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Article pp.165-180 du Vol.7 n°2 (2015)

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doi:10.3166/r2ie.7.165-180 © 2015 Lavoisier SAS. Tous droits réservés

Intelligence territoriale et performance des exportations : Application empirique

au cas des PME maghrébines

Par Bel Hadj Tarek

a

, Mighri Zouhayer

a

et Aouadi Sami

b

a Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de Sfax Route de l’aireport - 0.5 km – 3029 Sfax

b Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de Sfax Campus universitaire - El Manar II - BP 94 - Post Romena - 1068 Tunis

Résumé

Ce papier se donne pour objectif d’analyser les retombées des différents dispositifs de l’in- telligence territoriale sur la performance des exportations des PME basée sur leurs inten- sités des exportations et ce, dans le cas spécifique des pays maghrébins. L’originalité du présent papier réside dans l’insuffisance des études empiriques menées dans le thème de l’intelligence territoriale des pays en développement en général et des pays maghrébins en particulier, auquel s’ajoute la mise en valeur du rôle médiateur de l’intelligence économique propre aux PME dans la réussite de la démarche d’intelligence territoriale en termes de per- formance des exportations © 2015 Lavoisier SAS. All rights reserved Mots clés : Intelligence territoriale, intelligence économique, performance des exportations, intensité des exportations, PME maghrébines.

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Introduction

Suite à l’émergence de la nouvelle économie qualifiée d’économie de savoir et les nouvelles règles de jeu qui les impose, le sens de barrières a radicalement changé selon la quelle la croissance se réalise, par la combinaison de plusieurs facteurs nouveaux qui viennent conforter le rôle des facteurs traditionnels dont notamment l’accès quasi-instantané à l’information stratégique, la production de connaissances collectives, le recours et l’exploitation massifs des technologies de l’information et de communication (Drucker, 1998 ; Jacob, 2001 ; Ernst &

Young, 2007). En fait, à l’heure actuelle, la détection de l’information de forte valeur ajoutée est assimilée à un input non moins important que le capital humain, les ressources matérielles et naturelles et les dépense de R&D. À cet effet, si la technologie facilitant la transmission de message (le contenant) est essentielle pour l’achèvement d’un projet donné, l’information stratégique constitue le contenu de message (Barney, 1991) lequel sur la base de sa valeur, sa rareté, son unicité freine son imitation et sa substituabilité. Partant de cette idée, cette infor- mation est un input incontournable pour toute activité d’innovation à n’importe quelle échelle.

Par ailleurs, les exigences en termes d’attractivité et de compétitivité lesquelles impo- sées par les nouveaux enjeux de l’environnement international pousse donc le territoire à conglomérer ses compétences et entreprendre des actions collectives (Martre, Levet, Clerc 1994). Aujourd’hui, le concept d’intelligence économique (IE) est difficile à définir vu son caractère complexe et multidimensionnel. En effet, la notion d’IE englobe et dépasse le simple dispositif de veille et son appréhension dépend de l’entité en question. De plus, l’intelligence territoriale (IT) ne se résume pas à une transposition régionale de l’IE, mais comme une organisation innovante, mutualisée et en réseaux de l’ensemble des informations et connaissances utiles au développement, à la compétitivité, à l’attractivité d’un territoire, collectivement et pour chacun de ses acteurs. Autrement dit, savoir se servir des outils de l’IE est nécessaire mais pas suffisant lorsqu’il s’agit de l’IT. En outre, l’identification du concept d’IT intègre souvent deux notions fondamentales : IE et territoire.

Au début de son apparition, la notion d’IE n’a pas concerné pleinement les PME où ce concept est souvent perçu, à tort, comme abstrait et inaccessible. En effet, les essais de conceptualisation du terme intelligence ont été fortement biaisés par le contexte géographique dans lequel il s’exerce. À cet effet, en France, la majorité des réflexions sont unanimes quant aux principaux dispositifs et à l’objectif tiré de l‘IE laquelle est censée faciliter la prise de décision et nécessite des actions relatives à la collecte, le traitement, l‘analyse, la diffusion et la sécurisation des informations sur l’environnement de l’entreprise. Aux États- Unis, ce terme est plus axé vers les entreprises. On parle de « compétitive intelligence », en incorporant le facteur de la concurrence et la compétitivité des entreprises. Tandis que, ce terme a été perçu selon l’approche anglo-saxonne comme synonyme de « connaissance approfondie » confondu parfois avec l’espionnage économique ce qui reflète à son tour le problème de son appropriation par les PME.

Si pour une entreprise, l’IE s’avère souvent unique et clairement définie, elle ne l’est pas lorsqu’il s‘agit d’un territoire. En effet, une grande difficulté réside dans la multiplicité des institutions et des acteurs présents sur un même territoire pour réaliser un même projet.

En fait, un territoire est une surface d’échange entre les acteurs et il est assimilé à une organisation réticulaire dotée d’une identité collective dont les parties prenantes investissent des moyens dans une vision commune.

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L’IT construit un système d’information permettant aux acteurs locaux de devenir plus efficace et elle est assimilée à un nouveau processus permettant l’échange d’informations stratégiques au niveau local.

C’est dans une vision globale du développement économique territorial, que l’IT regroupant l’ensemble des moyens de collecte et de traitement de l’information est en mesure d’aider la décision de tous les acteurs. En effet, il est indispensable d’avoir les moyens d’anticiper les conséquences liées aux risques dus au partage d’informations et de connaissances auprès des futurs partenaires étrangers que ce soit au niveau des atteintes à l’environnement, aux vulnérabilités humaines afin d’assurer une protection pour la collectivité.

Dans ce cas, l’IT pose le problème de la gestion des articulations et le transfert d’infor- mations entre les acteurs dont l’objectif est la réussite d’une stratégie de développement territorial. Pour ce faire, l’IT transforme un territoire en un collectif local apprenant et oblige à une approche de politique générale du territoire avec tous les acteurs. Dans ce cas, un comportement essentiel de l’IT est celui relatif à la confiance qui constitue un ingrédient important de l’action collective et de la constitution de collectif au niveau local.

1. Dispositifs d’intelligence territoriale et compétitivité internationale

En fait, le territoire peut être assimilé à un facteur endogène du développement. Selon P. Veltz (2002), sous l’effet de nouveaux paramètres économiques et technologiques qui caractérisent la scène mondiale, la distinction entre les territoires gagnant de ceux perdant est fortement tributaire de l’intelligence de la combinaison des ressources qui y sont propres.

Cette dernière peut favoriser non seulement la préservation du futur des territoires, mais également et potentiellement de dynamiser leur plan d’action et donc bénéficier d’une position concurrentielle avancée face aux autres territoires.

Par ailleurs, les territoires sont actuellement soumis aux mouvements de localisation et délocalisation des firmes ainsi qu’aux différents facteurs conditionnant la volatilité des investissements. De même, sous l’impulsion des externalités de la R&D et des effets d’agglomération, de nouvelles compétences spécifiques se construisent à l’intérieur des territoires. Toutefois, ceci suppose la présence d’une organisation et une mutualisation des moyens des différentes parties prenantes locales dans les différents dispositifs de l’IE, dans l’établissement de véritables réseaux informationnels et relationnels entre le secteur privés et publics du territoire, des accords de coopérations entre les acteurs privés, une attitude comportementale basée sur la confiance et une vraie politique publique de territorialisation en direction des entreprises et des administrations publiques du territoire.

En fait, si la notion d’attractivité du territoire a été suffisamment mise en valeur et largement soutenue par le biais des dispositifs les plus appropriés, il n’en est pas de même lorsqu’ il est question du renforcement de la compétitivité du territoire.

1.1. Organisation et mutualisation en termes d’informations stratégiques

En ce qui concerne l’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques, P. Herbaux et Y. Bertacchini (2003) ont insisté sur la dimension stratégique de l’IT en préco- nisant qu’il s’agit d’une culture d’organisation basée sur la mutualisation et le traitement des

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signaux en provenance des acteurs économiques destinés à fournir au donneur d’ordres, au moment opportun, l’information décisive. L’IT suppose l’utilisation et l’exploitation conjointes et collectives de l’information en tant que matière première stratégique.

À cet égard, dans l’environnement international actuel caractérisé par la mondialisation des marchés et le durcissement de la concurrence, de nombreuses PME optent pour l’inter- nationalisation de leurs activités afin de préserver ou de soutenir leur croissance (Ortiz et Lombardo, 2009). Toutefois, le processus d’internationalisation n’est pas toujours en faveur de la relance économique de l’entreprise et il présente parfois des risques innombrables qu’ils soient intentionnels ou non (Neupert et al., 2006 ; Wright et al., 2007 ; Brouthers et al., 2009). À cet égard, Leonidou et Theodosiou (2004) et Toften et Rustad (2005) ont montré que le management de l’information issue de l’environnement est l’un des défis majeurs que les PME internationales sont tenues de relever.

De leur coté, Toften (2005) et Julien et Ramangalahy (2003) ont mis en exergue le rôle joué par les dispositifs de veille stratégique dans la détermination de la performance internationale des entreprises. Ces auteurs ont montré que ces dispositifs sont capables de fournir aux dirigeants les informations de haute valeur ajoutée relatives à l’évolution récente des marchés étrangers, les contraintes juridiques spécifiques à chaque pays, etc.

Par ailleurs, en s’interrogeant sur le lien entre l’IE et la performance des exportations, Lim, Sharkey et Kim (1996) ont montré que la manière avec laquelle les informations sont collectées et les recherche de marketing sont effectuées diffèrent significativement entre les exportateurs de haute participation et les exportateurs de faible participation. De plus, ces auteurs ont montré que l’intensité des exportations est positivement corrélée avec quatre variables relatives à la collecte d’informations à partir des sources secondaires, les études de marché, la collecte d’informations sur la participation des concurrents dans l’exportation et les informations relatives aux nouvelles caractéristiques des produits.

Dans la même branche de travaux, Leonidou (1997) ont essayé d’analyser le lien entre l’intensité des exportations avec certaines variables propres à l’information. À cet effet, leurs résultats empiriques ont montré des effets positifs et significatifs des informations reliées aux marchés étrangers préférés, la position concurrentielle sur le marché et les retombées de certaines activités prometteuses à l’étranger. Plus tard, Leonidou et Theodosiou (2004) ont critiqué la démarche suivie par la littérature anté- rieure portant sur le rôle des informations reliées aux exportations et ils ont procédé à une distinction entre quatre principaux paramètres du comportement informationnel à savoir : La recherche et l’identification des besoins en informations, la collecte, la dissémination et l’exploitation des informations.

Ces résultats ont été soutenus par Zangoueinezhad et Moshabaki (2008), qui attribuent aux entreprises détenant des systèmes d’information modernes et actualisés une plus grande aptitude à superviser les comportements et les intentions de leurs concurrents, un avantage concurrentiel supérieur, une position concurrentielle plus soutenue en proposant des prix inférieurs et une amélioration générale de leur perspicacité. De ce fait, les entreprises ayant mis en œuvre une démarche d’IE solide, à l’abri de leur taille petite ou grande, peuvent améliorer leurs propres failles ou les éradiquer.

Par ailleurs, le recours conjoint et mutualisé aux outils de travail collaboratifs en géné- ral et les TIC en particulier tout en exploitant avec efficience leurs fonctionnalités est de nature à faciliter le recueil d’informations pertinentes. De plus, il est indispensable, voire

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incontournable, de procéder à une valorisation puis à une capitalisation des expertises en internes et en externes (réseaux relationnels) et des savoirs à rassembler en réseaux puis en capacité d’action.

Partant de ces idées, l’intervention de l’IE dans la réussite de l’IT peut passer à travers un processus de transformation des informations blanches et grises1 en informations de forte valeur ajoutée et en actions collectives. Enfin, prendre en conscience la nécessité de s’intégrer dans une approche globale de sécurité en mettant l’accent sur l’importance de la protection du patrimoine informationnel du territoire et le recours à une politique de contre intelligence en cas de besoin.

En fait, le lien entre l’IT et la performance des exportations peut être appréhendé sur plusieurs échelles. D’abord, l’IT offre une image claire et lisible aux différentes parties prenantes sur les facteurs clés du territoire et ses facteurs critiques. Ceci permet à son tour une meilleure orientation des affaires, une plus grande aptitude à maîtriser les ressources et partant, une plus grande mobilisation des investissements en la matière. En plus, elle confère aux acteurs qui s’y intègrent une rapidité et une plus grande réactivité face aux mauvaises conjonctures et aux situations de crise même de long terme et ce, grâce à son système de gouvernance et sa structuration en réseaux. À cet effet, Y. Bouchet (2005) a montré que l’IT est assimilée à un outil permettant d’assurer à moyen et long terme les performances d’un territoire de manière globale, et non pas simplement d’assurer individuellement pour chaque entreprise sa propre performance. En outre, l’IT met en avant aux différents acteurs territoriaux les bonnes pratiques des autres territoires dans le but de se positionner et de procéder à un benchmarking ce qui facilite la vision prospective et l’opérationnalisation de sa politique géostratégique internationale future.

Par ailleurs en interpellant les dispositifs d’IE et ceux relatifs à l’IT cette dernière va permettre aux décideurs de comprendre et d’interpréter l’évolution et la réalité des marchés, le positionnement, les choix et les intentions de ses concurrents ainsi que les attentes des clients et des partenaires.

Autrement dit, l’IT constitue le produit de la conjonction entre un facteur constant relatif à l’IE et un facteur mobile relatif au territoire. La mobilité de ce dernier est expliquée par les spécificités qui lui sont propres qui peuvent être prévalant dans un point du monde est totalement absents dans d’autres. C’est le cas de certains éléments des actions collectives pour atteindre un objectif commun, la stratégie optée par le territoire et ses éléments tactiques pour lesquels devra s’ajuster les facteurs constants relatifs aux différents dispositifs de l’IE.

1.2. Élaboration et activation des réseaux entre les parties prenantes

Face aux nouvelles exigences de l’économie de la connaissance et la nouvelle forme de guerre qualifiée de guerre informationnelle, les acteurs économiques ont tendance à substituer la reproduction des modèles passés par une démarche d’apprentissage permanent. Ce constat illustre la confrontation à de nouvelles compétences, ce qui justifie la nécessité de mettre en valeur les réseaux de ces nouvelles compétences, qui sont elles-mêmes rendues disponibles par les technologies de l’information et de la communication (TIC). Autrement dit, un individu à lui

1 Ce processus ne doit pas intégrer les informations noires étant donnée qu’elles renvoient à l‘espionnage économique qui constitue à son tour un aveu de faiblesse des territoires.

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seul est incapable d’associer toutes ces compétences. L’objectif étant de favoriser un processus d’enrichissement local qui renvoi au phénomène collectif (Y. Bertacchini et H. Dou 2001).

Le dispositif relatif aux réseaux qui sont mis en œuvre et activés au sein d’un territoire suppose principalement trois actions essentielles. D’abord, de par sa nature, le territoire est composé d’entreprises et d’acteurs publics et privés qui s’articulent entre eux dans une orga- nisation réticulaire (Bertacchini 2000) et qui présentent des statuts différents et hétérogènes.

Face à ce caractère hétéroclite, la constitution d’une approche commune interpellant tous les acteurs et les décideurs de territoire suppose une attitude basée sur la confiance entre toutes les parties prenantes. Ensuite, la présence d’une synergie entre le secteur public et le secteur privé est indispensable pour dynamiser l’approche commune de territoire et atteindre les objectifs fixés au préalable. Ce dispositif de synergie exige à son tour un ensemble d’actions importantes telles que la valorisation de la R&D fondamentale des entreprises privées, le partenariat privé- public et un accès aisé aux organismes publics de la région2. Enfin, une forte coopération entre les acteurs privés au sein du même territoire via de nombreuses configura- tions de type alliances stratégiques, accords de joint-ventures, mobilité des travailleurs etc.

Par ailleurs, le réseau doit être organisé selon une approche par le point d’origine de l’information (Adit 2001) tout en accordant une attention particulière aux sources d’inté- rêt territorial lesquelles doivent être validées en fonction des critères précis. Ces sources dépassent les sources humaines pour intégrer la totalité des sources génériques d’information.

Une des configurations typiques de réseaux est celle relative aux pôles de compétitivité qui mettent en relation les réseaux de compétence, les plateformes technologiques, l’envi- ronnement concurrentiel et international. Ces réseaux sont privés (PME, grands groupes) ou publics3. À cet effet, la circulation de l’information entre la sphère publique et le secteur privé est un atout incontournable pour la réussite de cette politique d’intelligence et de sécurité économique. Outre défendre son territoire contre des concurrents ou conserver ses savoirs faire, il faut aussi détecter les nouvelles technologies, les nouveaux marchés : c’est le rôle de l’IT. L’objectif est de rendre chaque pôle de compétitivité plus visible de l’extérieur, plus attractif plus performant, plus ouvert, mais pas plus offert. L’État et les collectivités territoriales doivent faciliter l’organisation de tels réseaux.

Le rôle de la collecte des informations en faveur des acteurs propres au territoire est la connaissance de l’environnement économique ce qui contribue à la détection et à l’émer- gence d’activités clés pour le développement économique territorial. En cas de surprise stratégique, il faut avoir les moyens de réagir et de reprendre l’initiative : Cela ne sera possible que si nous avons les moyens de l’anticipation en particulier et des dispositifs additionnels d’IT en général.

Toutefois, le concept de réseau pose le problème fréquent de « défaillance de coordination ».

À cet effet, B. Pecqueur et J.-B. Zimmerman (2004) ont montré que ce problème lorsqu’il concerne les acteurs de proximité est expliqué par un manque informationnel de l’environnement. C’est pourquoi, l’IT est tenue d’enraciner une nouvelle culture com- mune de collecte, d’analyse, d’échange et de protection des informations. Cette idée a été soutenue par Y. Bertacchini (2003) qui identifient trois étapes propres à l’IE territoriale :

2 Tels que les pôles de compétitivité, les plateformes technologiques, les technopoles, les centres techniques et les centres de recherche etc.

3 Les collectivités locales, le monde de la recherche, les organismes de formation, etc.

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« Les acteurs échangent de l’information ; ils accordent du crédit à l’information reçue ; le processus de communication ainsi établi, les acteurs établissent les réseaux appropriés et transfèrent leurs compétences ».

1.3. Territorialisation en direction des entreprises

En s’interrogeant sur le processus de territorialisation, même en cas d’incapacité de l’État à créer un climat concurrentiel sain, il peut assumer la tâche de tissage d’un environnement dans lequel les entreprises puissent obtenir un avantage concurrentiel.

La territorialisation est une opération qui consiste à mettre un ensemble de dispositifs à l’échelle régionale peut être d’abord en direction des entreprises. En effet, la compétitivité des PME/PMI est fortement liée à l’attractivité de leur territoire dont notamment les réseaux de communication adoptés, identification claire des soutiens publics et de l’orientation territoriale.

En fait, l’attractivité intègre les externalités en général et les externalités de connaissances en particulier. Dans ce cas, l’accessibilité ne dépend pas nécessairement du positionnement géographique des entreprises mais plutôt du potentiel local de diffusion des connaissances.

Le but de l’IT est donc de créer un climat (juridique, économique, social etc.) favorable aux entreprises pour être plus compétitives sur le territoire et face au marché mondial.

Par ailleurs, ce type de territorialisation passe par un ciblage de l’orientation territoriale. À cet égard, nous transposerons dans ce papier les dimensions de l’orientation entrepreneuriale qui ont été analysées par de multiples branches de travaux, à l’échelle du territoire. À cet effet, nous retiendrons les dimensions de l’orientation entrepreneuriale préconisées par Covin et Slevin (1988, 1989, 1991), Lumpkin et Dess (1996) et Zahra (1993). Ces auteurs décrivent ce concept en termes de processus, de pratiques et d’activités, qui offrent à l’entreprise la possibilité de réaliser de nouvelles entrées par le biais de la création de nouveaux produits/

services, la conquête de nouveaux marchés prometteurs, la création d’une nouvelle entreprise.

De plus, ce concept a été assimilé à une référence de base pour de nombreuses tentatives de modélisation de l’entrepreneuriat organisationnel (Ireland et al., 2009). À cet effet, nous nous focaliserons dans le présent papier, aux trois principales dimensions de l’orientation territoriale largement mises en valeur par la littérature et qui conviennent au mieux à notre contexte de recherche à savoir : L’innovation, la prise de risque et la pro-activité.

1.4. Territorialisation en direction des administrations publiques

La territorialisation peut également concerner certains dispositifs en direction des décideurs du territoire. Ces dispositifs visent les administrations en tant qu’utilisateurs et acteurs des actions de l’IE dans l’intérêt du développement économique du territoire.

Dans ce cas, l’IT est une démarche aboutissant à la mise en œuvre d’outils d’informations (recueil, traitement, et diffusion) pour faciliter la prise de décision des acteurs territoriaux.

Elle est aussi une démarche d’accompagnement et d’évaluation des politiques mises en œuvre par les territoires (B. Carayan, 2003).

L’élaboration d’une stratégie de développement territorial peut être accomplie selon deux approches en concordance avec la compétitivité du territoire : Une approche endo- gène se donnant pour objectif la valorisation des facteurs clés de réussite et l’atténuation des facteurs critiques d’échec relatifs au territoire et une approche exogène, basée sur le

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stock de savoir-faire et de compétences propres au territoire, et leur consolidation par une stratégie d’attraction et d’enracinement de compétences nouvelles.

Lors du processus de territorialisation en direction des administrations publiques, la prospective et la stratégie constituent tous les deux les outils sur la base desquels les col- lectivités territoriales puissent mettre en place des politiques efficaces d’aménagement du territoire. À cet égard, l’IT est disposée à fournir continuellement aux collectivités locales des moyens de diagnostic. En effet, les organisations régionales, les agences d’appui éco- nomique et technologique de même pour les entreprises privées, sont appelées à fournir des études très avancées aux collectivités territoriales ce qui permet d’avoir une vision à moyen et long terme sur leur territoire. De ce fait, ce type de territorialisation est de nature à anticiper et promouvoir activement les mutations des territoires.

2. Méthodologie de la recherche

Malgré la pluralité des travaux de recherche qui se sont focalisés sur le concept d’IT, les résultats élaborés quant à leurs effets sur la performance des exportations des entreprises sont encore théoriques, rudimentaires et insuffisamment documentés et argumentés. C’est pourquoi, ce papier se donne pour objectif d’analyser les retombées des différents dispo- sitifs de l’IT sur les avantages concurrentiels des entreprises maghrébines en nous basant sur l’intensité des exportations comme indicateur de compétitivité internationale. Pour ce faire, nous essayerons au préalable de formuler les items relatifs aux différents dispositifs propres à l’IT. À l’issue des idées précitées, les actions ainsi que les items spécifiques aux différents dispositifs de l’IT et sur lesquels notre analyse empirique se basera, sont synthétisés par la figure 1.

Sur la base de notre modèle conceptuel illustré par la figure 1, nous essayerons dans ce qui suit de valider quatre hypothèses axiales à savoir :

H.1 : L’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques consti- tuent un facteur important pour la détermination de la compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations des entreprises ;

H.2 : L’élaboration et l’activation des réseaux conditionnent favorablement et significati- vement la compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations des entreprises ; H.3 : La compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations des entreprises est tributaire des politiques de territorialisation en direction des entreprises du territoire ; H.4 : La compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations des entreprises est positivement et significativement conditionnée par les politiques de territorialisation en direction des administrations publiques du territoire.

De plus, dans le but d’analyser le rôle médiateur de l’IE propres aux entreprises entre l’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques et leur compétitivité internationale, nous proposerons également de tester l’hypothèse centrale suivante dérivée de la première hypothèse :

H.1.1 : L’IE propre aux entreprises exerce un effet médiateur entre l’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques et la compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations des entreprises.

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Figure 1 : Modèle conceptuel du lien entre IT et performance des exportations des PME

À cet égard, nous nous focaliserons sur quatre principaux dispositifs de l’IE à savoir, la collecte, l’analyse et le traitement, la diffusion et la protection des informations stratégiques.

Par ailleurs, nous utiliserons les échelles de Likert pour mesurer chacun des items rela- tifs à l’IT. Ces échelles sont mesurées par des valeurs allant de 0 à 4 selon le nombre des actions relatives à chacun des items retenus. La valeur 0 traduit l’absence totale de l’action exigée, 1 en cas de présence de l’une des actions, 2 en cas de présence de deux des actions exigées, 3 en cas de la mise en œuvre de trois actions relatives à l’item en question et 4 en cas de présence de quatre actions de chacun des items. Il est à noter que l’échelle de Likert est différenciée selon l’item en question. En outre, pour tester la validité et la fiabilité des items retenus, nous nous sommes basés sur l’étude du coefficient de Gronabach (alpha de Gronabach) et l’étude de dimensionnalité sur la base de l’analyse en composante principale (ACP). À cet effet, en ce qui concerne le coefficient de Gronabach, nous avons retenu la valeur de 0.6 comme seuil minimum de signification c.à.d. comme seuil d’acceptation de la cohérence interne des items. De plus, nous avons retenu la valeur 0.5 afin d’éliminer les items dont leurs contributions sont inférieures ou égales à cette valeur.

Pour formuler nos données, nous avons adressé un questionnaire à un échantillon de 250 PME réparties dans trois pays maghrébins : La Tunisie, le Maroc et l’Algérie. À cet égard, nous nous sommes focalisés sur trois régions industrielles pour chaque pays dis- tribué de cette manière : Zone industrielle Ben Arous, zone industrielle Bouderiere, zone industrielle Sidi Abdelhamid à pour la Tunisie ; Zone industrielle Skikda, zone industrielle d’Arzew et zone industrielle Réghaia pour l’Algérie ; Zone industrielle de Hay Rahma, zone industrielle de Tabriquet et zone industrielle de Takadoum pour le Maroc. À cet effet, nous avons regroupé notre échantillon de PME en deux grandes catégories : Celles n’ayant pas Figure 1 : Modèle conceptuel du lien entre IT et performance des exportations des PME - Utilisation et exploitation conjointes et collectives

de l’information

Organisation et mutualisation en termes - Valorisation et capitalisation des expertises en stratégiques d’informations internes et en externes

- Transformation collective d’informations en actions stratégiques

- Mettre en œuvre une politique de sécurité globale

IE propres aux PME

H.1 H.1.1 - Synergie entre secteur privé et secteur public

Elaboration et activation des réseaux - Coopération entre les acteurs privés H.2 - Confiance entre les parties prenantes

Performance des exportations Territorialisation en direction des entreprises - Les réseaux de communication adoptés, H.3

- Identification claire des soutiens publics

- Orientation entrepreneuriale du territoire H.4 Territorialisation en direction des administrations publiques - Mise en œuvre d’outils d’informations

- Démarche d’accompagnement et d’évaluation des politiques mises en œuvre par les territoires

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opté pour une démarche d’IT et celles ayant choisi de faire partie de cette démarche. La répartition de ces PME maghrébines est illustrée par le tableau 1 comme suit :

Tableau 1 : Répartition des PME maghrébines de notre échantillon ayant opté ou non pour la démarche d’IT

PME par pays d’origine

Total effectif PME

Effectif PME ayant optées pour une démarche d’IT

Effectif PME n’ayant pas optées pour une démarche d’IT

Algérie 60 25 35

Maroc 90 50 40

Tunisie 100 50 50

Total 250 125 125

Selon le tableau 1, notre échantillon est composé de 250 PME réparties équitablement entre celles ayant choisi de s’intégrer dans une approche d’IT et celles qui optent de ne pas faire partie de cette approche, soit 125 pour chacune des deux catégories.

Pour mieux analyser les retombées des différents dispositifs d’IT sur la performance des exportations des PME maghrébines, nous nous sommes basés sur leurs intensités des exportations comme variable à expliquer. Cette dernière et mesurée par le rapport entre le total des exportations du PME et le total de ses ventes.

Pour ce faire, nous avons classé les PME de notre échantillon en quatre groupes en fonction de leurs intensités des exportations : Le premier groupe (groupe 1) comprend les PME dont le total de leurs exportations ne dépasse pas 10 % du total de leurs ventes ; le deuxième groupe (groupe 2) intègre les PME dont le total de leurs exportations est compris entre 10 % et 50 % ; le troisième groupe (groupe 3) intéresse les PME dont le total des exportations est compris entre 50 % et 100 %. Le dernier groupe (group 4) intègre les PME ayant adopté un régime off-shore et dont le total de leurs ventes est destiné à l’exportation. La répartition des trois catégories de PME en fonction de leurs intensités des exportations est présentée par le tableau 2.

Nous remarquons que la part la plus importante des PME de notre échantillon n’ayant pas opté pour une démarche d’IT, soit une moyenne de 48,8 %, fait partie du premier groupe de PME dont l’intensité des exportations ne dépasse pas 10 % du total des exportations.

Seulement 9 PME appartenant à cette catégorie, soit une moyenne de 7,2 % a déclaré qu’elles ont exporté la totalité de leurs ventes. À l’encontre, sur un total de 125 PME ayant choisi de recourir à une approche d’IT, 83 PME ont déclaré qu’au-delà de 50 % de leurs ventes est exporté. Dans cette deuxième catégorie de PME, 44 d’entre elles, soit une moyenne de 35,2 %, sont totalement exportatrices.

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Tableau 2 : Répartition des différentes catégories des PME maghrébines de notre échantillon selon leurs intensités des exportations

Groupe 1 de PME Groupe 2 de PME Groupe 3 de PME Groupe 4 de PME Total

Som. Moy. SD Som. Moy. SD Som. Moy. SD Som. Moy. SD

Total PME ayant opté pour une démarche d’IT

15 12 0.122 27 21.6 0.114 39 31.2 0.116 44 35.2 0.111 125

Total PME n’ayant pas optées pour une démarche d’IT

61 48.8 0.117 44 35.2 0.123 11 8.8 0.124 9 7.2 0.125 125

Ces faits stylisés peuvent illustrer la valeur des dispositifs d’IT dans la performance des exportations des PME. Pour valider ce constat, nous procéderons à une étude empi- rique plus poussée et ce, en testant l’hypothèse de la variabilité de la variable intensité des exportations, pour les deux catégories d’entreprises de notre échantillon antérieurement retenues sur la base du test de Mann-Whitney Wilcoxon et en analysant empiriquement les effets des différents dispositifs d’IT sur la compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations. À cet effet, pour valider nos hypothèses de recherche nous avons recouru aux tests non paramétriques et aux tests de régression multiple.

3. Résultats et discussions

Notre étape primaire consiste à vérifier la validité, la cohérence interne et la fiabilité des items retenus et ce, pour la variable IT. À cet effet, le tableau 3 montre un premier coefficient de Cronabach de 0,663 ce qui nous donne un résultat satisfaisant vu qu’il dépasse le seuil d’acceptation fixé dans notre étude traduisant ainsi la cohére interne des items retenus. Nous avons donc continué l’analyse factorielle. Cette dernière lorsqu’elle est menée sur les items propres aux quatre principaux dispositifs de l’IT montre que le premier facteur qui concerne l’élaboration et l’activation des réseaux explique presque 38 % de la variance totale de l’IT.

De leur côté, les actions relatives à l’organisation et la mutualisation en termes d’infor- mations stratégiques, territorialisation en direction des entreprises et territorialisation en direction des administrations publiques expliquent respectivement 15,6 %, 14,2 % et 12,8 % de la variance totale expliquée.

Afin de tester l’hypothèse de la variabilité des items propres à la compétitivité interna- tionale basée sur l’intensité des exportations, pour les deux catégories d’entreprises de notre échantillon, nous avons opérationnalisé le test de Mann-Whitney Wilcoxon. À cet effet, nous avons appliqué ce test sur la catégorie d’entreprises optant pour la démarche d’IT et celle ayant choisi de ne pas faire partie de cette démarche. Le but est de savoir dans quelle mesure les intensités des exportations changent d’une catégorie à une autre.

(12)

Tableau 3 : ACP de la variable veille stratégique

Items Contribution

F.1

Contribution F.2

Contribution F.3

Contribution F.4 Utilisation et exploitation

conjointes et collectives de l’information

0.512

Valorisation et capitalisation des expertises en internes et en externes

0.783

Transformation collective d’informations en actions stratégiques

0.759

Synergie entre secteur privé et secteur public

0.842 Coopération entre

les acteurs privés

0.768 Confiance entre

les parties prenantes

0.861 Les réseaux de

communication adoptés

0.532 Identification claire

des soutiens publics

0.822 Orientation entrepreneu-

riale du territoire

0.601 Mise en œuvre d’outils

d’informations

0.554 Démarche

d’accompagnement et d’évaluation des

0.613

Valeur propre 3.37 1.51 1.44 1.15

de la variance expliquée 39.1 % 15.6 % 14.2 % 12.8%

Alpha de Gronabach 0.663

Pour ce faire, nous avons construit des indicateurs synthétiques sur lesquels nous avons appliqué les tests sur les scores des rangs. L’étude des conditions d’application a fait l’objet d’un examen pré-analyse.

(13)

Tableau 4 : Récapitulatif des résultats des tests non paramétriques sur la variable relative à l’intensité des exportations

Variable

Caractéristiques Intensité des exportations

Nombre d’items* 4

Étendue des items 0-1

Étendue des échelles** 0-4

PME ayant opté

pour une démarche d’IT Nombre d’observations

125

PME n’ayant pas opté pour une démarche d’IT Nombre d’observations

125

Test de Wilcoxon (deux groupes de PME) Statistiques (S)

Approximation normale 243

Z* 4.111

Pr≥Z(unilatérale) 0.000

Test de Kruskal – Wallis

Chi-deux 12.2

DL 1

Pr≥Chi-deux 0.0002

À cet égard, comme le montre le tableau 4, le test de Mann-Wtritney Wiloxon est signi- ficatif au seuil de 1 %, ce qui confirme l’hypothèse selon laquelle les deux catégories de PME présentent des intensités d’exportations différentes. De plus, le test de Kruskal – Wallis est significatif au seuil de 1 % ce qui illustre que la différence dans le variable intensité des exportations est significative au seuil de 1 % et partant, elle peut être généralisée pour les deux catégories de PME.

Par ailleurs, dans le but d’appréhender le rôle des différents dispositifs de l’IT sur la performance des exportations des entreprises maghrébines, nous avons procédé à une analyse de la structure exogène et de la structure endogène de notre modèle empirique.

À cet effet, nos résultats empiriques figurant dans le tableau 5 montrent une corrélation forte et significative, qu’elle soit avant boostrap (corrélation =0.68) ou après boostrap en procédant à des itérations fictives (corrélation= 0.57), entre les variables organisation et mutualisation en termes d’informations stratégiques et la variable relative à l’IE propres aux PME. Cette articulation entre ces deux dernières variables est également justifiée sta- tistiquement par la présence d’un coefficient de détermination élevé avant et après boostrap (0,64 et 0,53 respectivement).

(14)

Tableau 5 : Résultats de la régression multiple. Variable dépendante : Intensité des exportations Première étape :

Analyse de la structure exogène Corrélation

(Après boostrap) r2

(Après boostrap) Organisation et mutualisation

en termes d’informations --- IE stratégiques propres aux PME

0,68***

(0,58***) 0,64

(0,53) Deuxième étape :

Analyse de la structure endogène Coefficient(p-value) Effet direct Effet médiateur Organisation et mutualisation en termes

d’informations

stratégiques ---Intensité des exportations Élaboration et activation

des réseaux --- Intensité des exportations Territorialisation en direction

des entreprises --- Intensité des exportations Territorialisation en direction

des administrations

publiques --- Intensité des exportations IE propres

aux PME --- Intensité des exportations Constant

0,716*

(0,064) 0,092*

(0,099) 2,285***

(0,008) 0,574***

(0,005)

9,225***

(0,006)

0,225 (0,114) 0,097*

(0,085) 1,295***

(0,004) 0,877**

(0,049)

0,418***

(0,001) 4,936***

(0,004) N.obs

RMSE R2 F value (p-value)

1,114125 46,13 %

5,652 (0,0003)

1,112125 51,16 %

4,058 (0,0001) En ce qui concerne l’analyse de la structure endogène, nous avons examiné cette dernière en diagnostiquant l’effet direct des différents dispositifs d’IT sur l’intensité des exportations ainsi que l’effet médiateur de l’IE propre aux PME entre la variable relative à l’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques et la variable expliquée relative à l’intensité des exportations. À cet effet, nos résultats empiriques montrent des effets significatifs et positifs des différents dispositifs de l’IT sur l’intensité des exportations des PME maghrébines de notre échantillon. Toutefois, suite à l’intégration dans notre modèle de la variable relative à l’IE propre aux PME, l’effet de la variable organisation et mutualisation en termes d’informations stratégiques demeure sans effet significatif sur l’intensité des exportations. Ce dernier résultat conforte nos résultats statistiques quant au rôle médiateur de la variable IE propre aux PME entre l’organisation et la mutualisation en termes d’informations stratégiques et l’intensité des exportations.

(15)

Conclusion

À la lumière de nos résultats empiriques, il s’avère qu’en absence d’une véritable démarche d’IE suivie par les PME laquelle basée sur des actions relatives à la collecte, l’analyse et le traitement, la partage et la diffusion et la protection d’informations stratégiques, un des dispositifs incontournable de l’IT et relatif à l’action collective devient dysfonctionnée et sans effet sur la compétitivité internationale basée sur l’intensité des exportations.

Partant de ces résultats, il est nécessaire voire vital pour les décideurs territoriaux des pays maghrébins, aux mêmes titres que les pays en développement, de cibler l’entreprise elle-même en diagnostiquant ses dispositifs d’IE pour réussir sa démarche globale en termes d’IT. Autrement dit, l’action collective des différentes parties prenantes est inefficace en absence d’une action individuelle en direction des entreprises laquelle est assimilée à un facteur endogène clé du territoire.

Par ailleurs, les pays en développement tel est le cas pour les pays maghrébins, n’ayant pas encore attribués à l’information prévalent dans leur environnement international la place qui mérite. De plus, la maîtrise de l’information et sa transformation en décisions collectives dans le but de préserver ou de renforcer une meilleure position concurrentielle à l’échelle internationale doivent s’inscrire dans une approche plus longue, plus approfondie, plus calculée et plus orientée au lieu de se contenter uniquement aux dispositifs traditionnels de l’IT qualifiés sous le terme territorialisation. Autrement dit, il est indispensable de mettre en valeur d’autres paramètres additionnels et spécifiques au système informationnel au sein des PME et qui sont relatifs aux différents dispositifs de l’IE.

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