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Sur l'équivalence de l'ionisation et de l'action chimique sous l'influence des rayons α$$1

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(1)

vaiit laquelle la séparation de l’électricité et la charge

de la pluie pendant les orages sont dues u la division des gouttes de pluie dans les courants d’air verticaux,

semble apporter une explication a beaucoup de phé-

nomènes orageux. Notre travail montre maintenant que la pluie qu’on rencontre dans des conditions élec-

triques normales est chargée, pratiquement parlant,

d’une façon semblable à la pluie d’orage, et la ques- tion se pose de savoir si les conditions telles que les cou- rants d’air verticaux que Simpson admet peuvent exister dans des conditions normales. Un travail expérimental plus complet s’impose au sujet de la division des gouttes par les courants d’air et de la façon exacte

dont a lieu la séparation d’électricité positive et néga-

tive. De plus, tandis que nous avons des mesures

étendues sur les petits ions de l’atmosplière, il n’y a

que peu de renseignements sur la question des gros ions découverts par Langevin. Les gros ions sont presque certainement d’une importance beaucoup plus grande que les petits ions en ce qui concerne la

condensation et l’électricité atmosphérique en général.

Sur ces deux sujets le travail est en progrès et nous espérons publier ultérieurement des résultats à une

date prochaine.

Les résultats expérimentaux de ce mémoire peu-

vent être résumés de la façon suivante :

1. Sur la pluie observée, 82,6 parties pour 100 étaient chargées positivement et le reste négativement ;

sur l’électricité apportée par la pluie, 76,9 pour 100 étaient positives.

2. Une distinction est faite entre les différents types de pluie :

a) Un type qui se rencontre rarement pendant

l’hiver et dont les gouttes sont relativement grosses

se distingue par la charge élevée clu’il porte, la

valeur moyennes étant de à 2 U.E.S. par cm3.

La charge de cette espèce est positive presque tou- jours.

b) Un type moins fortement charge qu’on rencontre pendant toute l’année, et particulièrement pendant

les mois d’hiver. Les gouttes sont relativement plus petites, et dillèreiit en grandeur. La charge moyenne par em5 est de 0,1 à 0,2 U.E.S., et le signe de la charge est ordinairement positif.

c) La pluie constituée de gouttes excessivement

petites est quelquefois observée, et la charge est petite et toujours négative.

5.

-

On donne des tableaux montrant la distri- bution de la charge par cm3 entre certaines limites.

D’autres tableau, obtenus en faisant intervenir le taux de chute de pluie, donnent le courant en ampères

par cm2 de surface de la terre.

4.

-

La neige a été observée avec des charges des

deux signes : la charge était négative quand les

flocons étaient petits et on observait une charge posi-

tive dans le cas de la chute de larges flocons. La

charge sur la neige par gramme était élevée et la

neige était accompagnée de valeurs élevées du gra- dient du potentiel. On a observé la grêle en deux

occasions seulement, et elle avait une charge posi-

tive.

Toutes les observations rapportées dans ce mémoire

ont été faites pendant ce qu’on peut appeler des

conditions normales. Nous n’avons pas eu la chance d’observer la charge électrique de la pluie pendant

un orage.

[Manuscrit reçu le 12 décembre 1912.]

Sur l’équivalence de l’ionisation et de l’action chimique

sous l’influence des rayons 03B11

Par S. C. LIND

[Université de Michigan, U. S.

-

Laboratoire de Chimie-Physique.]

1.

-

Dans un mémoire précédent2, l’auteur a

montré que la formation d’ozone à partir de l’oxygène,

sous l’action des rayons ’:1., est proportionnelle à l’ioni- sation, approximativement dans le rapport d’une molécule d’ozone pour une paire d’ions. Il semblait désirahlu de rechercher s’il existait une relation ana-

1. Un mémoire plus étendu sur ce sujet a ilté récemment communiqué à Pltysical Chemistry, 16 (1911) 564-613, auquel

on se reportera pour de plus amples détails.

2. LIND. Le BadllU7l. 9 (1012) 104; Monatshefte, 32-295;

Amer. Chem. Jouni.. 47-397.

logue pour d’autres réactions gazeuses. Trois condi- tions doivent être remplies par les données expéri-

tales dont il faut se servir dans une telle recherche : 1° La grandeur de l’action chimique doit être mesurable : 2° la cluantité de substance radioactive doit être connue de façon à mesurer le nombre de rayons x émis; 5o le rayonnement doit avoir lieu dans des conditions telles qu’on puisse calculer l’ioni- sation totale.

Plusieurs réactions gazeuses produites sous l’in-

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:01912009012042601

(2)

fluence de l’émanation du radium ont été mesurées dans des conditions qui satisfont, plus ou moins complétement, aux deux premières conditions. La méthode consiste habituellement à mélanger une quantité connue d émanation directement avec le gaz

ou les gaz dans un faible volumes, et à suivre la

marche de la réaction au moyen d’une mesure mano-

métrique du changement de pression. Cette méthode, cependant, ne remplit pas directement la troisième condition concernant la mesure de l’ionisation. A la connaissance de l’auteur, on n’a pas essayé de calculer

l’ionisation produite dans un gaz mélangé directement dans un faible volume à l’émanation; on propose dans

ce mémoire une méthode applicable à de petits

volumes sphérique et cylindrique, et ayant pour base la considération du parcours moyen des rayons i à l’intérieur du volume. Cette méthode de calcul aug-

mente le nombre d’expériences efficaces dont on n’au-

rait pu se servir autrement dans le calcul du rapport

N M, comme cela a été fait pour l’ozonisation.

Les systèmes liquides peuvent aussi être traités d’une façon à peu près analogue pour déterminer l’ionisation probable et la grandeur de la décompo-

sition produite par action radioactive. Braggl a été le premier a établir un calcul analogue pour la décom-

position de l’eau, et a été porté à considérer l’accord

qu’il trouvait à un « curieux parallélisme de nombres ».

Il semble maintenant que l’accord approximatif dans

de si nombreux cas doive représenter autre chose qu’une relation accidentelle. Le calcul de l’ionisation est beaucoup plus simple pour les liquides que pour les gaz, eu égard au degré élevé d’absorption pour les

rayons o,. mais une nouvelle complication s’introduit d’elle-même touchant à la distribution de l’émanation entre les phases liquide et gazeuse, distribution qui

évidemment détermine quelle part du rayonnement

est effective dans le liquide. On doit connaître non

seulcment les volumes relatifs de gaz et de liquide et

le coefficient de distribution de l’émanation, mais

.

aussi les dimensions exactes des deux volumes afin de déterminer quelle fraction du rayonnement est reçue du gaz sur la surface du licluidc.

2. Parcours moyen des rayons i dans des volumes restreints.

-

Si l’émanation est mélangée

à un gaz dans un volume restreint, ses rayons x sont

projetés en ligne droite de tous points dans le

volume dans toutes les directions conformément il la loi du hasard. Par conséquent le rayonnement de grandes quantités d’émanation s’effectuant pendant quelque temps peut être regardé comme un rayonne- ment distribué au hasard en considération à la fois du temps et du lieu. De là, si on connait le « parcours

1. BRAGG, Phil. Mag., 13 1907) 336.

moyen » de tous les rayons Y- dans un volumes donné,

on peut calculer l’ionisation totale.

Dans un grande cercle d’une sphère du rayon î-

(fig. 1), on peut choisir un point quelconque P, à

une distance b du centre, comme point de départ

d’un rayon projeté suivant la direction PA, qui fait

un angle 0 avec le diamètre PCB. Si 1) est la longueur

du parcours PA on peut écrire :

(E est l’intégrale elliptique).

Puisque un grand cercle de la sphère peut tou- jours être choisi de

manière à contenir un

parcours quelconque,

cette expression s’ap- plique aussi au cc par-

cours moyen » dans la sphère elle-même.

La valeur moyenne du parcours pour toutes les distances du centre est environ 0,798 1’,

et la valeur moyenne Fig. 1.

pour les points sur la surface est 0,657 1B Un intérêt particulier s’attache à cette dernière valeur, parce que l’activité induite qui représente les deux tiers du rayonnement total est située sur la surface du réci-

pient qui contient l’émanation. Le parcours moyen de

tous les rayons u dans de petits volumes sphériques

devient :

Les volumes actuels auxquels on a affaire, cepen-

dant, ne sont pas sphériques mais cylindriques, et

pour ces volumes les difficultés sont beaucoup plus grandes quand on essaie de déterminer le parcours Bloyen par le calcul, et il devenait nécessaire d’adopter

une méthode graphique, qui pour simplifier a été

limitée à des points de la surface.

Un examen graphique de trois cylindres de même

section droite circulaire, mais de longueurs respec-

tivement égales â C, 1 et 8 fois le diamètre de la

section droite, a fourni un résultat à la fois surpre-

nant et intéressant, car il est apparu que dans tous

les cas le parcours moyen (ln est de nouveau égal à

0,637 r (r==rayol1 d’une sphère égale au volume de

(3)

chaque cylindre en question), tout à fait comme on

avait trouvé pour des points de la surface d’une sphère.

On a pu vraisemblablement supposer que la moyenne de tous les parcours, concernant tout le volume, aussi bien que la surface, est aussi égal à 0,691 l’ comme pour la sphère 1. Il résulte que, dans tous les calculs de ce mémoire, le parcours moyen est calculé direc- tement à partir du volume V, de la façon suivante :

p = 0,691 r = 0,427V1 3.

Pour employer le « parcours moyen » dans le calcul de l’ionisation, certaines restrictions s’imposent sur

la grandeur du volume. Pour différentes raisons, on a exclu les volumes dans lesquels aucun parcours n’est plus grand que le plus petit parcours des rayons a, parce que la longueur totale des parcours possibles

ne représenterait pas du tout l’ionisation. De plus, si

on admet l’hypothèse que l’ionisation est directement

proportionnelle à la longueur du parcours traversé par le rayon oc, il est nécessaire de limiter le volume de façon à ce que les parcours ne dépassent pas une

longueur d’environ deux centimètres, comme on peut

le voir par l’examen de la courbe d’ionisation pour les rayons oc2.

5. Détermination de l’ionisation par l’éma- nation dans de petits volumes de gaz.

-

Le nombre d’ions formés à chaque seconde par l’émana- tion dans des systèmes gazeux, dans les conditions

déjà établies, peut être exprimé de la façon suivante :

N est le nombre d’ions.

3x3,4. 1010 est le nombre de rayons x émis en une seconde par 1 curie d’émanation en équilibre.

Et est la quantité d’émanation (en curies) à un

instant t; 2.2.10’’ est le nombre d’ions pour une par- ticule a par centimètre d’air à la pression d’une atmosphère,

dans les mêmes conditions.

P 760 est la correction de pression.

Dans certains cas, il est plus commode d’employer

’l. Si cette hypothèse n’est pas rigoureusement vraie. elle doit l’être approximativement, parce que deux tiers de l’acli- vité sont rëpartis sur la surface et, sur le tiers qui reste, la plus grande partie est au voisinage de la surface plus que du centre. On n’a pas essayé de déterminer, niatliématiquement

ou graphiquement, à quelles autres espèces de volumes s’applique

cette simple relation entre « le parcours moyen o ct le volume.

Il ne paraît pas improbable qu’elle puisse exister pour tous les volumes de rotation et peut-être pour tous les volumes à sur-

faces convexes.

2. Radioactivité, II. p. 168.

l’expression suivante pour le nombre total d’ions pro- duits pendant un intervalle de temps t, expression

déduite de la quantité d’émanation qui se désintègre pendant cet intervalle de la façon suivante : Le nombre total de molécules d’émanation en équilibre avec un

gramme de radium est 5,4. 1010 0=1,64. 1016 (8 est

la vie moyenne de l’émanation), et puisque chaque

molécule émet 5 rayons x, le nombre total qui serait

émis pendant le temhs i est

4,92./1016. Eo (1- e-kt),

et, comme dans (1) on peut écrire :

Les valeurs pour l’ionisation spécifique sont celles

données par Bragg1 et dans le cas de mélanges gazeux

les valeurs de i ont été calculées par la loi simple des mélanges. P est la simple moyenne arithmétique des pressions initiale et finale ; elle n’est pas identique à

la vraie intégrale moyenne, mais en diffère si peu

qu’on n’introduit pas de ce fait d’erreur appréciable

dans les limites employées (Pour de plus amples détail, cf. Journ. Phys. Chern., 16 (1911).

4. Données expérimentales. - La plupart des

données utilisables concernant l’action chimique de

l’émanation sur les gaz est contenue dans le travail émanant du laboratoire de Sir William Ramsay2, qui

donne les déterminations manométriques (dans quelques cas contrôlés par l’analyse) de la marche de la réaction dans les synthèses de H20 et d8 NH3, et

les décompositions de CO, CO2, HCI, et NH3. Seules les

autres données pour les réactions gazeuses qui satis-

font aux conditions sont contenues dans les expé-

riences de l’auteur sur la formation de l’ozone 3 et

sur la combinaison de H2 et Br2 4; dans chacun de ces

deux cas la grandeur de la réaction était mesurée

chimiquement.

Les réactions dans les systèmes liquides qui ont été

traités dans ce travail sont : la décomposition de

l’eau: 1° par Ra CI2 en solution (Debierne) 5, 2° par l’émanation (Cameron et Ramsay) 6 et plus récemment

par User7 et la décomposition de HBr anhydre et

d’une solution acide de IiI (Lind). Les calculs pour les liquides basés sue le travail de Debierne, d’Usher

et de l’auteur ont été faits en supposant qu’il n’y

1. BRAGG, PIttL. Mag., 13-332.

2. CHIEROX et fi.UISAY, Jott»)i. Cheoa. Soc. (Londres), 93 ( 1908)

961 et F. L. USHER, ibid., 97 (1910) 589.

5. S. C. LIND, loc. cil.

4. S. C. LiND, Le RadÙun, 8 (1911) 29a.

5. r,. DEBIERNE. C. B., 148 l t 900) i 03.

6. CAMERON et loc. cit.

7. F. L. USHER, Jahrb. d. Rrulioakt.. 8 ’)911) 323.

(4)

avait pas de phase gazeuse et en conséquence une absorption complète de la radiation dans le liquide;

cette condition était très rigoureusement remplie dans

les expériences d’Usher et à moins de 1 à 3 pour 100 dans celles de l’auteur; Debierne ne fait pas de re- marque spéciale à la phase gaz, mais, d’après ses

calculs relativement à la transformation de l’énergie calorifique en décomposition chimique, il semble qu’il considère le rayonnement comme étant complè-

tement absorbé par l’eau. Ses résultats indiquent des

valeurs plutôt basses comparées avec les autres et

laissent quelque doute en ce qui concerne l’intégra-

lité de la présence de l’émanation dans le liquide. Le calcul, d’après les données de Cameron et Ramsay

pour la décomposition de l’eau (Journ. ChenL Soc., 93-971. Exp. 1) a pour base la répartition de l’éma-

nation entre l’eau et le gaz, en utilisant le coefficient dc Boylel 1 et en considérant aussi la radiation sur

la surface du liquide provenant du volume gazeux.

Dans le cas de liquides on doit considérer )’ironisa-

tion spécifique au lieu de l’ionisation spécifique

moléculaire comme on le fait pour les gaz (Cf. Braâb,

loc. cit.).

terminations sont plus ou moins approchées et on ne

demande pas plus de précision qne celle qui est com- patible avec un ordre de grandeur.

Dans la première colonne, on donne les équations

des réactions, dans lesquelles les phases liquides et

solides sont mises entre parenthèses pour rendre évi- dents les changements de pression. La seconde colonne contient les initiales des auteurs; les références com-

plètes ont été déjà mentionnées.

-

t est le temps en jours; Eo représente l’émanation initiale en curies ;

p, le parcours moyen en centimètres; i, l’ionisation

spécifique; P, la moyenne des pressions initiale et

finale en millimètres; N est le nombre total des ions calculé d’après l’expression (2); M est le nombre total de molécules mises en jeu par l’émanation, leur dési- gnation étant mise entre parenthèses; dans la dernière

colonne on donne le rapport NjM qui représente l’in-

verse de l’efficacité des ions à exécuter la réaction en

question. Pour tous les détails on se reportera au

mémoire original.

L’examen du rapport N/M dans la dernière colonne du tableau montre encore plus clairement que dans les expériences avec l’ozone qu’il existe une équiva-

Tableau I.

Dans le tableau 1 on a un résume des résultats. On utilisait seulement une seule mesure de chaque série

de Cameron et Ramsay et de Usher; cette mesure

était choisie au hasarda mais, comme on le verra plus

loin d’après le tableau II, une autre quelconque ont

été choisie également bien sans affecter essentiellement la valeur de N/M. On m’a rappelé que toutes ces dé-

i. R. «’, BOYLE, Phil. -Ilaq.. 22 (- 840-834.

lence approchée catre l’ionisation et 1 action chimique.

Il ne faut pas perdre de vue que N et M ont des va-

leurs respectives de l’ordre de 10L8 II 1 O!l, qui pour- raient diflérer l’une de 1 autre par un rapport quel-

conque. Leur étroit rapprochement, cependant, d’un rapport approximativement constant, non seulement

pour la lllèlnt’ réaction ’OllS des conditions Yariees.

mais pour des réactions différant le plus largement

(5)

l’une de l’autre en nature, est un fait très frappant,

mais qui n’est pas tout à fait simple à interpréter.

Du moins trois modes généraux d’interprétation peu- vent être considérés: (1) que l’action est due à un bom- hardement direct des molécules par les particules x et

que l’ionisation est silnplement un phénomène secon- daire ; (2) que les ions sont les agents primaires des réactions; (5) que c’est un phénomène de transfor-

mation d’énergie cinétique en énergie chimique. Ces

trois hypothèses ne peuvent à présent être clairement

distinguées l’une de l’autre et peuvent toutes en der- nier lieu être identiques, mais aucune d’elles ne

semble entièrement satisfaisante. Par exemple, une

théorie de bornharden1ent semble expliquer les réac-

tions de rlécornposition plus aisément que celles de

synthèse; et, de même, la théorie de l’énergie ciné- tique peut expliquer les réactions nécessitant une

dépense d’énergie pour leur accomplissement, mais

.

est tout à fait insuffisante pour expliquer pourquoi

on trouve le même rapport N/M aussi pour des réac- tions s’elléctuant clans le sens de l’énergie chimique

libre. Une théorie ionique, en supposant une é(luiva-

lence électro-cllimidue, ressemblant en quelque sorte

à celle de l’électrolyse, semble le plus plausible, mais,

en essayant d’établir des lnécanismes déterlninés pour les différentes réactions, tant de choses possibles se présentent qu’il n’est pas aisé d’arriver à des conclu- sions déterminées. Puisqu’il semble préférablede s’en

tenir à la spéculation plutôt qu’aux mécanismes de réaction avec les données actuelles, le principal objct

de ce mémoire est d’établir le fait qu’une équivalence apparente entre l’ionisation produite par les rayons

et leurs effets chimiques existe, dont l’explication plus profonde doit être laissée à l’avenir.

5. Équation cinétique pour la vitesse de l’action chimique produite dans les gaz par l’émanation du radium.

Les résultats du tableau 1 démontrent une propor- tionnalité entre l’ionisation et l’action chimique, qui peut être exprimée par

-

dC dt= Const. dN dt, expres-

sion dans laquelle

-

dC représente la diminution de concentration du gaz réagissant, et dN la production

des ions.

Si la concentration est mesurée par le chan-

bernent de pression (dP), on peut écrire :

---

dP ,

-

dN expression dans i n u est 1111

-

dt = u dN dt, expression dans laquelle u est un

coefficient de proportionnalité, inversement propor- tionnel à l’efiicacité des ions à produire l’action chi- mique, P = I’a

-

uN, si P = Po pour N = 0.

L’équation (1) du paragraphe 5 peut être écrite sous la forme :

dans laquelle k est une constante renfermant toutes les constantes de l’équation (1).

En combinant (2) avec l’équalion en dP dt pour éli-

miner dN dt, il vient :

et

L’équation (5) peut être commodément employé

comme équation cinétique pour la vitesse de réaction et a été appliquée aux résultats de Cameron et

Ramsay sous la forme suivante.

Deux cxemples sont donnés ci-dessous pour illus-

trer l’application de cette équation aux données ac-

tuelles pour la formation de l’eau et la décomposition

de CO.

Tableau II.

Les valeurs de ku k ne sont comparables que pour cha-

cune des séries ci-dessus.

6. Discussion générale.

Il devient intéressant de savoir si l’équivalence

entre l’ionisation et Faction chimique existe aussi pour des réactions ayant lieu sous l’influence de

rayons B ou y ou de toute autre forme d’énergie rayon- nante susceptible de produire iine ionisation. Il ne

semble pas possible de répondre définitivement à

(6)

cette question avec les données actuellement utilisa- bles. Il est vrai qu’une quantité de travaux plutôt grande a été faite sur les effets chimiques des rayons

pénétrants, mais dans aucun cas les conditions du

rayonnement n’ont Vas été suffisamment bien défi-

nies pour justifier un essai d’évaluation de l’ionisa- tion effective. Il est bien établi que l’effet chimique

des particules B est beaucoup plus faible que celui des particules x et sans doute approximativement

dans la proportion à laquelle on s’attendrait d’après

leurs pouvoirs ionisants relatifs (environ 1 à 100

pour l’émanation).

Dans une récente note sur « l’effet individuel et

combiné des rayons ’1. et p », F. L. Usher 1 trouve expérimentalement que la décomposition directe de

l’eau par l’émanation est environ 75 fois plus grande

que par les rayons B qui traversent 0,17 de vcrre; cc résultat est en très bon accord avec le principe d’io-

nisatiun. Usher, cependant, considère les rayons

mous absorbés par le verre et conclut que le pouvoir

d’une particule a à produire la décomposition de l’eau

n’est que deux fois celle d’une particule 8. L’auteur, pourtant, ne peut être d’accord avec Usher dans

l’hypothèse que dans l’émanation chaque rayon pro- duit le même effet chimique, sans égard à sa vitesse,

son pouvoir pénétrant ou son effet ionisant; préten-

tion qui semble entièrement insoutenable d’après le point de départ de, l’une quelconque des trois hypo-

thèses faites ci-dessus pour l’explication de ces réac-

tions.

Il y a cependant une réaction produite par des rayons pénétrants qui est entièrcment hors de pro-

portion avec l’ionisation, à savoir : la combinaison de

l’hydrogène avec le chlore. Une évaluation grossière

basée sur le travail de Jorissen et Ilinger 2 conduit à

uae valeur de 31 dépassant celle de N de 100 u 1000 fois. D’ailleurs, c’est une réaction s’effectuant dans le sens de l’énergie chimique et on pouvait s’at-

tendre a rencontrer un effet catalytique semblable à

celui de la lumière, mais elle constitue néanloins

une exception frappante à toutes les réactions du tableau I. La seule façon par laquelle cette action ex-

cessive des rayons pénétrants sur ce système peut être

mise en accord avec l’écluicalcnce générale ionique

serait quelque sorte d’auto-ionisation, dont l’exis-

tence réelle paraît très iniprobable d’après une

1. USHER, 10C. cit.

2. JORISSEN et RINGI R, Ber. 39 II (1906) 2093.

recherche de J.-J. Thomson’ 1 dans laquelle il a trouvée

que l’hydrogène et le chlore, combinés en présence

de la lumière, ne déchargent pas un électroscope

sensible.

Une autre réaction qui deniande quelque explication

est la décomposition de KI en solution acide (cf.

Réaction i2, Tableau 1).

-

Dans une communication

précédente (loc. cit.) l’auteur a émis l’hypothèse que la réaction peut être en partie une action directe sur

des molécules de Kl, et en partie duc à une oxyda-

tion par les produits de décomposition de l’eau, pro- bablement H2Ü2- haikan’ a montré que cette hypothèse

est, autant que l’action de H,O, sur KI en solution

neutre, probablement incorrecte et il devient néces- saire de modifier la théorie pour la réaction secon- daire en solution neutre. L auteur n’insiste pas sur la réaction secondaire comme étant due à H2O2, même en

solution acide; on peut la regarder comme une oxyda-

tion analogue à celle qui a lieu à l’anode dans 1"éler-

trolyse, sans spécifier aucun mécanisme exact de la

réaction. Dans ce cas, pour la même radiation, il

doit y avoir exactement deux fois autant de 1noLé-

cules rle KI décomposées en solution aqueuse qu’il y avait de molécules d’eau décomposées en l’absence

de KI. Cette prédiction se trouve être parfaitement

bien vérifiée en conlparant les valeurs de N/M pour les réactions 10 et 12 du tableau I. Le rôle de l’acide semble être simplement d empêcher une perte d’iode libre par réaction inverse, quoique cette asser-

tion manque encore de dérnonstration expérimentale complète.

Le rapport N/31 trouvé ici, et général pour beau- coup de réactions et montre la nécessité de rassembler les recherches ultérieures sur les effets chimiques des

radiations du radium, puisqu’il peut servir de guide

dans la prévision des conditions, eu égard à l’inten-

sité et à la durée du rayonnement, qui doivent être

remplies pour obtenir des changements chin1i(lucS

mesurables dans un système donné. Sans doute beau- coup d’insuccès clni ont été rapportés pour oltenir des effets chimiques par les rayons y ou par les

rayons X ne sont pas dus à quelque résistance spéci- fique du système à la cause agissante, mais doivent être attribués à une courte exposition, a de faibles sources, ou à quelques autres conditions défavorables du rayonnement.

[Manuscrit reçu le 13 novembre HH 2].

1. J.-J. THOMSON, Proc. Cambridge Phil. Soc., 11-90.

2. KAILAN, A. Monatshefle. 33. 71-98.

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