A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
E. G OURSAT
Sur un problème relatif aux courbes à double courbure
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 1resérie, tome 1, no1 (1887), p. C1-C26
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C.I
SUR UN PROBLÈME
RELATIF
AUX COURBES A DOUBLE COURBURE,
PAR M. E. GOURSAT.
Quand
on se donne le rayon de courbure d’une courbeplane
en fonctionde
l’arc,
la détermination des coordonnées d’unpoint
de cette courbe seramène,
comme onsait,
à troisquadratures HERMITE,
Cours d’Ana-lyse,
p.i5y).
Si l’on se propose leproblème analogue
pour les courbesgauches,
on est conduit à unsystème
de troiséquations
linéaires simul-tanées
dupremier ordre,
pour déterminer les cosinus desangles
que font latangente,
la normaleprincipale
et la binormale avec un axe fixe. Cesystème
peut
lui-mên1e êtreremplacé
par une seuleéquation
différentielle linéaire du troisième ordre. Lescoefficients
de cetteéquation
nedépendant
que de deux fonctionsarbitraires,
il est visible que l’on n’a ainsiqu’une équation particulière parmi
leséquations
linéaires du troisième ordre. J’ai réussi àramener
l’intégration
de cetteéquation
à celle d’uneéquation
linéaire du secondordic,
sans second membre. La méthode suivie montre bien claire-ment la raison de cette réduction et fournit un
exemple
intéressant d’un casde réduction
aujourd’hui
bien connu pour leséquations
linéaires du troi-sième ordre. Dans un Mémoire
(f) déjà
ancien(Journal
deCrelle,
t.60,
p. I
82), M. Hoppe
s’estoccupé
d’unequestion analogue, qui n’est,
en réa-lité, qu’un
casparticulier
de laprécédente.
Il est amenéégalement
à uneéquation
linéaire du secondordre,
mais ilparaît
difficile de retrouver les .considérations
qui
l’ont conduit auxchangements
successifs de variablespermettant
d’effectuer la réduction.( 1 ) Ce Mémoire m’a été signalé par 31. AnDcIl.
1.
Soient x,
y, z les coordonnées d.’unpoint
d’une courbegauche
C dansun
système
d’axesrectangulaires, s
l’arc de cettecourbe,
R et T les rayons de courbure et detorsion,
a,~,
y,1’, y’, (XII, ~", y"
les cosinus directeursde la
tangente,
de la normaleprincipale
et de la binormale. On a,d’après
les formules de Frenet et de
Serret,
Supposons
que l’on connaisse R et T en fonction de l’arc s, et que l’on veuille obtenir les coordonnées x, y, z en fonction de la même variable. Les neuf cosinusce , ) , ,,, a’,
... seront déterminés par les neuféquations précédentes.
En
remarquant
que les troiséquations
de lapremière ligne
ne renfermentque les inconnues ce,
ce’, a",
et que les deux autressystèmes
se déduisent decelui-là en
changeant ri en ), puis
en y, nous voyons que la détermination des neuf cosinusn’exige
quel’intégration
dusystème
de troiséquations
Une fois ces neuf cosinus
obtenus,
on trouvera lescoordonnées x,
y, z par desquadratures.
Leproblème dépend donc,
avant tout, del’intégration
dusystème (i).
Au lieu du
système (1), je prendrai
unsystème équivalent
formé commeil suit. Posons
d’une manière
générale, je désignerai
deuxquantités conjuguées
par la mêmelettre affectée
pour l’une
d’elles de l’indice o. Lesystème (i)
pourra alors êtreremplacé
par le suivant :on en
déduit,
endésignant par V’, V", V’ô
les dérivées deV, Vo
parrapport à s,
De la
première
deséquations ( 2 )
on tirela
première
des relationsprécédentes
donne ensuitePortons ces valeurs de ce’ et
de Uo
dans la relationqui
donne-,y ;
on trouveune
équation
du troisième ordre pour déterminer uL’équation ( 3 ), j ointe
auxéquations
forme un
système équivalent
ausystème ( 2).
Posons de mêmeun calcul tout
pareil
auprécédent
prouve que les fonctions v et w sont aussi desintégrales
del’équation (3).
Mais on a la relation évidenteDonc,
entre troisintégrales
linéairementindépendantes
del’équation- (3),
,il existe une relation
quadratique homogène
àcoefficients
constants. Orl’intégration
de touteéquation linéaire
du troisième ordrejouissant
de cettepropriété
se ramène àl’intégration
d’uneéquation
linéaire du secondordre,
comme l’a montré pour la
première
fois ÀI.Lag’uerre (Comptes rendus,
t.
LXXXVIII,
p.216).
De là résulte laréduction
annoncée.’
2. Je
rappellerai
enquelques
mots comment onpeut
effectuer la réduc- tion. Soitune
équation
linéaire du secondordre,
à coefficientsquelconques.
Posonson en
déduit,
en tenantcompte
del’équation ( 5 ),
L’élimination de
Y2, YdY ds,
> conduit à uneéquation
linéaire du troi- sième ordre en Mles coefficients
B, C,
Dayant
les valeurs suivantes :Soient y, , yz un
système
fondamental’d’intégrales
de1.’équation (5);
l’équation (6)
admettra les troisintégrales y; , y2, ( y,
+y~~ )2,
et son inté-grale générale
sera de la formeou, ce
qui
revient aumême,
de la formede sorte que
l’intégration
del’équation (6)
se ramène àl’intégration
del’équation (5).
Les coefficientsB, C,
D del’équation (6)
nedépendent
que de deux fonctions arbitraires aet b,
de sorte que l’on n’a ainsiqu’un type
particulier d’équations
du troisième ordre. L’élimination de a et de b entreles relations
(7 )
conduit à uneéquation
de conditionqui,
enemployant
les notations de M.
Laguerre, exprime
que l’invariant, 1 est nul. D’un autrecôté,
entre les troisintégrales y;, y2,
on a la relationet l’on en conclut que les
intégrales
del’équation ( ~ )
vérifient une relationquadratique
à coefficients constants.Inversement,
touteéquation linéaire
dutroisième
ordre jouissant
de cettepropriété
est de la forme( 6 ) (’ ),
et, pouravoir son
intégrale générale,
il suffira de connaîtrel’intégrale générale
del’équation ( 5 ),
oùAppliquons
ceci àInéquation (3);
on auraet les deux
premières
deséquations ( 7 )
donnentCes valeurs de a et de b satisfont aussi à la dernière des formules
( ~ ) ;
cequi
foùrnit unevérification
du théorèmegénéral
surlequel je
me suis ap-puyé.
Endéfinitive, l’intégration
del’équation (3)
est ramenée à l’znté-gration
del’équation
linéaire du second ordre( 1 ) Pour la démonstration de cette propriété, voir un petit travail que j’ai publié dans le
Bulletin de la Société mathématique, t. XI, p. I45.
3. Les calculs
précédents supposent simplement
que V etVa
sont desfonctions
analytiques
de la variable s. Dans leproblème
de Géométriequi
nous occupe, les fonctions R et T
prennent
des valeurs réelleslorsque
lavariable
indépendante prend
des valeursréelles,
au moins entre certaineslimites,
ou, cequi
revient aumême,
V etV~
sont des fonctionsconjuguées.
Supposons
maintenant que l’on connaissel’intégrale générale
del’équa-
tion
(8),
et proposons-nous de déterminer lesquantités u,
v, w, ainsi que les neuf cosinus directeursa, ~,
y,a’, ~’, y’, a", ~", ~~".
Soient Y et Z deux
intégrales
linéairementindépendantes
del’équa-
tion
( 8 ) ; l’équation (3)
admettra les troisintégrales
vérifiant la relation u2 + v~ + vv2 = o.
Réciproquement,
les formulespré.-
cédentes donnent tous les
systèmes d’intégrales
del’équation (3)
vérifiantla relation u2 + v2 + w2 = o, pourvu que l’on prenne pour Y et Z deux in-
tégrales quelconques
distinctes del’équation ( 8 ). Voyons
comment il faudraprendre
ces deuxintégrales.
SoientYo, Zo,
uo, vo, cavo les fonctionsconju- guées
deY, Z,
u, v, vv; on aD’autre
part,
on doit avoir les relationsdont les trois
premières
ont unesignification évidente ;
la dernièreexprime
que les deux cônes
ayant
pour sommetl’origine
et pour directrices les deux courbessphériques
décrites par les deuxpoints
de coordonnées(a, ~, y)
et(a", ~", ~~")
sontsupplémentaires.
En tenantcompte
des relationsces conditions se réduisent à deux
mais nous avons
et les conditions
précédentes
deviennentLa
condition (10) peut
êtreregardée
comme la condition nécessaire et suffi- sante ; eneffet,
si elle estremplie,
on aura aussi ’et, par
suite,
La constante k étant nécessairement réelle et
positive,
enmultipliant
les in-tégrales
par un même facteur réel etpositif,
on aura4. On
obtiendra,
comme ilsuit,
unsystème d’intégrales
vérifiant les relations(9)
et(la).
Entre lesintégrales
Y etZ,
on a,d’après
un théo-rème
général,
une relation de la formeC
désignant
un facteur constant. Demême,
les fonctionsconjuguées Y~
et
Zo
vérifientl’équation
linéaire du second ordreet l’on aura Posons
et
remplaçons dY, dYo, dZ, dZo
par leurs valeurs dans les formulespré- cédentes,
elles deviennenton en
déduit,
en tenantcornpte
de la relation(g),
Nous voyons, par
conséquent,
que Y etZo
doivent vérifier les deuxéqua-
tions simultanées
de
même,
les fonctionsY 0
et Z devront vérifierle système conjugué
duprécédent
Réciproquement,
si l’on élimineZo
entre les deuxéquations
dupremier
système,
on aboutit àl’équation
du second ordrequi
doit êtreidentique
avecl’équati.on (8).
Il faudra donc que l’on aitCCo
= i ou que C soit de la formec~a, ~ désignant
une constante réellequelconque.
Lessystèmes d’équations précédents prennent
alors la forme ci-dessous :Les deux
systèmes (II)
et(11’)
sontéquivalents,
et chacun d’euxpeut
remplacer l’équation (8).
Soit donc Y uneintégrale particulière
del’équa-
tion
(8);
la seconde deséquations (i i’)
nous donne la valeur de Zil en résulte que, si Y est une
intégrale particulière
del’équation (8),
lafonction sera aussi une
intégrale.
Il est facile de le vérifier directe-ment. Si Y vérifie
l’équation ( 8 ),
on aura aussien différentiant les deux membres de cette
équation
et éliminantYo,
onparvient
àl’équation
suivante :Posons maintenant
d’où l’on tire
en faisant la substitution dans
l’équation qui précède,
on retombeprécisé-
ment sur
l’équation (8). Ainsi,
de touteintégrale particulière
Y del’équa-
tion
(8),
onpeut
déduire une nouvelleintégrale I
etl’intégrale géné-
rale sera
à moins que les deux
intégrales
ainsi obtenues ne soient pas distinctes.Mais il est
toujours possible
de trouver desintégrales particulières
tellesque le
rapport
ne se réduise pas à une constante.Soient,
eneffet,
Y et Z des
intégrales distinctes,
telles queet considérons
l’intégrale
aY +bZ;
on auraet, pour que cette
intégrale
soitidentique
à lapremière,
il faudra quel’on
’
ait
abo
p = aoba,
cequi
n’aura pas lieu pour des valeurs arbitraires de a etde b. Plus
généralement,
pourqu’une intégrale particulière
~Y soit telle quese réduise à une constante,
il
fautq u’il
y ait une certaine relationentre les
quatre
constantes réelles dontdépend
cetteintégrale.
En
définitive,
nous sommes conduits à larègle
suivante pour obtenir unsystème d’intégrales
del’équation (8 )
vérifiant les relations(g )
et(~o~.
Soit Y une
intégrale particulière
telle que leI V0 Y d Y0 ds
ne seréduit pas à unc constante; on associera à
l’intégrale
Yl’intégrale
Les deux
intégrales
ainsi obtenuesvérifient
la relation( r o),
comme ilrésulte des
équations (I I)
et(11’),
et, en lesmultipliant
par une con-stante réelle
convenable,
ellesvérifieront
aussil’équation (9).
Remarque.
- Ilpeut paraître singulier
que la connaissance d’une seuleintégrale particulière
del’équation (8) permette
de formerl’intégrale géné-
rale sans aucune
quadrature ;
mais il est bien aisé de trouver des faits ana-logues.
Considérons uneéquation
linéaire du second ordreoù les coefficients a et b sont des fonctions réelles de la variable s; si y est
une
intégrale particulière
de cetteéquation,
la fonctionconjuguée
yo sera aussi uneintégrale particulière,
etl’intégrale générale
seraCy
+C’yo.
Le
procédé
est en défautsi yo
n’est pas distinctde y,
c’est-à-dire si y estune fonction réelle ou le
produit
d’une fonction réelle par une constante.Ce cas
exceptionnel correspond
à celuiqui
a étésignalé plus
haut.5.
Supposons
que l’on ait choisi lesintégrales
Y et Z comme il vientd’être
expliqué,
defaçon qu’elles
vérifient leséquations (9), (10), (II)
et
(i i’).
Les formules du n° 3 nous font connaître u, v, w et, parsuite,
oc,
P, y, ~", y". Le point
de coordonnées.(a, [3, y)
décrit sur lasphère
de rayon
égal
àl’unité, ayant
pour centrel’origine,
une certaine courbe2;
le
point
de coordonnées(a", ~3", y")
décrit sur la mêmesphère
une secondecourbe 8. Les deux
cônes, ayant
pour bases ces deux courbes 2 et 0 et pour sommetl’origine,
sontsupplémentaires.
Jedirai,
pourabréger,
que les deux courbes 2 et 8 sontsupplémentaires.
On sait que lestangentes
en deuxpoints correspondants
de ces deux courbes sontparallèles
à ladroite, ayant
pour cosinus directeursa’, p’, y’.
Celaposé,
considérons la courbegauche C, représentée
par les formulesdont l’arc sera évidemment
égal
à s. SoientR,
etTf
les rayons de courbureet de torsion de
C, o-
et T les arcs des courbessphériques 2
et0;
on auraIl est facile de calculer da et on a, par
exemple,
Or
ou, en
remplaçant
les différentielles par leurs valeurs déduites des for-mules
(11)
et(11’)?
on trouve de même
et, par
suite,
On en déduit
et un calcul tout
pareil
donnePour que
R,
etT~
aient les valeursdemandées,
il faut et il suffit que l’on prenne 0 = o dans les formules(II)
et( ’).
Nous sommes ainsi conduits à larègle
définitive suivante :Soit Y une
intégrale particulière
del’équation (8)
telle que le rap-‘
ont j ‘t y°
ne se réduit pas à une constante on posera. et l’on
multipliera
lesintégrales
Y et Z par unfacteur positif,
defaçon
que
YY0 + ZZ0
= 2. . Celafait,
lesneuf
cosinus directeurs seront donnés ’, par
les formules
suivantes :l,e
signe
Rdésignant
ici lapartie
réelle d’unequantité imaginaire.
6. Pour satisfaire aux
équations (9), (10)
et(11)
de lafaçon
laplus générale,
supposonsqu’on
ait trouvé unpremier système
de solutions Y etZ. Si nous prenons pour Y
l’intégrale
XY + nous devronsremplacer
Zpar
c’est-à-dire par
Ào Z - [-ho Y.
Pour que ces fonctions vérifientl’équation (g),
il
faudra,
en outre, que l’on aitLa solution
générale dépendra
donc de trois constantes réelles arbitraires.On vérifiera facilement que ces trois constantes arbitraires
correspondent
à la rotation la
plus générale
autour del’origine.
Nous avons
complètement négligé jusqu’à présent
lesigne
de R et deT;
mais,
aupoint
de vueauquel
nous nous sommesplacés,
cesigne
est iIldiffé-rent. On
sait,
eneffet,
que latangente
à une courbegauche
et la binormalen’ont pas de direction déterminée. Si l’on
change
la direction de la tangente, cela revient àchanger
R en - R dans les formules(i)
dont nous sommespartis ;
de même onchangera
la direction de la binormale enchangeant
Ten - T. On obtiendra donc la même
courbe, quel
que soit lesigne
que l’on prenne pour R et T.7. Les calculs du n° 5 nous montrent que, si l’on
prend
pour e une valeur différente de zéro dans les formules(i i)
et(i i)’,
on obtiendra une courbegauche,
où les rayons de courbure et de torsion ont les valeurs suivantes :D’ailleurs, l’équation (8)
restant la mêmequand
onchange
V en V ei03B8 etVo
en il était évident quel’intégration
de cette seuleéquation
devaitnous fournir toutes ces
courbes,
outre la courbe cherchée. Onpeut,
du reste, les déduire bien aisément de lapremière.
Les lettres x, y, ~, a,~,
... serapportant
à la courbeC, désignons
par les mêmes lettres affectées de l’in- dice 1 lesquantités analogues
relatives à la courbegauche C,
définie par leséquations
" ." /> " yOn en déduit
et, par
suite,
ce
qui
prouve que deux arcscorrespondants
des deux courbes sontégaux.
Les formules
précédentes pourront
alors s’écrireet une nouvelle différentiation nous donne
en élevant au carré et en
ajoutant,
il vientLes normales
principales
aux deux courbes C etC,
sontparallèles,
tandisque la direction de la
tangente
à la courbeC,
s’obtient en faisant tourner latangente
à la courbe C d’unangle égal
à a autour de la normaleprincipale.
Il est clair que la même rotation
appliquée
à la binormale de C donnera la direction de la binormale deC, ;
on aura donc ’On en
déduit,
en différentiant et faisant la somme descarrés,
Je
dirai,
pourabréger,
que toutes les courbes ainsi obtenues sont les as-sociées de la courbe C. Si nous prenons, en
particulier,
0 =~, 2
nous obte-nons une certaine courbe
C2
donnée par les formulesla
tangente
àC2
estparallèle
à la binormale àC,
etinversement;
le rayon de courbure deC2
estégal
au rayon de torsion de C et son rayon de torsionest
égal
au rayon de courbure de C. Il y a doncréciprocité complète
entreces deux courbes
(voir BELTRAMI,
Sulle cujwe adoppia J’ap- pellerai C2 l’adjointe
de C. Les courbes associées se déduisent bien facile-ment des deux
adjointes,
au moyen des formulesRemarquons
que la détermination del’adjointe C~ exige
troisquadratures,
mais ne suppose nullement que l’on connaisse l’arc de la courbe
primitive.
8. Dans
l’équation (8),
faisons lechangement
de variables = ~ (~), r~ ( ~) désignant
une fonction réellequelconque
de la nouvelle variable indé-pendante
s. On a,d’après
les formules pour lechangement
devariables,
et la nouvelle
équation
seraCette
équation
est encore de même forme que lapremière. Soit,
eneffet,
V =
F(s~, V~
= si nous posonsl’équation précédente
pourra s’écrireOn déduit de là la conclusion suivante.
Étant
donnée une courbegauche C,
pour
laquelle
les rayons de courbure et de torsion sont des fonctions connuesde
l’arc,
R= ~ (s~,
T. = 7ti(s),
onpeut
en déduire par desquadratures
uncnouvelle courbe
gauche C, ,
telle que les rayons de courbure et de torsions’expriment
en fonction de l’arc o- de cette courbe par les formules~ ( ~~ désignant
une fonction réellequelconque
de o. Il est facile de le véri- fier.Supposons x, y, z,
d,03B2,
y, ... connus en fonctionde s,
et soitCf
lacourbe
gauche
définie par les formulesoù l’on a
remplacé partout s
par~(~).
On auraFaisons
correspondre
lespoints
des deux courbes pourlesquels
les arcs s eto- seront liés par la relation s
= ~ ~ ~~ ;
les formulesprécédentes
nous don-nent
ce
qui
montrequ’aux points correspondants
lestangentes
aux deux courbessont
parallèles.
On endéduit,
endifférentiant,
et, par
’suite,
Les tangentes aux deux courbes C et
C,
étantparallèles,
on saitqu’aux
points correspondants
les deux courbures sontproportionnelles;
on auradonc
d’où
Remarque.
- Les fonctions~c(s)
et ~,(s)
étantsupposées
connues, onpeut
déterminer lafonction 9
par desquadratures,
defaçon
que l’un desdeux rayons de courbure de la nouvelle courbe soit une fonction donnée de cr. Par
exemple,
on pourracalculer 9
defaçon
queR,
ouT,
soit constant.9.
L’équation (8) s’intègre
immédiatementlorsque
R et T sont constants. ou
lorsque
lerapport R T
est constant, et il serait facile d’en déduire les rèmesclassiques
de Puiseux et de M. Bertrand sur l’hélice. Engénéral,
siR et T sont des fonctions réelles
quelconques
de s, on ne pourraintégrer l’équation
au moyen dequadratures.
Voici un casparticulier
où l’on pourra effectuerl’intégration. Supposons
que V soit de la forme .9 (s) désignant
une fonction réellequelconque,
et A une constanteréelle;
l’équation (8) prend
la formeCherchons si elle admet une
intégrale
de la forme nous sommes con-duits à
l’équation
du seconddegré
.
Désignons
par a et b lesdeux
racines de cetteéquation, qui
sont réelleset
distinctes ; l’intégrale générale
del’équation (I3)
seraLa forme de V conduit à une
interprétation géométrique intéressante ;
onaura
appelons
o et 03C4 les arcs des deux courbessphériques 2
et0.
La formuleprécédente
nous donned’où l’on déduit
Soit /7Z
= ’ -;
on aura deuxintégrales
Y et Z vérifiant les condi- tiens(g)
et(10)
enprenant
et les valeurs w seront les suivantes :
On en déduit
On voit que les courbes
sphériques 2
et 0 nedépendent
pas de la forme de la fonction c~, mais seulement du nombreA;
ces courbes nechangent
paslorsqu’on augmente
Cf d’une constanteréelle,
cequi
revient àprendre
lesimages sphériques
des courbes associées. Il y aparmi
ces courbes une infi-nité de courbes
algébriques,
que l’on obtient enprenant
A de tellefaçon
que a et b soient commensurables : ce que l’on
peut
faire d’une infinité de . manières. Toutes ces courbes sontunicursales;
endésignant
par n le déno- minateur commun des nombres fractionnaires 2 a et2 b,
on voit que les coordonnées seront des fonctions rationnelles detang
03C6 2n.On obtiendra la courbe C elle-même par les formules
si la
fonction y
estquelconque,
on ne pourra effectuerl’intégration,
maisil est facile de former autant
d’exemples qu’on
levoudra,
où l’on pourra pousser les calculsjusqu’au
bout.Supposons a
et bcommensurables,
etoc,
03B2,
yexprimés
rationnellement en il suffira deprendre
la fonc-tion (p
de tellefaçon
quetang à
soit ou une fonction rationnellede s,
ouune fonction
trigonométrique
ou une fonction uniforme doublementpé- riodique,
etc.On
obtiendra,
enparticulier,
des courbes intéressantes enprenant
toutes ces courbes sont à courbure constante, y et le rayon de torsion est . donné par la formule
10. Le
problème
traité par M.Hoppe
revient à celui-ci : déterminer unecourbe
sphérique
connaissant le rayon de courbure enfonction
de l’arc. Ona, pour une courbe située sur une
sphère
de rayon a,si R est connu, on en déduira
T,
et l’on sera ramené à un casparticulier
dela.question qui
vient d’être traitée. Mais onpeut
aussiemployer
une mé-thode
spéciale,
tout à faitanalogue
à laprécédente, qui permet
d’éviter lesquadratures.
Soient,
commeplus haut, 2
et 0 deux courbessphériques supplémen-
taires situées sur une
sphère
dont nousprendrons
le rayon pourunité, 03C3
etï les arcs de ces deux
courbes,
m et n deuxpoints correspondants
sur lesdeux
courbes,
x, y, z les coordonnées dupoint
m, x,, les coordonnées dupoint
n. Aux deuxpoints m
et Il lestangentes
aux deux courbes sontparallèles,
ainsi que lesplans
osculateurs. SoientX,
p, v les cosinus direc-teurs de cette tangente et a
l’angle
duplan
osculateur avec le rayon0 m;
on aura,
d’après
le théorème deMeunier,
en
désignant
par R et R’ les rayons de courbure des deux courbes 2 et 0.Les cosinus directeurs de la normale
principale
à lacourbe 2
seront donnéspar les formules
et les formules de Serret nous
donnent,
dans ce cas, yet six autres formules
analogues. Remplaçons
R et d’t par leursvaleurs;
elles deviennent ’
Ce
système
estidentique
ausystème ( 1 i ,
où l’on aurait fait R = 1,-
=tang6.
Parconséquent, l’intégration
de cesystème
sera ramenée à la recherche d’uneintégrale particulière
del’équation
du second ordreOU
Tout ce
qui
a été ditplus
hauts’applique
sans modification. Commeappli- cation,
proposons-nous de déterminer les courbessphériques
à torsion con-stante
[voir LACROix,
Cours de Calculintégral,
t.II, p. 215 ( Notés de Serret)].
Il faudraprendre
ici 6= s ~
etl’équation précédente
sera de laforme
faisons le
changement
de variableElle
devientet il est facile de passer de cette
équation
àl’équation
de la sériehypergéo- métrique.
Il.
L’équation (16)
estidentique
àl’équation (8),
où l’on aurait fait R == i ; il suit de làqu’à
toute courbesphérique
onpeut
fairecorrespondre
par des
quadratures
une courbegauche
à courbure constante. D’un autrecôté,
si une courbegauche
est à courbure constante ou à torsion constante, ,entre les deux courbures d’une courbe associée il existe une relation
linéaire;
ce sont les courbes considérées par M. Bertrand. Parsuite,
à toutecourbe
sphérique
onpeut
fairecorrespondre
un faisceau de courbes asso-ciées,
telles que, pour chacuned’elles,
il existe une relation linéaire entreles deux
courbures,
et l’on obtient ainsi toutes les courbesjouissant
de cettedernière
propriété.
Il est facile d’établir leséquations générales
de cescourbes. Soient 2 et 8 deux courbes
sphériques supplémentaires
situéessur une
sphère
de rayon aayant
pour centrel’origine,
x, y, z les coordonnées d’unpoint
de la courbe~,
les coordonnées dupoint
correspon- dant de la courbe0, X,
p, v les cosinus directeurs de latangente
à chacunede ces
courbes,
al’angle
que fait leplan
osculateur à la courbe ~ aupoint
x, y, z avec le rayon de lasphère qui
aboutit à cepoint, o-
l’arc de lacourbe ~. Les
équations (15)
serontremplacées
par les suivantes :et par deux groupes
d’équations analogues.
Celaposé,
considérons la courbegauche
Creprésentée
par leséquations
où co
désigne
une constantequelconque.
On en tireet, par
suite,
Les formules
précédentes peuvent
donc s’écrireet les formules de
Serret, j ointes
aux formules( r ~ ~,
donnentOn en déduit
D’autre
part,
les formules de Serret donnentet, par
suite,
il en résulte
On
pourrait
encore établir cette formule enremarquant
que les valeurs de ce,~3,
y,a.’, ~’, y’
donnentet en
opérant
commeplus
haut. Des valeurs de R et de T on déduitSi l’on
prend
c~ ~ o, on aura une courbe à courbure constante; pourc~
== -,
on aura une courbe à torsion constante. Nous voyons, deplus,
que leséquations ( 1 8) représentent
toutes les courbesqui jouissent
de la pro-priété exprimée
parl’équation (21).
12. La combinaison
qui
nous a conduit àl’équation (8)
n’est pas la seule que l’onpuisse employer.
On enaperçoit
immédiatement deux autres con-duisant à deux
équations analogues
du secondordre, qui peuvent
être utiles dans certains cas. Posonsle
système ( 1 ) peut
êtreremplacé
par le suivant :L’élimination
de u0
et de oc" conduit àl’équation
du troisième ordre en uqui
se ramène elle-même àl’équation
du second ordreDe
même,
en faisant la combinaison u = a."+ i, on serait conduit àune
équation analogue
à laprécédente
Il nous reste à examiner comment on devra choisir les
intégrales particu-
lières de l’une de ces deux
équations
pour obtenir une courbegauche répon-
dant à la
question.
Soiton aura, en
désignant
par Y et Z deuxintégrales
linéairementindépendantes
de
l’équation ( ~3 ),
Les
équations
de conditiondonnent,
en tenantcompte
des relations u2 + v= + c~? = o,v~
+vvô
= o,Remplaçons
u, v, c~~, uo, vo, par leursvaleurs;
il vientDe
l’équation ( 27 )
ondéduit,
enprenant
lesquantités conjuguées,
et, par
suite,
ou
Les fonctions Y et Z étant des
intégrales
del’équation ( 23 ),
on auraComparons
ces deuxéquations
auxéquations (2~’)
et(27’) ;
nous en dé-duisons
Par un calcul tout à fait semblable aux
précédents,
on trouvequ’il
faudraprendre
C= 1, Co = - i;
leséquations précédentes
deviennent alorsC.26
Soit Y une
intégrale particulière
del’équation ( 23 ) ;
on tire des relationsprécédentcs
ce
qui
prouve que -riY0
sera aussi uneintégrale
de la mêmeéqua- tion,
fait que l’onpeut
vérifier directement.Supposons
que ces deux inté-grales
soient distinctes. Deséquations (2~))
et(20)’)
on déduiton
peut
évidemment supposer K = 2, et les mêmeséquations
donnent alorsLes
intégrales
Y et Z étant choisies de cettefaçon,
les formules(25)
don-nent
x, ~, ~ , a’, ~~ y’)
et la courbereprésentée
par leséquations
satisfait à toutes les conditions du