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La tête limousine · BabordNum

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Texte intégral

(1)

MCUI/J'K DR MKDECIMH ET 1)E PHARMACIE DE BORDEAUX

A-ISTISTÉE 1901-1902 .V» 88

LA

TETE lIIOrSIEE

I IlIvSi; l'OUli LE DOCTOlîAT EN MEDECINE

présentée et soutenue publiquement le 9 Juillet

1902

par

Léonard FREYSSELINARD

Pharmacien

Ancieninterne del'Hôpital généraldeLimoges

Lauréat 1er de l'EcTdle de Médecine et de Pharmacie de Limoges Né àCoussac-Bonneval(Haute-Vienne), le 9mars1865.

ixamiiialeiii'sîle la Thèse

MAI. BERGON1É, professeur... 1'résiJent.

SIGALAS, professeur...

BENECH, agrégé }Jut/es

GENTES, agrégé

Le Candidatrépondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignement médical.

BOUDEAUX

IMPRIMERIE Y. CADORE

17 hue poquelin-molière 17

1902

(2)

FACULTÉ

DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. de NABIAS Doyen. | M. PITRES Doyen honoraire.

PROFESSEURS

MM. MICÉ )

DUPU Y ! Professeurs honoraires.

MOUSSOUS )

Clinique interne.

MM.

I PICOT.

j PITRES.

. ( DEMONS.

Cliniqueexterne

J

LANELoNGUK

Pathologieetthérapeu¬

tique générales VERGELY.

Thérapeutique ARNOZAN.

Médecineopératoire... MASSE.

Clinique d'accouchements LEFOUR.

Anatomiepathologique CO YNE.

Anatomie CANNIEU.

Anatomie générale et

histologie VIAULT.

Physiologie JOLYET.

Hygiène LAYET.

Médecinelégale MORACHE.

MM.

Physique biologique et

électricitémédicale... BERGONIE.

Chimie BLAREZ.

Histoire naturelle GUILLAUD.

Pharmacie FIGUIER.

Matière médicale deNAfflAS.

Médecineexpérimentale. FERRE.

Cliniqueophtalmologique BADAL.

Clinique des maladies chirurgicales

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

Clinique gynécologique.

Clinique médicale des

maladies des enfants. A.MOUSSOUS Chimiebiologique DENIGÉS.

. SIGALAS.

Physique pharmaceutique.

Pathologie exotique.. LE DANTEC.

AGREGES EN EXERCICE :

section dk médecine (Pathologie interneet Médecine légale).

MM. SABRAZES.

HOBBS.

MONGOUR.

MM. CABANNES.

N.

Pathologieexterne

SECTION DE CHIItUKGIE ET ACCOUCHEMENTS MM.VILLAR.

CHAYANNAZ.

I BRAQUEHAYE

BEGOUIN.

Accouchements MM. FI EUX.

ANDERODIAS.

Analomie.

SECTION DES SCIENCES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

MM. GENTES, I Physiologie MM. PACHON.

I Histoire naturelle BEILL1Î.

Chir

CAVAL1E.

SECTION DES SCIENCES PHYSIQUES

. M. BENECH. | Pharmacie M. DU POUY.

COURS COMPLÉMENTAIRES Cliniquedes maladies cutanéesetsyphilitiques

Clinique des maladies des voies urinaires Maladiesdularynx, des oreilles etdunez Maladies mentales

Pathologie externe Pathologie interne Accouchements

Physiologie Embryologie Ophtalmologie

Hydrologieetminéralogie

MM. DUBREUILH.

POUSSON.

MÔURE.

RÉGIS. ,

DENUCE.

RONDOT.

FIEUX.

PACHON.

PRINCETEAU.

LAGRANGE.

C ARLES.

Le Secrétaire de la Faculté: LEMAIRE.

Pardélibérationdu 5 août1S/9, la Facultéaarrêté queles opinions émisesdans lesThèses qul

>ont présentées doivent être considéréescomme-propres à leursauteurs, et qu'elle n'entend leur

tonner ni approbation ni improbation.

(3)
(4)

A MES MAITRES

de l'Ecole de Médecine et de Pharmacie de Limoces

*

*

(5)

a

A mon Président de thèse,

Monsieur le Docteur

BERGONIÉ

Professeur de Physiquemédicale àlaFaculté deMédecine de Bordeaux,

Membrecorrespondant del'Académie demédecine,

Officier de l'Instruction publique,

Chevalier de laLégiond'honneur.

i

è

(6)
(7)

AVANT-PROPOS

Vers lafin de l'année 1901, nous reçûmes de M.

Louis Bley-

nie, professeur de clinique

d'accouchements à l'Ecole de méde¬

cine de Limoges, une brochure

intitulée, Etude statistique et

analytique de la clinique

obstétricale de l'Ecole de médecine de

Limoges. Parmi les nombreux

chapitres instructifs qu'elle

con¬

tenait,unfrappa tout

particulièrement notre attention. Son titre

était : La têtelimousine. Il renfermait, sur cettetête, un ensem¬

ble de considérations fortjudicieuses, qui, pourne nous

être

pas complètement étrangères, n'avaient

fait cependant

presque jamais, jusqu'alors, l'objet de nos

réflexions.

Frappé surtout par rémunération

des caractères

propres

à la

tête limousine, nousvoulûmesétendre le

cercle de

nos

études et

augmenternos sources de renseignements pour

savoir

ce que pensaientde cette questionle monde

médical et aussi l'opinion

populaire dont quelquefois, même dans

les questions scientifi¬

ques, l'appréciation émanée spontanément

du bon

sens

naturel

saisit parfaitement les caractères

spécifiques des choses, les

exprime dans son langage personnel, donne une

forte impul¬

sion à la vérité pour la mettre en évidence,

contribuant ainsi

au développement de la science.

De part et d'autre, nous avons reçu la même

réponse

:

il

existe en Limousin une conformation spéciale de la

tête résul¬

tant d'un ensemble de caractères propres et

différentiels très

nets et très accusés. De cette distinction établie entre sa con¬

formation particulière et la conformation

générale de la tête

humaine qui lui a valu cette dénomination

générique

sous laquelle elle est connue un peu partout,

(8)

10

Une étude approfondie de l'origine, de la nature deses carac¬

tères distinctifs nous a paru pleine d'intérêt, sans doute au

point de vue de l'histoire locale, mais aussi et surtout au point

de vue anthropologique et médical.

Tels sont l'origine et le but de cette thèse.

Mais avant d'entrer dans le sujet, il nous est agréable, res¬

tantfidèle à une excellente coutume, d'adresser ici à tous ceux

auxquels nous sommes redevable de quelques connaissances médicales, l'expression de notre profond respect et de notre

bien vive reconnaissance.

Nous devonsun témoignage spécial de gratitude à M. le doc¬

teur Rayinondaud, chevalier de la Légion d'honneur, directeur

honoraire de l'Ecole de médecine et de pharmacie de Limoges, auprès duquel nous avons trouvé un accueil si aimable et un encouragement si bienveillant dans nos études. C'est à lui que

nous devons la communication d'un poème en vers latins,

devenu très rare, du P. Josset, dans lequel nous avons trouvé

une mine précieuse de renseignements; t

A M. le docteur Blevnie, professeurà l'Ecole de médecine et

de pharmacie de Limoges, pour renseignementquilnousdonna pendant quenous fûmessoninterne;

A M. le docteur Donnet, professeur à l'Ecole de médecine et

de pharmacie de Limoges, dont l'obligeance et la sollicitude

ont été pour nous la meilleure preuve de sa sympathie;

A M. le docteur Blarez, professeur à la Faculté de Bordeaux,

pour ses excellents conseils etses encouragements;

Enfin à M. le docteur Bergonié, professeur à la Faculté

de

Bordeaux, chevalier de la Légion d'honneur, à qui nous adres¬

sons, avec l'assurance de nos sentiments respectueux, l'expres¬

sion de notre vive reconnaissance pour l'honneur qu'il a

bien

voulu nous faire en acceptant la présidence de notre thèse.

(9)

LA

TÊTE LIMOUSINE

CLASSEMENT

A toutes les époques de

l'histoire humaine, les observateurs

ont été frappés des variétés

de

formes

qu'affectait la tête de

l'homme. On a cru pendant longtemps que ces

formes variées

étaient des caractères propres à chaque race.

De récents tra¬

vaux ontpermis d'établir une

classification logique et générale

de latète. Elle repose surle rapport

existant entre la longueur

ducrâne mesuréd'avantenarrière, etsa largeurprise

d'un côté

àl'autre.

Retzius, qu'on peut considérer comme

le fondateur de la

méthode consistant à étudier les éléments cràniométriques, fut frappéde la longueur oudela brièveté

du diamètre antérieur

du crâne parrapport àsalargeurou

diamètre transversal. G est

alors qu'il posa la base dichotomique

de

sa

classification des

races humaines qu'il divisa en

dolichocéphales, (SoX-./oc long,

xîcpaXv) tête), et en hrachycéphales,

court, xstpaX-ï) tête).

(10)

Le légitime succès qu'obtint cette classification est dû à sa

grande simplicité. Cependant elle laissait encore subsister le

vague dans l'esprit de son auteur. 11 n'existait en effet aucune

ligne de démarcationentrela brachycéphalie et ladolichocépha-

lie. C'estsousl'empire d'une théorie ethnogéniquepréconçueque Retzius avait séparé systématiquement les races humaines en deux groupes, dont l'élasticitémêmepermettait de ranger arbi¬

trairement tel ou tel type intermédiaire dans sa classification,

selon la nécessité de la théorie qu'il soutenait.

« Natura nonsaltusfecit », cevieil adage trouve là son appli¬

cation. 11 était de toute évidence qu'entre ces deux groupes extrêmes devait s'en placer au moinsun troisième. Comment le

délimiter? Par l'application rigoureuse des procédés crâniomé- triques. M. Broca d'abord, Huxley, Thurnam, Welcker établi¬

rent lagradation naturelleet presque insensible qui existe entre

les différents types humains. M. Broca substitua la rigueur évi¬

dente et palpable des mensurations à l'examen purement mor¬

phologique, et put placer un groupe central moyen, intermé¬

diaire entre les deux groupes précédents, et appelé par lui mésaliccphale ([j-effattoçmoyen,x.ecpa.Xvj tête) et accepté dès lors par tous les anthropologistes. 11 assigna même des limites ration¬

nelles à ce groupe intermédiaire, en plaçant la mésaticéphalie

entre les deux points où commençaient les divergences qu'avait

faitnaître chez les successeurs deRetzius, la détermination pré¬

cise de la dolichocéphalie et de la brachycéphalie.

« Le grand avantage de cette division en trois groupes, dit

M.Broca, c'est la facilitéd'employerlestermesde brachycéphale

etde dolichocéphale dansunsensdescriptif; de s'en servirpour

désigner et caractériser un crâne avant de l'avoir mesuré. S'il parait rond, on dit qu'il est brachycéphale ; s'il paraitlong, on dit qu'il est dolichocéphale sans crainte de se tromper, si enfin

sa forme est moins décisive, si on hésite à le dire long ourond,

on l'appelle mésaticéphale ».

Cette classification repose sur le rapport centésimal existant

entre la longueur et la largeur du crâne. Elle est universelle¬

mentadoptée aujourd'huicomme répondant le mieuxauxnéces-

(11)

sites; M. Broca

assigne

à

chaque

groupe

(les indices céphaliques

maximun et minimum réunis dans le

tableau suivant

:

Dolichocéphales . 77,77 etau-dessous.

Mésaticéphales. . 77,78 à 80,00 Brachycéphales.. 80,00 etau-dessus.

A première vue, par son

seul aspect allongé, on est porté

toutnaturellement à classer la tête

limousine dans le premier

groupe. Nous verrons,

d'après

son

étude, que sa mensuration et

l'indice céphalique

qui

en

résulte, viennent la confirmer dans

cette place.

En effet, d'après les

recherches de M. Collignon, médecin-

major de l'armée, « la masse

de la population en Limousin pré¬

sentepresquepartout un

indice céphalique nettement dolichocé¬

phale parrapport à

l'ensemble de la population française; mais

cette dolichocéphalie

prend

un

caractère particulier chez un

grand nombre d'habitants en

Limousin, et c'est cette dolichocé¬

phalie particulière

qui caractérise,

ce

qui est admis à peu près

par tout le monde,

qu'il existe dans cette province des têtes

d'un type spécial ».

L'idée qui ressort de

cette appréciation est que la tête limou¬

sine estnettementdolichocéphale,et que,

dans beaucoup de cas,

cettedolichocéphalieest

modifiée

par

des caractères propres qui

la particularisent et

constituent

ce

qu'on appelle précisément

« latête limousine ».

De làl'explication d'un

double courant d'opinions qui a par¬

tagé les esprits adonnés à

l'étude du crâne en Limousin. Les

uns, s'en tenantà lagénéralité,

n'ont

vu

là qu'un crâne simple¬

ment dolichocéphale, aux

formes gracieuses, aux contours adou¬

cis, aux lignes régulières

s'harmonisant

avec

un visage long et

mince, formant un ovale non

moins régulier. Cette forme offre

une ressemblance frappante avec

le type arabe, auquel nous

l'avons souvent entendu comparer, et

qui est considéré par

quelques auteurs comme

le

type

exemplaire de la beauté du

crânehumain.«Letypearabe estun

des plus beaux du monde »,

a dit Larrey.

(12)

D'autres, aucontraire, plus particulièrement frappés parcette

forme spéciale qui en modifie la dolichocéphalie, n'ontvu dans

la tête limousine qu'une tête déformée et ont placé dans cette déformation son caractère distinctif.

C'est à l'opinion de ces derniers, plus conforme, selon nous, à la vérité, que nous nous rattachons, surtout dans cette étude.

Quelle est donc la forme de cette tête?

M. L. Bleynie nous dit que « dans la tête limousine, le dia¬

mètre occipito-frontal s'éloigne Beaucoup de l'horizontale, son extrémité postérieure est fortement relevée; ce relèvement est

encore plus marqué pour le diamètre occipito-mentonnier, le

crâne semble plus allongé; la face supérieure de lavoûte repré¬

sente un plan fortement incliné en bas et enavant ».

Cette observation s'appliqueà la déformation qu'on remarque le plus fréquemment en Limousin et que nous allons déorire.

Mais disons tout de suite que nous admettons deux variétés :

Dans la première,la tête présente enallant d'avantenarrière

une saillie assez accentuée des arcades sourcilières, le front est toujours fuyant; la courbe céphalique s'élèvedonc obliquement

en arrière pour atteindre sonpoint culminant plusprès de l'ex¬

trémité postérieure que de l'antérieure, c'est-à-dire, en arrière dubregma; de là elle s'incurve en formant une saillie plus ou moins arrondie mais toujours proéminente, qui donne à la tête

un aspect allongé et pointu. 11 semble que saisie entre deux

forces opposées au niveau du front d'une part, de l'occipital de l'autre, le crâne ait éprouvé un mouvement de translation dans lequebsa partie supérieure a été portée en arrière et aussi en haut. Il en résulte que le diamètre antéro-postérieur maximum n'y est jamais horizontal; il y prend une obliquité quelquefois

assez grande en bas et en avant, comme du reste l'ensemble de la face supérieure de la voûte.

Dans son ensemble, la tête présente un rétrécissement de la régionfrontale,etparticulièrementdescôtés,suivant la direction d'une compression circulaire partant de la région du front, se

(13)

15

dirigeant obliquement sur

les côtés,

en

arrière de la conque de

l'oreille, pour se terminer au

niveau de la protubérance occipi¬

tale, tantôt au-dessus, tantôt

au-dessous.

Cette déformation appartient au

second

genre ou genre

cou¬

ché de M. Topinard, dans

lequel la compression frontale étant

plus forte a exercé tout son

effet, tandis

que

la contre-pression

occipitale étant

placée plus bas,

a

été très faible ou nulle (le

point d'appui passant

alors parla colonne vertébrale) (voirfig. 1).

La deuxième variété, moins commune, se

rapproche beau¬

coup du type décrit par

M. Broca et observé à Toulouse.

Ladéformation principale

consiste dans

une

dépression con¬

sidérable de la voûte crânienne au niveau du bregnia.

Le front,

presque droit, s'élève

jusqu'au niveau des bosses frontales; là il

s'incline quelquefois brusquement en

arrière

par une

courbe à

petit rayon, remonte ensuite sans

nouvelle inflexion jusqu'au

bregma déprimé. De ce point,

le profil du crâne

se

relève un

peuetcontinueàmonter très

obliquement jusqu'au vertex, situé

à3 ou4centimètresenarrière du bregma. Du vertexau

lambda,

la ligne de profil décritune

courbe à laquelle succède un mé¬

plat oblique en bas et en arrière;

enfin du lambda à l'inion, le

profil se continue en formant une

convexité quelquefois exa¬

gérée. De chaque côté du bregma, on

observe

une

dépression

engouttière, obliqueenarrière,

visible plus

ou

moins bas et se

dirigeant vers l'inion (voir fig. 2).

Ces deux variétés sont réunies parune

série

très

complète de

degrés intermédiaires que la crainte

de

nous

répéter

nous em¬

pêche de décrire. Si on les considère en

commençant

par

la

premièrevariété, onvoit que leprofil dela

voûte crânienne tend

a sabaisser progressivement ense

rapprochant de plus

en

plus

de 1horizontale. Le front,defuyantqu'il était, se

redresse

peu

à

peu, la voûte s'ap.platit, le profil

crânien

se

rapproche ainsi de

plus en plus de la deuxième variété.

De l'examen dés mensurations que nous avons

faites

sur adultes, il résulte que, le diamètre

antéro-postérieur maxi¬

mum a varié de 18,5 à 21,1, et le diamètre

bi-pariétal maxi¬

mumde 13,9 à 15,4; l'indicecéphalique de 71 à

78,4. L'indice

(14)

céphalique moyen calculé directement avec la somme des fac¬

teurs a été de 75,4. Ce dernier classe donc Lien, comme nous l'avions déjà dit, la tête limousine déformée parmi les dolicho¬

céphales.

A cause de sa dénomination, il semble que la tête limousine

doive se trouverégalement répandue sur toute l'étendue du ter¬

ritoire de la province qui luia donné son nom. Il n'en est rien.

L'indice céphalique moyen de la population française étantde 83,57, nous pourrons, à l'exemple de M. Collignon, qualifier de

franchement brachycéphales les indices supérieurs à 83, et de dolichocéphales les indices inférieurs à 80.

Si on jette les yeux sur la carte de répartition de l'indice céphalique dans le Limousin dresséparcet auteur, nousconsta¬

tons que les habitants de la Corrèze sont en grosse majorité,

pour ne pas dire exclusivement brachycéphales, car aucun de

ses cantons n'accuse un indice inférieur à 83 ; sa moyenne est

de 84,93. Il faut remarquer en outre que ce département n'a

pas de dolichocéphales à indice au-dessous de 75, qu'il compte 6,90 p. 100 seulement d'indices inférieurs à 80, mais en revan¬

che 8,1 p. 100 d'indices supérieurs à 90. On peut donc en déduire que cette région necompte que très peude têtes limou¬

sines.

Par contre, dans la Haute-Vienne, on voit l'indice céphali¬

que moyen tomber à 80,93. La répartition des indices y otfre quelque chose de spécial dont nous verrons plus tard toute l'importance.

Au nord du département, il existe un îlot de brachycéphales

moins purs cependantque dans la Corrèze, puisque l'indice n'y dépassepas83,8. Ilse composedesquatre cantons: de Bellac, 83;

Le Dorât, 83,8; Mézières, 83,3 et Châteauponsac, 83,2.

Au centre du département, on en remarque un autre, mais

celui-là dolichocéphale et composé des sept cantons qui entou¬

rent Limoges: Aixe, 78,2; Nieul, 78,2; Ambazac, 79,9 ; Saint- Léonard, 79,9; Pierre-Buffière, 79,8; Nexon, 78,7 etSaint-Ger- main-les-Belles, 78,8. .

Les autres cantons de la Haute-Vienne ont un indice céphali-

(15)
(16)
(17)
(18)
(19)

que variant de

80

à

82 et entourent de tous côtés cet îlot de

dolicocéphales quia pour

centre Limoges.

Cette répartition

si

nette

et si caractéristique est de la plus

haute importance, car

elle semble donner la clef de l'ethnogra¬

phie locale. C'est en

effet à

une

divergence profonde de race

existant depuis l'origine,

entre les deux peuples, qu'est due

l'extrêmedifférence que l'on constate encore

aujourd'hui entre

les deux départements.

Les deux peuples

différaient

par

la

race

bien avant la con¬

quête, ils étaient l'un

Celtique,

comme

le disait César, et l'autre,

tout en étant compris dans la

Celtique de cet auteur, était pro-

probablementapparenté aux

peuples qu'il nommait Aquitains.

Cette répartition fixe

donc à

peu

près les limites entre les¬

quelles on rencontre surtout

la tête limousine.

(20)

ORIGINE

HISTOIRE

Le caractère différentiel de la tête limousine se trouve donc dans sa déformation. Il importe d'en connaître l'origine-

« L'homme est un animal intelligent, a dit M. Topinard, mais

aussi un animal bizarre. La structure de son cerveau le pousse

aux actes les plus nobles, comme aux pratiques les plus stu- pides, telles que de s'amputer le petit doigt, de se brûler la plante des pieds, de s'arracher les dents de devant, de s'in-

ciser le canal de l'urèthre ou de se déformer la tête, tout cela parce que d'autres l'ont fait avant lui ». C'est à cette tendance naturelle de l'homme que nous devons la déformationde latête

en Limousin. Ce serait une profonde erreur de croire que les populationslimousines aientété les seulesàsubircetteintluence.

L'humanité se retrouve la même sur tous les points du globe.

Partout les mêmestendances et propensions, partout les mêmes résultats. Aussi l'histoire relève-t-elle chez les peuples de l'an¬

cien et dunouveau continent des faits curieux de déformations artificielles qu'il est intéressant de connaître, avant d'étudier l'origine des déformations en Limousin.

Chez presque tous les peuplesd'Amérique, onremarque, lors

de l'arrivée des Européens, que ces pratiques étaient converties

en coutume. Récemment encore des géographes et des voya¬

geurs sont venus confirmer de leurs témoignages ces constata¬

tions.

A la séance du 21 novembre1889, le D1'Manouvrier présenta,

à la société anthropologique de Paris, un crâne d'enfant horri¬

blementdéformé, et provenant dechez les Indiensde la Bolivie.

(21)

*

19

r

Ces nations sauvages ou à demi-policées

affectionnent et adop¬

tent pourleurs enfants

telle

ou

telle forme de tête. Aux Antilles

par exemple, les

Caraïbes préfèrent à l'angle droit facial, le

frontplat et fuyant.

A l'article « Tête » du Dictionnaire de médecine en trente volumes, Marjolinécrivait : « Ces

différentes formes naturelles

de la tête sont d'ailleurs diversement modifiées chez

quelques

peuples par des pressions

mécaniques qu'ils exercent sur cette

partie du corps, dans un sens ou

dans l'autre, dès le moment

de la naissance.C'est ainsi que plusieurs

peuplades de l'Améri¬

que, attachant une idée de beauté à

l'aplatissement extrême du

front, appliquent sur la tête

des enfants nouveau-nés, une

planchette garniede coton qu'ils fixenten

arrière

avec

des liens,

et produisent cette déformation en

exerçant

une

pression conti¬

nue sur la partie antérieure

de la tête.

Elles ont été signalées aussi à

Sumatra, à Java et à Taïti, sur¬

tout danscette dernièreîle, mais limitées

seulement

à

quelques

familles, à certaines castes.

En Asie, quelques sectes de

mendiants chinois, quelques tri¬

bus du Turkestan, des prêtres au Japon

et des tribus syriennes

des bords tle la mer Noire et du Caucase les ont seuls

prati¬

quées.

En Europe, nous constatons ces

mêmes tendances et ces

mêmes pratiques; elles y sont

observées dès la plus haute anti¬

quité. Hippocrate rapporte «

qu'aucune nation n'a la tête

con¬

formée comme les macrocéphales. Dans

l'origine, l'usage seul

était la cause de l'allongement de la tête,

mais aujourd'hui la

nature vient en aideàl'usage. Celte coutume

provient de Vidée

de noblesse qu'ils attachent aux têtes

longues. Voici la descrip¬

tion de leur pratique. « Dès que

l'enfant vient de naître et

pen¬

dant que, dans un corps si tendre, la tête conserve encore sa mollesse, onla façonne avec les mains et on la force

de s'allon¬

ger à l'aide de bandages et de machines

convenables qui

en

allèrent la forme sphérique et en augmentent

la hauteur

».

Enfin il achève en disant que cette coutume

s'est perdue chez

eux par lafréquentation des autres peuples.

(22)

Hérodote parle aussi des peuples riverains du Pont-Euxin qui se déformaientlecrâne et qui semblent être les mêmes que les macrocéphales.

Strabon nous apprend que les Svginnes du Caucase « s'étu¬

diaientà rendre trèslongue la tête de leurs enfants et le front, proéminent, faisait saillie au-dessus des yeux ».

Tite-Live, Pline le Naturaliste et bien d'autres ont parlé des peuples quise déformaient le crâne.

Jornandez, Ammien Marcellin, Sidoine Apollinaire nous dé¬

crivent les Huns d'Attila suivant une pareille coutume et l'on sait, a dit Amédée Thierry, « que les Huns employaient des

moyens artificiels pour donner à leurs enfants la physionomie mongole en leur aplatissant le nez avec des bandes de linge for¬

tement serrées, en leurpétrissant la tête de manièreà dévelop¬

perles pommettes ».Ilparaît toutefois que cet usage n'était pas

général, le sexemasculin y étant seul soumis.

On ne saurait dire si ces coutumes de déformation existaient dans les paysoccidentaux de l'empire romain. Durant le moyen- âge, les auteurs ne disent rien à leur sujet. La première men¬

tion qui en soit faite date du xvie siècle : « Les Génois, dit Scaliger, ont appris des Maures l'habitude de se déformer la

tête ».

Dès cette époque, cette question intéresse les médecins et les anatomistes, qui, après avoir rappelé le passage d'Hippo- crate,signalent les nations de l'Europe ayantadopté la pratique

de ces déformations et les procédés qu'elles ont mis en usage.

En 1878, à Budapesth, à l'occasion d'une communication de

M. Lenhossek surles anciens crânes macrocéphales, M. Ivoper-

nicki dit avoir observé dans lesenvirons de Bucharest des défor¬

mations analogues àcelles deces peuples. Virchow rappelle que

« peut-être nulle part l'usage de serrer la tête d'une manière

constante n'est plus répandu que chez les femmes Vendes de

la Lusace. Même lespetites filles y portent surla tête un grand

fichu sous lequel la tête est entourée circulairement d'un ban¬

deau fortement serré. Les femmes y sacrifientune grande partie

de leurs cheveux pour pouvoir ajuster plus exactement leur

(23)

21

coiffure, au-dessous de laquelle se trouve le bandeau ou serre- tête des Françaises.

Au Congrès de Moscou(1879), le Dr

Pokrowski

a

fait connaître

des déformations du crâne en Russie; elles se pratiquent chez

les enfants au moyen de bonnets et de berceaux

spéciaux. Dans

les steppes, il y a aussi une

déformation particulière qui porte

sur les oreilles. Une coiffure faite exprès,jette en avant et déve¬

loppe le pavillon de l'oreille,

afin

que

les ondes

sonores

s'y

engouffrent mieux, etque la perception

des

sons y

soit plus

sen¬

sible.

D'après Vésale, les Belges ont

la

tête

plus longue

que

d'au¬

tres peuples, parce que les mères

enveloppent la tête de leurs

enfants avec des bandes, et qu'elles les laissent le

plus

souvent

dormir sur les tempes.

Spigelénumère les diverses formesde tête;

les

unes sont

lar¬

ges, les autres longues, celles-ci pointues, celles-là

rondes, enfin

il choisit un mot grec, cpoija (en pointe), pour

désigner

une

der¬

nière forme plus exagérée sans doute;

puis il indique les

peu¬

ples quiont la tête suivant la division

qu'il

a

établie, et

aux¬

quels Àndry ajoute les Flamands et les

Parisiens. D'après cet

auteur, les déformations artificielles étaient signalées dans

les

diverses parties de l'Europe, mais il

n'était nullement question

de la France cependant elles étaient

pratiquées.

En effet, des fouilles pratiquées dans l'est

de la France

par

MM. Troyon, Gosse fils et Chantre, ont fait découvrir

des

crânes déformés, dont certains sontrapportés au type

macrocéphale,

et

certains autresattribuésaux Helvètes etaux Sarrazins, qui, pen¬

dant leixesiècle, avaient poussé leursincursions

jusqu'en Savoie,

ils auraient établi une petite colonie.

M. Broca ferait remonter l'introduction en France, de cette

coutume des déformationsartificielles, àl'époque de

l'apparition

des Kymris; on les retrouverait là où se sont fixées leurs diffé¬

rentes tribus. Celles des Volkes, Arékomiques et Tectosages,

envahirent dès le ive siècle avant l'ère chrétienne,le Languedoc (ancienne Narbonnaise) et portèrent dans cette

région

ces pra¬

tiques de déformations. De même l'influence des immigrations

(24)

22

belges dans le bassin de la Seine, de la Sèvre niortaise et de la

Charente yexpliquerait la présence de ces mêmes coutumes.

M. Delisle limite l'aire des déformations artificielles encore

très étendue en France il y a une vingtaine d'années. « On les observe, dit-il, dans sept départements du Midi : l'Hérault, l'Aude, l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne

et l'Avevron; dans le Gers, elles ont presque entièrement dis¬

paru. Elles sont encore signalées dans la Seine-Inférieure et quelques parties des départements voisins : dans les Deux- Sèvres, les Charentes, dans les environs de Poitiers et de Limo¬

ges ».

On rencontre, en effet, fréquemment ces déformations dans le Limousin, surtout dans la Haute-Vienne. Leurs pratiques sem¬

blent remonter au berceaumême du peuple limousin. M. Colli-

gnon nous dit : « que les Lemovices proprement dit, ceux des

environs de Limoges, n'étaient pas des Celtes(au sens anthropo¬

logique du mot) mais bien un peuple blond, d'origine belge ou germaine, établi en Celtique et ayant placé sous son hégémonie

l'ancien peuple, brachycéphale celui-là, qui l'y avait précédé ».

Et, à l'appui de cette opinion, il rappelle,avec M. Lagneau, que

« plusieurs historiens semblent avoir conservé le souvenir d'an¬

tiques relations ethniques entre les populations du Rouergue,

du Limousin, du Poitou et de l'Aunis, avec les peuples de la

Germanie orientale, de la Scythie et de la Thrace. M. 0. Maurf

a fait remarquer que les Lemovii, anciens habitants de la région baignée par la Basse-Vistule, étaient presqueles homonymes des Lemovices, anciens habitants du Limousin; homonymie peut-

êtreexplicableparla migration des tribusgaéliquesque Diodore

de Sicile dit occuper lesvastes contrées s'étendantde la Scythie (actuellement la Russie) à l'Océan (liv. V, chap. XXXII).

» En ce cas, on s'expliquerait facilement que la concentration

des Lemovices dolichocéphales etblondsautour de leurcapitale,

la Limoges actuelle,se traduisît parla dolichocéphalieque nous constatons aujourd'hui ».

Nous pouvons faire remonter à cette première pénétration des peuplades étrangères en Limousin l'origine de cette tendance à

(25)

23

la déformation.Ne savons-nous pas, en effet, d'après

Vésale,

que

les Belges et autres

peuples de même origine, les Secvtes,

par exemple,se

déformaient la tête? Pourquoi dès lors

ne pas

admet¬

tre qu'arrivés là en

dominateurs des premiers habitants de la

région, ils yaientimporté

leurs

mœurs

et leurs coutumes ? Peut-

être même les ont-ils imposées à leurs

vaincus, ainsi

que

M.Ludovic Martinet l'a développé au Congrès

de Lille

en

1874.

Ne peut-on pas admettre

aussi,

comme

l'ont dit certains auteurs,

que le seul désir de

ressembler

aux

conquérants, ait. porté les

vaincus à pratiquer la

déformation?

Plus tard, le Limousin fut ravagé par une

invasion terrible,

celle des Arabes. On sait comment, en 732, l'épée

de Charles

Martel vint l'arrêter à Poitiers ; mais ce qu'on sait

moins, c'est

ceque devint l'armée

d'Abd-er-Rhaman qui, s'enfuyant dans la

nuit qui suivitla bataille, ne

fut

pas

poursuivie, et disparut sans

laisser dans l'histoire trace de son passage.

Beaucoup d'auteurs,

parmi lesquels M. Collignon, ont vu,

dans les individus brunsetdolichocéphalesqu'on

rencontre entre

Poitiers et le Plateau Central, les descendants des

vaincus de

Poitiers. La chose n'offre rien que de

vraisemblable,

car

les

arméesarabes, comme tout ce qui est

musulman, traînaient der¬

rière elles leurs femmes et leurs enfants, et tout les

portait

à se fixer en ces lieux. L'histoire, en effet, nous

apprend

que

la

réputation de richesse dont

jouissait Limoges, qui battait mon¬

naie, qui possédait près de là, à

Solignac,

un

atelier d'orfèvrerie

dans l'abbaye construite par

saint Eloi, avait attiré les Arabes,

qui, malgré leur défaite de Poitiers,

s'y maintinrent.

Plusieursnoms de familles limousines, certains noms de rue attestentleurorigine arabe. Beaucoup

d'hippologistes

ne

voient

dans le cheval limousin que le cheval

arabe dépaysé. Enfin la

tradition attribue àces Sarrazins lafondationd'Eymoutiers,can- ton de laHaute-Vienne, dont plusieurs

maisons anciennes

rap¬

pellent l'architecture arabe. Ceseraient là, pensons-nous,

les rai¬

sonsquiontfaitécrireàM.Masfrand: que

les Arabes ont dû faire

quelqueapport àla masse dela

population limousine

; on pour¬

rait trouver là la survivance dutypearabe ou

plutôt de

sa

variété

(26)

mauresque, dont M. Bussière a signalé la trace dans plusieurs villages du canton de Chatelus-le-Marcheix et à qui quelques

auteurs ont fait remonter l'origine de l'industrie des tapis d'Au-

busson. Mais ces Arabes avaient,d'après Scaliger, l'habitude de

se déformer la tête. Avec eux, pensons-nous, auraient pu s'éta¬

blir ces coutumes, en admettant qu'elles n'y fussent pas déjà, et, en tout cas, ils auraient perpétué certains caractères ethno¬

logiques de leur race, entre autres la dolichocéphalie, si com¬

mune en Limousin.

Le silence des auteurs latins de la fin de l'empire romain sur l'existence des déformations ou de leurs pratiques, non seule¬

ment pour le Limousin mais pour la France, laisserait suppo¬

ser que c'est pendant la période qui asuivilesgrandes invasions, pendant le moven-àge, que cette coutume s'est établie. Quoi qu'il en soit, ces probabilités cessent dès le xvne siècle pour

faire place à une certitude indiscutable de l'existence de ces

pratiques dans le Limousin. La preuve nous en est révélée par

un document qui,pour n'être pas d'une valeur scientifique indis¬

cutable, n'en est pas moins très curieux, et surtout d'une incontestable authenticité. C'est un long et beau poème en

vingt-deux chants intitulé : Rhetorice, composé ily a 250 ans

environ, par le P. Josset de la Compagnie de Jésus et profes¬

seur de rhétorique à Limoges.

Dans la première partie de son ouvrage, l'auteur s'occupe beaucoup de l'éducation physique de l'enfant dont il doit faire plus tard un orateur. Il le devance même au seuil de la vie et

sa sollicitude s'intéresse à luijusque dans le sein de sa mère à

qui il donne des conseils pour tout le cours de sa grossesse.

Puis, lorsqu'il est né, il donne à l'accoucheuse des conseils au

sujet des formes à obtenir :

Atpartus jam tempus adest, jam nascitur infans.

Illum fidajuvaobstetrix;liuic mollia membra, Huic facileartus, atqueossasequacia forma.

Narnquamvishabitumvultus, capitisquefiguram, Membrorumsitumplacidee visaimaparentis Finxerit, inqueuterocunctos extruxeritartus,

(27)

25

IIismajus lamenadcledecus,melioraque forma,

Ornamenlaadliibe;et,si forteinhonesta figura est, Corrige;namte, cerœinstar,guocumquesequenlur.

Ergocaputmanibus solerscompone, fuluram Tôtrerum tôt opumquedomum,nesphsericaprorsus

Illi cuisit forma,injuslumneveexealorbem.

111aquidemtriulto slat congruaforma cerebro;

Sednonampla sinumemoreest:Sitlongior ergo;

inquecucurbitul.eseseproducat acumen Posticadeparte, equidem tunemagnapatescit

Aulalocusquecapax,ubi vismemorampla quiescit.

Atfrons,maturae statiocerlissima mentis, Augustos nimiumnecasligelurin orbes,

Indicium leiiilatis;atextendatur inaequor, Sed tumidum,quaparlecomis etcrinibus bœret.

Mais voici que le temps de l'enfantement est venu : l'enfant naît.Accoucheuse

fidèle, aide-le;façonne-lui desmembresélégants, desarticulationssouples etflexibles.

Quoiquela nature bienfaisante lui ait donné,dans lesein desa mère, etle port etla

physionomie; quoiqu'elle aitdéjàterminé la formede la tête et la configuration des

membres, toicependant de tes mainshabiles,ne laisse pas d'ajouter unegrâce plus

parfaite; apporte desembellissements nouveaux à la forme naturelle; et,si celle

forme n'étaitpasbelle, corrige-la: elle se laisseraplierentre tes doigtscommede

la cire molle.

Donc, nourrice fidèle, façonne la tète de tes mains habiles, cette tête qui

contiendra plus tard tant de choses ettant de richesses; qu'elle n'ait pasuneforme

entièrementspkérique;qu'ellene sedéveloppepas en un cercle parfait:àla vérité,

cette formevabienàlamassecérébrale, maiselle n'offrepas une placeassezvaste

pourla mémoire(faculté si nécessaire àl'orateur).

Quelatètede notre enfantsoit doncun peu longue;que, parderrière,elle

aille s'étendant légèrement en pointe,et comme le bout d'unecourge : il y

auraalorsunvastechamp,unlieuspacieuxpourloger lamémoire.

Quelefront,demeure certaine de l'intelligence parvenueà samaturité,neprenne

paslaforme d'un cercleétroit,cequi estl'indiced'un espritléger, maisqu'il aillese développantcommeunesurface plane, maislégèrementrenfléducôlé oùs'implantent

lescheveux.

Malgré les erreurs phrénologiques contenues

dans le texte,

erreurs compréhensibles, si on considère l'époque à

laquelle

a

été écrit le poème, nous avons cru devoir le

reproduire

parce

quil constitue pour le Limousinundocument historique

impor¬

tant. Il nous apprend les idées qui avaient cours

dans le

pays,

il y aenviron 250 ans, sur le façonnement des têtes. Dans

le

but d'augmenter la mémoire, ou bien encore pour céder aux

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