Table des mati` eres
1 Alg`ebre lin´eaire . Calcul matriciel et d´eterminants . 5
1.1 Espaces vectoriels , applications lin´eaires et matrices . . . 5
1.1.1 Groupes , anneaux et corps . . . 5
1.1.2 Espaces vectoriels , projecteurs et sym´etries vectoriels . . . 10
1.1.3 Familles g´en´eratrices , libres , bases , dimension . . . 16
1.1.4 Matrices d’une application lin´eaire ; rang d’une matrice . . . 22
1.1.5 Espaces affines, vari´et´es affines, applications affines . . . 34
1.2 D´eterminant ; orientation d’un espace vectoriel r´eel . . . 36
1.2.1 Formes n - lin´eaires altern´ees ; d´eterminant d’une famille de vecteurs . . . 36
1.2.2 D´eterminant d’un endomorphisme , d’une matrice carr´ee . . . 39
1.2.3 Calcul des d´eterminants . . . 40
1.2.4 Applications du calcul des d´eterminants . . . 42
1.2.5 Op´erations ´el´ementaires ; pivot de Gauss . . . 47
2 Suites et fonctions : limites et continuit´e. 51 2.1 Espaces vectoriels norm´es. . . 51
2.1.1 Normes et distances. . . 51
2.1.2 Exemples de normes . . . 55
2.1.3 Suites convergentes dans un espace vectoriel norm´e . . . 58
2.2 Espace vectoriel norm´e de dimension finie ; ´el´ements de topologie. . . 62
2.2.1 Suites `a termes dans un K- espace de dimension finie non nulle . . . 63
2.2.2 Relations de comparaison entre suites . . . 63
2.2.3 El´ements de topologie dans unK- espace norm´e de dimension p . . . 66
2.3 Etude locale d’une application d´efinie de A⊂E vers F . . . 70
2.3.1 Limite d’une application en a , point adh´erent `a A . . . 70
2.3.2 Relations de comparaison pour des applications vectorielles . . . 73
2.3.3 Applications continues d´efinies de la partie A de E vers F . . . 78
2.3.4 Applications lin´eaires (resp. bilin´eaires) continues . . . 84
3 Suites et s´eries `a termes dansK. S´eries de fonctions 87 3.1 Suites et s´eries `a termes dans K . . . 87
3.1.1 S´eries convergentes . . . 87
3.1.2 S´eries `a termes positifs . . . 89
3.1.3 S´eries absolument convergentes . . . 94
3.2 S´eries de fonctions `a valeurs dans le corps K . . . 97
3.2.1 Convergences simple et convergence normale . . . 97
3.2.2 Th´eor`eme d’interversion des limites (ou de la double limite) . . . 99
3.2.3 Approximations de fonctions continues par morceaux sur un segment . . . 101
2 TABLE DES MATI `ERES
4 R´eduction des endomorphismes 107
4.1 El´ements propres d’un endomorphisme , d’une matrice carr´ee . . . 107
4.1.1 Sous-espaces stables. Polynˆomes d’un endomorphisme, d’une matrice carr´ee . . . . 107
4.1.2 Valeurs propres , vecteurs propres et espaces propres . . . 109
4.2 R´eduction des endomorphismes et des matrices carr´ees . . . 113
4.2.1 Endomorphismes et matrices carr´ees diagonalisables , trigonlisables . . . 113
4.2.2 Applications de la diagonalisation des endomorphismes et des matrices carr´ees . . 117
5 Calcul diff´erentiel et calcul int´egral 119 5.1 D´erivation et d´eveloppements limit´es d’une fonction vectorielle . . . 119
5.1.1 Fonction de classe Ck sur I , d´eveloppement limit´e d’ordre k de f . . . 119
5.1.2 Rappels relatifs aux applications d´efinies de I vers R . . . 135
5.1.3 Rappels relatifs aux suites r´eelles d´efinies par un+1= f (un) . . . 142
5.1.4 Fonction de classe Ck par morceaux d´efinie de I vers F . . . 144
5.2 Int´egrale d’une fonction vectorielle continue par morceaux sur un segment . . . 145
5.2.1 Int´egrale d’une fonction en escalier sur le segment J = [a , b] . . . 145
5.2.2 Int´egrale d’une fonction continue par morceaux d´efinie sur J . . . 147
5.2.3 Norme de la convergence en moyenne (resp. moy. quadratique) . . . 149
5.3 Lien entre d´erivation et int´egration . . . 151
5.3.1 Primitives , int´egration par parties , par changement de variables . . . 151
5.3.2 In´egalit´e des accroissements finis et formules de Taylor . . . 157
5.3.3 Int´egration et d´erivation de la somme d’une s´erie d’applications . . . 158
5.3.4 Etude de la fonction exponentielle . . . 159
5.3.5 Calcul des valeurs approch´ees d’une int´egrale . . . 163
5.3.6 Int´egrale sur [a , b] de f d´ependant d’un param`etre r´eel . . . 164
5.4 Int´egration sur un intervalle quelconque . . . 168
5.4.1 Int´egrales impropres convergentes . . . 168
5.4.2 Applications continues par morceaux int´egrables sur I . . . 174
5.4.3 Calcul de l’int´egrale d’une application int´egrable sur I . . . 181
5.4.4 Norme de la convergence en moyenne (resp. moy. quadratique) . . . 182
5.5 Int´egrales d´ependant d’un param`etre . . . 183
5.5.1 Th´eor`eme de convergence domin´ee . . . 185
5.5.2 Int´egrale sur I non compact de f d´ependant d’un param`etre r´eel . . . 187
6 Espaces euclidiens et espaces hermitiens 191 6.1 Espaces pr´ehilbertiens r´eels ou complexes . . . 191
6.1.1 Produit scalaire , in´egalit´e de Cauchy - Schwarz . . . 191
6.1.2 Orthogonalit´e . . . 193
6.1.3 Espaces euclidiens et espaces hermitiens . . . 195
6.2 Endomorphismes d’un espace vectoriel euclidien . . . 197
6.2.1 Endomorphismes sym´etriques . . . 197
6.2.2 Le groupe orthogonal de l’espace vectoriel euclidien (E ,|) . . . . 198
6.2.3 R´eduction des endomorphismes sym´etriques . . . 204
7 S´eries enti`eres . S´eries de Fourier 213 7.1 S´eries enti`eres . . . 213
7.1.1 Rayon de convergence d’une s´erie enti`ere . . . 213
7.1.2 Continuit´e , d´erivation et int´egration des s´eries enti`eres de la variable r´eelle . . . . 216
7.1.3 Fonctions d´eveloppables en s´erie enti`ere . . . 217
7.2 S´eries de Fourier . . . 222
7.2.1 Coefficients de Fourier exponentiels (resp. trigonom´etriques) . . . 222
7.2.2 Convergence en moyenne quadratique , (Bessel et Parseval) . . . 226
7.2.3 Convergence simple et normale de la s´erie de Fourier de f . . . 232
7.2.4 Application T - p´eriodique continue par morceaux (o`u T>0) . . . 233
8 Equations diff´erentielles 235 8.1 G´en´eralit´es . . . 235
8.2 Equations diff´erentielles lin´eaires . . . 236
8.2.1 Syst`eme lin´eaire `a coefficients constants . . . 236
8.2.2 Equations diff´erentielles scalaires d’ordre 1 . . . 239
8.2.3 Equations diff´erentielles lin´eaires scalaires d’ordre 2 . . . 242
8.3 Exemples d’´equations diff´erentielles non lin´eaires . . . 244
8.3.1 Equations diff´erentielles `a variables s´epar´ees , (resp. incompl`etes) . . . 245
8.3.2 Equations diff´erentielles homog`enes . . . 246
8.3.3 Syst`emes diff´erentiels autonomes . . . 246
9 Fonctions d´efinies d’un ouvert non vide U inclus dans Rp vers Rn 251 9.1 Calcul diff´erentiel . . . 251
9.1.1 Diff´erentielle de f , de classe C1, d´efinie de U⊂ Rp vers Rn . . . 251
9.1.2 Matrice jacobienne , C1- diff´eomorphisme . . . 257
9.1.3 D´eriv´ees partielles d’ordre k>2 ; th´eor`eme de Schwarz . . . 260
9.1.4 Exemples de changements de variables . . . 264
9.1.5 Application de classe Ck d´efinie de U⊂ Rp vers R . . . 266
9.1.6 Analyse vectorielle . . . 268
9.2 Calcul int´egral : int´egrales multiples . . . 271
9.2.1 D´efinition des int´egrales doubles . . . 271
9.2.2 Calcul des int´egrales doubles . . . 277
9.2.3 Int´egrales triples . . . 279
10 Courbes et surfaces d´efinies dans le plan ou dans l’espace . 281 10.1 Arcs param´etr´es et nappes param´etr´ees . . . 281
10.1.1 Arcs param´etr´es de classe Ck, orientation . . . 281
10.1.2 Etude locale d’un arc d´efini en coordonn´ees cart´esiennes . . . 282
10.1.3 Etude d’un arc plan d´efini en coordonn´ees polaires . . . 287
10.1.4 Etude m´etrique d’un Ck- arc param´etr´e . . . 290
10.1.5 Nappes param´etr´ees de classe Ck . . . 292
10.2 Etudes des courbes et des surfaces d´efinies intrins`equement . . . 296
10.2.1 Point r´egulier d’une courbe plane (surface) d’´equation F (x , y) = 0 (F (x , y , z) = 0) 296 10.2.2 Surfaces cylindriques , surfaces coniques , surfaces de r´evolution . . . 299
10.2.3 Int´egrale curviligne , th´eor`eme de Green - Riemann . . . 302
10.2.4 Calculs d’aires , de volumes , de masses , de centres et de moments d’inertie . . . . 303
4 TABLE DES MATI `ERES
Chapitre 1
Alg` ebre lin´ eaire . Calcul matriciel et d´ eterminants .
1.1 Espaces vectoriels , applications lin´ eaires et matrices .
1.1.1 Groupes , anneaux et corps [rappels de PCSI]
a) Relations binaires et permutations
D´efinition 1 E ´etant un ensemble quelconque, on appellerelation binaire d´efinie sur E tout couple (E , G) o`u G est un sous ensemble de E×E . Les ´el´ements x et y de E sont en relation si et seulement si le couple (x , y) appartient `a G ; on note alors xRy ; G s’appelle le graphede la relation binaire R.
La relation R est :
– r´eflexive si et seulement si ∀x∈E , xRx ;
– antisym´etriquesi et seulement si ∀x , y∈E , (xRy et yRx)⇒x = y ; – transitive si et seulement si ∀x , y , z∈E , (xRy et yRz)⇒xRz .
La relation R est une relation d’ordre si et seulement si elle est r´eflexive, antisym´etrique et tran- sitive.
Remarque 1 La relation R est une relation d’´equivalence si et seulement si elle est r´eflexive, sym´etrique (soit :∀x , y∈E , (xRy=⇒yRx)) et transitive .
D´efinition 2 Si E est un ensemble quelconque , on appellepermutation de E toute bijection de E sur E ; l’ensemble des permutations de E est not´eS(E) .
Si E ={k∈ N, 16k6n} est l’ensemble des entiers compris entre 1 et n , on note [[1 , n]] l’ensemble E , tandis queS(E) est alors not´e Sn.
La permutation σ de E (o`u le cardinal de E est sup´erieur ou ´egal `a 2) est une transposition si et seulement si il existe deux ´el´ements distincts de E not´es a1 et a2 tels que :
i ) ∀x∈E\ {a1, a2}, σ(x) = x ; ii )σ(a1) = a2 et σ(a2) = a1.
Th´eor`eme 1 Le cardinal de Sn est ´egal `a : n ! = Q
16k6n
k . Le sous - ensemble des transpositions de [[1 , n]] admet n (n - 1)
2 pour cardinal .
6 CHAPITRE 1. ALG `EBRE LIN ´EAIRE . CALCUL MATRICIEL ET D ´ETERMINANTS . b) Structures ´el´ementaires
D´efinition 3 On appelle groupe tout ensemble G muni d’une loi , not´ee . , v´erifiant :
(G1) . est une loi de composition interne: ∀x , y∈G , x . y∈G , on dit aussi que G est stable par la loi .(ou que G est . - stable) ;
(G2) . est associative: ∀x , y , z∈G , (x . y) . z = x . (y . z) ;
(G3) (G , . ) admet un´el´ement neutre: ∃e∈G , ∀x∈G , x . e = e . x = x ; (G4) tout ´el´ement de G poss`ede un sym´etrique:
∀x∈G , ∃x ’∈G , x . x ’ = x ’ . x = e ; on dit alors que (G , . ) est sym´etris´e. Si (G , . ) v´erifie de plus :
(G5) . est commutative: ∀x , y∈G , x . y = y . x , on dit que (G , . ) est un groupe commutatif (ougroupe ab´elien) .
Les ´el´ements x et y d’un groupe (G , . ) commutent si et seulement si ils v´erifient : x . y = y . x . x ´etant un ´el´ement du groupe (G , + ) d’´el´ement neutre 0 et n ´etant un entier relatif , le n`eme it´er´e de x est l’´el´ement n x d´efini par r´ecurrence comme suit :
0 x = 0 et ∀n∈ N* , (n x = (n - 1) x + x) et ((- n) x = - (n x)) ; lorsque la loi est not´ee multiplicativement , le n`eme it`er`e de x est not´e xn.
Remarque 2 La popri´et´e iii ) prouve qu’un groupe n’est jamais vide . On note fr´equemment + la loi du groupe G lorsque celui - ci est ab´elien .
On note (G , . ) le groupe G lorsqu’il peut y avoir ambigu¨ıt´e concernant la loi du groupe . Le cardinal d’un ensemble E est not´e card (E) ou # E .
Propri´et´e1 Si E est un ensemble quelconque , l’ensemble S(E) des permutations de E est muni d’une structure de groupe par la loi de composition des applications , not´ee◦; ce groupe est ab´elien si et seulement si le cardinal de E est inf´erieur ou ´egal `a 2 .
D´efinition 4 On appelle anneautout ensemble A muni de deux lois not´ees + et× v´erifiant : (A1) (A , + ) est un groupe ab´elien dont l’´el´ement neutre sera not´e 0 ;
(A2) × est une loi de composition interne : ∀x , y∈A , x×y∈A , c’est - `a - dire que A est stable par la loi ×(ou ×- stable) ;
(A3)× est associative : ∀x , y , z∈A , (x×y)×z = x×(y×z) ; (A4) la loi× estdistributive par rapport `a la loi + :
∀x , y , z∈A , (x + y)×z = x×z + y×z et z×(x + y) = z×x + z×y ; (A5) (A ,×) admet un ´el´ement neutre : ∃e∈A , ∀x∈A , x×e = e×x = x .
Si (A , + ,×) v´erifie de plus :
(A6)×est commutative : ∀x , y∈A , x×y = y×x , on dit que (A , + ,×) est unanneau commu- tatif(ou anneau ab´elien) ;
Si (A , + ,×) est un anneau ab´elien non r´eduit `a {0} v´erifiant de plus : (A7) tout ´el´ement non nul admet un sym´etrique pour la loi×, soit :
∀x∈A\ {0}, ∃x ’∈A , x×x ’ = e , on dit que (A,+,×) est un corps.
Remarque 3 Dans un anneau , on omet fr´equemment le symbole ×, ainsi x×y est not´e x y ; de mˆeme , l’´el´ement neutre multiplicatif est fr´equemment not´e 1 .
De mani`ere plus pr´ecise , la loi×est distributive `a gauche par rapport `a la loi + si et seulement si :∀x , y , z∈A , z×(x + y) = z×x + z×y ; elle est distributive `a droite si et seulement si :∀x , y , z∈A , (x + y)×z = x×z + y×z ; l’´el´ement non nul x poss`ede un sym´etrique `a gauche si et seulement si : ∃x ’∈A , x ’×x = e , il poss`ede un sym´etrique `a droite si et seulement si: ∃x ’∈A , x×x ’ = e .
{0} est muni d’une structure d’anneau ´evidente ; certains auteurs imposent que les ´el´ements neutres additif et multiplicatif soient diff´erents , excluant ainsi ce cas particulier .
On constate ais´ement que (A , + ,×) est un corps si et seulement si (A , +) est un groupe ab´elien d’´el´ement neutre 0 , (A\{0},×) est un groupe ab´elien et ×est distributive par rapport `a + .
D´efinition 5 L’´el´ement x de l’anneau (A , + ,×) est une unit´e (ou un ´el´ement inversible) si et seulement si : ∃x ’∈A , x×x ’ = x ’×x = e ; l’ensemble des unit´es de A est not´eU(A) .
α est un´el´ement absorbant dans l’anneau (A , + ,×) si et seulement si :
∀x∈A , x×α=α×x =α.
L’´el´ement x de l’anneau (A , + ,×) est un ´el´ement nilpotent si et seulement si :∃n∈ N* , xn= 0 ; le plus petit exposant non nul v´erifiant cette ´egalit´e s’appelle l’indice de nilpotence de x .
x , ´el´ement de l’anneau (A , + ,×) est involutifsi et seulement si : x×x = e . x , ´el´ement de l’anneau (A , + ,×) est idempotent si et seulement si : x×x = x .
L’anneau (A , + ,×) est int`egre si et seulement si (A , + ,×) est un anneau ab´elien distinct de {0}
v´erifiant : ∀x , y∈A , x y = 0⇒x = 0 ou y =0 .
L’´el´ement x de l’anneau (A , + ,×) est r´egulier `a gauche (ou simplifiable `a gauche) si et seule- ment si :∀y , z∈A , x y = x z⇒y = z ; x estr´egulier `a droite(ousimplifiable `a droite) si et seulement si :∀y , z∈A , y x = z x⇒y = z ; x estr´egulier(ousimplifiable) si et seulement si il est r´egulier `a gauche et `a droite .
On appelle centre de l’anneau (A , + ,×) , l’ensemble not´e Z (A) des ´el´ements de A qui commutent avec tous les ´el´ements de A , c’est - `a - dire que :
Z (A) ={x∈A , ∀a∈A , x×a = a×x}.
Remarque 4 L’anneau (A , + ,×) est donc un corps si et seulement si c’est un anneau ab´elien v´erifiant U(A) = A\ {0}.
Dans l’anneau (A , + ,×) , 0 est le seul ´el´ement nilpotent d’indice 1 .
Dans un ensemble muni d’une loi de composition interne, l’it´er´e d’ordre 0 est toujours , par convention , l’´el´ement neutre, ainsi , dansP(X) , on a :
i∈∩∅Ai= X et ∪
i∈∅Ai=Ø. Th´eor`eme 2 R`egles de calcul
Dans le groupe (G , .) , on a : ∀a , b∈G ,
∃! xd, a . xd = b
∃! xg, xg. a = b .
∀a , b , c∈G , (a . b = a . c=⇒b = c) et (b . a = c . a=⇒b = c) . Dans l’anneau (A , + ,×) , on a :
∀x , y∈A , (- x) y = x (- y) = - x y et ∀n∈ Z, n (x y) = (n x) y = x (n y) .
∀x , y∈A ,∀n∈ N* , xn- yn= P
06k6n-1
xk(x - y) yn-k-1 ;
si de plus , x et y commutent (entre autres , si (A , + ,×) est ab´elien) on a :
∀x , y∈A , x y = y x⇒ ∀n∈ N* , xn- yn= (x - y) (xn-1+. . .+ xkyn-k-1+. . .+ yn-1) ; donc :
∀x∈A , ∀n∈ N* , 1 - xn= (1 - x) P
06k6n-1
xk (o`u 1 est l’´el´ement neutre multiplicatif de (A , + ,×)) .
Formule du binˆome de Newton : dans l’anneau (A , + ,×) , on v´erifie :
II 4 !
∀x , y∈A , x y = y x⇒ ∀n∈ N, (x + y)n= X
06k6n
n !
k ! (n-k) !xkyn-k ; on note :
n k
=
C
kn=k ! (n-k) !n ! .Dans l’anneau (A , + ,×) , l’ensemble U(A) des ´el´ements inversibles est muni d’une structure de groupe par la loi ×.
8 CHAPITRE 1. ALG `EBRE LIN ´EAIRE . CALCUL MATRICIEL ET D ´ETERMINANTS . D´emonstration de l’un des r´esultats du th´eor`eme :
Prouvons que (U(A) ,×) est un groupe :
∗ U(A) est stable par la loi ×car si x et y sont deux unit´es , leur produit est inversible , en effet : si x x ’ = x ’ x = 1 et y y ’ = y ’ y = 1 , alors :
(x y) (y ’ x ’) = x (y y ’) x ’ = x x ’ = 1 et (y ’ x ’) (x y) = y ’ (x ’ x) y = y ’ y = 1 ;
∗ l’associativit´e ´etant v´erifi´ee dans A , elle l’est a fortiori dansU(A) ;
∗ de mˆeme 1 , ´el´ement deU(A) est neutre dans A donc a fortiori dans l’ensembleU(A) ;
∗ si x est un ´el´ement de U(A) , son inverse dans A , not´e x ’ , appartient `a U(A) car x ’ x = x x ’ = 1 prouve que x ’ est inversible , son inverse n’´etant autre que x .
D´efinition 6 Les entiers n
k
=
C
kn= n !k ! (n-k) !s’appellent les coefficients binomiaux.
Si (X ,∗) est un ensemble muni d’une loi de composition interne , la partie X’ de X eststable par la loi∗ si et seulement si : ∀x , y∈X’ , x∗y∈X’ ; l’application ((x , y)7→x∗y) ainsi d´efinie de X’×X’ vers X’ est la loi induite par∗ dans X’ .
(G , . ) ´etant un groupe , la partie G ’ de G en est un sous - groupe si et seulement si : (SG1) G ’ est stable par la loi . , soit : ∀x , y∈G ’ , x . y∈G ’ ,
(SG2) (G ’, . ) est un groupe (ici la loi not´ee . est la loi induite dans G ’ ) , entre autres G ’6=Ø. Si (A , + ,×) est un anneau , la partie A’ de A est un sous - anneaude A si et seulement si : (SA1) A’ est stable par les lois + et ×, soit :
∀x , y∈A’ , x + y∈A’ et x×y∈A’ ,
(SA2) l’´el´ement neutre multiplicatif eA appartient `a A’ , entre autres A ’6=Ø ;
(SA3) (A’ , + ,×) est un anneau (ici les lois not´ees + et× sont les lois induites dans A’ ) . Si (C , + ,×) est un corps , la partie C ’ de C est unsous - corps de C si et seulement si : (SC1) C ’ est stable par les lois + et ×, soit :
∀x , y∈C ’ , x + y∈C ’ et x×y∈C ’ ,
(SC2) (C ’ , + ,×) est un corps (ici les lois not´ees + et × sont les lois induites dans C ’ ) , entre autres C ’6=Ø .
Th´eor`eme 3 La partie G ’ de G est un sous - groupe de (G , . ) si et seulement si : i ) G ’6=Ø ; ii )∀x , y∈G ’ , x . y∈G ’ et iii ) ∀x∈G ’ , x- 1 ∈G ’ .
La partie G ’ de G est un sous - groupe de (G , . ) si et seulement si : i ) G ’6=Ø ; iv ) ∀x , y∈G ’ , x . y- 1 ∈G ’ .
II
La partie A’ de A est un sous - anneau de (A , + ,×) si et seulement si : i ) eA ∈A’ et ii ) ∀x , y∈A ’ , x - y∈A’ et x×y∈A’ .
La partie C ’ de C est un sous - corps de (C , + ,×) si et seulement si :
i ) eC ∈C ’ ; ii ) ∀x , y∈C ’ , x - y∈C ’ et iii ) ∀x , y∈C ’\ {0}, x×y- 1 ∈C ’ . Si (Gj)j∈J est une famille de sous - groupes du groupe (G , . ) , alors : T
j∈J
Gj est un sous - groupe de (G , . ) ; de mˆeme , si (Aj)j∈J est une famille de sous - anneaux de l’anneau (A , + ,×) , alors : T
j∈J
Aj est un sous - anneau de (A , + ,T ×) et si (Cj)j∈J est une famille de sous - corps du corps (C , + ,×) , alors :
j∈J
Cj est un sous - corps de (C , + ,×) .
Si G1 et G2 sont deux sous - groupes du groupe (G , . ) , G1∪G2 est un sous - groupe de G si et seule- ment si G1 ⊆G2 ou G2 ⊆G1, il en est de mˆeme lorsque l’on consid`ere des sous - anneaux ou des sous - corps .
Si G1 et G2 sont deux sous - groupes du groupe commutatif (G , + ) , l’ensemble G1+ G2={x∈G ,
∃(x1, x2)∈G1×G2, x = x1+ x2} est un sous - groupe de (G , +) .
D´emonstration de l’un des r´esultats du th´eor`eme :
Montrons que A’ est un sous - anneau de (A , + ,×) si et seulement si : i ) eA ∈A’ et ii )∀x , y∈A ’ , x - y∈A’ et x×y∈A’ :
∗ implication directe: c’est une cons´equence imm´ediate des d´efinitions ;
∗ implication r´eciproque: A’ ´etant non vide puisqu’il contient eAet v´erifiant∀x , y∈A ’ , x - y∈A’ , le r´esultat pr´ec´edent prouve que A’ est un sous - groupe de (A , + ) ; A’ est stable par la loi×grˆace `a ii ) , la loi ´etant associative et distributive par rapport `a l’addition dans A , elle l’est a fortiori dans A’ ; de mˆeme eA´etant neutre dans A et appartenant `a A’ , eA est a fortiori neutre dans A’ . Le r´esultat relatif aux sous - corps s’en d´eduit .
Remarque 5 Ci - dessus , (G ’6=Ø) peut ˆetre remplac´e par : (eG∈G ’) .
D´efinition 7 G1 et G2 ´etant deux sous - groupes du groupe commutatif (G , +) , l’ensemble : G1+ G2={x∈G , ∃(x1, x2)∈G1×G2, x = x1+ x2}
s’appelle lasomme de deux sous - groupes G1 et G2 .
D`es que E est un ensemble muni d’une loi de composition interne not´ee∗, si A et B sont deux parties de E , on d´efinit :
A∗B ={x∈E , ∃a∈A , ∃b∈B , x = a∗b}.
X ´etant une partie du groupe (G , . ) , on appelle sous - groupe engendr´e par X le plus petit (pour l’inclusion) sous - groupe contenant X , c’est l’intersection des sous - groupes de (G , . ) contenant X ; on dit alors que X est unepartie g´en´eratrice de ce sous - groupe que l’on note gr (X) ou <X>. On d´efinit de mˆeme lesous - anneau engendr´e parla partie X de l’anneau (A , + ,×) et lesous - corps engendr´e parla partie X du corps (C , + ,×) .
Propri´et´e2 G1+ G2 est le sous - groupe de (G , +) engendr´e par G1∪G2. Sn est engendr´e par les transpositions de [[1 , n]] .
D´emonstration du deuxi`eme r´esultat de cette propri´et´e :
Pour ´etablir queSnest engendr´e par les transpositions de [[1 , n]] , on va prouver que toute permutation σ de [[1 , n]] est la compos´ee de transpositions de [[1 , n]] en raisonnant par r´ecurrence sur le cardinal p de l’ensemble des ´el´ements de [[1 , n]] qui ne sont pas invariants parσ.
Hr(p) : “ si card{k∈[[1 , n]] , σ(k)6= k}= p , alors σ est la compos´ee de transpositions ” est v´erifi´ee pour p = 0 , p = 1 et p = 2 car pour p = 0 , σ= id , il n’existe pas de permutation telle qu’un seul ´el´ement ne soit pas invariant et pour p = 2 ,σ est une transposition .
Etablissons que [Hr(0) et Hr(1) et . . . Hr(p)]⇒ Hr(p+1) : soit donc σ une permutation de [[1 , n]]
telle que le nombre d’´el´ements de [[1 , n]] distincts de leur image parσ soit ´egal `a p + 1 , notons a l’un des
´el´ements tels que σ(a)6= a , soit b =σ(a) et τ1 la transposition qui ´echange a et b , alors s =τ1 ◦ σ est une permutation de [[1 , n]] telle qu’au plus p ´el´ements ne sont pas invariants (car s (a) = a et siσ(c) = c , alorsτ1(c) = c car c∈ {a , b}) , ainsi s =/ τ2 ◦τ3 ◦. . . ◦ τlet donc σ=τ1 ◦ τ2 ◦τ3 ◦. . . ◦ τlest bien une compos´ee de transpositions . Remarquons que l’on constate ais´ement que si card{k∈[[1 , n]] ,σ(k)6= k}= p il est possible de choisirl 6p - 1 de telle sorte queσ=τ1 ◦ τ2 ◦ τ3 ◦ . . . ◦ τl.
c) Morphismes
D´efinition 8 Si (G , . ) et (G ’ ,∗) sont deux groupes , l’application f d´efinie de G vers G ’ est un homomorphisme de groupes si et seulement si :
∀x , y∈G , f (x . y) = f (x)∗f (y) ; si f est bijective , f s’appelle un isomorphisme de groupes; dans le cas particulier o`u (G , . ) = (G ’ ,∗) , f est respectivement appel´e un endomorphisme de groupes et un automorphisme de groupes.
10 CHAPITRE 1. ALG `EBRE LIN ´EAIRE . CALCUL MATRICIEL ET D ´ETERMINANTS . Propri´et´e3 La compos´ee de deux homomorphismes est un homomorphisme ; la r´eciproque d’un isomorphisme est un isomorphisme ; on en d´eduit que la compos´ee de deux isomorphismes est un iso- morphisme , que la compos´ee de deux endomorphismes est un endomorphisme , que la compos´ee de deux automorphismes est un automorphisme , que la r´eciproque d’un automorphisme est un automorphisme , ainsi l’ensemble des automorphismes d’un groupe est un sous - groupe de l’ensemble de ses permutations . L’applicationεd´efinie du groupe (Sn,◦) des permutations de [[1 , n]] vers le groupe ({-1 , 1},×) par :
∀σ ∈ Sn, ε(σ) = Q
16i<j6n
σ(j) -σ(i)
j - i est un homorphisme . Hors
programme
D´emonstration du dernier r´esultat (hors programme) de la propri´et´e :
∗ ε d´efinie par : ∀σ ∈ Sn, ε(σ) = Q
16i<j6n
σ(j) -σ(i)
j - i est bien une application de Sn vers {-1 , 1}
car σ ´etant une bijection de [[1 , n]] sur [[1 , n]] , les n (n - 1)
2 termes intervenant dans le produit Q
16i<j6n
(σ(j) -σ(i)) sont les mˆemes , au signe pr`es , que les termes du produit Q
16i<j6n
(j - i) , le quotient de ces deux produits Q
16i<j6n
σ(j) -σ(i)
j - i est donc ´egal `a 1 ou `a - 1 .
∗ V´erifions queεest un homomorphisme : soitσ etσ’ deux permutations de [[1 , n]] , alors : ε(σ ◦ σ’) = Q
16i<j6n
σ ◦ σ’ (j) -σ ◦ σ’ (i)
j - i = Q
16i<j6n
σ ◦ σ’ (j) -σ ◦ σ’ (i)
σ’ (j) -σ’ (i) × σ’ (j) -σ’ (i) j - i
= Q
16i<j6n
σ ◦ σ’ (j) -σ ◦ σ’ (i)
σ’ (j) -σ’ (i) × Q
16i<j6n
σ’ (j) -σ’ (i)
j - i = Q
16i<j6n
σ(j) -σ(i)
j - i × Q
16i<j6n
σ’ (j) -σ’ (i) j - i carσ’ est une bijection de [[1 , n]] sur [[1 , n]] et si i et j sont des indices distincts ,σ(j) -σ(i)
j - i =σ(i) -σ(j) i - j ; on a bien prouv´e que∀σ,σ’∈ Sn,ε(σ ◦ σ’) =ε(σ’)ε(σ) .
D´efinition 9 Si f est un homomorphisme de G vers G ’ , on appelleimagede f , l’ensemble Im (f) = f (G) , image de l’ensemble de d´epart ; on appellenoyaude f , l’ensemble Ker (f) = f-1({0G ’}) , image r´eciproque du singleton r´eduit `a l’´el´ement neutre de G ’ .
Propri´et´e4 L’homomorphisme f de G vers G ’ est surjectif si et seulement si Im (f) = G ’ ; il est injectif si et seulement si Ker (f) ={eG}.
1.1.2 Espaces vectoriels , projecteurs et sym´etries vectoriels a) Espaces vectoriels et sous - espaces vectoriels .
D´efinition 10 Si E est un ensemble etKun corps , on appelleloi de composition externed´efinie sur E `adomaine d’op´erateurs K toute application deK×E vers E .
L’ensemble E muni de la loi de composition interne not´ee + et de la loi de composition externe `a domaine d’op´erateurK not´ee . est un K- espace vectorielsi et seulement si :
(EV1) (E,+ ) est un groupe ab´elien , son ´el´ement neutre sera not´e 0E(ou 0 s’il n’y a pas d’ambigu¨ıt´e);
(EV2) la loi . est distributive par rapport `a la loi + , soit :
∀α ∈ K, ∀x , y∈E , α. (x + y) =α. x +α. y ;
(EV3) la loi . est pseudo - distributive (les additions sont diff´erentes) , soit :
∀α,β ∈ K,∀x∈E , (α+β) . x =α. x +β. x ;
(EV4) la loi . est pseudo - associative (les multiplications sont diff´erentes) , soit :
∀α,β ∈ K,∀x∈E , α. (β. x) = (α × β) . x ;
(EV5) 1 est pseudo - neutre (la loi n’est pas interne) , soit :∀x∈E , 1 . x = x .
Les ´el´ements de E sont appel´es lesvecteurstandis que ceux deKsont lesscalaires; si x et y sont deux vecteurs , tout vecteur α. x +β. y (o`u α et β sont deux scalaires) s’appelle une combinaison lin´eaire des vecteurs x et y et de mani`ere plus g´en´erale , si (xk)k∈K est une famille de vecteurs de l’espace vectoriel (E , + , . ) , on appelle combinaison lin´eaire des vecteurs xk tout vecteur P
k∈K
αkxk o`u les scalaires αk sont nuls sauf un nombre fini d’entre eux .
(E , + , . ) ´etant un K- espace vectoriel , la partie E ’ de E en est un sous - espace vectoriel si et seulement si :
(SEV1) E ’ est stable par les lois + et . ;
(SEV2) (E ’ , + , . ) est unK- espace vectoriel (les lois not´ees + et . ´etant ici les lois induites) . Si (E , + , . ) et (F , + , . ) sont deux K- espaces vectoriels , on appelle application lin´eaire (ou ho- momorphisme lin´eaire ouhomomorphisme vectoriel) de E vers F toute application u d´efinie de E vers F et v´erifiant :
∀x , y∈E , ∀λ ∈ K, u (x + y) = u (x) + u (y) et u (λ. x) =λ. u (x) .
L’ensemble des applications lin´eaires d´efinies de (E , + , . ) vers (F , + , . ) est not´e L (E , F) ; lorsque F =K, u s’appelle uneforme lin´eaire, l’ensemble des formes lin´eaires d´efinies sur E est not´e E* = L (E ,K) et s’appelle le dual alg´ebrique de E ; on d´efinit comme pr´ec´edemment lesisomorphismes vectoriels (u ´etant alors bijective) , lesendomorphismes vectoriels (ici (E , + , . ) = (F , + , . )) et lesautomor- phismes vectoriels (ici u est simultan´ement un isomorphisme et un endomorphisme) , l’ensemble des automorphismes vectoriels de (E , + , . ) est not´e GL (E) .
Th´eor`eme 4 Si (Ei)i∈I est une famille de K- espaces vectoriels , le produit cart´esien E =Q
i∈I
Ei est muni d’une structure deK- espace vectoriel par les lois produits d´efinies par :
∀λ ∈ K, ∀x , y∈E , x = (xi)i∈I et y = (yi)i∈I ⇒x + y = (xi+ yi)i∈I et λ. x = (λ. xi)i∈I.
On en d´eduit que (Kn, + , . ) est un L- espace vectoriel pour tout entier strictement positif n et pour tout sous - corpsLdeKet plus g´en´eralement , si X est un ensemble non vide quelconque et E unK- espace vectoriel , alors (EX, + , . ) est unK- espace vectoriel .
(E , + , . ) ´etant un K- espace vectoriel , la partie E ’ de E en est un sous - espace vectoriel si et seule-
ment si : i ) E ’6=Ø et ii ) ∀x , y∈E ’ , ∀λ ∈ K, λx + y∈E ’ ;
II 4 !
la propri´et´e ii ) pr´ec´edente peut ˆetre remplac´ee par : “ toute combinaison lin´eaire de vecteurs de E ’ appartient `a E ’ ” ou par “∀x , y∈E ’ , ∀λ,µ ∈ K, λx +µy∈E ’ ”;
Si (Ei’)i∈I est une famille de sous - espaces vectoriels duK- espace vectoriel (E , + , . ) leur intersection
II
E ’ = T
i∈I
Ei’ est un sous espace vectoriel de E .
Remarque 6 Lorsqu’il n’y a pas d’ambigu¨ıt´e possible , on omet le signe . pour une multiplication externe , ainsiλ. x est fr´equemment not´e : λx .
On v´erifie ais´ement que dans un K- espace vectoriel (E , + , . ) , on a :
∀λ,µ∈K,∀x , y∈E , (λx = 0E⇐⇒λ= 0K ou x = 0E) ; (λ-µ) x =λx -µx etλ(x - y) =λx -λy .
∀λ∈K,∀(xi)16i6n∈En, P
16i6n
(λxi) =λ P
16i6n
xi.
∀(λi)16i6n∈Kn,∀x∈E , P
16i6n
(λix) = ( P
16i6n
λi) x
∀(xij)16i6n et16j6p∈Enp, P
16i6n
( P
16j6p
xij) = P
16j6p
( P
16i6n
xij)
Il ne faut pas omettre de pr´eciser le corps consid´er´e lorsqu’on ´etudie la lin´earit´e d’une application , ainsi , par exemple , (z7−→z ) est une applicationR- lin´eaire deCvers Cmais elle n’est pasC- lin´eaire .
4 !
L’ensemble E muni des lois de composition internes not´ees + et × et de la loi de composition externe surK not´ee . est uneK- alg`ebre si et seulement si :
(E , + , .) est unK- espace vectoriel; (E , + ,×) est un anneau;
∀λ∈K,∀x , y∈E , λ. (x×y) = (λ. x)×y = x×(λ. y) .
12 CHAPITRE 1. ALG `EBRE LIN ´EAIRE . CALCUL MATRICIEL ET D ´ETERMINANTS . D´efinition 11 Si (Ei)i∈I est une famille deK- espaces vectoriels , E = Q
i∈I
Ei s’appelle l’espace vec- toriel produit des espaces Ei.
A ´etant une partie du K- espace vectoriel (E , + , . ) , on appelle sous - espace vectoriel de E en- gendr´e par A l’intersection des sous - espaces vectoriels de E qui contiennent A , on le note Vect (A) .
Th´eor`eme 5 Vect (A) est l’ensemble des combinaisons lin´eaires des ´el´ements de A ; en particulier , si E1 et E2 sont deux sous - espaces vectoriels de (E , + , . ) ,
Vect(E1 ∪ E2)={x∈E ,∃x1 ∈E1, ∃x2 ∈E2, x = x1+ x2}= E1+ E2
et plus g´en´eralement , si (Ei)16i6p est une famille finie de sous - espaces vectoriels de (E , + , . ) ,
Vect S
16i6p
Ei
!
={x∈E,∀i∈[[1 , p]] ,∃xi ∈Ei, x = P
16i6p
xi}= P
16i6p
Ei.
Si (xi)i∈I est une famille de vecteurs du K- espace vectoriel (E , + , . ) , l’ensemble Vect ({xi}i∈I) est
II II
l’ensemble des combinaisons lin´eaires des vecteurs xi, cet ensemble est donc un sous - espace vectoriel de (E , + , . ) .
Si (Ei)16i6p est une famille de p sous - espaces de (E , + , . ) , l’application u :
Q
16i6p
Ei −→ P
16i6p
Ei (xi)16i6p 7−→ P
16i6p
xi est lin´eaire et surjective ; les propri´et´es suivantes sont ´equivalentes :
i ) u est injective , ii ) ∀(xi)16i6p ∈ Q
16i6p
Ei, P
16i6p
xi= 0⇒ ∀i∈[[1 , p]] , xi= 0 , iii )∀i∈[[1 , p]] , Ei ∩ P
16j6p et j6=i
Ej)
!
={0}, iv ) ∀i∈[[2 , p]] , Ei ∩ P
16j6i-1
Ej
!
={0}.
D´efinition 12 Si (Ei)16i6p est une famille finie de sous - espaces vectoriels du K- espace vectoriel (E , + , . ) , on appelle somme des sous - espaces vectoriels Ei l’espace vectoriel not´e P
16i6p
Eidont les ´el´ements sont les sommes de vecteurs appartenant respectivement `a ces sous - espaces Ei.
Cette somme est une somme directe si et seulement si :
∀(xi)16i6p ∈ Q
16i6p
Ei, ∀(yi)16i6p ∈ Q
16i6p
Ei, P
16i6p
xi= P
16i6p
yi ⇒ ∀i∈[[1 , p]] , xi= yi; la somme des sous - espaces vectoriels Ei est alors not´ee L
16i6p
Ei (on dit aussi dans ce cas que les sous - espaces vectoriels Ei sontlin´eairement ind´ependants) .
Les deux sous - espaces vectoriels E1et E2 duK- espace vectoriel (E , + , . ) sontsuppl´ementairessi et seulement si E1 L
E2= E , ce qui signifie que :
II II
E1∩E2={0} et E1+ E2= E .
Propri´et´e5 Si A et B sont deux parties du K- espace vectoriel (E , + , . ) , on a :
∗ A⊂B=⇒Vect A⊂Vect B ;
∗ A = Vect A si et seulement si A est un sous - espace vectoriel de E (entre autres , Vect (Vect A) = Vect A) . Si E1, E2 et E3 sont trois sous - espaces vectoriels duK- espace vectoriel (E , + , . ) , on obtient :
∗ E1∩E2= E2∩E1;
∗ (E1∩E2)∩E3= E1∩(E2∩E3) ;
∗ E1∩E2= E1 ⇐⇒E1 ⊂E2 donc : E1∩ {0}={0} et E1∩E1= E1∩E = E1;
∗ E1+ E2= E2+ E1;
∗ (E1+ E2) + E3= E1+ (E2+ E3) ;
∗ E1+ E2= E2 ⇐⇒E1 ⊂E2 donc E1+ E = E et E1+ E1= E1+{0}= E1;
∗ (E1∩E3) + (E2∩E3)⊂(E1+ E2)∩E3;
∗ E1+ (E2∩E3)⊂(E1+ E2)∩(E1+ E3) .
4 !
Lorsque E1, E2 et E3 sont en somme directe , on obtient :
∗ E1 L
E2= E2 L E1;
∗ (E1 L E2)L
E3= E1 L
(E2 L E3) .
Remarque 7 A l’exception des sous - espaces vectoriels E et{0}, tout sous - espace vectoriel E’ duK- espace vectoriel (E , + , . ) admet plusieurs suppl´ementaires ; le compl´ementaire du sous - espace vectoriel E ’ n’´etant jamais un espace vectoriel (il ne contient pas 0) , on ne confondra pas le compl´ementaire et un suppl´ementaire de E ’ .L
4 !
n’est pas une loi de composition interne dans l’ensemble des sous - espaces vectoriels de E tandis que + et
∩sont deux lois de composition internes dans cet ensemble.
Une intersection de sous - espaces vectoriels n’est jamais vide .
4 !4 !
Si E1, E2 et E3 sont trois sous - espaces vectoriels du K- espace vectoriel (E , + , . ) v´erifiant : ∀i , j∈[[1 , 3]] ,
Ei∩Ej={0}, la somme des sous-espaces Ei (o`u 16i63) n’est pas obligatoirement directe ; de mˆeme l’inclusion
4 !4 !
(E1∩E3) + (E2∩E3)⊂(E1+ E2)∩E3 peut ne pas ˆetre une ´egalit´e . Vect (Ø) ={0}.
b) Applications lin´eaires .
Th´eor`eme 6 L’application u d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) est lin´eaire si et seulement si elle v´erifie :
∀x , y∈E , ∀λ ∈ K, u (λx + y ) =λu (x) + u (y) ;
II II
cette derni`ere propri´et´e pouvant ˆetre remplac´ee par :
∀x , y∈E ,∀λ,µ ∈ K, u (λx +µy ) =λu (x) +µu (y) ,
ou encore par : “ l’image par u de toute combinaison lin´eaire de vecteurs de E est la combinaison lin´eaire , avec les mˆemes coefficients , des images par u de ces vecteurs ” .
La compos´ee de deux applications lin´eaires est une application lin´eaire ; la r´eciproque d’un isomor- phisme vectoriel est un isomorphisme vectoriel ; on en d´eduit des r´esultats similaires relatifs aux endo- morphismes et automorphismes du K- espace vectoriel (E , + , . ) .
(E , + , . ) et (F , + , . ) ´etant deuxK- espaces vectoriels , (L (E , F) , + , . ) est un sous - espace vectoriel du K- espace vectoriel FE des applications d´efinies de E vers F .
Si E n’est pas ´egal `a {0}, (L (E) , + ,◦) est un anneau v´erifiant :
∀u , v∈L (E) , ∀λ ∈ K, λ(u◦v) = (λu)◦v = u◦(λv) . (GL (E) ,◦) est un groupe .
Si u est une application d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers l’ensemble F muni d’une loi de composition interne not´ee > et d’une loi de composition externe sur K not´ee ∗ qui v´erifie : ∀x , y∈ E , ∀λ ∈ K, u (λx + y) =λ∗u (x)>u (y) , alors u (E) est >- stable et ∗- stable et les lois induites le munissent d’une structure de K- espace vectoriel .
Entre autres , si u est une application lin´eaire d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) , l’image u (E ’) du sous - espace vectoriel E ’ de E est un sous - espace vectoriel
14 CHAPITRE 1. ALG `EBRE LIN ´EAIRE . CALCUL MATRICIEL ET D ´ETERMINANTS . de (F , + , . ) et si A est une partie de E , u (Vect (A)) = Vect (u (A)) , en particulier Im u = u (E) est un sous - espace vectoriel de (F , + , . ) .
Si u est une application lin´eaire d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) , l’image r´eciproque u-1(F ’) du sous - espace vectoriel F ’ de F est un sous - espace vectoriel de (E , + , . ) , entre autres , Ker (u) = u-1({0F}) est un sous - espace vectoriel de (E , + , . ) .
L’application lin´eaire u d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) est surjective si et seulement si Im (u) = F et injective si et seulement si Ker (u) ={0E}.
II II
On en d´eduit qu’une forme lin´eaire est soit nulle soit surjective .
Propri´et´e6 Soit u une application lin´eaire d´efinie duK- espace vectoriel (E , + , . ) vers leK- espace vectoriel (F , + , . ) et b un vecteur appartenant `a F .
Consid´erons l’´equation lin´eaire (E) u (x) = b
et notons S l’ensemble{x∈E , u (x) = b} des solutions de cette ´equation ; on obtient :
∗ si b∈/Im (u) , alors S = Ø , on dit alors que l’´equation lin´eaire est incompatible;
∗ si b∈Im (u) , notons x0 l’un quelconque des ant´ec´edents de b , alors S ={x0+ z ; z∈Ker (u)} est l’espace affine de direction ker (u) contenant x0, on dit ici que l’´equation lin´eaire estcompatible.
II II
Dans le cas particulier o`u b = 0 , on constate que S = Ker (u) .
Superposition des solutions : si (bj)16j6p est une famille de vecteurs appartenant `a Im (u) , x est solution de :
(E) u (x) = b1+· · ·+ bj+· · ·+ bp si et seulement si il existe une famille (xj)16j6pde vecteurs de E telle que :
x = x1+· · ·+ xj+· · ·+ xp
∀j ∈ [[1 , p]] , u (xj) = bj . Th´eor`eme 7 Si (E , + , . ) , (F , + , . ) et (G , + , . ) sont trois K- espaces vectoriels , on a :
∀u∈L (E , F) ,∀v∈L (F , G) , v◦u = 0⇐⇒Im (u)⊂Ker (v) ; Ker (u)⊂ Ker (v◦u) et Im (v◦u)⊂ Im (v) ;
II
entre autres , si n est un entier positif , on a : Im un+1 ⊂Im un et Ker un ⊂Ker un+1.
Si u est une application lin´eaire d´efinie du K- espace vectoriel (E , + , . ) vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) et si E ’ est un sous - espace vectoriel de E , u induit une application lin´eaire de E ’ sur u (E ’) ; entre autres , si E ’L
Ker u = E , alors u induit un isomorphisme de E ’ sur Im u .
II
Recollement d’applications lin´eaires : si l’espace vectoriel E est la somme directe des sous - espaces vectoriels Ei o`u 16i6p (c’est - `a - dire : E = L16i6p
Ei) et si pour tout i de [[1 , p]] , ui est une application lin´eaire d´efinie de Ei vers le K- espace vectoriel (F , + , . ) (c’est - `a - dire : ∀i∈[[1 , p]] , ui ∈L (Ei, F)) , il existe une unique application lin´eaire u d´efinie de E vers F telle que pour tout i de [[1 , p]] , ui est l’application induite par u de Ei vers F (u est donc l’unique prolongement commun aux applications lin´eaires ui) .
D´efinition 13 Soit (E , + , . ) et (F , + , . ) deuxK- espaces vectoriels , E ’ un sous - espace vectoriel de E et u une application lin´eaire de E vers F , alors l’application lin´eaire induite par u de E ’ vers F s’appelle la restriction de u `a E ’ et se note u|E’, si F ’ est un sous - espace vectoriel de F qui contient u (E ’) , l’application induite par u de E ’ vers F ’ est not´ee u|F’E’.
Le sous - espace vectoriel E ’ du K- espace vectoriel (E , + , . ) est stable par l’endomorphisme u de E si et seulement si u (E ’)⊂E ’ , E ’ est invariant par u si et seulement si : u (E ’) = E ’ , E ’ est ponctuellement invariant par u si et seulement si :∀x∈E ’ , u (x) = x .
Propri´et´e7 Si u et v sont deux endomorphismes du K- espace vectoriel (E , + , . ) qui commutent , les sous - espaces vectoriels Ker u et Im u sont stables par v .