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S´eance 1 : Exercices corrig´es CALCUL DIFF´ ERENTIEL

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

S´eance 1 : Exercices corrig´es CALCUL DIFF´ ERENTIEL

Objectifs

Les notions de diff´erentielle, gradient... d’une fonction en dimension finie et infinie.

Exercices d’illustration et calcul des diff´erentielles. Quelques applications.

Notations

On note V un espace vectoriel norm´e, x un point de V, F une fonction de V dans R.

< x, y >=P

ixiyi est le produit scalaire canonique deRn. Question 1

Fonction quadratique

Soit V =Rn,A une matrice sym´etrique d´efinie positive de dimensionn,b∈Rn.

• SoitF(x) = 12hAx, xi − hb, xi, montrer que

DF(x).h=hAx−b, hi et, pour le produit scalaire canonique

∇F(x) =Ax−b

Le plus simple est de calculer directement l’expression

∀h∈V DF(x).h= d

dtF(x+th)|t=0

On d´eveloppe en t et on garde le coefficient d’ordre 1 en t, soit 12(hAx, hi+iAh, xi)− hb, hi et, compte tenu de la sym´etrie deA,hAx, hi − hb, hi, d’o`u

DF(x).h=hAx−b, hi

• Les points pour lesquels DF(x) = 0 sont donc solution de Ax = b. Si la matrice A

(2)

est sym´etrique d´efinie positive1l’extr´emum est unique et c’est un minimum. Int´erˆet pour la r´esolution des syst`emes lin´eaires ?

La r´esolution d’un syst`eme lin´eaire `a matrice sym´etrique d´efinie positive Ax=b

est donc ´equivalente `a la recherche de la solution du probl`eme d’optimisation

x∈minRn

1

2hAx, xi − hb, xi

Nous ´etudierons dans la s´eance 3 des m´ethodes d’optimisation bien adapt´ees `a ce probl`eme.

Question 2

Une fonction non quadratique en dimension finie

Soit V =Rn,A une matrice sym´etrique d´efinie positive de dimensionn,b∈Rn.

• Soit

F(x) = 1

2 <Ax, x >+1

4kxk44−< b, x >

Calculer DF(x) et ∇F(x).

Le plus simple est de calculer directement, terme `a terme, l’expression

∀h∈V DF(x).h= d

dtF(x+th)|t=0

− Pour dtd12 <A(x+th), x+th >|t=0, on d´eveloppe entet on garde le coefficient d’ordre 1 en t, soit 12(<Ax, h >+<Ah, x >) et, compte tenu de la sym´etrie de A,<Ax, h >

− pour d P

i 1

4|xi+th4i|t=0, en d´erivant la fonction compos´ee 14(xi+thi)4, on obtient x3ihi. Finalement

∀h∈V DF(x).h=<Ax, h >+< x3, h >−< b, h >

o`u x3 est le vecteur de composantes (x3)i=x3i. On en d´eduit

∇F(x) =Ax+x3−b Quels sont les points pour lesquels DF(x) = 0 ?

Les extr´emums sont donc solutions du syst`eme non lin´eaire Ax+x3 =b

• CalculerHF(x).

On a

<HF(x)h, h >= d2

2F(x+λh) =<Ah, h >+X

i

3x2ih2i

1i.e. ∀x6= 0 hAx, xi i0

(3)

Soit Dla matrice diagonale avec di,i= 3x2i, il vient

<HF(x)h, h >=<(A+D)h, h >

Quelle est la nature des extr´emums ?

La matrice A+D est sym´etrique d´efinie positive comme chacune des deux matrices A et D. Les extr´emums sont donc des minimums. Nous montrerons dans la s´eance suivante, en utilisant la convexit´e de la fonction, qu’il y a un seul extr´emum et que c’est un minimum.

Question 3

Une fonction quadratique en dimension infinie Soit V =C1([0,1], u∈V etf ∈C([0,1])

J(v) = Z 1

0

1

2v0(x)2+1

2v(x)2−f(x)v(x)dx

• Calculer la diff´erentielle au sens de Gateaux deJ(v).

DJ(v).h= d

dtJ(v+th)|t= 0

on peut d´evelopper l’expression de la fonction par rapport `atou calculer en d´erivant sous le signe somme ; il ne reste plus qu’`a d´eriver des fonctions d’une variable r´eelle, il vient

DJ(v).h= Z 1

0

v0h0+vh−f hdx

•On munit V du produit scalaire et de la norme deL2([0,1]),J(v) est-elle diff´erentiable au sens de Fr´echet ?

Non, la forme lin´eaire R1

0 v0h0dxsur V muni de la norme de L2([0,1]) n’est pas continue (on peut faire “exploser”h0 tout en faisant tendre khk2 vers 0).

• Soit V0 le sous-espace deC2([0,1])∩V form´e des fonctions nulles en 0 et 1. On consid`ere J(v) comme une fonction sur V0. Montrer que, pour le produit scalaire deL2([0,1]),

∇J(v) =−v” +v−f On int`egre par partie R1

0 v0h0dx Z 1

0

v0h0dx= Z 1

0

−v00h dx+v0(1)h(1)−v0(0)h(0) or le crochet et nul car h(0) =h(1) = 0 d’o`u

DJ(v).h= Z 1

0

(−v00+v−f)h dx=h−v00+v−f, hi

le produit scalaire ´etant celui de L2([0,1]), d’o`u le r´esultat (mˆeme si ce n’est pas l’usage d’utiliser la notation gradient dans ce contexte). Noter que −v00+v−f n’est pas dansV0.

(4)

Peut-on d´efinir de mˆeme ∇J(v) surV pour le produit scalaire de L2([0,1]) ? On fait la mˆeme transformation, il vient

DJ(v).h= Z 1

0

(−v00+v−f)hdx+v0(1)h(1)−v0(0)h(0) =h−v00+v−f, hi+v0(1)h(1)−v0(0)h(0) la diff´erentielle ne s’exprime pas ici comme le produit scalaire de deux fonctions deL2([0,1]).

Nous n’irons pas plus loin dans l’analyse de cette difficult´e (V n’est pas complet pour la norme de L2([0,1]), la diff´erentielle n’est pas continue), on en retiendra que la notion de gradient en dimension infinie n’est `a manipuler que de fa¸con heuristique, ce n’est que dans la cadre des espaces de Hilbert qu’elle prend un sens.

Quels sont les extr´emums de J(v) sur V0 ? (Nous verrons ult´erieurement, en utilisant la convexit´e de la fonction J(v) qu’il n’y a qu’un extr´emum et que c’est un minimum).

En un extr´emum

∀h∈V0, DJ(v).h= Z 1

0

(−v00+v−f)h dx= 0 Nous admettrons que si g∈C([0,1])

∀h∈V0, Z 1

0

gh dx= 0 ⇒ g= 0

(Si on ne veut pas l’admettre : si g(x0) 6= 0, alors g(x) ne change pas de signe sur un petit intervalle [x0 −², x0 +²], on obtient une contradiction en prenant h(x) d´efinie par h(x) = (x−(x0−²))3((x0+²)−x)3 sur cet intervalle et 0 ailleurs, ce qui est bien dansV0.) d’o`u

−v00+v=f Question 4

G´en´eralisation : le “calcul des variations”

Voir le cours.

Soit V0 l’espace des fonctions de C1([0,1]) telle que v(0) = v(1) = 0 et g(t, x, y) ∈ C1(R3).

On d´efinit sur V0 la fonction

J(u) = Z L

0

g(x, u(x), u0(x))dx (1)

• CalculerDJ(u).

DJ(u).v= d

dtJ(u+tv)|t= 0 = d dt(

Z L

0

g(x, u+tv, u0+tv0)dx)|t=0

On d´erive sous le signe somme DJ(u).v =

Z L

0

∂g(x, u, u0)

∂u v+∂g(x, u, u0)

∂u0 v0dx

(5)

• En ajoutant des hypoth`eses de r´egularit´e, calculer ∇J(u) pour le produit scalaire de L2([0,1]).

Siu, g∈C2([0,1]), il vient en int´egrant par partie le termev0 et en tenant compte de ce que le crochet est nul

DJ(u).v = Z L

0

(∂g(x, u, u0)

∂u − d

dx

∂g(x, u, u0)

∂u0 )v(x)dx=<− d dx

∂g(x, u, u0)

∂u0 +∂g(x, u, u0)

∂u , v >

D’o`u le r´esultat avec les pr´ecautions d’usage sur la notion de gradient.

En d´eduire qu’un extr´emum de la fonctionJ(v) v´erifie l’´equation d’Euler

− d dx(∂g

∂u0) +∂g

∂u = 0 (2)

On ´ecrit que la diff´erentielle est nulle. D’o`u

∀v∈V0, <− d dx

∂g(x, u, u0)

∂u0 +∂g(x, u, u0)

∂u , v >= 0 ce qui implique, comme nous l’avons montr´e `a la question pr´ec´edente

− d dx

∂g(x, u, u0)

∂u0 +∂g(x, u, u0)

∂u = 0

• Applications :

J(v) = Z 1

0

1

2v0(x)2+1

4v(x)4−f(x)v(x)dx on a

(∂g

∂u0) =u0 (3)

et

(∂g

∂u) =u−f (4)

d’o`u

− d dx(∂g

∂u0) + ∂g

∂u =−u00+u−f (5)

et donc, siu est un minimum deJ(v) surV0

−u00+u=f (6)

u(0) =u(1) = 0 (7)

Nous verrons dans la s´eance suivante pourquoi ce minimum est unique.

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