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ù^nL .-i»s.
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1
FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
CONCOURS POUR L'AGRÉGATION
SECTION DE CHIRURGIE
DES PLAIES DES VEINES
THÈSE
PRÉSENTÉE ET SOUTENUE
PAR
liïlOPOIi» OlililER
On s*est beaucoup moins livré aux expériences et auxobservationspour constaterla marchedes phéno- mènes qui suivent uneplaiede veines,depuisle mo- ment de la blessure jusqu'à la guérison définitive, qu'onne Tafaitpour lesartères.
(Compendiumde chirurgie,parBérard etDenonvilliers, t.II, p. 146.)
PARIS
LIBRAIRIE DE VICTOR MASSON
17, RTJE DE l'ÉCOLB-DE-MÉ0ECINE, 17
1857
JUGES DU CONCOURS.
MM. BÉRARD,
président.BÉGIN.
DENONVILLIERS.
DUBOIS.
MM. GUÉNEAU DE MUSSY.
LÉVY
(MICHEL).ROSTAN.
VELPEAU.
M.
AMETTE,
secrétaire.COMPÉTITEURS.
MM. BAUCHET.
BÉRAUD.
DUGHAUSSOY.
FANO.
FOUCHER.
HOUEL.
MM. JAMAIN.
«LEGENDRE.
LEGOUEST.
MOREL LAVALLÉE.
OLLIER.
TRÉLAT.
DES PLAIES DES VEINES
On s'est beaucoup moins livré aux expériences et
auxobservationspourconstater lamarchedesphéno- mènesqui suivent une plaiede veines, depuis le mo- ment de la blessure jusqu'à la guérison définitive qu'onne l'a faitpour lesartères.
(Compendiumde chirurgie
,parBérard etDenonvilliers,t.II,p. 146.)
Les
traitésgénéraux de
chirurgie consacrentà
peineun
court chapitre à l'étude des plaies des veines, et celui d'entre tous, qui est le plus
complet
et le plusméthodique, nous
aver-tit en
commençant un
article sur ce sujet,de
la pauvreté re- lativede
la science à cet égard.Ce
n'est pas qu'on aitmé-
connu
leurimportance
; l'étenduedonnée
à l'exposéde
leurs complicationsnous prouve
qu'on a suffisamment apprécié leurs dangers.A
quoidevons-nous donc
attribuer ce laco-nisme
? à plusieurs causes, cenous semble
: à la rareté des travaux spéciaux sur ce sujet,au peu de
gravitéde
laplupartde
ces plaies,comparées aux
lésions analogues des artères, etenfin à la nécessité de rattacher à d'autres partiesde
lapa- thologie l'histoire des divers accidents qui les compliquent.En
présence d'une telle raretéde
matériaux,nous avons dû
invoquer toutes les sources qui pouvaientnous
en fournir.Des
expériences existaient déjàdans
lascience, faites par dif- férents observateurs.Nous avons
cru devoir les reprendre;non
pas qu'elles eussent conduità
des résultats erronés ;—
û~
mais
parceque
l'interprétation de certainsphénomènes de
physiologie pathologique, ne pouvait pas être,du temps de
Travers, parexemple,
ce qu'elle est aujourd'hui.Nous y avons
joint aussi des expériences sur le cadavre, et,malgré
la disparition
de
quelques propriétésdu
système veineux,nous ne
les croyons pas inutiles.Les
anciens observateurs et le vulgairelui-même
avaientreconnu
la gravité des plaies de certaines veines;mais
leur ignorance de la circulation, leur faisait quelquefois confondreles diverses sources d'hémorrhagie.
Dans
les âges antérieursau
xviir siècle,nous avons
à rechercher des idées plutôtque
des faits, parceque
la vérification nécroscopiquemanquait
leplus souvent. D'ailleurs
beaucoup
d'observations sont prisesavec
assezpeu de
détails; etdans
les chirurgiens de lare- naissanceon
en litbeaucoup
dont le fondrépond
à peineau
titre.
Les
anciens n'avaient pascependant
attendu ladécou-
vertede
la circulationpour
différencier les plaies des artèresde
celles des veines, etparmi
les signes qu'on invoquaitau moyen âge
(Avicenne), il nemanque que
celui tiré de lacom-
pression au-dessusou
au-dessousdu
vaisseau.Leur
thérapeu- tique se ressentait de l'absencede
celte précieuse donnée.Aussi traitaient-ils les plaies des artères
comme
celles des veines; leursmoyens
étaient àpeu
près identiquement appli- qués; ilsne
variaient qu'avec la violencede
l'hémorrhagie.On
attribuegénéralement
l'inventionde
la ligature àA. Paré
;mais
l'illustre chirurgien s'estoccupé
de se trouver des aïeux.Sans
vouloir autantque lui-même
attribuer à d'autres ceque
son génie avait conçu,nous
rappellerons qu'après Celse et Galien,Guy de
Chauliac parle de lier lesvaisseaux lorsqu'ils sont ouverts
au
fond d'une plaie, etqu'un contemporain
d'A. Paré, Fabriced'Aquapendente,
dans un
chapitre remarquable, établit formellement ce pré- cepte. D'ailleurs, les motifs qui guidèrentParé dans
l'emploide
la ligature après les amputations indiquent suffisamment4.. .
- 5 -
que
lemême procédé
hémostatiquedans une
plaie acciden-telleétait
généralement
adopté. ( «Or
ayant plusieursfois usé de celte manière de coudre les veines et artèresaux
plaies ré- centes esquelles sefesoit une hémorrhacjie^
foi
pensé quil s'en pourroit bien autant faire à Cextirpation d'unmembre.
» )A
partir de ce
moment, aux
styptiques, à lacompression
et àla cautérisation, la chirurgie joignit
un moyen
plus puissant, d'abord appliqué indistinctementaux
veines etaux
artères,mais
dont l'emploi ne put être régulariséque
plus tard.Rappelons
toutefoisque
Celse (1)lui-même, dans
le traite-ment
de l'hémorrhagie, faisait passer lemoyen que
réhabili- terait A.Paré
avant celuidont
devait abuserMarc-Aurèle Se
vérin.Les
successeursd'Amb.
Paré,même
ceux quine combat-
tirent pas ses idées, en étaient réduits
aux
hypothèsespour
admettreou
rejeter la ligaturedans
telou
tel cas.Quand
laveine jugulaire était blessée, ils craignaient
de
la lier, parceque
la partie qui est en haut reste séparéede
soncommun
principe (Courtin).
Mais
arrivons à la découvertede
la circu- lation : lasymptomatologie y gagna un
signe important, et si la ligature ne fut pas inventée, son application en fut ren-due du moins
plus rationnelle.Des
préoccupations d'un autre genre survinrent.On
craignit de lier des grosses veinesde peur de
maintenirdans
les parties éloignéesun sang impropre
à la nutrition.Les
ressources de la naturepour
la création des
anastomoses
n'avaient pas étéanatomi- quement
démontrées. Aussivoyons-nous
Heister, partisande
la ligature, faire des expériences sur des chiens, et
pourquoi?
Pour démontrer
lepeu de danger de
cette interruption. Ber- trandi (Opere^ t. III), n'accepta pas les raisonsdu
chirur- gien d'Helmstad, et il n'eut pasde
peine àdémontrer que
la disposition des veinesdu
chien interdisait toute analogie.iO Uhi ne id quidemres patitur possuntferrocandente aduri, Celsus,liv. Vf
— 6 —
Durant
la période derAcadémie de
chirurgie , la questionde
la ligature ne fut pas discutée en tant qu'appliquéeaux
veines volumineuses;mais
quelques opérateursne
crai- gnaient pasde
l'employer. Richter tout enrecommandant
lacompression prolongée, conseille la ligature
de
la jugulaire, et l'avue
réussir. Plus tard , Sabatier est d'avis d'y avoir re- cours à défaut desmoyens
usuels.Déjà
depuislongtemps
l'idéede gangrène
,née de
la craintede
l'insuffisance desanastomoses ou
d'autres théories bien plus hypothétiques encore, apparaissait çàet là,
mais mal
formulée et sans autorité doctrinale.Sous
l'influence
de
Boërrhave, elle devintun
pointde
doctrine classique. Plustardmême on
redouta tellement cette compli- cation , qu'on institua lesméthodes
thérapeutiques les plus hardiespour
la conjurer; et cependant, aujourd'hui encore,nous sommes
à chercherune
observation authentiquede gan- grène
par oblitération pure et simplede
la veine principale d'unmembre.
C'est vers la fin
du
xv!!!"" siècle, en1784, qu'une
compli- cationdesplaiesdesveines, laphlébite,masquée
jusque-làsous des dénominations obscures, futdécrited'unemanière
claire et précise par Hunter.Ces
idées trouvèrentimmédiatement de
l'écho
parmi
ses compatriotes;mais
enFrance,
elles res- tèrent quarante ans sans préoccuper les chirurgiens, etBoyer
en était toujours àpropos
des accidentsde
la saignéeaux
anciennes théories.Ce
ne fut guèreque de 1815
à1830 que
des travaux sérieux permirent d'apprécier à sa juste valeur cet accident des plaiesdu
système veineux. N'a-t-on pas été trop loin? a-t-on toujours bien tenucompte
desdonnées mul-
tiples
du problème?
c'est ceque nous examinerons dans
des chapitres subséquents.Quelque temps
avant J. Hunter, son frère, William,nous
avait révéléun
accidentque
l'antiquité observait peut- être plu^ souventque
nous,mais
dont elle avait tout à fait_ 7 ~
méconnu
la véritable nature. Jeveux
parlerde Tanévrisme
artérioso-veineux.Plus tard, en
1806,
Verrier, médecin-vétérinaire, constataune
nouvelle complication des plaies des veines, en ouvrantla jugulaire à
un
cheval, et,douze ans
après,un
casmalheureux
fournit àBeauchêne
l'occasionde
l'observer surl'homme. Déjà
depuis plus d'un siècle les physiologistes con- naissaient les effetsde
Tair insufflédans
les veines;mais
lespréoccupations des chirurgiens ne furent tournées
de
ce côtéque
depuis l'interprétationque donna Magendie de
l'accident arrivé àBeauchêne. A
partirde
cemoment,
les accidents se multiplièrent, la plupart des chirurgiens enrenom de
l'époque eurent leurs casmalheureux; mais
cette pro- fusion inattenduene manqua
pas d'attirer l'attentionde
la critique. (Velpeau, Clin.chir.)Mais
il estun
pointde
Thistoire des plaies des veinesque nous avons
jusqu'ici passé sous silence, c'est l'appréciation des idées de physiologie pathologique qui se sont succédé depuisHunter
jusqu'à nos jours. Cette partiedu
sujet est bien plusneuve que
la partie chirurgicaleproprement
dite :de
touttemps on
a eu deshémorrhagies
à réprimer, et ce n'étaitpas à toutes les
époques de
la science qu'on pouvait expéri-menter
avec fruitau
point devue
dontnous nous
occupons.C'est à l'école
Hunterienne que nous sommes
redevables des premiers travaux.Avant
Hunter, etmieux que
plusieursde
ceux qui l'ont suivi, J.-L. Petit avait étudié lesphéno- mènes de
plasticité et d'adhésion des plaies artérielles,mais
les plaies des veines avaient été négligées, et ce n'est
que
lorsque la phlébite fut connue,que
le besoinde
recherches expérimentales sefit sentirparmi
les chirurgiens. B. Travers en Angleterre; Vatel,Trousseau
et Rigot,Amussat
enFrance; Wirchow
enAllemagne;
Porta en Italie, ont, à des des titres et à des degrés divers, élucidé plusieurs pointsdu
problème.„. 8 —
Les
opérations instituéespour
la cure des varices et les ex- périmentations qu'elles ont fait entreprendre, pourrontnous
fournir aussi desdonnées
précieuses;nous
puiserons égalenientdans
les recueilsde médecine
vétérinaireoù
se trouvent desmémoires
importantssurles opérationsqu'on pra- tique sur les veines et la phlébite qui peut en être la consé-quence
(1).D'après cette rapide esquisse historique,
on
voit qu'àme-
sure
que
la science a avancé,de
nouvellescomphcations
sontvenues démontrer aux
chirurgiens lesdangers de
ces plaies;de
là des tentatives, tantôtpour
prévenirun
accident, tantôtpour
remédier àun
autre.De
nos jours, c'est surtout la phlébite qu'on veut éviter, et c'estdans
ce butque
la cauté- risation a été réhabilitée.M.
Bonnet, et avec lui leschirur- giens des hôpitauxde Lyon,
emploient journellement le ferrouge ou
les divers caustiques, d'après cette idée mille fois vérifiée par l'expérience,que
l'applicationde
ces agentsde
destructiondonne
lieu àune
réaction franche et limitée.—
D'autre part,
on songe
à oblitérermécaniquement
les veines, soit en écrasant leurs tuniques, soit en les liant lorsqu'elles sont béantes, eton
chercheun remède dans un moyen que Hodgson
et Travers accusaient surtoutde
produire la phlé-bite.
Qu'elles surviennent par accident
ou
qu'elles soient faitesdans un
but chirurgical, les plaies des veines sont assez fréquentes; elles seraientmême,
sous ce rapport,au
pre-mier rang
si l'on voulait tenircompte de
tout ce qui, enana-
tomie, mérite lenom de
veine.Mais nous
limiterons notre étudeaux canaux
àsang
noir, d'unvolume
suffisantpour
de- venir le siège d'une plaie isolée,ou
bienpour
être individuel-lement
accessibles à nosmoyens
chirurgicaux. Et, encore.(1) Bouley, Rec. vét,^ 1839et 1842.
—
Rey, Journalde méd, vét. de Lyon^ 1848-49-54.
— 9 —
parmi
les vaisseaux sur lesquels portera notre étude,nous
attacherons-nous surtout à ceux dont levolume,
la posi- tion, etc... ,
peuvent
rendreune
blessuredangereuse
etl'inter-vention
du
chirurgien nécessaire.Les
plaies faitesdans
lebut
de
guérir des affectionsde
veines, des varices, des tu-meurs
érectiles, rentrent aussidans
notre sujet;mais
en tantque
plaies des veinesseulement
, c'est-à-dire, se ratta-chant par les
phénomènes
intimes qu'elles présentent, à celles qui sont faites accidentellement. D'ailleurs le but d'une plaie n'enchange
paslanature, et s'il y aune
différence à signaler, c'est, cenous semble, un peu
plusde
gravitépour
les plaies chirurgicales, alors qu'elles portent sur des tissus préalable-ment
altérés.Nous
allons successivementnous
occuper des diversphé- nomènes que
présententles plaiesdes veines.Nous
étudierons d'abord ce qui est relatifà l'anatomie et à la physiologiepa-
thologiques; puis, après avoir décrit leurssymptômes
etapprécié leurs complications,
nous aborderons
la partie thérapeutiqueoù
des questions importantesde
pratique de- vront être discutées.— 10
CHAPITRE
IANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES.
Les
plaies des veines,comme
celles de tous les tissus orga- niques , varient essentiellement avec la violence qui les oc- casionne et l'instrument qui les produit; et non-seulementelles diffèrent par leurs
phénomènes
physiques,mais
encore par le travail physiologique qui les suit.Nous
allonsdonc examiner
ces plaies, suivant qu'elles sont produites par des piqûresou
par des incisions,ou
bien qu'elles sont le résultat d'une contusionou
d'un arrachement.Après
lessolutionsde
continuité qui méritent légitimementle
nom de
plaies,nous
étudieronsun mode de trauma-
tisme quine
s'y rattache pasdans
le sensgrammatical du mot
,mais
dont l'appréciationnous semble
rentrerdans
notre sujet :nous
voulons parlerde
la ligature. 11 serait sans doute plus classique de renvoyerau moment où
nous devronsnous
en occupercomme moyen
thérapeutique.Mais
ce seraitmé-
connaître de3 analogies importantes
que de
le passer sous~ 11 —
silence
dans
l'étudede
physiologie pathologiqueque nous
allons aborder,
SI.
PLAIES
NON
PÉNÉTRANTES.Ces
plaies n'ont pas ici autant d'importanceque pour
les artères ;
nous
nenous y
arrêterons pas longtemps.Dans beaucoup
de cas , la gainedu
vaisseau est seule intéressée; les tuniques externes de la veine peuvent aussi, à la rigueur, être lésées à l'exclusionde
lamembrane
interne ;mais nous
n'aurionsque
des hypothèses à exposer sur ce dernier genre de lésions. Il est probableque
si jamaisun
instrument aveu- gle isole sibien ceque nous avons
tantde
peine àdémontrer dans
nos préparationsanatomiques,
la plaie doit êtredans
les meilleures conditions
pour
se réunir.Sur un
chien,nous avons
divisécouche
parcouche
le tissu de la veinede
dehors en dedans.Quand nous
étions assezheureux pour ne
pas crever le vaisseau, les couches divisées s'écartaientun peu
sans laisser saillir sensiblement les couches intactes pressées par l'effortdu
sang.Le mode de
réunionde
cette plaie fut très-simple etne
laissa pasde
traces le quatrième jour.Ces
plaies ne doivent pas toujours être innocentes chezl'homme. Les
casde
phlébite asseznombreux,
aprèsles liga- tures d'artères sans lésion apparentede
la veine, ont été peut-être la suite de la dilacération de la gaine celluleuseou du
froissement des tuniques.Mais comme
la phlébite peutnaître des petites ramifications veineuses, et qu'on en divise toujours
dans une
opération, ilne
faut pas donner, à priori, trop d'importance à ces lésions des paroisde
la veine.- 12 —
S
II.PLAIES PÉNÉTRANTES.
A. Phénomènes physiques.
Les
expérimentations sur lesanimaux
vivants, n'ontpas une
valeur absolue.Leurs
résultats sontsubordonnés
à la plusou moins grande
quantité des éléments musculaires et élastiques qui entrentdans
la compositiondu
tissu veineux;mais nous
n'endevons
pasmoins
tenircompte
des différencesque
Travers a notéesdans
les diverses incisions qu'il prati- quait sur les jugulaires des chevaux. D'autant plusque
lesexpériences sur le cadavreet les observations chirurgicales se trouvent à divers points
de vue dans un
parfait accord avecles résultats obtenus par l'expérimentateur anglais.
Rappe-
lons d'abord
que
les veines doivent être divisées endeux
catégories distinctesquoique
liées par des intermédiaires :Celles qui,
comme
les sinus crâniens, les veines sus-hépa- tiques et les veines utérines, font corps avec l'organe qui lesentoureet les protège, et celles qui, libres
au
milieu des tissus qu'elles parcourent, oumieux
isolées parune
gaîne celluleuse plusou moins
lâche, jouissent d'une contractilité et d'une souplesse qui leur permettentde
revenir sur elles-mêmes,de
s'aplatir
ou de
se froncer suivant la force qui les presse.Ce que nous
allons dire se rapporteraévidemment
à ces dernières.Plaies parinstruments piquants.
— Un
instrument qui seraitassez aigu
pour
traverser les parois des veines en écartant leurs fibres constitutivesne
produirait pas enréalitéune
plaie;mais
c'est làune
lésion idéale et le plus souvent, toujoursmême,
l'instrument le plus piquantne
pénètre qu'en inci- santou
dilacérant les faisceaux qui s'opposent à son passage.— 13 —
Les
plaies par piqûresne
sontdonc que de
petites plaies par incisionou
par contusion... Elles en présentent les carac- tères,mais
àun moindre
degré... Elles ont assez detendance
àse fermer,mais
le jetde sang
qu'elles fournissent est subor- donné,comme dans
toutes les plaies d'ailleurs, à la réplétionde
la veine et à la pressionque
supportent ses parois.Plaies par instrument tranchant,
— Dans
ses expériences sur lesanimaux
vivants. Travers areconnu que
les lèvres d'une plaie longitudinaleou
oblique ne s'écartent pas, oudu moins
s'écartent à peine ;mais
il faut s'entendre sur lavaleurde
cette observation. Ily
a icideux
cas à distinguer:ou
bienl'on interrompt la circulation
dans
les vaisseaux ou bien lesang
continue de couler.Dans
lepremier
cas, la séparation des lèvres est presque nulle;mais dans
le second, elle estopérée par la force
du
courant , et si vouscomprimez
la veinedu
côtédu
cœur, vousparvenez
à avoirun
écartement assez considérable.On
litdans
tous les traités sur la saignée qu'il faut piquerla veine
obliquement ou
transversalement , siTon
veut avoirdu sang
enabondance.
L'expérienceprouve
tous les joursque
cetterecommandation
n'est pas sans importance.Mais
l'explication qu'on a
donnée du
fait enlui-même
n'a pas été toujours exacte.On
a fait tour à tour jouerun
rôle à la contractilitéou
à l'élasticitépure
et simple. Or, il s'agitde
se rappeler la structure des veines ,pour
juger de la valeurde
l'hypothèse.Les
fibres contractiles se rencontrent surtoutdans
le sens transversal ; les faisceaux longitudinaux qui for-ment
lamajeure
partiede
la tunique externe en contiennent à peine. Ils sont surtoutformés de
fibresde
tissu cellu- laire etde
fibres élastiques ;donc
si la plaie transversale devient béante, c'est surtout à l'élasticité qu'elle ledoit, et sil'explication est vraie,
nous devons
aussi retrouver cet écar-tement
sur le cadavre. C'est en effet ce qui arrive; il n'y adonc
là qu'une propriété physique en action.~ u -
Quant aux
fibres musculaires, si elles agissent, elles de- vrontau
contraire écarter les bordsde
la plaie longitudinale, et l'absence d'écartement qu'onremarque même
sur le vivant indiqueque
cette contractiliténe
doit jouerqu'un rôlesecon- daire (1).Du
reste, les expériences sur le cadavrenous
ontdonné
lesmêmes
résultatsque
cellesque nous avons
prati- quées sur lesanimaux
, et en simulant par des injections lecourant sanguin qui traversait les vaisseaux,
nous
lesavons rendues
plus concluantes.Ces phénomènes
physiques diffèrent suivant l'étenduede
l'incision transversale;
quand
ily
a sectionde
plusdu
tiersdu cahbre du
vaisseau, lesbords
s'écartent tellementque
l'ouverture devient presque circulaire. Lorsqu'ily
a sectionde
plus de la moitié, alors les lèvres de la plaie s'écartentde manière
à formerune
pertede
substance en croissant, dontles cornes deviennent
de
plusen
plus allongées àmesure que
l'on
augmente
la section.Quand
la section est complète, lesdeux
bouts se retirent plusou moins
suivant les diverses régions et lesmouve- ments
del'animal.Sur
le cadavre, toutdépend
des adhérencesde
la veine.On
sait qu'en certain point elle est assez inti-mement
unie à l'artère,de
là des variations considérablesdans
cette rétraction.Sur
lesmoignons amputés
, lesphénomènes de
rétractilité sont assez variables ; souvent les veines sontmoins
saillantesque
l'artère qui présente sa lumière béanteau
milieudu paquet
vasculaire qui l'entoure.Mais
on constate le contrairedans
certaines amputationsde
cuisse,dans
le casoù
ily
aune
altération variqueuse, parexemple;
alors la veine semontre
plus saillanteque
l'artère ; c'estdans
ces cas-là,du
reste,
que
ses parois sont épaissies , restent béantes etque
(1) Les conditions de cette contractilité nous sont très-peu connues. Quand
s'exerce-t-ellc? Jusqu'àquelle limite peut-elle être portée?
~ 15 —
Thémorrhagie
peut persister s'il y a au-dessus des altérations valvulaires.Des
plaies contuses.— Les
mille variétésde
la contusions'expliquent fort bien par les différences
de forme
des corps capablesde
la produire ;mais
ily
aau
fond des lésions tou- jours analogues qui se traduisent principalement parune
dé- chirure ou plutôtun écrasement
inégal des tuniquesde
la veine. Cette inégalité n'est pas aussiprononcée que dans
les artères; car il n'y a pas lamême
différence entre la friabilité et l'élasticité des diverses couches quicomposent
le vaisseau.Parmi
ces plaies,nous devons nous
arrêterun
instant sur celles qu'occasionnent lesarmes
à feu , et cellesque
le chirur- gien produit,dans un
but déterminé,au moyen
d'uninstru-ment
nouvellement introduitdans
la pratique parM. Chas-
saignac, l'écraseur linéaire.On
connaît les effets bizarres des plaiesd'armes
à feu, ef- fetsque
l'oncomprend du
reste jusqu'àun
certain point,par
la
forme du
projectile et laforce dont il est animé.Or
les lé- sions des veinesne
font pas exception , et en lisant les obser- vations publiées par les chirurgiens militaires, on voitque
ces effetsne
sont guère susceptibles d'analyse. Tantôtune
ouver- ture assez nette, tantôtune
plaiemâchée
et très-irrégulière;
ailleurs,
une
meurtrissure considérable etune
ouvertureim-
perceptible.
Quant aux
plaies parécrasement
linéaire,nous
reproduisons iciune
noteque M. Chassaignac
a bien voulunous communiquer.
«
Dans
les plaies des veines parécrasement
linéaire, l'ac- colement des parois et leur fusion sont tellement intimes qu'onne
rencontreaucune
trace extérieurede
solutionde
conti-nuité.
»
Pour
retrouver la plaie veineuse,on
est obligé d'ouvrir la veine écrasée ainsi sur sa longueur et de rouvrir la plaiede
l'intérieurdu
vaisseau vers son extrémité coupée.On ne
trouve pas le long filament celluleux qui s'observe après l'é-— 16
-^-crasemenl
des artères.Les
tuniques veineusesne
sont pas coupéesau même
niveau,mais
àpeu de
distance l'unede
l'autre.
Chez l'homme
,je n'ai appliquél'écrasement àaucune
veine plus grosseque
celles qui constituentd'énormes
bour-relets
hémorrhoïdaux
, et celles qui appartiennentau
varico- cèleou
à l'utérus cancéreux. »Des
plaies par arrachement.— Nous avons
arraché desmembres
sur des cadavrespour
étudiercomparativement
lesdéchirures des différents vaisseaux.
Nous
coupions préala-blement
la peau, les muscles et les ligaments,ne
laissant subsisterque
lepaquet
vasculaire et nerveux, et les fibres musculaires les plus voisines.Nos
expériences ont porté sur les diverssegments
desmembres
; voici nos résultats :Dans une
traction portéerapidement
àun
assez haut degré,on
voyait les vaisseaux etles nerfs s'allonger, les fibresmus-
culaires se
rompre;
bientôt l'artère cédait, puis les veines, et enfin les nerfs. L'artère cédait sans serompre complète- ment
; on la voyaitdiminuer
de calibre, puis s'effiler, si tou- tefois les efforts étaient assezménagés pour
laisser distinguer les diverstemps de
l'opération (1).Les
bouts des vaisseaux divisésoffraient des différences essentielles :L'artère présentait à
chaque
extrémitéun prolongement
conique, se terminant en pointe allongéede 3
à 5 centimè- tres ; tuniques interne etmoyenne
coupéesbrusquement, hachées
; c'est la tunique externe allongée qui fournit le pro-longement
filiforme.—
Veines : pasde prolongement
fili-forme;
les trois tuniques coupées àpeu
prèsau même
(1) Diaprés de nouvelles expériencesnous serions porté à penser que ces résul- tats sont assez variables, eu égard du moins à l'ordre de rupture des différents vaisseaux etdes cordons nerveux;mais ce qui nous a semblé constant, c'est la disposition des extrémités artériellesetveineuses. Or c'est là ce qu'il ya d'impor- tant pour rhémorrhagie.
Nousavonsremarqué plusieurs fois queles membranesinterneet moyenne des artèresse coupaient en plusieurs points, tandisqueles veines, plusuniformément extensibles, necédaientque làoùelles devaientserompre.
— 17 —
niveau; l'externe
cependant un peu
allongée et dépassantles
deux
autres de2
à8
millimètres sous l'apparence d'unetoile celluleuse très-légère ; section des tuniques internes parfois assez nettes, le plussouvent dentelée.
Les
veines restaient perméables, bien qu'ily
eût quelque-fois
dans
celles demoyen
calibreun
légerrebroussement
des tuniques vers l'intérieur;mais
jamais cette barrière n'a été suffisantepour
résister à lamoindre
colonnede
liquide.Les
artèresau
contraire étaient solidement obturées, surtoutsi à la traction
on
joignait quelquesmouvements de
torsion.Nous
nenous
arrêterons pasaux
solutionsde
continuité par rupture; le plus souvent ce ne sont pas des plaiesdans
lesens classique
du
mot, et lorsqu'elles sont le résultat d'une cause externe, elles rentrent naturellementdans
la contu- sionou
bien elles ont été préparées parune
altérationde
tissu, qui fait
du traumatisme un
élément secondaire.B.
De
la cicatmation des plaies des veines.Nous
traiterons successivement des plaies sous-cutanéesou non
exposées et des plaies exposées.La
plaie par incision est celleque nous
étudieronscomme
type; c'est la plus fré- quente; c'est celleque Ton
peut presque àvolonté observer surl'homme,
car la plupart des sujetsemportent
aveceux
des tracesde
saignée.Une première
question se présente :par
quoi la plaie est-elle réparée?Par un
caillot qui s'orga- nise?ou
parun plasma
qui s'exsude? question encorepen-
dante,malgré
les progrèsde
l'anatomie pathologique, et qui reparaîtchaque
jour liéeaux
plus vastesproblèmes de
la physiologie.En
présence des assertions contradictoires dont fourmille la science,nous
avons cru devoir faire appel à l'ex-périmentation ;
nous
avons fait nos observations microscopi- ques encommun
avecM.
Charles Robin, etnous sommes
ar- rivés à quelques résultats qui,nous
l'espérons, constitueront2..
-r
— 18 —
d'utiles
données pour
la solutiondu
problème.Les
observa- tions antérieuresmanquaient
d'un critérium, l'analyse micro- scopique; et il est évident aujourd'hui,pour quiconque
a étu- dié lesphénomènes
intimesde
l'histogénie,que
toutes les observations qui datent d'une certaineépoque
n'ontqu'une
valeur limitée. Bien plus l'examen superficielau microscope
peut induire en erreur, et tout ennous
servantde
cet instru-ment, nous avons
étéun moment
partisande
l'opinionque nous
allons combattre.Les
plaies des veinesse réunissent par l'épanchement d'unelymphe
plastique : le caillot n'y estpour
rien, ilne
faitque gêner
la réunion? Telles sont nos propositions ; voici nos preuves :mais
avant d'exposer le résultatde
nosobservations micrographiques,voyons
ceque
l'œilnu
peutnous
montrer.Il
nous
a été facile de suivre sur des bras qui avaient été sai- gnés, les phasesque
présentent les petites plaies veineusesdans
leur cicatrisation.Nous
n'avons pas eu occasion d'exa- miner, ces jours-cidu
moins, des sujets dont la veine eût été ouverte quelques heures avantleurmort
; de sorteque
laphase
initialedela cicatrisation
nous
fait défaut;mais nous
enavons
observéde 3
à4
jours, etjamaisdans
les casles plus récentsnous
n'avons trouvéde
caillot interposé entre les lèvres de la plaie. Ily
avaitdu sang épanché
à l'extérieur,dans
le tissu cellulaire sous-cutané ;mais
l'occlusionde
laveine était par-faite; cet
épanchement
sous-cutanénous
paraît,dans
certains cas, très-long à se résorber;nous
l'avonsrencontré avecune
couleur desang non
altéré sur desmembres
qui paraissaient avoir été saignés déjà depuisun
certain temps, à en jugerdu moins
par la soliditéde
la cicatrice extérieure.Dans
la plu- part des cas la plaie était oblique, lesbords
légèrement écartés réunis parun bouchon
ayant bien quelque rapport avec la fibrine,mais
en différant par des caractères impor^tants
comme
nous le verrons plus tard, toujours décoloré, ordinairement lisse à l'intérieurde
la veine et seconfondant
- 19 —
plus ou
moins
en dehors avec le tissu cellulaire environnant.Peu
àpeu
cebouchon
se délimite, devient plusindépendant
destissusvoisins; loin de s'épaissir, ilsemble
se condenser et s'amincir; il devient parfaitement distinct des tissus voisins, etsemble
extérieurement continuerexactement
les paroisde
la veine ; à l'intérieur il devient poli, lisse
comme
les autres portions des vaisseaux,mais
il estmarqué
parune
petite dé- pression et, en regardant à contre-jour, on le voit bien plus transparentque
les parties qui l'avoisinent.Au
bout d'un certain temps, il paraît rester stationnaire, carnous
en avons trouvéde
parfaitement identiques sur des sujets dont les cicatrices s'étaient formées à plusieurs annéesde
distance.Le sang
circule sousune
pression si faibledans
lesveines, qu'il apeu
de tendance à forcer la résistancede
la cica- trice; chez les chevaux, il seforme au
niveau des plaiesde
la saignée
de
petitesampoules
blanchâtres qui ne sontque
le résultat de la distension des tissus cicatriciels;nous
lesavons
observées aussi quelquefois chezl'homme
;une
fois entre au- tres, surun
individu de50
à60
ans, qui avait sur la veinemédiane une
petiteampoule
bleuâtre grossecomme un
petit pois.Ces
détails font déjà penserque
la veine ne s'obli- tère pas après la saignée ; il estde
faitque nous
n'avons ja-mais
rien trouvé de semblable à ce qu'ontsupposé
certains auteurs.Dans
tous les cas et à toutes les périodes, le calibre était perméable.On
peutdonc
saigner indiff(3remment au- dessusou
au-dessous d'une cicatrice; à sonniveau,on
pour-rait craindre à la rigueur
que
le tissu cicatriciel ne fût pas aussi bien disposé à l'adhésion. Jene veux
pas dire cepen- dantque
les veines ne puissentpas s'oblitérer après certaines saignées,même
sans phlébite suppurative,dans
les cas parexemple ou
plusde
la moitiédu
canal aurait été lésée;mais nous
n'avons pasde
faits quinous
fassent aller plus loinqu'une
hypothèse. Sinous nous
en tenionsaux
expériences_ 20 —
faites sur les
animaux,
cette oblitération arriverait très-rare- ment.M.
Gensoul, qui a expérimenté sur les jugulaires des chevaux, ditque
la veine se rétablit tant qu'il resteun peu de membrane
interne(Communie,
de l'auteur).Voici
maintenant
l'exposédes observationsque nous
avonsfaites avec
M. Ch» Robin
:« Cicatrice récente.
— Le
tissu réunissant lesdeux
lèvresde
la plaie saisi avec des pinces fines s'est détaché tout entier sansque
les bords prissent l'aspect filamenteux.La
traction nécessairepour
l'enlevermontra cependant
qu'il adhérait assezintimement aux
lèvresde
la plaie.»
La
dissociationde
ce fragment, sa réduction en lamellespour
en rendre possible l'examenau
microscope, faisaient reconnaître qu'il n'offrait pasune
texture àproprement
parler filamenteuse.On
voyait déjà qu'il différait de la fibrinepar plus
de
ténacité etune moindre
élasticité.Néanmoins
ces caractères n'étaient pas assez tranchéspour
qu'il fût pos-sible, d'après
eux
seuls,de
formuler si c'était làun
petit caillotou un
tissu cicatricielcommençant que
l'observateur avait sous les yeux.Pour
résoudre cette question,nous fûmes donc
obligésde
porter sous lemicroscope
le tissu ainsi pré- paré.Ce
quinous
frappa d'abord, ce futun
aspectde
sub- stancehomogène
finement granuleuse, déjà assez nettementstriée par places.
Ce
caractère,comme on
le sait, ap- partient aussi à la fibrine lorsque, coagulée depuis long-temps dans
l'économie, elle est en voiede
résorption et a déjàperdu
son aspect fibrillairepour prendre
l'étatde ma-
tière
amorphe
granuleuse.On ne
pouvaits'empêcher
de re-marquer
sur cette cicatriceque
la substanceamorphe
étaitpeu
transparente, les granulations plus fines,moins
foncéeset surtout
moins nombreuses que dans
la fibrine arrivéeau degré de
modificationque nous venons
de signaler.» Bientôt l'emploi des réactifs nécessaires
pour
arriver à déterminerexactement
la constitution intimede
cette sub-_, 21 ~
stance a levé toute espèce de doute touchant sa nature.
Sous
rinfluencede
l'acide acétique, les lamellesdu
tissu segon^
fièrent légèrement en
devenant
pâles et transparentes ; cette réaction constantedans
les blastèmesdevenus
solidesou
demi-solides, est bien celle ausside
la fibrine fibrillaireou devenue amorphe
;mais
icinous vîmes
enmême temps
lesgranulations grisâtres disparaître
complètement ou
àpeu
près, tandis
que dans
la fibrine il en reste toujoursune
plusgrande
quantité.»Mais
ce qui devint plus caractéristique, ce fut la pré- sencedans
toute l'épaisseurde
lamatièreamorphe de noyaux
fibro-plastiques àcontourspâles
mais
régulierssans nucléoles.Invisibles avant l'action
du
réactif,masqués
qu'ils étaient parles granulations de la matièreamorphe,
cesnoyaux
assez régulièrement disposésquant
à la distance qui les séparait les uns des autres, deviennent alors parfaitement évidents et faciles à étudier.Leur
présence et leurs caractèresune
fois bien constatés mettaient hors de doute qu'il n'y avait point làde
la fibrine.On
sait, en effet, et c'est là ce qui la distingue des blastèmes,que
le proprede
cette substanceorganique
est de présenter
un
aspect fibrillaire d'autant plus caracté- ristique et serapprochant
d'autant plus d'une apparente or- ganisation qu'elle est plusrécemment
coagulée. Or, à partirdu moment de
cette coagulation, àmesure
qu'elle séjournedans
l'économie, cet aspect fibrillairediminue,
disparaît enfin.La
fibrine passe alors à l'étatde
matièreamorphe
gra- nuleuse; puis sa résorption
commence
, etune
foiscommen-
cée, elle progresse rapidement. Ainsi
donc
la fibrine partde
l'état fibrillaire
pour
passer graduellement à l'étatamorphe,
tandisque
le propredu
blastème est d'apparaître à l'étatcomplètement homogène, pour
arriver à présenter successi-vement
des granulations , desnoyaux
, des fibres, puis des vaisseaux, etc., etc.»
Nous
avions sous lesyeux une
vérification de plusde
ce" 22 —
faitsicaractéristiqueet si important (1); les
noyaux nombreux que
l'acide avaitmis
en évidencedans
cette substance n'existent jamaisdans
la fibrine àaucune
périodede
son existence." Ils offraient iciune
particularitéqu'on observedans
tous les blastèmes en voie d'organisation; c'est que, autourde
plusieurs d'entreeux
,on
voyaitcomme un
petitamas nuageux
à contoursmal
déterminés, de fines granulations graisseuses, jaunâtres inattaquées par Tacide acétique.»
Quelques amas
analogues s'observaient çàetlàlibresdans
le blastème demi-solide sans être disposés autour d'un noyau.
Ces
faits,nous
le répétons, s'observent telsque nous venons de
les signalerdans
toute cicatrice en voiede
formation , etdans
lesnéo-membranes
des séreusescommençant
à se produire , tantque
des vaisseaux n'y sont pas ramifiés.»
Les
lois de la cicatrisation etdu développement
des élé-ments anatomiques
sont tellement régulières et siconstam- ment
lesmêmes que
des faits précédents, on auraitpu
déjà être autorisé à conclureque,
parune
évolution complète, ilserait résulté de cette substance cicatricielle ainsi constituée
un
tissu définitif, telque
celui dontnous
allonsdonner
la description. Il étaitnéanmoins
nécessairede
compléter nos observations par l'examen des phases consécutives. »« Cicatrices anciennes.
— Dans
cette descriptionnous
sup- posonsconnue
la constitution desmembranes
veineuses; les cicatricesnous
ontmontré
lesmêmes
éléments anatomiques,mais
pourtant avec des différences notablesdans
les propor-tions et
dans
l'arrangement.La membrane
extérieureou
adventice nenous
a rien offert de spécial qu'une plusgrande
minceur. Il nous a été impossiblede
distinguerau
niveaude
la cicatrice
dans
sa partiemoyenne une membrane
à fibres(1) Ces différences entre les blastèmes et les coagulations fibrineuses ont été exposées, ily adéjà quatre ans, par notre savant maître, qui veut bien aujour- d'hui prêter à une partie de nos recherchesl'appui de son expérience etTautorité de son nom. (Voy. Chimie anaU, t. HI, art. Fibrine.)