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Submitted on 1 Jan 1964
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Applications des couches minces en optique - (Exposé d’ensemble)
P. Giacomo
To cite this version:
P. Giacomo. Applications des couches minces en optique - (Exposé d’ensemble). Journal de Physique,
1964, 25 (1-2), pp.237-244. �10.1051/jphys:01964002501-2023701�. �jpa-00205746�
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APPLICATIONS DES COUCHES MINCES EN OPTIQUE
(EXPOSÉ D’ENSEMBLE)
Par P. GIACOMO,
Faculté des Sciences de Caen.
Résumé.
-On essaye de dégager les difficultés générales (calcul, contrôle, uniformité, stabilité, matériaux), comment elles guident le choix des solutions adoptées et comment elles limitent la
qualité des résultats. Anti-reflets, miroirs semi-transparents et opaques, filtres colorés, polariseurs,
filtres d’amplitude sont analysés de ce point de vue.
Abstract.
2014An attempt is made to disentangle the general difficulties (calculation, control, uniformity, durability, materials), how they guide the choice of the methods adopted, and how they limit the performance. Anti-reflection coatings, semi-reflecting and opaque mirrors, color filters, polarizers, amplitude filters are reviewed in this respect.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 25, JANVIER-FÉVRIER 1964,
Il a été souvent question, dans les communi- cations précédentes de mesures précises des pro-
prietes optiques des couches minces : pouvoir re-
flecteur R (ou R’) transmission T, d6phasages cor-
.
respondants Ar{ (ou A,,), At, auxquels il no.us sera
utile d’ajouter l’absorption A = 1
-R - T (ou A’ = 1
-R’
-T). Ces mesures visaient a
obtenir des renseignements sur les proprietes des
matériaux constituant les couches et sur leur structure.
Pour Ie physicien paresseux, il est tentant d’uti- liser toute cette doumentation dans un autre but :
on a souvent besoin de modifier les propri6t6s optiques d’une surface, par exemple d’augmenter
son pouvoir r6flecteur, ou, au contraire, de le dimi-
nuer, sans modifier ses propriétés géométriques ; en
cherchant bien dans les nombreux exemples déjà 6tudi6s, on a quelque chance de trouver une couche mince susceptible de rendre le service attendu.
Comme la chose semble facile, on pourra meme
empiler les unes sur les autres plusieurs couches et
obtenir ainsi des propri6t6s int6ressantes ou amu-
santes.
Cette demiere idee 61argit effectivement beau-
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01964002501-2023701
coup le champ d’application des couches minces en optique, mais cela ne va pas sans quelques diffi-
cult6s.
Nous essaierons d’abord de donner ane vue d’en- semble de ces difficultés. Cela nous permettra, sur quelques exemple d’applications, de mieux d6gager
les probl6mes resolus ou a r6soudre.
I. Problèmes gdn6raux.
-1-1. PROBLÈMES DE
CALCUL.
-On sait calculer les proprietes optiques
d’une couche mince (a faces planes et paralleles, . homog6ne, isotrope) dont on connait 1’epaisseur e
et l’indice de refraction n, d6pos6e sur un support
massif dont on connait 6galement l’indice, pour diverses longueurs d’ondes X. Ceci reste valable lorsque les indices sont complexes.
Pour un empilement de couches minces di6lec-
triques, le calcul des propri6t6s optiques, a partir
des valeurs de n et e pour chaque couche, n’est simple que dans quelques cas particuliers. Dans le
cas general, on peut faire appel a des proc6d6s graphiques ou analogiques ; malgr6 leur precision modeste, ils ont l’avantage de donner rapidement
une vue d’ensemble. On peut aussi utiliser des machines digitales [1] : un programme, 6tabli une fois pour toutes, permet de faire tous les calculs
avec precision ; encore faut-il qu’il fournisse, a la sortie, des r6sultats rapidement utilisables. ,
Le calcul est sensiblement plus compliqu6 si les
couches sont absorbantes. 11 risque d’ailleurs d’6tre
un peu illusoire, au moins dans le cas des m6taux,
1 es « constantes optiques » apparentes ayant fàcheu-
sement tendance a varier. 11 vaut mieux alors
partir des propri6t6s optiques nlesurées pour chaque
couche métallique.
En vue des applications, le problème se pose différemment. On a besoin, par exemple, d’un reve-
Lement donnant it R des valeurs d6termin6es pour
plusieurs longueurs d’ondes X, imposées. lj’id8al
serait cie pouvoir déàuire des valeurs de R et À lc nombre de couches, les indices et les 6paisseurs
necessaires pour obtenir ce r6sultat. Meme dans le
cas de couches diélectriques parfaites, ceci est beau-
coup plus difficile. II semble que tres peu d’auteurs soient arrives a une solution alg6brique formelle du
problème [.2]. Plus souvent, on a cherche des solu- tions par approximations successives : partant d’un empilement connu, ayant des propr]6t6s voisines
tlu but cherche, on essaie de s’en approcher par variation des epaisseurs ou des indices. Les calculs sont generalement effectués a la machine [3], [4].
La principale difficulté est de trouver une m6thode
rapidement convergente.
1-2. PROBLEMES DE REALISATION.
-Le calcul conduit a des valeurs d6termin6es des indices, et
des 6paisseurs.
1-2.1. Epaisseurs.
-Pour les épaisseurs, cela
se traduit par trois conditions distinctes.
a) Uniformité: L’epaisseur doit avoir la même
valeur sur toute la surface considérée : la couche doit etre « uniforme ». Les consequences des d6fauts d’uniformité sont variables suivant leur (, longueur
d’onde spatiale » A [5,6].
Si A « x, ils se traduisent par 1’existence de couches de passage apparentes ; les couches de passage, apparentes ou r6elles, sont heureusement peu g6nantes, tout au moins pour les angles d’inci-
dence faibles.
Si A » x les d6fauts d’uniformit6 se traduisent par des différences de propri6t6s optiques entre les
differentes regions de la surface consideree ; on peut les appeler alors aberrations g6om6triques, quoiqu’il s’agisse aussi bien de variations d’ampli-
tude que de variations de phase ; on pourra traiter leurs effets par les lois de l’optique geometrique.
l,e cas intermediaire est couvert par le terme
assez vague de (( diffusion ».
11 n’y a pas, en fait, de limite nette entre la diffusion et les aberrations g6om6triques, cette
limite dependant essentiellement des conditions d’utilisation.
Une discussion complete serait trop longue, mats
on peut en indiquer les grandes lignes.
Le param6tre important est la resolution utills6e
apr6s travers6e de la couche mince. On peut carac.
t6riser cette resolution par l’ouverture Ao du « dia- phragme juste r6solvant)), i.e. le diaphragme, situc
dans le plan diffusant, donnant une tache de dif- fraction de largeur égale 4 la limite de resolution titills6e. Seuls les d6fatits d’uniformité de periode spatiale A Ao se traduiront par unc « diffusion »
plus ou moins genante, la lum]6re qu’ils diffractent
se dispersant abusivement apr6s travers6e de la
couche non uniforme.
Si Ao correspond a l’existence, apres la couche mince, d’un diaphragme limitant 1’ouverture nile des faisceaux, ces defauts se traduiront par une
perte de luminosite ; si Ao correspond au besoin de
r6soudre des détails de l’image d’un objet etendu,
les def auts de A A0 se traduiront par une perte
de resolution et de contraste. Ces deux effets coexistent en general.
Enfin, les d6fauts d’uniformite des couches se
repercutent sur les propriétés optiques par 1’inter- m6diaire des deformations des surfaces d’ondes :
l’amplitude des defauts des surfaces d’ondes corres-
pondant a un def aut d’unif oi-m it6 donne sera multi-
pli6e par un facteur complexe dont le module peut
etre bien supérieur a 1 si r ou t (complexes) varient
tres rapidement en fonction des 6pa*sseur .
-
b) recision : Le calcul pr6voit’une epaisseur
(g6n6ralement une epaisseur optique) bien deter- min6e pour chaque couche. La tolerance sur cette
epaisseur est souvent faible. On doit donc pouvoir
controler avec precision l’épaisseur des couches
d6pos6es. Les proc6d6s les plus sur sont ceux utili-
sant les proprietes optiques elles-memes de 1’empi-
lement en cours de preparation. Mais les propri6t6s
de l’ ensemble. ne sont pas toujours fonction simple
de celles de chaque couche : les empilements de
couches p. X/4 (p entier) seront relativement f at;iles a controler, parce que 1’6paisseur optique p. X/4 correspond a des propri6t6s optiques remarquables;
il n’en sera pas de meme pour des couches d’épais-
seur optique quelconque.
c) Procédés de préparation : Parmi les procédés
de préparation, l’évaporation sous vide pousse est
le seul qui permette a la fois d’obtenir des couches uniformes sur de grandes surfaces, d’en controler
l’épaisseur avec precision et de travailler avec des substances tres vari6es. Encore faut-il que ces substances supportent 1’evaporation sans decom- position (thermique ou par reaction avec le creuset).
1-2.2. Indices de réjraction.
-L’indice (com- plexe) est lie a la nature chimique de la couche.
Si l’on veut obtenir un indice defini, bien repro-
ductible, il est n6cessaire que le procédé de prepa-.
ration soit « chimiquement propre » l’évaporation
sous vide et meme sous ultravide est a cet 6gard,
le plus sur. Mais les substances susceptibles d’être 6vapor6es sous vide sans decomposition et donnant
des couches bien uniformes sont en nombre limite ;
par voie de consequence, le choix des indices de refraction utilisables 1’est 6galement. Deux m6-
thodes permettraient d’échapper a cette limitation.
La premiere consiste a utiliser des couches for- mcees de melanges, en proportions variables, de
deux substances d’indices nettement differents [7, 8]. Si l’on veut obtenir une valeur d6termin6e de
l’indice, il faut pouvoir controler la proportion des
deux substances. La complexité du controle simul- tané, sur une meme couche, de l’indice et de
1’epaisseur optique, limite I’application de ce pro- cede a des cas Oll 1’un au moins de ces controles n’a pas besoin d’être precis.
La seconde [9] résulte de la remarque suivante :
11 n empilement de couches d’indices n, et n2 a dis- tribution synlétrique des indices et des 6paisseurs,
est equivalent a une couche unique d’indice n (nl rz n2). Le choix de la distribution des llpaisseurs et de 1’epaisseur totale permet de simuler
une couche unique d’indice arbitraire, compris.
entre n, et n2 et d’6paisseur quelconque. Pour que i’indice et 1’epaisseur equivalents restent constants dans un domaine de longueurs d’onde appréciable.
i 1 sufnt que chacune des couches ait une epaisseur petite devant la longueur d’onde. Ce procédé, outre
des difficult6s de controle, a l’inconv6nient d’aug-
menter fortement le nombre de couches. Si elles
présentent des def auts d’uniformité, on peut
craindre que leur accumulation entraine une dif- fusion importante.
1-2.3. Fragilité.
-Si toutes les conditions pr6c6-
dentes sont remplies, il taut encore que les couches obtenues conservent leurs propri6t6s pour une duree
suffisante, et ceci malgr6 les mauvais traitements
qu’on est oblige de leur infliger : mise en contact
avec 1’atmosphere, parfois humide ou corrosive, nettoyage, etc... Ceci interdit, ou limite a des appli-
cations délicates a mettre en 0153uvre, l’emploi de
certains mat6riaux, m6taux ou halogenures alca-
lins par exemple, dont les propri6t6s optiques
seraient pourtant tres int,eressantes.
Toutes ces difficulties ’ont des importances va-
riables suivant les applications envisages.
II. Exemples d’applieations.
--II 1. COUCHES
ANTI-REFLET.
--11 est tres profitable de supprimer
les reflexions sur les faces des lentilles des qu’une optique comprend un nombre élevé de dioptres :
on augmente la transmission, qui peut passer de
(0,96)16 ~ 0,5 a (0,995) cr 0,9, mais surtout on supprime la lumi6re parasite qui, par reflexions
multiples, vient se superposer a l’image definitive,
diminuant le contraste.
On peut aussi etre amene a supprimer une
reflexion m6tallique au profit de l’absorption, par
exemple pour ameliorer 1’efficaeit6 d’un r6cepteur photoélectrique [10] ou d’un r6cepteur ther- mique [11], dans ce dernier cas, on a interet, simul- tan6ment, a augmenter l’absorption du rayon- nement incident et a diminuer le rayonnement
propre, il s’agit donc plutot d’un probl6me de filtrage.
11-1.1. Anti-reflet simple.
-Pour un support
d’indice n3 reel, en contact avec un milieu d’in-
dice ni r6e], on peut supprimer la reflexion sous
incidence normale a la longueur d’onde Xo avec
une couche di6lectrique appropri6e. Le principe et
Ie calcul sont simples : en premiere approximation,
il suflit que les amplitudes r 1 et r2 des deux pre- mieres ondes réfléchies par les deux faces de la couche mince soient 6gales en module et oppos6es
en phase, les reflexions multiples 6tant n6g]l- geables. Le calcul complet, gu6re plus difficile, con-
duit aux memes conditions : n2 - n, n3 et
n2 e == XO/4 (ou (2p + 1) À/4). Pour l’incidence
oblique (en s6parant les deux polarisations princi- pales) ou pour un support d’indice n2 complexe, le
calcul conduit facilement a des r6sultats analogues :
indice et epaisseur determines.
L’application pr6sente quelque f acilite puisqu’il
suf’it de controler 1’6paisseur pendant la prépa- ration, par la propriété désirée elle-meme : s’il
s’agit d’un anti-reflet pour le vert, la surface,
6clair6e en lumiere blanche, sous l’incidence d’utili-
sation, donnera par reflexion une teinte sensible ;
le controle est a la fois simple et precis. On trou-
vera dans la literature divers proc6d6s photo- m6triques de controle, adaptables a toutes les longueurs d’onde, parfois tres precis 6galement.
La valeur de l’indice n6eessaire est fondamentale,
l’utilisation de couches fragiles pratiquement
exclue. La probabilite pour qu’une meme sub-
stance remplisse simultanernent ces deux condi-
tions est faible. Heureuseinent, on dispose, sur l’in- dice, d’une certaine latitude : si n2 s’écarte de la valeur id6ale, R,augmente progressivement mais
reste inf6rieur a celui du support tant que n2 reste
compris entre nl et n3. 11 faut chercher le meilleur
compromis entre 1’efficacit6 et la solidite.
Ainsi, pour les anti-reflets sur verre d’indice n3 = 1,52, en contact avec 1’air (nl = 1), on a
besoin d’une substance d’indice n2 = 1,23. F2Ca, evapore dans certaines conditions, donne bien cet indice, mais des couches tres fragiles. Na3AlFs, FLi, F3Al, F2Ig ont des indices de plus en plus 6loign6s de la valeur optimale. F2Mg, a un indice
sensiblement trop élevé (1,38), laissant subsister
un pouvoir r6flecteur de 1 %, mais il donne, par des traitements thermiques appropri6s, des couches
remarquablement resistantes. Le compromis le plus couramment utilise est F2Mg : pour les appli-
cations courantes, la solitité 1’emporte sur 1’effl-
cacité.
11-1.2. Antireflets 4 couches multiples.
-Si F2lVIg
a un indice trop élevé, Irli est superieur a Ir21.
On peut y remedier, comme l’a propose J. Strong,
en augmentant lr2l a 1’aide d’une couche mince
supplémentaire. La solution proposee consiste a d6poser préalablement, sur le verre, une couche de transition dont l’indice varie progressivement depuis n3 = 1,52 jusqu’a n’ = (1,38)2 ~ 1,9. On
utilise pour cela une couche form6e d’un m6lange
de Si02 et Ti02 dont les proportions varient lente- ment lorsqu’on s’éloigne du verre. SiO2 et TiO2
donnant des couches tres resistantes, cette solution
am6liore refticacite sans nuire a la solidite ; on perd un peu de la simplicite de preparation et de
controle.
Les deux solutions pr6c6dentes conservent une
faiblesse : l’antireflet n’est tres efficace qu’au voisi-
nage de Ào. Or l’utilisation de deux couches permet
le choix arbitraire de quatre parametres : deux
indices et deux épaisseurs ; l’annulation de R cor- respondant a deux conditions (une pour la partie
r6elle de r, une pour sa partie imaginaire), on doit pouvoir la r6aliser pour deux longueurs d’ondes À1, À2. On pourra de m6me annuler R pour trois lon- gueurs d’ondes avec trois couches, p longueur
d’ondes avec p couches. On peut esp6rer qu’entre
ces longueurs d’ondes, R restera faible. Le calcul conduit a des empilements de couches p X XO/4
pour une longueur d’onde m6diane ; la commodite de controle subsiste. De plus, les longueurs d’ondes Xi, X2, ..., li6es aux indices des couches, ne sont
pas fix6es de façon imperative. Le choix des
indices utilisables est donc plus large.
Toutefois, l’intérêt de ces couches anti-reflet 6tant de diminuer R dans un domaine 6tendu de
longueurs d’ondes, le visible par exemple, on peut
se demander s’il y a int6r6t a choisir À1 ?2
...proches ou 6loign6s et si, dans les meilleures condi-
tions, un tel anti-retlet est plus efficace que les
precedents. De tels calculs relèvellt des machines
digitales. On peut meme les agr6menter en tenant compte de l’ouverture angulaire des faisceaux [4]
et thercher ainsi le meilleur compromis entre
1’efficacit6 pour un spectre 6tendu et un faisceau ouvert, et la solidite des couches.
En augmentant le nombre de couches, donc le
nombre de zeros de R(À) on peut esp6rer r6aliser
des anti-reflets durables et d’efficacité remarquable,
sans que les difficultés de preparation et de con-
tr6le (couches p x Ào/4) deviennent importantes.
On verra, a propos des miroirs semi-réfléchissants,
que de tels empilements sont couramment utilis6s ;
mais on atteint alors facilement, du fait de la diffusion par les irrégularités superficielles, des absorptions apparentes de l’ordre de 1 %.
Une diffusion de cet ordre de grandeur, r6p6t6e
sur de nombreux dioptres, peut devenir plus nui-
sible qu’un fond continu : schématiquement, il
vaut mieux observer la lune en plein jour que la nuit par temps de brouillard. C’est d’ailleurs parce
qu’ils deviennent diffusants que les anti-reflets
fragiles ne sont gu6re utilisables.
Le probl6me des anti-reflets sur support m6tal- lique n’est pas sensiblement different. Comme il ne
s’agit plus de former une image apr6s traversee de la couche anti-reflet, mais seulement de diminuer
1’energie r6fi6chie au profit de 1’energie absorbee,
une diffusion beaucoup plus importante peut etre
tol6r6e. Les solutions a nombre de couches 6lev6, permettant d’étendre l’efficacité a un domaine
spectral tres large, s’appliquent. Par contre, pour les r6cepteurs photoelectrique, la presence de
couches minces sur le support photosensible risque,
par diffusion d’impuretés, de diminuer la sensi- bilit6. C’est une limitation suppl6mentaire impor-
tante au choix des substances utilisables.
11-2. MIROIRS SEMI-TRANSPARENTS A HAUT POU- VOIR RÉFLECTEUR.
-Ils sont couramment utilises dans les systèmes interférentiels a ondes multiples:
interféromètre de Fabry-Perot, syst6mes a franges
localis6es pour 1’examen des surfaces, plus r6cem-
ment laser. Ces applications demandent des surfaces de pouvoir r6flecteur eleve, donnant des franges fines (ou, en langage de radioelectricien, des surtensions
importantes), mais aussi de transmission non petite
par rapport a l’absorption puisque la lumiere non
r6fl6chie a l’int6rieur du systeme doit en sortir
pour etre utilisee : 1
-R = T + A doit etre
petit, sans que T /A le soit.
Les argentures pour le visible, les aluminiures pour l’ultraviolet ont longtemps ete les seuls reve- tements utilisables a cet egard.
Les couches di6lectriques multiples permettent,
au prix d’une complexite de preparation sup6- rieure, d’obtenir des absorptions plus faibles donc des pouvoirs eflecteurs utiles plus élevés.
11-2.1. Principe.
-Ici encore, le principe est
simple : on superpose des couches alternativement de haut indice nH et de bas indice nB et on choisit les ep alsseurs de telle façon que toutes les ondes r6fl6chies une fois aux interfaces se retrouvent en
phase ; il faut pour cela que chaque couche ait une epaisseur optique À/4. Ce raisonnement approche
est moins correct que dans le cas de l’antireflet ; le
calcul complet conduit n6anmoins a la m6me condi- tion pour le maximum de pouvoir r6flecteur. Si
l’absorption des substances est nulle, on peut empiler un nombre q de couches aussi élevé qu’on veut, 1 - R tendant alors vers 0 comme (nBlnn)q.
11-2.2. Indices, absorption et diffusion.
-Pour
obtenir un pouvoir r6flecteur élevé avec un petit
nombre de couches, on a intérêt a utiliser nA/nB
.