakar, Sénégal ; 5. Division de lutte contre le sida, Dakar, Sénégal ; 6. Ministère de l’Intérieur, Dakar, Sénégal

Le VIH/sida est dans de nombreux pays un grave pro- blème de santé pour les populations carcérales et constitue un sérieux défi pour les services pénitentiaires, les services de santé publique et les gouvernements nationaux. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette étude avec comme objectifs de déterminer la prévalence de l’infection à VIH chez les détenus et d’en décrire les facteurs associés.

Il s’agit d’une étude transversale à visée descriptive et analytique conduite de décembre 2015 à octobre 2016 ; 600 détenus ont été interrogés à partir d’un échantillon aléa- toire, représentatif du niveau national, tiré directement à par- tir de la base de sondage prenant en compte l’effectif des sites dans leur exhaustivité. Plus de la moitié des détenus

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ont été enquêtés dans les régions de Dakar, Thiès et Louga, avec respectivement 40 %, 13 % et 10 % des répondants.

Diourbel 8 %, Kaolack 8 %, Fatick 4 %, Kolda 4 %, St Louis 4 %, Tamba 4 %, Ziguinchor 4 %, (Matam, Sedhiou, Kaf- frine, Kedougou sont non representés.) Des questionnaires préétablis renseignant sur les caractéristiques sociodémogra- phiques et biologiques des détenus ont permis le recueil des données. La saisie et l’analyse des données ont été faites à l’aide des logiciels EXCEL ET SPSS 18.

L’enquête a porté sur un échantillon aléatoire de 600 déte- nus parmi lesquels 593 ont accepté le prélèvement de sang pour le test du VIH. La série était composée en majorité d’hommes (89 %). L’âge médian était de 31 ans. La propor- tion d’enquêtés scolarisés était de 60 %, plus élevée chez les hommes. Concernant le statut matrimonial, la proportion de détenus mariés était de 51,8 %. Presque les trois quarts (71,2 %) en étaient à leur première incarcération et 51,8 % en détention préventive. Les motifs d’incarcération étaient variés dominés par l’usage de drogue (35,3 %) alors que seuls 4,6 % affirmaient continuer à s’adonner à la drogue durant leur séjour carcéral. Parmi les détenus 97,8 % ont déjà eu une expérience sexuelle avec un âge médian aux premiers rapports sexuels de 19 ans. Seuls 20,5 % des enquêtés ont déclaré avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rap- port sexuel. Le multi-partenariat est estimé 17,8 %. La pré- valence de l’infection à VIH était élevée chez les détenus (2 %) par rapport à la moyenne nationale (0,7 %). Cette pré- valence était associée au sexe féminin (4,5 %) (p = 0,124), à l’âge inferieur à 35 ans (2,5 %) (p = 0,346), à la non- scolarisation (2,5 %) (p = 0,46), au statut matrimonial de divorcés (8,7 %) (p = 0,44), à l’escroquerie comme motif de détention (5,7 %) (p = 0,11) et à la profession de femme de ménage (12,5 %) (p = 0,002) et de commerçant (3,5 %) (p = 0,29) avant l’incarcération.

Les détenus sont très vulnérables face à l’infection à VIH avec une prévalence triple que la prévalence nationale d’où la nécessité de mener des actions efficaces de prévention et de prise en charge en milieu carcéral.

Prévalence des infections virales (VHB, VHC et VIH), de la syphilis chez les consommateurs de drogues injectables (CDI) dans la région de Thiès, Sénégal

S.A. Diop-Nyafouna1, A. Diouf1, I. Ba2, F. Seck3, F. Niasse4, S. Thiam4, M. Seydi1

1. SMIT-CHNU Fann, Dakar, Sénégal ; 2. CEPIAD-CHNU Fann, Dakar, Sénégal ; 3. UTA-Hôpital Grand Mbour, Mbour, Sénégal ; 4. CNLS, Dakar, Sénégal

L’étude sur la consommation de drogues à Thiès (ECO- DITH) a été mise en place sous l’égide du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), du Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT)/Centre régional de recher-

che et de formation (CRCF), du CEPIAD et du Center for Disease Control and Prevention (CDC).

Elle avait pour objectif d’estimer la séroprévalence des infections virales (VHB, VHC et VIH), de la syphilis et de décrire les pratiques à risque chez les consommateurs de drogues injectables dans la région de Thiès où l’existence de populations de CDI a été rapportée notamment dans le département Mbour.

Une étude avec un devis transversal mixte (quantitatif et qualitatif) à visée descriptive et analytique a été réalisée du 13 septembre au 15 février 2018 portant sur les consomma- teurs de drogues par voie injectable âgés de 18 ans ou plus ou mineur émancipé, résidant à Thiès. Le nombre de CDI a été estimé à travers une méthode de capture-recapture à par- tir des réseaux de consommation de drogues injectables de la région de Thiès et par la méthode d’échantillonnage succes- sif « population size estimation – successive sampling (PSE_SS) » de RDS-Analyst. La prévalence des infections virales a été déterminée à partir de la méthode RDS.

Durant la période d’enquête, 606 candidats participants se sont présentés à la base de recherche parmi lesquels 442 patients, principalement de sexe masculin, âgés en moyenne de 38,0 ans ± 9,6 ont été inclus après activation de 10 graines. La méthode SS-PSE de RDS-A a estimé le nombre de CDI de la région de Thiès à 1 074 ; IC 95 % = 521–4269. La prévalence du VIH est estimée à 1,8 %, elle est plus élevée chez les hommes, les CDI qui ont des anté- cédents de consommation à l’étranger, les CDI qui échan- gent du sexe contre la drogue. La prévalence de l’Ag HBs était de 18,4 % : plus élevée chez les hommes, les CDI qui ont des antécédents de consommation à l’étranger, les CDI qui ont eu à échanger du sexe contre la drogue et les clients de professionnelles du sexe, mais moins élevée chez les CDI qui ont été vaccinés contre l’hépatite B. La prévalence des Ac anti-VHC était de 2,2 %. Elle était plus élevée chez les hommes, les CDI de 55 ans et plus, les CDI qui ont des anté- cédents de consommation à l’étranger, d’incarcération, de piercing ou de tatouage cutané. Deux CDI présentaient des Ac anti tréponèmiques parmi lesquels un cas de syphilis active qui présentait également des Ac non tréponèmiques.

Un cas de coinfection VIH+VHB ainsi qu’un cas de coinfec- tion VIH+VHC ont été retrouvés.

Les prévalences du VIH et de l’hépatite virale B chez les consommateurs de drogues étaient respectivement de 1, 8 %, et 18,4 %, et nécessitent des actions de prévention et de prise en charge.

Connaissance attitude et pratique des HSH en matière de VIH et d’IST : prévention, dépistage

K. Gueye, C.T. Ndour, A.K. Diop, A. M. Niang, A. Thiam, R. Tine

Division de lutte contre le sida et les IST, Dakar, Sénégal

(11)

Le Sénégal est caractérisé par une épidémie concentrée de VIH, avec une prévalence stable à 0.5 % dans la population générale (EDS, 2005 et 2010), mais élevée notamment au sein des professionnelles du sexe (6,6 %) et des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH) (17,8 %).

Cette enquête visait à évaluer l’impact des interventions au profit des HSH au Sénégal en termes de connaissances d’at- titude et de pratiques vis a vis du VIH et des IST, et de fournir des évidences pour orienter les politiques nationales.

Il s’agit d’une étude transversale descriptive qualitative et quantitative menée au niveau de 12 régions, incluant des HSH âgés de 18 ans ou plus après consentement. L’outil de collecte était représenté par un questionnaire électronique évaluant les connaissances attitudes et pratiques concernant le VIH et les autres IST. Les participants ayant donné leur consentement ont été dépistés pour le VIH. Les variables catégorielles ont été exprimées en proportions et les variables continues en médiane et extrême pour moyen et écarts type.

Au total, 1 148 participants ont été enrôlés, dont 30 % au niveau de Dakar. L’âge moyen des participants était de 24,5

± 6,1. L’échantillon était principalement constitué de sujets d’âge compris entre 20 et 24 ans (47,1 %), de célibataires (90,9 %), avec un niveau d’instruction équivalent au niveau d’étude secondaire dans 51,4 % des cas. L’âge moyen du partenaire au premier rapport sexuel avec une femme était de 17,6 ± 4,6 ans contre 23,3 ± 7,9 ans au premier rapport sexuel avec un homme. Le nombre médian de partenaires était de 5 (3-10). Concernant les modes de transmission du VIH, la pénétration non protégée était le principal mode de transmission citée par les enquêtés (21,3 %) suivi des bles- sures par objets souillés. Il est à noter, qu’une importante fraction de la population d’enquête (44,5 %) affirme ne pas connaître les signes d’une IST. L’utilisation de lubrifiant lors des rapports anaux était occasionnelle dans 35,3 % des cas tandis que l’utilisation de préservatif était plus fréquente au niveau du groupe d’âge compris entre 20 et 24 ans et chez les sujets ayant un niveau d’instruction secondaire. Globale- ment, 967 participants (84,2 %) ont affirmé connaître un lieu de dépistage du VIH et 948 participants (82,6 %) ont déjà effectué un test du VIH. Au total, 317 individus avaient pré- senté une sérologie VIH positive, soit une séroprévalence globale de 27,6 %, IC95 % (25,3 - 30,1), avec de fortes disparités selon les régions, la séroprévalence étant signifi- cativement plus élevée au niveau de Dakar.

Le niveau de prévalence du VIH chez les HSH reste très élevé au Sénégal, d’où la nécessité de maintenir les efforts pour leur faciliter l’accès au dépistage et à la prise en charge.

Test All, Treat All, and Retain au Sénégal (TATARSEN) en pédiatrie

A. Diack1, A. Diagne Guèye1, F. Sady1, N.F. Diallo1, M.L. Barry1, H. Mbodj1, F. K. Ndiaye Samb1, C. Cames2

1. Centre hospitalier national d’Enfants A. Royer, Dakar, Sénégal ; 2. Institut de recherche pour le développement (IRD), UMI233 TransVIHmi IRD, U1175 Inserm, Univer- sité de Montpellier, France, Montpellier, France

Parent pauvre de la prise en charge, l’épidémie pédia- trique de VIH est déjà responsable de plus de 5 millions de décès à travers le monde. En ce qui concerne le Sénégal, la cascade pédiatrique qui était à 34 % de dépistés, 25 % de traités et 2 % de suppression virologique en 2017, montre l’étendue du gap à combler en direction des trois 90, en par- tie grâce à la stratégie « TATARSEN ».

L’objectif était d’évaluer l’impact de l’adoption du TATARSEN sur les inclusions, la rétention, la suppression virologique au niveau du site du Centre hospitalier national d’enfants A. Royer, et de formuler des recommandations en direction du programme national.

Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective et descrip- tive à partir de dossiers d’enfants et d’adolescents infectés par le VIH suivis entre 2003 et 2018 au niveau du site du CHN d’Enfants A. Royer, avec comparaison des données de deux périodes (avant et après l’adoption de TATARSEN).

Au total, 289 patients étaient suivis au 30 juin 2018, infectés par le VIH-1 dans 99 % des cas (n = 385). Il s’agis- sait d’adolescents dans 73 % des cas. L’âge médian au diag- nostic de ces patients était de 4 ans. La proportion de patients sous TARV est passée de 94 % en 2016 à 97 % dont 73 % en première ligne (n = 204) ; le délai médian d’initiation au traitement était de 100 jours. Le protocole de première ligne à base de TDF/FTC/EFV, préconisé par le programme chez les adolescents, n’était adapté que chez 7 % des patients à l’initiation du traitement, les adolescents qui avaient un poids égal ou supérieur à 35 kg (n = 15). Des épisodes de ruptures concernant trois molécules clefs (AZT/3TC/NVP, EFV 200mg et ABC/3TC) allant de 3 à 15 mois ont été à l’origine de modifications de protocole chez 43 patients et d’un allongement du délai de mise sous traitement en 2017- 2018. La proportion de patients en suppression virologique était de 65 %, contre 81 % en 2016 tandis qu’aucun patient sous TARV n’a été perdu de vue.

Pour mettre plus de 90 % des enfants sous TARV, les retenir en suppression virologique, il conviendra d’assurer la pérennisation de la chaîne d’approvisionnement, l’accès à des formes galéniques adaptées et au monitoring par la charge virale.

Évaluation de l’efficacité virologique et clinique de la prise en charge thérapeutique des enfants VIH+

dans les régions sud du Sénégal (EnPRISE2)

K. Diop1,2, P.M. Ndiaye1, N.B. Ndiaye1, O. Ndiaye2, K. Sow2, A. Niang2, A. Fall3, P. Niang Diallo4, F. Niasse4, C.T. Ndour1, S. Thiam4, G. Laborde-Balen2,5,7, B. Taverne2,5,6

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1. Division de lutte contre le sida et les IST (DLSI), MSAS, Dakar, Sénégal ; 2. Centre régional de recherche et de for- mation à la prise en charge clinique de Fann (CRCF), Dakar, Sénégal ; 3. HACI, Dakar, Sénégal ; 4. Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), Dakar, Sénégal ; 5. ANRS, Dakar, Sénégal ; 6. IRD, Dakar, Sénégal ; 7. Expertise France, Dakar, Sénégal

Débuté en 2018, le projet EnPRISE 2 (Prévention et prise en charge décentralisée de l’échec thérapeutique chez les enfants VIH+ au Sénégal) a pour objectif d’évaluer le niveau virologique des enfants et de renforcer l’accompagnement des structures pour améliorer leur prise en charge. Il fait suite à une enquête épidémio-virologique transversale réalisée en 2015 à l’échelle nationale (EnPRISE 1) qui avait montré un taux d’échec virologique de 64 % chez les enfants VIH+

suivis hors de Dakar. Ce constat a conduit au renforcement de l’accès à la charge virale sur l’ensemble du territoire et à une sensibilisation des équipes. Le premier volet de cette recherche opérationnelle concerne les régions sud du pays.

L’enquête a été conduite de mai à septembre 2018 dans 23 sites des cinq régions du sud du Sénégal : Tambacounda, Kédougou, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, auprès d’enfants et d’adolescents séropositifs âgés de 0 à 19 ans. Des prélève- ments sanguins ont été effectués pour mesurer la charge virale, accompagnés d’un recueil d’informations socio- démographiques et biomédicales. Les analyses virologiques ont été réalisées dans les laboratoires régionaux. Une enquête socio anthropologique d’accompagnement est en cours.

L’étude a concerné 345 enfants, dont 334 infectés par le VIH-1, 7 par le VIH-2, 2 avec un double profil (2 non pré- cisés). Sur les 345 enfants, 339 sont traités par ARV (320 en 1eligne et 19 en 2eligne) dont 302 depuis plus de six mois.

L’âge médian est de 9 ans. Les filles représentent 53 % de l’effectif et sont moins nombreuses que les garçons chez les 0-5 ans (38 %), mais majoritaires après 15 ans (69 % des 15- 18 ans et 87 % des plus de 18 ans). Soixante-huit pour cent (68 %) des enfants ont une charge virale > 1000 copies/ml.

Ces taux sont très élevés chez les 0-5 ans (80 %), plus impor- tants chez les garçons que chez les filles (75 %versus60 %), notamment chez les 15-18 ans (86 %). Les filles, plus nom- breuses après 15 ans, ont des taux de charge virale >

1 000 copies/ml, plus faibles après 18 ans (27 %).

Face à ces résultats, un comité thérapeutique composé d’experts médicaux et sociaux dans la prise en charge pédia- trique a été mis en place avec l’appui du service de pédiatrie de l’hôpital A. Royer de Dakar. Au cours de réunions télé- phoniques, des discussions permettent de renforcer l’accom- pagnement des équipes des sites décentralisés et d’appuyer les décisions thérapeutiques.

Les résultats préliminaires confirment la situation préoc- cupante avec 68 % des enfants qui ont des CV >

1 000 copies/ml. Les enfants de 0 à 5 ans et les garçons de

15 à 18 ans sont les plus touchés. La forte proportion de jeunes filles VIH+ dans les cohortes est peut-être liée aux mariages précoces. Le renforcement des circuits régionaux de charge virale et la mise en place d’un comité thérapeu- tique sont des réponses pragmatiques pour renforcer les capacités sur la prise en charge pédiatrique des acteurs des sites décentralisés. Le projet EnPRISE 2 s’étendra en 2019 dans les régions du centre et du nord du pays.

La transmission de l’infection à VIH chez l’enfant à VIH n’est pas toujours verticale

A. Diack1, N.F. Diallo1, K.M. Pouabizan2, F.N. Khouma1, M.N. Pouye3, E.H.M Ba2

1. Centre hospitalier national d’Enfants A. Royer (CHNEAR), Dakar, Sénégal ; 2. Service de psychiatrie et de psychologie médicale, CHNU de Fann, Dakar, Sénégal ; 3. Hôpital pour Enfants de Diamniadio, Dakar, Sénégal

Plus de 90 % des enfants infectés par le VIH suivis au CHNEAR sont infectés par voie verticale. Cependant, un petit nombre est infecté par d’autres voies et se retrouvent seuls infectés dans leur famille.

L’objectif de l’étude est de décrire le profil de ces patients et leur niveau de détresse émotionnelle comparée à celle d’enfants /adolescents contaminés par voie verticale.

L’étude est rétrospective, descriptive prenant en compte tous les enfants infectés, dont la sérologie maternelle était négative et suivis au CHNEAR depuis 2000. Les variables suivantes ont été analysées : l’âge au diagnostic, le sexe, le stade clinique, le type de virus et le mode de contamination et la détresse émotionnelle. La détresse émotionnelle, a été mesurée à l’aide de l’outil de dépistage de la détresse émo- tionnelle (ODD) et l’échelle d’évaluation des symptômes d’Edmonton (ESAS) ; cette variable a été comparée entre deux groupes selon le mode de contamination (verticale ver- sus autre).

Depuis 2000, 22 enfants (11 filles) contaminés par voie non verticale ont été inclus dans la cohorte du CHNEAR, soit une prévalence de 3,5 % (n = 816). Tous ont été infectés par le VIH-1 ; l’âge médian au diagnostic était de 10,5 ans (1-15 ans). Quatre sont décédés, 3 transférés sur d’autres sites de prise en charge. Le mode de contamination a été suspecté dans 10 cas/22 : abus sexuel chez 5 filles, transfu- sions répétées chez 2 drépanocytaires SS, 2 circoncisions avec du matériel souillé, 1 enfant allaité par une proche de la famille. Parmi les 13 patients encore suivis, 4 sont des enfants âgés de 2 à 7 ans ; la détresse émotionnelle a été mesurée chez 9 adolescents contaminés par voie non verti- cale et comparée à celle de 15 autres contaminés par voie verticale. On observait un niveau moyen de détresse émo- tionnelle plus élevé en cas de contamination verticale ; par

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