HAL Id: jpa-00205380
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Submitted on 1 Jan 1929
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Spectre, couleur et polarisation de la lumière du ciel
nocturne
J. Dufay
To cite this version:
J. Dufay. Spectre, couleur et polarisation de la lumière du ciel nocturne. J. Phys. Radium, 1929, 10
(6), pp.219-240. �10.1051/jphysrad:01929001006021900�. �jpa-00205380�
SPECTRE,
COULEUR ET POLARISATION DE LALUMIÈRE
DU CIEL NOCTURNE par M. J. DUFAY.(Observatoire
deLyon).
Sommaire. 2014 Etudié avec un spectrographe de quartz peu dispersif, le spectre du ciel nocturne paraît identique au spectre solaire, de 4 800 à 3 000 Å. Dans le vert-jaune,
la raie des aurores polaires est seule visible. On a cherché à évaluer l’intensité relative de la raie brillante et du fond continu à l’aide d’un spectrographe d’un modèle
particu-lier, permettant de faire porter la comparaison sur une portion étendue du spectre continu. L’étude de la sensibilité spectrale des plaques utilisées a permis de passer du rapport des éclaircissements photographiques au rapport des énergies correspondantes.
Des comparaisons photographiques avec le ciel éclairé par la Lune, et avec diverses
étoiles, faites à travers des filtres colorés, montrent qu’abstraction faite de la raie de
l’aurore, la couleur du ciel nocturne est beaucoup plus voisine de celle du Soleil que de celle du ciel bleu.
La photographie permet de mettre en évidence une faible polarisation de la lumière du ciel nocturne. Le plan de polarisation passe constamment par le Soleil, mais la fraction de lumière polarisée n’est nulle part supérieure à 4 pour 100.
La lumière zodiacale montre une polarisation analogue, mais plus prononcée,
attei-gnant 13 pour 100 à 60° du Soleil. Son spectre est également un spectre solaire.
, 1.
- GÉNÉRALITÉS.
1. La brillance du ciel nocturne
paraît
décidémenttrop
grande
pourqu’on puisse
l’attribuer aux étoiles faibles. Au-dessus des couches diffusantes del’atmosphère
celles-cine
produiraient
sans doute que les trois dixièmes de la brillance totale[2].
Surl’origine
dola lumière
supplémentaire,
les mesures de brillance ne nousapprennent
rien. L’étude de lacomposition spectrale
et de l’état depolarisation
de la lumière du cielpouvait
au contrairn-conduire à des indications utiles.A
l’époque
oùj’ai entrepris
ces recherches(1922),
on savaitdéjà
que la raie verte desaurores
polaires
(î, _ ~
J77Á) pouvait
êtrephotographiée chaque
nuit à des latitudestem-pérées
(Slipher
[3],
LordRayleigh
[4J).
LordRayleigh
avait aussiimpressionné
desplaques,
-exposées
à la lumière duciel,
à travers une série de filtrescolorés,
montrant ainsi l’exis-tence de radiationsdepuis
le rougejusqu’à
l’ultra-violet[5].
Ses observationsparaissaient
également
montrer que la couleur du ciel nocturne différaitbeaucoup
de celle du cielbleu,
et serapprochait
davantage
de la couleur de la lumière solaire directe.Enfin,
LordRayleigli
avait constaté l’existence d’une faible
polarisation,
en observant à minuit à 90° du Soleil[6].
Mais,
dans les mêmesconditions,
H. D.Babcock,
observant au)lIont-’Vilson,
n’avait obtenuensuite que des résultats
négatifs
ou douteux[7].
II. - SPBCTRE DU CIEL NOCTURNE.
2. Etude dans les
régions bleue,
violette et ultraviolette. - J’ai étudié lespectre
du ciel nocturne avec lespectrographe
àoptique
dequartz
construit par MM.Fabry,
Buisson etBourget
au cours de leurs recherchesclassiques
sur lagrande
nébuleused’Orion
[8].
Ilcomprend
deuxprismes
dequartz
droit etgauche
de 60° et deux lentillesplan
convexesidentiques
de î5 mm de diamètre et 90 mm defoyer ;
l’une sertd"objectif,
l’autre de collimateur. L’ouverture relative sera donc de
f/3,5.
Ladispersion
est d’environi20 À par mm vers
3.~00 a,
et lalongueur
desspectres
de 4.800 à 3.000 À est de 12 mm.L’appareil,
généralement
pointé
verts le nord à 30° duzénith,
estimmobile;
il embrasse unchamp
d’environ ~00° carrés. Les étoilesbrillantes qui
passent
n’envoientsuer-(*) Cet article résume une partie du mémoire publié dans le Bulletin de l’Observatoire deLyon (1).
le collimateur que
d’étroits
faisceaux de rayonsparallèles
limités par la fente : leur rôle est absolumentnégligeable.
Naturellement la Lune est couchéependant
toute la durée de la pose, et le Soleil est àplus
de ~0° au-dessous del’horizon ;
ainsi tout effetcrépusculaire
estpratiquement
éliminé. Laplupart
des observations ont été faites àMontpellier,
par ciel purou très clair.
Avec une fente
large
de 1 à 2 dixièmes de mm,j’ai
obtenu en 1 i heures de poseconsé-cutives,
surplaques Jougla étiquette
violette,
desnégatifs
encore trèsimparfaits
montrant,
sur un fond continu
(de
4.800 à 3.300Â),
une série de bandesclaires,
semblables à desbandes
d’absorption,
(novembre
1922).
Des poses de courtedurée,
faites sur le ciel aucrépuscule,
avec une fente de mêmelargeur,
donnèrent une apparenceidentique.
Les deuxspectres
paraissaient
superposables
et les bandes claires observées la nuit semblaient coïncider avec des groupes de raies solaires. On reconnaissaitdéjà
facilement la raie G etle groupe H-Ii
(non
séparées).
’
Avec une fente
plus
fine,
donnant des clichésplus
nets,
les poses durent être pour-suiviespendant plusieurs
nuits. Il étaitindiqué
dejuxtaposer
exactement sur la mêmeplaque
lesspectres
nocturne etcrépusculaire,
enmasquant
la moitiésupérieure, puis
la moitié inférieure de la fente avec un écran opaque. Deux poses nocturnes de 48 et 60 heuresuivies de deux courtes
expositions
aucrépuscule,
montrèrent ainsi la coïncidencecomplète
des raies(ou
groupe deraies)
d’absorption
dans lespectre
du cielnocturne
etle
spectre
du ciel bleu(janvier
et mars1923).
Les observationspoursuivies
de 1923 à1925 ont seulement confirmé les résultats
précédents ; j’ai
obtenu unequinzaine
despec-trogrammes
montrantuniquement
dés
raies solaires sur un fond continu(de
4.800 à3.000
À).
La durée des poses a varié de 25 à 115 heures :j’ai
pu tirerparti
de clichés trèsfaibles en en
prenant
deuxcopies
successives surplaques
àgrands
contrastes(Crumière
Spécial Contrast).
TABLEAU I.
Le tableau 1 donne les
longueurs
d’onde des raies lesplus
visibles,
déterminées sur unfine. Les mesures faites d’abord au
comparateur,
par la méthodeordinaire,
ont été contrô-lées aumicrophotomètre
enregistreur
deChalonge
et Lambert. Leurprécision
est limitée à 6 ou 8 ~, par la faiblesse dupouvoir
de résolution. On voit que leslongueurs
d’ondecorrespondent
souvent à des groupes de raiesvoisines,
nonséparées
par lespectro-graphe.
Les
spectres
nocturnes sont engénéral
un peu moins denses dans larégion
bleue queles
spectres
obtenus aucrépuscule,
sur la mêmeplaque,
avec des posesincomparable-ment
plus
courtes,
etcependant
ils s’étendentplus
loin dans l’ultra violet. Demême,
lespectre
du ciel nocture s’affaiblitbeaucoup
moins vite dans l’ultra violet que celui du ciel éclairé par laLune,
enregistré
sur la mêmeplaque,
avec la même durée de pose(60
heures)
(~).
Cette différenced’aspect
peut
d’ailleurss’expliquer
deplusieurs manières,
et il est difficile d’en tirer une conclusion relative à la courbe
d’énergie spectrale
de lalumière du ciel nocturne
(’-’).
Lord
Rayleigh
a obtenu de son côté troisspectres
du ciel nocturne de novembre 99~~à
janvier
1923[9].
Il’se servait depetits spectrographes
à unprisme
deflint,
munisd’objectifs
de 30 mm de distancefocale,
ouverts àf/0,9, beaucoup
plus
lumineux,
maisencore
beaucoup
moinsdispersifs
que monappareil
dequartz.
Il aobservé,
surplaques
orthochromatiques,
enplus
de la raie verte del’aurore,
unspectre
continu,
s’étendant de ~.800 à 3.900 À(longueur
sur laplaque 2 mm),
avec les raies H et K. Sur les deuxspectres
lesplus
intenses,
onvoyait
en outre deux raies ou bandesbrillantes,
d’origine
inconnue.La mesure des
longueurs
d’onde a donné sur un cliché 4.192 et 4.443 1 et sur l’autre’
4.22,~; et 4 . 496 n.
Ces raies brillantes ne sont visibles sur aucun de mes clichés. L’étude de
quelques-uns d’entre eux au
microphotomètre enregistreur
n’a pas réussi à les mettre enévidence.
’
3. Observation de la raie verte de l’aurore. -
Chaque
foisque
j’ai employé
desplaques orthochromatiques, j’ai
observé avecl’appareil
dequartz
une raie brillante dans levert-jaune, qui paraissait
coïncider avec la raie verte de l’aurore. Mais la mise aupoint,
faite pour la
région
ultraviolette,
n’étaitplus
satisfaisante au milieu duspectre
visible,
et l’on sait
qu’avec
une mauvaise définition onrisque
de confondre avec la raie verte labande de sensibilité des
plaques
àl’érythrosine
[4].
Pour observer la raie del’aurore,
j’ai
monté unpetit spectrographe
comprenant
une lentilleachromatique
de 25 cm defoyer,
ungros
prisme
à vision directe de Hoffmann(2
prismes
de flint et 3 decrown),
et unobjectif
de 23 mm d’ouverture et 30 mm de
foyer. Malgré
cette courte distancefocale,
ladispersion
est encore, dans la
région
visible,
supérieure
aux deux tiers de celle del’appareil
dequartz.
Une dizaine despectrogrammes
enregistrés
en 1923 et en 1924 ont montré la raie verte avec une intensitévariable,
mais des poses de 20 à 40 heures n’ont pas suffi à faireapparaître
le fond continu dans lesrégions jaune
et verte.(l) La, brillance du ciel lunaire était réduite au moyen d’un échelon adsorbant peu sélectif, placé
contre la fente. C’était une gélatine détachée d’une plaque photographique et reportée sur lame de quartz
après impression, développement et renforcement au chlorure mercurique. Elle avait été étalonnée pour toutes les longueurs d’onde au cours d’un autre travail.
(~) La lumière diffusée par la Lune doit être un peu moins riche en radiations ultra violettes que la lumière solaire directe. D’autre part l’absorption des radiations de longueur d’onde inférieure à 3.300 Â par l’ozone atmosphérique ne se fait pas de la même manière lorcqu-on vise le ciel nocturne ou le ciEl éclairé par le Soleil ou la Lune. Dans le cas du ciel nocturne, l’épaisseur de la couche absorbante dépend de la distance zénithale de la région visée; dans le cas du ciel diurne ou lunaire, c’est la distance
zéni-thale de l’astre qun intervient, puisque le rayonnement est filtré à haute altitude par l’ozone, avant
d’être diffusé par les molécules des couches inférieures.
L’altitude effective de la couche d’ozone étant de l’ordre de 45 km., l’épaisseur traversée au
III. - I3IPORTAn’CE RELATIVE DE LA RAIE DE I,’AURORR ET DU SPECTRE CONTINU.
4.
Dispositif
utilisé. - La raie de l’auroreproduit
un effetcomparable
à celui d’unepartie
étendue duspectre continu ;
unspectrographe
n fente fine nepermet
pas d’évaluer’leur intensité relative.
Remplaçons
la fente duspectrographe
par unelarge
ouverturerectangulaire
R,
portant,
vers sonmilieu,
unetige
opaque et fineT,
parallèle
aux arêtes duprismes
(fig.
i,
A),
Une source émettant unspectre
continu donne sur laplaque
une bandespec-trale très
impure;
une source émettant une seule radiationmonochromatique
donne aucontraire une
image
nette de l’ouverture R et de latige
T. Si enfin la source émet à la foisune raie brillante et un
spectre
continu,
les deux effetsprécédents
se trouventsuperposés :
-.Fig. 1 (A). - R ouverture rectangulaire dans le plan focal du collimateur, l’ tige opaque ;
(B) r image monochromatique de R, t image monochromatique de T.
on voit se détacher sur la bande
spectrale
dunégatif
unrectangle
opaque à bordsnets r,
image monochromatique
de l’ouvertureR (fig.
1,
B).
Sur la bandeplus
claire 1 a seuleagi
lapartie
duspectre
continucomprise
entre des limites bien définiesÀ,
et)’2.
La mesuredes densités
correspondant
à cette bande claire et à larégion
opaque située sur la même droite t t’ fait connaitre lerapport
des éclairementsproduits
d’unepart
par lespectre
continu entre les limitesÀ.1
et}’2,
d’autrepart
par cette mêmeportion
duspectre
continu etpar la raie brillante.
J’ai
employé
une ouverture carrée de19,3
mm decôté,
munie d’unetige
cylindrique
de0,75
mm dediamètre,
etplacée
dans leplan
focal d’une lentille collimatrice de 31 cmde
foyer.
Lesystème
dispersif comprend
deuxprismes
de 60° en flintdense ;
l’objectif
estun oculaire de
microscope
de 2~ mm defoyer
et et de 20 mm de diamètre utile. L’ensembleest fixé sur un bâti
rigide
enplanches
d’aluminium. La mise aupoint
est faite à0101
mmprès
environ en éclairant avec unelampe
à mercure.Pour déterminer les limites et
),’2
de lapartie
utile duspectre continu,
on faitfonc-tionner
l’appareil
àl’envers,
en substituant l à laplaque photographique
un écran opaqueportant
une fentefine,
convenablement orientée(largeur approximative :
0,01
mm).
Lors-qu’on
éclaire cette fente avec un tube àkrypton,
unspectre
réel sepeint
sur l’ouverture R. Endéplaçant
le châssis entre sesglissières
on amène dans leprolongement
de latige
Tl’image
de la raie verte dukrypton,
dont lalongueur
d’onde(5
570,5 À)
diffère très peu de celle de la raie de l’aurore(5
577,31).
On éclaireensuite,
sans toucher à lafente,
avecplu-sieurs sources émettant des
spectres
de raies(arc
au mercure, étincelles entre électrodes decuivre,
dezinc,
d’aluminium et decadmium)
et onnote,
à0,05
mmprès,
laposition
des raies sur un micromètre collé sur l’ouverture R. La courbe dedispersion qui
résulte de cesmesures
fournit,
par une courteextrapolation,
les limitescherchées,
soit ici 4 9(j2 et 4 460 Á. Apartir
de 6 000 À la sensibilité desplaques
utilisées estpratiquement
nulle,
les limites seront donc 4 96~ et 6 000 À : on utilise alllsl toute la bande de sensibilité dans1(-vert-jaune
desplaques orthochromatiques.
La
tige
T masque auvoisinage
de la raie de l’aurore un intervalle de 55 1.5. Observations et résultats des mesures
photométriques. -
Les clichés destinés aux mesures
photométriques
ont été obtenus à l’Isle-sur-Serein(Yonne)
en août etseptembre
19~6. Surplaques
Crumière « Aviator », des poses de une heureseulement,
enl’absence de la
Lune,
donnent desimpressions
suflis,aqtes ;
il vautcependant
mieux poser 1une heure trente minutes de
façon
o utiliseruniquement
dan: les mesures lapartie
recti-ligne
de la courbecaractéristique,
dont lapente
(’{)
est alors voisine de 2. Laprésence
(le la lune au-dessus de l’horizon ôte naturellement toutesignification
aux mesures, inaisn’einpèclie
pas d’observer la raie de l’aurore. J’ai puphotographier
celle-ci auvoisinage
de lapleine
Lune enposant cinq
à dix minutes seulement. Lespectre
continu de la lumière diffusée parl’atmosphère
ést
naturellementprépondérant
et le contraste entrel’image
de latige
T et lesrégions
voisines devient trèsfaible,
sans cesser encore d’êtreperceptible.
AParis même
j’ai photographié
àplusieurs reprises
la raie de l’aurore par cielclair,
malgré
l’illumination intense de la ville vers 21heures,
en hiver.Les clichés étaient étalonnés au moyen d’une pose
auxiliaire,
de mêmedurée,
faite enexposant
directement laplaque
à la lumière du ciel nocturne derrière un échelon absorbant presque neutre. Un filtrejaune (Wratten 9) placé
en avant de celui-cipermettait
d’isoler larégion spectrale
voulue en absorbant les radiations delongueur
d’onde inférieures à 4 950,iFig. 2. - Mesure de l’intensité due la raie de l’aurore. r t T’ image monochromatique de l’ouverture R et de la tige T fournie par la raie 5.5TÎ À. Pose 1 h, 30. Epreuve positive agrandie â.,~ fois.
L’échelon absorbant avait été lui-même étalonné par
photographie,
à traversle même
filtre,
exactement dans les mêmes conditions. "La
figure
2 montre unagrandissement
de l’un des clichés. Lafigure
3reproduit
l’enre-Fig. 3. ~2013 Diagramme d’enregistrement du cliché reproduit figure 2. Les ordonnées mesurent la
transpa-rence du cliché en chaque point (coordonnées légèrement obliquesl. Réduction du diagramme original
dans le rapport de 4 à 0,8.
gi§trement
aumicrophotomètre
de la moitié inférieure duspectre ;
on voit nettement le. Le tableau II donne les résultats de
quelques
mesures : rdésigne
lerapport
deséclaire-ments
photographiques produits
d’unepart
par la raie de l’aurore et lespectre
continuentre 4 962 et 6 000
~,
d’autrepart
par lespectre
continu seul entre les mêmes limites.TABLEAU II.
Les valeurs de r sont
comprises
entre1,4
et1, 6. Le
rapport
des éclairementsphotogra-phiques produits
par la raie seule et lespectre continu,
entre les limitesdonnées,
a doncvarié de
0,4
à0,6 ;
la raieproduisait
une fraction de l’éclairement totalcomprise
entre0,28
et0,38.
6.
Passage
âl’énergie.
- Les nombresprécédents dépendent
évidemment despro-priétés
sélectives de laplaque
utilisée. On aurait pu trouver des valeurs un peu différentesavec un autre
type
deplaques
àl’érythrosine,
ou très différentes avec desplaques
sensibi-lisées au moyen d’un autre colorant. J’ai cherché à passer de laconnaissance des éclaire-mentsphotographiques
à celle desénergies,
enm’appuyant
sur les considérations suivantes :Construisons pour
chaque longueur
d’onde la courbecaractéristique
de laplaque,
enfaisant varier l’éclairement sans modifier le
temps
de pose etsupposions
que, dans l’inter-vallespectral
étudié,
toutes ces courbespuissent
êtresuperposées
par une translation lelong
de l’axe des abscisses. Construisons de même les courbescaractéristiques
correspon-dant à desexpositions
de durée variable et à une valeur constante de l’éclairement etsup-posons
qu’elles
satisfassent à la même condition. C’est seulement si ceshypothèses
setrouvent vérifiées
qu’on peut
définir sansambiguïté
lerapport
des éclairementsphotogra-phiques produits
par deux radiations delongueurs
d’onde différentes.Soit alors
l’énergie transportée
par une radiationmonochromatique
delongueur
d’onde X. La valeur
photographique
du fluxcorrespondant
Il),
peut
être considérée commele
produit
dew;;
par untacteur k~
== ~(k),
caractérisant la sensibilité de laplaque
pour cette radiation. Onposera k
= 1 pour lalongueur
d’ondequi correspond
à la sensibilitémaximum; kt,
n’est autrequ’un
facteur de luminosité relative. Dans le cas d’une sourceémettant un
spectre
continu,l’énergie
émise dans l’intervalle f,- d~/~, ~l -~- dÀ/2
étantreprésentée
parJ’appellerai facteur
de IUJJlinosÍléefficace,
relltif à la sourceconsidérée,
laquantité :
Il
s’agit
actuellement de passer durapport e IE
des éclairementsphotographiques
produits
respectivement
par la raie de l’aurore et par lespectre
continuentre À1
et~2
aurapport
desénergies
ici/
J11. On a :Il suffit donc de déterminer pour cela il faudrait
pouvoir
construireséparément
de 4 960 à 6 000 A la courbed’énergie
du ciel nocturne et la courbe des facteurs de lumino-sité. LapremiFre
n’est pas exactement connue,maisî
comme la fonctionf(1,)
varie certai-nementbeaucoup
mois vite que o(X)
dans l’intervalleconsidéré,
l’incertitudequi
enrésulte
est,
comme iious le verrons, sansimportance.
î. Etude de la sensibilité
spectrale
d’uneplaque orthochromatique
de 4 960 à 6 000 ~. - Pour tracer la courbe des facteurs de luminositéj’ai
étudié larépartition
de l’éclairementphotographique
dans lespectre
d’une source dont la courbed’énergie
est bienconnue. C’était un corps noir
d’lves,
monté par M.Volkringer
au cours de son travail sur lespectre
continu du mercure[10].
On saitqu’il
s’agit
d’uncylindre
deplatine porté
à hautetempérature
par le passage d’un courant dequelques
centainesd"ai-rnpùres,
etprésentant
une ouverture
rectangulaire allongée parallèle
auxgénératrices.
Onprojette l’image
de cetteouverture sur la fente du
spectrographe,
en visant à 5° environ de l’axe ducylindre.
Latempérature,
mesurée au moyen d’unpyromètre optique
de laCambridge
Ld,
est maintenue constante à 10°près;
elle était de 1 375+
273 -- 1 648"K au cours de mesexpériences.
Ladispersion
moyenne duspectographe
à deuxprismes
de flint utilisé était de 50 Â par mmde 5 000 à 5 800 À.
L’étude d’une
plaque
comprenait
deux séries de poses : 10 une série de poses de huitminutes
chacune,
faite engraduant
l’éclairement à l’aide de deuxprismes
deGlap placés
devant lafente;
2° une série de poses de duréevariable,
avec les Glansparallèles.
Cette dernière série avaituniquement
pour but de contrôler l’exactitude del’hypothèse
faite surl’identité des courbes de noircissement. Les
repères
delongueurs
d’onde étaient fournis par un arc au mercure.L’étude des clichés au
microphotomètre enregistreur
a montré d’abord que leshypo-thèses fondamentales étaient
approximativement
vérifiées. Les courbes de noircissement relatives à un même cliché ont été construites de 50 en 50 -À, et l’on a constaté que de 4 900à 5 850 À on
pouvait
les faire coïncider par une translation convenable lelong
de l’axe desabscisses
(log
E oulog
t). Quand
lesparties rectilignes
étaient assezlongues
pourpermettre
de déterminer avec
précision
les facteurs de contraste y eton
a trouvé des valeurs à peuprès indépendantes
de lalongueur
d’onde(de 4 900
à 5 300 À : : y -- 1,95 ±0,03,
Y’=i,76d=
U,O~,
,1’ /°-i
=0,90 ; pour:5
800 À : y ._-_1, 93,
y’
=1, 7 7).
De 5 850 à 6 000 À lesrésultats sont moins nets
(’),
mais,
dans cet étroitintervalle,
la sensibilité de laplaque
est assez faible pour que l’indéterminationqui
en résulte soitpratiquement
sansimportance.
Pour obtenir la
répartition spectrale
des éclairementsphotog}>a}Jhiques
(courbe
l,
fige 4),
il suffit maintenant de considérer les courbes de noircissementcorrespondant
à la série des poses de même durée : les translationsqu’on
doit leur faire subir pour les superposer à l’unequelconque
d’eùtre ellesmesurent,
en unitésarbitraires,
les valeursphotographiques
desIl pourrait y avoir une augmentation de y et de y’.
éclairements. On évalue d’autre
part
les’éclairements
énergétiques
en tenantcompte
de ladispersion (2) (courbe
II,
fig. 4),
et,
endivisant
les ordonnées de la courbe 1(éclairements.
photographiques)
par celles de lacourbe!II (éclairements
énergétiques),
on obtient fina-ement la courbe des coefficients de luminosité k. Elle a étéreprésentée figure
5,
enposant
k -1 pour la radiation
correpondant
au maximum de sensibilité(au
voisinage
de 5 500À).-On voit que
le facteur
de luminositéest§minimum
vers 5 200À ;
pour la raie del’aurore,
ilt,vaut
0,88.
Fig. 4. - Courbe I :
répartition spectrale des éclairements photographiques.
Courbe II : répartition spectrale des éclairements énergétiques, compte tenu de la dispersion.
8.
Energies transportées
par la raie de l’aurore et par lespectre
continus Pour évaluer le facteur de luminosité efficaceke,
relatif auspectre
continu du cielnocturne,
il faudrait en touterigueur
connaître la courbed’énergie
de celui-ci.J’envisagerai
successi-vement deuxhypothèses
très différentes :11,
hypothèse. - La
d’énergie
du ciel noctuf’ne estidentique
à celle duSoleil,
assimilable à un coips noir à 6
En multipliant
ses ordonnées par les coefficients do(2) La formule de Wien donne la répartition de l’énergie dans le spectre du corps noir à i 648°K. On
mesure en chaque point de la plaque d’abscisse x, le coefficient angulaire dxfd) de la courbe de dispersion
du specthographe, et ~l’on multiplie les ordonnées de la courbe d’énergie par les valeurs correspondantes
luminosité de la
plaque,
on obtient larépartition spectrale
des éclairementsphotographi-ques
(ou
desflux). L’énergie
totale W et la valeurphotographique
du fluxF,
entre Ie~ limitesconsidérées,
sont évaluées parintégration graphique.
On en tire :21
hypothèse. -
La courbed’énergie
du ciel nocturneidentique
à celle de la solairediffusée
par lut gaz. - On l’obtient enmultipliant par À
-4 les ordonnées de la courbed’énergie
du Soleil. Enprocédant
comme dans lepremier
cas, on trouve:ke
=0,615.
Les deux valeurs de
ke
diffèrent àpeine
de 5 pour 100 : le facteur deluminosité,
variant trèsrapidement
avec lalongueur
d’onde,
impose
sa forme à la courbe des éclairementsphotographiques.
,Fig. a;. - Facteurs de luminosité relative de la plaque Crumière Aviator.
On a maintenant toutes les données nécessaires au calcul du
rapport
desénergies
trans-portées
par la raie de l’aurore et par lespectre
continu du ciel nocturne entre 4 962 et0 000 1. En
prenant
les valeurs minimum et maximum de r données dans letableau-II,
ontrouve :
Ainsi la raie brillante
transporte
0,3
à0,4
del’énergie transportée
par lerayonnement
continu de 4 962 à 6 000 Á.9. Cas des observations visuelles. - La connaissance du
rapport
desénergies
permet
enprincipe
de passer d’une manière inverse aurapport
des éclairements visuels, n convientd’employer
ici les facteurs de luminosité de l’0153il relatifs aux très faibleséclaire-ments,
J’emploierai
les valeurs calculées parNutting
à l’aide des anciennes observations dehünig
~’1Z].
Le facteur de luminosité étantpris égal
à 1pour 5
050 A(sensibité
maximum)
ne vaut
plus
que0,207
pour la raie de l’aurore.-ment
compris
entre 4 1 00 et 6 0001. Entre ces nouvelleslimites,
l’énergie
émise est1,85
foisplus grande
qu’entre 4
960 et 6000 ~,
si l’on suppose lerayonnement
continu du cielnoc-turne
identique
à celui du Soleil. Pour cedernier,
le facteur de luminosité efficace est0,44,
et le
rapport
des éclairementsproduits
par la rafle et par lespectre
continuprend
auplus
(r
-1 =0,6)
la valeur :La raie de l’aurore
produit
à elle seule une fraction de l’éclairement totalégale
à0,089.
Enprenant
la valeur minimum de r au lieu de la valeurmaximum,
on trouve la limiteinfé-rieure
0,060
(’ ) .
Ainsi,
dans le cas des observationsvisuelles,
la raie de l’auroreexpliquerait
environ 6 à 9 pour 100 de la brillance totale du ciel nocturne. Il est intéressant derapprocher
ce résultat de celui que LordRayleigh
a obtenu par une méthcde toutedifférente,
encomparant
les’
opacités
d’un filtredestiné
à isoler la raie del’aurore,
pour la raie verte dukrypton
(5
570,5
À)
etpour la
lumière totale du ciel nocturne~~2] .
Elles étaient dans lerapport
de0,~.8~
à 1. Si le filtre isolaitrigoureusement
la raiebrillante,
celle-ciproduirait
une fraction de l’éclairement totalégale
à0,~85. Mais,
en raison del’imperfection
dufiltre, qui présente
une bande de
transparence
d’environ 200Ã,
ce nombre doit être considéré comme une limitesupérieure
durapport
des éclairements visuels.’
IV. - COULEUR DU CIEL NOCIERNE
10. La connaissance de la courbe
d’énergie
du ciel nocturneprésenterait
ungrand
inté-rêt. Mais la brillance du ciel est si faible que les mesures
spectrophométriques
rencontre-raient actuellement des difficultés à peu
près
insurmontables. Il faut donc se contenter des’
renseignements beaucoup plus grossiers
que fournitl’analyse
de la lumière du ciel à travers des filtres colorés.La
comparaison photométrique
du ciel nocturne au ciel diurne ou à la lumière directe duSoleil, présenterait
aussi degrandes
difficultés,
en raison de l’énormité des facteurs deréduction nécessaires. Je me suis borné à comparer, à travers des filtres
colorés,
le ciel nocturne au ciel éclairé par la Lune et à des étoiles de différentstypes spectraux.
II.
Comparaison
du ciel nocturne au ciel lunaire à travers les filtres colorés. - Lesobservations sont faites par
photographie
de la manière suivante :Un échelon absorbant à peu
près
neutre.,
comprenant 5
ou 6 bandes de densités diffé-rentes(,),
estplacé
contre lagélatine
d’uneplaque
photographique.
Sur la face antérieurede cet écran sont
disposés
transversalementplusieurs
filtres degélatine
colorée. Unobjectif
très lumineux(condenseur
de lanterne deprojection,
diamètre il cm,foyer
9cm) projette
sur la
plaque l’image
du ciel. On fait sur la mêmeplaque
deux poses de même durée : l’une sur le cielnocturne,
l’autre sur le ciellunaire ;
undiaphragme
en forme de secteurpermet
au besoin de réduire l’ouverture de
l’objectif.
Pour réduire la duréed’exposition,
ilpeut
êtreavantageux
desupprimer
l’échelon absorbant au moment de la pose sur le ciel nocturne. Lescomparaisons
sont faites surplaques orthochromatiques
à travers des filtresviolet,
bleu et
jaune,
et surplaques panchronlatiques
à travers des filtresbleu,
vert et rouge. Le tableau IIIindique
lesrégions
spectrales
isolées(2).
(1) En supposant le rayonnement du ciel nocturne identique à celui d’un gaz diffusant la lumière
solaire, on aurait trouvé dé même les limites 0,069 et 0,049.
( ~) Ces écrans sont faits avec des gélatines de plaques photographiques convenablement impressionnées. Comme ils ne sont pas rigoureusement neutres et peuvent diffuser d’une manière appréciable la lumière
incidente, on les étalonne par photographie, à travers les filtres colorés, dans les conditions mêmes où ils
seront utilisés sur le ciel. Leurs
propriétés
diffèrent suivant le type de plaques employé à leur confection et suivant le mode de développement.(2) Les longueurs d’onde moyennes, grossiéremenl approchées, sont évaluées en tenant compte autant que possible de la sensibilité spectrale des plaques. voir Les facteurs de transmission des écrans [1.], p. 106.
TABLEAU 111.
, 1/étude d’un cliché au
microphotomètre
donne lerapport
des brillances du ciel nocturne et du ciel lunaire à travers chacun des filtres.
Supposons
parexemple qu’il s’agisse
d’unecomparaison
surplaque orthochromatique,
soitV,
B etJ,
les valeurs de la brillance nocturne, mesurée en unitésarbitraires,
dans leviolet,
le bleu et lejaune
et soit de mêmeV’,
B’ etJI,
les valeurscorrespondantes
de la brillance du ciel lunaire. Les mesures fournissent les
rapports
etJ/J’,
dont lesvaleurs,
variables avecl’âge
de laLune,
ne nous intéressent pas en elles-mêmes. Pour caractériser la différence de teinte des deux lumières on les ramène àégalité
dans le violet et on forme lesrapports :
Les nombres obtenus sont rassemblés dans le tableau IV. Le tableau V donne de
même, à
égalité
dans lebleu,
lerapport
de la brillance du ciel nocturne à la brillance du ciel lunairemesuré en lumière verte et en lumière rouge. A yec des notations
analogues
auxprécédentes,
en a : ’ ’ TABLEAU V. L 112.
Interprétation
des résultats. - Les nombres obtenusprésentent,
d’une nuit à1"autre,
delarges
différences. Ellespeuvent
résulter d’unchangement
decomposition
soitde Ia lumière du ciel
nocturne,
soit de la lumière du ciel lunaire. L’examen des clichés et des courbes de noircissement montre souvent sansambiguïté
d’oùprovient
la variation.Par
exemple
le cliché n° 4donne,
pour lesrapports b
etj,
des valseursexceptionnellement
faible,
et le cliché n° 6 une valeur très élevée durapport j.
Dans les deux cas c’est le ciel lunairequi présentait
une couleuranormale,
caractérisée pour le cliché n° 4 par la faiblesse du violet et lagrande
intensité dujaune,
et,
inversement,
pour le cliché n° 6 par l’excès deTiolet. D’une manière
générale
la couleur du ciel lunaire estplus
variable que celle du ciel nocturne. Deschangements
de couleur de cette dernière sontcependant
très visibles dans les deux cas suivants : la faiblesse desrapports b et j
du cliché n° 8parait
bien résulter de laprésence
d’un excès de radiations violettes dans la lumière du cielnocturne,
la faiblesse desrapports ve
et r du cliché n° 17 d’un excès de radiations bleues.Ces anomalies
peuvent
êtrerapprochées
deschangements
de couleur observés visuel-lement par LordRayleigh
[13].
Mais onpeut
aussi se demander si la sensibilitéchroma-tique
de laplaque
nepeut
pas être dans certains cas altérée par deschangements
d’étatby,-rométrique.
A
égalité
de brillance dans leviolet,
le ciel nocturne estplus
riche que le ciel lunaire en radiations bleues etjaunes ;
àégalité
dans lebleu,
il estplus
riche en radiations vertes et surtout rouges. La lumière du ciel nocturne diffère ainsiprofondément
de la lumière dif-fusée parl’atmosphère
éclairée par laLune,
et àplus
forte raison par leSoleil ;
leciel
étoiléWestpas
bleu. En ramenant toutes lescomparaisons
à la lumièreviolette,
onpeut
adopter
les nombres suivantes pour caractériser les
rapports
de la brillance du ciel nocturne à la brillance du ciel lunaire :Mais les valeurs obtenues à travers les filtres vert et surtout
jaune
sonttrop
élevées pour caractériser lespectre
continu du cielnocturne,
puisque
la raie de l’aurorc est trans-aoise d’une manière trèsappréciable
par ces deux écrans. Onpeut
évaluer l’ordre degran--deur de la correction
qu’il
convientd’apporter
au nombre relatif à l’écranjaune :
larégion
transmise coïncide très sensiblement avec lapartie
duspectre
continu utilisé dans l’étude .4e l’intensité de la raie de l’aurore. Enseptembre
1926,
la raieproduisait
environ la moitié ~e l’éclairementphotographique produit
par cetterégion spectrale,
et lerapport ,j
était ors très voisin de la valeur moyenneadoptée (~).
Il faudrait donc diminuer d’environ untiers le
rapport
trouvé dans lejaune,
pour tenircompte
de la raie brillante. Celle-cijoue
un~rôle moins
important
dans le cas de l’écran vert(associé
à uneplaque panchromatique)
dont la
transparence
est idéjà
réduitepour 5
577 1. La correctionpeut
être ici de l’ordre de1~~.
On aboutit ainsi aux nouvelles valeurs contenues dans la 2* colonne du Tableau VI. Le ciel lunaire diffère d’ailleurs du ciel diurne de la mêmefaçon
que la lumière diffuséepar la Lune diffère de la lumière
rayonnée
par le Soleil. Edison Pettit a mesuré récemment parphotographie
les valeurs relatives du facteur de diffusion de la surface lunaire de 4 000 ,à 6 j00 À[141.
Ces donnéespermettent
de calculer des valeurs vraisemblables de ce queserait le
rapport ciel nocturne
pour leslongueurs
d’ondeprécédentes.
Les résultats se trou-ciel diurne Bvent dans la 3e colonne du même tableau.
Enfin,
il est naturel de se demauder si lacomposition
de la lumière du cielnocturne,
qui
diffère siprofondément
de celle du cielbleu,
ne serait pasbeaucoup plus
voisine deoelle de la lumière solaire directe. Il faudrait pour s’en rendre
compte
pouvoir
passer matin-tenant de la courbed’énergie
du ciel bleu à celle duSoleil lui-même,
cequi
nepeut
se faire -que d’une manière très incertaine. Les nombres de la ~e colonne dérivent de la loi ende la 5~ colonne
proviennent
de la courbed’énergie
donnée par Ives[15],
enfin ceux de la 6e ont été calculés en admettant pour le cielbleu,
d’accord avec Priest[46],
unetempéra-ture de couleur
équivalente
de 22 000"K(Priest
donne 19 000 à 24 0000K).
J’aipris
commetempérature
de couleuréquivalente
du Soleil vu à traversl’atmosphère,
5 300°K.Les trois résultats diffèrent
beaucoup,
mais il estvisible,
si indirecte et si incertaine que soit lacomparaison,
que la couleur du ciel nocturne serapproche
bienplus
de celle du’Soleil que de celle du
[ciel
bleu.Toutefois,
àégalité
dans le vert et lejaune,
il sepourrait
que la lumière du ciel nocturne
l’emporte
aux extrémités violette et rouge duspectre.
TABLEAU VI.
13.
Comparaison
aux étoiles. - J’aicomparé
la lumière du ciel nocturne à cellesde
quelques
étoiles des différentstypes spectraux,
par la méthodephotographique
de M. Ch.Fabry
[17,2]. J’avais disposé
contrel’objectif
àlong
foyer
deux ou trois filtres coloréscoupés
transversalement par les bandes d’un échelon absorbant. Il suffisait alors de faire deux poses de mêmedurée,
l’une surl’étoile,
avec undiaphragme
d’ouverture réduite dans leplan
focal,
l’autre sur leciel,
avec undiaphragme
degrande
ouverture et en retirant (t) fioisin de 1,90 au zénith. Moyenne adoptée 2,i0 pour Z = 43°. Le rapport croit avec la distance .zénithale (Voir paragraphe 14). ,l’échelon absorbant. Le tableau VII donne let résultats des
comparaisons
effectuées surplaques orthochromatiques
à travers les filtresviolet,
bleu etjaune précédémment
décrits.Les poses,
qui
duraient une heure trenteminutes,
ont été faites àMontpellier
de mai àjuil-let 1924. Les valeurs
numériques
obtenues
necomportent
pas unegrande précision,
car la distance zénithale des étoiles yariaitparfois beaucoup
durant la pose etl’absorption
atmos-:phérique
intervenait d’une manièrecomplexe.
Il est visible néanmoins que c’est àCapella,
étoile du
type solaire,
que ressemble leplus
la lumièreglobale
du cielnocturne,
raie des l’aurorecomprise.
TABLEAU VII.
J’ai fait d’autre
part
quelques
mesures de la brillance du ciel nocturne auvoisinage
dupôle,
parcomparaison
à l’étoilepolaire,
surplaques orthochromatiques,
à travers l’écranjaune
Wratten n° 9. Les résultats sont donnés dans le tableau VIII.TABLEAU VIII.
Par ciel pur la
magnitude photovisuelle
de f 0 carré du ciel est voisine de3,85,
alors quesa
magnitude photographique
est voisine de4,35
[2].
Le color-index du ciel nocturne vaut donc à peuprès +
0,5
comme celui de l’étoilepolaire.
D’ailleurs les mesuresphotovisuelles
n° 3 et n° 5 ont été suivies immédiatement de mesuresphotographiques
et ont donnéres-pectivement,
pour le color-index du ciel nocturne : -.En
comparant
les intensités relatives des radiations violettes etjaunes,
on trouve donc(1) Le color-index de la Polaire est légèrement variable. Si l’on cherche à tenir compte de ses variations,
-comme
précédemment
que la couleur durayonnement
complexe
provenant
du ciel nocturne(raie
de l’aurore etspectre
continu)
est très voisine de celle d’une étoile dutype
F s
(ou
Go).
Mais
si,
pour ne retenir que l’effetproduit
par lespectre continu,
on ramène encore aux deux tiers de la valeur observée la brillance du ciel mesurée à travers l’écranjaune,
ontrouve cette fois comme
magnitude photovisuelle
de 1° carré4,31
(0,133
Polaire).
Compa-
B rons aux résultats des mesures visuelles etphotographiques
faites parcomparaison
à l’étoilepolaire
[2] ;
on a trouvé en moyenne pour 1° carré du ciel auvoisinage
dupôle :
Enfin une mesure de brillance faite sur
plaque panchromatique
à travers le filtreorangé
Wratten n° 15(transparent
de N, à l’extrêmerouge),
a donné0,27
polaire
pardegré
carré(pose
3h30~).
Les mesuresphotographiques
surplaques
ordinairesqui
avaientimmédiatement
précédé
et suivi lalongue
pose sur le ciel avaient donnérespectivement
0,‘~~0
et0,2~5
polaire.
Bienqu’elle
soit transmise par l’écranorangé,
la raie de l’aurorejoue
ici un rôle peuimportant
en raison de lagrande
sensibilité de laplaque
dans larégion
rouge. Il semble y avoir là une nouvelle indication de laprédominance
des radiationsrouges dans la lumière du ciel nocturne
comparée
à celle du Soleil.résumé,
il résulte de l’ensenthle des oôsei-uatioiis que, si l’onfait
abstraction de la raie de du ciel nocturneprofondément
de celui du ciel bleu.Il se
davanlage
de celui duSoleil,
dont ildifférerait pourtant,
àégalité
dansles
régions
verte etjaune,
par une intensité notablementsupérieure
dans larégion
violette etpeut-être
dans larégion
rouge.14. Couleur du ciel
près
de l’horizon. - L’étudeprécédente
concerne larégion
duciel voisine du
pôle,
vers 45° du zénith. La brillance mesurée visuellementaugmente
avec la . distancezénithale ;
parphotographie, l’augmentation
est moinsprononcée.
Le ciel doit donc se montrerplus
riche en radiationsjaunes
à mesurequ’on
l’examineplus près
de l’horizon. Voici parexemple
lesrapports
de la brillance à i4° del’horizon,
vers le nord à labrillance au
zénith,
mesurés simultanément à travers les écrans bleu etjaune,
surplaque
orthochromatique :
’
En bleu :
1,32.
En
jaune : ~,0~~
(Montpellier, 16
mars19~3).
A
égalité
dans lebleu,
lerapport
était de1,~5
pour les radiationsjaunes
(raie
del’au-rore
comprise),
soit uneaugmentation
de color-indexde +
0,475).
V. - POLARISATION.
15.
Dispositif
pour l’étude de lapolarisation.
- Enprésence
des résultats peu concordants obtenus par LordRayleigh
et par H.-D.Babcock,
ilparaissait
nécessaire de substituer aux observationsqualitatives
une étudequantitative
de lapolarisation.
J’ai
employé
ledispositif représenté schématiquement figure
6.L’objectif
trèslumi-neux 0
projette
sur laplaque
P,
à travers leprisme biréfringent
B,
deuximages
séparées,
mais trèsvoisines,
de l’ouverture circulaire C. Si la lumière estpartiellement polarisée
dans le
plan
de sectionprincipale
dubiréfringent (ou
dans unplan
rectangulaire),
les den-sitésDl etD2
des deuximages
seront différentes. Ellescorrespondent
en effet auxéclaire-’
(2) La raie de l’aurore joue ici un rôle beaucoup moins important que dans le cas des observations
ments
inégaux
etE2.
Connaissant la courbe de noircissement de laplaque,
on aura immédiatement ladépolarisatioll
p de la luniière incidented’où,
si l’onveut,
laproportion
de lumièrepolarisée
,La
graduation
de laplaque
s’obtient au moyen d’une seule poseauxiliaire,
de même durée que la posenocturne,
faite sur une source étendue de brillance peusupérieure à
celledu ciel. A cet
effet,
onplace
contre l’ouverture C un écran absorbantapproximativement
neutre, comprenant
3 secteurs de densités différentes(’).
Fig. 6. - Schéma de
l’appareil employé pour l’étude due la polarisation. C ouverture circulaire,
B prisme biréfringent, 0 objectif, P plaque.
Ce
dispositif,
dont laqualité
essentielle est d’absorber peu delumière, permet
dedéceler de faibles
polarisations.
On a eneffet,
endésignant
par y le facteur de contraste : -.Par des mesures
soignées
auinicrophotomètre,
onpeut
mesurer les densitésD,
etD,
à0,005
près.
La différenceDt -
1)2 peut
donc être connue à0,01
près. Quant
aufacteur y,
ilest resté
compris
dans mesexpériences
entre1,5
et2,0.
Dans le cas leplus
défavorable(y
=1,5),
on pourra encore mettre en évidence unedépolarisation
telle que’où:
J’ai
employé
commebiréfringent
un grosprisme
despath
achromatisé par deuxprismes
de verre(non
trempé) ;
ilprésente
l’inconvénient de donner en lumière naturelledeux
images inégalement
éclairées. Le faisceauordinaire,
légèrement
dévié etdispersé,
donne uneimage plus
faible. Il a donc fallu mesurer avecprécision
au laboratoire lerap-port
des éclairements des deuximages
en lumière naturelle(ou
dissyrnétrie
dubiréfringent).
Les
mesures, faites parphotographie
surl’appareil
lui-même,
m’ont donné0,91
(2).
A titre~~
vérification,
les mesuresont’été
faites sur le ciel dans deuxpositions
rectangulaires,
defaçon
à déterminer à nouveau, surchaque
cliché,
ladissymétrie
dubiréfringent.
Tous les nombres obtenus confirment leprécédent.
16. Résultats des observations. - Il
s’agissait
d’établir par des mesuresphotomé-triquets précises
l’existence ou l’absence d’unepolarisation partielle
de la lumière du cielnocturne,
polarisation qui pouvait
être liée à laposition
du Soleil.La durée des poses était d’au moins trente
minutes,
il aurait étéimpraticable
de,rechercher la
position
duplan
depolarisation
en donnant successivement aubiréfringent
(1) Voir note 1, paragraphe 2. La pose auxiliaire était faite au début sur une région brillante de la lumière zodiacale ou sur le ciel éclairé par la Lune. J’ai vérifié plus tard que la présence de la lame absor-bante ne modifiait pas la polarisation de la lumière incidente ; plusieurs clichés ont alors été faits en
lais-sant la lame en permanence sur le diaphragme C ; chacune des poses fournit ainsi une courbe d’étalonnage,
mais leur durée doit être portée de 30 à 45 minutes.
des orientations différentes. J’ai orienté
l’appareil
defaçon
permanente
dans leméridien,
vers le nord, la section
principale
dubiréfringent
étant verticale ouhorizontale,
de manièreà mesurer constamment le
rapport
V/H
des éclairementsproduits
par la vibrationverti-cale V et horizontale H. Si le
plan
depolarisation
passe àchaque
instant par leSoleil,
cerapport
doit varier au cours de la nuit et passer par un minimum à minuitvrai ;
on s’en apercevra en faisant une série de poses successives. Dans cettehypothèse,
il est facile de calculer ladépolarisation p
àpartir
durapport
VjH
mesuré pour uneposition quelconque
du Soleil. En
désignant
par o
l’angle
formé avec le méridien par leplan
contenant le Soleilet la
ligne
devisée,
on a évidemment :
--Un calcul facile de