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(1)

HAL Id: jpa-00206440

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Submitted on 1 Jan 1966

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L’effet hall dans les couches minces de fer

C. Vautier

To cite this version:

C. Vautier. L’effet hall dans les couches minces de fer. Journal de Physique, 1966, 27 (9-10), pp.531-

535. �10.1051/jphys:01966002709-10053100�. �jpa-00206440�

(2)

L’EFFET HALL DANS LES COUCHES MINCES DE FER Par C.

VAUTIER,

Laboratoire de

Physique

des Couches

Minces,

Faculté des Sciences de

Rouen, Mont-Saint-Aignan.

Résumé. 2014 Nous avons étudié l’effet Hall des couches minces de fer obtenues par

évapo-

ration sous vide, dans un domaine de

températures compris

entre 20 et 480 °C, et pour des

épaisseurs comprises

entre 100 et 1 000

Å.

La confrontation avec les théories existantes est en

général

assez satisfaisante.

Abstract. 2014 We have studied the Hall effect of thin iron

layers

obtained

by

vacuum

deposition

within a range of temperature between 20 and 480

°C,

and for

layers

whose

thickness varies from 100 to 1 000

Å.

On the whole, the

comparison

with

existing

theories

is not

unsatisfactory.

PHYSIQUE 27, 1966, ’

Il est bien connu que l’effet Hall des ferroma-

gnétiques

pose de nombreux

problèmes

du

point

de

vue

théorique

et que les nombreuses théories

s’y

rattachant ne sont pas

toujours

en accord.

Nous nous sommes attachés

ici,

en ce

qui

concerne

les couches minces de

fer,

à une étude

expérimentale

du

phénomène

et nous avons

essayé

de voir dans

quelle

mesure elle

pouvait

se rattacher aux théories

existantes.

A la suite de Smith et Sears

[1], Pugh [2]

a

proposé

de décrire ce

phénomène

par la relation :

où pin est la résistivité de Hall

(1) (champ

de

Hall

par unité de densité de

courant), Ro

le coefficient de Hall «

champ »

(ou

ordinaire)

et

RI

le coefficient de Hall « aimantation»

(ou extraordinaire).

La varia-

tion de Pg avec l’induction à l’allure

indiquée

sur la

figure

2. La pente de la droite

après

saturation permet de calculer

.Ro

et son intersection avec l’axe des

ordonnées,

la

quantité (R1- Ro) Is

et par

conséquent R1 (en

prenant pour

Is

la valeur du métal

massif).

Technique expérimentale.

- Les couches minces de fer sont obtenues par

évaporation

sous vide

( 5 X 10-~ mm de

Hg).

Elles sont ensuite recuites à 480

OC, température qu’il

n’est pas

possible

de

dépasser,

sans que la couche se

réévapore.

Les

couches sont ensuite

transportées

entre les

pôles

d’un électroaimant afin de mesurer l’effet Hall.

Le

chauffage

des

dépôts

dans l’entrefer est réalisé à l’aide d’une feuille de tantale

disposée

derrière le

(1)

Pour une commodité de

représentation,

nous avons

ici

remplacé

pH par la tension de Hall

UH,

ces deux

quantités

étant liées par la relation pin=

e est

l’épaisseur

du

dépôt

et i l’intensité du courant

qui

le traverse.

support et alimentée en courant alternatif. La

mesure de la

température

du

dépôt

se fait à l’aide

d’un thermomètre à résistance de

platine

en couche

mince

[3], déposé

sur un support

disposé symé- triquement

à la couche par rapport à la feuille de tantale

( fcg. 1).

FIG. 1. - 1 :

Supports

en silice. - 2 : Feuille de tantale

- 3 :

Dépot

de fer. - 4 :

Dépot

de

platine. -

5 : Con-

tacts

évaporés. -

6 : Feuille de mica. - 7 : Barrettes de

reprise

des contacts.

Les

différentes phases

sont réalisées sans que le

dépôt

soit mis au contact de l’air.

L’effet Hall est mesuré dans un

champ

continu.

Le courant d’alimentation de la lame est

également

continu

(ce qui,

dans le cas des

ferromagnétiques,

évite certaines tensions

parasites [4]).

Le montage

de mesure est

classique

et couramment utilisé

[5].

La tension

parasite

due aux effets

thermomagné- tiques

associés

(Nernst, Ettinghausen, Righi-Leduc)

a été calculée à l’aide de

l’hypothèse

de Busch

[6],

à

partir

des résultats de la littérature

[7].

Cette

tension est

pratiquement négligeable,

elle entraîne

sur les mesures une erreur inférieure à 1

%.

Effet Hall des

dépôts

non recuits

[8].

- Les varia-

tions de la tension de

Hall,

en fonction de l’induc- tion

magnétique,

ont l’allure

indiquée

sur la

figure

2

(pour quelques épaisseurs).

La tension de Hall est

positive

comme pour le métal massif

[4], [9].

A

partir

de ces

résultats,

nous avons pu déduire la

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01966002709-10053100

(3)

532

FIG. 2.

constante «

champ » R°.

Sa variation avec

l’épaisseur (fig. 3) présente

un maximum aux environs de 200

A

et tend aux fortes

épaisseurs

vers 3 X 10-1°

m3 jA . s.

Sur la même

figure,

nous avons tracé la

variation,

en fonction de

l’épaisseur,

de la constante « aiman-

tation » Celle-ci

présente également

un maximum

aux environs de

200 À.

Influence du recuit sur l’effet Hall. - Le recuit des lames à 480 °C entraîne une diminution de la résistivité

(p

--= 30 X 10-8 H. m pour les lames les

plus épaisses)

et aussi une diminution

importante (de

l’ordre de 50

%)

de la tension de Hall. L’allure du

phénomène

reste la même que pour les couches

non recuites

( fi g. 2).

Mais pour des

épaisseurs

infé-

rieures à 200

À,

la tension de Hall croît

brusque-

ment. De même que

précédemment,

nous avons

déterminé les constantes ordinaire et extraordinaire.

Ri

décroît avec

l’épaisseur (fig. 4)

et ne

présente

aucun maximum comme dans le cas des lames non

recuites. Aux fortes

épaisseurs, R1

tend vers

15 X

La variation de

7?o

avec

l’épaisseur présente toujours

un maximum

(isotherme

20 °C de la

figure 8) qui

est

plus important

et se trouve

déplacé

vers les fortes

épaisseurs.

Au delà de 500

À, Ro

est

constant et

égal

à

2,85

X 10-1°

m31 A . s.

Cette

valeur nous permet de calculer le nombre d’électrons par atome, de la couche

4s, qui participent

à la

conduction :

où A est la masse

atomique

du

fer,

et p sa masse

volumique (Ro

et p étant

exprimés

dans le

système international).

Il vient alors :

np =

0,26

électron par atome.

Si l’on tient compte du fait que les trous de la couche 3d

participent également

à la

conduction,

la formule de Sondheimer

[10]

où :

et

(4)

permet de calculer le rapport des conductibilités dans les couches 3d et 4s :

Ce résultat est en accord avec les

prévisions

de

Pugh [11]

et permet

d’expliquer

le fait que la tension de Hall soit

positive.

Les résultats

précédents

nous ont

également permis

de tracer la variation du «

paramètre champ »

=

R1 f Ro)

en fonction de

l’épaisseur (fig. 5).

Le

fait que ce

paramètre

a une valeur élevée n’a pas reçu à ce

jour d’explication

valable. Comme pour le

nickel,

en couches minces

[12],

cette courbe com-

prend

deux

régions

bien distinctes de part et d’autre due 300

Á.

FIG. 5.

Influence de la

température

sur l’effet Hall

[13].

- Nous avons étudié la variation de l’effet Hall avec la

température,

pour différentes

épaisseurs.

Nous

donnons ici

(fig. 6)

les isothermes pour une

épais-

seur

(750 Â).

Le

phénomène

est

identique

pour les

autres

épaisseurs

étudiées. Dans le domaine de tem-

pérature considéré,

la tension de Hall croît avec la

température,

comme pour d’autres métaux ferro-

magnétiques

en couches minces

[14], [15].

FIG. 6. - En ordonnées, lire : UH en

(J.V.

Kondo

[16]

a tenté

d’expliquer

ce

phénomène

en

tenant compte de l’interaction entre les électrons de conduction et les électrons d localisés. Partant de l’hamiltonien

représentant

cette

interaction,

Kondo

arrive à une valeur de Pg de la forme :

À est la constante de

couplage spin-orbite,

V Et N

respectivement

le volume et le nombre d’atome 3 du

cristal ; Fo, Fi et F2

des fonctions de

plusieurs

variables

(N, V, opérateur spin,

vecteur d’onde à la surface de

Fermi, ...), Eo

et

EF2

les valeurs propres associées et ri un tenseur du second ordre

dépendant

de la

température.

Dans le cas du

fer, l’équation

se

simplifie

car :

et r, se calcule en

supposant

le moment

angulaire

de

spin égal

à 1.

(5)

534

La variation de en fonction du rapport

T/Tc (Tc température

de

Curie)

a l’allure

indiquée

sur la

figure

7. Sur le même

graphique,

nous avons

porté

les courbes

correspondant

à trois

épaisseurs

diffé-

rentes en prenant pour

Te

la

température

de Curie

du métal massif

(1 043 ’OK).

On remarque que dans l’intervalle de

température étudié,

l’allure du

phéno-

mène est la même.

Constante de Hall ordinaire. - L’étude de la variation de

Ro

avec la

température (pour

différentes

épaisseurs)

fait

apparaître

un maximum pour

Ro

vers 300 °C.

Récemment, Pugh [17]

ayant

remarqué

le même

phénomène

sur le fer massif

280

OK)

a

tenté de

l’expliquer

par le fait que le temps de rela- xation

présente

une

légère anisotropie,

avec un

maximum aux

températures

moyennes.

A

partir

de cette

étude,

nous avons tracé les

isothermes de

Ro

en fonction de

l’épaisseur (fig. 8).

Le maximum que

présente

l’isotherme 20 °C s’atténue pour

disparaître

aux environs de 100 °C.

Au-dessus de cette

température,

tous les isothermes

présentent

un minimum pour 200

Á.

Cette valeur

correspond

au libre parcours moyen des électrons dans les couches minces de

fer,

calculé à

partir

de

l’équation

de Sondheimer

[18]

par la méthode de

Wedler

[19].

Constante de Hall extraordinaire. - Sa variation

avec la

température

est

portée

sur la

figure

9. On

remarque que l’allure des courbes est la même que pour le métal massif

[7]

et

qu’à température

cons-

tante

R1

décroît

lorsque l’épaisseur

croît.

Le fait le

plus important,

en ce

qui

concerne

R1,

est son étroite

dépendance

de la résistivité.

Karplus

et

Luttinger [20]

basant leur

explication

sur une interaction

spin-orbite

ont montré que l’on,

pouvait

écrire :

(6)

535

avec

p étant la

probabilité

relative

qu’ont

les électrons de coïncider avec les porteurs de moments

magnétiques (cette quantité

est voisine de

l’unité).

Ri

est alors lié à la résistivité par :

Rl

=

APn (avec n

=

2).

Smit

[21],

en introduisant l’action des électrons de conduction avec le

réseau,

a trouvé une loi

qui,

aux

températures ordinaires,

est de la forme : (avec n

compris

entre

1,4

et 2 suivant

le

métal).

Afin de vérifier la validité de ces

théories,

nous

avons

porté

sur la

figure 10,

la variation de

Rx

en

fonction de p sur une échelle

log.log.

On voit alors que cette variation est linéaire. La pente des droites donne la valeur de n, cette valeur

est

pratiquement

constante et

égale

à 2.

Nous pouvons donc dire que, dans le cas des couches minces de

fer, l’expérience

est en accord

avec les théories récentes. FIG. 10.

Manuscrit reçu le 27

janvier

1966.

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