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Luminescence et conductibilité de monocristaux de Zns(Cu)

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(1)

HAL Id: jpa-00235552

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00235552

Submitted on 1 Jan 1956

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Luminescence et conductibilité de monocristaux de Zns(Cu)

D.R. Hamilton

To cite this version:

D.R. Hamilton. Luminescence et conductibilité de monocristaux de Zns(Cu). J. Phys. Radium, 1956,

17 (8-9), pp.797-800. �10.1051/jphysrad:01956001708-9079700�. �jpa-00235552�

(2)

LUMINESCENCE ET CONDUCTIBILITÉ DE MONOCRISTAUX DE ZnS(Cu) Par D. R. HAMILTON,

Department of Physics, The University, Birmingham.

Summary. 2014 The luminescence and conductivity of a set of single crystals of ZnS activated by varying amounts of copper have been investigated. Considerable difficulties exist with the present models for temperature quenching. Conductivity measurements, although complicated by non-

ohmic contacts, suggest the luminescence centres are the donors of photoelectrons. Lattice irre-

gularities or Cu2S centres are believed to be predominant donors of semi-conduction electrons.

17, 1956,

Ces dernières années, la possibilité d’obtenir des monocristaux de ZnS et CdS de grandes dimen-

sions a fait faire de grands progrès à nos connais-

sances sur la photoconductibilité de ces p4os- phores. Les résultats obtenus sur les poudres sont

en çffet difficiles à interpréter ; on rencontre des

effets de polarisation dépendant de la taille des grains et parfois une polarisation résiduelle ; ces

difficultés sont moindres avec les monocristaux.

On a surtout préparé et étudié des cristaux de CdS. Cependant Bube [1] a étudié la luminescence et la conductibilité de ZnS verts préparés par la

méthode de Frerichs [2]. Krumbiegel [3] a étudié

la photoconductibilité et Diemer [4] l’électrolumi-

nescence de cristaux, également préparés par la méthode de Frerichs ; Broser et Warminsky [5]

ont étudié la relation entre la photoconductibilité,

la luminescence et la température pour des mono-

cristaux de ZnS aussi bien que de CdS. Piper [6] a

réalisé de grands cristaux relativement parfaits ; il

en a mesuré la semi-conductibilité, le spectre

d’excitation de la photoconductibilité et le spectre d’absorption. Reynolds, Czyzak et al. [7] ont déter-

miné les constantes optiques, la constante diélec- trique et la photoréponse de cristaux de blende

préparés en atmosphère immobile de H2S. L’auteur

a préféré utiliser leur méthode de préparation,

modifiée par l’utilisation d’une pression gazeuse

plus faible et d’une température plus élevée. On obtenait slors le plus souvent de la wurtzite.

I. Appareillage.

2013

On utilisait des monocris-

taux de ZnS d’environ 1x1x2 mm. On pou- vait préparer des cristaux plus grands mais il s’y

établissait des gradients de température lors des expériences de thermoluminescence. Sans intro- duction d’activateur, les cristaux étaient non lumi- nescents sous excitation 3 650 A à 20°C; tou-

tefois ils contenaient environ 10-4 de CI.

Dans les cristaux ainsi préparés, on introduisait le cuivre par diffusion : on chauffait pendant

2 heures à 1 000° C, dans une bombe en quartz, les

cristaux et du ZnS pulvérulent imprégné de sel de

cuivre. L’équilibre était bien atteint : les cristaux

et la poudre montraient une luminescence iden-

tique sous excitation.

On a ainsi préparé des ZnS à 8 concentration de cuivre différentes, s’étendant de 8,2.10-7 à 2,7.10-3 atome-gramme de Cu par mole de ZnS.

La position et l’intensité des bandes bleue et verte variait à peu près de la manière décrite par Krôger, Hellingman et Smit [8], les différences, légères,

étant attribuées au chlore qui préexistait dans le’s

cristaux non activés. On observait aussi l’émission

infra-rouge à l’air liquide (1,4 à 1,8 y).

Des électrodes de diverses natures ont été

essayées. Comme pour CdS, l’indium a donné des

contacts sensiblement « ohmiques ». Les élec-

trodes circulaires d’indium étaient préparées par évaporation sur les faces des cristaux, après recti- fication et polissage.

Le cristal était alors monté.sur l’appareil à glow

curves (vase Dewar). L’excitation était réalisée le

plus souvent avec un arc Hg à forte pression (125 watts), parfois aussi avec une longueur d’onde monochromatique d’une lampe à incandescence.

L’émission était mesurée avec divers photomulti- plicateurs ; on disposait d’un spectromètre et de

filtres: Pour les mesures de conductibilité, on

utilisait une lampe électromètre ou un galvano-

mètre. Le champ utilisé était de 500 V /cm.

La température pouvait varier de 90 OK à 650 OK. On a été amené à utiliser une grande

vitesse de chauffe (2,4 ols) pour que l’émission de thermoluminescence soit assez intense pour être

détectée ; mais même avec le cristal le plus épais,

il n’y a pas eu de dispersion des résultats due à un

éventuel défaut d’équilibre thermique dans la

, substance,.

.

II. Résultats expérimentaux.

--

On a étudié la

luminescence et la conductibilité. Les résultats sont donnés dans les tableaux 1 et II. Les échantil- . lons sont numérotés de 0/1 0 /2,

...

à 7 /1 ; le pre-

mier chiffre indique la concentration en cuivre, le

second l’ordre des cristaux de même concentration, rangés suivant leurs masses décroissantes. Le ren-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01956001708-9079700

(3)

798

dement de fluorescence n’indique pas de relation nette avec la masse, mais plutôt avec la surface des

cristaux.

Ces tableaux montrent l’extinction thermique

du phosphore en poudre ou en cristaux sous exci-

tation 3 650 A. L’expression bien connue :

rend assez bien compte des résultats. On donne W pour la bande bleue (Wb) et pour la bande verte ( Wg). Les émissions bleue et verte étaient mesurées avec un photomultiplicateur EMI 5 060

et respectivement une solution de cuprammonium

et un filtre Wratten 22. Les valeurs de Wb ne

montraient guère de variation systématique, tan-

dis que celles de Wg passaient nettement par un maximum quand varie la concentration en cuivre.

Il y a aussi des différences importantes entre Wg

pour les cristaux et les poudres. Les températures Ta correspondant au maximum d’émission sont, pour la bande verte, plus basses pour les poudres que pour les cristaux.

.

On a également étudié l’influence de l’intensité d’excitation. On a trouvé que Wg est indépendant

de l’intensité d’excitation aux intensités élevées,

et tombe aux faibles intensités. On a examiné de même l’influence ,de la longueur d’onde d’excita-

tion : Avec 3 340 À, la variation du rendement est la même qu’à 3 650 À, bien que subissant un

déplacement d’ensemble vers les rendements plus

faibles (la limite d’absorption est à 3 350 Á à

20o C).

FIG. 1.

-

Variation avec la concentration en cuivre (en atome-gramme Cu par mole ZnS) des trois émissions de

ZnS(Cu), bleue et infra-rouge à l’air liquide, verte à température ordinaire.

Les courbes de thermoluminescence ont indiqué , 2 groupes principaux de pièges ; si s ~3.109 s-1,

ces groupes s’étendaient entre 0,2 - 0,5 eV et 0,6

-

0,7 eV. En excitant à différentes tem-

pératures on mettait en évidence l’existence d’une distribution de pièges à l’intérieur de ces

groupes [9]. La variation des hauteurs des pics

de thermoluminescence avec la concentration en

cuivre était trop peu supérieure à celle du rende-

ment de luminescence pour permettre de conclure à une éventuelle corrélation entre les pièges et les

activateurs.

On a mesuré de même la conductivité accom-

pagnant la thermoluminescence. Le parallélisme

était en général très net, comme pour CdS. Mais il n’y avait pas de relation simple entre les inten-

sités des deux phénomènes. Pour l’un des cristaux de ZnS non activés, il n’y avait pas de relation entre eux. Tous les autres cas appuyaient l’opinion

que les électrons des pièges passent par la bande de conductibilité avant de se recombiner avec les centres.

D’autres métaux que l’indium : cérium, magné-

FIG. 2.

-

Courant 1 de photoconductibilité en fonction de la tension appliquée V pour le cristal 6 /2 à diverses

températures, sous intensité élevée d’excitation. Les valeurs de I sont relatives, l’unité étant la valeur de 1 pour une tension appliquée de 20 volts (champ moyen de 170 V/cm).

sium, argent et nickel, ont été essayés pour faire les contacts. Le travail d’extraction pour ces métaux varie de 2,8 eV (Ce) à 5,1 eV (Ni). La relation

courante-tension pouvait s’écrire :

Pour Ce et In, n === 1 aux champs pas trop élevés.

Dans les autres cas n était supérieur à 1, et une

fois n - 4. On n’a pas trouvé de relation entre les

propriétés du contact et le travail d’extraction de l’électrode. Une double-couche superficielle se pro-

duit certainement. Pour les mesures on a préféré

l’indium au cérium qui n’est pas stable à l’air.

Les contacts ZnS /In devenaient ohmiques à

température élevée. La figure 2 indique le courant

(4)

de photoconductibilité sous excitation 3 650 A (le

courant d’obscurité n’était pas mesurable aux

basses températures). Lorsque la température s’élève, le courant de photoconductibilité décroît

et le courant de semi-conductibilité croît.

Non seulement les contacts deviennent ohmiques

à T élevé, mais uns chauffage prolongé provoque

une diminution permanente de la barrière super- ficielle. Dans un cristal, on avait n = 2,1 avant chauffage ; après 5 heures à 600 OK les contacts étaient devenus ohmiques même à l’air liquide.

Bube a décrit un résultat analogue avec la pâte

à l’argent. Mais ce procédé altère considérablement la luminescence.

La variation des contacts empêche de tirer beaucoup de conclusions sur la relation entre le

photocourant et la température. L’allure du courant

des échantillons à luminescence bleue ressemblait à celle du rendement de la luminescence ; de même

pour les échantillons verts. La corrélation entre la

luminescence et la photoconductibilité était par-

fois très nette (dans un cas, elle s’étendait sur un facteur 103).

°

Le spectre d’excitation du photocourant mon-

trait un pic à 3 800 À, un peu décalé par rapport à

la limite d’absorption. Ces résultats, différents de

ceux de Piper [6] et Krumbiegel [3] qui trouvaient

la coïncidence entre le pic et la limite d’absorp- tion, s’interprètent en remarquant qu’il s’agit de

cristaux activés : les donneurs de photoélectrons

sont les centres luminogènes. On observait aussi, après l’excitation, une stimulation du photo-

courant avec de l’I. R. (picas. à 0,75 et 1,15 y) [4].

.Le courant d’obscurité suivait la loi

Les valeurs de U figurent aussi dans le tableau II ; elles s’étendent de 0,63 à 1,18 eV.

Ces valeurs sont trop faibles pour permettre l’iden-

TABLEAU I

CONSTANTES CARACTÉRISTIQUES DE L’EXTINCTION THERMIQUE

POUR LES ÉMISSIONS BLEUE ET VERTE DE ZnS(Cu) en poudres.

TABLEAU II

Constantes caractéristiques de l’extinction thermique pour les émissions. bleue et verte de monocristaux de ZnS(Cu). Les

tableaux I et II sont relatifs à une excitation constante 3 650 A ; les valeurs de W ne sont pas données si elles ne

s’appliquent pas à un changement du rendement d’un facteur 5. U est l’énergie d’activation du courant d’obscurité ;

elle n’est pas donnée quand elle ne s’applique pas à un changement du courant d’un facteur au moins 10.

(5)

800

tification des donneurs et des centres ; de plus elles

sont indépendantes de la concentration en cuivre tant que n’apparaît pas l’extinction par concen-

tration. Piper [6] a montré que l’énergie d’acti-

vation intrinsèque est de 3,77 eV, en accord avec

la largeur de la bande interdite. Il y a donc dans les cristaux un. grand nombre de centres indépen-

dants des centres Cu et CI ajoutés.

Au-dessus de 10-4 de cuivre, la conductibilité à

température donnée augmentait rapidement tan-

dis que U diminuait, indiquant l’apparition de

nouveaux donneurs peu profonds.

III. Discussion.

-

Comme on l’a vu plus haut,

les valeurs de Wg pour l’émission verte varient

régulièrement avec la concentration en cuivre. On

a noté aussi une différence systématique entre les phosphores cristallins et pulvérulents. L’introduc- tion du cuivre se faisant à une température (1 000°) moins élevée que celle de préparation des

cristaux (1 120°), il est probable que les diffé-

rences sont imputables à des défauts créés lors de

la calcination. Garlick et collaborateurs [12] avaient

observé une dépendance de l’extinction envers la

température de calcination.

Il semble donc que le mécanisme d’extinction est lié à des transitions non radiatives se produi-

sant dans des défauts du réseau en relation avec

les centres luminogènes. Les variations de Wg

notées ci-dessus, ainsi que celles en fonction de l’intensité d’excitation, ne s’interprètent pas par

le modèle de mouvement des trous de Klasens et al. [10].

Les tableaux I et II montrent qu’aux concen-

trations en activateur cuivre supérieures à 10-4, Wg décroît brusquement tandis que la température

pour laquelle le rendement est maximum tombe de 420 oK à 200 oR. Cela est lié à l’extinction par

concentration, attribuée par Krôger et Smit [11]

à des centres CU2S. Nos résultats (fig. 1) appuient

cette conclusion.

L’extinction de l’émission bleue présente moins

de complexités. Les valeurs de Wb varient relati- vement peu autour de 0,31 eV, valeur en bon

accord avec celle (0,37 eV) trouvée par Klasens et al. pour ZnS(Ag, Co). Il y a transfert d’énergie depuis les centres bleus jusqu’aux centres verts.

Aux concentrations de cuivre supérieures à 10-4

les propriétés semi-conductrices sont également altérées ; U est diminuée, tandis que le nombre d’électrons de conductibilité croît d’un facteur 100.

Les centres CU2S peuvent être responsables de ces phènomènes.

Nous concluons que le modèle de Riehl-Schôn

s’applique pour décrire les aspects généraux de la

relation entre luminescence et conductibîlité dans les phosphores photoconducteurs, mais la

relation exacte entre ces phénomènes est très complexe. En particulier les modèles actuels pour l’extinction par température sont encore peu

satisfaisants.

BIBLIOGRAPHIE

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