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Academic year: 2022

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Texte intégral

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Christine Parrot

Cadre de santé IFSI IFPS –CHU Dijon Année 2015/2016

« L’objet des SIC, c’est l’étude du tissu des rapports entre êtres,

signes et choses qui constituent l’humain » P. Lévy

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Modèle de la théorie de l’information, la transmission des informations à travers les lignes téléphoniques

Modèle de la théorie « émetteur-récepteur », renvoie à la métaphore du télégraphe

Modèle la communication à deux niveaux : la cybernétique avec la notion de feed back

Ces trois modèles qui pensent la communication comme « une opération à piloter ». Ils raisonnent dans une linéarité cause-effet, modèles encore d’actualité et largement enseignés (marketing)

Cette conception télégraphique ne tient pas compte de la signification des signaux, des acteurs, du contexte, de la culture, de l’intention des communicants…

Modèles trop réducteurs dans une approche soignantes pour assurer une communication adaptée et de qualité. La communication humaine ne peut se réduire à un modèle mathématique.

La cybernétique a influencé la naissance d’autre modèles : la communication orchestrale et les interactions

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L’école de Palo Alto

Grégory Bateson (anthropologue) : la communication comme un vaste système de processus relationnels et interactionnels, toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, relation interpersonnelle. Bateson a développé également le concept de « double lien » ou « double contrainte » caractérisé par une communication

Paul Watzlawick (psychothérapeute et philosophe) : «On ne peut pas ne pas communiquer » Il n’y a pas de « non-comportement ». Même le silence et l’inaction sont des comportements, la communication est donc permanente, nouveau modèle qui s’applique aussi bien à la famille qu’à la psychiatrie ou au monde du travail.

Ray Birdwhistell (anthropologue) : la kinésique, le mouvement comme langage

ET. Hall (antrhopologue): la proxémie, relations spatiales comme mode de communication, le jeu des territoires, la perception de l’espace en fonction des cultures, les effets symboliques, les distances physiques …Distance intime, distance personnelle, distance sociale, distance publique

Erwing Goffman (sociologue) : les interactions

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De ce grand fondement, vont naître diverses méthodes et théories issues de recherches menées par l'école Palo Alto :

un grand nombre de méthodes thérapeutiques de référence comme :

o la thérapie familiale

o la thérapie brève

o la thérapie systémique

la communication interpersonnelle :

o la Programmation Neurolinguistique (PNL)

o l'Analyse Transactionnelle (AT)

la psychologie humaniste et les travaux sur la relation entre individus :

o la hiérarchie des besoins de A. Maslow

o la théorie de Jakobson

o la méthode Gordon...

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Davis Lebreton : « Une interaction est un champ mutuel d’influence [.,.] Action réciproque des individus qui constituent la société. »

Goffman : « les interactions, c’est ce qui se passe lorsque deux individus au moins se trouvent en présence l’un de l’autre »

Goffman : « par l’interaction de face-à-face, on entend à peu près l’influence réciproque que les participants exercent sur leurs actions respectives lorsqu’ils sont en présence physique immédiate les uns des autres;

Vion : « Toute action conjointe, conflictuelle ou coopérative, mettant en présence deux ou plus de deux acteurs. A ce titre, le concept recouvre aussi bien les échanges

conversationnels que les transactions financières, les jeux amoureux que les matchs de boxe ».

Maingueneau : « toute énonciation, même produite sans la présence d’un destinataire, est en fait prise dans une interactivité constitutive, elle est en fait un échange, explicite ou implicite, avec d’autres énonciateurs, virtuels ou réels, elle suppose toujours la présence d’une autre instance d’énonciation à laquelle s’adresse l’énonciateur et rapport à laquelle il construit son propre discours.

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La société est le produit des interactions entre les individus.

L’interaction implique les acteurs au sein d’une société

Les interactions ne sont pas des processus mécaniques qui se grefferaient sur le statut ou le rôle (exemple le fait d’être infirmiers ou malades donne seulement un cadre formel à l’action, il ne dit rien sur le déroulement de l’interaction ) les acteurs jouent leur rôle,

La société est considérée comme une structure vivante en permanence en train de se faire et de se défaire

La notion de réciprocité entre les individus en décrivant l’interaction en termes de communication Le monde n’est pas une réalité en soi, il est le produit de la permanente activité de pensée des individus

L’individu est immergé dans une trame sociale et capable de comprendre ceux qui l’entourent comme les autres sont capables de le comprendre.

Les gestes, les paroles, les attitudes, les comportements, d’un individu sont perçus par les autres comme des symboles, ils sont porteurs de sens, c’est-à-dire comme porteurs de significations auxquelles ils s’ajustent dans leur réponse.

La notion d’interaction pour penser la relation de l’homme au monde en termes de symboles, de sens.

La société est un réseau d’innombrables acteurs à travers un tissu de sens et de valeurs plus ou moins partagées ou conflictuelles.

Toute institution se réduit à une somme d’interactions.

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Les interactions

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Né en 1922 au Canada dans l’Alberta

Parents, marchands ukrainiens d’origine juive, ont dû fui la Russie fin du 19ème siècle A la fois intégré et rejeté, l’enfance d’Erving Goffman se passera comme le dit Y.Winkin

« dans cette atmosphère sournoisement hostile » .

Discret sur sa vie personnelle, sa vie semble indépendante de son œuvre toutefois , elle est vraisemblablement « autobiographique » pour une part du moins

En 1944, études de sociologie à Toronto, en 1945 il entre à l’université de Chicago, puis départ pour les Iles Shetland afin d’étudier durant 12 mois la vie locale – terrain d’observation de sa thèse terminée en 1953. Durant ses études secondaires, Goffman travaille dans un centre de production de films

Il termine sa thèse à Paris, en 1953 soutenance de celle-ci à Chicago.

En 1954, il part vivre dans l’ hôpital psychiatrique St Elizabeth à Waghinton (deuxième terrain d’observation)

En 1958, Goffman enseigne à l’université de Californie

Installé à Berkeley, il vit de façon assez aisée, fréquente les casinos et les salles de jeux qu’il aime observer

Sa femme sombre dans la folie et se suicide en 1964

De 1968 à 1982 il est nommé à l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie

En 1981, il se remarie avec Gillian Sankoff, avec laquelle il a une fille, Alice, en 1982 Atteint d’un cancer, il meurt le 19 novembre 1982 à l’âge de 60 ans.

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Son seul et unique objet de recherche est l’ordre de l’interaction

Son œuvre est une mise en perspective de l’interaction et des formes de protection de soi dans la relation aux autres.

« Il étudie la société comme un spectacle des apparences mené par des acteurs en représentation, soucieux de tenir leur rôle sans fausse note et de contribuer à la tâche commune de produire des

prestations cohérentes, toujours dans la crainte de perdre la face ou de la faire perdre à l’autre » (David Le Breton)

Son œuvre et ses approches : La métaphore théâtrale

La métaphore cinématographique La métaphore des règles et des rites Le stigmate

La maladie mentale et l’institution totale

1956 : La Mise en scène de la vie quotidienne, (tome 1 et 2) Tome 1-1956 : La Présentation de soi dans la vie quotidienne Tome 2-1971 : Les relations en Public

1961 : Asiles 1963 : Stigmate

1967 : Les rites d’interaction 1974 : Les Cadres de l'expérience 1979 : L’Arrangement des sexes

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Dimension sacrée de l’individu : le maintien de la « face » but premier de l’interaction de humain

L’interaction présente un ordre, est ordonnée, au sens où elle est soumise à des régulations, et impose à ses participants un certain nombre de contraintes

Ordre de l’interaction est un ordre social : règles, codes et rites d’interaction, règles sociales

Importance du cadre, la présentation de soi (la mise en scène) qui influencent les interactions

Un travail de figuration « faire bonne figure » qui obéit à des règles, des codes, des rites.

Tout acteur est sur ses gardes et maîtrise ce qu’il donne à voir, il est dans la nécessité de rendre son comportement prévisible et compréhensif par le respect des normes sociales et des règles

La notion de rôle et de la distance au rôle, correspond à une attente sociale et à des normes prédéfinies et morales.

Dans l’interaction, le Moi se construit à partir du jeu des acteurs, de leurs lignes de conduite, du regard d’autrui, de l’engagement réciproque des interactants et de l’interprétation qu’ils en font.

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Maintien de la face , nécessité de maintenir l’équilibre de l’interaction,

Notion de fausse note : si l’acteur enfreint ces règles sociales (exemple gaffe, impairs), il peut entraîner rupture de l’interaction et faire perdre la face

Les échanges réparateurs ritualisés : permettent d’assurer une régulation à l’ordre de l’interaction, ainsi la face des individus est sauvegardée

Importance de l’engagement qui se manifeste par la parole mais aussi par le corps tout entier : comportements, attitudes, postures, habillement, tenue…

Considération réciproque : tenue, déférence, engagement, réserve sont des manifestations de cette considération réciproque (tenue, allure, félicitations, gratification, politesse…)

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« En résumé, le bon interactant est celui dont les comportements sont

compréhensibles et qui manifestent ainsi aux yeux d’autrui qu’il est sain d’esprit mais aussi qu’il est une personne mue par de bonnes intentions, dont il n’a pas lieu de se méfier. Autrement dit, il veille à ne pas inquiéter autrui, en lui

permettant d’accéder au sens de ses actes, un sens suffisamment proche de la norme sociale pour ne pas amener l’autre à se retirer de l’interaction. La clarté de nos actes permet donc que se développent des interactions entre des

inconnus, qui sont une des composantes de la vie en société. »

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Est stigmatisé tout individu qui présente une anomalie ou une particularité qui le

« disqualifie » lors de l’interaction

L’attribut qui stigmatise est un stéréotype dans une société donnée Le stigmatisé est soit discrédité ou discréditable

Il adapte sa figuration afin d’entretenir l’interaction

L’individu dit normal veille à son comportement envers le stigmatisé, toujours dans le souci de sauver la face d’autrui

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Goffman insiste sur la vulnérabilité de l’existence sociale et sur l’appréciation péjorative qui pèse sur l’individu stigmatisé du fait d’un attribut anormal.

Le malade mental est un individu qui ne respecte pas les règles de l’interaction

« la maladie mentale «ravage» l’ordre social, tout comme elle ravage notre sentiment d’identité »

Le malade mental, à défaut de pouvoir être soigné, est mis à distance de la société

L’asile : une institution totale où la folie ne se réduit pas à une simple aliénation mentale mais se double d’une aliénation sociale

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Est considérée comme institution totale, tout lieu où les individus qui y vivent sont « reclus » et mis à distance de la société

Les « reclus » sont des personnes :

Incapables de prendre soin d’elles-mêmes Dangereuses pour la société

Ayant fait le choix de se retirer du monde

Le concept d’institution totale repose sur 4 éléments La coupure du monde extérieur

Les besoins de l’individu sont pris en charge par l’institution Le mode de fonctionnement est bureaucratique

Les contacts entre les membres du groupe sont restreints

Prison, caserne, hospice, orphelinat, monastère, couvent, et même les camps de

concentration

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La déshumanisation des institutions totales entraîne une perte d’identité du reclus et une perte de dignité

Mortification du moi Dépersonnalisation Perte de contrôle Humiliation

Profanation de sa personnalité

Tous ces procédés montrent que « l’institution totale rend impossible les menues

cérémonies par lesquelles se constituent la valeur du moi ».

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Identité et ordre social sont intimement liés.

Importance des interactions rituelles dans le jeu de l’intégration sociale.

Interactions permettent à la fois la construction positive de soi et la possibilité d’une vie sociale.

Dans l’interaction, le Moi se construit à partir du jeu des acteurs, de leurs lignes de conduite, du regard d’autrui, de l’engagement réciproque des intercactants et de l’interprétation qu’ils en font.

Dimension sacrée de l’individu dans l’œuvre de Goffman

«…tout homme est lui-même « objet sacré », et qu’il doit défendre une « image sacrée » et un « moi sacré » en même temps qu’il doit reconnaître le caractère sacré de l’autre. »

C’est en cela, que la microsociologie d’ Erving Goffman interresse les valeurs humanistes et nous apporte un éclairage sociologique sur notre pratique soignante.

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BOUGNOUX, Daniel. Introduction aux sciences de la communication. Paris : La découverte, Coll. Repères, 2èmeédition, 2001. 124 p.

CABIN, Philippe et DORTIER, Jean-François. La communication, Etat des savoirs. Auxerre : Editions sciences humaines, 3èmeédition, 2008. 412 p.

GOFFMAN, Erving. La Mise en scène de la vie quotidienne. 1. La présentation de soi, Les Editions de Minuit, Collection Le sens commun, 1973. 253 GOFFMAN, Erving. La mise en scène de la vie quotidienne. 2. Les relations en public, Les Editions de Minuit, Collection Le sens commun, 1973. 372 p.

GOFFMAN, Erving. Les rites d’interaction. Les Editions de Minuit, Collection Le sens commun, 1974. 231 p.

HALL, Edward T. La dimension cachée. Editions du Seuil, collection Points-Essais, 1971. 256 p.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine. L’énonciation. Paris : Armand Colin, 2009. 267 p.

KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine. Les actes de langage dans le discours. Paris : Armand Colin, 2008. 200 p.

LE BRETON, David. L’interactionniste symbolique. Paris : Collection Quadrige Manuels, Presses Universitaires de France, 2008. 249 p.

MATTELART, Armand et Michèle. Histoire des théories de la communication. Paris : 3èmeédition La Découverte, Collection Repères, 2004. 123 p.

NIZET, Jean et RIGAUX, Natalie. La sociologie de Erving Goffman, Paris : édition La Découverte, collection Repères, 2005. 121 p.

OLLIVIER, Bruno. Les sciences de la communication : théories et acquis. Paris : Edition Armand Colin, 2007. 284 p.

WINKIN, Yves. Anthropologie de la communication, de la théorie au terrain. Paris : De Boeck Université, collection « Point Essais », 2001. 332 p.

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Références

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